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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 06:00
J’suis snob j'ne fréquente que des baronnes aux noms comme des trombones j’bois de l’Ausone en mangeant du camembert à la petite cuillère…

Halte au feu, ne criez pas au sacrilège, jamais au grand jamais je n’ai bu de l’Ausone en mangeant du camembert à la petite cuillère car je ne mange jamais le camembert à la petite cuillère. Pardonnez-moi, c’est mon côté taquin, j’aime les rimes en R, le genre Hubert Bonnisseur de la Bath notre OSS117 versus Jean Dujardin grand admirateur de René Cotyqui m’a poussé à parodier les paroles d’une chanson d’un provocateur germanopratin Boris Vian, dont l’une des chansons, Le Déserteur, fut censurée pendant les années où nous faisions la guerre sans la faire (levée en 1962).

 

Foin de ma tendance coupable à la provocation de potache qui me vaut l’ire des maîtres de la dégustation – y’a de l’eau dans le gaz entre eux et mon immodeste et vulgaire personne – et passons à ma petite chronique sur un beau moment de partage.

 

Rien à voir avec ceux qui vendraient père et mère pour disposer d’un tabouret en bout de table pour la Fête de la Fleur ; avec d’autres qui entrent en quasi-lévitation au seul son de l’Angélus ; avec d’autres enfin qui pensent faire partie du peuple élu parce qu’ils ont été reçu « au château » * pour mettre leur nez au-dessus des Primeurs.

 

Pour alimenter votre culture du côté du « château » je narre en fin de chronique 2 petites histoires le concernant, la bouillie bordelaise de Bernard Ginestet et les socialos version 1981 et les châteaux de Bordeaux.

 

Je plante le décor :

 

  • dans un lieu tenu secret, une antre souterraine, 2 flacons d’Ausone : un 2003 et un 2005 que, sur son fidèle destrier, votre serviteur avaient porté la veille de la rencontre car le 2005, encore très jeune, avait besoin d’être carafé.

  • 3 amis, Jacques Dupont du Point, nul besoin de le présenter, Laurent Bazin journaliste à Itélé, blogueur, un peu intermittent ces derniers temps, sur le vin de mes amis et chroniqueur au Point et bien sûr ma pomme.

 

 

Ce fut un très beau et bon moment de partage entre l'un des Big Four* de la Première League, un bon pensionnaire de la Ligue 1, et un habitué de la DRH capable de temps à autre de réaliser un exploit en Coupe de France.

 

Pour les non footeux : le Big Four est un terme anglais donné au groupe de quatre grandes équipes de football du championnat d'Angleterre qui sont Arsenal, Chelsea, Liverpool et Manchester United ; la Ligue 1 c’est le truc où y’a plus que le Paris Saint-Germain ; la DRH étant la division régionale d’honneur chère à mon cœur.

 

 

 

Jacques Dupont

 

« En avril 2004, quand j’avais dégusté en primeur ce 2003, j’avais noté « L’élevage devrait adoucir le côté fauve. » Effectivement, le vin s’est adouci. Il conserve les caractères du millésime marqué on s’en souvient par une période caniculaire. Je n’ai jamais été un grand fan de ce millésime. Toujours en avril 2004 dans ce même numéro du Point j’écrivais : « peu de vins de grande garde. La faible acidité n’est pas toujours compensée par des tanins solides. Les années de grande garde, à Bordeaux, sont celles des maturités progressives, sans grands heurts climatiques. Ici, les grands vins sont d’abord des vins d’équilibre. » Je n’ai pas changé d’avis malgré les commentaires laudatifs de certains dégustateurs d’outre-Atlantique, si tu vois ce que je veux dire. Mais Ausone c’est d’abord un grand terroir capable de résister à ce genre d’accident météo et il le prouve dans le verre. Certes, il possède un côté solaire, riche un peu exubérant et nettement moins en finesse que 2005 mais quand même c’est d’une gourmandise ! »

 

Pour le 2005

 

« Là, on est vraiment en compagnie d’un très grand millésime, (peut-être le plus grand depuis ce nouveau millénaire) et particulièrement à Ausone. Dans le numéro consacré eux primeurs en avril 2006, j’écrivais à propos de ce vin : « beaucoup d’intensité autant dans l’expression du fruit que dans le toucher, structure dense mais douce, un fort caractère contenu. » On retrouve onze ans après ce caractère intense mais pas démonstratif. La retenue des très grands vins qui n’ont pas besoin de tee-shirt moulant pour montrer qu’ils sont bien bâtis (#jesuiscirconflexe). Ce n’est pas un monstre, juste un vin magnifique, étiré, suave qui te fait découvrir de nouvelles saveurs à chaque gorgée, qui ne se livre pas d’un coup à grands renforts de vanille et de pruneau mais par petites touches. Et s’il ne faut pas trop attendre pour se régaler du 2003, on sent que dans 20 ans, ce 2005 sera encore là avec d’autres histoires à raconter. »

 

Laurent Bazin

 

« Je ne suis pas Bordeaux, mais Ausone ça n’est pas du Bordeaux. Ça n’est pas du Saint Emilion. C’est du Ausone. C’est de la magie pure! Le petit côté fumé du 2003, année casse-tête pour tous les vignerons... la fraicheur inouïe du 2005, sa finesse, son côté légèrement mentholé… Sa longueur… Sa magie, oui j’y reviens. Ausone ça n’est pas une oeuvre de vigneron, c’est un vin d’alchimiste. »

 

Et moi

 

« Me voilà au pied du mur, que c’est dur ! Je ne sais mettre des mots sur un vin, sans doute parce que j’en aligne trop sur tout et rien. Alors Ausone ! Lui accoler des qualificatifs étant hors de ma portée, trop grandiloquents, pas assez pertinents, je vais faire bondir certains. Ausone c’est le luxe ! le vrai, rare, le dernier, loin de l’ostentation, du paraître, discret celui que l’on s’offre entre amis quitte à manger des nouilles pendant un mois entier. Sans honte je revendique le droit à ce luxe qui n’a rien à voir avec des images fabriquées par des petits génies du marketing. J’aime la matière, son toucher, son odeur, les belles étoffes, les beaux pulls, les chemises anglaises, les godasses cousues mains, même si aujourd’hui je vis en jeans et en confection Monop. Ce temps passé avec Ausone fut de même nature, un voyage au pays de la belle matière, du cousu main, un temps où j’ai lâché la bride à mes sens, un petit caillou blanc sur mes chemins de traverse. »

 

Je signale aux mauvais coucheurs, que ces 2 flacons d’Ausone m’ont été expédiés par Alain Vauthier, fidèle lecteur de mon blog, sans autre contrepartie que notre estime mutuelle et notre amitié.

 

 

« J’ai déjà eu l’occasion de dire qu’à Bordeaux il existe plus de château qu’en Espagne ; des milliers et des milliers de Châteaux qui noient le consommateur dans un océan de marques sans signification. Cette constante multiplication est une escalade impossible et absurde. Elle conduit la production à morceler sa commercialisation en micro-unités de vente. Certes, elles permettent au négociant d’éviter un affrontement direct avec la concurrence, mais en bloquant par là même toute tentative de regroupement des produits pour une meilleure exploitation viticole, et pour une plus large et plus efficace couverture des marchés par des marques.

 

Mais l’Univers bordelais est fait de galaxies dont les experts eux-mêmes ont grand-peine à démontrer qu’elles ne sont pas des nébuleuses... Et nous exigeons de l’observateur amateur le don prodigieux de percevoir et de reconnaître dans cette voie lactée chacune des unités qui la composent !

 

Bien sûr, nous possédons à Bordeaux des étoiles de toute première grandeur. Elles seules suffisent sans doute par leur éclat incomparable au rayonnement lointain et prestigieux de notre cosmos bordelais depuis des siècles de millésimes-lumière. Elles ont été cataloguées, classées. Mais selon qu’elles se lèvent sous le signe du Médoc, de Saint-Emilion, des Graves ou de Sauternes, elles appartiennent à des hiérarchies différentes sans équivalence des grades.

 

Pour le consommateur, le vin de Bordeaux c’est « du vin de Château » et l’on s’est efforcé depuis plus d’un siècle de lui faire comprendre que le meilleur était celui du cru classé. »

 

  • Profitant de la vague rose qui submergea le Palais Bourbon, en juin 1981, Catherine Lalumière, fut élue député de la Gironde et nommée, le 23 juin 1983, Ministre de la Consommation du second gouvernement Mauroy (elle finira sa carrière comme parlementaire européenne par la grâce de l’inénarrable Nanard qui, avec sa liste aux européennes de juin 1994 « Energie Radicale », où se trouvait aussi Noël Mamère, dézingua en plein vol celle de Michel Rocard où Rachida Dati se trouvait placée en 54e position et Bernard Kouchner en 3e : ambigüité vous avez dit ambigüité). 

Bref, la toute fraîche Ministre, sise au Louvre rue de Rivoli, avec un Jacques Delors Ministre de l’Économie et des Finances ne lui laissant guère d’espace, mais ayant les Fraudes mise à sa disposition – en ce temps-là elles étaient sous la tutelle du Ministre de l’Agriculture – et voulant imprimer sa marque jusque dans la 3ième circonscription de la Gironde, déclara vouloir mettre à plat l’épineux dossier des noms de châteaux.

 

En 1981, les nouveaux arrivants avaient la mise à plat facile car c’était la version soft de « du passé faisons table rase ». Les hauts fonctionnaires des Finances, goguenards face à cette piétaille pépiante, eux, par leur silence hautain, jouaient « cause toujours tu m’intéresses. » Et moi dans tout ça je découvrais, pour parodier le nouveau slogan du CIVB : qu’on pouvait s’offrir un château de Bordeaux pour quelques euros. L’initiative de Lalumière fit long feu. Et moi, ayant la haute main sur la cave de la Présidence de l’Assemblée Nationale – fort bordelaise puisque nous succédions à Chaban-Delmas – je découvrais les « délices » des GCC avec Bruno Prats comme mentor.

 

Snobisme

 

- Ambition qui consiste à désirer fréquenter certains milieux sociaux jugés supérieurs et à se faire adopter par eux.

 

« M. de Charlus, qui jusque-là n'eût pas consenti à dîner avec Mme de Saint-Euverte, la saluait maintenant jusqu'à terre. Recevoir l'hommage de M. de Charlus, pour elle c'était tout le snobisme. » Proust Temps retrouvé, 1922.

 

« À leur propos [des solennités mondaines], il [Montesquiou] partage l'humanité en deux camps, les élus et les exclus, deux termes à quoi il faut d'abord songer lorsque l'on cherche à définir le snobisme» Mauriac, Écrits intimes, 1932.

 

- Affectation qui consiste à priser ou à mépriser quelqu'un ou quelque chose non en raison de sa valeur ou de sa qualité mais en fonction du choix des gens que l'on veut imiter.

 

« Pure de tout snobisme esthétique, elle [la reine Victoria] était incapable de feindre un plaisir qu'elle n'éprouvait pas. » Maurois, Édouard VII, 1933

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

pax 10/02/2016 10:24

Mauvais coucheurs ou pas j'espère que, pour ta part Chanceux Taulier, en vue de leur conservation tu les avais bien couchées ces plus que jamais Dives Bouteilles, faisant de toi un bon coucheur pour une fois de plus , heureusement te différencier des autres ( wouarf wouarf wouarf !)

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