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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 08:00
CHAP.15 opération Chartrons, «Les petits garçons de onze ou douze ans que je mets ici dans mon lit sont un piment rare.» Gabriel Matzneff.

Samedi-dimanche derniers je logeais à Ixelles. Des voitures blindées, comme dans Tintin, stationnaient sur les places, des jeunes troufions patrouillaient le FM en bandoulière. La police faisait couiner ses sirènes. Nous avons trainés dans les bars. Au retour, sur l’autoroute nous avons redécouvert les joies de la frontière, file d’attente, barrage filtrant, nous régressons. Comme je ne suis pas d’humeur j’ai mis mes amours entre-parenthèses. Ma colère est sourde. Je retiens mes mots, je les pèse, j’en suis économe. Face aux égouts qui débordent, aux vieux rats qui refont surface pour profiter de nos malheurs, mon cœur se soulève, j’ai envie de gerber.

 

Que lis-je dans le flux ininterrompu ?

 

Que face à Daesh Matzneff le « pédéraste » et De Villiers « l’illuminé » en appellent au retour de la transcendance !

 

Je rêve, je me frotte les yeux :

 

De Villiers d’abord dans son registre de gouaille populiste :

 

« Les laïcards font le vide et les islamistes le remplissent. Le nihilisme occidental, prenant congé d'une chrétienté flageolante, s'exprime comme la neutralisation religieuse de l'espace public. Résultat : c'est le vide. Il n'y a pas de réponse à la quête de l'absolu, et les jeunes Français, quelle que soit leur origine, ethnique ou religieuse, sont tentés de partir ailleurs pour chercher des drames, des gloires, des fiertés que la France ne leur offre plus. »

 

Matzneff ensuite, l’ignoble, qui évoquait dans son journal des années 1983-84 «un joli gamin, pétillant de malice, parlant un bon anglais, écolier bien propre, treize ans», qu’il rencontra en Asie: «Il n’a pas voulu que je le baise, mais il m’a sucé à merveille et m’a fait jouir.» il pérore :

 

« À part le pape de Rome et le patriarche de Moscou, qui, en Europe, fait appel aux forces de l'Esprit, invite les gens à la transcendance ? Personne. En tout cas, personne en France où les responsables politiques pleurnichent contre la montée de l'islamisme, mais leur unique réponse, pour endiguer cette montée, est d'interdire les crèches de Noël dans les mairies. Bientôt, j'en fais le pari, la passionnante fête de la Nativité, du mystère de l'incarnation, du Verbe qui se fait Chair, du Christ Dieu et homme, sera, comme en Union soviétique à l'époque de la persécution antichrétienne, remplacée par une fête du Bonhomme Hiver, Diadia Moroz, mouture léniniste du père Noël. »

 

Matzneff le compagnon de libation de Jean-Marie Le Pen : 

 

« Je me souviens d'une de nos soirées à l'époque du traité de Maastricht. Les propos que nous tint Jean-Marie Le Pen étaient la raison même, la justesse même, l'avenir allait nous le prouver, et ce soir-là je pris conscience à quel point était absurde l'image d'excité extrémiste que la presse purée de droite et de gauche s'appliquait à donner de lui.

 

Dans la vie française, en littérature comme en politique, il y a les gens qui sont blanc-bleu, les bien-pensants, les vertueux ; et puis il y a les sulfureux, les infréquentables. Jean-Marie Le Pen fait partie de ces derniers. Même si je n'avais pas déjà des raisons personnelles d'avoir de l'amitié pour cet homme, son éternel statut d'excommunié suffirait à me donner l'envie de le défendre, et quand il a raison (en ce moment sur la Russie, par exemple), de l'applaudir. »

 

Matzneff qui ironise dans le POINT sur « La médiocrité de cette « génération Bataclan » 

 

« Trafalgar Square et la gare de Waterloo sont à Londres. La gare d'Austerlitz et la rue d'Arcole sont, elles, à Paris. Aux lieux, aux monuments, on donne des noms de victoires, non de défaites. De même, dans les écoles militaires les promotions de jeunes officiers prennent les noms de soldats victorieux : « Maréchal de Turenne », « Général Lassalle », « Lieutenant-Colonel Amilakvari ». Quand, par extraordinaire, il s'agit de vaincus, ce sont des vaincus qui se sont battus héroïquement jusqu'au bout, ont été vaincus avec tous les honneurs de la guerre : une des promotions de Saint-Cyr se nomme « Ceux de Diên Biên Phu ».

 

Quel est le suicidaire crétin qui a donné le nom de « génération Bataclan » aux jeunes femmes et jeunes hommes qui ont l'âge des victimes du vendredi 13 novembre 2015 ? C'est l'État islamique qui doit donner ce nom à ses jeunes citoyens, non la France, pour qui ce vendredi 13 novembre 2015 demeurera la date d'une de ses plus spectaculaires et déprimantes défaites.

 

Ce choix de « génération Bataclan » exprime un masochisme, un mépris de soi ahurissant. Et l'on est accablé par la médiocrité petite-bourgeoise, l'insignifiance des propos tenus par les survivants de cette « génération Bataclan » lorsqu'ils sont interrogés par les journalistes ou s'expriment sur les réseaux sociaux. Le zozo qui s'est mis une ceinture de cœurs autour de la taille, l'autre imbécile qui se balade avec une pancarte « Vous êtes tous super ! », le troisième qui déclare fièrement que son but dans la vie est de continuer à se distraire, à voir les copains, ces petits bourgeois qui tiennent pour un acte de courage de dîner au restaurant le vendredi soir.

 

S'il s'agissait de gamins de douze ans, ce serait admissible. Hélas, ce n'est pas le cas. Ceux qui se comportent de manière si niaise, si médiocre sont des adultes, des barbus. J'ai dit « ahurissant », mais le mot juste est « consternant ». Comme a été consternante la cérémonie d'hommage aux victimes dans la cour des Invalides. J'adore Barbara et je connais par cœur certaines de ses chansons, mais ce jour-là, c'est le « Dies irae » qui, après La Marseillaise, devait retentir en ce haut lieu, non une gentille chansonnette, et nous aurions été autrement saisis aux tripes si, à la place du discours fadasse de M. Hollande, un acteur de la Comédie-Française nous avait lu le Sermon sur la mort de Bossuet.

 

Ils ne vivent pas, ils existent… »

 

Qui est ce Matzneff ?

 

Gabriel Matzneff, sans doute peu connu des jeunes générations, l’est bien plus de ceux qui avaient déjà l’âge de s’intéresser à la littérature dans les années 1970, quand l’écrivain, essayiste, romancier, journaliste (collaborateur du Point), aujourd’hui âgé de 77 ans, publia Les Moins de seize ans. Il y expliquait son amour pour les très jeunes adolescents:

 

«Ce qui me captive, c’est moins un sexe déterminé que l’extrême jeunesse, celle qui s’étend de la dixième à la seizième année et qui me semble être —bien plus que ce qu’on entend d’ordinaire par cette formule— le véritable troisième sexe

 

A l’époque, dans ce livre notamment, Matzneff défendait sans complexe ses goûts pour les jeunes gens. Lors de sa publication, il était venu expliquer sur le plateau d’Apostrophes que «rien ne peut arriver de plus beau et de plus fécond à un adolescent et une adolescente qu’un véritable amour avec quelqu’un de son âge mais aussi peut-être avec un adulte qui l’aide à se découvrir soi-même».

 

Il dit bien plus tard, en 2011:

 

«Dans les années 1970, il existait en France une certaine liberté de mœurs, d’esprit, qui a depuis disparu

 

Après le scandale des Moins de seize ans, quelques autres: la publication d’Ivre du vin perdu, roman racontant son histoire d’amour avec une adolescente; l’évocation dans Mes Amours décomposés, journal des années 1983-84 d’«un joli gamin, pétillant de malice, parlant un bon anglais, écolier bien propre, treize ans», qu’il rencontre en Asie:

 

«Il n’a pas voulu que je le baise, mais il m’a sucé à merveille et m’a fait jouir.»

 

Il y écrit aussi:

 

«Les petits garçons de onze ou douze ans que je mets ici dans mon lit sont un piment rare.»

Puis sa mise en cause dans l’affaire du Coral (affaire d'abus sexuels sur mineurs) lui vaut d’être renvoyé du Monde. En 1990, il se retire quelques temps de la vie publique.

 

Qui a salué la chronique de Matzneff ?

 

Un petit tour sur les réseaux sociaux suffit à le percevoir: les admirateurs de la prose de l’écrivain se recrutent en majorité du côté de ces réactionnaires qui, sous couvert de laïcité et de philosophie des Lumières, tentent de lier culture chrétienne et République française. Le plus souvent, et comme par hasard, ce sont ceux qui sont parmi les premiers à réclamer un aménagement de la loi de 1905 au prétexte que cette dernière, serait inadaptée au problème que pose l’intégrisme religieux musulman.

 

Pour ce courant politique, protéiforme et qui avance masqué, l’air du temps est à l’instrumentalisation de ces idiots utiles que sont les fondamentalistes afin de tenter de réintroduire la religion catholique, en tant que fait religieux dominateur, dans la République. »

 

« Il faut prendre la mesure de la charge menée par Gabriel Matzneff contre la Génération Bataclan. Le passé "hédoniste" de l’auteur a occulté ce qu'exhibe sans retenue cette tribune publiée sur le site du Point: à savoir que c’est au nom d’un spiritualisme catholique d’essence réactionnaire que l’écrivain s’en est ainsi pris à la jeunesse contemporaine. Or, depuis quelques mois, ce courant, dont il est un nouvel avatar révélé, est à l’œuvre dans la sphère publique, qui demande sans cesse à la République de se plier au fait religieux. Sous couvert de lutte contre l’intégrisme islamique, il conviendrait de réinjecter dans la République une bonne dose de catholicisme ; c’est en cela que la tribune de Matzneff dit une tendance de l’époque. »

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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commentaires

patrick axelroud 07/12/2015 07:09

Chacun a la sexualité qu'il veut ( ou qu'il peut ) Chacun peut la porter en étendard comme il veut ( Catherine MILLET,Catherine ROBBE-GRILLET sous le pseudo de Jeanne de BERG entre autre) MATZNEFF,lui,fait penser à un monomaniaque qui en serait resté au touche pipi des gamins . Il a pu donner le change au début avec une certaine fraicheur et la séduction de la transgression puis il n'a fait que ressasser faisant preuve de son peu d'imagination et d'inspiration son sujet de prédilection n'étant que lui, encore lui, toujours lui. On l'a souvent associé à Roland JACCARD en raison de quelques point communs. ( Tous deux journalistes au Monde, même terrain de chasse comme la piscine DELIGNY etc. ) Pourtant dans son ouvrage " Le charme des penseurs tristes " Frédéric STIFFTER dans le chapitre consacré à JACCARD ,à propos de MATZNEFF, évoque son pédantisme, son manque d'humour et un ego boudiné. Voila esquissé le portrait de ce peu ragoutant personnage et qui n'a même pas pour lui le talent que l'on trouve chez d'autre écrivain sulfureux qu'on ne citera pas ici . Ce serait faire trop trop d'honneur à ce triste sire que d'y associer son nom.

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