Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 06:00
La politique agricole du dernier roi socialiste : « où il y a de la crotte, l’herbe pousse ! »

Rassurez-vous, je ne suis pas encore sénile et je ne fume toujours pas la moquette ; je ne suis qu’un joueur de GO, j’encercle.

 

L’une des grandes questions de notre monde est sans conteste : comment nourrir sa population de plus en plus nombreuse ?

 

Pour tenter de vous répondre je vous propose de lire cet échange entre le dernier roi socialiste George Akbar Ier, et son premier Ministre Hodge lors de leurs « ballades rurales » dans la « véritable Angleterre ».

 

- Contrôle des naissances, répétais-je. Des familles plus petites, maintenir la taille des exploitations, empêcher le morcellement. C’est ce que recommande l’Inpatco*, je crois.

- Et la main d’œuvre ? Vous avez entendu ce qu’il disait !

 

- Il faut mécaniser. Que l’Inpatco libéralise d’abord les faucheuses et les lieuses, pour rentrer les moissons, et ensuite, afin d’augmenter les rendements…

 

- Non ! tonna Hodge. Lâchez la machine dans la campagne et elle dévorera hommes et femmes. Elle détruira l’harmonie de la nature. Ces belles haies devront être arrachées pour laisser le passage à d’infernales mécaniques. Et alors on aura de grosses fermes, de plus en plus grosses, et une armée déguenillée d’esclaves salariés pour accomplir les tâches dont les machines et les produits chimiques ne sont pas encore capables. Et ça, il y en aura de moins en moins, car la technique évolue ! Ça donnera soit ces fermes collectives mécanisées que préconise cet imbécile de Marx dans son Manifeste communiste, soit des sociétés agricoles et alimentaires privées pratiquant les mêmes cochonneries, et ce sera le retour du capitalisme ! Fameux choix ! Non – et, citoyen roi, si ce sont vos amis de l’Inpatco qui vous donnent des idées pareilles, je vous interdirai d’y retourner !

 

[…]

 

- Bon dis-je conciliant. Alors nous n’avons pas de solution. Et nous avons négligé un facteur : l’approvisionnement des villes et des autres secteurs non agricoles […] Je sais que c’est contraire à vos principes, mais nous pourrions importer.

 

- Non, répliqua Hodge. Ça finirait aussi mal que la mécanisation. Du blé de mauvaise qualité, du mouton et du bœuf congelés. Des ananas en boîte. La ruine absolue de tout ça… »

 

L’Inpatco : l’International Patent Convention dont le slogan venu d’outre-Atlantique était « C’est tellement américain de vouloir mieux. »

 

Extrait du livre de Roy Lewis « La véritable histoire du dernier roi socialiste» publié en en 1990 en Angleterre et en 1993 par Actes Sud en France.

 

«Ce livre appartient à un genre très particulier de la science-fiction: l’uchronie. Ce thème littéraire consiste à créer un point de divergence dans l’Histoire donnant ainsi naissance à une Histoire alternative, différente de celle que l’on est censé avoir apprise à l’école. Cette parfaite illustration de l’effet papillon est intéressante à plus d’un titre:


- Elle compte souvent, parmi ses protagonistes, des personnages historiques. On retrouvera par exemple Churchill et bien d’autres dans ce roman.


- Elle nous donne à réfléchir à l’importance des détails, à nous faire prendre conscience que le destin du monde aurait pu être différent.»
 

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
commenter cet article

commentaires

patrick axelroud 08/10/2015 09:15

On peut aussi revenir à Jacques ELLUL et sa démystification du " progrès " sans oublier les effets pervers qui accompagnent chacune de ces avancées.

massotte 08/10/2015 03:22

Cher Monsieur,

J'avoue mon scrupule à vous répondre car je n'ai pas de position tranchée et j'ai quelques avis partagés.
1 - Votre métier fait que vous utilisez de nouvelles technologies. Vous exercez une activité nouvelle, vous en vivez et vous faites vivre d'autres personnes. Vous en profitez donc et je comprend mal votre avis (négatif à mes yeux).

2 - La nature évolue; nous évoluons aussi. Quand l'évolution ne se fait pas dans le bon sens, à terme la nature corrige toujours ses erreurs et sait changer de direction. Pour le Progrès il en va de même, en cas d'échec, on se trouve dans un état de rupture qui fait que on change de paradigme. et on repart dans une autre direction.

3 - Philosopher sur le progres scientifique est une erreur car c'est un système complexe, non prédictible et bâtir une stratégie dans ces conditions est utopique. D'ailleurs il n'y a qu'à voir comment nos prévisions économiques sont aléatoires.

4 - Pour revenir au Livre cité, il apporte des explications intéressantes, et des vérités. Mais il faut éviter de generaliser car tout est lié, en interactions et on se doit toujours d'intégrer des approches globales. Je ne fais donc aucune critique concernant cet ouvrage. De manière globale, avec du recul, les nouvelles technologies du siècle dernier ont débouché sur un nouveau monde, de nouveaux emplois, plus nombreux, et davantage de monde profite de ces avancées. Si on avait un résultat global négatif, on aurait changé de technologies.
5 - La morale intervient au moment ou unenouvelle technologie pose problème: que fait-on au niveau de l'emploi? Comment gérer le Progrès ? et si cela est vrai que les nouvelles futures technologies détruisent plus d'emplois qu'on en crée, comment va-t-on s'adapter , comment va-t-on occuper les gens ? pour quoi faire ?
Je ne crois pas à la décroissance, La nature va toujours de l'avant, mais on a besoin de morale et d'éthique pour se poser les bonnes questions et essayer de trouver de bonnes solutions.
Il faut en effet se rappeler que les civilisations qui ont disparu sont celles qui n'ont pas su s'adapter à cause de trois critères: l'incompétence, l'ignorance et la cupidité (au sens large du terme).

L'article de J.B m'a interpelé. Je me pose des questions mais je me garderai bien de faire, en ce moment, des recommandations car je ne sais pas ou on va, jusqu'où on risque d'aller et comment on va s'adapter ... ou non. mais... il faut rester optimiste, croire en la nature et être réactif.
Bien cordialement.

Olivier Borneuf 07/10/2015 10:15

Bonjour Monsieur,
Quand on introduit une nouvelle technologie, on a l'habitude de dire que l'on crée de nouveaux emplois, etc, est une mauvaise habitude parce qu'elle est fausse ! Si vous n'êtes pas d'accord, je pourrais exposer de nombreux arguments sur l'espace de liberté du Taulier mais ma journée est trop chargée. Je vous prie de bien vouloir m'en excuser, je vous renvoie à dessein vers l'excellent livre de François Jarrige - Technocritiques aux éditions La Découverte qui contient déjà un certain nombre d'arguments. http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Technocritiques-9782707178237.html
Quant aux transitions dont vous parlez, on est en droit de s'interroger sur leur sens : quand Lamartine défend la machine à vapeur alors responsable de milliers de morts en prônant le progrès et les débouchés, il envoie balader d'un revers de main la moralité et la conscience que vous appelez de vos souhaits.
Bonne journée.

MASSOTTE 07/10/2015 07:47

Ce n'est pas de la science fiction.
Quand on introduit une nouvelle technologie, on a l'habitude de dire que l'on crée de nouveaux emplois, de nouvelles façons de travailler et de produire. Le bilan restait positif, malgré des problèmes de transition.
Ce qui est INQUIETANT est que (cela est nouveau) avec l'intelligence artificielle et les nouvelles technologies qui se préparent, et pour la première fois de l'anthropocène on détruira plus d'emplois qu'on en créera.
Les surfaces agraires cultivées se réduisent de 2.2% par an tandis que la productivité continue de croître.
Comment va-t-on pouvoir gérer des populations inactives de plus en plus nombreuses?
Quel système de gouvernance peut-on envisager ? Quel système social ? Quel système moral ?

Qu'y a -t-il au delà de nos besoins, du travail, de la compétence des gens et de la conscience ?
Je viens de sortir un livre à la demande de J.Wiley "SUSTAINABILITY CALLING" et je me pose de réelles questions sur l'évolution de notre civilisation.
Amitiés à tous.

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents