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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 07:00
CHAP.15 opération Chartrons, DSK avait demandé une chambre avec Wifi, pas avec 8 filles.

Dois-je tout écrire ? Cette question me turlupinait depuis des semaines. M’épancher. Faire part de mes doutes, de mes espoirs, de mes amours, disons plus clairement de mon nouvel amour impossible. Allais-je continuer à l’exposer à la terre entière ce bel amour qui m’était tombé dessus pour mon plus grand bonheur. Je revivais, mais je balançais entre le vivre à la folie ou m’enfuir. Jusqu’à ces derniers jours, avec soin et précaution, je penchais pour la première branche de l’alternative : me priver d’elle serait mourir un peu. Alors me taire, pour ne rien vous cacher je n’y arrivais pas : c’est si dur de garder tout, et surtout ce feu dévorant, à l’intérieur de soi. À qui aurais-je bien pu me confier ? Non pas pour me plaindre ou geindre mais pour mettre des mots sur tout ce que je retiens ? Je ne sais. Ce que je sais c’est que plus rien n’est plus comme avant. Je veux tout et le contraire de tout. J’attends. Même pas de goût pour le travail. J’erre. Ma petite troupe m’observe en me ménageant mais je n’essaie même pas de lui donner le change. Je suis furieux contre moi-même. Comme l’impression de passer à côté de ce dont j’ai toujours rêvé. Par bonheur, un message me propulsait dans un café du côté de la Motte-Piquet et ce ne fut que du bonheur. Une embellie bleue marine, m’en foutait de tout, sortait de mon apnée, repartais, gonflé à bloc, demain serait un autre jour. De retour en nos locaux je me ruait sur mon clavier et je pondais.

 

« Cette semaine nous pataugions joyeusement dans la « démence mixte » au tribunal de Bordeaux avec le procès dit Bettencourt, la famille la plus riche de France, celle de l'héritière de L'Oréal, Liliane Bettencourt, âgée de 92 ans, une des plus belles fortunes mondiale ; et dans le stupre et la fornication rugueuse, à Lille dans le procès dit du Carlton. Le plus drôle, si je puis m’exprimer ainsi, c’est qu’au centre de ses deux minables procès correctionnels, où généralement on juge du menu fretin, deux hommes François-Marie Banier, le mondain vaguement artiste qui roule en scooter pour faire de la photo, et Dominique Strauss-Kahn qu’on ne présente plus, qui, d’une certaine manière, partageait une forme d’amoralité hautaine et méprisante. Tout leur est permis car ils s’estiment au-dessus du commun car se vivant comme des personnalités hors du commun. Banier, je ne le connais pas mais, avant même qu’il exerça son charme sur Liliane, je le considérais comme un dandy sans épaisseur, faussement décadent. Tout ce rien, ce vide, que Paris peut porter aux nues ! Pour DSK c’est différent, ce gus, je l’ai souvent côtoyé dans les soupentes de Solférino, à Bercy, à des soirées, et je portais sur lui un regard sans concession. C’est un ancien petit chose, assez revanchard, mais qui sait faire luire, avec succès, son vernis dans un sérail politique composé en majorité d’ignorants. Il sait s’entourer aussi. Je ne vais pas vous faire un dessin, c’est au FMI qu’il a pu exercer le plus efficacement sa duplicité et en imposer à tous. Nous savions tous, du moins les happy few de la grande maison, que le DSK tirait sur tout ce qui se mouvait en jupon. Des dossiers nous en avions mais, fut un temps, où n’en avions aucune utilité. Les affaires de cul n’émeuvent guère les bons français, surtout les mâles. Strauss s’est toujours cru tout permis, incapable qu’il est d’imaginer qu’une proie féminine puisse ne pas céder à ses avances. Pourquoi allez lui chercher des poux dans la tête, entre adultes consentants toutes les pratiques sexuelles sont possibles, même si une certaine morale les réprouve, il en va de la liberté de chacun au sein de la sphère privée. Le libertinage, l’échangisme, la zoophilie… et autres joyeusetés, la basse police en fait son miel mais, avant l’affaire de New-York, ça ne donnait pas matière à jeter DSK aux chiens.

 

Mais revenons à Bordeaux, la ville de notre poulain, où le petit monde des prévenus, dix, dont Éric Worth, a palpé des millions, voire des centaines de millions qui sont passés de main en main. Des chiffres qui font tourner la tête. Florilège !

 

À la barre, le petit-fils de Liliane Bettencourt, Jean-Victor raconte cette anecdote.

« Un jour, ma grand-mère me dit :

- Ta mère m'embête car j'ai donné un million à Banier !

- Non, plutôt un milliard.

- Ah, bon... Ça fait quand même beaucoup... »

 

Invitée à parler à la barre, l'ancienne secrétaire de Liliane Bettencourt aura cette réflexion qui fera hausser pas mal de sourcils au tribunal.

« Il m'est arrivée de remplir des chèques pour Madame Bettencourt à l'attention de François-Marie Banier. Mais c'étaient des petits montants, environ 50.000 ou 60.000 euros. »

 

L'artiste et collectionneur François-Marie Banier n’a pas moins de 300 tableaux de maître dans son coffre-fort. Mais il en accroche peu. Pourquoi ? A la barre, le prévenu aura cette réponse... poétique :

 

« L'œil s'use à regarder quelque chose. On met (les tableaux) dans des coffres pour les redécouvrir : je ne vais pas les accrocher les uns sur les autres »... So chic note le journaliste qui suit le procès.

 

Dans un enregistrement, on entend le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, lui soumettre des chèques à signer. Parmi eux, il y en a un pour Éric Woerth, un pour Nicolas Sarkozy et un autre pour Valérie Pécresse. Leur montant : 7.500 euros chacun (cela correspond au plafond légal). Une somme qui représente le salaire rêvé pour certains, mais qui, dans la famille Bettencourt, n'est que broutille.

« En ce moment, il faut qu'on ait des amis, assure Patrice de Maistre à sa patronne. Alors ça, c'est pour les soutenir, hein. Ce n’est pas cher, et ils apprécient. »

 

Et pendant ce temps-là, au tribunal correctionnel de Lille, c’est plutôt dans le glauque, limite vaudevillesque, que l’avocat de l’ancien directeur du FMI se mouvait en sortant de sa sacoche un document audio exceptionnel. Alors qu’on accuse Dominique Strauss-Kahn d’avoir commandé 8 filles lors d’une nuit de débauche, il s’avère en fait qu’il a appelé la réception pour demander… de la WIFI ! L’enregistrement de la conversation téléphonique présentée au juge atteste  effectivement de la demande : on y entend bien DSK demander qu’on lui active la WI-FI. « C’est la réceptionniste, originaire d’Espagne, qui n’a pas bien compris sa demande et a pris contact avec Dodo la Saumure pour lui amener 8 filles. Les 8 prostituées sont donc arrivées en lieu et place de la connexion sans-fil. DSK n’aurait alors pas pu refuser. C’est comme si on vous offre une bouteille de champagne déjà ouverte, je n’allais pas refuser…Comment peut-on imaginer une seule seconde, 8 bourgeoises en mal de sexe se ruer dans la chambre de DSK pour s’envoyer au 7ième ciel avec ce taureau sévèrement burné ? On frise l’obscénité, DSK a déclaré au juge qu’il ne comprenait pas que les « filles » se plaignent de leur condition et de certaines pratiques. En effet, certaines filles étaient payées jusqu’à 10.000 dollars pour une soirée de débauche. 10.000 euros la sodo, elles n’ont pas à se plaindre. En 2 soirées, elles gagnent autant qu’une caissière sur une année. Que voulez-vous, Dominique travaillait si dur alors il fallait bien qu’il se détende et, bien sûr, l’intendance c’était pour les petits calibres. Le Prince ne s’abaisse jamais à de telles vétilles. »

 

Mes troupiers m’avaient laissé seul. Je me sentais bien, apaisé, prêt à tout affronter, et si je posais mon sac pour me mettre sérieusement à écrire…

 

 

Mépris de classe ovidie dans 20 mn...

Je serai claire, s’il y a encore des personnes qui minimisent ce dont on accuse DSK, c’est parce que ces femmes n’étaient pas du même rang social. Si on apprenait par exemple qu’une personne du même milieu que lui avait été un jour neutralisée sur un lit pendant que celui-ci la sodomisait de force, croyez-moi que les réactions auraient été différentes. Alors qu’une domestique, des putes, ma foi, pas de quoi fouetter un chat. On se rappelle à titre d’exemple du très élégant « troussage de domestique » de Jean-François Kahn. Toutes ces histoires révèlent avant tout le problème de l’impunité, du pouvoir de l’argent, et de la domination d’une classe sociale sur une autre.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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commentaires

Aredius 15/02/2015 10:26

Merci pour mon feuilleton du dimanche matin avant d'aller chercher le pain.

Je prends la défense de Liliane

http://lefenetrou.blogspot.fr/2015/02/defense-et-illustration-de-liliane.html

patrick axelroud 15/02/2015 08:32

Un mot en vitesse avant de reprendre la lecture attentive de cette chronique qui promet un vrai régal à
l'image d'un article du CANARD ENCHAINE. En effet, je ne peux lire le nom de Eric WOERTH sans avoir le poil qui se hérisse ( si si,il y en a encore malgré l'âge bientôt canonique ) Cet individu à bénéficié d'un non lieu dans l'affaire de l'hippodrome de Compiègne . Tous les services de l'état ont démontré que la transaction a été réalisée pour un prix nettement en dessous de la valeur réelle et que les règles de décisions en matière de cession d'un bien d'état (Domaine public réputé inaliénable
et imprescriptible) n'ont pas été respectées. L'individu est néanmoins passé entre les gouttes.N'oublions pas que non lieu veut dire qu'il n'y a pas lieu a poursuivre le justiciable pour divers motifs de droit par exemple ou d'insuffisance de preuve mais certainement pas que les faits n'ont pas eu lieu. Alors respect de la chose jugée certes mais n'oublions pas , dans les polars, le nombre de gangsters affublé du qualificatif de " Roi du non lieu " !Consolons nous , WOERTH en est loin et s'il devait être roi il rejoindrai la grande famille LEROIDEC
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