Les auteurs d’études adorent affubler les catégories de leur chère typologie – chères aussi – d’appellations qui décoiffent, ça fait très tendance. Le titre de ma chronique n’est donc ce matin que le copié-collé, du moins jusqu’aux deux points, d’une des 10 catégories inventoriées par le CREDOC pour le compte de la Confédération des VIF. Je la reprends, comme promis, car elle fait le pendant des « affreux » agri-managers de la viticulture, les gros de ma chronique du 23 juillet. Avant d’aller plus avant en écrivant me revient la réflexion d’un patron d’une grande entreprise qui, contemplant de son bureau de la Défense, la Tour d’en face, repère d’une grande société de consultants, me confiait : « nous vivons vraiment une époque formidable, nous payons très cher des gens pour qu’ils viennent, chez nous, siphonner des idées auprès de nos proches collaborateurs. Ils prospèrent sur notre stupidité et une forme de couardise : en cas d’échec on se contente de changer de cabinet conseil. Entendez-moi bien, je ne vise pas ici l’étude du CREDOC, ni la démarche des VIF mais je veux souligner qu’une vraie démarche stratégique, débouchant sur des choix, doit être le fait des intéressés eux-mêmes et non du précuit à la sauce Ernest Young&Frères.
« L’installation en exploitation « agriculture biologique » ne constitue pas une simple évolution des techniques de production. Il s’agit d’un modèle économique à part entière basé sur une adaptation du produit à la demande des nouveaux consommateurs et aux exigences des Français en matière de respect de l’environnement. Il s’agit donc de vignerons particulièrement tournés vers l’aval, c’est-à-dire le consommateur final. Les exploitations installées en bio sont en règle générale plus récentes que les exploitations des autres classes de la typologie ce qui renforce leur adaptabilité aux évolutions du secteur de la vigne et du vin »
SAU moyenne = 25 ha (2 fois supérieure au VIF moyen 12,3 ha)
En 2007 le vignoble bio = 22500 ha (2,6% du total)
Le nombre d’exploitations bio a fortement progressé 1907 exploitations en 2007 (+ 16,6% par rapport à 2006.
Le vin issu de l’agriculture bio est bien valorisé CA moyen à l’hl = 337 euros (266 euros pour le VIF moyen).
« Particulièrement jeunes – âgés entre 43 et 46 ans contre 48,6 pour la moyenne de tous les VIF – les vignerons installés en bio ont des compétences managériales supérieures à la moyenne des vignerons indépendants. De plus, les cibles marketing des vignerons produisant des vins issus de l’agriculture biologique étant socialement favorisées, la valorisation des vins « bio » est généralement supérieure.
« Au final, le nombre de vignerons de la classe start-up bio devrait continuer de croître, en supposant que les vignerons des classes embouteilleurs AOC, Spécialistes du Blanc et Mixtes en particulier passeront en label AB. Nous estimons à 1676 en 2015 le nombre de vignerons de cette classe. La production totale de la classe augmentera en conséquence pour atteindre 2,3 M hl en 2015 (contre 338 000 hl en 2000).
2 infos :
- la chronique "Desproges fait l'éloge funèbre de Bedos" a été mise en ligne par erreur, désolé ;
- je vous recommande le commentaire savoureux de l'anonyme et courageux COT sur ma chronique d'hier on ne m'avait pas encore fait le coup de me reprocher mon inaction je transmets à qui de droit pour qu'on me redonne le pouvoir...
