Cher Denis Saverot,
Merci pour la photo dans le dernier numéro de la RVF *, pour une fois je me trouve beau.
Merci aussi pour le pan sur mes doigts, qui ne sont plus maculés d’encre violette, avec la même gaule souple et cinglante qu’utilisait le grand blond – surnom du frère Bernard directeur de l’école Ste Marie de la Mothe-Achard – et devant tout le monde, pour l’exemple – ça c’était de l’élevage à l’ancienne – oui, je vous le concède, j’ai honte, le rouge me monte au front parce que vous avez raison : mon orthographe défaille ou déraille bien trop souvent…
« Relis-toi ! » me disait maman qui, elle, « avait l’orthographe naturelle », et c’est grâce à elle et à Mlle Brye, mon institutrice, que je pus atteindre le nirvana du zéro faute aux dictées de mon certificat élémentaire et de mon certificat supérieur pour décrocher ainsi la place très enviée de premier du canton. Au bachot, où en des temps pré-soixante-huitard, les correcteurs traquaient la faute d’orthographe, comme vous le vin industriel, chers amis de la RVF, leur tendre férule, me permit de décrocher des notes identiques à celles qu’attribue Parker à ses chouchous « garagistes » de Bordeaux.
Oui, cher Denis Saverot, je n’ai pas la plus petite excuse, je me couvre la tête de cendres, je bats ma coulpe et, tel un alcoolique anonyme, je m’engage à me soigner. Mais, comme je ne peux jamais m’empêcher d’ironiser, chez vous, à la Revue, ça vous arrive aussi, en dépit du nombre que vous êtes. Moi qui suis tout seul face à mon écran, avec ce foutu clavier qui n’a rien à voir avec mon bon vieux crayon de papier, ça change tout car je fais tout trop vite. À l’heure où la notation revient en force, et comme à la RVF vous êtes des spécialistes, n’hésitez pas à pointer à l’encre rouge mes errements orthographiques pour que je puisse m’amender plus vite. Encore merci, chers amis, de ce salutaire rappel à l’ordre qui titille mon incommensurable orgueil et me motive pour retrouver vos grâces.
Merci enfin pour ce que vous avez écrit sur mon petit espace de liberté, là j’en rougirais presque, de confusion bien sûr. Comme je vous sais gens de goût j’espère que vous allez soutenir de toutes vos forces, et adhérer à mon Amicale des Bons et des Biens Vivants, l’ABV si bien nommée, pour que triomphe la convivialité et notre art de vivre.
http://www.berthomeau.com/article-15760197.html
J’espère aussi vous rendre une copie propre, exempte de fautes. Enfin, je profite de cette missive pour rappeler à Antoine Gerbelle que nous nous étions promis, suite à une passe d’armes comme je les aime, de nous retrouver autour d’un canon.
Bien à vous, cher confrère, encore merci de m'avoir permis d'écrire ma sept cent quatre-vingtième chronique, recevez mes salutations les meilleures.
Jacques Berthomeau
Rédacteur en chef, chroniqueur, photographe, metteur en pages, diffuseur de « Vin&Cie » l’espace de liberté.
* dans son numéro de février 2008 la RVF consacre un article aux blogs : "Sur la toile, le vin délie les langues" le mien y est bien traité, et mon ortographe un peu défaillante justement épinglée...
http://www.larvf.com/