"Les collectionneurs qui collectionnent pour collectionner, ces maniaques, et il n'en manque pas, qui dépensent une fortune pour ranger sous vitrine aussi bien des boutons de culotte que des livres rares, peu importe." C'est de Blaise Cendrars.
Lorsque sur LCI j'ai entendu un monsieur propre sur lui déclarer qu'il allait engloutir une petite fortune pour acquérir la bouteille de château d'Yquem - estimation 5000 euros - qu'il tenait dans sa main lors de sa visite des lots de grandes bouteilles mis aux enchères à l'hôtel Meurice dimanche dernier, pour compléter sa collection et, que bien sûr, il ne l'ouvrirait jamais, le même mépris que celui que je ressens lorsque je vois s'envoler les enchères pour des tableaux de Van Gogh qui finiront dans des coffres-forts nichés dans le secret de paradis fiscaux exotiques, m'a saisi. Pour moi, un tableau n'existe que pour être vu, que ce soit sur un mur privé ou un mur public, peu importe. Le boucler c'est le tuer. C'est insulter l'artiste. C'est indécent. Quand à nos chères bouteilles, aussi prestigieuses fussent-elles, qui ne sont pas des oeuvres d'art, elles n'existent que pour être bues, pour donner du plaisir, du bonheur, de la convivialité. Le plaisir solitaire, comme le note avec son humour grinçant Woody Allen, on peut se le procurer, à bon compte, avec son meilleur ami. Plus sérieusement lorsqu'on privilégie l'accessoire par rapport à l'essentiel le dérisoire devient la valeur refuge. Je suggère donc aux GCC de créer des placebos en tirages limités, numérotés, pour les gogos pour éviter de "donner" de la confiture à des cochons...
10.000 bouteilles estimées à 2 millions d'euros seront vendues ce week-end.
Sous son marteau, 1.500 lots, soit quelque 10.000 bouteilles provenant des châteaux et propriétés les plus prestigieux. Le montant des ventes pourraient dépasser deux millions d'euros.
Château Petrus 1982, Château Yquem 1967, et autre Romanée Conti 1995 côtoieront Mouton Rothschild, Margaux et Cheval Blanc des plus grandes années avec des estimations pour certaines bouteilles atteignant 5.000€.
La palette des vins provenant des plus belles caves de particuliers français, fait rêver.Des exemples?
7.000€ la bouteille
Pêle-mêle, on soulignera dans le catalogue des bordeaux un Cheval Blanc 1982 (9.600€ la caisse bois); 350 bouteilles de Mouton Rothschild (sur 30 millésimes); Haut Brion 1921 et 1989 (inoubliable); La Mission Haut Brion 1961 en magnums (estimé à 3.000 €).
En bourgogne, la mythique Romanée Conti (sur quelques millésimes d'anthologie) devrait se vendre entre 5.000 et 7.000€ la bouteille.
Le clou pourrait être un Richebourg H. Jayer 1978 estimé à 10.000€ le flacon.
Au rayon des champagnes, on trouvera du Dom Pérignon 1949 ou du Cristal Roederer 1983.
Quant aux spiritueux, une fine champagne de 1811 pourrait constituer un joli cadeau sous le sapin d'un collectionneur.A condition qu'il soit (très, très) fortuné, évidemment.
Aujourd'hui et demain de 14h30 à 18h30 dans les salons de l'hôtel Meurice, à Paris.
