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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 00:09

Je n’ai pu résister au plaisir de faire le lien.


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Lundi soir je lis sur la page Face de Bouc Le Lieu du Vin link de Philippe Cuq « Les bouteilles sont ouvertes... Paolo Conte chante...


On est prêts ! »


Sitôt une nouvelle amie de Face de Bouc, Italienne de Pescara, Francesca Marinelli link, croisée au Purgatoire (oui, oui, rue du Paradis) lors du Pesto Day organisé par Alessandra Petrini, m’envoie un message où elle dit s’intéresser aux évènements du Lieu du Vin.


Là, je me dis : « il est vraiment fort ce Philippe… un vrai Aveyronnais capable de séduire une belle italienne en lui jouant du Paolo Conte pour l’attirer à son Lieu du Vin… »


Bravo Philippe !


Je pars lire au lit et que lis-je ?


L’histoire est racontée par Louis-Bernard Robitaille qui, jusqu’à tout récemment, était le  correspondant à Paris du grand quotidien canadien La Presse. C’est un grand connaisseur de notre vieux pays. Pour preuve il a écrit 2 essais sur nous : en 2010 Ces impossibles Français  et cette année Les Parisiens sont pires que ce vous croyez, publiés chez Denoël. Regard décapant, une plume pleine d’humour, c’est savoureux avec une bonne dose  de mauvais esprit qui nous remet à notre place.


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« Il y a une vingtaine d’années, peut-être un quart de siècle, j’étais attablé à une terrasse à l’angle du boulevard Beaumarchais et de la place de la Bastille lorsque je vis le début d’une manifestation d’un style inusité (…)


Note mémorielle de l’auteur : « République-Bastille, c’était le parcours attitré du Parti communiste (avec une variante pour les grandes occasions : République-Nation), cela reste celui de la CGT et des défilés syndicaux unitaires… »


« Alors c’est qui aujourd’hui ? » demande-t-il au serveur de la brasserie.


-          Ah !  Ce sont les Aveyronnais de Paris qui défilent. Ils fêtent un anniversaire, un centenaire je crois. 


Le cortège ressemblait à une cérémonie religieuse, un enterrement ou un Te Deum. Tous les participants avaient revêtu des habits traditionnels, lourds, noirs et ornementés. Ils marchaient derrière de grandes bannières, de grandes images, des oriflammes portées à bout de bras. Tout le monde se déplaçait avec une lenteur cérémonieuse au rythme d’une fanfare qui reprenait inlassablement le même thème.


Où allait le défilé ? Dans mon souvenir il tournait autour de la place et n’allait nulle part. Il ne revendiquait rien, n’avait pas d’objectif stratégique. Il donnait plutôt l’impression de constituer une démonstration de force et de prestige, de vouloir marquer son territoire, comme le font les lions mâles dans la savane (…)


Précision d’importance faite à l’auteur par un patron de café à la mode  de la rue du Pas-de-la-Mule « Ce sont les Aveyronnais qui tiennent qui tiennent Paris. » Il avait même précisé : « Ce n’est pas l’Aveyron qui tient Paris, c’est l’Aveyron nord. » Autrement dit Rodez et sa région, d’où viennent beaucoup de ces marchands de bois et charbon montés à la capitale au début du XXe siècle et qui ont produit un impressionnant réseau de brasseries et bistrots célèbres, Lipp, La Coupole, le Balzar, les grands cafés de la place des Vosges, puis le café et l’hôtel Costes entre autres. »


Rappel aussi de ce qui fut l’un des plus importants journaux de la capitale, un « objet-culte » : L’Auvergnat de Paris, fondé le 14 juillet 1882, dont pendant plus d’un siècle les petites annonces détinrent un quasi-monopole sur les transactions d’importance dans le secteur des bistrots. »


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Point sensible : la relation Auvergne-Aveyron, l’auteur note à juste titre l’Aveyron ne fait pas partie de la région Auvergne. « Mais sa partie nord, autour de Rodez, se rattache indéniablement au Massif Central. L’immigration aveyronnaise ou auvergnate à Paris avait souvent les mêmes secteurs d’activité et le même profil sociologique. »


« Boulevard Henri IV, Le Réveil, qui resta jusqu’à la fin du XXe siècle l’un des vrais bistrots parisiens, était tenu par un couple, lui du Cantal, elle de l’Aveyron, preuve que l’amour peut transgresser les frontières et les interdits ancestraux. »


Le Monde du 1er février 1994 « affirmait qu’à Paris les Rouergats tenaient 50% des bistrots et 90% des bars-tabacs – un chiffre invérifiable et sans doute un peu exagéré, mais qui donne une idée de leur place prépondérant dans la limonade parisienne. »


Note de l’auteur « Ces chiffres, qui fournissaient un ordre de grandeur, doivent être aujourd’hui sérieusement être revus à la baisse en raison de l’arrivée massive des Chinois dans ce secteur d’activité, notamment des immigrés originaires de Wenzhou, une ville au sud de Shanghai. Selon Le Point du 23 août 2012, ils seraient aujourd’hui propriétaires de… 60% des bars-tabacs franciliens ! »

 

Les Chinois, toujours les Chinois, comme dans le vignoble des GCC de Bordeaux, mais à Paris la relève sera vigneronne avec le Lieu du Vin de Philippe, haut-lieu des belles et rares quilles même de néo-vignerons aveyronnais.

 

Le mot de la fin est de l’acide Philippe Meyer « il se dit autour de Rodez et de Villefranche-de-Rouergue que « Paris est la plus noble conquête de l’Aveyron. »


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Luc Charlier 23/04/2014 08:13


Taulier, nous étions à Rodez il y a quelques jours. Tu as raison, on parle de l’Aveyron nord pour ce coin de Rouergue et pourtant la ville occupe à peu près le centre géographique du département,
mais cela situe les Ruthénois par rapport à Villefranche la presque tarnaise et par rapport à Millau (salut à José) qui flirte avec la Lozère ou même le Gard. Votre découpage géographique étonne
toujours les étrangers, dont je fais partie. Tout d’abord, le fleuve qui traverse Millau, ville principale de l’Aveyron à forte consonnance occitane, presque languedocienne, c’est le Tarn. Par
contre, l’Aveyron coule du côté de Bruniquel, Antonin-Noble-Val et Montricoux, en plein Tarn (& Garonne). Je m’y suis souvent baigné.


Les Nord-Aveyronnais, eux, sont proches des Auvergnois (si si), par le caractère, par l’approche de la vie, par le climat. Vous avez pourtant rattaché l’Aveyron à « Midi-Pyrénées », de
manière incompréhensible, alors que la Lozère devient le point extrême du Languedoc, ce qui est très discutable aussi. Mais bon, cela permet aux forts en thème de briller et au potaches de
bailler.


Tiens, digression. J’ai discuté avec des enseignants – oui, il y en a qui savent parler, même s’ils n’écoutent pas : les profs, eux, pensent déjà aux vacances de toute façon. Sur 2014, une
fois le congé de fin d’année 2013 terminé, il n’a fallu attendre qu’un petit mois pour les congés de février, de Carnaval, puis de Pâques (qui s’étalent sur 6 semaines). Ensuite viennent les
longs ponts de mai et juin. Heureusement que la matière est ténue et que les polycopiés existent, sinon, je me demande quand les gosses auraient l’occasion d’apprendre tout ce qu’on attend d’eux.
J’aime pas l’école, na !


Enfin, à la récré – tu vois, je raccroche à ton sujet, Taulier – on peut s’enfiler une délicieuse ... Gelato al Limon(e).


 


 

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