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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 00:09

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Si vous n’avez pas lu SOIE d’Alessandro Baricco courrez vite l’acheter !

 

Publié en 1996 sous le titre « Seta » en italien, puis en France en 1997, Soie c’est un roman culte.


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« Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour, qui vit à Lavilledieu dans le Vivarais avec son épouse Hélène, où il achète et revend des vers à soie, entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des œufs sains. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c'est le choc de deux mondes, une histoire d'amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Après avoir traversé le Lac Baïkal et la Sibérie, il rencontre le seigneur japonais Hara Kei « l’homme le plus imprenable du Japon, maître de tout ce que le monde réussissait à faire sortir de cette île » et sa jeune maîtresse, femme énigmatique et très belle, dont les « yeux n’avaient pas une forme orientale », un amour impossible commence alors…« Revenez, ou je mourrai»


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Tout y est de longs et dangereux voyages, l’amour impossible, la passion, les désirs, le velours d’une voie, la sensualité d’un tissu magnifique érigée au rang du sacré, la lenteur du temps immuable…


Qui est Alessandro Baricco ?

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« Écrivain et musicologue, né à Turin en 1958. Dès 1995, il a été distingué par le prix Médicis étranger pour son premier roman, Châteaux de la colère. Avec Soie, il s’est imposé comme l’un des grands écrivains de la nouvelle génération. Il collabore au quotidien La Repubblica et enseigne à la Scuola Holden, une école sur les techniques de la narration qu’il a fondée en 1994 avec des amis. »


C’est donc dans la Repubblica qu’en 2006 il a écrit un livre qui vient d’être traduit en français et publié par Gallimard sous le titre Les Barbares essai sur la mutation. C’est un livre écrit sous forme d’épisodes, tous les 5 ou 6 jours.


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« J’écrivais en direct, ce qui signifie que, lorsqu’un épisode paraissait, je n’avais pas encore rédigé le suivant : les commentaires à chaud que je lisais en ligne, les réactions d’amis, de parents ou de voisins pouvaient donc modifier chaque jour ce que je pensais et par conséquent le livre lui-même. C’est une curieuse façon d’écrire un livre. Aujourd’hui (ndlr c’est la préface de l’édition française), avec quelques années de recul, je peux dire que c’était une façon plutôt barbare, comme si, pour étudier les dauphins, j’avais entrepris de vivre à la manière des dauphins. »


Mais qui sont ces barbares ?


Les prédateurs de la Toile sans culture ni Histoire répondent les anciens dominants de la culture.


Baricco n’est pas convaincu « dans le monde où je vis (ndlr. Les intellectuels), si l’honnêteté intellectuelle est une denrée rare, l’intelligence ne l’est pas, elle. Ils ne sont pas devenus fous. Ce qu’ils voient existe. Mais ce qui existe, je n’arrive pas à le voir du même œil. »


Simple conflit de générations : « les anciens qui résistent à l’invasion des plus jeunes, le pouvoir en place qui défend ses positions en accusant les forces émergeantes » ?


Non, pour Baricco « cette fois, ça semble différent. Un duel si violent qu’il paraît nouveau. D’habitude, on se bat pour contrôler des points stratégiques sur la carte. Aujourd’hui, les agresseurs font quelque chose de plus radical, qui va plus en profondeur : ils sont en train de redessiner la carte. C’est peut-être déjà fait. »


« Nul déplacement de troupes, nul fils tuant le père. Mais des mutants, qui remplaçaient un paysage par un autre et y créaient leur habitat. »


Dans son livre Alessandro Baricco ne se place ni dans la condamnation, ni dans le mépris, ni dans une critique des barbares mais dans une tentative pour comprendre si ce sont eux qui ont raison.


« Après Les Barbares, beaucoup de gens ont été forcés d’accepter qu’ils ne pourraient plus s’en tirer avec l’habituel sermon sur les jeunes qui ne se lisent plus, qui vont dans les fast-foods et ignorent qui est Michelangelo Antonioni. Désormais, avant de prendre de haut ce qui se passe, ils devraient transpirer au moins un peu. »


 La première partie du livre est intitulée SACCAGES


 « Ils arrivent de partout, les barbares. Ce qui nous trouble un peu, si bien que nous avons du mal à réunir les pièces du puzzle, à continuer une image cohérente de l’invasion dans sa totalité. On se met à parler des grandes librairies, des fast-foods, de la télé-réalité, de la politique, des jeunes qui ne lisent pas et d’autres choses de cet ordre, mais ce qui nous n’arrivons pas à faire, c’est regarder d’en haut et reconnaître le dessin que les innombrables villages saccagés tracent à la surface du monde. Nous voyons les saccages, mais nous ne voyons pas l’invasion. Et nous ne parvenons donc à la comprendre.


Croyez-moi : c’est d’en haut qu’il faudrait regarder… »


Alessandro Baricco m’a donc entraîné dans un voyage pour voyageurs patients, un livre et ça m’a changé des pauvres écrits de chroniqueurs de la Toile qui voient tout au travers de leur petite lorgnette, usant jusqu’à la corde les mêmes sujets, nous saoulant de leurs regrets d’un monde bucolique, ripoliné à l’eau de rose ou agrémenté des mêmes clichés qui se veulent frondeurs alors qu’ils ne sont souvent que convenus.


Suivre le chemin proposé par Alessandro Baricco exige de s’éloigner du prêt-à-penser, de sortir de son confort intellectuel, de se remettre en question… tout ce que se refuse ou ne sont pas capables de faire les y’a k’a et les faut k’on.


Demain, je tenterai de vous convaincre de me suivre sur ce chemin car Alessandro Baricco a commencé par « étudier les barbares à travers le saccage des villages périphériques, pas à travers leur assaut contre la capitale. Il est possible que là où la bataille est plus simple, circonscrite, il soit plus facile de saisir la stratégie de l’invasion et les gestes fondateurs de la mutation. »


Premier village périphérique : le VIN.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Jungmann 16/01/2015 07:29


Une jolie petite librairie à Uzès s'appelle la Soie en homage à ce roman.


Vous aviez croniqué sur "petite poucette" de Serres, la comparaison des 2 livres est-elle pertiente ?

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