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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 00:00

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Dans une chronique du 10 avril 2007 « Chaud devant » ICI->http://www.berthomeau.com/article-6218738.html 
je m’inquiétais du peu d’intérêt que soulevaient les scientifiques lorsqu’ils abordaient les effets du « réchauffement climatique » sur la vigne et le vin. Depuis lors c’est devenu un sujet à la mode et les grands manieurs de médias du type de Greenpeace s’en sont emparés (chronique 14/10/2009 « Chaud devant : nus dans les vignes, quand le cul se substitue au QI c’est qu’ya le feu au lac » ICI->http://www.berthomeau.com/article-chaud-devant-nus-dans-les-vignes-quand-le-cul-se-substitue-au-qi-c-est-qu-ya-le-feu-au-lac-37346528.html)  

 

Dans son livre « Coup de chaud sur l’agriculture » chez delachaux et niestlé Bernard Seguin responsable à l’INRA de la Mission sur le changement climatique et l’effet de serre et qui contribue aux travaux du GIEC (Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat) note dans son chapitre 7 consacré à la vigne : « S’il est un secteur qui se prête à la boutade facile, c’est bien celui de la viticulture, donc de la vigne et, surtout du vin. Voici, d’ailleurs, quelques-unes, qui fleurissent facilement dans la bouche des journalistes ou des clients du café du Commerce : à la fin du siècle, de la vigne en Suède ou en Finlande et même pourquoi pas au Danemark ? Quand il fera trop chaud, délocaliser le champagne dans le sud de l’Angleterre, et produire le bordeaux en Alsace ? Alors, remettez-m’en une petite dernière ! »

L’auteur souligne, et c’est intéressant pour nous les gens du vin qu’ « il est étonnant de voir comme l’avenir de la vigne et du vin cristallise la curiosité et l’imagination. Au bas mot, il représente plus de la moitié des questions posées par les journalistes sur les conséquences du réchauffement climatique pour l’agriculture. Même si l’on s’habitue à cet intérêt des médias, on est toujours un peu surpris que les demandes proviennent de la BBC, de Radio-Canada, du Guardian ou du Washington Post, sans oublier les télévisions japonaises. » D’ailleurs l’éditeur ne s’y est pas trompé puisque c’est une grappe de vigne qui orne la couverture avec un stick rouge proclame « du Bordeaux en Champagne ? »

Avant d’aller plus avant, comme le fait l’auteur, la polémique sur la crédibilité du GIEC lancée lors du Sommet de Copenhague par des lobbies puissants, relayé par le Mammouth aux gros sourcils qui enrage de ne pas avoir eu de maroquin, qui le qualifie de « groupe d’idéologues écologistes » doit être purgée. Je suis de ceux qui fuient comme la peste les extrémistes de tout poil et qui s’en remettent à des approches scientifiques. Celles-ci existent, elles font l’objet de publications et en cela elles nourrissent le débat public et permettent aux décideurs publics de faire des choix.

De la page 105 à 137 dans son chapitre 7 : « La vigne : 1 ou 2°C en plus, ça va ; plus, bonjour les dégâts ! » Bernard Séguin fait un  tour d’horizon de la question que je vous invite à lire en vous procurant l’opus : 19 euros.

Comme il est de tradition sur cet espace de liberté, à nul autre pareil, je vous propose des bonnes feuilles – de vigne bien sûr – pour vous mettre non l’eau à la bouche, ce qui serait un comble, les neurones en éveil ce qui est bon pour la santé surtout si votre lecture est accompagnée d’une douceur en bouteille.

 

Le Tango des dates de vendange 

 

L’Histoire du climat depuis l’an mil, ouvrage publié dans se première édition par E. Le Roy Ladurie en 1983, s’appuie en premier lieu sur les glaciers, dont on conçoit aisément qu’ils avancent quand il fait froid et reculent quand il fait chaud (même si la mécanique réelle de cette relation est plus complexe, car faisant intervenir le bilan de masse des glaciers, donc les précipitations neigeuses, et introduisant une certaine inertie dans le système). On conçoit ainsi aisément que, quand l’été est chaud, le raisin mûrisse plus rapidement et que les dates de vendange soient précoces ; inversement, à été frais, vendanges tardives. Le Roy Ladurie a utilisé conjointement ces deux indicateurs, après avoir pris connaissance des travaux d’Angot, publiés en 1883, sur les dates de vendange. Ils avaient déjà été repris par un ingénieur de la Météorologie Nationale (ancien nom de Météo-France), Marcel Garnier, qui avait pu, en se basant sur les observations qu’ils décrivent, affirmer que le climat ne se refroidissait pas, mais, au contraire, traduisait un léger réchauffement après la Seconde Guerre mondiale. Les dates de vendange lui avaient permis d’attribuer certaines constatations dans ce sens à l’effet de chaleur dégagé par l’ilot urbain. Il avait noté qu’il fallait évidemment introduire certaines réserves quand à une interprétation entièrement biophysique de ce déterminisme des dates de vendange, qui font intervenir également des facteurs humains et sociaux : d’abord sur la signification de ces bans, sans doute édictés par les seigneurs de l’époque pour éviter des récoltes trop précoces ; ensuite parce que, comme cela a été observé de 1650 à 1740, la recherche d’une meilleure qualité avait pu conduire à retarder les vendanges le plus possible. À l’inverse, certaines années, la crainte de mauvaises conditions pour la récolte ou d’attaques parasitaires massives avait pu conduire à les avancer. Il existe donc une légère dispersion due à ces causes de variabilité temporelle des vendanges, mais la relation entre la date de vendange et la température du printemps s’est avérée solide et fiable.

Un pas en avant, deux pas en arrière... C’est ce qui a été observé pour l’extension des glaciers. Parallèlement, les vendanges ont d’abord été plus tardives, puis de plus en plus précoces depuis la fin du XIXe siècle. La tendance de fond que met en évidence L’Histoire du climat depuis l’an mil est celle d’un petit âge glaciaire (PAG), qui aurait succédé au petit optimum médiéval (POM) du XIe siècle ou, plus largement, des XIe-XIIe siècles et aurait été prédominant de 1303 à 1860. Au-delà, le climat de notre époque est, en partie au moins, sous l’influence de l’homme –on a pu parler d’Anthropocène, par une analogie très évocatrice avec les qualifications des périodes historiques, pour celle ayant succédé à la dernière glaciation et connue sous le nom d’Holocène. »

 

Bonne lecture à ceux qui s’intéressent à ces questions.

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

jacques 11/02/2010 13:09


GIEC..Groupe imbecile Et ....
les memes qui disaient "l'homme ne pourra depasser une vitesse de + de 30km/h)...ou ceux ,nommes economistes qui ne sont meme pas capable de t'expliquer "pourquoi ça a
foiré"
quand aux chercheurs de l'INRA ,feraient mieux de se pencher sur la mortalité de nos vignes ,et surtout ,comme disait "LE GENERAL" un peu - de chercheur et un peu+de trouveur"
MAINTENANT..faut arreter avec ces histoires de rechauffement
la pollution....c'est l'homme.........par son nombre...!!!!! 


tchoo 11/02/2010 09:55


Que le climat se réchauffe c'est indéniable (et chacun a pu le constater ces 30 dernières années) encore que il est encore trop tôt pour constater une inversion de la tendance.
C'est la part de l'homme dans ce phénomène qui est beaucoup plus contesté au GIEC et ce, par des scintifiques tout aussi crédible que ceux qui collaborent au GIEC.
Ce qui ne change pas grand chose aux conséquences pour la vigne.
Mais la nature d'adaptera sans aucun problèmes.
Les phénomènes de pollution de l'eau et de l'air sont autrement plus inquiétants, qu'une pseudo pollution de l'air par le CO2.


Jean-Baptiste 11/02/2010 08:40


Salut Jacques,
Certains ont compris le sens de l'histoire (climatique); c'est ainsi que la chambre d'agriculture de l'Aude et son directeur Jean Heritier sont en train de faire la promotion du pinot
blanc et du Gewurtztraminer......pour le pinot noir, c'est déja fait ! Je vois déja le slogan du comité departemental du tourisme dans quelques années :  "venez faire des vendanges à
l'ancienne et assistez le soir à l'embrasement de la cité   pour le 14 juillet".
Jean-Baptiste.


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