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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 00:09

Comme pour les trains de la SNCF « un Rothschild peut en cacher un autre ». Ici il s’agit du baron Guy banquier de son état comme il se doit mais qui était surtout un grand propriétaire de chevaux de sang (il a présidé le Syndicat des éleveurs de chevaux de sang en France de 1975 à 1982) et les turfistes repéraient à tout coup les jockeys qui couraient sous ses couleurs : casaque bleue toque jaune car la « sainte casaque » alignait les victoires avec une régularité de métronome. L’écurie de Guy de Rothschild a notamment gagné une fois le Prix de l'Arc de Triomphe en 1963 avec Exbury, qui restera son cheval préféré, trois fois le prestigieux Prix de Diane (1957, 1960, 1961), trois fois le Prix Royal Oak (1949, 1964, 1973), deux fois le Prix Morny. .

14rothschild_lg.jpg

Ma « science » de la chose hippique je la tiens de mes travaux pratiques : pendant 5 années j’ai tenu le dossier des Courses au cabinet (le Ministère de l’Agriculture est cotuteur de ce secteur) et je connais bien le milieu. Présider les dîners de l’Arc au Meurice avec l’Aga Khan puis y faire le discours de clôture, les ventes de Deauville et le dîner du Syndicat des Eleveurs de chevaux de sang au Casino (on dîne beaucoup dans les courses), les bisbilles entre trotteurs et galopeurs, mes liens avec Georges Halphen mon délicieux propriétaire et l’ami Jacques Geliot grands amateurs de chevaux, socialistes, ça me changeait les idées. Donc ce Rothschild là, fils du baron Édouard de Rothschild (1868-1949) et de Germaine Halphen (1884-1975) et père d’Édouard propriétaire de Libération et Président de France-Galop, ne faisait pas dans les GCC. C’est chez lui que le futur Président Pompe fera ses armes de banquier.

 

L’anecdote qui suit met en scène le « milliardaire rouge » le truculent Jean Doumeng citoyen du monde et de Noé et, bien sûr, le baron Guy de Rothschild. D’URSS le JBD était capable de tout importer. Ainsi il fit le commerce lucratif de tortues de jardins vendues par les oiseliers des quais de Seine. Elles venaient des rives du fleuve Amour mais la SPA s’insurgea et le big Jean se rabattit sur les animaux de ménagerie : tigres de Sibérie pour Jean Richard, chevaux de l’Oural pour Joseph Bouglione, des chameaux du désert de Gobi pour Cheynau de Leyritz.

 

« Aussi à l’issue du déjeuner où ils venaient d’entrer en affaires, le baron Guy de Rothschild pouvait-il présenter à Jean cette requête : « Il paraît, cher ami, que vous importez, à l’occasion, des animaux sauvages, bêtes de cirque ou de zoo. »

Et, sur confirmation, il exprimait son désir de posséder un couple de mouflons pour le parc de son château de Ferrières. Jean promis de s’en occuper personnellement, si bien que, quelques semaines plus tard, le baron lui téléphonait : « Mille fois merci, cher ami. J’ai bien reçu les mouflons, et plus beaux même que je ne l’espérais. Mais, si j’ai trouvé votre carte de visite d’accompagnement, il n’y avait aucune facture jointe, à moins qu’ils ne l’aient broutée. Soyez donc gentil de me faire savoir combien je vous dois »Et Jean, superbe, de répliquer : « Figurez-vous, cher ami, que toute la fortune des Rothschild ne saurait me payer du plaisir que j’ai eu à vous être agréable. »

Il recevait, peu après, en remerciement, un somptueux envoi de Mouton-Rothschild de haut millésime. Et il l’avait goûté en l’honneur de l’ambassadeur soviétique Vorontsov, venu le voir à Noé. Mais, alors que le diplomate s’extasiait, il affectait de préférer un gros rouge en carafe, vin de la coopérative voisine de Longages. » Je ne déteste certes pas le Mouton-Rothschild, expliqua-t-il, mais ce cru de terroir est, à mes yeux, le meilleur du monde, le seul que j’aime vraiment. »

Intrigué, l’ambassadeur manifesta le désir d’y goûter. Alfred Nègre, présent au reps, l’en empêcha : « N’y touchez pas, Excellence. On vous a mal traduit les propos de Jean. Il n’a pas dit « le seul vin que j’aime », mais, exactement, « le vin que, seul, je peux boire. »

On s’esclaffa, et Jean, évoquant l’origine de ce Mouton-Rothschild, retombait, comme toujours sur des pattes : « Encore une affaire de troc des mouflons contre des « Mouton ».

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Michel Smith 28/02/2011 08:23



Merci Sam. Merci les autres. Je me délecte.


Juste une remarque, le Moulis servi à Listrac est MAUCAILLOU. Un beau vin, jamais extraordinaire, mais très facile à boire... Bon les gars (et les filles), continuez !



Sam 27/02/2011 22:57



- "Buttet, votre vin est parfait mais il a le défaut de plomber le lendemain.
- Il se peut, Sire, mais je l'ignorais : jamais un Savoyard n'employa deux jours à vider une bouteille."


Échange entre le Baron de Buttet et Victor-Emmanuel II


Je pense que ces messieurs parlaient de cépages Jaquères ou de vins de d'Apremont.


Source :www.vinsdesavoie.com


Sam



Sam 27/02/2011 21:49



@ L’Attention de Michel Smith.


Un jour le Baron Elie de Rothschild,fut convié à déjeuner chez son neveu,le Baron Edmond de Rothschild au château Clarke à Listrac, après un excellent repas, tous
les convives font quelques pas de détente dans le parc et Elie prenant son neveu en aparté par le bras, lui dit :


: -"Mon cher neveu encore, et toutes mes félicitions pour l’ordonnancement  de ce
brillant repas et surtout pour le vin, d’avoir choisi mon Lafite, pour l’honorer"


 


- Cher oncle, le vin n’était pas du Lafite, mais du château Meaucailloux, un voisin !


(Dis-tonton, pourquoi tu tousses ?)


Sam



Luc Charlier 27/02/2011 19:26



D’accord quant au Grand Steeple, Jacques. Mon frère et la mère de mes fils sont vétos, on a quelques milliers d’heures de selle, on a
mangé de la viande de cheval, on a vu « They shoot horses, don’t they ? », on a écouté « Stewball » (même la version d’Hugues Aufray) et, en ce qui me concerne, j’ai
contribué à des euthanasies quand j’étais petit. J’ai même gravi plusieurs fois Solutré (pas en compagnie de Prostator). Mais cette course-là, il ne faudrait pas qu’elle ait encore lieu !
Pour une fois, les Britanniques, si « fair-play », ne valent pas mieux que le plus basique des aficicionados.



Alain Leygnier 27/02/2011 17:08



J'obtempère, Michel, avec une histoire de Michel, de Michel musicien, de Michel Legrand, qui est une sorte de baron de la musique. Contexte : compositeur d'une musique que je qualifierai
volontiers de musique heureuse, Michel Legrand jouit parmi les musiciens d'une réputation d'odieux personnage. Donc, le télé annonce la mort de Michel Legrand. Un musicien se présente à son
domicilei, désire lui parler. "Impossible, Monsieur, Monsieur Michel Legrand vient de décéder", répond le majordome. Le lendemain, le même musicien retourne chez Michel Legrand avec la même
demande. "Mais, je vous ai dit hier qu'il était mort ...". Le lendemain, troisième visite du musicien, même demande. "Monsieur, ça suffit" s'agace le majordome," je vous ai déjà dit deux fois que
Michel Legrand était mort. Vous n'avez pas compris ?". "Si, bien sûr, mais ça fait tellement plaisir de l'entendre dire.. "



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