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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 00:08

Provocateur JB Doumeng l’était. Face à une flatterie indécente ou un propos maladroit ou un comportement minable il était capable des pires extravagances qui trahissaient « ses rancœurs et défis de gosse frustré, sinon méprisé ». Ainsi à un apparatchik fat, Ministre hongrois du commerce extérieur, qui à la fin de son discours osait placer cette aumône : « À présent, cher ami français, s’il vous manque quelque chose dites-le moi... » il rétorquait

- Oui, monsieur le Ministre, une belle peau d’ours.

- Simple détail, et facile à trouver. Pour un manteau, je suppose.

- Pas du tout... L’hiver, ma femme et moi adorons faire l’amour, nus, sur une peau de bête, devant un feu de bois... Ça amuse les enfants... La civilisation capitaliste, trop sophistiquée, nous a coupés de la nature. »

 

Parfois il poussait le bouchon très loin, trop loin comme ce qui suit qui n’est pas du meilleur goût. Âmes sensibles s’abstenir !

photo-Tardi.jpg

 illustration tirée de la BD de Tardi-Pennac La Débauche chez Gallimard

 

« À Vichy, l’assemblée générale de la Mutualité Agricole lui avait offert un soir, l’occasion d’inviter à dîner l’épouse du ministre de l’Agriculture, Edgard Pisani, et deux de ses amies. Il les entraînait ensuite sabler le Laurent Perrier Grand-Siècle au cabaret du Casino. Comme il fanfaronnait un tantinet, il s’était attiré cette remarque de Mme Pisani :

«  Si je comprends bien, M. Doumeng, avec votre notoriété et votre fortune, vous pouvez tout vous permettre.

- Exactement, chère madame... Aussi bien péter chez Rothschild, que pisser contre le mur de ce cabaret.

- Oh ! Vous n’oseriez pas ! » gloussa l’une de ces dames, ignorante qu’il ne fallait jamais défier Jean Doumeng.

 

Et il s’en fut, sans hésiter, uriner dans un coin de la salle, sous les regards sidérés du voisinage. La réprobation le disputait à la surprise, et un murmure le raccompagnait à sa table, où il y alla de sa petite plaidoirie : « Je sais que je vous écœure, mais vous n’osez rien dire parce que j’ai du pognon. Lorsque je tirais la langue, gosse, et que, premier de la classe, j’ai demandé une bourse pour la poursuite de mes études, on me l’a refusée. Pardonnez-moi donc, si je n’ai pas d’éducation. Ce n’est pas tout à fait de ma faute, si je traîne toujours un peu de merde de bouseux... On me l’avait bien dit et répété, gamin, quand tout m’était interdit, qu’avec du pognon, tout me serait permis. Et il me plaît parfois de le vérifier, comme aujourd’hui. À présent que j’ai réussi, certains, notamment des journalistes à l’affût qui apprécient ma table et mon champagne, trouvent géniales mes conneries. Il en va ainsi dans la vie. Mais sachez que, s’il m’arrive de jouer au con, c’est plus fort que moi, et ça ne m’amuse pas. »

 

In Jean-Baptiste Doumeng, Le grand absent de René Mauriès chez Milan

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

EmbusCad 03/07/2011 19:02



Un dîner auquel participait BHL : il ne buvait que du thé. Pépé Cad lui demande sur un ton anodin (enfin presque... c'est jamais tout à fait innocentce genre de question...) comment il
est possible de bien philosopher quand on ne boit que du thé. Il n'a obtenu en guise de réponse qu'un regard méprisant.


Un philosophe dépourvu d'humour autant que de sens de l'a propos est un Jean-Foutre.


Et je pèse mes mots



Alain Leygnier 03/07/2011 18:03



"Leur pensée est nulle", disait Gilles Deleuze à propos des nouveaux philosophes, dont BHL est le plus beau fleuron. Un autre philosophe, dont j'ai oublié le nom, déclarait : "On peut passer sa
vie à étudier la pensée de Platon, de Kant ou de Spinoza, avec BHL, ça va beaucoup plus vite".



Sylvie Cadio 03/07/2011 00:42



BHL, Clavier (céqui ces gens ? Connais pas) Onfray en revanche ne dit pas que des sottises, comme l’aurait dit Desproges il en
écrit aussi. En tout cas ce qu’il dit conduit à réfléchir, il pose quelques bonnes questions et ouvre donc un débat ce qui n’est pas le cas de BHL, qui prête surtout à rire, et c' est
bien aussi : cette sorte de De Funès encore presque jeune et chic, bogosse et qui se la pète moi ça me repose.


 


Le premier paragraphe de ton commentaire m’échappe : je ne connais d’ Esterel que son massif dégarni. Quant au pluriel après une
négation elle n’est pas automatique, ou alors il y a une subtilité de ta part que je n’ai pas saisie (tu vois, là, par exemple, il y a négation et pas de pluriel. Faut que tu m’esssssspliques, je
voudrais ne pas mourir totalement idiote)


 


Ensuite si Charlier ne comprend pas vite, s’il lui faut réfléchir beaucoup, alors je m’inquiète pour l’avenir du genre humain et
surtout pour l’avenir de mon cerveau… le mien, oui M’sieurs Dames, j’ai aussi le droit d’être égoïste et de penser un peu à moi : il me faut lire souvent 2 fois, voire 3 fois tes posts
pour en extraire la substantifique moelle et  je ne parle pas là que du contenu de l’apparence d’assiette que tu nous sers, qu'elle soit ou
non Rabelaisienne (je parle donc d’assiette au sens très large…180 X 200 me semblent être les bonnes dimensions, surtout pour un lit)


 


Quand tu nous balances, toi, une sorte de philologie comparée entre les textes de Berthomeau et nos commentaires à nous (en tout cas à
moi qui, si j’ai posé mon cul sur les bancs de l’école c’était surtout pour me réchauffer en hiver, les mains collées au radiateur, ou en été, bien planquée au fond de la cour à fumer du
teuch en cachette, plus que pour me « cultiver ») excuse-toi, cher Luc mais tu me fous un peu le bourdon : il y a des jours où à te lire je pourrais devenir suicidaire à
force de mon ignorance crasse.


 


Mais je ne veux pas te contrarier puisque tu l’as dit : tu ne comprends pas vite et il te faut réfléchir beaucoup.


 


Comment il disait l’autre ? Alea jacta est ?


 


 



Luc Charlier 02/07/2011 23:01



@ Masson : On m’a parlé de vous, Masson. Il semblerait que vous croyez à ce que vous racontez et que vous posez les bonnes
questions. Un anti-Joly, en quelque sorte. C’est un participant à votre séminaire pour l’ICV Méditerranée qui me l’a dit (ingénieur agronome et peu steinerien).


Il faut dire que nous venons (nous = une Flamande de 81 ans, une quinquagénaire héraultaise et Léon himself) de boire un
Ruchottes Chambertin 1990 – délicieux – puis un Côtes du Roussillon 2005 encore infiniment meilleur (au dixième du prix, même pas), les deux sortent de ma cave. Je ne suis plus « code de la
route » mais il n’y a pas de faute(s) d’orthographe quand même. Les Français ont tendance à utiliser le pluriel après une négation. Moi, je trouve cela illogique. S’il n’y a rien, même le
singulier est déjà de trop, non ?


C’est quoi, la « Maison Jacques Estérel » ?


@ Mémé : je ne suis pas un « scientifique », Sylvie. J’aime comprendre et déteste parler de ce que je n’ai pas compris.
Comme en plus je ne comprends pas vite, il faut que je réfléchisse beaucoup. C’est ce qu’on appelle un « intello ». Sauf en France ou un intello, c’est un mec qui fait chier les autres
en se prenant au sérieux (BHL, Onfrain, Clavier ....).


Rideau : “Als ge wilt poepen met vieeel schuim, zet maar OMO op
‘er pruim !”.



Pierre Masson 02/07/2011 22:39



Heureusement sa fille avait plus de classe... et puis il a sauvé la maison Jacques Estérel.



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