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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 00:09

Cocorico ! C’est à la Une des Echos : La France redevient le premier producteur mondial de vin,link en volume bien sûr. Le directeur de l’OIV Frederico Castelluci le 8 novembre a permis au vin de sortir des pages obscures de la presse spécialisée. Je ne vais pas comme mes chers confrères, y compris bloggeurs, m’en tenir au verbatim de Frederico Castelluci mais tout d’abord mettre en perspective les statistiques volumiques pour que les charmants petits loups et louves qui comptent en quilles apprennent ce que sont les ordres de grandeur ; ensuite je soumettrai à votre sagacité les tableaux de chiffres et les courbes publiées par l’OIV.

 

La production mondiale est stable 2011 : +1% à 269,8 millions d’hl c’est 36 000 000 000 bouteilles de 75 cl (36 milliards soit 5 kils par habitant de la Terre) et 1% de plus c’est 360 millions de bouteilles à siffler en plus.

 

Vertigineux, non !

 

Pour la France la récolte 2011 c’est 49,6 millions d’hl soit +9% de plus et donc en bouteilles : 6 613 000 000 soit un surplus  de bouteilles d’environ 66 millions de cols.

 

Presqu’autant que d’habitants de notre vieux pays va falloir rendre le vin obligatoire pour éponger le surplus.

 

Pour ne pas vous saturer la tronche de gros chiffres je ne recommence pas l’opération pour l’Italie dont la production plonge de 13% à 42,2 millions d’hl.

 

Et pourtant on arrache de la vigne en Europe surtout (cet hiver 2011-12 se terminera la troisième et dernière campagne d’arrachage dans le cadre de la nouvelle OCM vins). 45000 à 50 000 ha devraient donc être rayés du potentiel viticole européen.

 

Dans l’ordre l’Espagne 28 000 ha, l’Italie 9000 ha et la France 6000 ha…

 

Et pourtant la production n’a pas régressée, elle reste stable. Donc la productivité de la vigne européenne augmente. Vive les petits rendements !

 

Du côté de la concurrence la croissance des surfaces plantées dans l’hémisphère Sud et aux USA s’est ralenti, voire a régressée sauf au Chili. Pour les volumes : les USA affichent une baisse de10% à 18,74 millions d’hl, l’AFS est stable avec 9,25 millions d’hl et le Chili explose : +15,5% à 10,6 millions d’hl. L’Argentine 15,5 millions d’hl progresse légèrement et l’Australie 11,86 millions d’hl est stable.

 

France vigneronne : « combien d’hectolitres de vins en Languedoc-Roussillon en 2011 ? » et « en termes de comparaison ça équivaut à quel pays ? »

 

Que de vin, que de vins… Dites-moi comment on vend tout ça, à qui, dans quels pays ?

En termes d’écoulement, le sieur Castelluci table, dans l’hypothèse la plus pessimiste sur 235 millions d’hl et la plus optimiste sur 251,5 millions d’hl…alors que pour 2010 ce fut 243 millions d’hl.

 

Le Monde, qui reste encore une référence,  dans son 4 pages Economie titrait«  La France redevient le premier producteur de vin de la planète et sous-titre : au niveau mondial, la consommation devrait pâtir de la crise économique ». C’est en effet la bonne question car nous ne nageons pas, hormis les bulleurs des GCC, dans une douce euphorie. Après le trou d’air de 2008 et l’embellie de 2010 la consommation va-t-elle de nouveau piquer du nez ?

 

Méfions-nous des effets de focale : la crise de la dette souveraine touche la zone euro et, comme le développement de la consommation se situe hors zone euro, l’actuelle dynamique des exportations françaises devrait se maintenir sauf effet de contagion lié à une propagation de la pression sur les pays endettés, dont la France.

 

Le vrai risque c’est la pression sur les prix liée à la progression des volumes. Ce phénomène est souligné par le directeur de l’OIV « le vrai risque pour les petits producteurs est la grande distribution. Elle représente près de la moitié des ventes en Europe et fait jouer la concurrence pour baisser les prix. » Il clair pour moi que les vins d’entrée de gamme, dont beaucoup d’AOC régionales risquent de souffrir sur leur marché domestiques : France et UE sauf à ce qu’elles trouvent une meilleure sortie sur les pays tiers.

 

Mais tout ça c’est de la grosse cavalerie, du jaja à deux balles, des boutanches qui ne plaisent pas à ceux qui comptent les ventes de bouteilles sur leurs doigts. Cependant, dites-moi les gars et les filles on en fait quoi de toutes ces vignes, de tous ces vignerons ? On arrache leurs vignes  et on les reconvertit ? En quoi dites-moi ? Et puis ceux qui sont dessus on les réorientent vers quoi ? Pas de souci y’a ka… Y’a ka quoi ? Moi je suis assez rase-mottes sur ces questions, faut pas se contenter de me chanter la petite chanson habituelle qui court dans les salons de ceci ou de cela. Quand je dis ça vous savez parfaitement que je n’incrimine pas ceux qui font des petits ou des grands vins d’artisans mais je me contente de poser une question dont on ne peut pas se débarrasser facilement car elle est du genre sparadrap du Pr Tournesol.

 

Notre monde du vin compte tellement de beaux esprits, qui se réunissent à grands frais dans des lieux agréables pour soi-disant réfléchir à l’avenir, produire de l’intelligence, que je suis persuadé qu’ils vont se mobiliser pour y répondre… Tonton pourquoi tu tousses ? Ah, tu as avalé de travers ta dernière gorgée de GCC… Je suis désolé…

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Denis Boireau 21/11/2011 10:19


Agacant, les erreurs de l'OIV sur les unites de grandeur: le petit m, c'est "milli", donc pour des milliemes. M'etonnerait que leurs chiffres parlent de milli-hectare. Alors sont-ce des milliers
(abreviation correcte k pour kilo)? des millions (M pour Mega)? ou de milliards (G pour Giga)?

Egmont Labadie 17/11/2011 21:30



J'abuse un peu de l'endroit pour vous donner un lien vers un autre système très intéressant pour conseiller des accords mets et vins: http://www.vins-npa.com/npa/



Egmont Labadie 17/11/2011 21:28



Autre gros problème, la grande distribution et ses prix de vente moyens à 3,5 euros la bouteille, ce qui n'est pas assez. Mais il semble que, si les gens achètent si peu cher le vin en grande
distribution, c'est aussi parce qu'ils ont peur de se tromper, de tomber sur une bouteille de m...., alors ils prennent le moins de risque possible. Avec plus de conseil, ils passent tout de
suite à meilleur, comme le dit le PDG de la société qui vend le sommelier virtuel Max. A lire sur ce sujet très intéressant cet article: http://www.vitisphere.com/breve-58818-HiTech-Max-le-sommelier-du-rayon-vin-a-lapplication-mobile.html



Egmont Labadie 17/11/2011 21:25



D'après tous les chiffres de France Agri Mer, la crise de la production française est passée, le pire a été vers 2005. Aujourd'hui il y a pénurie de vin de table, les Vins de pays d'Oc se vendent
très bien, les vins français de toutes les régions marchent bien à l'exportation, grâce à la réforme des agréments et des cahiers des charges, les vins français sont en moyenne beaucoup plus
fiables, la valorisation en bouteille à l'export est en moyenne supérieure à 5 euros la bouteille, presque 6 euros pour les AOP. Les deux seuls gros problèmes qui restent sont Bordeaux, dont
beaucoup de petits châteaux sont à la dérive, et le Muscadet. Mais le segment des vins de cépage démare très bien les négociants vont pouvoir faire beaucoup de vrac d'assemblage pour les gros
marchés de la GD mondiale. Il faudra juste s'assurer que les cours ne sont pas trop bas. Mais si on continue à bien maîtriser le potentiel de production européen, ça devrait être possible. Par
contre si on ouvre les vannes en supprimant effectivement les droits de plantation, on plonge dans l'inconnu ultralibéral...Mais ça m'étonnerait que ça arrive, vue la mobilisation européenne...



Bourgogne Live 17/11/2011 11:21



Pour info : 


Les banques ont besoin de liquide...et mettent la
pression aux vignerons : http://goo.gl/60Wez


"« Nous faisons face à un problème de trésorerie.
Elle est aujourd’hui jugée insuffisante par notre banque alors que, par le passé, cela ne lui posait pas de problème. Elle ne veut plus aucun découvert. Nous n’avons pourtant pas de souci
particulier en termes de vente ou de production, mais les financiers nous imposent un ultimatum d’ici la fin
de l’année pour renflouer les caisses » 



Certifié viticulture biologique depuis 2008, Gilles Ballorin
travaille également en biodynamie. Lors de la vente qu’il organise le 26 et 27 novembre, il proposera les stocks de 2009 et 2010 avec des remises allant jusqu’à 50 % du prix
public



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