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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 00:09

photoDaumier.jpgCes derniers temps la critique du vin, et par le fait même les critiques du vin, ont été mis sur la sellette par des chroniqueurs de la blogosphère pour mélanges des genres et conflits d’intérêts. Afin, non de jeter de l’huile sur le feu, mais alimenter le débat j’ai acquis un petit opus Éloge de la critique de Diderot à Roland Barthes textes choisis et présentés par Jacqueline Razgonnikoff chez art lys www.artlys.fr 12€.

 

Bien évidemment il s’agit essentiellement de la critique littéraire, artistique, musicale et dramatique mais Jacqueline Razgonnikoff, historienne du théâtre, a inclus dans ses auteurs le père de la critique gastronomique : Alexandre-Balthazar Grimod de la Reynière, grand amateur de théâtre. Il m’est donc ainsi facile d’inclure dans le champ de la critique celle du vin qui, comme la critique gastronomique, fait appel à 3 de nos sens.  

Donc comme l’écrit Jacqueline Razgonnikoff «De Diderot aux journalistes de notre époque, les opinions se répondent, se contredisent, se complètent, se combattent, se confirment. Au détour de leurs phrases, il est passionnant de débusquer la profonde sincérité des uns, la souffrance des autres, l’indulgence de ceux-ci, la cruauté de ceux-là. » Qu’il serait bel et beau que ces rebonds intellectuels soient de règle sur notre blogosphère ! Petite anthologie établie « pour le plaisir » qui veut nous donner « l’occasion de pratiquer (…) l’exercice excitant d’une réflexion que l’invasion de la culture industrielle et la primauté de l’image sur le mot empêchent parfois de s’exercer à bon escient. À l’époque de la « pensée unique », il est encore et plus que jamais utile de réfléchir à « l’esprit critique »

.

Dieu qu’elle a raison et je vous invite, amis lecteurs, à lever le nez de votre verre et à plonger vos yeux sur ces morceaux choisis par moi.

 

Je commence par François Truffaut fondateur des Cahiers du cinéma et critique redouté car je partage son point de vue sur l’exercice de la critique « Si l’exercice de la critique est admissible, c’est à condition de la considérer comme un job provisoire, un stade transitoire. » Pour la critique du cinéma il est radical ce « n’est ni une profession, ni même un métier, tout juste un expédient » Comme beaucoup d’auteur il a la dent dure « on devient critique, par hasard, après avoir échoué dans la littérature, le professorat, la publicité ou la soudure autogène. »

 

Pour autant je partage l’opinion d’Oscar Wilde « Nous devons nous en tenir à la Critique. Et voici ce que je veux mettre en évidence. Une époque qui n’a pas de Critique est une époque où l’art est immobile, sacralisé et confiné à la reproduction de modèles formels, ou c’est une époque qui n’a pas d’art du tout (…) le penchant de la création est de se répéter. C’est à l’instinct critique que nous sommes redevables de chaque nouvelle école qui jaillit, de chaque nouveau moule que l’art trouve à la portée de sa main. »

 

Je comprends la souffrance de Claude Debussy « Ils ont le droit de juger en une heure l’effort, le labeur, la gestation de plusieurs années. » et la colère d’Hector Berlioz « Trop misérables critiques ! Pour eux l’hiver n’a point de feux, l’été n’a point de glaces. Toujours transir, toujours brûler. Toujours écouter, toujours subir. »

 

Si je puis m’exprimer ainsi je m’efforce de me tenir sur la ligne de Denis Diderot « La vérité et la vertu sont les amis des beaux-arts. Voulez-vous être auteur ? Voulez-vous être critique ? commencez par être un homme de bien. » et comme l’écrivait Grimod de La Reynière « Ce que l’on peut faire de mieux de la Critique, c’est d’en profiter avec reconnaissance si elle est juste, et de tâcher de l’oublier, si elle ne l’est pas. Cette maxime, qui devrait être la règle de tout Écrivain, et de tout Écrivain polémique surtout, est cependant rarement pratiquée. »

 

Enfin Charles Baudelaire « Quant à la critique proprement dite, j’espère que les philosophes comprendront ce que je vais dire : pour être juste, c’est-à-dire pour avoir sa raison d’être, la critique doit être partiale, passionnée, politique, c’est-à-dire faite à une point de vue exclusif, mais au point de vue qui ouvre le plus d’horizons. »

 

Ce ne sont que mes choix si ça vous dit vous savez ce qui vous reste à faire !

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Pierre Masson 04/12/2011 17:35


A propos de Rauzan Gassies et des critiques, celle-ci lue dans la RVF de ce mois , toujours à propos du 2005 :


" Le vin est élégant et suave, avec un côté margalais raffiné qui séduira les amateurs de vins délicats et digestes" Noté 16,5/20


On est loin des aspects acide, tannique et austère relevés par les 2 critiques que j'avais cités plus haut.

Marc André Gagnon 30/11/2011 15:20


Prenons deux exemples:
1. Un critique donne une très bonne critique à un vin. Dans le millésime suivant, le vin n'est pas bon. 2, Il donne une bonne note à une nouvelle marque, L'arrivage suivant est mauvais.


Le critique doit-il maintenir son silence sur les mauvais vins?

Denis Boireau 30/11/2011 14:49


@ Pierre Masson: en fait ils sont d'accord vos deux critiques. Ils disent que ce vin n'est pas a boire maintenant. (comme presque tous les Bordeaux 2005 actuellement). J-M Quarin ne parle pas de
l'avenir de ce vin: il ne fait pas son boulot a fond. Et Jacques Dupont le note fort justement "prometteur" car il le juge capable de devenir bon dans quelques annees. Il a sans doute
raison, comme toujours.


@ David Cobbolt: OK pour ne pas parler des manquements ou defauts, mais une liste complete des vins participant a vos selections serait du plus haut interet pour le lecteur qui aime
comprendre, et ca pourrait eviter qu'on pense que les critiques du vin ne sont que des "louangeurs".

Luc Charlier 30/11/2011 13:44


Change de métier !


 


Voilà-t-y pas une belle apostrophe NON anonyme (mais tout à fait dénuée de modération et donc un peu sans intérêt, je le reconnais humblement). Disons que c’est pour rire.


En fait, elle traduit pourtant ENTIEREMENT ma pensée non dogmatique : le monde irait mieux sans la GD (pas Masson, mais c’est un
détail de l’histoire comme l’a dit souvent un nauséabond). Je sais qu’elle n’a aucune chance d’aboutir mais .... « Il faut imaginer Sisyphe heureux ..... ».

Masson Pierre 30/11/2011 12:59


L'exercice de mon métier en GD m'amène à consulter différentes critiques sur un même cru, afin d'en avoir un profil et de pouvoir en parler sans l'avoir dégusté. Je suis souvent frappé par
les différences d'appréciations.


Exemple pour Rauzan Gassies 2005 :


 pour J-M Quarin,le milieu de bouche est tannique et austère, immature et le" vin s'achève sans plus aucun charme".


Pour J.Dupont :"... le fruité est porté par la fraîcheur acide et tannique. Beaucoup d'allure dans ce vin prometteur"


Me voilà bien avancé....


Pierre Masson

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