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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 00:09

affiche-On-acheve-bien-les-chevaux-They-Shoot-Horses-Don-t-

 

Y’ a des jours où vraiment je n’ai pas envie de conter le vin mais de le boire dans le fin fond d’un patelin non connecté, ni branché, comme cette île de ma vieille Vendée crottée et réactionnaire mais qui savait toujours raison garder.


Texte de 2007 tiré de mon roman du dimanche en illustration


« Personne ne voulait lever l'ancre. Sous l'épais nuage de fumée bleue, tels des porcelets découvrant les joies de la fange, ils se vautraient dans les délices de la bonne chère et du bon vin. Jean, ne reculant devant aucun exotisme, en dessert, avait fait confectionner des savarins gorgés de rhum Négrita. Les gars, déjà envapés, se léchaient les doigts pour n'en perdre aucune miette. L'arrivée de magnums de champagne, du vrai, du très cher, faillit provoquer des ruptures d'anévrisme. Les gars n'en revenaient pas. Le plus jeune de la tribu des Turbé, dit Cécette, eut égard à son bégaiement qui lui faisait débuter ses phrases par des cé cé cé, soudain volubile, ne butant sur aucun mot, n'en finissait pas de répéter que, pour sûr, dorénavant(sic), surtout avant d'aller au bal pour emballer les filles, il ne carburerait plus qu'au Motéchandon. L'apogée de la soirée fut enfin atteinte lorsque Marcelline, son homme étant fin saoul, pour la rincette du café, lui étant toujours du pur jus de chaussette, proposait de derrière le bar, le choix entre un VSOP d'Hennessy, un Armagnac de je ne sais plus quel âge et de je ne sais qui, et un Calva ramené d'une virée en Normandie. Pour ces stricts pratiquants de la goutte ce fut comme si on leur faisait découvrir que, jusqu'à ce jour, ils lapaient l'équivalent du pétrole lampant de leur fanal. Tous ces palais dévastés, ravagés, au terme de cette mémorable soirée, croulant sous les douceurs de tous ces nectars pour une fois savourés, découvraient le vrai goût des choses. »

 

Encore moins envie d’aller me goinfrer de foie gras ou de caviar, d’enterrer cette vieille année sous les cotillons, serpentins et langues de belle-mère alors que les égouts débordent, dégorgent des fientes de notre société, jusqu’ici plus ou moins bien cachées.

 

Ça pue.

 

Ça me donne envie de gerber.


Ces détritus barbouillent de merde les réseaux sociaux, Face de Bouc devient le cloaque de la pire inhumanité.


Ainsi, depuis plusieurs jours, une jeune italienne Caterina Simonsen, étudiante vétérinaire de 25 ans, atteinte de quatre maladies génétiques rares, se fait insulter sur Facebook par des dizaines d'internautes, certains allants jusqu'à lui souhaiter de mourir. 


Sa faute ?


Son statut : « Moi, Caterina S. j'ai 25 ans, je remercie la vraie recherche, qui inclut l'expérimentation animale; sans la recherche, je serais morte à 9 ans».


Quelques heures après ce message, elle comptabilisait déjà 500 insultes et 30 souhaits de la voir mourir de la part de personnes se disant « défenseurs de la cause animale ».


La litanie d'injures n'a cessé et les messages injurieux se sont ainsi multipliés: « Tu pourrais mourir demain que je ne te sacrifierai pas mon poisson rouge » ou bien « Peut-être devrais-tu mourir: un être humain de moins et des animaux en plus sur cette planète »


« On achève bien les chevaux »


Le film réalisé par Sydney Pollack, sorti en 1969, inspiré du roman homonyme de Horace McCoy publié en 1935. Le début des années 1930, en Californie, la Grande Dépression, on se presse pour participer à l’un de ces nombreux marathons de danse organisés à travers le pays pour gagner les primes importantes qui y sont mises en jeu.


2013, grande dépression des temps post-modernes laissant le champ libre aux comportements désespérés dont se repaissent les plus vils.


Alors me direz-vous, portons le coup de grâce à 2013, ce coup fatal «administré» à une personne ou un animal blessé en vue d'abréger ses souffrances ?


Inutile, car 2014, la petite sœur pointe son nez et, en dépit des vœux et des bonnes résolutions, je ne me fais aucune illusion sur l’éradication des cons.


Puisque Noël n’est pas très loin dans notre rétroviseur rappelons-nous, qu’avant d’entamer son fameux chemin de croix, de mourir sur la croix, le nazaréen  fils de Dieu, subit la flagellation qui avait pour fonction déterminante de « préparer » le supplice de la crucifixion. Elle supposait un abominable raffinement puisque tout l’art du bourreau consistait à châtier le condamné, sans l’achever prématurément. — (Gérard Mordillat, Jérôme Prieur, Jésus contre Jésus, Éditions du Seuil, 1999, p. 75)


Peut-être qu’en 2014 pourrions-nous cesser de nous flageller nous ne sommes pas encore à classer dans les damnés de la terre ?


Si vous m’avez suivi jusque-là lisez donc cet autre petit bout de mon roman qui fait suite au précédent car sa chute : « nous allions profiter du temps restant pour parler de tout et de rien ». est la meilleure conclusion que je puisse vous proposer pour cette chronique.


« Jean avait réussi son coup. Tout le monde était content, moi y compris. Cette grande crapule passée du gauchisme au mercantilisme le plus débridé n'en finissait pas de me raconter qu'ils avaient quasiment racketté les bistrotiers de l'île pour financer les liquides de cette soirée, au motif ceux-ci étaient les seuls bénéficiaires de la pochtronerie des marins et qu'ils devaient réparation à Marie. Jamais avare de formule-choc mon Jean parlait d'impôt révolutionnaire. Le vieux Turbé opinait le regard perdu dans les profondeurs de la poitrine de Marcelline. Tous les détails du banquet avaient été décidés de longue date lors d'une réunion qui s'était tenue à l'initiative de Jean à la salle des fêtes. Les femmes n'en avaient rien su. Dans un ultime effort, le vieux Turbé, tout en surveillant Marcelline comme du lait sur le feu, me confia que le monument de Marie serait en granit, simple et sans croix. Je le remerciais alors qu'il se relevait avec l'aisance d'un jeune premier en nous confiant sur un ton égrillard : « J'ai la gaule. Ce n’est pas tous les jours que ça arrive faut que j'en profite... » Marcelline se propulsait dans la cuisine. Je dis à Jean : « je vais aller déposer l'urne de Sylvie au cimetière de Port-Joinville. Marcher me fera du bien ». Toute autre personne que Jean aurait posé des questions. Lui me suivit en me répondant : « Ne t'inquiète pas mon grand je m'occuperai de tout... » Il savait que je reprendrais le bateau du matin et que, d'ici-là, nous allions profiter du temps restant pour parler de tout et de rien. »

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

foubert 31/12/2013 20:53


le taulier


tu me fais du bien jte dis ça en sirotant un pouilly...fumé.


sur face book il me nomme calvaschnikoff


j aime ls amoureux de la bibine qui n ont pas que des histoires de bistrot.


j aimerai bien te faire partager mon calva qui plait tant aux gens du sud habitué à leur génépi sucré et tant d otres petite piquette que je vais dénicher aux 4 coins de mes pérégrinations.7


Mais jpeux t inviter aussi au Festival des CULS TERREUX et là on sdégotte de la bonnechair de la bonnebibine et de la Musique qui plait autant aux djeunes qu à nous vieux croutons.


Continue de d'émouvoir devant toutes ces injustices qt que cette jeune italienne vienne nous voir on lui remontera le moral at elle verra que danx notre royaume même à jeun oa de la sensibilité.


BON BOUT D AN A TOI


Michel calvaschnikoff


 

TRUC Georges 31/12/2013 11:31


Allez, pas de défaitisme ; l'imbécilité et l'intolérence sont de ce monde ; simplement, ce que l'on apelle les "réseaux sociaux" favorisent leur expression, plus peut-être que celle de
l'intelligence et de la sensibilité. 2014 ne changera rien à l'affaire. Mais, espérons que la conscience l'emportera sur la bétise.


Bonne année, cher Taulier !!


 


Georges TRUC 

arelate 31/12/2013 11:25


J'ai été moi aussi été écoeuré par la lecture des tweets des "défenseurs" des animaux. J'ai envoyé un mesage de soutien à Caterina sur tweeter. (#iosonoconcaterina).


Cher taulier il faut raison garder et continuer à nous abreuver de vos petits mots matinaux pour l'année nouvelle. Année que je vous souhaite prolifique quand à tous vos sujets à venir.


 

patrick axelroud 31/12/2013 11:08


La trouvaille ,qui est une photo, n'est pas passée; faut dire que ,si quotidiennement je suis plutôt Grincheux ,en informatique je suis carrément Simplet.J'allons éssayer
aut'chôse

JACQUES BERTHOMEAU 31/12/2013 11:38







patrick axelroud 31/12/2013 10:55


Quelle morosité Cher Taulier ! Inutile d'en rajouter : le temps n'est pas à la polémique même si l'on est d'accord avec toi et qui fait que ,depuis des lustres, mes voeux sont du type : "Bonne
Année...quand même !"


Ci dessous pour tenter de dissiper cette morosité, ci joint,l'une de mes plus belles trouvailles 2013 sur le oueb.


Quand tu es dans la merde, mais vraiment dans la merde...regarde devant toi comme si tout était normale et surtout, ne dit rien... mais ne dit
rien...




JACQUES BERTHOMEAU 31/12/2013 11:19







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