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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 00:09

Le destin de certains mots, somme toute banaux, est étrange. Ils se retrouvent disqualifiés dans des expressions populaires et font l’objet d’un injuste opprobre. Tel  est le cas de la lie, la lie du vin tout particulièrement même si ce dépôt formé par précipitation dans une boisson, spécialement un liquide fermenté ne concerne pas que le vin.


Dans ma jeunesse, au Bourg-Pailler, le Muscadet sur lie constituait pourtant le fin du fin que l’on réservait aux mariages et banquets. Certes mon père avec son alambic ambulant distillait les lies et que c’était des boues rouges lie-de-vin mais de nos jours nos jeunes amis naturistes me semblent tout à fait aptes à boire leur calice jusqu’à la lie.


La lie n’a jamais été bien traitée dès son origine. Son nom vient du latin médiéval lias, (pluriel) liæ « lie, sédiment, résidu », du gaulois lĭga, lega « sédiment, dépôt, limon » (cf. gallois llai, breton lec’hi « lie, mucilage », vieux breton leh « dépôt, vase »). Il est donc compréhensible que nos palais délicats n’apprécie guère de se frotter à du résidu ou de la vase.


J’imagine une dégustation naturiste, du type Mimi, Fifi & Glouglou, où une discussion acharnée se ferait autour du goût de vase. Je plaisante bien sûr.


Mais le pire de l’infamie pour la malheureuse lie est bien de qualifier certains de nos concitoyens d’être  « la lie de la société » ou pire encore de leur balancer « Vous êtes la lie de l’humanité ! » Je trouve ça fort injuste, même si ces expressions sont de nos jours un peu désuètes, car il y a vraiment plus dégueulasse que la lie de vin.


dsc_0947.jpg

 

Bref, j’ai décidé ce matin de réhabiliter la lie de vin en revenant vers la lie du Muscadet de mon enfance. En effet, au mois de mai de cette année une nouvelle gamme de produits beauté a été lancée par un industriel breton. Le principe actif est extrait de la lie du muscadet, trouvé par les Chais de la Cour, au Pallet.


Tout a commencé, à la suite d’une intuition de Fabienne Richard vigneronne au Chais de la Cour au Pallet link« C’était il y a six ans dès qu’on plongeait les mains dans la lie, elles devenaient très douces. Je me suis dit qu’il y aurait peut-être quelque chose d’intéressant ». Alors elle fait des recherches et découvre qu’au temps des Romains, le raisin était déjà appliqué pour le bien-être  mais le projet prend forme lorsqu’elle rencontre Vincent Bourgeteau, biologiste chez Ephyla. Celui-ci analyse la lie du muscadet, riche en matières organiques. La méthode de vinfication utilisée dans le muscadet fait mûrir les polypeptides. Des protéines à partir desquelles le chercheur isole « un actif à fort pouvoir antioxydant, intéressant pour la cosmétique ».


experelle-vigne.jpg

 

« Après plusieurs essais et 25 000 euros d’investissement, la molécule est brevetée. Le couple s’associe avec deux personnes. Et crée Oh lie, société qui vend l’actif. Reste à trouver un industriel. Dominique Delarche, ancien propriétaire du laboratoire Centifolia, croit dans l’aventure. Le chef d’entreprise de Vannes investit 300 000 euros dans la société Experelle link, chargée de commercialiser les produits cosmétiques à base de la lie du muscadet. La gamme comprend déjà 25 produits ; des soins du corps et du visage, des compléments alimentaires anti-âge. La société projette de lancer une dizaine de nouveaux produits dans les six mois à venir. La société veut toucher tous les marchés de la beauté.


« Comparées aux autres cosmétiques, les formules sont trois fois plus riches en actifs. Et plus de 99 % des ingrédients sont d’origine naturelle », explique Dominique Delarche. Comme l’eau, extrait de végétaux de Bretagne. L’actif anti-âge, issu de la lie du muscadet, est le produit commun à toute la gamme qui utilise « une émulsion à froid inédite et révolutionnaire », vante l’industriel.


« C’est vraiment un produit unique au monde à la performance active très importante », ajoute le Breton.


la BZH attitude : Belle, Zen et Heureuse

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Georges LELOIR 20/07/2014 02:30


Je confirme, cette gamme de produits exceptionnels est unique.
Je vous invite à la découvrir.


Georges
NCP Bio 

Aredius 14/12/2013 14:52


J'ignorai. Une concurrence pour les Bordelais qui ont eux-aussi fait dans l'elixir de jeunesse.


Et c'est parti du Pallet. Bien bien, Pierre Abélard aujourd'hui pourrait envoyer à son Héloïse des cosmétiques locaux au lieu de lui écrire des lettres d'amour.


Quand je suis arrivé à Nantes il y a 40 ans, je suis immédiatement allé visiter Liré (Plus mon petit Liré que ...) et je suis passé par Le Pallet.


Je venais de mon Limousin natal où nous n'avions pas de vin. Mais aujourd'hui au sud de Brive, le vignole revit à Branceilles. Avez-vous goûté (vendu sous le nom de Mille et Une pierres). A
l'occasion j'ai appris d'où venait le nom de "pétarou" donné aux vendeurs de fruits et légumes de la région. Pé tarou, ce sont les pieds terreux. Ce nom a pour origine le travail de la
vigne. 

Luc Charlier 29/11/2013 10:38


Patrick,
j’ai été « moniteur » dans des camps de poney islandais en Hollande. Sale gosse de riche, dira-t-on, l’équitation ! Détrompe-toi : il y avait 35 bêtes vivant en stabulation
libre et en troupeau, on nettoyait le matériel et les locaux soi-même, on aidait le ferrant à parer les pieds (non ferrés), je m’occupais de l’hygiène de la piscine, des animations sportives en
dehors des heures de selle, je guidais les promenades en extérieur mais n’ai pas les capacités pour donner cours. En outre – j’avais alors 17-20 ans – je participais au bonheur estival de
certaines de nos pensionnaires (les plus mignonnes) et soignais les petits bobos du coeur et du corps de tout le monde. Et la graisse à traire (uiervet) était notre remède contre toutes
les gerçures, d’autant que, en Hollande, un sou c’est un sou ! 

patrick axelroud 28/11/2013 12:07


Tout doux Luc, tout doux , évoquons " la graisse à traire " qui s'est révélée efficace pour la peau ( contre le froid mais pas contre le soleii !) et bénéfique pour les petites blessures.


Alors, qui sait ?

patrick axelroud 28/11/2013 11:55


Comme quoi, la lie cache bien son jeu, illustrant l'adage qui veut que "l'habit ne fait pas le moine"et qui faut ne pas se fier aux apparences.


Sans oublier que LALIE peur être le diminutif affectueux des ALICES comme ma chère fille.

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