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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 00:09

Dans notre plan stratégique Cap 2010 les défis du vin Français nous avions mis en exergue « Agir plutôt que réagir ».


Nous n’aimons rien tant dans notre vieux pays ronchon que nous éveiller en sursaut, sortir de notre léthargie satisfaite pour monter sur nos grands chevaux en jouant les vierges effarouchées lorsque certains nous tirent comme des perdreaux. Nous gémissons, nous nous lamentons, nous pestons « que le monde est cruel et injuste avec nous. Nos adversaires nous veulent que du mal. Nous sommes de pauvres victimes sans défense… »


La victimisation m’horripile, plutôt que de geindre à chaque fois qu’un coup nous est porté par nos adversaires ou des gens plus ou moins bien intentionnés, agissons au jour le jour avec ténacité sans discontinuer. Si vis pacem, para bellum « Si tu veux la paix prépare la guerre ! » Bien évidemment je m’adresse en priorité à celles et ceux qui sont en charge de représenter le monde du vin. Ils sont nombreux, ont quelques moyens pour suivre et nourrir les dossiers.


Certes nous avons notre Pousson qui, dans la blogosphère du vin pourrait endosser aussi bien la robe noire de l’avocat que le pourpre et l’hermine du procureur. Il sait trouver les mots, frapper là où ça fait mal, plaider donc ou prononcer un réquisitoire implacable. C’est ce qu’il a fait à propos du BUZZ des pesticides dans le vin déclenché par Que-Choisir.link et link

 

Fort bien Vincent mais comme le disait fort justement le Général Douglas Mac Arthur «Les batailles perdues se résument en deux mots : trop tard.»


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Le mal est fait. Le niveau de bruit médiatique sur cette affaire écrabouille largement toutes les réactions, les plaidoyers en défense ou les réquisitoires contre l’insoutenable légèreté des analyses de Que-Choisir. La forme l’emporte sur le fond. Créer le buzz l’emporte sur toute autre considération.


Sur ce sujet des pesticides il me semble pertinent de ce poser la question : quand-est-ce qu’un discours clair, sans  ambiguïté, loin des querelles imbéciles de chapelles, fondé sur le respect de ce fameux terroir, dont on nous rebat les oreilles, et de la santé de ceux qui les utilisent ou les subissent, sera porté et assumé par les professionnels du vin ?


Dans mon rapport de 2001 j’avais placé le respect de l’environnement en priorité n°1 de la vigne France.


Quand est-il plus de 10 ans après ?


Des progrès certes mais aussi un non-discours ou discours gêné, alambiqué, en défense qui prête le flanc à des attaques du type de celles de Que-Choisir.


Tous les discours rassurants de la Terre ne vaudront jamais une vraie et courageuse anticipation qui se résume par un message clair : NOUS AGISSONS !


L’exemplarité ça compte ou du moins pour moi ça devrait peser lourd dans la balance.


« Nous savons que l’homme blanc ne comprend pas nos pensées. Pour lui, une parcelle de terre en vaut une autre car il est l’étranger qui vient  de nuit  piller la terre selon ses besoins. Le sol n’est pas son frère, mais son ennemi, et lorsqu’il  l’a conquis, il poursuit sa route. Il laisse derrière lui les tombes de ses pères et ne s’en soucie pas. Il enlève la terre à ses enfants et cela ne le tracasse pas… »


En vous livrant cet extrait de ce qu’aurait répondu Seattle le chef indien Suquamish en réponse à la proposition d’achat des terres de son peuple par les émissaires de Washington en 1854 je ne glorifie en rien un quelconque passéisme, un retour naïf à la terre, mais essaie de rappeler à nous tous que notre insouciance bardée de bonnes ou de mauvaises raisons cadre bien mal avec nos antiennes sur le vin produit culturel inscrit dans le respect de son terroir et de sa longue histoire. Ce faisant aussi je ne me réfugie dans aucune des chapelles existantes qui cultivent plus la détestation que l’amour du vin, d’ailleurs je ne suis pas un homme du vin mais un simple buveur et je n’ai donc pas à prendre parti.

 

Voilà c'est dit.

 

Sur un tout autre sujet qui revient dans l’actualité : la préconisation du plan gouvernemental de lutte contre la drogue et les conduites addictives 2013-2017 de retirer de la liste des activités autorisées par disposition légale la propagande et la publicité en faveur des boissons alcoolisées sur les services de communication en ligne (art. L.332329) il en ira de même.


Ce ne sont pas les petites pétitions d’une petite poignée de blogueurs qui permettront de contrer cette nouvelle offensive et de la faire reculer mais la capacité du Monde du Vin, comme le souligne très justement le « camarade » Peyronnet, à produire un discours positif qui emporte l’adhésion de l’opinion publique qui intéresse hautement les élus de la République lorsqu’ils prennent leurs habits d’électeurs.


Je ne me fais plus beaucoup d’illusions sur cette capacité d’anticipation de ranger au rang des accessoires inutiles les discours syndicaux chamallow, de prendre en compte la société telle qu’elle est et non telle que l’on souhaiterait qu’elle soit, alors j’avoue que les discours en défense me gonflent, glissent sur moi, ne me donnent aucune envie de participer à une forme de jeu sans grand intérêt. J’avoue j’aime gagner au sein d’un collectif, les agitations individuelles ne servent que l’ego de leurs auteurs, grand bien leur fasse.


J’ai déjà donné, depuis fort longtemps, alors je pose mon sac, laisse le manche à ceux qui, parmi mes jeunes collègues blogueurs, pensent que le monde commence avec eux, ce qui n’est pas forcément la meilleure façon de se préparer à une rude et longue bataille.


Bon courage à eux… il ne suffit pas, en parodiant le général, de faire des sauts de cabri en criant « le vin, le vin… » pour être entendu et suivi par l’opinion publique qui pose majoritairement son cul tous les soirs devant sa téloche pour regarder l’Amour est dans le pré… et qui franchement n’en a rien à cirer de nos petites affaires de loi Evin…


Maintenant je suis en grandes vacances alors j’ai piscine il vous faut m’excuser…  


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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

clavel 26/09/2013 14:19


Les réactions du monde viticole aux accusations, en partie fondées, des défenseurs de l'environnement, ou de la santé humaine,  sont souvent maladroites et excessives . Pourquoi ne pas
décrire les résultats de la filière viticole dans l'exportation de nos produits, le solde positif dans la balance commerciale de la France est le 2° après l'aéronotique, 11,3milliards d'€ de
vente dont le solde positif est de 8,7 milliards d'€, du secteur boissons, vins et spritueux en 2010 (source Agreste) !! 

Michelle DIDIO 26/09/2013 07:35


Un discours que l'on aimerait entendre plus souvent. Je suis tout à fait d'accord avec ces écrits. 

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