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16 janvier 2007 2 16 /01 /janvier /2007 00:03

C'est une revue tout ce qu'il y a d'officielle du Ministère de la Culture  Direction du Patrimoine : TERRAIN 13 carnets du patrimoine ethnologique. Un numéro d'octobre 1989 : Boire avec, entre autre, un article " Des caves et des hommes en Vendée " par Christian Hongrois. Comme à l'accoutumée je vous en livre quelques extraits. Ceux qui seraient intéressés par l'intégralité du texte peuvent me le demander. Je le scannerai et leur ferai parvenir.

 

" En Vendée, dans le canton de La Châtaigneraie où s'est déroulée cette recherche, la "cave" est non seulement le lieu où se fabrique et se garde le vin mais l'espace d'une sociabilité masculine qui s'exprime tout particulièrement au cours des "descentes" et des "visites" que se rendent les hommes à l'occasion de tournées rituelles qui concernent les jeunes.
Par elles, chaque garçon est conduit jusqu'à l'âge d'homme. Il en gravit les degrés, pris en charge par le groupe qui en a défini coutumièrement les passages. Cet apprentissage, en Vendée, se fait dans le cadre d'une institution : la conscription. C'est elle qui organise le temps de la vie de garçon et lui fournit son langage. Ici "la synchronie absolue du temps militaire a permis d'inscrire dans chaque destin un point de repère fixe autour duquel prennent place des évènements qu'une série continue de rites s'efforcent de capter ". ces derniers s'articulent donc autour d'un lieu : la cave ; d'un objet : la bouteille ; et d'un état : l'ivresse. Celle-ci réelle ou "jouée" apparaît bien comme une manière d'être entre deux statuts qui s'accorde aux moments du changement, du passage.
Tout "honnête homme" en Vendée se doit d'avoir "sa cave". Les meilleures caves sont connues et deviennent l'objet d'une concurrence acharnée tant pour la quantité et la qualité des vins que pour l'esthétique et l'originalité du lieu. Marcel H., d'Antigny, nous explique avec insistance qu'elle ne fut sa surprise quand des nouveaux amis du Nord de la France vinrent leur rendre visite en juillet 1984 en avouant qu'ils ne savaient pas ce que signifiait "descendre à la cave" et encore moins ce qu'était une "cave". Par la suite, il leur fit faire une "tournée des caves" des copains au cours de laquelle ses amis purent prendre des photos et goûter aux vins de pays en général prohibés par la loi : variétés Noa, Oberlin...
Dans les fermes, il s'agit souvent d'une cave souterraine ou simplement de l'ancien fournil ou d'un coin d'écurie aménagés en cellier. Lorsque la place le permet, nous retrouvons dans cette pièce le pressoir à vis ainsi que tout le matériel de vendange, vinification et conservation du vin. Chaque ferme possède plusieurs "milliers de mètres carrés" de vigne soigneusement entretenus, fournissant les deux ou trois barriques de vin nécessaires à la consommation annuelle. Quand un fermier a plusieurs enfants exerçant une autre profession, la récolte est partagée également, soit en vendange, soit en vin, aussi point n'est besoin d'être récoltant pour avoir "son vin" : les ouvriers ou fonctionnaires détachés de cette répartition vinicole achètent du moût ou du vin nouveau en vrac qu'ils mettent en barrique, le temps de la fermentation, puis en bouteille. Très souvent, lorsqu'ils ne possèdent pas de cave assez fraîche pour conduire au mieux la vinification, ils achètent le vin "en cubi" et le conditionnent aussitôt. Il s'agit souvent de vin d'Anjou ou nantais - muscadet - et, dans chaque commune, un correspondant de viticulteur permet un achat en gros. Ce vin acheté est au préalable goûté chez le correspondant, qui propose un "cubi" de démonstration. Chaque commerce, chaque entreprise possède un lieu spécialement aménagé pour recevoir des bouteilles et, quelle que soit son importance, cet endroit est appelé "cave". Nous y trouvons rarement des sièges, le vin doit être consommé debout. Quand la cave est assez grande, les hommes peuvent y jouer aux palets, nodules de fonte lancés dans un sabot, de préférence, pour mieux constater l'"état" du lanceur (...)

à suivre... 

 

Comme ma très chère soeur a épousé un fils Ouvrard d'Antigny (les établissements Ouvrard font dans la machine agricole et bien sûr la machine à vendanger) j'ai pu de visu apprécier "la qualité" du vin et du décor des caves : ça craignait grave mais ça aurait plu à nos adorateurs du bon temps des fermiers en sabots et de la fermière en quichenote avec le bon beurre, les bons poulets et tout ce qui fleurait bon la sueur et le petit porte-monnaie... Le service militaire a disparu. C'était il y a 15 ans, de l'ethnologie mais, croyez-moi, les émules de la Croix d'Or et leurs héritiers hygiénistes ont puisé dans ce terreau des motivations pour leur lutte sans merci contre le vin et, aujourd'hui encore, ce type de consommateur dans ces régions créé de l'illusion chez certains viticulteurs en vente directe. Ils vont disparaître sans remplaçant

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Ginette 17/01/2007 15:06

Serez-vous à la hauteur de l'enjeu ? Vous êtes plutôt du genre dormeurs que portés sur les hautes sphères de l'amour, un peu de ... ne saurait nuire à l'éclosion de milles fleurs...

S.COUREAU 16/01/2007 22:04

Sacré Ginette tout un programme !

Ginette 16/01/2007 15:54

Le bin vin m'endort l'amourme réveille

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