Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 novembre 2006 2 28 /11 /novembre /2006 00:02
Le jeudi 23 novembre 17 h 45 une dépêche AFP en provenance de Rome s'affiche à la Une de Yahoo ! France Actualités :
Italie : un Brunello di Montalcino élu meilleur vin 2006 au monde.

C'est le n°1 du TOP 100 de Wine Spectator,
- un 2001 Casanova di Neri (4830 caisses) 70$
suivent
- n° 2 Quileceda Creek cabernet sauvignon Washington 2003 (3400 caisses) 85$
- n° 3 Château Léoville-Barton St Julien 2003 (18330 caisses) 75$
- n° 4 Concha y Toro Cabernet Sauvignon Puente Alto Don Melchior 2003 (10500 caisses) 47$
- n° 5 Domaine du Pégaü Châteauneuf-du-Pape Cuvée Réservée 2003 (5830 caisses) 70$.

Quelques remarques en vrac :
- le meilleur score 98 est obtenu par deux vins français le Léoville-Barton et un Krug 1995,
- la France classe 3 vins dans les 10 premiers à égalité avec les USA, 15 vins dans les 50 premiers à égalité avec les USA,
- dans les challengers le Chili et la Nouvelle-Zélande classent 1 vin dans les 10 premiers,
- le premier vin australien est 43 ième,
- l'Espagne ne classe aucun vin dans les 50 premiers et propose la bouteille la moins chère en 67 ième position : 12$,
- les trois bouteilles les plus chères sont françaises : le Krug 224$, un Clos de Tart Mommessin 2003 200$, un Hermitage La Chapelle 2003 Paul Jaboulet 155$,
- dans les 100 : la France et les USA placent 28 vins chacun, l'Italie 11, l'Australie 10, le Chili, la Nouvelle-Zélande et le Portugal  4 chacun, l'Espagne et l'Argentine 3 chacun, Afrique du Sud et la Hongrie 1 chacun.
- Au total des places/nombre de bouteilles : les USA l'emportent d'une courte tête sur la France : 48,45 contre 48,85
- par grande région française Bordeaux place 10 bouteilles, la vallée du Rhône : 9, la Bourgogne la Champagne et la Loire 2, la Provence et l'Alsace 1 chacune.
- le chouchou français est incontestablement Châteauneuf-du-Pape avec 5 représentants.

Quelques petits commentaires :
- c'est sur Yahoo, c'est bien présenté, ça émane des USA, on tient notre rang mais on laisse la main à nos chers collègues américains, c'est vrai que ce sont eux qui achètent, donnent la tendance et font le marché,
- même si je ne suis pas friand de classements celui-ci donne la tendance et nous aurions tort de jouer les pas concernés,
- ce classement est très politique, redoutable car il met dans le même panier des vins qui ne font pas dans le même registre, un peu comme si on mettait dans le même hit parade une interprétation des concertos de Mozart pour violon et orchestre sous la baguette de Nikolaus Harnoncourt et le dernier tube de Robbie Williams,
- mais surtout expliquez-moi pourquoi, avec tous nos grands dégustateurs, tous nos faiseurs d'élégances,  n'avons-nous pas été capable de créer notre propre classement et de l'imposer comme référence incontestable ?

www.winespectator.com pour plus de détails




 

Partager cet article

Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
commenter cet article

commentaires

S .COUREAU 28/11/2006 23:36

Laetitia est percutante ... je trouve que l'analyse tient la route.
Au fait elle fait quoi dans la vie Laetitia pour s'interesser avec autant de vigueur aux histoires de classement ?
Cordialement

Laetitia 28/11/2006 14:59

« Pourquoi […] n'avons-nous pas été capable de créer notre propre classement et de l'imposer comme référence incontestable ? »
 


 

à Peut être tout bêtement parce que nous ne nous sommes jamais intéressés à ce qui pouvait être produit en dehors de notre village, de notre région ou, dans le meilleur des cas, en dehors de notre Douce France.
La presse, et au sens large les critiques, travaillent pour leur marché. Comme nous tous.
La critique française s’est donc contentée de donner à son public des pelletées de commentaires sur nos chers vins, alors que la critique anglo-saxonne ou nord européenne s’est intéressée à plusieurs de ses pays fournisseurs.
Alors pouvons-nous en vouloir à nos critiques français de ne pas être allé gouter, en temps et en heure, la production espagnole, italienne ou néo-zélandaise ?
Nos merveilleux comités d’action n’auraient-ils pas brandi leurs indigestes cocktails si la RVF s’était aventurée à dire en 1988 que les Rioja étaient plus flambants que nos crus nationaux ?
Et nos distributeurs, hein, une fois qu’ils avaient poussé le snobisme à proposer un Rozes Vintage et un Trockenbeerenauslese, pourquoi se seraient-ils fatigué à importer un Brunello di Montalcino, un Nemea, un fendant, ou un Malbec argentin ? En termes organoleptique et commercial, ils avaient vraiment trop le pain et le couteau en France (en francs français et avec les PTT) pour se fatiguer ailleurs.
On les comprend.

 

Alors bien entendu, j’en vois venir certains qui vont comparer ce qui est comparable : la RVF et le Gambero Rosso. Pourquoi l’italien est-il capable de faire des pages sans complaisance (affichée) sur le Rhône, le Portugal, l’Australie, le café, la bière, les restaurants, etc. alors que le français s’extasie encore de son audace à se restreindre en décembre 2006 à deux paginettes de chroniquette sur les estrangers et le sacro-saint marronnier sur Porto et le Douro ?
Là, j’avoue que j’ai moins de verve pour défendre les français…
Sans compter que la RVF, et ses compatriotes, n’ont jamais (ou si peu) fait un classement mélangeant Bordeaux, Loire et Méditerranée (ce n’est qu’un exemple), ou se refusent toujours à gouter ensemble à l’aveugle les Gigondas (ce n’est qu’un exemple) et les Côtes du Rhône régionaux, de peur de faire exploser l’ordre établi…

 

Cela dit, j’en reviens au Marché de la critique : pour imposer un classement international de référence, il aurait fallu être un acheteur international de référence, non ?

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents