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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 00:09

photo180.JPG

 

Au petit matin je les avais emmaillotées avec soin et amour, lange vert pour les deux quilles blanches et blanc pour les quatre rouges. Auparavant j'avais photographié les belles nues toutes ensembles puis, une à une, pour pouvoir les révéler dans leur splendeur inviolée à l’heure où, après avoir subi le jugement dernier des 4 filles, elles devraient enfin montrer leur pedigree.


Tout se présentait bien en ce petit matin et je m’en fus poster guilleret un message aux 4 belles avec photo à l'appui pour les faire saliver : les 6 sans soufre aveugles qui vous attendent ce soir


« Bonjour les miss,


Ce soir nous jouons plus que nous ne faisons un concours de dégustation. Lorsque je dis nous je ne peux en être car c'est moi qui ai emmailloté les 6 bouteilles : 2 blancs et 4 rouges.


Chaque dégustateur aura toute liberté ce que je recherche, vous vous en doutez, c'est à écrire une chronique déjantée et comme le hasard est mon allié nous serons 6 pour 6 sans soufre. (Ndlr il y  avait aussi un garçon en plus de votre Taulier).


Bref, ce soir je donnerai la règle du jeu, simple et sympa, puis ensuite place à la musique des fourneaux d'Isa et aux belles bouteilles.


Je vous embrasse


à ce soir »

 

Je vous épargne les détails d’intendance mais sur les coups de 21 heures passées l’a fallu s’y coller. Y régnait une ambiance très lycée Papillon. Les bouteilles étaient numérotées de 1 à 6, les 2 quilles vertes d’abord puis les 4 rouges sans ordre préconçu de la part du Taulier. Les 6 bouteilles en lice ne relevaient pas de mon choix mais tout simplement d’envois qui m’avaient été fait, sans que je l’eusse demandé, donc j’ignorais le contenu de 4 flacons sur 6. Enfin, sans participer à la dégustation je goûtais moi aussi. Les 4 beautés : Gabrielle, Isa, Marie et Sonia, le garçon s’abstint, beau quatuor de dégustatrices représentatives de la nouvelle génération étaient dotées d’une petite fiche où elles devaient transcrire librement leurs commentaires bouteille par bouteille, sans bavardage pendant l’exercice (pas simple). La discussion était ouverte après chaque quille dégustée. Dernier détail, sur ces vins sans soufre ajouté, un seul se déclarait nature le n°1 et un autre avait reçu du soufre en petites doses le n°6 (il était là pour faire figure de témoin).


Donc tout se présentait bien, les filles étaient sur leur 31, sauf que dès le premier flacon c’est parti en vrille, un petit côté je repars en fermentation en flacon. Sueurs froides, comme un sentiment que du côté de ma chronique je ne ferais pas dans le déjanté mais plutôt dans le genre silence glacé. Ça augurait d’un massacre à la tronçonneuse et j’avais peur de ne plus rien maîtriser. Par bonheur, une légère embellie se pointait au cul de la deuxième bouteille mais ça n’était pas le grand enthousiasme. Ça jasait grave.

 

Le passage au rouge allait peut-être inverser la tendance. J’étais prêt à aller allumer des cierges à l’église de la Trinité toute proche. La dégustation de la quille n° 3, paisible et recueillie, me fit penser que mon martyr touchait à sa fin car celle-ci ne fit, bien au contraire, l’objet d’aucune démolition radicale. Je soufflais.

 

Pause de courte durée car la 4, sans être descendue en flamme, ne fit pas l’objet d’un grand enthousiasme. Elle sauvait sa peau, ce qui dans l’ambiance torride était déjà beau. Pour la suivante, le flacon 5, je craignais le pire et ce fut pire que le pire, une condamnation goguenarde sans attribution d’aucunes circonstances atténuantes.

 

Tout ce que j’écris est le fruit de la relecture des notes des damoiselles et des souvenirs de leurs échanges parfois débridés. Je force à peine le trait mais j’avoue que rien ne fut unanime et non dépourvu de subtiles nuances. Faire la synthèse de tout ça serait bien plus difficile que celle des motions du PS voire celle du défunt PSU.

 

Restait la bouteille 6, dont j’espérais beaucoup. Dieu que j’étais fou, j’eus droit à tout, même qu’il sentait la bouse, vulgaire, grossier avec des émoticônes horribles sur les fiches. Le fiasco total, irrémédiable, de quoi me mettre le moral dans les chaussettes. Marie, avec son sens de la mesure notait sur sa fiche  « le moins que l’on puisse dire c’est que le nez ne donne pas envie d’y mettre la langue. »


Voilà l’orage était passé je me sentais quelque peu désarçonné mais les 4 stars de la dégustation, elles, affutaient déjà leur couteau pour un autre combat sanglant : nous passions à table pour un I love Bidoche made in Yves-Marie Le Bourdonnec. De quoi me mettre du baume au cœur et me consoler de mes espoirs de chronique déjantée.

 

Qu’allais-je faire ?

 

Vous livrer sans vergogne mes 6 quilles accompagnées des commentaires acidulés de la bande des 4 ?

 

Que nenni, la maison n’est pas une entreprise de démolition de vignerons. Restait une chose intolérable pour votre Taulier : avoir une chronique rentrée car c’est très mauvais pour sa santé.

 

Alors j’ai, pour reprendre une métaphore vineuse, laisser tout cela décanter. Bien m’en a pris car, en faisant cette fois-ci dans la métaphore bidoche, la matière a bien maturé et je me suis mis à chroniquer à tombeau ouvert le bras négligemment posé sur le bord de la fenêtre ouverte, cheveux au vent (rires des filles), le cœur léger et la plume acérée.

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Pour la chute, aucune hésitation, vous ne saurez rien d’autre que la révélation du flacon qui a vraiment sauvé sa peau c’est le n° 3, le sans soufre ajouté des frères Chaigneau de château Massereau. Un Bordeaux Supérieur 2011 que vous pouvez acheter les yeux fermés foi du Taulier qui l'a beaucoup apprécié.


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Isa « C’est long, c’est bon ! C’est jeune et séveux. Par contre je vais faire ma cougar mais j’aime bien ! »


Gabrielle « Très joli nez, concentration, cassis, cerises noires, fraises confiturées. Joli. Violettes. Belle acidité, joli trame tannique. Manque un peu de complexité mais beau fruit, belle concentration. »


Marie « Nez très agréable, je sens des petites baies rouges mais je suis peut-être influencée par la jolie couleur framboise écrasée. La mise en bouche est un peu décevante, il a moins de caractère que je pensais. Il a un arrière-goût de poivre dont je ne suis pas fan mais j’aime bien l’impression générale, un vin de la terre. »


Sonia « A besoin d’air, un nez épicé qui vous renvoie au soleil. Bouche végétale (raisins mûrs), bouche resserrée et tannins asséchants. Vin pas encore prêt à boire. Suis pas fan. »


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Le chapitre de la dégustation des 6 sans soufre ajouté par 4 Walkyries de Paris était clos. Je pouvais prendre un repos bien mérité après une telle épreuve. Pour ceux qui veulent tout savoir sans jamais rien payer je puis les assurer que, même sous la torture le Taulier ne pipera mot sur les 5 quilles qui n’ont pas reçu les suffrages escomptés.

 

La suite de cette soirée I love Bidoche aura droit, en son temps, à une chronique sur mes lignes.... 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

Domaine Chanzy russe 12/07/2013 11:10


J'aime bien la façon dont tu écris tes expériences, malgrès la tourmente que tu as pu vivre au début, tu étais tout de même bien accompagné!
L'expression "Le nez ne donne pas envie qu'on y mette la langue" m'a beaucoup fait rire aussi!
Merci pour cet article! 

Norbert Buchonnet 11/07/2013 14:44


A la réflexion, je me dis quand même que s'il y a des vignerons qui ont besoin que je leur ajoute le SO2 pour ces vinifications. Je pourrais très bien le faire. Ecrire des courriers et des
lettres de motivations c'est bien ... trop vain apparemment.


"Gente fina e outra coisa"     Merci Le Taulier

Norbert Buchonnet 11/07/2013 10:31


Merci le Taulier pour cette dégustation. Non pas pour le régal du palais, ce sera pour une prochaine fois
(?), mais pour ces mots, ce rythme, cet engouement. Et puis un peu aussi pour cette naïveté (aïe, je me prépare au Skud).


 


Je parle de naïveté car je ne comprends toujours pas cette volonté de vouloir réinventer la roue. La
question fondamentale n'est elle pas de se demander pourquoi a-t-on adopté l'ajout de sulfite aux vins?


 


Bien sûr il y a des abus. Et c'est d'ailleurs comme cela je pense qu'est né ce mouvement du "SO2 non
merci". Mais entre le rien de rien et le trop n'y a-t-il pas un chemin du milieu? Celui de la sagesse? Celui qui vous fait suivre vos vins avec "tact" et discernement? Cette petite voix qui vous
dit: "voilà la situation, tu as des outils à disposition, fais quelque chose sinon on va dans le mur"?


 


Après le massacre des vins français contaminés aux éthyl phénols, (certains y goutait le terroir) qui ont
fait la risée de nos vins à l'extérieur, doit-on encore prêter le flanc à la moquerie?


 


Avec de tels vins n'est-il pas difficile de revendiquer son terroir alors qu'ils sont tous aussi
ressemblant dans leur déviation les uns que les autres? Ca me rappelle les temps où, sous prétexte de culture bio, on avait droit à des légumes rachitiques, manifestement carencés. Comment tirer
de l'énergie de tels aliments si eux même en manquent?


 


Allons-nous convaincre de nouveaux marchés avec de telles bombes? J'en doute. Sans compter qu'après la loi
Evin, je crains que le ministère de la santé s'en mêle encore.


 


Mais ça, c'était avant, n'est ce pas?!


Je mets ma combinaison NBC, je sens le déclic du bouton imminent… sourire

JACQUES BERTHOMEAU 11/07/2013 10:40



Non non aucun skud je ne fais partie d'aucune chapelle les vins présentés m'ont été expédiés sans que je ne le demande donc aucun militantisme. Une seule remarque importante pour moi j'ai tant
dégusté, étant très sensible aux allergènes, que je revis grâce au massacre du souffre



Gosselin Jean-Noêl 11/07/2013 06:40


J'adore...."Le moins que l'on puisse dire, c'est que le nez ne donne pas envie d'y mettre la langue"...on a déjà tous vécu ça....!!

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