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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 00:07

Comme le dit fort justement Carole Bouquet « La seule chose dont j’ai envie de prendre soin, c’est de mon cerveau, en continuant d’entretenir ma curiosité. » Butiner, lire, se gaver du miel des mots, laisser les idées bousculer le ronron du quotidien, cultiver ses envies, faire partager ses coups de cœur, voici chers amis bons vivants, chers lecteurs assidus, et toutes celles et tout ceux qui passez là par hasard, ce que ce petit espace de liberté ambitionne de vous apporter. À ma manière je fais attention à vous, je m’efforce de prendre soin de vous qui, pour beaucoup d’entre vous, penchés sur le quotidien, soumis à sa tyrannie, n’êtes guère soucieux de vous.

 

La lecture des histoires contées par Andrea Camilleri me plonge toujours dans un profond ravissement. Il me transporte. De concert avec lui j’entre dans ses histoires, je les vis dans un état de jubilation intense. En effet, comme l’écrit de lui Giovanni Capesci : « Même s’il relate un fait réel, l’écrivain quitte l’habit gris du chroniqueur pour endosser le costume bariolé du conteur, lequel s’exprime souvent dans cette langue typique de Camilleri qui est un mélange d’italien et de dialecte sicilien »

 

Ce matin je vous offre une belle tranche de sa dernière parution « Le pasteur et ses ouailles » chez Fayard où sa verve et son art de conteur atteignent des sommets. La quatrième de couverture donne pitch de l’histoire « En juillet 1945, dans une Sicile en ébullition, l’évêque d’Agrigente se soucie plus des paysans en lutte contre les grands propriétaires terriens que des élans mystiques des religieuses du couvent de Palma. Jusqu’à l’attentat qui mets ses jours en danger. Dix jeunes religieuses vont alors prononcer un vœu inouï pour sauver la vie de leur bon pasteur. Dix vies contre une… Comble piété ou geste insensé ? »

 

« On a beau être en juillet, les soirées à la Quisquina, à mille mètres d’altitude, sont d’une fraîcheur qui vous raspéguille. Cet air léger et vif qui embaume le pin vous ouvre la poitrine et vous change les idées.

L’évêque et le Graceffa s’asseyent sans rien dire sur les rochers. C’est qu’après une marche en forêt, même courte, le père Graceffa a bien besoin de se ravicoler.


Ils ne sont pas là depuis une minute qu’un coup de fusil tiré à quelques mètres éclate avec un bruit à vous faire partir les oreilles, amplifié par la tranquillité absolue du lieu. L’évêque sent le projectile siffler au-dessus de sa tête. Il se lève d’un bond, ébaffé, regarde à la ronde, ne comprend pas ce qui arrive.


« Couchez-vous ! » lui crie le père Graceffa.


Perruzzo ébauche le geste, mes ses agresseurs ne lui en laisse pas le temps. Ils tirent à nouveau et, cette fois, le touchent : l’évêque a l’impression d’être blessé à quatre endroits. En réalité, deux coups l’atteignent et font des dégâts : l’un lui perfore un poumon et l’autre lui dessampille l’avant-bras gauche. Il s’agit de projectiles règlementaires de fusil modèle 91, l’arme des soldats italiens depuis la Grande Guerre.


Un silence absolu retombe.


L’évêque a soixante-sept ans et ses blessures sont mortelles. Mais, fils de paysan, c’est un homme robuste et croisé d’épaules.


Il parvient à se relever et, s’appuyant « sur le faible bras » du père Graceffa, qui avant, trampalait déjà sur ses jambes, maintenant, ébravagé par la peur et l’émotion, tient tout juste debout.


Au bout de quelques pas, Peruzzo sent ses forces le quitter, il pense que le moment de mourir est venu.


Dans l’après-midi, il s’est confessé auprès d’un père passionniste venu lui rendre visite. Mais il veut se confesser encore, maintenant. Les deux hommes s’appuient contre un arbre pour ne pas s’acasser par terre, et le père Graceffa le confesse.


Puis ils reprennent leur chemin de croix.


Bien vite toutefois, Perruzo conçoit un scrupule : a-t-il bien tout confessé, son âme est-elle bien lavée, nette comme torchette, ou la situation l’a-t-elle porté à oublier quelque chose ? À tout hasard, il se confesse une deuxième fois, tout en panchant son sang comme une fontaine.


Juste devant la porte de l’ermitage, il s’aplate face contre terre sans plus pouvoir se relever. Le père Graceffa, tout en dare, s’agenouille à ses côtés. La voix lui manque, le pauvre, pour appeler à l’aide les personnes qui sont à l’intérieur et qui n’ont rien entendu.


« Allez me chercher le Saint-Sacrement », dit Perruzo avec le peu de souffle qui lui reste.


Il n’a peut-être pas réussi à prononcer ces paroles, il a cru les dire alors qu’il les pensait seulement.


En effet, le père Graceffa entre dans l’ermitage, non pour prendre le Saint-Sacrement, mais pour dépêcher le cuisinier-homme à tout faire au village, chercher de l’aide.


À demi-inconscient, l’évêque prie pour lui et pour ses « enfants d’Agrigente » bien-aimés.


Un quart d’heure passe, et Peruzzo se sent un poil rapapillotté. On saura après qu’une espèce de pneumothorax s’était formé dans son poumon, sinon il aurait défunté d’hémorragie.


En s’aidant de son seul bras droit, car le gauche pendigole, brisé par la balle, il se relève et, en s’aidant du mur arrive jusqu’à sa chambre où il s’abouse sur le lit. Le père Graceffa le cherche, le trouve et s’évertue à tamponner ses blessures. Mais c’est à perd-temps, alors il s’agenouille à côté du lit et prie à mi-voix.


À neuf heures et quart, c’est-à-dire une heure et demie après l’agression, les carabiniers arrivent avec deux médecins de Santo Stefano « pour les premiers soins ». Ils sont rejoints à trois heures par un médecin d’Agrigente, le docteur Sciascia, et par une ambulance. Sauf que le véhicule doit rester à trois kilomètres de là, car la route n’est plus carrossable, ce n’est guère qu’un sentier, une draille.


Le médecin d’Agrigente et ceux de Santo Stefano s’accordent à déclarer le blessé intransportable si on ne l’opère pas d’abord. Il est de toute façon trop faible.


Heureusement, les carabiniers se sont mis en quête du professeur Raimondo Borsellino. En téléphonant à leurs différents postes, ils l’ont déniché dans un hameau de la province d’Agrigente, lui ont expliqué la situation et le professeur a répondu qu’il arriverait dès que possible.


En effet, à quatre heures du matin il débarque à la Quisquina. »

QUESTION N°22 : V

 

-         V comme Veuve Clicquot, quels étaient les prénoms et le nom de jeune fille de la plus célèbre veuve du Champagne ?

-         V comme Viognier, dans quelle AOC rouge ce cépage est-il autorisé ?

-         V comme Vin, quelle est la définition du Vin par l’OIV ?

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

QUIOT Jérôme 05/08/2009 08:30

Agrigente, tout un rêve, l'Agragas des grecs, la Vallée des Rois et celle des Dieux, des temples divinement beaux, un des plus beaux lieux du sud de la Petite Grêce. Voir ce site en hiver avec les amandiers en fleurs. Grandiose. Merci de nous faire rêver et merci pour votre travail. Amicalement.

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