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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 00:09


Quand j'avais utilisé dans mon rapport de 2001 l'image de la bataille d'Azincourt - gagnée par les Anglais, leurs archers, inférieurs en nombre, face aux seigneurs français empêtrés dans leurs lourdes armures et leurs certitudes - pour illustrer une certaine forme de suffisance de notre viticulture j'avais eu un franc succès Outre-Manche, un peu moins bien sûr du côté de Bordeaux. Dans ma jeunesse j'ai lu
“Les Silences du Colonel Bramble” d’André Maurois, anglophile distingué. C’était son premier roman, il l’a rendu célèbre et, pour l’écrire, il s’est inspiré de sa propre expérience d’officier de liaison auprès de l’armée britannique. Créant des figures atypiques et extraordinaires de soldats anglais flegmatiques, sages, philosophes, il rend compte d’une joie de vivre toute anglo-saxonne. Je suis donc un anglophile qui adore être aussi féroce avec nos amis anglais qu’ils savent l’être avec nous. Négocier, à Bruxelles, avec les Ministres anglais et leur cabinet m’a toujours procuré beaucoup de plaisir. Reste le sport : je suis Nantais donc le football anglais n’est pas ma tasse de thé – je ne parle pas des clubs mais de l’équipe nationale – et pour le rugby j’avoue humblement que j’ai toujours goûté avec un grand plaisir les victoires sur le XV de la Rose. Tout ça pour vous dire que mon plaisir est grand d’accueillir ce matin David Cobbold sur Vin&Cie l’espace de liberté pour répondre à mes 3 Questions. Ses propos devraient vous intéresser, ils sont pleins de bon sens et d’un franc amour du vin français.

Question 1 :

 

 

Bonjour David Cobbold, vous venez avec Sébastien Durand-Viel, de lancer ECCE VINO http://www.eccevino.com/, 1er Guide des Vins sur l'Internet. Pouvez-vous nous en dire plus ? Pourquoi ce site ? Pour qui ? Quels sont vos objectifs ?

 

Réponse David Cobbold

Ecce Vino est le premier site dédié aux vins vendus sur le web en France. Nous mettons en accès libre pour l’internaute toute l’information sur ces vins, et, progressivement, en faire aussi un lieu d'échange. Nous voulons offrir toutes les éléments du choix aussi bien pour l'amateur que pour le consommateur occasionnel en gardant un esprit ouvert, informatif et critique, mais loin de toutes les querelles de chapelle. Notre objectif est de devenir un réel lieu d’échanges et notre challenge d’être le site le plus consulté sur le vin en France.

Et pourquoi pas Ecce Vinum ? Au risque de faire bondir les latinistes, nous avons voulu jouer un peu sur la sonorité des mots, avec un clin d’œil au monde du vin actuel en mélangeant le latin et l’italien. Ecce Vino veut être le premier guide et site d’information sur le vin pour amateurs en France, comme pour les acheteurs occasionnels du vin sur la toile. Le tout entièrement gratuit et libre d’accès.

Qui sommes-nous ? Une petite équipe dynamique et très motivée qui souhaitons fournir de l’information sur le vin, sans esprit de clan particulier ni fanfaronnade commerciale. Deux journalistes, moi-même et Sébastien Durand-Viel, amateurs de vins du monde entier, un technicien du web et un spécialiste des télécoms. Vous trouverez nos CV sur le site.

Que proposons-nous ? Un guide, des cours et des informations aussi bien pour les débutants que pour l’amateur confirmé ; une encyclopédie, des bases de données dont l’évolution est progressive, mais aussi des rubriques qui se renouvellent toutes les semaines ou tous les mois. Des opinions, des informations et de notes de dégustation sur les vins du monde entier. Des liens avec des blogs et sites que nous aimons pour leur diversité, leur esprit libre, leur apport au monde du vin et ce qui l’entoure. Un guide des vins vendus sur le web, avec commentaires de dégustation et notations pour les vins que nous estimons biens faits, quel que soit leur style ou leur prix. Car un vin a un style, et se vend à un prix donné. Cela le rend attrayant (ou pas) à différents goûts et accessible à des bourses diverses. Nous en tenons compte et ne cherchons nullement à imposer notre propre goût en toute circonstance, mais juste à le signaler de temps en temps.

Pour nous le goût est individuel et ne doit pas être imposé par des diktats venus de « gourous », souvent autoproclamés et suffisants. Mais le goût de chacun peut être éclairé par l’avis de quelqu’un d’autre, surtout si cet « autre » est un professionnel de la chose et passe beaucoup de temps à comparer des vins les uns avec les autres. Un choix peut être éclairé, non pas formaté, par des informations et des avis, car il n’y a ni de « raison » ni de « tort » en matière de jugement esthétique.

Nous voulons partager un peu notre expérience, et aussi notre enthousiasme pour ce produit assez unique qui est le vin.

 

Question 2 :

Vous êtes un anglais à Paris David Cobbold, pour ceux des lecteurs de Vin&Cie qui ne vous connaîtraient pas, en quelques mots, dites-nous qui vous êtes. D'où venez-vous ? Quel à été votre parcours dans le monde du vin ?

 

Réponse de David Cobbold :

Je vis en France depuis 1973 et j'ai 61 ans. Donc j'ai passé plus de la moitié de ma vie en France. Mon père était négociant en vins à Londres, et le monde du vin fait donc partie de ma culture de base. Mais j'ai un parcours un peu bizarre. Ma formation est d'abord universitaire (littérature et philo), mais surtout beaux-arts (études de peinture à Londres). Puis j'ai exercé beaucoup de métiers : photographe, essayeur de motos, bucheron, menuisier-ébéniste, vendeur d'appartements, avant de revenir vers le vin en devenant caviste à Paris en 1983, puis responsable d'un réseau de vente national, puis responsable marketing et commercial d'une grande maison de Champagne, et enfin indépendant à partir de 1995. J'exerce depuis lors trois activités dans le vin : journaliste, formateur et consultant. Sébastien Durand-Viel travaille avec moi dans ces activités depuis 1998. En dehors de cela je continue à aimer beaucoup la peinture, la moto et le rugby.

 

Question 3 : Enfin, pendant que je vous aie sous la main David Cobbold, dite-moi qu'est-ce qui ne va pas dans le royaume des vins français ? Trop de tout ? Pas assez de rigueur ? D'après vous que devrions-nous faire ?

 

Réponse de David Cobbold :

Vaste question ! Trop de divisions, surtout, trop de clans et de trop de complexité inutile. Et trop de règlementations. Et cela entraine parfois une rigueur insuffisante, car les "mauvais" s'appuient sur le système (en se plaignant quand les choses vont mal), tandis que les bons sont freinés par un système trop rigide. Je crois qu'il faut libérer l'esprit de création des producteurs, en les laissant planter ce qu'ils veulent où ils veulent. Le marché sera la sanction et l'épreuve de vérité. Les dégustations de contrôle ne signifient rien, il faut les abandonner. En revanche, si une région ou appellation se décide sur des règles, il faut les appliquer à la lettre une fois ces règles acceptées, mais en offrant une voie de sortie (en vins de pays) pour celui qui veut traverser en dehors des clous. Et il faut surtout que les producteurs passent du temps (même un peu), chaque année, sur les marchés, à observer, à goûter la concurrence, et à parler avec les acteurs du marché et des consommateurs. Vivre dans un splendide isolement n'est plus possible. 

Quant au vocabulaire, j'aimerais entendre de moins en moins des mots comme "typicité" (un mot qui ne veut rien dire) ou "tradition" (quand commence et quand s'arrête l'histoire ? On parle maintenant d'élevage "traditionnel" en cuve inox, et pourquoi pas, mais cette tradition-là ne date que de 30 ans au plus). Et j'aimerais que le mot "terroir" soit bien compris (le milieu naturel, tout le milieu naturel, et rien que le milieu naturel), explicité et utilisé avec la même acception par tous, au lieu d'être brandi comme un étendard incantatoire.

Ce que la France devrait faire pour regagner ses parts de marché perdues est de laisser parler ses meilleurs producteurs. Il y en a des milliers dans ce pays, et dans toutes les régions et catégories de prix. Ce sont eux les meilleurs ambassadeurs des vins de la France. Cela m'est égal qu'il s'agisse de producteurs importants ou de "petits" vignerons. Regardons l'exemple de la Champagne pour voir que des grandes structures réussissent admirablement. Et oublions les fausses divisions stupides "bio" ou "pas bio", vins "de femmes" ou autre gadgets pour obtenir trois lignes dans un canard. Des bons vins, qui ont du goût et une histoire à raconter. Mais ensemble. On gagne un match de ce type en équipe, pas en solo.

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