Vendredi 29 août 2008 5 29 /08 /Août /2008 00:06

 

Dès que reviennent les beaux jours je suis un adepte des terrasses de café quand le soleil commence à disparaître au-dessus des toits. L’air devient tendre. La ville s’apaise. Les gens se posent. Après avoir accroché mon vélo à un réverbère je m’installe à une place bien exposée, face au soleil couchant. Et, très souvent, je commande un demi de bière. Pas n’importe quelle bière, la meilleure du monde, une tchèque : la Pilsner Urquell. Elle se distingue des autres bières par sa plénitude, sa belle amertume désaltérante. Fabriquée à Pilsen, le pays de naissance de la bière double, fermentée à basse température, cette fine mousse présente l’avantage de n’être servie que dans les bars et les brasseries de qualité : le café Florian à Venise ou le Sélect à Paris. Vous allez me dire que je suis snob. Non j’applique à la bière le même régime que pour le vin : je bois bon. Que voulez-vous quand je vais chez Hugo Desnoyer mon boucher, et que je lui demande de la hampe, je vois son œil pétiller. Il apprécie. La hampe c’est moche, on dirait une serpillère brunâtre effilochée, mais c’est un délice.

 

Mes vacances d’été sont corses. Là-bas je prends le maquis. Je plaisante bien sûr. Le soir sur le port d’Ajaccio ou chez le glacier de Sagone je m’offre une Pietra. C’est une bière ambrée à la châtaigne fabriquée dans l’île de Beauté. Belle réussite insulaire puisqu’on la trouve maintenant assez facilement à Paris. Elle aussi, comme ma Pilsner Urquell, est très désaltérante. Certes elle est plus rustique mais elle fleure bon le maquis. J’aime. Bref, j’abrège car je sens poindre chez les ardents défenseurs du vin servi en terrasse une pointe d’agacement : qu’est-ce qui vient nous chanter les mérites de la bière le gars Berthomeau là où seul le divin nectar a le droit de cité. Que nenni, ici, c’est écrit « espace de liberté » alors on n’est pas sectaire : la bonne bière ça désaltère et je l’écris. Et puis, comme certains le savent j’adore les mélanges. Adepte du blanc limé je ne crache pas aussi sur un vrai panaché fait avec une limonade traditionnelle et une bonne bière bock des familles. Que voulez-vous, quand j’étais en culotte courte, contre toutes les préconisations des blêmes de la santé publique, mémé Marie colorait mon eau fraîche avec un peu de vin rouge : pour étancher sa soif je n’ai jamais trouvé mieux.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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