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La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /Juil /2008 00:08

Chères lectrices et chers lecteurs,

Ce matin je suis très fâché. Excédé par l’impudence, le mépris, l’arrogance, l’indécence des gnomes du groupe Carrefour. Communiquer je veux bien, c’est de bonne guerre, sponsor de l’équipe de France de football pourquoi pas, mais oser étaler sa charité en des encarts publicitaires relève d’une vulgarité indigne d’un grand groupe. Tout y est : le visuel et le texte ci-dessous sont à chier. Je m’emporte mais jusqu’où ira-t-on dans l’hypocrisie auto-justificatrice ? Le groupe Carrefour, que je sache, n’a pas pour objet social de faire l’aumône aux indigents. C’est un gros épicier qui achète pour revendre et faire des bénéfices. Je n’ai rien contre et je n’ironiserai pas sur les brillantes performances économiques et financières du mastodonte mais qu’il nous épargne des tirades destinées à faire accroire au bon peuple que chez Carrefour on a le cœur sur la main. Non, messieurs de Carrefour, vous ne mettez pas votre métier au service de la solidarité. Que les « petits génies » de BETC Euro RSCG, jamais en reste d’une belle image choquante, c’est leur job, n’aient rien trouvé mieux que cette autocongratulation pour redorer l’image de votre groupe en dit bien plus que de longs discours sur votre capacité à comprendre les attentes des gens de peu qui sont aussi des gens de bien.

 



















Méditez messieurs et mesdames, dirigeants du groupe Carrefour, sur l’interrogation de Marivaux « qu’est-ce qu’une charité qui n’a point de pudeur avec le misérable, et qui, avant que de le soulager, commence par écraser son amour-propre ? » et sachez que dans notre civilisation devenue très individualiste – j’en suis, et ne m’exonère en rien de ce constat – on ne parle plus de charité, car c’est trop péjoratif, mais d’appel au don. Des associations caritatives se substituant à l’aumône chrétienne, administrent l’assistance. Elles s’adressent à tous et, il est démontré que ce sont les moins riches qui proportionnellement font le plus gros effort par rapport à leur capacité contributive (ramené au CA du groupe Carrefour les 22 millions de repas représentent une contribution minable)  Eux, bien sûr, n’ont pas les moyens, comme vous, de se payer 2 pleines pages dans le Nouvel Observateur pour vanter leur vertu. La charité, la vraie, celle du cœur, est silencieuse, discrète. On ne l’étale pas. On ne s’en prévaut pas. Enfin, sans vouloir vous faire de procès d’intention, mesdames et messieurs de Carrefour, je suis intimement persuadé que dans vos fors intérieurs vous pensez aussi que votre vertu ostensiblement affichée s’adresse à ceux qui ne sont pas capables de se prendre en charge.

 

 

Par bonheur pour vous, Coluche et Desproges ne sont plus là pour vous rudoyer bien plus que je n’ai su le faire. C’eut été un vrai bonheur que de les entendre vous étriller et vous offrir à la vindicte du bon peuple des pousseurs de caddies. Allez, ne vous inquiétez pas, les « charitables » de Carrefour, mon papier va peut-être faire remonter le cours de votre action à la Bourse de Paris qu'est totalement à la rue. Et puis, pour en finir avec vous, permettez-moi de soumettre à votre réflexion, tout d'abord, une maxime délivrée par l'un des seuls réels philosophes du XXe siècle, Pierre Dac, " Quand les bornes sont dépassées y'a plus de limites..." et enfin l'avertissement d'un encarté : " le client à toujours raison..."

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
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