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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 00:09

photopaysans.JPG

 

J’adore cette trilogie qui me semble aller comme un gant à la nouvelle année : 2013. Treize me semblant être le chiffre impair par excellence. Pourtant, l’expression «passe, impair et manque» en tant que telle n’existe pas autour de la bonne vieille roulette, pas la russe bien sûr, la française, celle que l’on fait tourner dans les casinos, car elle est contradictoire : un chiffre ne peut pas être à la fois « passe » et «manque ».

 

L'illustration de cette chronique est un tableau du peintre belge jean Brusselmans : Les Paysans 1928


J’explique pour les non-initiés : pour la roulette française les joueurs ont la possibilité de miser sur 36 numéros et le zéro et sur des zones à chances binaires : rouge/noir, passe/manque, pair/impair.


Roulette6.jpg

 « Manque » veut dire « manque la moitié » soit les numéros de 1 à 18.


 « Passe » signifie « dépasse la moitié » soit les numéros de 19 à 36.


Impair : comprend les numéros impairs

Pair : comprend les numéros pairs


Donc un chiffre ne peut pas être à la fois « passe » et «manque ».


En conséquence le Taulier, en tant que croupier, annonce pour la nouvelle année qui commence, en mangeant le double 1000 :


                                              « 13 noir, impair et manque»

 

Détail d’intendance : sauf inversion de la jurisprudence ou une superbe martingale votre Taulier-Croupier devrait quitter la table de jeu en milieu d’année 2013. Ainsi, inexorablement le réservoir des baby-boomers au travail s’épuise mais la génération Y link et laisse la place aux petites poucettes comme l’écrit notre grand-père bienveillant, Michel Serres, parce qu'elles utilisent ses pouces pour envoyer des SMS... Les Y sont « digital natives », génération mutante née avec les nouvelles technologies entre 1981 et 1999 « Ils n'habitent plus le même espace » : « Par téléphone cellulaire, ils accèdent à toutes personnes ; par GPS, en tous lieux ; par la Toile, à tout le savoir : ils hantent donc un espace topologique de voisinages, alors que nous vivions dans un espace métrique, référé par les distances ». Les anciennes hiérarchies s’effondrent et notre octogénaire académicien, loin de regarder dans son rétroviseur, voyage en des espaces inexplorés pour nous obliger à réinventer le monde.


                            

                             BONNE ANNÉE 2013

                                           

            à toutes et à tous sur mes lignes…



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Vous annoncez qu’un «nouvel humain» est né. Qui est-il ?


Je le baptise Petite Poucette, pour sa capacité à envoyer des SMS avec son pouce. C’est l’écolier, l’étudiante d’aujourd’hui, qui vivent un tsunami tant le monde change autour d’eux. Nous connaissons actuellement une période d’immense basculement, comparable à la fin de l’Empire romain ou de la Renaissance.


Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux grandes révolutions : le passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. La troisième est le passage de l’imprimé aux nouvelles technologies, tout aussi majeure. Chacune de ces révolutions s’est accompagnée de mutations politiques et sociales : lors du passage de l’oral à l’écrit s’est inventée la pédagogie, par exemple. Ce sont des périodes de crise aussi, comme celle que nous vivons aujourd’hui. La finance, la politique, l’école, l’Eglise… Citez-moi un domaine qui ne soit pas en crise ! Il n’y en a pas. Et tout repose sur la tête de Petite Poucette, car les institutions, complètement dépassées, ne suivent plus. Elle doit s’adapter à toute allure, beaucoup plus vite que ses parents et ses grands-parents. C’est une métamorphose !

 

Cette mutation, quand a-t-elle commencé ?

 

Pour moi, le grand tournant se situe dans les années 1965-1975, avec la coupure paysanne, quand la nature, notre mère, est devenue notre fille. En 1900, 70% de la population française travaillait la terre, ils ne sont plus que 1% aujourd’hui. L’espace vital a changé, et avec lui «l’être au monde», que les philosophes allemands comme Heidegger pensaient immuable. La campagne, lieu de dur travail, est devenue un lieu de vacances. Petite Poucette ne connaît que la nature arcadienne, c’est pour elle un terrain de loisirs et de tourisme dont elle doit se préoccuper. L’avenir de la planète, de l’environnement, du réchauffement climatique… tout est bousculé, menacé.


Prenons l’exemple du langage, toujours révélateur de la culture : il n’y a pas si longtemps, un candidat au concours de l’Ecole normale était interrogé sur un texte du XIXe siècle qui parlait de moissons et de labourage. Le malheureux ignorait tout le vocabulaire ! Nous ne pouvions pas le sanctionner, c’était un Petit Poucet qui ne connaissait que la ville. Mais ce n’est pas pour ça qu’il était moins bon que ceux des générations précédentes. Nous avons dû nous questionner sur ce qu’étaient le savoir et la transmission. »

 

Petite Poucette, la génération mutante Michel Serres la suite ICI link

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans berthomeau
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commentaires

jmPaul 01/01/2013 12:36


Meilleurs voeux à notre cher taulier qui nous parle si bien du "mondovino" avec humour et élégance .

Reggio 01/01/2013 11:26


Merci, cher Taulier, pour les bons vœux...les notres en retour !


Oui, c'est clair, les espaces ruraux sont devenus les terrains de jeux des urbains dominants...En 50 ans le basculement culturel est sidérant, tout un monde a quasiment disparu. Pour le meilleur
? Allez, on va quand même pas étaler son pessimisme un jour pareil...

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