www.berthomeau.com

               Vin&Cie, l'espace de liberté

Chaque jour, avec votre petit déjeuner, dans ce petit espace de liberté, une plume libre s'essaie à la pertinence et à l'impertinence pour créer ou recréer des liens entre ceux qui pensent que le vin c'est
" un peu de douceur, de convivialité, de plaisir partagé, dans ce monde de brutes..."
Bon appétit ! Diffusez le message autour de vous.
Si vous souhaitez recevoir mes chroniques chaque matin abonnez-vous à la newsletter, colonne de droite (c'est gratuit) et surtout ne décochez-pas la case chroniques (sinon vous ne recevrez rien).
ou placez
www.berthomeau.com dans vos favoris.
Merci pour votre fidélité et n'hésitez pas à faire des commentaires.
Bonne journée à tous, ceux qui ne font que passer comme ceux qui me lisent depuis l'origine de ce blog.

Pour les amoureux du bien vivre à la française l'adhésion à l'Amicale des Bons Vivants s'impose afin d'affirmer notre engagement et notre détermination face aux provocations des prohibitionnistes. 
C'est simple comme un clic via : commentaire ou contact ou
berthomeau@gmail.com

  

La photo est signée par Elisa Berthomeau©

 

Samedi 24 janvier 2009 6 24 /01 /Jan /2009 00:04

 Ne dites pas à ma mère que je suis banquier, elle me croit pianiste dans un bar à vins...
Ce matin, plutôt que d'ironiser sur nos "génies" français de la finance, dont l'indécence s'assimile, sans contestation possible, à la forme la plus élaborée de la pornographie, lorsque ces tout petits hommes défendent, becs et ongles, tels des charognards, en dépit de l'injonction présidentielle, leurs bonis de gestion calamiteuse, avant de capituler piteusement en pleurnichant, je préfère vous offrir ce beau texte de Jérome Charyn accompagné de deux merveilleuses planches de François Boucq qui sont extraits de "New York Voyage sans amarres Du ventre de la bête" chez Balland.

Un-dimanche-ordinaire-003-copie-1.jpg
Aucun lieu, peut-être, n'incarne mieux la dimension mystique de l'ambition et de l'extravagance de New-York que le Woolworth Building, la "cathédrale du commerce" de Mahattan. Lors de son inauguration en 1913, c'était l'immeuble le plus haut et le plus cher du monde, comprenant 7500 tonnes de terre cuite, 28000 tonnes de carrelage et 140 kilomètres de fils électriques. Il était équipé de sa propre usine génératrice dont la puissance aurait suffi à éclairer toute la ville de Hoboken ou la moitié du Bronx. Le hall du Woolworth Building s'élève sur trois étages, et lorsqu'on se tient sous son plafond aérien, on peut presque sentir la présence de quelque dieu caché dans le vitrail bleu et vert de sa voûte. On se croirait à l'intérieur d'une caverne de marbren une grotte sacrée propice à inventer sa propre religion et à communier avec Frank W.Woolworth, le père du magasin à prix unique.

Si le Woolworth Building fut l'un des prophètes majeurs de la croissance Mahattan, de sa métamorphose en une cité-empire où l'argent est plus précieux que le sang, le héros de Herman Melville, Bartleby le Gratte-papier, hante l'envers du succès de Mahattan, son attraction vers l'anarchie et le chaos. Melville lui-même était un obscur inspecteur des douanes, enterré en tant qu'écrivain bien avant sa mort en 1891. Bartleby représente l'objecteur absolu au miracle économique de Mahattan. A tout ordre reçu de son patron, on l'entend murmurer d'une vois ferme et atone son immuable cri de guerre : " je préfère n'en rien faire." En regardant bien, vous pourrez apercevoir son fantôme vainemant affairé glisser le long des couloirs à vent qui serpentent entre les sombres gratte-ciel de Wall Street.
 

Un-dimanche-ordinaire-004.jpg

New York me fascine car cette ville est folle, éruptive, charmeuse, violente, magique et je me sens ainsi le voisin de Charyn, un américain de Paris - il s'installe pour écrire rue Froidevaux la voie qui borde le cimetière Montparnasse - qui dans son roman "Rue du Petit-Ange" page 227 délire sur Carcassonne. J'adore le trait de François Boucq, qui comme Loustal, est de ceux qui ont donné à la bande dessinée ses lettres de noblesse. Mais pour en revenir à mon titre je profite de l'occasion  pour vous mettre sous les yeux la phrase la plus énigmatique de la littérature américaine " I would prefer not to " le  " je préfèrerais ne pas " du Bartleby d'Herman Melville (éditions Allia) le couperet du " not to "qui reste l'apanage de la langue anglaise.

Par JACQUES BERTHOMEAU - Publié dans : berthomeau
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil

Wine News

Derniers Commentaires

Pages

 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés