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29 décembre 2020 2 29 /12 /décembre /2020 08:00

 

Au risque de vous paraître vantard, je suis une exception à la règle.

 

Qu’est-ce à dire ?

 

La réponse : j’ai posé mes fesses dans le fauteuil  de Directeur du cabinet du Ministre de l’Agriculture alors que je n’étais ni fonctionnaire, ni issu d’un Grand Corps de l’État.

 

4 novembre 2005

Grands et Grandes

 

Grandes écoles : Polytechnique, Normale Sup, les Mines, les Ponts et Chaussées, Centrale, l'Agro, les Vétos etc...

 

Question : faut-il être Polytechnicien pour gérer les primes à la vache allaitante à la DDAF de la Creuse ?

 

Un concours aussi sélectif que celui des écoles vétérinaires est-il judicieux pour former des docteurs vétérinaires qui vont soigner des chiens et des chats ou contrôler l'abattoir de Guémené-Penfao ?

 

Grands corps : Inspection des Finances, Conseil d'Etat, Cour des Comptes, Ponts et Chaussées, Génie Rural et Eaux et Forêts... Deux issues pour ces brillants sujets : entrer en politique ou sortir dans le monde des affaires, ça motive ceux qui restent...

 

Grands crus classés : des grandes et belles choses mais qui s'occupe des Populars ?

 

Ce matin j'ai du vague à l'âme, je repense à un Premier Ministre qui avait eu le mauvais goût d'évoquer l'intérêt qu'il portait aux cages d'escaliers et aux boîtes aux lettres... Le cambouis ça sali les mains mais c'est le seul moyen de remettre la mécanique en mouvement... Dans ma famille de pensée certains devraient méditer sur les vertus de l'exemplarité...

 

Bref, si l’on fait les comptes nous nous comptons sur les doigts d’une main, peut-être des deux.

 

Rue de Varenne, j’ai donc eu à gérer le corps des IGREF, dont certains membres étaient issus de Polytechnique. Ils étaient intelligents, obéissants, peu porté sur la prise de risques et ce qui n’entrait pas dans leur moule intellectuel les perturbait. Cependant, comme dans tout groupe social certains d’entre-eux faisaient exception.

 

L’un des exercices technocratiques dans un gouvernement se nomme l’arbitrage interministériel : ça se passe à Matignon, on rassemble les membres de cabinet des ministères concernés par un texte afin de trancher les différends. En fait, un affrontement entre le Ministère dépensier et le Ministère du Budget.

 

Et Dieu sait que celui de l’Agriculture arrosait comme des plantes en pot les agriculteurs !

 

Lors de ces exercices à haut risque j’ai croisé des esprits brillants, tel François Villeroy de Galhau, actuellement gouverneur de la Banque de France, il ne m’a jamais pris de haut alors que je surjouais le paysan du Danube, il m’écoutait car j’évoquais souvent les aspects pratiques de nos décisions, ce que les politiques appellent le terrain, le cambouis.

 

Alors, lorsque je lis dans le Monde à propos des projets de réforme de l’ENA :

 

 

L’ENA bouleverse son redouté classement de sortie

 

Le directeur de l’Ecole nationale d’administration, Patrick Gérard, transforme l’institution, à commencer par le redouté classement de sortie. Mais le gouvernement promet toujours une « réforme d’ensemble » de l’ENA pour 2021.

 

Par Benoît Floc'h

Publié le 26 décembre 2020

ICI

 

« Patrick Gérard avance, bille en tête. Un arrêté, signé le 22 décembre, entérine les changements qu’il mûrit depuis trois ans. L’un d’eux est potentiellement détonnant. Le redouté classement de sortie va changer en profondeur. L’enjeu est immense : la hiérarchie qu’il établit détermine la distribution des postes qu’occuperont les énarques frais émoulus. Ceux qui se hissent dans les quinze premières places, la « botte », décrochent le Graal : l’accès aux grands corps (Conseil d’Etat, Cour des comptes, Inspection générale des finances [IGF]).

 

 

Or, jusqu’à présent, les épreuves du classement de sortie sont encore très académiques. M. Gérard décide qu’à partir de la promotion qui arrivera à Strasbourg en janvier 2021, les épreuves ne porteront plus tant sur ce que les élèves savent, que sur ce qu’ils auront appris à faire. « Au lieu de faire des épreuves académiques comme on faisait jusqu’à présent, droit, économie et finances, territoires…, on va faire des épreuves extrêmement pratiques, qui ont pour objet de vérifier que les élèves ont acquis chacune des compétences », a déclaré le directeur à l’Agence France-Presse (AFP), jeudi 24 décembre. Ce qu’il s’agit d’évaluer, ce ne sont plus tant les connaissances, maintes fois démontrées par ces jeunes au parcours académique ultrabrillant, que les compétences acquises à l’ENA. »

 

D’où ma proposition provocante : leur faire préparer une carbonara par exemple.

 

Plus sérieusement :

 

  • Travailler comme aide-soignant dans un EPHAD

 

  • Travailler dans le service d’urgence dans un hôpital.

 

  • Tailler la vigne.

 

  • Travailler à l’accueil dans un commissariat pour accueillir les femmes battues.

 

  • Etc… les sujets ne manquent pas.

 

Comme j’ai l’esprit de contradiction, et même si j’adore la ratatouille, même si celle de Malgoire est une véritable ratatouille, une alchimie, je préfère vous donner la recette des spaghetti alla carbonara que Jean-Claude Malgoire a recueilli de Gianfranco Rivoli : « ils l’ont fait ensemble, dégustée ensemble, en préparant leurs spectacles. » un peu à la manière de mon ami Daniele De Michele dit Don Pasta. ICI

 

Pas de crème fraîche ou autre, qui sont des inventions de Parisiens » Moi j’ajoute que ce sont les BOF via la Normandie qui les ont pervertis.

 

 

Malgoire «n’aime rien tant que l’étymologie des plats qu’il prépare. Il faut en passer par là.»

 

 

« Les spaghetti alla carbonara sont-ils ainsi nommés parce que les charbonniers les emportaient dans leurs forêts pour s’en caler le ventre après l’ouvrage, ou bien le nom vient-il des carbonari de Garibaldi, ou bien, tout simplement, de ce que les lardons vont noircir en cuisant dans le vin rouge ? »

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commentaires

pax 29/12/2020 22:39

Le mode de sélection par le rang de sortie des gagnants de cette foire aux peaux d’âne a toujours fait rigoler ceux qui sont incapables de prendre notre monde au sérieux.
Dans son ouvrage « Dans mon pays lui-même » Philippe Meyer avec le ton pince-sans-rire qui est sa marque de fabrique évoque son expérience de membre du jury d'un Grand Oral de l’ENA. Il souligne notamment l'exercice aussi gratuit que futile de cette épreuve qui montre combien les encore très jeunes candidats sont déjà formatés. Il établit un amusant parallèle avec le début des études de médecine faisant encore, à l'époque, la part belle aux mathématiques. Il se demande compte tenu de la pratique future du médecin généraliste si l'exercice de la montée d'escalier ne serait pas plus adapté à cette profession.

« Dans mon pays lui-même » Philippe Meyer – Flammarion – Paris 1993

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