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16 novembre 2017 4 16 /11 /novembre /2017 06:00
©Domaine Léon Barral

©Domaine Léon Barral

Y’a jamais de mal à réfléchir, qui plus est lorsque  ce sont d’autres que moi qui tiennent la plume : je songe à créer l’association des ramiers de France.

 

Je vous livre donc ce matin un patchwork d’articles du numéro 2 de la revue Sésame

 

 

Après avoir cliqué sur ce lien ICI vous pourrez accéder à l’intégralité des articles que j’ai sélectionnés.

 

Pour sûr que ce n’est pas avec ça que je vais faire le buzz ni fomenter la révolution chère aux activistes en chaise longue qui exploitent le filon.

 

Lisez, réfléchissez, commentez, contestez, faites ce que bon vous semble en buvant de bons coups…

 

(1) Les vieux cépages reviennent dans le rang par Yann Kerveno

 

 

Réchauffement climatique, pression sociale, marketing évolutif, la vigne est sous le coup d’une intense pression.

 

Face au temps long de la plante, s’empilent les défis pour les vignerons et les chercheurs. Mais l’avenir de la vigne passe, en partie, par son passé déjà lointain.

 

Les vignes sont consciencieusement plantées entre des haies de roseaux. Le marin pousse sur la côte une nébulosité diffuse qui gomme le bleu du ciel si cher à Bataille. Au loin, deux hommes avancent doucement entre les rangs, s’arrêtant sur certains ceps, sans logique apparente. Pour y rester plantés un moment. Je les vois consulter des documents, échanger entre eux un instant, puis reprendre leur marche dans le sable. Vigneron isérois, Nicolas Gonin est venu avec un collègue pour « réviser » et mettre à l’épreuve ses connaissances d’ampélographe.

 

Les vignes qu’il parcourt avec tant d’attention sont celles du domaine de Vassal, à quelques kilomètres de Sète où l’Inra prend soin d’une des collections de vignes (au sens large) les plus importantes du monde. Dans la salle de l’herbier, des classeurs, des armoires, des dossiers, des fiches… 8000 accessions, éléments en collection (porte-greffes, cépages, hybrides producteurs directs, vitacées, lambrusques…) sont décrites dans cet herbier unique. Pour chaque accession, un dossier complet qui comprend cinq feuilles de la plante, des photographies, la description ampélographique complète, plus d’une centaine de critères retenus par l’Office International du Vin (OIV) permettant de décrire les feuilles, le bourgeonnement, la baie, la grappe… Y sont ajoutés les fruits d’autres observations, description et notation de phénologie, rendement, fertilité, dates de débourrement, toutes les plantes présentes au domaine sont minutieusement décrites. « Ici, nous conservons mais nous essayons de savoir ce que nous conservons, à savoir l’identification et la caractérisation, mais nous essayons aussi de définir le potentiel agronomique et technologique de chaque plante. Nous allons, pour les raisins de cuve, jusqu’à réaliser des micro-vinifications pour avoir des données sur les vins produits » détaille Cécile Marchal, responsable du domaine de Vassal.

 

« La collection sert de support à de nombreuses recherches, en génétique bien entendu, nous avons de tout temps été associés avec l’unité qui s’occupe de génétique de la vigne et d’amélioration à Montpellier. Mais les recherches peuvent aussi sortir de ce strict domaine, porter sur la domestication, l’étude des phénols, nous recevons même des archéo-botanistes qui réalisent des prélèvements de pépins. Mais, aujourd’hui, la nouvelle thématique phare, c’est le comportement face aux maladies, maladies du bois et les champignons, mildiou, oïdium… »

 

La suite pages 24 à 28

 

(2) On a sauvé le carignan blanc !

 

 

Un entretien avec Emmanuel Cazes, vigneron dans les Pyrénées-Orientales, membre de la commission scientifique de l’Institut National des Appellations d’Origine (INAO).

 

  • Vous êtes-vous penché sur les vieux cépages ?

 

Oui, et j’en suis assez fier personnellement, parce que nous avons obtenu la réintégration du carignan blanc, très rare et peu connu dans l’appellation des Côtes du Roussillon. Ce cépage n’est pas fantastique, mais il a de très bonnes capacités d’adaptation à la chaleur et aux conditions sèches. En plus, il offre des notes fraîches et minérales qui plaisent beaucoup. Il y a quatre ou cinq ans, on avait 40 hectares de carignan blanc dans le département. Aujourd’hui, on doit  être à 100 hectares, parce qu’il a sa place dans 10 ou 15% des assemblages. On a sauvé ce vieux cépage qui était voué à disparaître. Il s’est passé la même chose avec le grenache gris qui était quasiment oublié. On s’est rendu compte qu’il était magnifique à Collioure, alors que c’était au départ un cépage à vin doux.

 

La suite page 29

 

(3) Quel est le juste prix du lait ?

 

Julien Dupré. La vache blanche (v. 1890).

 

- Pascal Massol, agile pour ne plus être fragile

 

 

Converti au bio pour éviter la faillite, l’ancien leader des producteurs de lait en colère a rejoint un réseau de fabrication de yaourts à la ferme.

 

Pascal Massol est redevenu invisible. Petites lunettes rondes et longs cheveux blonds, l’ancien leader de l’Association des Producteurs de Lait Indépendants (APLI), crevait l’écran entre 2008 et 2009 avec sa « grève du lait ». Il est présenté à l’époque comme « le nouveau José Bové ou le futur Raymond Lacombe » par Éric de La Chesnais dans Le Figaro. Le bouillant éleveur aveyronnais au look de hippie fut un temps affilié à la Coordination rurale, mais il a fini par trouver les syndicats « minoritaires » trop envahissants dans son association, présentée comme apolitique et sans obédience syndicale. Pascal Massol a claqué la porte de l’Apli qui s’est pour sa part diluée au sein de l’European Milk Board (EMB). Cette organisation revendique 100000 producteurs au niveau européen et milite pour un lait « équitable ». En 2013, elle a lancé sa propre marque de lait en France comme dans cinq autres pays européens (Allemagne, Autriche, Belgique, Luxembourg, Italie). Affichant fièrement une vache tricolore, FaireFrance revendique avoir écoulé 5 millions de litres en pack, vendus exclusivement en grandes surfaces. Les 500 producteurs qui ont rejoint cette Société par Actions Simplifiée (SAS) fonctionnant comme une coopérative de vente sont assurés de toucher un minimum de 45 centimes par litre. C’est le coût moyen de production en France calculé par un bureau d’études allemand pour l’EMB en 2013. Mais l’enquête montrait une forte disparité à l’échelle des régions: 34 centimes seulement en Bretagne et les Pays de la Loire, 10 centimes de plus dans le Sud-Ouest.

 

La suite page 32-33

 

(4) Damien Lacombe mise sur le bio et la Chine

 

 

Le président de Sodiaal récuse l’idée que sa coopérative soit devenue une « multinationale ».

 

Damien Lacombe a été projeté dans la lumière en décembre 2014. Le fils de Raymond Lacombe, ancien président de la FNSEA, a pris la présidence de Sodiaal, la plus grosse coopérative laitière de France, à la veille du démantèlement des quotas européens. La colère des producteurs réclamant « un juste prix » quand les cours du lait ont dégringolé ne l’a pas épargné. À Guingamp, des manifestants qui bloquaient la laiterie Entremont en juin dernier lui ont symboliquement remis le diplôme du « plus mauvais payeur ». Après le groupe privé Lactalis en 2016, le groupe coopératif se retrouve à son tour dans le collimateur. Damien Lacombe s’est rendu en personne dans les Côtes d’Armor et a multiplié les déplacements pour tenter d’éteindre le feu dans les 70 sites industriels du groupe, qui collecte le lait de 12500 exploitations. « L’essentiel est de garder la confiance de nos 20 000 adhérents. Elle a été ébranlée, c’est vrai », soupire-t-il dans sa ferme de Camboulazet (Aveyron). Même la FDSEA de son département a manifesté devant l’une des usines du groupe à côté de Rodez.

 

Grosses lunettes et cheveux ras, Damien Lacombe retrouve parfois les accents syndicaux de son père quand il s’enflamme. Chose rare. D’un naturel plutôt pondéré, il a choisi l’action économique plutôt que syndicale pour défendre une agriculture à la fois moderne et paysanne. « La fin des paysans, ça fait 50 ans qu’on en parle, mais je ne suis pas sûr qu’ils soient bien morts », dit l’éleveur aveyronnais qui a repris l’exploitation familiale spécialisée dans le lait, avec un troupeau de 70 têtes. Soit légèrement au-dessus du troupeau laitier moyen en France (58 vaches). « Dans cette crise, les plus vulnérables ne sont pas les plus petits, mais les producteurs qui ont grossi rapidement en empruntant », remarque-t-il.

 

La suite pages 35-36

 

(5) La dernière Tentation du bio !

 

Robert Combas

 

Par Tomás García Azcárate, chercheur à l’Institut d’Économie, Géographie et Démographie de Madrid, membre de l’Académie d’Agriculture de France, ancien fonctionnaire européen.

 

Entre les valeurs des pionniers et la ruée des nouveaux convertis, le point sur les effets paradoxaux de la standardisation du bio…

 

Un accord politique semble avoir été trouvé entre le Conseil et le Parlement européens autour de la proposition de la Commission européenne de règlement sur l’agriculture biologique. Il « semble », car au Conseil des ministres européens de l’Agriculture de juillet 2017 – le dernier en date à l’heure d’écrire ces lignes –, l’Allemagne a demandé à retarder l’adoption du texte jusqu’à son élection fédérale.

 

La proposition de la Commission est pourtant sur la table depuis 2014 et l’analyse d’impact préalable avait commencé en 2012. Il aura fallu quelque 18 trilogues pour arriver à ce qui est aujourd’hui encore un non-accord qui, de plus, laisse une (trop) grande marge de manœuvre aux États membres. Pourquoi est-il si difficile d’intervenir sur l’agriculture biologique ?

 

La suite pages 8-9

 

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