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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 08:00
René Pleven vérifiant la première page du Petit Bleu des Côtes-du-Nord, qu'il avait lancé en 1946 (DR - Coll. Famille Pleven)

René Pleven vérifiant la première page du Petit Bleu des Côtes-du-Nord, qu'il avait lancé en 1946 (DR - Coll. Famille Pleven)

Le temps est suspendu.

 

Hier où que j’aille tout le monde était tendu, inquiet.

 

Muré dans mon silence j’attends, il sera toujours temps de lever le voile sur cette période à fortes turbulences.

 

Sur les réseaux sociaux c’est la débauche, empoignades, invectives, mensonges, fausses nouvelles, tombereaux d’ordures.

 

Peine perdue !

 

Stoppez-tout !

 

« Vous pensiez qu’en publiant sur Facebook des articles engagés, des pétitions argumentées et autres coups de gueule politiques, vous alliez convaincre vos amis de prendre parti avec vous ? C’est malheureusement inefficace. C’est ce que met en évidence un sondage réalisé aux Etats-Unis par l’entreprise d’analyse de réseaux sociaux Rantic, et relayé par Wired.

 

Aucun effet sur les opinions de vos “amis”

 

Pour cette étude, 10 000 utilisateurs de Facebook, répartis de manière équitable sur tout le spectre politique, ont été interrogés. La question qui leur était posée était simple : un post Facebook les a-t-il déjà fait changer d’avis sur un sujet ? La réponse est éloquente : 94 % des républicains, 92 % des démocrates et 85 % des indépendants répondent non. La plupart d’entre eux estiment aussi que les réseaux sociaux ne sont pas des agoras propices à la discussion politique – ce qui ne les empêche pas de le faire parfois.

 

Slacktivisme

 

En revanche, il ressort de ce sondage que ces posts Facebook en forme d’apostrophes politiques ont un effet sur la perception que vos “amis” ont de vous. Les opinions politiques que vous publiez sur vos réseaux sociaux sont donc des critères majoritairement retenus par vos connaissances pour vous juger… 12 % des républicains, 18 % des démocrates et 9 % des indépendants confient même avoir déjà supprimé un “ami” Facebook en raison des commentaires politiques qu’il exprimait.

 

Le militantisme sur internet est parfois taxé de “slacktivisme” (littéralement, “militantisme paresseux”). Il semble donc avec cette étude que par-dessus le marché, cette forme de militantisme soit inefficace. Est-ce à dire que Nicolas Sarkozy se trompait lorsqu’il déclarait, en juin 2014 : “J’ai un million d’amis sur Facebook et je compte bien m’en servir. En plus, ça coûte zéro centime” ? »

 

Les conseilleurs ne sont pas les payeurs, suis pas plus con que la moyenne…

 

Nous venons de vivre une longue et fructueuse période de tribunes libres en tout genre du genre pourquoi il ne faut pas voter pour tartempion.

 

Vous me direz c’est dans l’ordre des choses, chaque camp cherche à discréditer le programme de son ou de ses adversaires. J’en conviens sauf que le signataire ou les signataires se drapent dans leurs titres universitaires, ce sont des …logues ou des …istes, qu’ils soient atterrés ou nobélisés, pour nous faire la leçon.

 

Et ils le font dans la presse parisienne qui est le matériau essentiel des commentateurs, des chroniqueurs, des éditorialistes des médias parisiens.

 

L’important étant la reprise, le tweet, l’écume de la notoriété du ou des signataires, rien de plus rien de moins.

 

En effet, qui lit de A à Z leur prose ?

 

Pas grand monde, et surtout pas ceux qu’ils voudraient persuader de ne pas « mal-voter ».

 

Leur prose veut s’adresser tout aussi bien à la France d’en haut (je ne partage pas cette catégorisation) qu’à celle d’en bas.

 

Pour la première, du moins pour celle qui lit encore, ces conseilleurs patentés, estampillés détenteurs d’un savoir, disent s’adresser à l’intelligence de leurs lecteurs. Pourquoi pas, mais ils le font par le biais d’un langage qui est celui de leur spécialité, ils ne cherchent pas à convaincre mais à faire la preuve de leur supériorité intellectuelle.

 

Font chier à me prendre de haut, à nous prendre de haut, je ne suis pas plus con que la moyenne, nous ne sommes pas plus con que la moyenne de cette engeance qui se dit intellectuelle.

 

Le politique, la chose publique, ne se nourrit pas que de concepts, de théories économiques ou sociales, mais du faire, du choix. Bien sûr, je ne disconviens pas qu’il faille articuler l’action politique autour de grands principes mais le cambouis de la vie, nos égoïsmes catégoriels, notre incapacité à passer des compromis, ne permettent pas d’entrer dans des moules bien huilés.

 

Que de grandes voix s’élèvent pour baliser nos chemins politiques, pourquoi pas, mais ces voix ont disparues laissant la place à des ersatz essentiellement tournés vers leur nombril, leur fonds de commerce.

 

Reste cette France dites d’en-bas, qu’ils auscultent d’en haut, dont la fenêtre sur le monde est majoritairement l’écran de télé qui déverse toute les horreurs du monde, la peur des autres, les promesses des démagogues, des images-choc, des formules toutes faites, tous ces gens qui se raccrochent à l’illusion qu’on va se préoccuper d’eux.

 

C’est là que ça se passe messieurs les conseilleurs, la gent masculine est ultra-majoritaire, du côté de l’Éveil de Pont-Audemer ou du Petit Bleu des Côtes-du-Nord, façon de parler pour désigner le flux continu des chaînes télé qui coule dans la salle à manger.

 

Encore plus « je pisse dans un violon » : sur les réseaux sociaux des clampins qui pensent s’adresser à la terre entière alors qu’ils ne mobilisent que quelques potes inoccupés ou une poignée de détracteurs, toujours les mêmes, nous tancent, nous font la morale, sature l’espace d’empoignades très vite incompréhensibles.

 

L’important c’est l’audience, le buzz, et de se plaindre de l’absence de débats de fond dans une campagne très au-dessous de celles que nous avons vécu depuis l’an 2000.

 

Là, je me gondole grave car ces campagnes furent des prototypes de programmes non tenus, viré par-dessus bord sitôt le vote. L’important était de gagner.

 

Celle-ci, avec de vrais clivages, certes fait un peu peur sans aucun doute, y compris au militants paresseux de la Toile, secoue le cocotier habituel.

 

C’est le risque, mais à ne pas prendre de risque on fait du sur-place.

 

« Le temps n'est plus où le monde nous passait tout. Soyez assurés qu'il ne nous passera plus rien. Le dénuement d'un homme ou d'un pays change ses amis en conseilleurs, en critiques et en juges.

 

Mauriac, Le Bâillon dénoué, 1945, p. 416 CNRTL

 

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Roman
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