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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 06:00
En 1593, hors le Ghetto de Venise le cimetière de San Nicoló di Mira était cultivé en jardin potager et en vignoble.

Le 29 mars 1516, La Sérénissime impose aux Juifs de Venise de se regrouper dans le lieu-dit « Geto », à l’extrémité nord de la ville, sur une île encerclée par des canaux. Deux portes, ouvertes le matin et refermées le soir à minuit, donneront désormais accès à ce lieu. Les habitants pourront le quitter dans la journée pour exercer leur profession, mais la nuit seuls les médecins seront autorisés à sortir pour soigner les Chrétiens hors les murs…

 

Plaque du mémorial de l'Holocauste

 

Bien avant l’institution du Ghetto, le 25 septembre 1386, deux Juifs influents, sont venus demander à la Seigneurie que leur soit attribué agricole en friche sur la rive de San Nicoló, pour y ensevelir leurs morts.

 

Terrain accordé, sans aucun loyer, mais dont les limites sont fixées : soixante-dix pas le long de la mer et soixante-dix de long de la lagune, une largeur de trente pas en direction de Venise et de Malamocco. Soit un demi-hectare situé à une extrémité non construite de l’île du Lido, couverte de vignes et de potagers, à proximité du monastère bénédictin de San Nicoló di Mira.

 

Ce terrain était par ailleurs le seul bien immeuble dont les Juifs pouvaient être concessionnaires à titre individuel. À noter qu’alors que les sépultures chrétiennes étaient souvent situées intra-muros, celles des Juifs devaient se trouver hors des limites de la ville, dans des terres incultes et non clôturées.

 

Les terres des Bénédictins – le couvent est le plus grand propriétaire terrien du Lido – sont louées à des paysans qui peuvent les cultiver pendant de longues périodes et transmettre l’utilisation de ce bien-fonds à leurs descendants.

 

Avec le loyer, les concessionnaires apporteront une contribution en nature : 2 chapons, un cierge pesant quelques livres, ou une somme d’argent destinée à l’église du couvent.

 

En 1593, le cimetière cultivé en jardin potager et en vignoble, comme les terrains des Bénédictins, est loué par un paysan pour 25 ducats à la Fraterna della Misericordia… Pendant longtemps les deux fonctions – la sépulture et les cultures – se côtoieront, plus encore, elles se trouveront physiquement superposées.

 

« Le contrat du 20 septembre 1609 établit que le maraîcher Francesco Zampieri, fils de feu Pasqualin, loue la vigne et la maison en brique à proximité du cimetière et devra la conserver en bon état. Avec un loyer annuel de 5 ducats, il doit livrer à la Fraterna 3 melons et un panier de pêches ; mais surtout il doit obligatoirement « bien tenir », « diriger », « améliorer » et ne pas « laisser se détériorer » le terrain, dont il doit conserver les limites et les fruits (figues, pêches, poires, pommes, prunes, laurier, saules et un berceau de vignes.) »

 

« Au milieu du XVIIe siècle, l’extension du cimetière – en dépit de sa forte valeur locative et de la riche production de ses « herbes exquises » pour le marché de la ville – à presque doublé : la surface a atteint un hectare et le nombre des arbres fruitiers à beaucoup augmenté, ce qui, une fois de plus, pourraient confirmer que les Juifs sont définitivement acceptés à Venise. »

 

Source : Ghetto de Venise 500 ans Donatella Calabi éditions Liana Levi

 

Lire 

29 mars 2016

Le ghetto de Venise a 500 ans...ICI

 

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Published by JACQUES BERTHOMEAU - dans Billet
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commentaires

Gérard Poirot 12/08/2016 08:26

Votre lien vers le site de l'excellent Patrick Baudouin mène à une page 'hackée'. Utilisez une des adresses fournies par Google pour arriver à la bonne page d'accueil.

JACQUES BERTHOMEAU 12/08/2016 22:17

quand on fait un commentaire on le poste sur la bonne chronique monsieur Poirot et non sur n'importe laquelle merci...

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