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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 00:09

 

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Margot elle est comme ça, elle est toujours là où on ne l’attend pas. Pour ceux d’entre vous qui ne sont pas des lecteurs historiques de mes chroniques Margot a répondu à mes 3 Questions le 12 novembre 2008 link puis avec un petit groupe d’amis elle a fait parti de ma dream-team de dégustation (photo ci-dessous). Bref, mardi dernier, je dégustais au Terrass Hôtel, lorsque j’ai reçu un sms de Margot accompagné de la photo ci-dessous « je signe la pétition de Vin et Société et vous n’êtes pas là... kiss »

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photoV-S.jpgEt toc, Vin&Cie qui a toujours une longueur d’avance se voyait pris à défaut dans le traitement de l’actualité du vin. Qu’à cela ne tienne il me fallait trouver la parade, reprendre la main. Hier, me rendant à Toulouse pour mes activités professionnelles, dans l’avion je découvre en dernière page du Monde la fameuse pétition de Vin&Société qui est un Manifeste mais comme il nous est demandé de le signer en allant sur www.vinetsociete.fr:manifeste  je tenais ma riposte.

 

Pour ma part je suis un peu allergique aux pétitions mais pour ce Manifeste dont le texte a de l’allure et du fond, je signe ! Sur la pleine page du Monde les repères de consommation, je dois l’avouer, ne sont pas ma tasse de thé mais je comprends parfaitement que Vin&Société doit se conformer aux codes dominants. Normer la consommation peut paraître une forme de responsabilisation citoyenne, un garde-fou aux excès, très honnêtement je crois que les nouveaux puritains se donnent bonne conscience à bon compte. À cette réserve près va pour « la consommation respectueuse ».

 

Merci Margot et bravo madame la Présidente de Vin&Société

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 06:00

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Franz-Olivier Giesbert, dit F.- O.G. : directeur de la rédaction du Point et besognant aussi dans d’autres activités annexes.

 

Le Point : hebdomadaire d’information 3,50 € (que j’ai acheté de mes deniers)

 

« Peut-on encore manger nos amies les bêtes ? »  Émilie Lanez pages 78 à 81 du n°2018

 

Dans tous nos hebdos depuis le succès du livre de l’américain Jonathan Foer « Faut-il manger des animaux ? » la bidoche passe un mauvais quart d’heure. Quand j’écris la bidoche je ne cède pas à la facilité mais je me contente de constater que notre petit monde de plumitifs moutonniers mettent toutes les espèces dans le même panier : bovins, ovins, porcins, caprins, volailles, lapins, équins... Ce n’est pas innocent car l’argument massue c’est que toutes ces braves bêtes sont « élevées à l’échelle industrielle », polluent le sol par leurs effluents, empoisonnent l’air de leur gaz méthane, sont piquousées par tous les bouts, abruties, « torturées », électrocutées, saignées, frictionnées à la Javel, découpées... Bref, c’est l’horreur absolue.

 

Cerise sur le gâteau pour bien étayer la démonstration le chiffre canon qui tue photoviande-copie-1.jpg

Là, monsieur le Directeur de la Rédaction, c’est de l’info pourrie, faisandée, que vous publiez. Ce chiffre d’où sort-il ?

Réponse : source AVF soit l’Association Végétarienne de France (1200 Adhérents) 

Il est faux.

Il est mensonger.

Il ne repose que sur de l’amalgame.

À trop vouloir prouver on trompe le lecteur.

Vous participez monsieur le Directeur de la Rédaction à la désinformation.

Vous vous moquez des éleveurs et tout particulièrement ceux qui élèvent leurs animaux dans les pâturages du bassin central, le troupeau allaitant. La France possède le cheptel bovin le plus important d'Europe, avec pas moins de 25 races répondant aux noms de Charolaise, Blonde d'Aquitaine, Rouge des Prés, Normande, Limousine, Gasconne, Aubrac... Ces animaux fournissent la majorité de la viande bovine consommée en France alors où sont-ils dans les fameux 93% de l’AVF ?

 

Qu’il y ait des élevages industriels, surtout dans le porc et dans la volaille, c’est un fait que je n’entends pas contester, bien au contraire, qu’ils posent de réels problèmes je suis le premier à l’écrire, mais attention à ne pas tout amalgamer. Pour preuve :

- l’effet de serre ne concerne que les ruminants et dans le calcul de l’emprunte carbone il faut aussi tenir compte du fait que les prairies captent et fixent du carbone ;

- pour le poulet je pose une question simple aux fabricants de % de l’AVF et à FOG : par exemple le Poulet de Loué est-il issu d’un élevage intensif ? Vos réponses m’intéressent vraiment.

 

Si pour vendre du papier glacé il vous faut maintenant racoler le chaland avec ce type de chiffre sorti de la fosse à lisier je comprends que votre indice de crédibilité soit en chute libre et rejoigne celui des politiques. Les cochons de lecteurs payants que nous sommes, monsieur le directeur de la Rédaction, exigent que vous fassiez le boulot pour lequel vous êtes payé. Vous êtes le garant de la véracité de ce qui est publié dans le Point : dans le cas d’espèce un % c’est de l’arithmétique de base. Que je sache FOG le Point n’est pas une filiale de Lotus dont le papier rempli une fonction précise. Moi j’affirme sans risque d’être démenti que : « Non, en France 93% des animaux consommés ne proviennent pas d’élevages intensifs. » et je me tiens à la disposition d’Émilie Lanez pour le lui prouver (d’autres journalistes qui font sérieusement leur métier l’ont fait avant d’écrire). Je n’ai aucun intérêt dans l’Industrie des Viandes donc mes chiffres proviennent de sources officielles (certes les statisticiens sont des fonctionnaires et FOG déteste les fonctionnaires qui sont des parasites).

 

Que ça vous plaise ou non Franz-Olivier Giesbert, directeur de la rédaction du Point : c’est en laissant publier n’importe quoi que l’on devient n’importe qui !

 

Jacques Berthomeau lecteur du POINT

 

PS : « en moyenne les végétariens et les vegans sont plus minces et en meilleure santé que celles et ceux qui mangent de la viande et cela les rend plus sexy. Les végétariens sont de meilleurs amants. » Tracy Reiman présidente de PETA (People for the ethical treatment of animals).

 

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 00:09

L’imagination n’est guère au pouvoir chez nos communicants et leurs clients, pire encore pour nos revues du Vin qui préfèrent faire des Salons juteux plutôt que du journalisme à destination de ceux qui ne demandent qu’à venir découvrir l’univers délicieusement complexe du vin. Et pourtant, sans être un génie des Carpathes, plutôt que d’organiser des déjeuners de presse (quelle presse ?), où je me rends de temps en temps, dont je ne sais trop à quoi ils servent – si je le sais mais bon à quoi bon ajouter à ma pelote de nouveaux vinaigriers – pourquoi ne pas instaurer des déjeuners d’écrivains tous les mois autour de vins choisis par celui-ci. Ainsi s’installerait un rendez-vous, un évènement qui pourrait aussi faire l’objet d’une diffusion vidéo sur le Net où les bonnes places sont toujours bonnes à prendre. Enfin ça permettrait au vin de sortir du petit marigot, de l’entre soi sympathique mais si étroit, rouvrir la porte vers ceux qui ne passent pas leur temps le nez dans le verre, introduire un soupçon de bon ton de people. Au lieu de pleurnicher sur le triste sort médiatique fait au vin à la Télé, de faire un lobbying basé sur des élus qui ne défendent en fait, et c’est normal, leurs ouailles, il me semble plus judicieux d’expérimenter des pistes soft permettant d’occuper les médias d’avenir. Mais, étant donné notre grand sens de l’anticipation, je sais que je prêche dans le désert. Nous sommes désespérément petit bras.   

 

Mais qu’importe, je me suis lancé sur ce nouveau chemin et je vais aller jusqu’au bout. J’imagine donc autour de la table ronde pour faciliter la conversation un patchwork de journalistes de toutes obédiences et rubriquant aussi bien dans la critique littéraire, gastronomique, des vins, dans le politique, le mondain, la mode... et un monsieur et madame tout le monde... une fille ou un garçon découvrant le vin... Disons 12 comme les apôtres, mais si possible moitié femme, moitié homme... Entre nous ça aurait de la gueule, de la classe, de l’élégance, du charme, ça ouvrirait l’angle de vision, ça sortirait les gens du vin de leur conception 100% vin, ça mettrait un petit côté Bernard Pivot d’Apostrophes soit un subtil mélange d’érudition et de volonté de s’adresser au plus grand nombre et puis ça ferait doucement et sûrement progresser la belle image du vin. Quand je propose des déjeuners d’écrivains je n’ai pas restreint le champ des invitations en ajoutant français, tous les écrivains de notre vaste monde pourraient se voir inviter par ce Cercle ou ce Club qui pourrait d’ailleurs se déplacer en Province ou à l’Etranger.

 

Comment cette idée, sotte et grenue, m’est-elle venue ? Tout bêtement en feuilletant mon stock poussiéreux de Cuisine&Vins de France. J’y ai découvert dans le numéro de janvier 1958 le repas d’Albert Simonin chez Lasserre. La rédaction lui avait demandé ce qu’il souhaiterait manger pour son premier repas de l’année nouvelle. La relation de ce repas est bien sûr datée, un peu surannée, mais ça n’enlève en rien de l’intérêt à ma proposition. Oui mais, va-t-on me rétorquer, les écrivains tout le monde s’en fout, c’est trop parisien, petit cénacle... Certes, j’en conviens, mais mon initiative dépasse nos frontières, l’avenir du vin est aussi dans cette ouverture sur le Monde et mon Cercle des Ecrivains, je le répète, aurait vocation à piocher dans le vivier de tous les pays. Dans notre beau pays, où tout commencerait, pour mettre un peu de piment dans l’affaire, rien n’empêcherait d’élargir nos invitations à tous ceux qui commettent des livres et là nous n’aurions que l’embarras du choix et la capacité à coller à l’actualité  ou d’inviter ceux de nos acteurs qui sur scène déclament de grands auteurs : je pense bien sûr à notre Fabrice Luchini national...

 

Dernier point : qui finance ?

La réponse : l’ensemble de nos belles interprofessions !

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 00:09

noname 

Chers vous tous,

 

 

Vous le savez, en dépit de ma réputation d’emmerdeur, je suis d’assez bonne composition, j’ai même consacré une part de ma vie professionnelle à m’intéresser à votre région, à agir aussi au temps du 78 rue de Varenne, à tenter de tracer des perspectives, à proposer des solutions en tant que Mr Rapport et je suis tout prêt à croire ce que vous me dites. Je ne doute pas un seul instant de vos bonnes intentions, de votre bonne volonté, mais tout de même en vous lisant, plus précisément en lisant le communiqué de vos 8 chefs, pas moins je les ai compté, permettez-moi de vous avouer que vraiment vous ne me faites pas rêver. Certes vous revenez de loin, je le sais mieux que quiconque mais tout de même croyez-vous vraiment que le mets que vous nous proposez soit vraiment très gouteux, qu’il nous donne envie. Sans vous offenser, je trouve votre frichti un peu lourd, pas très affriolant, comme un plat réchauffé d’un restaurant de collectivité.

 

Mais, me direz-vous, de quel droit venez-vous juger le contenu de nos marmites ? Qui vous a mandaté ? Quelle est votre représentativité ? Qui êtes-vous donc pour vous arroger le droit de nous remonter les bretelles, de venir mettre votre nez dans nos écuelles ? De droit je n’en ai aucun, je les ai tous sous l’expresse obligation de m’en tenir à ce que mes devoirs m’imposent. Je ne représente que moi-même, et c’est déjà beaucoup. Je ne suis qu’un petit chroniqueur sur la Toile qui s’efforce de faire au mieux son travail. En effet, sans la liberté de blâmer il n’y a pas d’éloges flatteurs et s’il faut se contenter de copié-collé des communiqués émanant de vos instances je ne suis pas certain que mes lecteurs, qui sont pour le plus grand nombre vos consommateurs, me trouveraient très crédible.

 

Les consommateurs, ai-je écrit, ces drôles de petites bêtes pleines d’idées reçues, ne me semblent pas au cœur de vos préoccupations. Votre cible première ce sont les grands acheteurs de la Grande Distribution française et internationale, ceux qui sont entre vous et nous. Souci fort louable puisqu’ils sont le passage obligé des plus gros volumes de vos vins. N’ai-je pas été l’un des premiers à répondre à la question : comment mieux positionner nos vins à l’exportation ? Oui il faut segmenter l’offre mais alors tout commence dans vos vignes, la simple application d’un cahier des charges n’offre que la garantie minimale normale. Votre vignoble est mixte, ce qui n’est ni un handicap, ni une tare, mais quand vous fondez le socle de votre pyramide sur un large réservoir baptisé récemment Languedoc je ne suis pas certain que, pour monsieur et madame tout le monde de Romorantin, de Birmingham, de Shangai ou d’ailleurs, la ligne de partage entre vos vins et ceux que je nomme, par pure facilité de compréhension, les Vins de Pays d’OC, soit évidente. Bien sûr que non et c’est si vrai que cette grande IGP propose une grille de lecture homothétique à la vôtre et une échelle de prix très cousine germaine.

 

Alors pourquoi diable nous avoir exposé dans votre besogneux et verbeux communiqué tout le cambouis de votre démarche. Qui ça intéresse ? Les acheteurs de la GD peut-être mais franchement pas les consommateurs de vos vins que nous sommes. Les amateurs férus des subtiles complexités de nos AOC se fichent comme de leur première chemise de votre construction lourdement marketing de première année d’école de commerce ; quand aux consommateurs lambda l’érection de votre petite pyramide ne va pas les convaincre ou vaincre leurs éventuelles préventions à l’égard des vins du Languedoc. C’est en cela que votre démarche m’étonne : vous vous parlez à vous-même, vous tentez de faire de la communication interne afin de justifier une démarche sélective de promotion interprofessionnelle. Je ne suis pas contre mais ce n’est pas elle qui va faire progresser la notoriété de vos vins. Lorsque les Grands Constructeurs automobiles promeuvent leur modèle haut de gamme ils ne mettent pas en avant leurs chaînes de montage que je sache. De même, lorsque Pernod-Ricard veut entretenir l’image super-prémium de sa Vodka Absolut il se garde bien de soulever le couvercle des alambics !

 

Que je sache aussi le but ultime de votre démarche c’est que les consommateurs identifient, reconnaissent, achètent en tant que tels des Grands Crus du Languedoc. Dans notre société du paraître la bouteille de vin que l’on pose sur sa table ou que l’on achète pour offrir ou que l’on commande au restaurant à une fonction statutaire. Elle est comme le vêtement, la voiture, la maison, les loisirs, un signe extérieur de ce que l’on est ou de ce que l’on veut être. Tout le problème pour vous est, comme souvent dans ce type de démarche, de savoir si vous voulez plaire au plus grand nombre de vos mandats ou séduire les consommateurs. Dans la seconde hypothèse la démarche est assez élitiste, très sélective, proche d’une forme d’écrémage dont l’objectif final est de mettre en avant ceux que les amateurs ont déjà reconnus comme étant les meilleurs. La notoriété se bâtit non sur une bonne moyenne mais par l’excellence, par le haut. Tout le monde ne peut aller du même pas surtout dans une région composée d’un patchwork d’appellations. L’égalitarisme, qui n’a rien à voir avec l’égalité des chances, est souvent niveleur donc antinomique avec une construction de type hiérarchique.

 

Vouloir faire progresser le plus grand nombre est un objectif louable que je comprends parfaitement mais, je le répète, c’est une démarche interne qui s’adresse à chacune de vos appellations, à chacun de vos vignerons, à chacune de vos coopératives, à chacun de vos négociants régionaux et nationaux mais pas à nous consommateurs. Nous y serons sensibles bien sûr mais, puisque votre volonté affichée, est que nous reconnaissions sous la dénomination Grand Cru l’excellence de certains de vos vins, alors faites en sorte de mettre en avant ceux et uniquement ceux qui sont en mesure de nous en convaincre sans pour autant verser dans la folie des grandeurs. Il ne s’agit pas pour vous d’acheter à vil prix des quartiers de noblesse mais de mettre en avant votre capacité à jouer dans toutes les cours. Pour y arriver je ne suis pas persuadé que l’échelon interprofessionnel soit le plus efficient car sa tendance naturelle est plutôt de produire des accords minimalistes. Sans vouloir jouer le vieux sage je me permets de rappeler que ce qui a fait, pendant très longtemps, la force et la vitalité de notre système d’appellation contrôlée c’est que la volonté collective des vignerons rejoignait souvent les désirs de leurs consommateurs. La dilution des AOC dans un grand foutoir indifférencié a produit, et produit encore, ses effets massificateurs alors, chers vous tous, n’en rajoutez pas, cessez de nous balader sur des autoroutes en nous faisant accroire que ce sont des chemins de traverse.

 

Au terme de cette chronique j’ai parfaitement conscience de n’avoir guère fait avancer le dossier mais c’est mon lot dans votre belle région. Mais l’important dans cette affaire n’est ni le devenir, ni l’efficacité de mes propos mais la réalité des vins de ce grand et beau vignoble. Comme l’écrivait Michel Smith (interprétation libre de ses écrits) : les grands crus du Languedoc existent je les ai rencontrés. Moi aussi, je les ai rencontrés et nous sommes un grand nombre à soutenir cette vérité. Que diable, chers vous tous, vivez votre vie sans vous scotcher au modèle bordelais, soyez vous-même, cessez de jouer aux petits choses, sortez de vos histoire d’hommes, de structures, de trucs auxquels nous ne comprenons rien ! Surprenez-nous ! Faites-nous des vins joyeux, festifs, rock-and-roll pas des trucs guindés avec des nœuds papillons de parvenus. Tout est possible chez vous !

 

Pour preuve, juste avant d’écrire cette chronique qui me pesait sur le cœur je suis allé dîner dans un restaurant thaïlandais de l’avenue du Maine « Spice and Wine »  que m’avait recommandé Myriam Huet. Excellente cuisine et carte des vins remarquable avec le conseil éclairé de celui qui l’a composée. Bref, j’ai commandé pour accompagner notre repas un Vin de Pays d’Oc rouge « Les Creisses » 2007 du domaine Philippe Chesnelong à Valros*. 40% Grenache, 50% Syrah, 10% Cabernet Sauvignon avec un élevage de 14 mois en barrique que j’ai payé 27 euros. (Le site la cave de Jean-Yves voir ci-dessous affichait le 2003 à 12 euros). En citant ce vin qui n’est pas d’appellation, qui plus est produit dans le terroir du célèbre bougon des cépages avec des conseils bordelais, je ne cède à aucune espèce de forme de provocation. Bien au contraire je souligne, car ce vin était remarquable, croquant, bien adapté aux mets, que le Languedoc est un formidable réservoir d’excellence. Pourquoi ne pas cultiver le mythe de la nouvelle frontière avec ses pionniers, ses bâtisseurs, le tout est possible...

 

Comme le disait, avec son art de la formule qui frappe, le Général à son Ministre des Finances qui voulait, à l’instar d’Antoine Pinay, accoler son nom à un emprunt « Vous avez raison, Giscard, cela fera un joli nom d’emprunt... » Grand Cru pourquoi pas, mais de grâce pas une dénomination d’emprunt à quatre sous la livre. Du vrai, de l’authentique, et comme vous avez déjà des pépites ce n’est que le début de la reconquête. Vous dites vouloir entrer dans notre imaginaire : alors faites-nous vraiment rêver de vos vins gens du Languedoc !

 

J’en ai fini ou presque.

Bien à vous tous.

Je cours de ce pas me réfugier dans l’enclave d’Embres&Castelmaure et demander l’asile au grand président Patrick Hoÿm de Marien. Là-bas j’écouterai les nouvelles du monde sur un poste à galène et je posterai mes chroniques à l’aide de signaux de fumée. Le sieur Pousson revenu en coup de vent de Catalogne me mitonnera de temps en temps de bons plats. Je boirai de bons coups. J’inviterai mes copines à venir oxygéner leurs petits poumons urbains. Je marcherai dans les vignes. Je ferai la méridienne. En un mot je n’en ficherai plus une rame mais j’écrirai... enfin !  Mes Mémoires ? Non bien sûr ! Un livre sur le vin ? Heureusement pas ! Alors quoi ? Je ne sais pas,  mais ce dont je suis sûr c’est que je partirai de nulle part pour aller je ne sais où en passant par des territoires inconnus...

 

Jacques Berthomeau

 

* « Le domaine des Creisses (32 Hectares) est né de la reprise dans les années 90 par Philippe Chesnelong d’une exploitation familiale d’une centaine d’années, avec l’ambition d’en exprimer son terroir et d’y réaliser un grand vin rouge de Méditerranée. Depuis 1997, il est aidé dans cette entreprise par son talentueux cousin Louis Mitjavile de Saint-Emilion, qui prodigue par ailleurs ses conseils dans le monde entier. Bien entendu les produits chimiques sont exclus au profit de la méthode de lutte raisonnée avec prévention des maladies par une aération optimale des grappes de raisin, l’enherbement du vignoble et les apports de matières organiques pour avoir des sols équilibrés et vivants. » 

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De Gaulle à la plage Jean-Yves Ferri chez Poisson Pilote

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 00:09

Néo-parisien tête de chien, lorsque j’ai découvert en 1976 chez le poissonnier de la rue de Buci, tout près de laquelle j’habitais, ces drôles de petits boudins bruns et que la préposée à la caisse – je n’ai pas écrit poissonnière car c’eut été vous faire accroire qu’elle causait comme une poissonnière alors que c’était une jeune femme qui parlait pointu – m’indiqua que c’était là une poche d’œufs de mulet salée et séchée, recueillie quand les femelles sont pleines (ça elle me l’a pas dit et d’ailleurs ça confine à l’évidence). Mon ignorance était fort compréhensible de la part d’un natif des rives de l’Atlantique car la Boutargue provenait du Sud, de Martigues, même si partout ailleurs dans les autres pays méditerranéens, on la dénommait Poutargue. Elle se doublait d’un étonnement pour ce qui concernait le prix. En effet, il me semblait fort élevé pour des œufs de mulet, sans pour autant atteindre le niveau stratosphérique actuel 145€ le kg justifié, me dit-on, par la raréfaction des mulets victimes de la surpêche.

 

Le mulet, chez moi, c’était le bar du pauvre, poisson atypique pour deux raisons : d’une part, il passait de l’eau salée de l’océan, aux eaux saumâtres des estuaires, et il séjournait même dans l’eau douce des rivières ; d’autre part, ce poisson gras se nourrissait tout aussi bien de petits organismes marins que de plantes aquatiques. Les pêcheurs à pied du marais de la Gachère disaient que c’était l’un des rares poissons qui pouvait être totalement végétarien et que c’était le seul poisson pourvu d’un gésier comme le poulet. Bref, déjà que dans les poissons frais je n’appréciais guère les poches d’œufs qu’il me fallait manger tout de même car c’était plein de bonnes choses pour que je grandisse, dixit le clan des femmes qui n’avait pas tout à fait tort puisqu’ils sont une source de calcium, de vitamines A, D et B, de magnésium, sélénium, phosphore , iode et fluor. Mais comme je n’ai jamais mangé de mulet, trop vulgaire pour mon bec, je n’ai pas bénéficié de l’apport des fameux oméga-3 dont sont bourrés les poissons gras.

photoboutargue

 

Cette préparation, dénommée caviar de la Méditerranée, est commercialisée depuis au moins le XVIIIe siècle. En 1777, Jean-Pierre Papon expliquait : « La poutargue, qu'on y fait avec les œufs des femelles des mujous ou mulets qu'on sale, quand on a bien nettoyé les ovaires, et qu'on fait sécher au soleil, après les avoir aplatis sous un poids qu'on met dessus, passe pour être fort délicate. On l'a vendue jusqu'à neuf francs la livre. On en sale tous les ans jusqu'à quarante quintaux, ce qui suppose une étonnante fécondité dans le mulet » Pour ceux qui en ferait l’acquisition suite à ma brillante chronique je signale que les poches de boutargue sont enduites de cire. L’effet de cette claustration est double : elle stoppe leur maturation au moment propice et elle conserve et protège  la boutargue contre tout contact extérieur. Pour la consommer, il faut donc couper la boutargue en fines tranches, enlever la protection de cire, puis, si l'on veut, l'éplucher afin d'enlever la fine peau constituant la poche d'œufs de poisson. Mais j’entends déjà votre question : ça se mange comment ton caviar qu'avé l'accent Berthomeau ?

 

Comme je suis un garçon facétieux je me suis, pour vous faire plaisir, que seule Julie Andrieu – ne pas confondre avec Sylvie Andrieu, membre de la très célèbre Fédération du PS des Bouches-du-Rhône, « copine » du sieur Guérini – allait me donner la recette. Bonne pioche car dans Elle, l’organe de la défense des femmes qui veulent ressembler aux top-modèles, la diva des fourneaux déclare « je suis fan de poutargue. Sur des pâtes, c'est un plat grand luxe en 10 minutes chrono pour un repas en amoureux. Mais le goût est tellement puissant qu'il vaut mieux en manger tous les deux... » Je vous la livre brute de décoffrage :

 

- 160 g de spaghettis

- 200 g de tomates cerise

- 15 g de poutargue râpée

- 2 litres de fumet de poisson

- 1/2 bouquet de basilic ciselé

- 1 gousse d'ail écrasée

- 2 cuillérée à soupe d'huile d'olive

- 2 cuillérée à soupe de vin blanc

- 10 g de beurre

- sel, poivre du moulin

 

1°/ Porter à ébullition le fumet de poisson et y plonger les pâtes.

 

2°/ Dans une grande poêle, faire cuire à feu doux les tomates cerises et l'ail dans l'huile d'olive.

 

3°/ Egoutter les pâtes lorsqu'elles sont très al dente et conserver 1 louche d'eau de cuisson. Mettre les pâtes égouttées et l'eau de cuisson dans la poêle et ajouter le vin blanc : laisser sur feu vif jusqu'à absorption complète.

 

4°/ Ajouter le beurre, le basilic et la moitié de la poutargue râpée. Saler, poivrer. Servir chaud et parsemer de l'autre moitié de poutargue râpée.

 

Reste mes amis à définir ce qu’est un petit vin du pays, la variante française du vino de la casa, et ça je vous en laisse le soin en privilégiant les locaux de l’étape : les voisins vignerons du terroir Martégal pourraient sans doute lancer les premières réponses.  

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 02:00

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L’Amérique du Sud est une terre de football où, avec le Brésil et l’Uruguay,  l’Albiceleste : l’équipe d’Argentine, avec son emblématique maillot ciel et blanc en rayures verticales, tient une place de choix. Toute ma culture footballistique je l’ai acquise dans la police, au commissariat du Blanc-Mesnil, où le ballon rond constituait l’essentiel de nos sujets de conversation. Dans la bande de traîne-lattes que nous formions un de mes collègues, Lluis Ferrer, tranchait par ses connaissances encyclopédiques. Fils d’un catalan du POUM réfugié en France, il nous gavait mais tous reconnaissaient qu’il était incollable. Sa douleur, car c’en était une, c’était de ne pouvoir se rendre physiquement au Nou Camp pour voir jouer les Blaugranas. Il m’arrivait, les soirs d’ennuis, de m’attabler face à lui dans un café pour l’écouter, en buvant des litres de bière et en grillant des Boyards maïs, me parler de la haine qu’il vouait au Réal Madrid le club du Caudillo. L’écouter m’aidait à vivre. Je ne disais rien mais sans le savoir ni le vouloir j’emmagasinais tout sur le FC Barcelone. C’est ainsi qu’un soir, alors que pour le titiller je venais de lui avouer qu’en dehors d’Alfredo Di Stephano qui avait joué avec Raymond Kopa au Réal je ne savais rien sur le foot en Espagne, Lluis me raconta l’histoire du transfert d’Alfredo en Espagne en 1953.

 

Elle ressortait fraîche, sans une ride de mes souvenirs, et je la servais à mes interlocuteurs argentins qui ne pipaient mots. Les yeux de Lluis, en me la racontant, brûlaient vraiment d’un feu meurtrier. Barcelone fut le premier à se renseigner sur le joueur et à négocier son transfert avec River Plate. Celui-ci se conclut pour 4 millions de pesetas à compter du 1er janvier 1955. Le 23 mai 1953, di Stefano arrivait en Catalogne pour signer son contrat et disputait trois matchs amicaux avec le club. Mais la négociation avec le club de Los Millonarios de Bogota, propriétaire du joueur jusqu'au 1er janvier 1955, pour le libérer par anticipation achoppaient sur les exigences du président du club colombien qui exigeait 27 000 dollars (1,350 million pesetas), montant jugé trop élevé par le président de Barcelone. C’est alors que le tout puissant président du Réal de Madrid, Santiago Bernabéu, chargeait le trésorier du club, Raimundo Saporta, de négocier le transfert. Celui-ci se rendait à Buenos Aires pour rencontrer les dirigeants de River Plate mais ceux-ci l'informaient de l'accord passé avec Barcelone. Il contactait alors Los Millonarios et acceptait de payer le montant demandé par son président. Les deux clubs possèdaient donc un droit sur le joueur. S’ensuivait un pataquès énorme entre les deux clubs et la FIFA se voyait obligée de désigner un médiateur pour dénouer le conflit. La décision de celui-ci, ancien président de la Fédération espagnole de football, fut étonnante : « di Stefano jouerait pour le Real Madrid lors des saisons 1953-1954 et 1955-1956, et pour le Barça en 1954-1955 et 1956-1957. À l'issue de ces quatre saisons, les deux équipes devraient se mettre d'accord sur l'avenir du joueur en Espagne. L'accord était approuvé par le gouvernement espagnol et les deux clubs. Tollé à Barcelone, crise entre les socios et la direction du club, le président était acculé à la démission le 22 septembre 1953. Et pourtant, à la surprise générale, Barcelone revendait ses droits sur le joueur au Real et di Stefano signait enfin dans le club merengue pour environ 5,5 millions de pesetas. Pour Lluis il ne faisait aucun doute que derrière ce revirement, cet affront, il y avait la grosse paluche de Franco.

 

Les douaniers m’offraient des bières. Marie-Amélie me couvait de regards énamourés. J’étais vidé. Le chef de poste après avoir déposé force tampons sur mon passeport se levait, me le tendait, m’enserrait dans une accolade interminable. Ma vessie se trouvait au bord de l’implosion mais je ne voulais pas rester une minute de plus dans cette baraque. La moto feulait, et lorsque le préposé levait la barrière j’étais au bord de l’évanouissement. La comtesse, toujours aussi attentive, stoppait son engin quelques centaines de mètres plus loin. J’étais tétanisé. Avec précaution elle me déboutonnait puis elle extrayait ma verge tendue, incandescente. Pendant un long moment elle me la tenait sans que je puisse uriner. L’irruption du premier jet fut bref et douloureux puis, après quelques poussées improductives, ce fut une mixtion qui durait plus de deux minutes. Marie-Amélie secouait doucement ma verge amollie avant d’essuyer la fente de mon gland avec un fin mouchoir. Elle me reboutonnait. Nous nous assîmes sur le bas-côté. La comtesse me tendait un sucre qu’elle venait d’imbiber d’alcool de menthe. Je le laissais fondre doucement dans bouche redevenue soudain sèche. Marie-Amélie, d’une voix tendre soupirait « Dieu que la vie va être fade sans vous... »

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 00:09

Dans la présentation des 5 du Vin l’ami Lalau m’a gratifié du titre de « grand commis de l’État » ce qui, hormis le qualificatif trop souvent utilisé en notre vieux pays pour tout et n’importe quoi, me convient parfaitement. Il eut pu me qualifier de « serviteur » car, en effet, sans être ni haut, ni fonctionnaire, j’ai servi l’État et j’en suis fier. Alors pourquoi diable certains, accolent-ils du mépris à serviteur : larbin, domestique, valet, loufiat... ? Est-ce que le garçon qui nous sert le vin au resto ou au bistro, l’hôtesse de l’air qui nous propose un nescafé sur AF, le grand noir qui passe l’aspiro dans mon bureau, la gironde baby-sitter qui vient garder les gniards le soir, le gus du centre d’appel basé à Tombouctou... ne nous rendent pas un service tout aussi appréciable et estimable que le consultant d’Ernst&Young, le conseiller financier de la banque, l’assistante ménagère d’un petit vieux ? Que je sache, on nous le serine assez, nous vivons dans une Société de Services et je ne vois pas au nom de quoi, hormis la qualité, le coût, la valeur du service, l’éboueur devrait être moins considéré qu’un chroniqueur sur le Web.

L1010168.JPGSi je fais cette remarque c’est que j’ai subit l’ire d’un chroniqueur très BCBG parce que j’évoquais, dans un échange aigre-doux à propos de Zemmour, la ressortie au Champo à Paris de « The Servant » le grand film réalisé en 1963 par Joseph Losey avec un machiavélique Barrett incarné par Dirk Bogarde que l’on aime tant détester. Ce cher homme s’est senti offensé. Pourquoi diable, sauf à vivre de ses rentes, nous sommes tous tributaires, quelque soit notre statut, tributaires de ceux qui assurent notre ordinaire. Comme le faisait remarquer un avocat pénaliste : « mes clients sont des truands et alors, même le pire criminel de guerre à le droit à un défenseur... » et comme tout travail mérite salaire alors. Le lien de subordination n’implique pas forcément un vil à-plat-ventrisme, le cirage de pompes systématique, le lèche botisme obséquieux, la courtisanerie... Moi je suis en ce moment au service du Ministre de l’Agriculture, je ne porte pas sa serviette, j’assure les missions qui me sont confiées et lorsque je chronique je le fais en respectant le devoir de réserve mais en assumant pleinement mon statut. Je n’ai pas besoin de faux-nez !

 

Bref, il n’est pas plus vulgaire de se laisser-aller à écrire des mots-crus dans ses chroniques que de laisser accroire que l’on n’est qu’un gentleman de la Toile sans attache, forme de pur esprit d’essence aristocratique. De plus le glissement sémantique de mon interlocuteur de The Servant à larbin était assez cocasse lorsque l’on sait que le dominé à l’origine : Barrett le valet devient le dominant en réduisant son maître à la déchéance : voir la critique ci-dessous d’Eric Barbot le 23/04/2007.

 

« La mise en scène et le cadrage de Losey sont très précis, et traduisent l'inégalité (puis la violence) dans la distance entre les personnes, et dans l'utilisation de l'espace de la maison : au début, le maître domine le valet, puis au fur et à mesure, à la faveur de la négligence de Tony, Barrett maîtrise de mieux en mieux l'espace de la maison (en occupant les pièces communes, tout en préservant le jardin secret de sa chambre de bonne). Escaliers, canapés, portes, miroirs... tous les éléments du décor deviennent des armes contre le maître, afin de lui faire perdre pied, puis le rabaisser jusqu'à l'annihiler. Parce qu'elle vient de l'extérieur, qu'elle ne connaît pas cet espace conquis par le valet, seule la fiancée du maître peut manifester sa lucidité et sa révolte, en giflant Barrett

Ici, le nihilisme et le naturalisme l'emportent sur le message politique : ce qui intéresse Losey, ce n'est pas la lutte des classes, mais les pulsions remontant des profondeurs et créant une tension dans le monde apparent, jusqu'à le faire sombrer dans le monde originel, une certaine barbarie. Ce n'est pas un hasard si Buñuel, autre grand auteur naturaliste, a souvent mis en scène des valets ou des femmes de chambre : la violence et la menace de la déchéance font partie intégrante de ces rapports maîtres-valets. »

 

Sans vouloir m’adonner à la sociologie de café de commerce c’est dans doute ce que révèle parfois la violence qui règne sur la Toile : la survivance des rapports maîtres-valets... Déchoir vous avez écrit déchoir...

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 00:09

En viticulture, dans notre vieux pays, plus encore que dans d’autres secteurs de notre économie, le « small is beautiful » est dans l’imaginaire national une valeur sûre, le petit vigneron à lui seul porte sur ses larges épaules et tient entre ses mains calleuses toutes les valeurs du terroir, le « petisme » comme l’écrit Jacques Dupont s’inscrit comme un îlot de résistance dans une agriculture productiviste sans âme, fabricant du minerai pour des géants de l’agro-alimentaire eux-mêmes à la botte de la Grande Distribution. Au-delà de l’image d’Epinal la part de vérité est incontestable mais elle est ébréchée par l’évolution des 30 dernières années de nos sociétés occidentales où la consommation (ou la part de l’alimentaire décline) débridée est devenue le moteur principal de la fameuse croissance. À cet aspect purement quantitatif s’ajoute, comme l’écrivent les altermondialistes, une marchandisation des idées.

 

La concentration urbaine, même si la rurbanisation autour des grandes métropoles existe, distend et même aboli le lien entre le consommateur et la réalité de la production de son alimentation. En dehors d’une minorité agissante, au travers du bio ou de la recherche de la qualité gustative par exemple, ou de la génération des seniors attachée à des modes de consommation et de distribution traditionnels, les consommateurs veulent du tout près, du vite fait et du pas cher qui sont bien évidemment un formidable accélérateur d’une consommation massifiée, désaisonnalisée, indifférenciée et « déshumanisée ». Le lien entre le steak haché Charal et le bœuf Limousin vu au Salon de l’Agriculture ou entre le yaourt Danone et la vache entraperçue dans le bocage normand, s’estompe et disparaît masqué par des emballages et des suremballages. L’agriculture, les agriculteurs, sont à la fois bien considérés par l’opinion publique sous une vision fantasmée, irénique, et décriés comme pollueurs, destructeurs de la nature, « barbares » avec les animaux, insoucieux de la santé publique avec tous leurs produits en cides, goinfrés de subventions...  Circonstance atténuante pour eux : tout ça c’est la faute de la Grande Distribution !   photocochon2.jpg

Est-ce si sûr ? Ou plus précisément : les consommateurs, urbains et ruraux, peuvent-ils aussi facilement s’exonérer de leur part de responsabilité dans cette massification de la consommation ? Bien sûr, la poule et l’œuf, mais il n’empêche que le succès des grandes enseignes tient à leur adéquation à ce que souhaitaient une grande majorité des consommateurs : le modèle hypermarché où, en un seul lieu, la famille est censée trouver tout ou presque, a été plébiscité. Bonne nouvelle : il s’essouffle ! Conséquence : la redécouverte de la proximité. Alors la voilà servie à toutes les sauces, posée en alternative radicale, élevée au rang de recréatrice du lien social. Les politiques, grands humeurs des solutions clés en mains, la placent en bonne place dans leurs discours. C’est simple « si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère viendra à toi », ça ne mange pas de pain, ça plaît et puis « y’a ka... » Qui se rapproche de qui : le commerce du consommateur avec la résurrection des magasins de proximité par les grandes enseignes ou la production qui se rapproche du consommateur : les locavores, les circuits courts. Le premier mouvement est en marche, il est dominé par les mêmes acteurs et il n’est guère porteur d’un changement radical : ni sur la nature et la qualité des produits, ni sur les rapports entre les producteurs et les distributeurs.

photoviande.jpgReste le beau slogan « du producteur au consommateur... », Exit les intermédiaires parasites, les marges pharaoniques pour acheter en direct. Pour le vin c’est un phénomène connu : je m’approvisionne à la propriété, au caveau, je fais le Salon des VIF ou autres, je passe commande en direct. Le vin en bouteille ou en Bib est un produit qui ne pose pas de problème de conservation dans son transport (même s’il faut en prendre soin) alors que dès qu’on s’attaque aux produits frais : fruits, légumes, viandes fraîches, produits laitiers... la proximité pose des problèmes logistiques complexes surtout pour la chaîne du froid. Les y’a qu’à répondent y’a ka rapprocher la production des consommateurs avec le fin du fin le faire soi-même : ruches sur les toits d’immeubles, micro-jardins... etc, ensuite dans l'ordre intervient le militantisme des locavores, mais comme dirait l’autre ce n’est pas avec ces micro-initiatives que l’on peut approvisionner les grandes concentrations urbaines. Les Amap, les marchés de producteurs en ville, présupposent que le tissu agricole environnant soit disponible ou s’adapte. L’exemple de la concentration francilienne est très intéressant : en Seine-et-Marne, qui est un grand département céréalier, les agriculteurs sont peu disposés à se reconvertir au maraîchage ou vers des productions animales grosses consommatrices de main d’œuvre. Et puis ce n’est pas le tout de produire il faut vendre : mobiliser ses WE, bref pas aussi simple que le pensent les bobos et les écolos.

photocochon.jpgPour autant, je ne suis pas en train de plaider à charge contre les circuits courts mais je fais simplement remarquer aux économistes minimalistes, partisans de la croissance douce, que poser la proximité, et plus particulièrement les circuits courts, comme la seule alternative crédible à la distribution de masse, relève plus de l’incantation, de l’engagement militant que d’une approche prenant en compte, produit par produit, la viabilité des solutions qu’ils préconisent. Ce type d’approche radicale plaît, entretien l’illusion, pire freine la mise en place de solutions qui permettraient aux consommateurs de retrouver de la proximité et une part de maîtrise sur son approvisionnement. C’est un grand classique français : le verbe est small is beautiful, la main est brique de lait UHT dans la GD ou le hard-discount ; je dis pique-pendre de Mac Do mais il faut bien faire plaisir aux enfants ; j’adore mon petit marché de quartier mais comme je n’ai pas beaucoup de temps j’achète presque tout au supermarché du coin ; dans notre village y’a plus de commerçants mais bon tout le monde défile en bagnole au Leclerc ou au Système U...

 

Le mouvement vers la proximité est une réalité mais les consommateurs doivent comprendre que l’un des moyens rapide et efficace de le conforter est d’effectuer leurs actes d’achat en des lieux en conformité avec leurs intentions affichées. Si l’on souhaite que le commerçant-artisan de proximité, en ville comme dans les zones rurbanisées,  ne jette pas l’éponge ou retrouve une offre qualitative, il faut aller chez lui et qu’autour de lui les producteurs agricoles s’organisent pour lui proposer des produits différents. C’est facile à écrire mais pour les viandes fraîches par exemple ce n’est pas si simple à mettre en œuvre car il y a un point de passage obligé : l’abattoir. Et c’est à ce stade que tout se grippe : les exigences sanitaires condamnent certains types d’outils de proximité. Le bon vieux temps de l’abattage des animaux à la ferme est révolu et les tueries particulières de bourgades sont depuis longtemps fermées. Plus on monte dans les espèces : du poulet au bœuf plus les solutions locales deviennent de plus en plus difficiles à mettre en œuvre. Et puis, dans le cas du bœuf que je commence à bien connaître, seul le boucher-artisan sait ou savait valoriser l’ensemble de la carcasse alors que le producteur du circuit court sera tributaire d’une demande portant prioritairement sur les beaux morceaux et que fera-t-il des avants, des abats et des glandes ? Bref, les défenseurs du bien manger ne vont pas souvent jusqu’au bout de leur logique mais en reste au y’a ka...

 

Au risque d’apparaître comme un provocateur je suis un chaud partisan de la proximité et du développement des circuits courts mais j’ai du mal à adhérer à l’économie incantatoire, aux micros-initiatives érigées en solutions radicales. Nous sommes un pays centralisé qui agrège des féodalités dites régionales. Tout part de Paris : les autoroutes, les trains, les avions... Les administrations restent centrales et les Préfets sont les grands valets du politique... Le local a bien du mal à exister dans un univers hyper-normés où le niveau pertinent est européen et où le « pouvoir régional », contrairement aux Landers allemands ou aux régions espagnoles et italiennes, ne possède guère de marge de manœuvre. En effet, si l’on souhaite vraiment que les circuits courts prennent une place, c’est au plan local : régional, que la démonstration de leur viabilité se fera. Par exemple, l’approvisionnement des cantines scolaires, des collectivités : hôpitaux, maison de retraite... qui peut constituer un terreau favorable pour la relocalisation des achats. Mais encore faut-il ne pas verser dans des options immédiatement radicales : le tout bio par exemple qui exige un lourd subventionnement, mais expérimenter d’abord les champs du possible. L’exemplarité d’une démarche, son efficience, ne se décrète pas à priori, elle se juge dans la durée et dans sa capacité à être autonome.

 

Les bonnes intentions ne font pas forcément de bonnes solutions. La vente directe des produits agricoles, sans intermédiaires, a toujours existée mais sous une forme marginale. Si l’on veut la promouvoir, l’aider à se développer, comme les villes ne s’installeront pas à la campagne et inversement, il est absolument indispensable de ne pas considérer la fonction logistique, le groupage, le stockage et la mise en marché, comme des fonctions simples applicables à grande échelle. Pour en revenir au final aux vins je suis fasciné à Paris, par l’improvisation, le non-professionnalisme, les surcoûts, la multiplication des intervenants, la débauche de temps pour des résultats microscopiques. Vignerons Indépendants certes, mais souvent le circuit dit direct ou passant par certains cavistes m’apparaît générateurs de coûts exorbitants qui soit se répercutent dans le prix consommateur ou mangent l’essentiel de la marge du vigneron. Recréer du lien avec les consommateurs urbains passe aussi par recréer du lien entre vignerons voisins...

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 07:00

J’ai aussi des lecteurs dans la Belle Province et je reçois des infos sur ce qui s’y passe. Celle-ci, que ma fait parvenir Catherine Roberge Responsable des communications - Communication coordinator Pointe-à-Callière - Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal www.pacmusee.qc.ca m’a paru à la fois intéressante et symptomatique d’une approche du vin intelligente, normale, débarrassée de la gangue du vin présenté comme l’« opium du peuple » et pourvoyeur de misère sociale, morale et médicale. Partant d’un constat simple et évident que « Le vin figure en abondance et en qualité sur nos tables, mais son histoire est méconnue. Précieux liquide dont l’histoire se confond avec celle des civilisations humaines, le vin a contribué à façonner de grandes sociétés » une exposition À ta santé, César! Le vin chez les Gaulois « Réalisée par Pointe-à-Callière, en partenariat avec le Département du Rhône et ses musées gallo-romains de Lyon-Fourvière et de Saint-Romain-en-Gal Vienne, l’exposition contient près de 200 objets provenant d’une vingtaine de prêteurs dont le prestigieux musée du Louvre, de grandes institutions canadiennes, nord-américaines et françaises et de collectionneurs privés. » invite à prendre la « route du Vin », depuis les débuts lointains de cette merveilleuse boisson jusqu’aux vignes de la Gaule romaine.

A_ta_Sante_Cesar.jpgJe vous propose donc de prendre connaissance du contenu de cette exposition pour que ceux d’entre vous qui passeraient au cours de cette période à Montréal au Québec puisse aller y faire un tour. Dernier point : bravo à l’agence touristique française de la région Rhône-Alpes, en partenariat avec Zeste et Atout France pour le concours permettant de gagner un voyage pour deux personnes d’une durée d’une semaine dans la région Rhône-Alpes en France.

 

En exclusivité et en première nord-américaine :

 

À ta santé, César! Le vin chez les Gaulois

 

Une exposition réalisée par Pointe-à-Callière

 

Du 18 mai au 16 octobre 2011

 

Une présentation de la Société des Alcools du Québec (SAQ)

Montréal, le 17 mai 2011 – Le vin figure en abondance et en qualité sur nos tables, mais son histoire est méconnue. Précieux liquide dont l’histoire se confond avec celle des civilisations humaines, le vin a contribué à façonner de grandes sociétés. L’exposition À ta santé, César! Le vin chez les Gaulois invite à prendre la « route du Vin », depuis les débuts lointains de cette merveilleuse boisson jusqu’aux vignes de la Gaule romaine. Cette route sillonnera le Moyen-Orient, l’Égypte, la Grèce, l’Italie, la Gaule... et le Québec. Chemin faisant, le visiteur pourra découvrir quelques secrets de fabrication des vins antiques et la façon dont les Gaulois prirent, sur leur conquérant César, une revanche digne d’un Astérix, en cultivant le vin en abondance!

 

Réalisée par Pointe-à-Callière, en partenariat avec le Département du Rhône et ses musées gallo-romains de Lyon-Fourvière et de Saint-Romain-en-Gal–Vienne, l’exposition contient près de 200 objets provenant d’une vingtaine de prêteurs dont le prestigieux musée du Louvre, de grandes institutions canadiennes, nord-américaines et françaises et de collectionneurs privés. Tant en quantité qu’en qualité, la sélection d’objets est composée de pièces rares et de chefs-d’œuvre témoignant des dimensions sacrées du vin, de ses usages ainsi que des grandes étapes de sa production.

 

 « Le vin est une boisson intemporelle au passé riche qui a traversé l’histoire et qui fait toujours partie de nos us et coutumes. Que vous soyez passionné des vins ou d’histoire, cette exposition vous touchera, explique la directrice générale de Pointe-à-Callière, Francine Lelièvre. En plus, c’est un réel plaisir de souligner 20 ans de partenariat avec le musée de Saint-Romain-en-Gal –Vienne par l’entremise de cette exposition présentant un sujet aussi rassembleur ».

 

Aux origines du vin

 

L’exposition débute alors que l’archéologie situe les origines du vin au Moyen-Orient, il y a 5400 ans avant notre ère, d’après la découverte de six jarres ayant pu contenir du vin à Hajji Firuz Tepe en Arménie. L’Orient transmettra la pratique du banquet en Grèce donnant ainsi naissance au rituel raffiné du symposion signifiant « boire ensemble ». De splendides objets du musée du Louvre, dont un cratère à colonnette qui montre une scène de banquet avec Dionysos, illustrent cette période. La vigne est pour les Grecs un cadeau divin et ceux-ci vont transmettre les usages du vin au monde occidental. D’autres pièces du Louvre démontrent par ailleurs la présence du vin en Égypte dont une étiquette de jarre de vin qui illustre qu’au 13e siècle avant notre ère, le domaine d’origine d’un vin et le nom de l’exploitant étaient aussi importants qu’aujourd’hui.

 

Romains contre Gaulois

 

Bien sûr, les Romains et les Gaulois ont longtemps été des ennemis jurés, et la mythique Conquête de la Gaule par César est bien connue. Mais les Gaulois ont su faire preuve de ruse pour prendre revanche sur leur conquérant par... la culture du vin! L’exposition souligne comment César, pour indemniser les soldats qui l’ont loyalement servi lors de guerres romaines, leur offre des terres. Les nouveaux propriétaires y plantent donc ce qui rapporte le plus : la vigne! Le vignoble gaulois connaît alors une expansion fulgurante, dépassant bientôt des barrières climatiques qu’on croyait infranchissables. Dès le milieu du 1er siècle, on vinifie dans tout le Midi, dans la vallée du Rhône et jusque dans la région de Vienne, près de Lyon. La vigne gagnera aussi l’Aquitaine (Bordeaux), la Bourgogne, la vallée de la Loire, le bassin parisien… Mieux, on réclame maintenant le vin gaulois à Rome, en Égypte, en Inde même! Le vignoble gaulois survivra à la disparition de l’Empire. De quoi lever son verre à la santé de César!

 

 

Comment produit-on le vin en Gaule romaine?

 

Les textes anciens démontrent également que produire du vin est un travail lucratif, très exigeant et spécialisé. On sait déjà que le choix du terrain, les techniques pour labourer le sol, l’alignement des plans... tout est important afin d’obtenir une belle vigne et de surcroît un bon vin. Les producteurs vinicoles d’aujourd’hui vont certes reconnaître leur réalité dans ces écrits. En écho à ces textes, l’exposition présente, au cœur de l’exposition, un des symboles de la culture du vin en Gaule : le dolium, une immense jarre de terre cuite dans laquelle le jus de raisin fermente pour devenir du vin. La production du vin gaulois est expliquée autour de cette plateforme et l’on voit que lors de la vinification, il était courant d’aromatiser le vin par l’ajout d’épices ou d’herbes comme le fenugrec, la racine d’iris, le sel et le poivre.

 

Une pièce imposante : le cratère de Vix

 

Les visiteurs pourront aussi observer une importante installation mettant en vedette une reproduction de la frise du cratère de Vix, le plus gros vase antique en bronze jamais découvert, qui témoigne de la puissance de son propriétaire et l’influence des usages en Grèce. D’une hauteur de 1,64 m et de 1,27 m de diamètre, ce vase pouvait contenir plus de 1100 litres de liquide. Il a été trouvé dans la tombe de la princesse de Vix, au pied du mont Lassois à Vix en Bourgogne, vers le 6e siècle avant notre ère.

 

 

L’épave de la Madrague

 

L’un des plus importants chantiers d’archéologie sous-marine au monde et un des points culminants de l’exposition consiste en la reconstitution virtuelle et la maquette de l’épave de la Madrague de Giens. Entre l’an 75 et 60 avant notre ère, la Madrague apportait aux Gaulois quelque 6000 amphores d’un des meilleurs crus romains, mais fit naufrage au large de Marseille. À cette époque, la Méditerranée était inondée de bateaux lourdement chargés d’amphores, car le vin déferlait tel un raz-de-marée depuis Rome sur les Gaulois, pour abreuver les participants aux énormes festins. L’exposition présente ainsi plusieurs amphores recueillies par les archéologues lors des fouilles effectuées sur l’épave de la Madrague entre 1972 et 1982.

 

Le vin, de la Nouvelle-France à aujourd’hui

 

L’exposition se termine sur une note contemporaine avec la grande traversée du vin, de la Gaule au Québec! Plusieurs descendants des Gaulois franchirent l’Atlantique pour s’établir en Nouvelle-France. Ainsi, Jacques Cartier baptise d’abord l’île d’Orléans, « Île de Bacchus » lorsqu’il y aperçoit de la vigne sauvage. De plus, avec la création récente de la Route des vins au Québec, on peut dire que la culture du vin prend de l’ampleur et qu’elle inspire les artistes contemporains. Ainsi, le céramiste québécois Richard Milette réalise à son tour des sculptures inspirées des vases et amphores antiques avec une touche moderne indéniable.

 

Enfin, un tableau du peintre québécois Marc Séguin, vedette montante de l’art contemporain reconnu à l’international, est présenté en fin de parcours. L’œuvre, intitulée Abbaye de Saint-Vivant du nom du célèbre monastère fondé vers l’an 910, a été peinte avec du Romanée-Conti, un grand vin de Bourgogne. C’est dans cet établissement que les moines clunisiens inventèrent l’idée de terroir et délimitèrent la plupart des grands crus de Vosne-Romanée où ils possédaient un vendangeoir. Depuis 1996, une association tente de sauvegarder ce monastère qui est l’un des derniers témoins du grand passé viticole de la Bourgogne.

 

L’histoire de l’alcool au Québec dans le cadre du 90e anniversaire de la SAQ

En complément à l’exposition et pour souligner le 90e anniversaire de la SAQ, une micro-exposition sur l’histoire de l’alcool au Québec est proposée aux visiteurs à la mezzanine du Musée. On peut y voir divers objets des collections privées de la SAQ, dont des objets de tonnellerie, des instruments de mesure, pochoirs et estampes. À découvrir!

 

À gagner : un séjour chez les Gaulois

 

Pointe-à-Callière offrira à ses visiteurs la possibilité de gagner un voyage pour deux personnes d’une durée d’une semaine dans la région Rhône-Alpes en France, gracieuseté de l’agence touristique française de la région Rhône-Alpes, en partenariat avec Zeste et Atout France. Des bulletins de participation seront disponibles au Musée et en ligne dès le 6 juin. Tous les détails du concours seront affichés sur le site Internet de Pointe-à-Callière.

 

Présentée du 18 mai au 16 octobre 2011, l’exposition À ta santé, César! Le vin chez les Gaulois est produite et réalisée par Pointe-à-Callière, musée d’archéologie et d’histoire de Montréal avec la collaboration des musées gallo-romains de Lyon-Fourvière et de Saint-Romain-en-Gal–Vienne. Le Musée remercie ses commanditaires : la Société des alcools du Québec (SAQ), Astral, Air Canada Cargo, Hôtel InterContinental, Air Canada et Tourisme Montréal et ses partenaires Zeste, le Comité du Tourisme de Rhône-Alpes, Atout France au Canada, l’agence de développement touristique de la France, La Presse et The Gazette.

 

Le Musée est subventionné par la Ville de Montréal.

 

Informations :

Catherine Roberge, responsable des communications

T. 514 872-7858

croberge@pacmusee.qc.ca

Internet : www.pacmusee.qc.ca

http://www.pacmusee.qc.ca   

Matériel photographique disponible auprès de croberge@pacmusee.qc.ca

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 00:07

Cette déclaration date de 1971, presqu’un demi-siècle, une éternité pour notre pas de temps médiatique. Elle émane d’un personnage très aimé et très populaire auprès de la France qui se lève tôt. Pour lui c’est le vin qui fait l’homme. La suite de ses propos que je vais vous rapporter, sans en changer un iota, sont « politiquement incorrects ». À l’époque, nul ne s’en était ému car la langue verte ne charriait pas des relents exploités par les xénophobes qui se planquaient encore eu égard à leur faits d’armes peu glorieux sous l’Occupation. Alexandre-Benoît Bérurier, dit le Gros, marié à Berthe Bérurier (dite B.B.), inspecteur de police sous les ordres du commissaire San-Antonio, collègue de l’inspecteur Pinaud dit Pinuche, n’est pas à proprement parlé un être raffiné, il adore entonner l’hymne des matelassiers, il se bâfre, lichetronne sec, il n’est pas très finaud mais il n’a pas mauvais fond et il est assez représentatif du populo de l’époque.

L1010190.JPG                     illustration de Michel Tolmer ®

 

Le texte proposé à votre lecture est extrait de N’en jetez plus ! et si je peux le porter à votre réflexion c’est grâce à la Bible publiée par Blandine Vié « San-Antonio se met à table » aux éditions de l’épure 28 euros www.epure-editions.com . Je fus un lecteur assidu, dans les autorails qui me menaient à mon dur labeur d’étudiant-salarié, de San-Antonio. Si je puis m’exprimer ainsi j’ai tété le lait de sa langue et il m’en est resté des expressions telle que « ma petite Ford intérieure ». Pour moi, les années 70 furent de grands millésimes « sanantonionesque » et j’ai toujours eu un faible pour le phrasé et le vocabulaire d’Alexandre-Benoît. Avec le recul du temps je trouve qu’il était pré-Coluchien donc à ne pas mettre entre toutes les mains. Que les âmes sensibles, les lectrices ou lecteurs de Télérama, tous les gars qui se shootent à la religion obscure, s’éloignent, éteignent leur ordinateur, afin qu’ils ne viennent pas me reprocher ce texte impie.

 

Dernier avertissement : vous entrez dans une zone à hauts risques, il est toujours temps pour vous de descendre de mon équipage. Même que, pour ne pas me faire lapider par les barbus ou enlevé par l’AQMI, je ne vous propose pas la partie la plus hard où Alexandre-Benoît veut convertir son cousin musulman à la religion catholique. Je m’en tiens à la prescription béruréenne et au pourquoi de son prosélytisme.

 

La prescription béruréenne

 

« ... cavale chez le Nicolas de l’endroit pour acheter une caisse de pichegorne. Lésine pas : prends du chouette, car va s’agir de se faire un palis, vu que le tient à écluser du thé, il doit pas avoir plus de sensibilité qu’une cuvette de pissotière. Pour pas trop te dépayser les muqueuses, attaque par du blanc. Un petit pouilly de Loire ou un crépy de Haute-Savoie ça serait idéal pour t’enchanter les glands de sale hiver. Ensuite d’après quoi tu passeras au rouge. Le rouge c’est un vin d’homme. Vas-y mollo au début : deux ou trois litres par jour, pas plus ; jusqu’à ce t’apprécie pleinement. »

 

 

Le pourquoi de son prosélytisme

 

«  - Dis donc, Gros, murmuré-je, tu vas entrer dans les ordres, toi, à force de vouloir baptiser tes contemporains. Qu’est-ce que c’est, cette lubie ? Je te savais pas porté sur la curaterie.

Il hausserait les épaules s’il n’avait les deux ailerons soudés au torse.

- Me prends pas pour un bigot, simplement j’sus adjectif, mon pote. Les hommes se chicornent pour des questions politiques ou religieuses, en général, exaguète ?

- Hélas.

- S’ils se tuent pour une religion, c’est que ces cons ont besoin d’en avoir une, tu me suis ?

- Très bien, mais pourquoi leur imposerais-tu le catholicisme ?

Bérurier ne prend même pas la peine de se recueillir pour affûter sa réponse. Il la livre spontanément :

- Tu connais, toi, une autre religion basée sur le picrate ? Le Jésus de l’Enfant Marie qui change la flotte en rouquin. Qui cabaliste sur du pinard en affirmant comme quoi que c’est son sang ! Et dont on célèbre la messe en se filant du muscadet plein le ciboire. Si t’en sais d’autres, j’sus preneur ! Moi j’estime que, religion pour religion, autant s’en farcir une qui t’incite au godet ! Une qui prend sa source dans un pied de vigne, bon Dieu de foutre. »

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