Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 00:09

Rassurez-vous je ne veux pas raviver la polémique ouverte par ma présence à l’inauguration du nouveau chai de Cheval Blanc link et link. Ce matin c’est une belle histoire que je vais vous conter, une histoire comme on peut en trouver quand, comme moi, on baguenaude en notre beau pays de vignes. Pour vous la conter j’ai choisi de le faire en prenant le ton d’une vieille contine.

 

Je ne doute pas que celles et ceux pour qui je suis le guide éclairé éclaboussant de lumière leur lever matinal de mes écrits élevés (c’est beau comme un ego, non ?) et qui m’ont suivi comme un seul homme dans ma croisade pour le cochon libre entonneront avec moi la contine : Scions du jambon/à quat' sous la livre/scions du jambon/à quat' sous l'bonnet d'coton/dansons la capucine/y'a pas de pain chez nous/y'en a chez la voisine/mais ce n'est pas pour nous.

 

Donc, sous ma brillante plume – nouvelle couche de cirage perso sur mon ego – qualifier un vin de beau petit vin à quat ’sous la livre est un compliment.

 

Explications :

 

Je sors de la Grande Epicerie du Bon Marché passablement vénère des chichis des petits épiciers link je reprends mon vélo attaché à son piquet pour remonter la rue de Sèvres et virer rue Vaneau. Il faut que vous sachiez que ce quartier je le connais comme ma poche car ce fut le lieu de mes premières expériences parisiennes lorsque je bossais rue Barbet de Jouy au temps de Méhaignerie. (Lire le Pied de Fouet link) Là, face aux travaux de construction sur le site de l’ancien hôpital Laennec subsiste une cave à l’ancienne : « les établissements vinicoles de France » Par bonheur, comme elle se trouve en retrait du flux commercial elle n’est pas menacée par les marchands de fripes qui polluent tous les quartiers. Reste qu’elle ne vit que de la fidélité de ses clients. J’abandonne mon fier destrier face au champ de ruines. J’entre. Une jeune vendeuse novice et seule affronte une plantureuse américaine, avec lunettes de soleil incorporées, du type chiante, gonflante et se foutant, comme de son premier chemisier nase, de ceux qui patientent derrière elle (mais la France étant pour beaucoup d’étasuniens un pays de type soviétique, une queue c’est dans l’ordre des choses). Donc, petit à petit, le magasin s’emplit pendant que l’étasunienne poursuit son travail de sape auprès de la charmante et inexpérimentée vendeuse. Alors moi qui ne tiens pas en place, pour patienter, je cherche mon bonheur en fouinant dans les recoins de la vieille boutique. Et là,  je tombe sur le vin du mois SAUVEUR à un prix canon : 3€.

photoSauveur.jpg

Bonne pioche, je me saisis d’un flacon. Je le tripote. Belle présentation : étiquette classe avec un beau cheval blanc qui broute paisiblement. Cependant  mes vieux yeux peinent à décrypter le bas de l’étiquette pour savoir d’où provient ce vin. C’est vin de table, dénomination revendiquée de plus en plus comme un espace de liberté par les vignerons inventifs, ce qui vous le savez, n’est pas pour me déplaire. La pouffe étoilée poursuit son engeance et je raffute deux autres flacons à petits prix. Enfin la chieuse nous quitte après avoir exigé qu’on emmaillotât ses boutanches. Je patiente encore car je suis en seconde position mais le couple qui me précède sait ce qu’il veut. C’est mon tour. Je tends mes 3 quilles à p’tit prix. A côté de la caisse j’aperçois une bouteille de dégustation de mon vin à quat ‘sous la livre. Sauvé par Sauveur – facile, je sais ! - je me sers, je fais les figures imposées et je suis étonné de la fraîcheur et du fruit de mon vin à quat ‘sous la livre. Tout en payant je tire les vers du nez de la jeune vendeuse débordée : elle me dit que c’est le petit frère d’un vin de château du côté de Bordeaux : c’est www.vignobleslandeau.fr  

photoSauveur2.jpg

De retour at home je ponds une petite bafouille électronique aux vignobles Landeau pour en savoir plus sur ce mystérieux Sauveur. Et je reçois une réponse qui me met le rouge au front mais qui me ravit car c’est franc et direct :

 

« Nous sommes en vendanges et je n’ai pas trop de temps. Sauveur est un vin construit comme vin de soif, où le nom de Vin de table ne me choque pas. L’idée première était de proposer un vin simplement savoureux à un prix léger pour les gens peu fortunés…Et finalement ce sont les grands amateurs financièrement à l’aise, qui se régalent de ce vin. On prend quand même … !! Issu de jeunes vignes, macération très courte voire inexistante, capter le fruit et mise en bouteille après six mois. Je reviens vers vous plus tard. Meilleures salutations. Xavier Landeau.

 

J’ai localisé le domaine : il est sis à Saint-Vincent-de-Paul dans l’Entre-Deux-Mers, donc ce Sauveur est un petit bordelais à quat ’sous la livre. Sans vouloir tirer la couverture à nous : c’est un vin très Cap 2010. Sympa, attrayant et qui démontre que dans notre beau pays, Bordeaux y compris, sortir des sentiers battus est à notre portée. Bref, comme je suis très canaille j’ai servi ce Sauveur à des « qui ont une dent contre les vins de Bordeaux… » (C’est très tendance). Ils ont adoré. Un détail le millésime est indiqué sur le bouchon : 2009 mis en bouteille au château - vignobles Landeau. Vous allez me rétorquer que ce Sauveur n’est pas un Bordeaux. J’en conviens mais il n’empêche qu’il y ait né, que c’est un petit fil rouge tendu à tous ces petits nouveaux pleins de préjugés. Bravo donc à Xavier Landeau pour ce Sauveur de Saint-Vincent-de-Paul.

 

J’aurais pu en rester là mais ce patronyme : Sauveur, ce cheval blanc broutant sur l’étiquette me turlupinaient. Et si Sauveur était le nom de ce meilleur ami de l’homme ? Je pose la question et c'est bonne pioche :

 

Bonjour,

Oui Sauveur est le nom du jeune percheron que nous avons été sauvés dans le Vendômois, pour servir de compagnon au cheval de ma fille. Aujourd’hui je l’ai confié à un centre hippique pour le former au trait. Quelques photos de sa jeunesse au milieu des vignes. Cordialement.

 

Merci Xavier Landeau de m’avoir permis de conter à partir d’un p’tit vin à quatre sous la livre la belle histoire de Sauveur sauvé d’une destinée, sans doute bouchère, par vous et qui va vivre sa vie de travailleur des vignes du côté de Saint-Vincent-de-Paul. Je dédie cette histoire à toutes celles et ceux qui nous noient sous des communiqués de presse incolore, inodore et sans saveur. Dans notre monde du vin les belles histoires ne se ramassent pas à la pelle, il suffit de se pencher pour les ramasser une à une…

DSC00019.JPG

DSC00043.JPG

photoEVF.jpg

photolaennec.jpg

Partager cet article
Repost0
27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 07:00

299838-les-experts-manhattan-637x0-2.jpg

Comme je ne suis pas expert en série télé – en prospective non plus, en vin encore moins – je ne jouerai pas dans la cour du bel Antonin le Vindicateurlink favori de Michel Bettane je ne ferai aucune digression sur sa série culte Les Experts www.lesexperts.fr  diffusé par les mieux-disant culturel de TF1.

 

Vitisphère donne la parole à BEM pour reparler des gourous du vin :  ils avaient fait déjà l'objet des Rencontres des Vignerons Indépendants avec notamment les interventions de Michel Chapoutier, Denis Dubourdieu et Angelo Gaja. (le taulier signale que le bel Antonin au nom imprononçable par un chrétien en était aussi…)

 

Bien plus que les gourous, comment ne pas souhaiter voir les experts s'engager ? Ceux de la statistique semblent aujourd'hui plus à l'aise dans l'analyse du passé que dans la prospective.

Donc Vitisphère, afin de combler, ce vide abyssal  vous convie à « Retrouvez tous les mois sur Vitisphere.com la Tribune de BEM : l'expertise de la Bordeaux Management School autour d'une problématique professionnelle dans le vin et les spiritueux. Chaque tribune est rédigée par un professeur de l'équipe de recherche "Marché des Vins et des Spiritueux" de BEM. L'auteur de cette tribune consacrée à l'impact des avis d'expert et des interactions pour l'achat du vin est Tatiana BOUZDINE-CHAMEEVA, Enseignant-chercheur, Responsable de l'équipe "Marchés des Vins et des Spiritueux" à BEM : tatiana.chameeva@bem.edu

 

« Experts et critiques ne cessent d'influencer le marché du vin depuis ces dix dernières années. Les blogueurs amateurs de vin proposent des jugements personnels; Facebook organise un « virtual wine tasting » et permet d'échanger des commentaires sur les vins consommés… Le processus d'achat du vin est complexe : de nombreuses variables sont prises en compte, depuis les opinions des amis aux conseils d'experts, qui peuvent être cruciaux dans la décision d'achat du vin. Notre travail se centre sur l'impact des interactions sociales dans la dynamique du comportement d'achat du vin. Nous supposons que le phénomène est identique à d'autres problèmes de choix individuel social »

Lire la suite sur Vitisphère link 

 

Bon moi je veux bien, mis sans faire injure à l’expertise de Bordeaux Management School, je me permets d’écrire qu’elle se situe dans la catégorie poids plume ce qui ne la disqualifie pas pour autant mais la met à sa bonne place. Je sais le Rémondat va me rétorquer : toujours à râler le taulier qui n’est pas les pieds dans le biseness. Pas si sûr, j’ai beaucoup de mauvaises fréquentations dans le milieu, pas celui où circulent les valises, mais l’autre qui compte en caisses. Les réseaux de ceux qui font ça compte bien plus que les séminaires peuplés d’experts qui vendent leur discours préemballé. J’ironise non pour défendre mon officine : je n’en ai pas et d’ailleurs je n’en ai jamais eu car lorsque je participais à ce genre de truc c’était toujours gratos, mais pour défendre les vrais experts de l'ombre.

 

La prospective est une chose trop sérieuse pour qu’on la confie à des professeurs. C’est du lourd la prospective : ça demande du temps, des moyens, de l’inventivité, des prises de risques et surtout rien à vendre au bout des travaux. Dans le cadre du Conseil général où je travaille nous venons de mener à la demande du Ministre une étude stratégique de la filière viande bovine. Qu’avons-nous fait après avoir posé le diagnostic. Tout bêtement de la prospective pour proposer 2 scénarii : l’un baptisé au fil de l’eau, l’autre offensif. Pour ce faire nous avons émis des hypothèses sur la base des projections de l’OCDE, de la FAO, nous nous sommes appuyés sur les travaux de l’INRA, de l’Institut de l’élevage, nous avons travaillé sur des panels, nous avons intégré les éléments connus de la réforme de la PAC et de la fin des quotas laitiers, nous avons auditionné toutes les entreprises de la filière, nous avons étudié l’impact des prix des céréales… Nous avons fait le boulot en pleine intelligence avec le cabinet Blézat chargé d’auditer les abattoirs. Notre prise de risques a été saluée et par notre Ministre et par les professionnels pourtant avares de compliments (il s’agit d’une œuvre collective que je vous ai présenté ici link

 

Dans le secteur agricole si parcellisé, la viticulture n’échappe pas à ce constat, l’expertise publique conjuguée avec celle de vrais cabinets est seule capable de mettre sur la table des éléments de prospective crédibles (je n’ai pas écrit qu’ils étaient justes et incontestables). Alors, ce qui est en jeu pour le présent et l’avenir c’est la capacité qu’auront ceux qui se disent en charge des intérêts de la filière à dépasser le petit bout de la lorgnette et à accepter qu’on leur mette sous le nez des scénarii du possible. Libre à eux de les jeter à la poubelle, de vilipender ceux qui ont osé les proposer, mais que diable cessons ce petit jeu de geignard permanent et adressons-nous, avant qu’ils ne soient passés à la trappe, à de bons experts indépendants et non à des petites mains sympathiques mais qui ne peuvent donner que ce qu’elles ont…

Partager cet article
Repost0
27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 00:09

imagesLFL.jpgLouis Fabrice Latour, Président du Directoire de la Maison Louis LATOUR (Beaune) Président de la FEVS depuis le 6 avril, a commenté  les chiffres de nos exportations de Vins et Spiritueux au premier semestre.

 

Je n’y étais pas, chez les exportateurs les blogueurs connaissent pas ! Si on m’avait invité j’aurais posé quelques questions à Louis-Fabrice, mais bon faut se faire une raison. A la FEVS on cause en valeur les euros donc, les volumes : les hl c’est bon pour les statistiques des officines publiques. Je suis injuste, les volumes sont indiqués en caisses* (soit 67 millions de caisses pour les vins et 23 millions de caisses pour les spiritueux) Sans vouloir jouer les petits rapporteurs – ce qui m’a toujours valu de me faire houspiller- je me dois tout de même de souligner que la mise en avant de nos résultats en valeur permet de masquer  nos pertes de parts de marché.

 

* Je rassure les néo-consommateurs la caisse n’est pas une tire customisée mais l’unité de mesure internationale des volumes de ventes des vins et spiritueux. 1 caisse représente 12 bouteilles de 75cl soit 9 litres de produit. Ça vient de Bordeaux !

 

Bref, je vous livre les propos de Louis-Fabrice tels qu’ils sont rapportés par le communiqué de presse et je sais par avance qu’il absoudra mon impertinence.

 

 « Nos interrogations en fin d’année dernière tournaient autour de la consommation réelle des volumes exportés. Les bons résultats du premier semestre 2011 nous démontrent que ce qui a été acheté en 2010 a aussi été bu. Les stocks ont dû être reconstitués rapidement. Toutefois, nos produits sont très sensibles à la conjoncture économique. Avec la crise que nous traversons, la consommation et donc nos exportations pourraient s’infléchir au second semestre. »

« Par ailleurs, les chiffres d’affaires des premiers semestres 2008 (année record) et 2010 pour les 20 premiers marchés sont similaires : environ 3,9 milliards €. Plusieurs constats peuvent être faits :

‐ 90 % des exportations en valeur se concentrent sur 20 pays.

‐ L’Union Européenne connaît une dégradation importante de sa part de marché en valeur.

‐ Les entreprises de négoce en vins et spiritueux continuent de mettre l’Amérique du Nord (Etats‐Unis et Canada) au cœur de leur stratégie de développement.

‐ L’Asie explose avec des locomotives puissantes à l’exportation (Cognac, Champagne et Bordeaux). »

 

Donc, dans une conjoncture anxiogène, dans la vieille Europe surtout, moral dans les chaussettes nos exportations de vins et spiritueux ont connu une croissance de 12% au premier semestre, pour atteindre 4,3 Milliards d'€. Sur ce total, les vins ont progressé de 14% à 3 Mds d’€, soit 67 millions de caisses, et les spiritueux de 8,5% à 1,3 Md€, soit 23 millions de caisses.

 

Ce sont les exportations de vins qui sont en vedette : 3 milliards € (+14 %), 67 millions de caisses. Les vins tranquilles d’appellation d’origine protégée connaissent une progression de leurs exportations de 23% en valeur (soit 1,6 milliard). Les plus fortes progressions en valeur sont faites par les Bordeaux (+34%), par la Bourgogne (+15%) et les Côtes du Rhône (+19%).

 

Le Champagne qui représente 19% à lui seul de nos exportations globales de vins et spiritueux continue de se renforcer à l’export (+16 % en valeur, +9 % en volume).

 

Du côté des spiritueux : 1,3 milliard (+8.5%), 23 millions de caisses, après une reprise rapide en 2010, les spiritueux français renforcent leurs parts de marché. La valeur dégagée par les exportations de Cognac progresse de +13,5% sur les 6 premiers mois de 2011. Les deux autres piliers des exportations de spiritueux – Liqueurs et Vodka – consolident leurs positions à l’export avec respectivement +2% et +6% d’évolution en valeur.

 

Comme l'a souligné Louis-Fabrice au premier semestre 2011, le classement des 20 premiers marchés (90% du chiffre d’affaires des exportations) n’évolue pas significativement par rapport à l’année dernière :



‐ Les EtatsUnis conservent leur première place (12 millions de caisses pour 782 millions €).

‐ La place stratégique de lAsie pour le développement de nos exportations se confirme : avec la Chine (+45% en valeur), Singapour (+38%) et Hong Kong (+69%).

Si, sur le marché américain, la diversité de nos productions est mise en avant, le marché chinois est tourné vers deux de nos appellations : le Cognac et les Bordeaux. Ces deux produits représentent à eux seuls plus de 80% des exportations françaises de vins et spiritueux.

LUnion Européenne reste la première zone d’exportation (principalement pour les vins) : 54 millions de caisses de vins et spiritueux pour 1,7 milliard €. Royaume‐Uni et Allemagne conservent leur 2ème et 3ème place dans le classement : Royaume‐Uni (+9% en valeur) et Allemagne (+6%).

 

Les Etats-Unis restent donc en tête avec 12 millions de caisses importées (782 ME). L'Asie est toujours en plein boom, avec la Chine (+45%) ou Singapour (+38%) notamment.

 

La FEVS indique que l'évolution favorable s'est poursuivie en juillet puisque les revenus à l'export du secteur ont progressé de 12,2% sur 7 mois, à 5,1 Md d’€.

 

Note de l’impertinent taulier

En ces temps difficiles, j’aimerais tant que ce géant – je fais référence ici  bien sûr à notre secteur et non à Louis-Fabrice qui lui se contente d’être grand - ait la voix qui porte jusqu’à ceux qui nous gouvernent et à ceux qui ambitionnent de le faire. Quand cesserez-vous de nous ignorer ou du moins de nous abreuver de beaux discours de circonstance et de nous brosser en temps électif dans le sens du poil.

 

Depuis des décennies nous sommes aux abonnés présents avec une constance sans faille et une absence de subventions, nous sommes l’incarnation de la vocation exportatrice de la France agricole, bien plus que les céréales. Mais alors pourquoi tant d’indifférence ? Pourquoi donc, le monde du vin dans toute sa diversité sociologique, géographique, économique, sociale et politique, se voit traité avec autant de dédain. Pourquoi diable, sous la pression de lobbies qui n’ont pas toujours le nez propre ou la conscience tranquille, se voit-il accusé d’amplifier les maux dont souffrent nos sociétés. Quand va-t-on sortir de la caricature ? Quand va-t-on être adulte, citoyen et responsable. J’en appelle à un sursaut : une large fenêtre va s’ouvrir pendant quelque mois. Postons-nous dans l’embrasure. Parlons clair, parlons simple, d’une même voix, sans démagogie. Oui, nous sommes de ceux qui peuvent répondre clairement à la question « de quoi vivrons-nous demain ? » Tout de même ça mérite au minimum un peu d’attention et à l’occasion de la considération. En plus, si nous arrêtons de nous complaire dans notre immobilisme, nous pouvons regagner des parts de marché. Beau challenge, non, c’est pas le cas dans beaucoup de secteurs de notre économie…

photoFEVS.jpg

Partager cet article
Repost0
26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 00:09

lepoint2034-special-vins3Le Spécial Vins du POINT, n’en déplaise à la concurrence, c’est la référence.

 

Le Dupont Merveilleux du Vignoble, en bon capitaine au long court, tient d’une main ferme la barre du navire avec comme équipage deux quartier-maitres expérimentés : Laure Gasparotto et Olivier Bompas.

 

Ce matin je vais me pencher sur deux de leurs instruments de travail : le nez et la bouche.

 

Le Pacha du navire dans son opus « choses bues » dès la première ligne affirme que « le nez est une invention récente » pour se poser en quasi-phénomène de l’olfaction : « imaginez un peu de recevoir un week-end quelqu’un qui, dès le pas de la porte franchi, se met à renifler et marque l’arrêt comme un épagneul breton sur la piste d’un garenne. » Donc le Jacques, en bon fils d’un préparateur de pharmacie à l’ancienne, vous l’aurez compris a du pif. C’est un nez et pourtant moi qui suis un lecteur attentif et sourcilleux de sa prose dégustatrice je n’y trouve que peu de place pour cet appendice alors que pour la bouche c’est Byzance avec une forte prédominance de la bouche tendue.    

 

Dans l’avion qui me ramenait de Toulouse, pour oublier mes vaches et leurs millions de litres de lait, sans faire cette fois-ci la statistique link j’ai retrouvé ce goût immodéré de Jacques pour la tension. N’étant pas très branché psychanalyse je conseille à notre Merveilleux du Vignoble de s’adresser à ses collègues du Point Christophe Labbé et Olivia Recasens qui, dans le même numéro, écrivent sur les démêlés du peuple lacanien, afin qu'ils nous éclairent sur le fait qu’un nez remarquable vénère autant la bouche ?

jacques-dupont.jpgChez Jacques, hormis la tension, la bouche est aussi, avec parfois pour atténuer ou accentuer des un peu, des assez, des très ou des bien :

 

Intense, large, élégante, souple, douce, puissante, ronde, légère, dense, moelleuse, fraîche, tendre, savoureuse, épicée, poivrée, réglissée, boisée, lactée, fumée, fruitée, chocolatée, parfumée, sapin brulé, serrée, parfumée, fondue, vive, ferme, agréable, durcie, séchante, jeune, fine, tannique, onctueuse, complexe, riche agressive, mûre, ample, grasse, minérale, profonde, pleine, délicate, dure, sèveuse, accrocheuse, garnie, droite, confite, rustique, charnue, discrète, extraite…

 

En revanche, surtout chez Laure Gasparotto, et un peu moins chez Olivier Bompas, le nez occupe une place centrale. Influence inconsciente du maître, vénération, je ne sais et d’ailleurs peu importe.

 

Chez Laure donc le nez, avec des légèrement et des finement, et quelques atténuations, peut être :

De velours, superbe, envoûtant, séduisant, boisé, élégant, joliment fruité, plein de fruits, un pinot noir qui sent l’alsace à plein nez, exubérant de fruits rouges, de cerise noire, kirché, d’épices de fruit, de pruneau, friand, de confiture, de noyau de cerise, de cerise mûre, épicé, d’épices douces, très joli, fraise des bois, extravagant, de pâtisserie, de notes fruitées, élégant, magnifique, somptueux, herbacé, mentholé, immédiat.

 

Chez Olivier pour lui le nez peut être :

Prononcé, élégant, racé, complexe, très expressif, séduisant, très ouvert, très frais, fin, sur les fruits blancs.

 

Voilà la messe basse est dites maintenant nous allons passer à la chantée avec quelques psaumes de notre Merveilleux du Vignoble et de ses deux acolytes.

 

Auparavant cependant je ne puis m’empêcher de faire remarquer au Merveilleux du Vignoble que, tel maître corbeau par l’odeur alléchée, son titre : Pomerol s’invite à l’hippodrome me fit saliver. À la lecture énorme déception car j’eus droit à la version officielle : vinifier dans l’aire afin d’ « éviter la fraude et l’achat de deux rangs de vignes pour pouvoir faire figurer pomerol à son tarif ». Allons Jacques, à qui fera-t-on croire cela ? Pas à ceux qui sont là depuis des années et qui n’ont que la rivière à traverser. Pour preuve, lorsque je rencontrai ce cher Jean-Louis Trocard porteur de l’étendard de la révolte, et peu suspect d’être un excité, je pus constater que des vieux comptes étaient en train de se régler et que certains grands prédateurs voyaient dans cette mesure le moyen de récupérer de beaux arpents de vignes de Pomerol. On n’entendit même le maître proposer la création d’une coopérative de vinification aux vilains petits canards. Bien sûr qu’il faut éviter la fraude cher Jacques mais encore faudrait-il que ceux qui se drapent dans des règles strictes s’appliquent à eux-mêmes ce type de règles puisqu’ils font pénétrer dans l’aire Pomerol d’autres appellations moins prestigieuses pour les vinifier. Position bien française de soi-disant protection du consommateur. Reste la pantalonnade de l’hippodrome de Libourne. Enveloppe exceptionnelle de droits de plantation, intervention de la SAFER, oui « un coup de maître » cher Jacques ! Je n’irai pas au-delà, à chacun sa vérité, la mienne nourrie d’une longue fréquentation de ceux qui s’arrangent, garde une certaine valeur.

 

Revenons au vin.

 

Signé : Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble

 

Pomerol Millésime 2008

15,5/16- Duo de Conseillante « fruits noirs, épices, chocolat, bouche ronde, souple, tendue, pas encore fondue, bonne matière, serré, devrait bien évoluer. Encore un peu jeune, fraîcheur et tension. 30€

 

Vacqueyras Millésime 2009

16- Château du Trignon famille Quiot « Fruits noirs, réglisse, mûres en gelée, bouche ronde, savoureuse, ronde en attaque, un peu de bois, rond, gourmand. 12€ 

 

Savigny-lès-beaune Millésime 2009

16/16,5 - Maison Jean-Claude Boisset Aux Serpentières « Réducteur, bouche tendue, dense, fermé, plein, riche, intense, long, beaucoup de fond, joli vin. 34,70€

 

Vouvray Millésime 2009

15,5 – Domaine Yves et Denis Breussin « Agrumes, poivre blanc, bouche grasse, minérale, ample, tendue, fraîche, très élégant, bien équilibré. 5,20€

 

Collioure Millésime 2008

15,5- Domaine de la Rectorie « Côté mer. Fruits noirs, thym, bouche tendue, vive, très parfumée, tanins un peu marqués en seconde séquence, très savoureux. 14€

 

Côte-rôtie Millésime 2009

17 – Domaine Jasmin « Vin d’assemblage de 11 parcelles, sur 8 lieux dits. Violette, bouche puissante, tendue, assez extraite, serrée. Un vin un peu violent, élégant, très frais, tendu, beau fruit. 27€

 

Chablis Millésime 2008

15,5 – Valmur – Jean-Marc Brocard « Minéral, bouche tendue, élégante, vive, longue, très minérale, porté par une belle acidité qui le structure ; vin de garde. 31€

 imagesLaure.jpg

Signé : Laure Gasparotto

 

Côte-de-brouilly Millésime 2010

18 – Robert Perroud Fournaise du Pérou « Un nez magnifique d’une richesse profonde et prometteuse. Superbe vin, où tout est là, complexité, minéralité. Longueur éblouissante. 12,50€

46308376_p.jpg 

Signé : Olivier Bompas

 

Ajaccio Millésime 2008

17 – Clos d’Alzeto Prestige 2008 rouge « Elevage soigné, beaucoup, de structure, matière riche, poivre, épices, tanins très savoureux, long, fruité, pur, maquis, laurier, basalmique 11,50€

Partager cet article
Repost0
25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 02:00

C’est sous des trombes d’eau et un plafond de nuages de deux cents mètres, que le Concorde du Président Pompe atterrit, avec son inégalable bruit de crécelle, le 12 décembre sur l’aéroport de Santa Maria aux Açores. C’est le falot Marcello Caetano, le successeur de Salazar, qui accueille le Président de la République française. Pendant que Nixon réside sur la base américaine de Lajes, à l’est de l’île, nous sommes logés dans une élégante villa, surplombant un paysage de prairies et de collines luxuriantes, située à vingt-cinq kilomètres de Terceira la capitale de l’île. Ma position de VO me permettait d’aller et de venir dans la bâtisse à mon gré. Bien sûr, je n’approchais le cercle du Président que lors de ses déplacements mais, comme je me tamponnais du fond des conversations, ça ne me posait aucun problème. En revanche, lorsque le lendemain matin ce cher Henry Kissinger se pointait à la villa, à 8h 45, pour un petit-déjeuner de travail préparatoire du sommet entre les deux présidents, dans la volée de gros bras s’expulsant des lourdes limousines je remarquai de suite que le coordonnateur me réservait un traitement de faveur en m’adressant un petit signe de connivence. Mes protecteurs de Langley manifestement souhaitaient vouloir oublier mes frasques pour s’attacher mes éminents services. Pensez-donc une taupe  dans le sérail de Pompidou, on ne crache pas dessus.

 

L’ambitieux Kissinger, qui deviendra Secrétaire d’Etat en titre l’année suivante, souhaite recoller les morceaux avec les européens car il estime que l’intransigeance de Connally risque de déboucher sur une crise mettant en péril les relations politiques patiemment édifiées depuis 1945. Il écrira dans ses Mémoires « La stratégie qui avait mes préférences consistait à laisser Pompidou assumer une position de chef de file des Européens en discutant avec nous les termes d’un règlement. Nous pourrions toujours brandir contre lui la menace de le réduire à l’isolement s’il se montrait totalement intransigeant. Je ne croyais pas la chose probable. Je pensais que tout le monde était désireux de conclure si une proposition américaine en fournissait l’occasion. » Le roublard note « que dans mes moments de mégalomanie la plus intense, je n’avais pas imaginé que l’on se souviendrait de moi pour une contribution à la réforme du système monétaire international » face à un Pompidou « expert financier de premier ordre, voire un banquier professionnel ». Bref, il fit l’âne pour avoir du foin en se retranchant derrière son incompétence lorsque ça l’arrangeait. Pour ma part, étant présent dans le salon, j’avais noté sur un petit carnet l’entame de Pompidou, que j’avis mémorisé, face à un Kissinger patelin « J’ai parlé hier soir avec M.Connally et je me suis trouvé devant quelqu’un dont la position, quant à la défense du dollar, après la dévaluation, rappelle des chrétiens au moment de la confession. Il exprime la ferme intention de ne plus jamais pécher. Je crois à cette intention. Encore faut-il qu’il en ait les moyens et qu’il soit disposé à les engager. »

 

Ça n’était pas tombé dans les oreilles d’un sourd. J’allais, lorsque mes honorables correspondants jugeraient bon de reprendre contact avec moi leur resservir l’image en l’accommodant à ma situation. Ce qu’ils firent très vite, le lendemain de mon retour des Açores, en m’invitant à passer à l’ambassade, ce que je refusai en leur précisant que je les recevrais chez moi en présence de mon épouse Francesca. Ils obtempérèrent. Je m’attendais au grand retour de la sulfureuse Eva Harriman mais j’eus droit à l’échelon supérieur en la personne de Terry Booz-Allen, directeur de la zone Europe, venu tout spécialement de Londres, flanqué de l’attaché militaire de l’Ambassade le colonel Franck Mac Cracken. Je jouais  dans la cour des grands et ces messieurs me le firent comprendre en me traitant avec bien plus que des égards, une certaine forme de respect amusé. Francesca les accueillit et leur avait offert le thé avant que je fasse mon entrée dans notre grand salon. Tous deux étaient des WASP de la plus belle espèce, Harvard, West Point, français impeccable, respect des convenances mais sans pour autant masquer leur complexe de supériorité. Bien évidemment ils n’étaient pas dupes de la réelle identité de Francesca mais, pour l’heure, ils jouèrent le jeu sans difficultés apparentes.

Partager cet article
Repost0
25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 00:09

demontage_placard007.jpgLa blogosphère, comme souvent, s’enfle de bruits et de rumeurs sur untel ou unetelle qui serait complaisant ou même stipendié à… Comme j’adore mettre les pieds dans le plat, plutôt que d’en rester à ce vent détestable, alors pourquoi ne pas écrire que la pente naturelle de certains journalistes, et maintenant de certains blogueurs, est de passer des plats concoctés par d’autres : agences de communication, amis, relations d’affaires, puissants… Le phénomène n’est pas nouveau, il a toujours existé, ne disait-on pas que certains journalistes servaient la soupe aux hommes politiques ayant leurs faveurs ou que certaines plumes de la presse financière se vendaient aux puissances de l’argent.

 

Ne vous attendez pas à ce que j’instruise ici un quelconque procès car je n’ai jamais eu d’inclinaison pour la fonction de procureur. Mon seul souci c’est que ceux qui font du Web l’abomination de la désolation, qui affirment que le pire y noie le meilleur, que la gratuité est le gage de médiocrité, ne nous mettent pas tous dans le même sac. Là encore je n’écris pas que je souhaite séparer le bon grain de l’ivraie. Une telle césure relèverait de la suffisance et d’une posture que bien peu peuvent tenir.

 

Pour revenir un instant à la saillie de François Morel : le passe-plat, qui n’est qu’un simple guichet, remplit une fonction précise : permettre à des mets de transiter de la cuisine où ils ont été préparés à la salle où ils vont être consommés. Fonction passive mais utile qui, identifiée comme telle, n’a aucune influence sur la qualité du plat qui transite par lui. Ce qui signifie que la presse écrite, audiovisuelle et la Toile peuvent se contenter de cette passivité aux seules fins de faire transiter des informations, des opinions, des points de vue…

 

Tout le problème provient de la confusion des genres, de l’ambiguïté qui plane sur le statut de certains papiers, de la trop grande proximité économique entre l’émetteur et le transmetteur, des conflits d’intérêts. Il en va de la crédibilité, de la confiance que peuvent nous accorder nos lecteurs. Si le soupçon s’immisce entre eux et nous, je ne donne pas cher de la pérennité du phénomène blog. Nos lecteurs ont le droit de savoir ce que nous sommes, comment nous travaillons, quelles sont nos sources. En clair, leur dire que oui nous participons à des déjeuners de presse, parfois même à des voyages de presse (ce n’est pas mon cas, à une exception près : mon voyage sur l’Aubrac où je répondais à l’invitation de Christian Valette dans le cadre de mon travail sur la viande bovine). Ce qui serait grave, à mon sens, c’est de s’afficher comme « indépendant » de tout lien alors que les contraintes économiques s’appliquent aussi aux blogueurs.

 

Ne voyez pas dans cette exigence un quelconque plaidoyer « pro domo » mon statut privilégié de serviteur de la République me mettant à l’abri de ces contraintes je n’ai aucun mérite et aucune gloire à tirer de ma relative indépendance. Pour autant, j’ai des amis, des faiblesses avouées, des fidélités indéfectibles, des partis-pris injustifiables, mais je les revendique et les assume au grand jour. La seule chose qui m’irrite dans ce débat sur les « passe-plats » ce sont celles et ceux, qui voudrait nous faire accroire, sur la foi de leur bonne mine, que  tout ce qu’ils écrivent n’a rien à voir avec cette affreuse société de mercantis. Sachons raison garder, comme je l’ai écrit dans une autre chronique, nous ne vivons pas au pays de Candy et la naïveté ne se porte pas comme un gri-gri en bandoulière.

 

Sur le Net, dans la blogosphère, comme toujours, le temps fera son œuvre, et le risque est grand, comme sur la bande FM libérée en 1981 que l’espace de liberté se transforme en une zone contrôlée par quelques grands prédateurs qui auront prospéré en absorbant les plus indépendants du troupeau. L’ordre régnera à nouveau. La soupe aura partout le même goût. Elle sera servie par de vrais passeurs de plats qui se tamponneront la coquillette de leur saveur, de leur odeur : l’argent n’en a pas dit-on ! Pessimiste me direz-vous ? Oui, je le suis car lorsque les temps se durcissent, lorsque les élites se vautrent dans le mépris de la loi, la pente naturelle est bien plus encore au chacun pour soi. Gravité hors de saison sur notre belle planète du vin m’objecteront certains. En sont-ils si sûrs ?

 

Reste tout de même un beau rayon d’espoir à l’horizon : vous les lecteurs de nos petits confettis sur la Toile. En effet, les grands déverseurs d’inepties télévisuelles qui vivent des encarts publicitaires, ne seraient pas ce qu’ils sont s’il n’y avait chaque soir des gros bataillons de gens scotchés à leur écran. Alors, à notre minuscule niveau, efforçons-nous de proposer des contenus de qualité, sans pour autant être des bonnets de nuit, des déverseurs d’eau tiède, de consensus mou. Soyons nous-même, assumons notre place dans une société où le pouvoir de l’argent règne en maître. Instillons dans le long fleuve tranquille des convenus nos petites musiques sans pour autant nous draper dans une pureté, une intégrité de pure façade. La seule condition de notre survie : revenons-en à ce que fait la main : faisons nous-même notre marché, épluchons nos légumes, concoctons nous-même nos plats et servons-les comme on le faisait sur les tables familiales : simplement !

Partager cet article
Repost0
24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 00:09

Dans mes souvenirs germanopratins, au temps où je bouquinais au petit matin en buvant mon café à la paille et en picorant un pain au chocolat sur la terrasse du Flore, les vendanges de Robert.V.Camuto dans les vignes de Jean-Bernard Siebert, à Wolxheim, tenait une place toute particulière. L’entame de  son chapitre 2 « la colère des raisins » m’avait frappé « Je n’avais pas commencé depuis longtemps ma carrière de vendangeur en Alsace – depuis vingt minutes exactement – que je m’interrogeais sur mes chances de survie.. » Diantre m’étais-je dit, qu’un gaillard comme lui, sportif, qui s’estimait mieux conservé que la plupart des hommes de 46 ans, puisse faire un tel constat c’était que vendanger ne relevait pas d’un séjour au club Méditerranée. Notre homme qui souhaitait rompre avec la modernité « le temps d’une incursion dans le vrai monde du vin et de la France profonde » et qui, en allant chez un petit vigneron, « n’aurait pas à redouter les pièges de Bordeaux ou de Napa Valley : pas de dîner dans un trois étoiles, pas de thermalisme, pas de sortie à bicyclette pour une balade de dingue dans les vignes flamboyantes couleurs d’automne, pas de séminaires de dégustation. Juste huit heures par jour d’un boulot éreintant, dans une ambiance de vendange et de camaraderie. » Oui des bribes remontaient dans ma mémoire « Attention, ici ce n’est pas le Midi ! »  « Ici, quand on travaille, on travaille, et quand on s’arrête, on arrête. » Et dans la série des attention : « Attention aux feuilles ! » (dans le seau de Camuto il y en avait assez pour réaliser un poster « feuillage d’automne »), « Attention aux doigts ! On a déjà eu deux blessés cette semaine. »

 

Pourquoi évoquer ces souvenirs de lecture me direz-vous ? Tout bêtement parce que j’avais très envie de faire comme Camuto : me plonger dans l’ambiance des vendanges, loin de Bordeaux, chez mon poteau Olivier de Moor. Avant de prendre  ma décision définitive, et pour calmer l’ire de mon Paul qui m’avait concocté un programme digne d’un Ministre avec des gens que je n’avais pas envie de voir – vous ne pouvez pas savoir le nombre de petites lucioles excitées et de vieux bourdons poussifs qui gravitent dans le milieu du vin – j’ai relu en grande largeur le chapitre concerné « D’un Américain dans les vignes ». Si j’ai un conseil à vous donner, surtout aux Paganini de la chronique bloggeuse et vendangeuse, c’est de faire comme moi. Les premiers instants du néo-vendangeur, comme l’a écrit Camuto, sont déterminants pour la suite de sa carrière car si, « au premier gémissement » qui ne sera le point de départ d’une série, il se dit je « vais laisser tomber, rentrer à l’hôtel à pied et profiter des vins d’Alsace (où d’ailleurs, c’est selon le point de chute) » c’est déjà presque foutu. Mais, par bonheur, si je puis dire, si à ce moment-là, le vigneron l’interpelle d’un « ça va ? » où se glisse une pointe d’inquiétude et qu’il répond, en mentant, « Oui » il ne lui reste plus qu’à persévérer et à souffrir en silence.  Pour en finir avec Camuto je vous livre l’emplissage de son premier seau juste après qu’on lui ait mis dans les mains un sécateur et indiqué la rangée où il devait œuvrer « en général, deux coupeurs faisaient en même temps la même rangée, un de chaque côté, tandis qu’un autre tandem partait de l’autre bout. La grande affaire était de récolter des grappes grosses comme le poing sans couper sans couper ses propres doigts ni ceux du coupeur en face. Les grappes allaient dans le seau, et quand celui-ci était plein, on le traînait sous les vignes jusqu’à l’allée centrale, desservie par le tracteur. Lorsque sa remorque était pleine, le tracteur déversait le chargement dans une autre remorque, garée au bord de la route. »

 

Donc j’ai décidé d’aller vendanger chez Olivier à Courgis du côté de Chablis. Mais, comme j’ai très mauvais esprit je ne puis m’empêcher de vous livrer un morceau de dialogue de Camuto avec Siebert le vigneron « je mentionnai le nom d’un producteur du Haut-Rhin qui avait obtenu des consécrations internationales et dont les vins atteignaient des prix correspondant à des grands crus classés de Bordeaux. Il me lança un regard vide, puis leva les yeux au ciel. J’insistai : cela ne l’intéressait donc pas de vendre ses vins plus chers ? « Vous savez quoi ? répondit-il. Un jour, ils me mettront dans un trou de deux mètres de profondeur. On viendra verser deux ou trois larmes. A quoi me servira l’argent à ce moment-là » A méditer, non ! Même si l’envol des GCC a laissé les Crus Alsaciens loin derrière. Bon, sans vouloir jouer à la donneuse de leçons, je trouve que certains et certaines devraient tourner plusieurs fois leur plume dans l’encrier – façon de parler – avant de se la jouer grave et de nous faire accroire qu’ils sont drôles. D’ailleurs, qu’allaient-ils faire, non pas dans cette galère, mais dans ces vignes des nouveaux seigneurs de la guerre. Si j’étais méchante j’aurais écrit : saigneurs mais l’outrance n’est pas bonne conseillère. En revanche, je conseille aux agences de communication de prévoir des voyages de presse pendant la taille de la vigne car, sans contestation aucune, ça vaut la vendange ! Je suis sûre que mon amie Catherine Bernard, qui a écrit de belles pages sur cet exercice dans son livre « Dans les vignes », se ferait un plaisir de les accueillir. Elle connaît le boulot de journaliste car elle en a été une, mais elle c'était une vraie. De même je suis certain que Léon serait charmé de les recevoir aussi. En bonus, il leur ferait des exposés très argumentés sur la lutte des classes. Bref, comme je suis une fieffée bavarde je vais m’en tenir à quelques photos que j’ai prises chez Olivier de Moor. Merci à lui, et pour ceux qui ne comprendraient pas les raisons de mes réflexions sur la vendange ils peuvent s’adresser au taulier. Il se fera un plaisir de vous renseigner. Pour la photo des tomates : Noire de Crimée, rose de berne, pâtissons, patidou etc... Olivier en a plantés le long  de son chai.  

P1040880.JPG

P1040886.JPG

P1040864.JPG

aout-2011-014.jpg

Partager cet article
Repost0
23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 00:09

LiaisonsDangereuses.jpg

Le thème que j’ai choisi en tant qu’éphémère président des Vendredis du Vin link a surpris et à mis dans l’embarras les femmes qui se voyaient dans « l’obligation » de se conjuguer soudain au masculin. Mais n’était-ce pas là que pure convention, que simple jeu pour suggérer qu’un vin qui aime les femmes se doit de les séduire…

 

Le mot est lâché !

 

Les bonnes âmes de suite s’émeuvent car séduire est issu du vocabulaire ecclésiastique (le serpent séduit Eve avec le fruit défendu) et le séducteur est vite traité d’enjôleur, d’aguicheur, de coureur et même de corrupteur ou de suborneur… Séduire serait tromper ! Se méfiez des beaux parleurs, de ceux qui savent y faire ! La séduction serait l’épouse du diable. Au XXIe siècle le diable s’habille en Prada et la séduction passe toujours plus encore par des artifices : le vêtement, le maquillage, le culte du corps jeune et beau et elle se voit taxée de superficialité, d’une légèreté blâmable. Elle ne serait qu’un miroir aux alouettes où viendrait se noyer nos illusions !

 

Même si  je suis d’une insoutenable légèreté pour moi la séduction est avant tout une forme de respiration de l’âme : pour moi, plaire, charmer, séduire comme on respire, au jour le jour, sans y penser, c’est une belle façon de rencontrer les autres, de faire un bout de chemin avec eux, parfois ce ne sont que quelques pas, rien de plus mais c’est déjà beaucoup.

 

Pourquoi se priver de ce frisson ? Pourquoi refuser d’enflammer son imagination ? Pourquoi ne pas se risquer à faire fondre les ultimes résistances de l'être aimé ? Y-a-t-il quelquechose de plus enivrant que de se perdre ? Souvenez-vous de madame de Tourvel dans les Liaisons Dangereuses elle résiste avec l’énergie du désespoir aux avances de Valmont et pourtant elle cède, reddition sans conditions, elle se donne toute entière à corps perdu. Oui, elle se perd mais peut-on n'être séduit qu’à demi ? Pour autant, je ne fais pas de Valmont un modèle de séducteur, c’est un monstre de vanité et d’orgueil, mais pour ne pas s’avouer cette vérité inouïe : c’est qu’il est tout bêtement en train de tomber amoureux.

 

La séduction imprègne toujours la relation amoureuse : on ne peut aimer que si l’on accepte d’être séduit, de prendre le risque. Alors « s’il te plaît, surprends-moi ! » car c’est souvent de cette surprise que naît l’imprévu de l’amour. Le temps n’est alors plus aux mots. On marche sur la tête. On est transporté.

 

Alors, chers amis, par-delà la convention des sexes que suggère mon thème n’est-ce pas cette sidération, cette divine surprise que chacun de nous attend d’un vin ? Entre un vin et vous, cette réciprocité, ce plaisir, cette excitation, cette tension qui, au-delà de la surprise, de l’audace des premiers instants, montent, ne sont-ils pas les seuls préludes au plaisir, au bien-être et ici au bien-vivre.

 

Je ne sais si je vous ai éclairé mais à tous ceux qui ne voient que le pire, que de la prédation dans la relation de séduction j’ose écrire : peut-on vraiment vivre la vie que l’on vit sans la séduction ? Comment pourrait-on se lever chaque matin s’il n’y avait pas cette fenêtre grande ouverte sur l’horizon des autres ? Pour moi rien n’est jamais fermé, rien n’est jamais fini. Rien ne m’interdira de dire et d’aimer. De grâce ne m’ôtez pas mes illusions ! Surtout les jeunes crétins qui raisonnent l’amour : Dieu que c’est triste !

 

Lire aussi  : un homme désirable d'Alicia Raho une lectrice qui a découvert le vin à l'âge de 40 ans et qui l'aime   link 

 

Tout ça pour dire que je vous attends pour le 30 septembre, dernier jour du mois, pour l’un de ces Vendredis du Vin qui je l’espère fera date dans la réhabilitation de la séduction et que l’on pourra dans les commentaires de dégustation affirmer qu’un vin est séduisant sans sous-entendre qu’il fait le trottoir…  

vdv-logo

Partager cet article
Repost0
22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 07:00

Couverture_Portrait.jpg

 

« Les gens du vin et ceux de Bordeaux sont assez représentatifs des différentes catégories sociales françaises : des ouvriers, des employés, des techniciens, des cadres, des propriétaires, des financiers, des spéculateurs, des artistes, des banquiers, des journalistes et même des hommes de marketing. Il y a des personnes intéressantes, intelligentes, respectables mais aussi des hypocrites, des crétins et des lâches. » Jean-Marc Koch, qui a passé 24 ans au CIVB, comme directeur du marketing, est donc un bon connaisseur du microcosme bordelais. Flanqué de Jean-Bernard Nadeau, il tire le portrait de 18 gens du vin de Bordeaux. Des « portraits positifs, mais objectifs de personnages sélectionnés de façon totalement subjective. »

 

L’art du portrait est difficile, surtout lorsqu’on prend le parti de demander au portraituré de « poser » pour la photo et de jouer le jeu de l’entretien-vérité, car une trop grande proximité peut transformer l’exercice en une forme d’art officiel car par trop révérant. Chercher sous la surface sociale de ces hommes – une seule femme : Florence Cathiard – dans leur intimité, à révéler la part la moins connue de leur personnalité, pour donner de l’épaisseur, de la profondeur à leur portrait, exige une grande proximité, une confiance réciproque, et surtout paradoxalement de la distance. La bonne distance, celle qui n’est évaluable que par « l’artiste » en l’occurrence ici l’auteur.

 

Reste qu’un portrait, comme toute œuvre publique, est destinée à être exposé, à être vu, à être apprécié par le public, jugé par la critique, et comme ici il s’agit d’un livre, donc d’une œuvre reproductible, à être acheté par le plus grand nombre. Alors, lorsque j’ai reçu l’ouvrage un réel dilemme se posait à moi : même si j’ai croisé dans ma carrière une bonne moitié des portraiturés je ne me sentais pas en capacité de choisir entre la position du critique et celle de l’initié. En effet, je ne suis ni l’un, ni l’autre mais comme je suis du parti des livres je ne pouvais me dérober. C’est pour ça que j’ai choisi de vous faire découvrir ce livre par la fenêtre la plus intime : celle d’une des photos privées que les portraiturés ont confiées à l’auteur. Leur simple choix est révélateur et avec elles on a le sentiment de feuilleter, assis sur un canapé, un de ces albums de famille qui font la joie des enfants. Chez moi, j’ai le souvenir d’une photo, où la mariée posait en ayant mis ses chaussures à l’envers, qui faisait notre joie.

 

Donc en feuilletant « Portraits Intimes » j’y ai découvert une photo qui m’a mis, si je puis l’écrire ainsi, dans le même état. Je m’en suis servi pour rédiger une chronique-charade link car entre mes deux amis : Christian Delpeuch (portraituré par JM Koch) et Jean-Louis Vallet il y avait un homme qui avait toute sa place dans la galerie de portrait de ceux qui ont fait Bordeaux : le très connu et controversé Michel Rolland. Ma charade n’a pas provoqué un grand déferlement. Je le comprends. Certains vendangent puis vinifient, d’autres n’ont pas le temps, pour les plus jeunes et ceux qui lisent en travers quand ce n’est pas de travers mes propos évoquaient un autre temps, si lointain puisque maintenant la référence est la nanoseconde. Cependant, dans le fin fond du Cher, qui est tout de même le centre de la France et cher à mon cœur pour avoir hébergé la Société Française de Vierzon link, un lecteur a joué le jeu avec pugnacité et il a trouvé.

 

Bravo Bruno Creugny, les promesses seront tenues…

 

Si vous souhaitez acquérir « Portraits Intimes » c'est ici link

 

«Le winemaker mondialement connu Michel Rolland s’est volontiers prêté au jeu de la caricature par Mika, seul caricaturiste de personnalités utilisant du vin rouge pour les peindre ! »

Partager cet article
Repost0
22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 00:09

C’est quoi au juste un vin viril ?

 

C’est un mâle, un mec qui a du poil aux pattes, un type couillu quoi, carré, tout le contraire d’un efféminé, soit un amateur de grosse cylindrée ou d'une bagnole customisée, soit un motard en cuir, un prédateur à l’ego surdimensionné, parfois beauf sur les bords. Pour autant viril est-ce un qualificatif flatteur pour un vin ? Je ne sais, mais pour moi ce n’est pas une qualité mais une façon de se mettre en scène, de donner une image de soi-même.

 

« Car cette beauté quelles veulent toutes, paupières battantes, cette beauté virile qui est haute taille, muscles durs et dents mordeuses, cette beauté qu’est-elle sinon témoignage de jeunesse et de santé, c’est-à-dire de force physique, c’est-à-dire de ce pouvoir de combattre et de nuire qui en est la preuve… »

Albert Cohen, Belle du seigneur, p.303

 

Les épiciers, même les grands,  lorsqu’ils se piquent de faire de la réclame feraient bien de s’inspirer de Marcel Bleustein-Blanchet  le pape de la spécialité : faire simple, lisible et compréhensible !

photocaracteres.jpg

Ces jeunes gens nous gratifient d’un opus chic titré « CARACTÈRES du VIN » où, à partir de la question basique : « Pourquoi choisit-on un vin ? » ils commencent par répondre simplement : « Parce qu’il a des qualités, un style, une originalité. » ce qui est bien et suffisant. Mais, les marqueteurs de la Rive Gauche n’en restent pas là, ils veulent mettre du contenu au titre, qu’à force de trituration de méninges, ils ont dégoté. Alors, soudain saisis d’un accès de brièveté, ils basculent dans la confusion : « En un mot, parce qu’il possède un caractère »

 

Dans le langage courant posséder un caractère c’est avoir du caractère : déterminé, énergique, courageux, ferme, tenace, bien trempé ou bien avoir un caractère : changeant, fantasque, lunatique, bon ou mauvais, heureux, fichu ou foutu, de chien ou de cochon, ou même avoir son petit caractère : être susceptible…   

Et c’est là que nos petits loups dérapent, se vautrent, partent en vrille, versent dans la confusion :

 

« Il est tendre ? Difficile de résister.

« Il affiche sa virilité ? On adore. »

« Il revendique l’élégance ? C’est pour mieux nous séduire… »

« Qu’il soit nerveux, qu’il réinvente la générosité ou qu’il s’avère résolument gourmand, sa personnalité est remarquable. »

 

Je veux bien admettre qu’un vin fut tendre ou nerveux, si c’est sa façon d’être mais revendiquer l’élégance n’est pas forcément être élégant : c’est une posture, réinventer la générosité c’est sans doute la mettre en scène sans pour autant être généreux, afficher sa virilité c’est en douter et non assumer ce que dont la nature nous a doté, en fin s’avérer  gourmand ne veut rien dire : on l’est ou ne l’est pas…

 

Je pinaille mais ce goût immodéré de mettre en scène des vins avec des mots détournés de leur sens me fatigue.

 

Pour autant tout n’est pas bon à jeter dans la volonté des grands épiciers car ils ont mis le paquet au dehors comme au-dedans : le vin s’affiche et c’est bon pour l’extension du domaine du Vin (voir photos)

photonerveux.jpgphototendrephotogenereux.jpgphotoelegant.jpg

 

Quelques remarques du taulier.

 

Afficher NERVEUX aux abords de la boucherie n’est pas totalement dépourvu d’ironie. Mais, comme en vis-à-vis ils ont placé le TENDRE ça compense.

 

Dans les vitrines extérieures seul VIRIL est absent sans doute pour ne pas choquer les passantes honnêtes du VII e arrondissement.

 

Ironie légère qui tourne à la stupéfaction pour GÉNÉREUX. « La générosité est une vertu » nous dit fort justement le catalogue mais comme le vin qui la symbolise est le Château Ausone 2005 et que son prix affiché est de 1320€ on est en droit de penser que c’est la moindre des choses qu’il fut généreux. D’ailleurs dans le commentaire du millésime il affiche « une autorité certaine dans la générosité. » Il en impose donc !

 

Reste notre chouchou : le VIN VIRIL. Le visuel du catalogue enfonce le clou dans un décor de chantier de démolition : la virilité ici est celle de la salopette bleue, c'est le  syndrome du camionneur avec tatouages et calendrier Pirelli au fond de la cabine. Pour la cause des couillus c’est le Domaine Marcoux 2008, un Châteauneuf-du-Pape, qui s’y colle. Mais, comme je suis un fouineur j’ai noté que dans cette catégorie musclée le Minervois de JB Sénat, Le Bois des Merveilles 2009, assume sa virilité.

photoviril.jpg

 

Quelques chiffres :

 

 

Champagne : 11 références, un millésimé Janisson Baradon Tue Bœuf à 42€, de 19,50€ Gonet Réserve à 62€ pour Selosse Initial. La moyenne se situant autour de 25€

 

Bordeaux : 77 références

1 Bordeaux, 1 Bordeaux Supérieur, 1 Côtes de Bourg, 2 Côtes de Castillon, 1 Saint6Georges Saint-Emilion, 1 Listrac Médoc, 2 Médoc, 8 Haut-Médoc, 11 Margaux, 8 Pauillac, 8 Saint6Julien, 5 Saint-Estèphe, 6 Pessac-Léognan, 1 Pomerol, 6 Saint-Emilion, 1 Sauternes.

Le moins cher Bellevue de Fourcas-Dupré Listrac 2003 6€

Le plus cher déjà cité Château Ausone 2006 1320€

20 second vins dont Carruades de Lafite 2006 370€

 

Beaujolais : 4 références

3 Morgon et 1 Fleurie tous du Domaine Foillard

 

Bourgogne : 56 références

12 Bourgogne dont un Bouzeron et une Côte Chalonnaise, 1 Hautes-Côtes-de-Nuits, 5 Mâcon, 1 Saint-Aubin, 2 Chablis, 6 Chassagne-Montrachet, 7 Meursault, 5 Puligny-Montrachet, 1 Givry, 2 Marsannay, 1 Mercurey, 1 Rully, 2 Savigny-lès-Beaune, 1 Aloxe-Corton, 1 Chambolle-Musigny, 4 Gevrey-Chambertin, 3 Nuits-Saint-Georges, 1 Pommard.

Le moins cher : le Bouzeron 2008 du Domaine de Villaine 11,50€

Le plus cher : le Puligny-Montrachet 1ER Cru Champ Canet 2007 Leroy 82€

Forte présence de la maison Leroy : 9 références

 

Loire : 22 références

1 Muscadet, 1 Touraine Amboise, 2 Bourgueil, 1 Chinon,, 1 Montlouis, 4 Pouilly-Fumé, 4 sancerre, 8 Saumur

Le moins cher le Bourgueil 2007 Domaine Gauthier 9,50€

Le plus cher le Pouilly Fumé 2007 Silex Domaine Dagueneau 89€

 

Vallée du Rhône : 19 références

5 Côtes du Rhône dont 1 Village, 1 Château Grillet, 3 Crozes-Hermitage, 3 Saint-Joseph, 2 Côte-Rôtie, 5 Châteauneuf-du-Pape.

Le moins cher le Côtes du Rhône2008 Domaine de la Janasse 8€

Le plus cher : le Château Grillet 2007 75€

 

Languedoc-Roussillon : 13 références

3 Vin de Pays, 1 ôteaux-du-Languedoc, 4 Côtes-du-Roussillon, 3 Faugères, 2 Minervois.

Le moins cher : le Côte du Roussillon Sarda Mallet 2006 et 2009 6,70€

Le plus cher : Le Gauby Vieilles Vignes Vin de Pays 2004 24€

7 domaines dont Sarda Mallet 3 références et Gauby 2 pour le Roussillon

 

Provence Corse : 3 références

1 Côtes de Provence et 2 Patrimonio d’Yves Leccia

 

Alsace : 2 références

1 Riesling et un Sylvaner du Domaine Fleith.

 

Commentaire : Aucune originalité, aucune prise de risques, conservatisme intégral, offre ségrégative : le Sud est ignoré et qu’on ne vienne pas me dire que les Foire aux vins ça a du sens. Ici c’est de l’esbroufe comme en témoigne la profusion des seconds vins des GCC… Les nouveaux riches boivent de l'étiquette. La Grande Epicerie pour le vin, et pas seulement pour le vin, va de mal en pis. La belle époque de la Grande Epicerie est donc derrière elle. Elle rationnalise ! Plus de Coucou de Rennes ni de Géline à pattes noires alors j’irai les trouver ailleurs…

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Archives

Articles Récents