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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 16:00

leclerc_mai_68_01.jpgLe Michel-Edouard tient un blog sur la Toile « De quoi je me M.E.L » link dont la date de création est contemporaine du mien. J’ai même discuté avec lui sur le sujet lorsqu’il avait ses bureaux à Issy-les-Moulineaux. C’est un pro de la communication, d’ailleurs c’est son boulot chez les Leclerc, et il faut lui reconnaître un réel talent de bateleur postmoderne. Pour le reste, à force de trop vouloir prouver et  toujours apparaître comme un saint Jean bouche d’or héraut de la défense des consommateurs le MEL n’est pas forcément d’une crédibilité à toute épreuve. C’est son problème, pas le mien mais quand on se veut redresseur de torts mieux vaut mettre ses pratiques en accord avec ses paroles.

 

MEL est un garçon simple, on peut le croiser avec son petit sac à dos d’un un ciné mais ça ne l’empêche pas (dites-moi 5 pater et trois ave) d’être doté d’un ego de haut niveau bien symbolisé par sa question faussement « sans gêne »sur son blog à propos du titre d’un futur bouquin de Nanard le burné « de quoi je me mèle ? » : notre Bernard ne se formalise pas. J’imagine que son éditeur a fait son boulot. Je n’irai pas lui réclamer des droits d’auteur, mais tout de même, appeler son livre « De quoi je me mèle », c’est gonflé ! Certains diront que c’est finalement une belle reconnaissance de la notoriété de ce blog. Mais sur la politique, le foot, l’argent et le business, j’aime autant éviter qu’on «s’emmêle» !

 

Revenons à l’ordre du jour de cet afterwork : notre MEL claironne dans le Monde du 28 octobre « Notre objectif est de détrôner Carrefour d’ici à 2015 » et répond aux questions de David Blicki. Seule la première ma scotchée. Je vous livre la réponse de

 

David Blicki : Comment se comporte la consommation en France ?

 

MEL : Jusqu'à juillet-août, la consommation a tenu. Mais depuis septembre, elle donne des signes de faiblesse. Un bon indicateur : quand les centres Leclerc marchent bien... c'est que la conjoncture va mal. En septembre, nous avons enregistré une hausse de nos ventes de 8 % hors carburants (+ 11 % avec les carburants) et le rythme continue. Le fait que les consommateurs se tournent vers des enseignes qui offrent une forte lisibilité en termes de prix bas est un bon baromètre des inquiétudes sur le pouvoir d'achat.

 

Second signe d'essoufflement, ce sont les foires aux vins. Chez nous, il n'y a pas de croissance, quand certains concurrents enregistrent une baisse de 20 % par rapport à 2010. Toute une catégorie de clients, qui investissaient dans le vin en achetant des caisses de grands crus, a réduit fortement ses dépenses. Enfin, les rayons d'électronique grand public et d'électroménager sont en baisse sensible.

 

J’adore ! Tout est dit dans le non-dit. Donnez libre cours à vos commentaires…

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 00:09

Plein de soleil sur Paris ce lundi : un temps à mettre mon cheval dehors pour grimper jusqu’aux abords des Champs Elysées et  laisser ma monture paître aux abords du George V où les prés sont encore verts. Pour ne rien vous cacher si j’enfourchais si prestement ma monture c’est que Marie de Saint-Drézéry m’avait envoyé un sms de détresse samedi depuis la Bellevilloise où elle se demandait ce qu’elle était venue faire dans cette galère ?

 

Comme elle avait le nez, me disait-elle, dans le père Ubu car son Cantona joue Ubu  roi, un Ubu enchaîné ce qui faisait dire à son grand Eric : « Je partage avec Ubu l’idée que, pour éprouver le sentiment d’être libre, il faut connaître celui d’être prisonnier » Et comme elle avait décidé de l’accompagner dans sa tournée, même qu’il serait à Perpignan  les 3 et 4 novembre  au nouveau théâtre de l’Archipel, elle ne se voyait pas aller faire la serveuse de grands nez et de gorges profondes au George V. Conséquemment, moi le taulier je devais me transporter dare- dare – un transport de justice –en les sous-sols de ce palace parisien.

 

La dernière fois que j’y étais allé c’était pour un pince-fesses de mes amis de Marrenon, une coopé, avec Olivier Poussier. C’était vachement bien organisé, ludique, animé, vivant quoi. Même que Jean-Louis Piton, le président, en était tout ému. Bref, juste avant l’heure du déjeuner, je plongeais dans l’abime, on m’étiquetait, et je me retrouvais propulsé dans la grande salle où un grand U semblait m’accueillir pour le jugement dernier. Impressionnant ce côte à côte enserrant un grand espace vide parsemé de quelques tables sur haut pied avec un crachoir incorporé. Pourquoi diable une telle promiscuité dans un espace aussi vaste ? Est-ce c'était pour que nous ne puissions échapper à une forme de dégustation obligatoire ?

 

Bien sûr je sais, que nous n'étions pas là pour rigoler. Déguster c’est sérieux ! J’en conviens aisément et même, si je ne suis pas un grand officiant, je me plie à l’exercice sérieusement. Puisqu’il s’agissait d’une dégustation en ligne je l'ai faite d’une seule traite sans barguigner : bonjour, le 2009, merci, le rituel, au revoir, au suivant… mais même pendant ce bref laps de temps mon regard a croisé celui de ceux qui sont derrière les tables : peu de sourires, une sorte de résignation lasse… J’admets que l’exercice n’a rien de distrayant mais si, au lieu de ce froid alignement, eu égard à l’espace inoccupé, on disposait des tables individuelles entre lesquelles on pourrait circuler, voire même discuter sans indisposer ceux qui dégustent en silence. Vraiment j’avoue que je trouve ça étrange. En plus, dans le grand hall d’entrée, vide, pourquoi ne pas disposer quelques tables entourées de quelques chaises, pour, le cas échéant, pouvoir discuter affaires ou converser tout simplement.

 

Tout ça pour ne pas vous dire ce que je suis allé déguster sinon je vais me faire rayer des listes où, rassurez-vous, je ne suis pas couché. Ce que je puis vous dire c’est que j’ai croisé que du beau monde, même François Mauss c’est vous dire. Ce que je puis vous dire encore c’est que j’ai aussi croisé quelques lecteurs. Ce que je puis vous dire dans le creux de l’oreille c’est que si certains avaient su à qui ils avaient à faire je ne suis pas sûr que je leur aurais alors signé des autographes. Ce que je puis dire à mes potes de Sève c’est que j’ai dégusté 2 millésimes de leur compagnon de route Tescher servi par le fiston. Ce que je puis vous dire enfin c’est  que j’ai fait le bouleau : la suite au prochain numéro. Je signale que même si le sieur Armand Borlant était présent aucune photo officielle de mon auguste personne n’a été prise en ce lundi.

 

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 00:09

Chemin faisant, baguenaudant, depuis plus de six ans, sur cet espace de liberté, j’avoue une certaine forme d’agacement, de lassitude, d’exaspération parfois, lorsque je vois ce que je vois, lorsque je lis ce que je lis, lorsque j’entends ce que j’entends… Alors, n’ayant aucune prédisposition pour la misanthropie, j’ai pris, comme le disait ma sainte mère « une bonne résolution » : ne plus m’échauffer les sangs pour de vains combats, pour les postures minables, pour les approximations, pour les ouvriers de la vingt-cinquième heure, pour les groupusculaires de toutes obédiences… Rassurez-vous, cette soudaine et tardive sagesse ne m’empêchera pas de mettre mon grain de sel là où il n’est pas désiré. En revanche, je n’accepterai plus de m’engager par procuration aux côtés de qui que ce soit. J’ai déjà donné, beaucoup, et plutôt que de me fâcher avec de bons amis je leur dit « bon vent les poteaux, oubliez un moment que vous êtes d’ici ou d’ailleurs, que Bordeaux ou l’Alsace ne sont pas les nombrils du monde, je sais qu’être minoritaire avec le sentiment de mener le combat contre les conservateurs de tout poil c’est dur et lassant… » Mais que voulez-vous je ne suis pas vigneron et, comme le statut d’expert en tout et en rien ne sert à rien, m’occuper de mes oignons me va bien.

 

Voilà c’est dit au détour de ce début de journée où je ressors de l’oubli cette chronique. Bonne lecture, vous pouvez acheter le livre en toute confiance

 

 Se prénommer Noah, certes avec un h, être un écrivain américain à succès – étasunien plus précisément – vous prédispose assurément à écrire un livre émouvant, d’une beauté simple, juste et vrai, sur le voyage initiatique à la fin du XIXe siècle d’un jeune vigneron du Languedoc à la Catalogne. Lisez-le vous y retrouverez, dans une langue sans fioriture, tout ce qui fait la grandeur et la servitude du métier de vigneron.

 

Une autre époque certes, dure, implacable, mélange de soumission et de fierté d’une communauté humaine liée à sa terre, solidaire dans sa condition de servitude, d’apparence immuable, miséreuse mais d’une grandeur d’âme sans pareille. L’amour, toutes les passions humaines, la politique, la religion, l’argent, le commerce et, bien sûr, la culture de la vigne et l’élaboration du vin, donnent aux femmes et aux hommes de cette terre aride de Santa Eulalia, une vérité humaine émouvante. Sans vouloir extrapoler j’estime que bien des ingrédients de ce beau livre donnent à réfléchir sur les temps que nous vivons. Josep, le héros, fort de l’expérience acquise chez Léon Mendès dans la vallée de l’Orb, veut faire son vin sur la terre de ses ancêtres, du Vin à boire, et non du mout pour la vinaigrerie. Dit par un mécréant comme moi c’est un peu une saga : du vin industriel au vin de terroir… Bonne lecture.

 

« Comme il n’est que le fils cadet, Josep Alvarez sait depuis toujours qu’il n’héritera pas de la bodega familiale : les vignes qui poussent sur le sol aride de Santa Eulalia reviendront à son frère aîné. Josep s’engage donc dans l’armée, où, en échange d’une maigre solde, il est propulsé dans l’horreur des guerres carlistes.

Désertant une unité dont il est le seul survivant, il se réfugie de l’autre côté des Pyrénées, au cœur du Languedoc. Un vigneron français lui apprendra les secrets de la vigne, et lui transmettra sa passion. Dès lors, Josep n’aura qu’une seule obsession : fabriquer son propre vin, dans sa propre bodega. »

 

Extrait de la 4ième de couverture La Bodega de Noah Gordon chez Michel Lafon

 

« Le jour où tout changea, Josep travaillait depuis l’aube dans les vignes de Léon Mendès.

C’était une journée exceptionnellement belle dans un mois de février maussade. L’été était frais, mais le ciel semblait ruisseler de soleil. Josep s’était mis à l’ouvrage poussé par une sorte de frénésie. Passant de cep en cep, il taillait les sarments épuisés d’avoir porté jusqu’en octobre un raisin dont chaque fruit débordait de saveur comme une femme dans la fleur de l’âge. Sa main rapide coupait au plus près. Quand il tombait sur une grappe de fer servadou ratatinée oubliée par les cueilleurs, il la mettait de côté dans un panier, non sans en goûter au passage un grain aux arômes délicatement épicés. Arrivé au bout de la rangée, il entassait ses sarments, puis les embrasait à l’aide d’un brandon prélevé dans le feu précédent ; et l’odeur âcre de la fumée ajoutait au plaisir n é de son effort. »

Extrait du premier paragraphe de la première page

 

« Le village de Roquebrun se nichait sur la pente d’une colline, dans une boucle de rivière passant sous un pont de pierre en dos-d’âne. Josep s’approcha. On respirait ici un air doux, odorant. Les feuillages étaient verts. La rivière était bordée d’orangers. Le village était propre bien tenu, empli de mimosas d’hiver dont les fleurs évoquaient tantôt des plumes d’oiseau, tantôt des flocons amassés par le vent. »

 

Extrait page 145

 

« Durant l’automne qui suivit son retour à Santa Eulalia, Josep éprouva une joie toute neuve en voyant se métamorphoser les feuilles sur ses pieds de vigne. Le phénomène ne se produisait pas chaque année. Par quoi était-il déclenché ? Josep l’ignorait. Peut-être était-ce dû à cette saison particulière où les nuits glaciales succédaient à de brûlants après-midi. Ou bien fallait-il chercher du côté d’un mélange particulier de soleil, de pluie et de vent. Quoiqu’il en soit, les feuilles se transformèrent en ce mois d’octobre, et Josep y trouva un écho de lui-même. Soudainement, les pieds d’ull de llebres offrirent une variété de nuances qui allaient de l’orangé au rouge vif. Dans le même temps, les grenaches d’un vert lumineux tournaient au jaune, tandis que leurs tiges brunissaient. Les feuilles de Carignan, elles, restaient d’un vert riche, et leur tiges devenaient rouges. Tout se passait comme si les pieds de vigne défiaient leur mort prochaine ; mais pour Josep, tout cela relevait d’un renouveau, d’une renaissance, et il arpentait ses rangées avec un enthousiasme tranquille. »

 

Extrait page 151

 

« Avant son séjour en France, il ne s’était jamais avisé de compter les bourgeons apparus sur les sarments, mais, à présent que ses propres vignes prenaient vie, il en vérifiait chaque cep. Il nota que la plupart donnaient environ soixante bourgeons, sauf les plus anciens, qui en produisaient une quarantaine. Léon Mendès voulait, lui, que ses ceps donnent entre quinze et vingt bourgeons, pas plus. Josep se mit à élaguer ses vieilles vignes pour les réduire au-dessous de ce chiffre. Maria del Mar, qui venait récupérer son fils, le vit jeter des bourgeons qui pour elle représentaient autant de futures grappes.

- Qu’est-ce qui te prends ? s’écria-t-elle.

- Moins il y a de bourgeons, répondit-il, plus le goût se concentre dans le raisin. La saveur se met dans les grappes qui restent. Dans celles où même les pépins mûrissent. J’ai l’intention de faire du vin.

- Ce n’est pas ce qu’on fait déjà ?

- Je veux faire du vin, répéta Josep. Du bon vin. Du vin que les gens auront envie d’acheter. Si j’arrive à en produire et à le vendre, je ferai plus d’argent qu’en vendant du moût à Clemente ! »

 

Extrait page 239

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 17:00

tlvision2.jpgOrwell craignait ceux qui interdiraient les livres. Huxley redoutait qu’il n’y ait même plus besoin d’interdire les livres car plus personne n’aurait envie d’en lire. Orwell craignaient ceux qui nous priveraient de l’information. Huxley redoutait qu’on ne nous en abreuve au point que nous en soyons réduits à la passivité et à l’égoïsme. Orwell craignait qu’on ne nous cache la vérité. Huxley redoutait que le vérité ne soit noyée dans un océan d’insignifiances. Orwell craignait que notre culture ne soit prisonnière. Huxley redoutait que notre culture ne devienne triviale, seulement préoccupée de fadaises. Car comme le faisait remarquer Huxley dans Brave New World Revisited, les défenseurs des libertés et de la raison, qui sont toujours en alerte pour s’opposer à la tyrannie, « ne tiennent pas compte de cet appétit insatiable de l’homme pour les distractions ». Dans 1984, ajoutait Huxley, le contrôle sur les gens s’exerce en leur infligeant des punitions ; dans le Meilleur des Monde, il s’exerce en leur infligeant du plaisir. En bref, Orwell craignait que ce que nous haïssons ne nous détruise ; Huxley, redoutait que cette destruction ne nous vienne plutôt de ce que nous aimons. »

 

Que des vieilleries tout ça, Orwell et Huxley, des concurrents de Maxwell qualité filtre et de Max Mosley l’ancien président de la Fédération du Sport Automobile ? Du même tonneau que Zadig&Voltaire sur votre table de nuit !  Pire, cette citation est tirée d’un bouquin paru en 1985 aux USA « Se distraire à en mourir ». Pensez-donc, la préhistoire, un temps sans tweet, sans Face de Bouc, sans sms, donc un temps de vieux, de vieux ronchons, de vieux cons quoi ?  Lire, pourquoi faire, L’important c’est de capter l’instant, de se marrer, de faire du second degré. Tout commence avec nous, les bouquins ça se couvrent de poussière, nous préférons la neige de nos petits écrans.

 

Petit écran, cette appellation qui faisait référence au grand écran du cinéma, comme pour acter le rétrécissement de notre vision, est elle aussi à ranger au rang des accessoires vieillots. L’écran de référence est maintenant celui des Smartphones, considéré comme grand par rapport à celui, minuscule, des premiers téléphones portables. Le ciné, la Télé, c’était encore un peu de sociabilité : en salle ou en famille, l’écran du Smartphone scotche des zombis qui ne font plus qu’un avec lui. En tout lieu, omniprésents, dans Paris les obstacles les plus redoutables pour le cycliste sont ces 2 en 1 qui marchent hors le monde. Le stade ultime sera la puce implantée aux abords du cerveau : l’impulsion en ligne directe, le dépérissement du regard porté sur, la mutité absolue.

 

Je pousse le bouchon au plus loin pour mieux mettre le doigt sur la dérive du babillage où le public n’est plus qu’un auditoire et les affaires publiques qu’un vaudeville.

 

Pour finir sur une note d’humour Neil Postman dans son chapitre VI L’âge du show-business propose 3 utilisations de la télévision :

1-      La télé source de lumière pour lire une page imprimée.

2-     La télé tableau d’affichage électronique pour informer.

3-     La télé petite bibliothèque.

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Les nouveaux écrans peuvent toujours servir pour les deux premières fonctions mais pour la troisième c’est mission impossible. Faut-il y voir un mauvais présage.

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 00:09

De grâce, je vous en implore, accordez-moi encore votre confiance, ne jetez pas cette chronique sous prétexte que je m’aventure dans le débat idéologique. Rien à voir, mon Marx à moi se prénomme Thierry et il vient d’écrire un livre dont je n’ai pas goûté au premier regard le titre « Comment je suis devenu chef étoilé ». En effet, je me suis dit « encore un de ces bouquin chiant ! » Mais, comme je suis curieux je l’ai ouvert et la première phrase a ébranlé ma certitude « Quand on n’est rien, on ne vous accorde aucune crédit dans l’existence. » J’ai donc feuilleté plus encore et, ce que j’ai butiné, m’a incité à acheter ce petit livre publié par Bayard 16€.

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Dimanche, je l’ai lu d’une seule traite sitôt le déjeuner d’après-match de rugby. Comme vous le savez la haute cuisine ne fait pas vraiment parti de mon univers et l’ego des chefs me laisse froid. Là, rien de tout ça, Thierry Marx se livre sans fioriture, sans enluminure, « peu de mots. On se méfiait de l’affection, des sentiments qu’on peut laisser transparaître. On faisait très attention à ne pas manifester d’émotion. Quand on était malade, on ne s’écoutait pas. On se soignait sans bruit. La maladie était réservée aux faibles. L’homme malade est un individu qui se laisse dominer. Si la maladie gagne, il ne faut pas que ça se voit. Les costauds ne souffrent de rien. On ne se plaint pas, on ne montre rien de sa souffrance et on se cache pour mourir. » écrit-il à propos de ses grands-parents du 140 rue de Ménilmontant, chez qui  il a vécu une grande part de son enfance. Ce grand-père dont Thierry Marx écrit « il aurait rêvé d’une Libération où Maurice Thorez aurait pris le pouvoir »

 

Thierry Marx, le type du 140, comme aujourd’hui on dit « le sauvageon des cités », a souffert d’être enfermé dans l’image du « mauvais élève », qui n’arrivait à rien. Dur à cuire et bagarreur a tout de même croisé des profs qui « savaient l’entraîner sur les chemins de l’exigence et de l’esprit de compétition. Ils possédaient la clef pour s’ouvrir à des individus comme moi, rétifs et rebelles. » Ce que l’un d’eux lui a appris en lui parlant de la note, « une grande chose » écrit Thierry Marx, vaut la peine d’être médité par ceux qui les distribuent et plus encore par ceux qui s’en réclament « Elle n’est que l’appréciation temporaire de la compréhension des leçons qu’on vous donne. Elle ne vous identifie pas, ne vous fige pas... »

 

Au vol quelques citations qui me vont :

 

« J’ai toujours eu une cervelle de riche avec un portefeuille de pauvre. J’aime le beau… »

 

« J’ai toujours aimé le vrai luxe, celui qui ajoute de la lumière sur le beau… »

 

« Je vais développer un vrai rejet de cette société  de babas cools en écharpes tricotées, traîne-patins en tongs,  des bourgeois  qui récupéraient l’univers de la classe ouvrière et venait nous le raconter… »

 

« Pour moi, toute la valeur de l’enseignement est résumée par son attitude (il s’agit d’un compagnon du devoir) ce soir-là : l’autorité par la valeur du geste, et non celle du verbe. Apprendre à s’imprégner des aînés en regardant l’exécution de leurs gestes. »

 

« Ce que j’ai aimé, ressenti, humé, dans ce Médoc, c’est le mélange si particulier de l’ordre et du désordre. On le voit géographiquement : le fleuve est un désordre sans nom et la vigne ordonnée par la main de l’homme, depuis que les Hollandais ont asséché ces marais aquitains. De temps en temps, je m’arrêtais dans le port, tout proche et retiré, de Beychevelle, pour gamberger. Je me retrouvais dans un lieur qui ressemblait à ma vie. Le désordre n’amène que le chaos ; l’ordre bloque tout. La difficulté pour tout homme est d’avoir les pieds, bien posés, au bon moment. »

 

« J’éprouve le plaisir de transmettre. Je ne suis qu’un messager. On m’a donné. Je donne. La vie est une succession de rendez-vous décisifs et de rencontres capitales pour celui qui sait les reconnaître et les saisir au bon moment. »

 

« Je me reconnais une mission. Je peux dire : c’est possible, vous pouvez y arriver. Ne laissez personne briser vos rêves… »

 

« Un jour, en avril, au Portugal, dans la vallée du Douro, j’étais dans une quinta et du haut du piton rocheux, j’observais le vignoble. Tous les amandiers étaient en fleurs. Je me sentais humble face à ce spectacle inouï de la nature. Mon émotion était si intense que si j’avais dû mourir là, à cet instant, tout aurait été accompli. »

 

LISEZ MARX, sans modération, c’est bon pour tout !

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 00:09

Je suis né en même temps qu’elle. Je suis né lecteur compulsif. Mon rêve de gamin être un des leurs. Lire, écrire, ne rien faire d’autre et bien sûr j’ai fait tout autre chose. Ne me demandez pas pourquoi, je ne vous répondrai pas sauf à vous avouer que je sauf à être un Chandler ou un Dos Passos, ce que je ne suis pas, je ne vois pas ce que j’aurais apporté à la littérature. Bref, je me contente d’une chronique. --KGrHqZ--iYE3dEG-c5nBOLQhf4OS---0_12.jpg

« Marcel Duhamel, un ami des frères Prévert* et de Picasso, lance la Série Noire, après la guerre, avec deux Anglais qui n’ont jamais mis les pieds aux Etats-Unis, mais écrivent en américain, Peter Cheney et Chase. Sous la couverture noire et jaune, Pas d’orchidées arrive troisième, derrière la Môme vert-de-gris et Cet homme est dangereux, de Cheney»

* « C’est Jacques Prévert qui a trouvé ce titre génial, Série Noire. »

« Autour de Marcel Duhamel (...) une fine équipe de traducteurs, malins, agiles exigeants, étaient décidée à faire parler Chase, Goodis, Himes en argot français. Henri Robillot en fut, il traduisit en quatrième vitesse des classiques : Chandler, Hammett, Goodis. En tout, plus de cinquante titres. »

 

« Le style de la Série Noire n’a rien à voir avec l’argot de Simonin et Lebreton, deux cas à part, des Français qui introduisirent le grisbi et le rififi. Robillot admirait la langue de Céline et de Queneau, savante, swingante, le comble du raffinement, sous ses airs débraillés. Il allait au Lorientais écouter l’orchestre de Claude Luter, fréquentais Henri Crolla, copinait avec Mouloudji, aimait Bogart et Charlie Parker. Ses modèles : Hemingway, Mark Twain, Dos Passos. »

 

C’est lui qui parle « Oui, le style des romanciers américains est un mélange de plusieurs langage. Leur argot est très riche. Il correspond à des groupes ethniques, des professions des États, des métropoles, des quartiers. Les flics de Floride ne parlent pas comme les voyous de Chicago. Un jazzman de San Franscisco ne comprend pas un péquenot de l’Alabama. Nous devions éviter l’argot académique, hérité de Carco ou de Mac Orlan, la langue verte, le parler paysan. Malraux, Gide, Aragon, Giono, des écrivains si différents étaient des fans de la Série Noire. Notre public était cultivé, exigeant. »

 

L’auteur de Pas d’orchidées pour Miss Blandish, est né à Londres le 24 décembre 1906, cachait sous son pseudonyme (il en eut d’autres) James Hadley Chase un patronyme plus banal René Brabazon Raymond. Il ne se rendra en Amérique pour la première fois en 1965 et pourtant « il continuait à rêver son Amérique, grâce à des plans de villes et des guides, définissant une sorte de paysage mental où, implacablement, il menait d’une main de fer des intrigues surprenantes. »

Dans ses rares interviewes « Il dit aimer l’argent, la bonne chair et les vins de Bordeaux. C’est un gentleman d’un mètre quatre-vingts, le teint rouge brique, cheveux poivre et sel, moustache soignée. »  

Chandler, lui, est bien américain « Et si vous allez jusqu’à Los Angelès, la ville des anges, travelos, amateurs de poudre, n’oubliez surtout pas le guide, Raymond Chandler, l’homme aux gants de coton blanc. Il y a vécu, déménageant sans cesse, et son héros aux noms multiples (Mallory, Carmady, John Dalmas) qui finit par trouver son identité, sous les traits de Philippe Marlowe, « l’homme complet, inhabituel, un homme d’honneur », y connut une existence fictive faite de mouvements et de filatures, de fuites de cavalcades et de dérives, résumés par le rictus d’Humphrey Bogart. »

 

« Nous devons 80% de nos idées et de notre style à Chandler. C’est le plus grand. Dans chacune de ses histoires, j’entends sa voix d’homme blessé à mort par la vie. Moi aussi, j’Moi aussi, j’essaie d’être toujours présent dans mes livres. » ED Mc Bain.

 

En 1948, Marcel Duhamel écrit ce qui restera longtemps « le manifeste de la « Série noire». Après plus de cinquante ans, ce texte reste d'une rare actualité.

 

« Que le lecteur non prévenu se méfie : les volumes de la « Série noire » ne peuvent pas sans danger être mis entre toutes les mains. L'amateur d'énigmes à la Sherlock Holmes n'y trouvera pas souvent son compte. L'optimiste systématique non plus. L'immoralité admise en général dans ce genre d'ouvrages uniquement pour servir de repoussoir à la moralité conventionnelle, y est chez elle tout autant que les beaux sentiments, voire de l'amoralité tout court. L'esprit en est rarement conformiste. On y voit des policiers plus corrompus que les malfaiteurs qu'ils poursuivent. Le détective sympathique ne résout pas toujours le mystère. Parfois il n'y a pas de mystère. Et quelquefois même, pas de détective du tout. Mais alors ?... Alors il reste de l'action, de l'angoisse, de la violence — sous toutes ses formes et particulièrement les plus honnies — du tabassage et du massacre. Comme dans les bons films, les états d'âmes se traduisent par des gestes, et les lecteurs friands de littérature introspective devront se livrer à la gymnastique inverse. Il y a aussi de l'amour — préférablement bestial — de la passion désordonnée, de la haine sans merci, tous les sentiments qui, dans une société policée, ne sont censés avoir cours que tout à fait exceptionnellement, mais qui sont parfois exprimés dans une langue fort peu académique mais où domine toujours, rose ou noir, l'humour. À l'amateur de sensations fortes, je conseille donc vivement la réconfortante lecture de ces ouvrages, dût-il me traîner dans la boue après coup. En choisissant au hasard, il tombera vraisemblablement sur une nuit blanche. »

 

Source : Les Terribles de Raphaël Sorin finitude

- Marcel Duhamel et son gang Le Monde, 21 avril 1985

- Les songes de Monsieur Chase Le Monde, 8 février 1985

- Raymond Chandler dans la Cité des Anges Le Matin, 30 novembre 1985

- Les yeux de Mc Bain Le Monde, novembre 1980

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 17:49

Michel.jpgCher Michel,

 

J’aurais dû  te croiser au beau milieu  de la vague rose de l’Assemblée de 1981 si tu n’avais pas envoyé dire au candidat devenu président que seul Michel Rocard était le candidat de l’avenir. Tu étais ainsi Michel, entier, direct, fort de tes convictions. Nous n’eûmes droit qu’à Renée Soum. Si j’évoque ainsi ton engagement politique c’est qu’il comptait tout autant pour toi que ton parcours de chef d’entreprise dans ce beau pays banyulenc.

 

En fait, j’ai dû attendre que Louis Le Pensec, un rocardien encore, m’envoie démêler le sac de nœuds des Vins Doux Naturels en 1999 pour que nous nous rencontrions. J’ai le souvenir de ce premier dîner à Banyuls où, avant d’aborder le foutu sujet des VDN, ce qui t’importait c’était d’avoir des nouvelles de Michel. L’autre Michel ! Ton œil brillait, ton sourire s’épanouissait, tu te retrouvais avec moi en terre connue. Tu étais trop droit, trop exigeant Michel pour plaire aux électeurs et toutes tes tentatives électives ne furent jamais à la hauteur de tes espoirs.

 

Ton parcours professionnel fut exemplaire, toi l’HEC débarqué par choix dans une petite coopé fruitière  avant de reprendre les rennes, à la suite du Dr Parcé, d’une entreprise en grande difficulté. Nous en avons peu parlé car ton goût te portait à défendre auprès de moi, toujours avec cette forte conviction qui te caractérisait, un vrai projet de relance de la consommation des Vins Doux Naturels. Ce fameux dossier des droits où tu étais bien seul à vouloir sortir de la pente mortifère de leur défense purement syndicale. Oui, Michel, il ne faut jamais avoir raison avant tout le monde, les conservateurs n’aiment rien tant que s’accrocher au radeau même s’il coule.

 

Voilà mon cher Michel je te devais bien ce dernier mot. Quand j’irai du côté de Banyuls je demanderai à Philippe Albert où tu reposes. À un de ces quatre mon ami… Mes pensées les plus chaleureuses à tous ceux qui t'étaient chers et qui sont dans la peine.

 

Jacques

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 00:09

Selon une tradition bien établie sur ce lieu-dit tout est parti d’une improbable rencontre un samedi sous les auvents du marché Saint-Germain. Je baguenaudais le nez au vent lorsque je suis tombé nez à nez avec le Pape Noir. Pour être clair ce n’était, ni le supérieur général de la Compagnie de Jésus, ni le Pape du tableau  « Figure with Meat » de Francis Bacon (1954) où la silhouette isolée du Pape, dominée par les deux pièces d’une carcasse de bœuf, traduit bien l’angoisse du temps.  Le mien, solitaire, juché, presqu’oublié, nimbé d’une fine couche de poussière, semblait admettre qu’il était là pour l’éternité. Je le prenais entre mes mains puis l’asseyais en pleine lumière pour tirer de lui un cliché.*

 

1240bacon_figuremeat_136.jpg

 

En rester là eut été sacrilège je menai dans les jours qui suivirent mon enquête pour savoir qui se cachait sous la soutane immaculée. La vérité ne se cachait pas au fond d’un verre mais plutôt du côté du Verre Volé (1). Là vous allez me dire que je vous embrouille en vous menant dans le fin fond des Caves du Vatican comme l’aurait dit André Gide. Que nenni, mon enquête menait mes pas du côté du Palais des Papes avant de sauter le Rhône sur le Pont d’Avignon pour m’enfiler une flopée de routes départementales chères à feu Jean Yanne, faire le tour d’une tripotée  de rond-point et échouer dans la cour de la coopé, celle d’Estézargues bien sûr !

 

Bref, ce fut aussi simple qu’un coup  de fil à Jean-François Nicq.

L’histoire de ce Pape Noir qu’il m’a conté me plaît car elle commence par un gros bide pour se finir en cuvée « collector ».

 

-         Acte 1 : des clients scandinaves de la cave, en 1999, désirent une cuvée étiquetée avec la reproduction d’un tableau d’un peintre de leur cru. Celui-ci représente un Pape Noir.

-         Acte 2 : flop des 2304 bouteilles Pape Noir dans le Grand Nord !

-         Acte 3 : la coopé qui a tiré 10 à 20 000 étiquettes les a sur les bras…

-         Acte 4 : une joyeuse petite bande déboule une poignée d’année plus tard et trouve l’étiquette géniale.

-         Acte 5 : passage à l’acte des susdits qui déboule entre les cuves, dégustent et assemblent leur cuvée du millésime.

photoPN1.jpg 

Dans le lot des petits loups assemblés  y’a le Verre Volé où je suis allé quérir deux quilles de Pape Noir qu’est un Côte-du Rhône. Ça m’a coûté quelques coups de pédales et une petite poignée d’euros 13 très exactement. Reste mon titre qui a pu vous sembler provocateur : le Pape Noir est un blanc. Il n’était que le  résultat d’un choix entre les deux couleurs du vin. En effet, j’eus pu titrer : le Pape Noir est un rouge  mais alors c’eut été m’engager vers l’excommunication via une Bulle du Pape. Bien sûr si tel avait été le cas j’eus pu fuir sur la Mule du Pape sur le chemin des Oliviers (fine allusion au terroir d’Estézargues, plateau de galets roulés, où la vigne n’est apparue qu’après le grand gel de février 1956 de sombre mémoire pour l’oléiculture du Sud de la France. En effet, le thermomètre est descendu bien au-dessous des – 10° C et les arbres ont été « carbonisés ». Ce fut la St Barthélémy des Oliviers qui ravala notre verger oléicole au rang du pur témoignage. C’est donc la vigne qui a pris le relais de l’olivier). La cave d’Estézargues est donc la dernière du Gard (1965) ce qui explique peut-être la démarche de ses coopérateurs qui ne suivent pas les mêmes chemins que leurs voisins.

photoPN2.jpg 

(1)   Le Verre Volé Cave à vins – Bistro 67 rue Lancry Paris 75010 et 38 rue Oberkampf www.verrevole.fr

 imagesVerreV

* J'ai découvert le Pape Noir chez Bacchus et Ariane 4 Rue Lobineau, 75006 Paris 01 46 34 12 94

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 12:08

3ff32ea69812babb012aecb423837cf4.jpgMieux vaut prévenir que guérir me suis-je dit en ce vendredi après-midi ensoleillé mais déjà un poil frisquet. N’ayant jamais eu l’âme d’un supporter au visage peint des couleurs nationales je me contente d’aimer le jeu. Le sport ce n’est pas la guerre et les deux fois XV types en short et maillot qui s’affrontent sur une pelouse ne sont pas « nous », la France, même s’ils portent nos couleurs. Ironie de l’Histoire, afin de ne pas en rajouter une couche sur la mauvaise réputation de notre pays en Nouvelle-Zélande : le souvenir des essais nucléaires de Mururoa et le Rainbow Warrior, Jo Maso a choisi de laisser les Black en noir et par conséquent de jouer en blanc, drapeau de la reddition et de notre royauté décapitée lors de la Révolution. Là encore je ne peux que brocarder la presse néo-zélandaise de se livrer à ce genre d’amalgame. Que certains jugeassent que les costauds de Lièvremont n’aient pas été à la hauteur de la réputation du rugby français relève de la mauvaise hauteur de vue à propos d’un sport.

 

Pour les œnophiles avertis la Nouvelle-Zélande se résume au Sauvignon Blanc. Je plaisante bien sûr mais pour mettre un peu de culture dans cet affrontement de mahousses costauds je me permets de flatter, et les écolos, et les agriculteurs, ce qui vous en conviendrez est un sport bien plus redoutable que celui du ballon ovale. Tout d’abord donc il faut que vous sachiez qu’étant donné « son long isolement du reste du monde et à sa biogéographie insulaire, la Nouvelle-Zélande abrite une faune et flore très particulière. Environ 80 % de la flore n'existe que dans le pays, dont plus de quarante genres endémiques18. Des 70 000 espèces terrestres du pays, seulement environ 30 000 ont été décrites. Il y a 3 090 plantes, 5 800 champignons, 10 000 insectes, 2 600 arachnides, 61 reptiles 19 et 336 espèces d'oiseaux (dont 64 espèces endémiques) »

 

Après le vert, l'agriculture qui  reste l'industrie d'exportation la plus importante de la Nouvelle-Zélande117. Les produits laitiers comptent pour environ 21 % du total des exportations, soit 7,5 milliards de dollars. La viande compte 13,2 %, le bois 6,3 %, les fruits 3,5 % et la pêche 3,3 %. Et oui, un sixième des exportations néo-zélandaises sont des produits provenant de vaches laitières : poudre de lait, fromage, beurre et mélange protidique. Il y a plus de 4 millions de vaches laitières, principalement dans l'île du Nord (particulièrement dans les régions de Waikato et Taranaki). Du côté de la viande, celle de mouton, représente la moitié des exportations qui, elles-mêmes, font 1/10 du total. La Nouvelle-Zélande est donc un redoutable compétiteur sur les marchés mondiaux du lait et de la viande car elle a des coûts de production très bas en pratiquant un élevage extensif.

 

Donc, revenons à nos moutons, pardon à nos litrons, vendredi j’ai acquis chez un caviste en prévision de cette finale d’un sport  très régionalisé : d’un côté l’hémisphère sud avec essentiellement, l’Australie, l’Afrique du Sud, la Nouvelle-Zélande, l’Argentine et de l’autre les 5 Nations soit l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Ecosse, l’Irlande, la France. Ce n’est pas faire injure aux autres pays que de souligner qu’ils ne sont là que pour jouer les utilités. Pour faire genre et couleur locale  j’ai donc acheté un Pinot Noir 2008 de Waipara West qui si vous ne les savez peut-être pas  est un vin of New Zealand www.waiparawine.co.nz C’est au Nord de Christchurch dans South Island. Les associés de Waipara West sont Paul Tutton un négociant en vins londonien, son épouse Olga Sienko qui est artiste peintre (le petit tableau sur l’étiquette est sûrement d’elle), sa sœur Vic Tutton et son mari Lindsay Hill qui gère le vignoble acheté en 1989. Vous ne vous étonnerez donc pas que la société s’appelle Tutton&Sienko&Hill.

 

Ce Pinot Noir a été récolté  entre le 21 et le 23 avril 2008. Ensuite ce vin a honteusement frayé dans des barriques de chêne français (neuves à raison de 30%) pendant presqu’une année : 11 mois. Il a été mis ensuite en bouteille à la propriété le 8 avril 2009 puis ma bouteille  a été importée au milieu des 1113 caisses par Waterloo Wine Co. 6 Vine Yard London. Ne me traitez pas après cela de traître à la patrie, après tout ce n’est que du rugby. Si j’ai acheté cette bouteille c’est tout d’abord que je l’ai trouvé belle, bien habillée, parce qu’elle avait un petit côté aérien, si loin des rucks du rugby moderne qui privilégie le contact, l’impact physique tout en gardant, lorsqu’il est joué par les néo-zélandais, une fluidité étonnante.

 photoW1.jpg

J’ai raté l’Aka. Bonne entame de match des Français mais sur la première action des Blacks nous plantent un essai. Le buteur néo-zélandais se troue 3 fois. Les Français subissent. Belle percée de Trinh Duc stoppée par une cuillère en fin de mi-temps. Score serré à la pause : 5 à 0.

Pénalité NZ puis essai Français de Dusautoir : 8 à 7  score final. Pour les joueurs c’est l’horreur absolue que de perdre d’un petit point. Pour le reste ce n’est que la glorieuse incertitude du sport et surtout pas un deuil national. Bravo les « pioupious » cher à notre regretté Roger Couderc qui doit un peu triste  en sa maison céleste. Le meilleur joueur du monde est sans conteste Thierry Dusautoir, capitaine discret, joueur fair-play et efficace. Un grand monsieur vraiment !

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 00:09

  

Nous sommes nés à quelques jours d’intervalle en juillet 1948, lui Steven Demetre Georgiou, le 21 juillet à Londres, a changé deux fois de nom : d’abord avec le pseudonyme de Cat Stevens entre 1966 et 1978 puis se convertissant à l'islam en décembre 1977 il prend le nom de Yusuf Islam. Et il abandonne la musique pour se consacrer à diverses causes philanthropiques musulmanes. Il revient à la musique en 2006, après un silence de vingt-cinq ans, et entame en 2010 une tournée internationale.

 

Moi j’ai écouté en boucle son album Tea For The Tillerman et j’ai toujours la galette de vinyle 33 Tours dans ma discothèque. Je n’ai pu aller à son concert à Bercy car je m’y prends toujours trop tard mais peu importe, Cat Stevens reste pour moi Cat Stevens, indémodable comme un morceau de ma jeunesse.

 

« À 19 ans, en 1967, il sort un album très remarqué, Matthew and Son. L'album contient de nombreux morceaux phares, dont le mélodieux Here Comes My Baby. Un style est né. Alors que les Beatles ou les Rolling Stones dominent l'époque, Cat Stevens fait clairement entendre sa petite musique folk raffinée, à l'image de Donovan. Bien vite, il confirme les espoirs placés en lui avec Tea For The Tillerman qui le propulse au sommet. Grâce à de ravissantes chansons d'amour, telles que la ballade, exécutée au piano, Sad Lisa et Wild World, il entre au panthéon du rock. Son tube majeur, son grand classique reste Lady d'Arbanville

En décembre 1977, il se consacre définitivement à la religion, opte pour le nom de Yusuf Islam et tourne le dos à son passé. Au grand désespoir de ses admirateurs, il abandonne la musique. N'apparaît plus guère en public… sauf pour démentir des déclarations tonitruantes selon lesquelles il ne condamnait pas la fatwa lancée contre Salman Rushdie pour ses Versets sataniques.»  Olivier Nuc in le Figaro Musique le 15 :04/2011.

 

Extraits de l’interview qu’il a donnée au Figaro avant son concert à Paris Bercy le 26 mai dernier. Son premier en France depuis 35 ans.

 

-         Quelles sont les attentes de votre public? Vous réclame-t-il des chansons en particulier?

 « Lorsque j'assiste à un concert de quelqu'un d'autre, que ce soit Van Morrison ou Rod Stewart, j'attends d'eux qu'ils jouent mes chansons préférées. S'ils ne le font pas, je sortirai énerver. Je veux entendre Van chanter Gloria. Je suis prêt à répondre à cette attente moi-même, et cela me convient. Je vois mes chansons comme un territoire que je peux revisiter. Certaines racontent de façon quasi prémonitoire des événements qui se sont déroulés plus tard dans ma vie. Ce que le public attend de moi avant tout, c'est que je sois honnête. »

 

-         Votre inspiration est-elle aujourd'hui très différente de celle des années 1960 et 1970?

« J'ai derrière la tête un océan d'idées dans lequel je plonge quand bon me semble. Je l'avais mis de côté pendant longtemps. Mais lorsque j'ai repris une guitare, j'ai eu l'impression d'être à nouveau un débutant. Je n'avais rien à perdre. Il y avait beaucoup de chansons à développer. C'est comme en agriculture. J'avais laissé beaucoup de choses en jachère avant de me remettre à cultiver. Je n'ai pas de contrat, je ne suis lié à aucune maison de disques. Je fais les choses quand j'ai envie de les faire. J'ai d'ailleurs beaucoup de chansons prêtes, il faudra que je retourne en studio »

 

 

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