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10 juillet 2019 3 10 /07 /juillet /2019 06:00
Le Blé : aliment indispensable à la vie, pilier de civilisations, marqueur de différences  sociales et culturelles, déclencheur, s’il vient à manquer, de révolutions nationales et de tensions internationales

Dans la vie que l’on vit, la curiosité est le dernier rempart levé contre l’uniformité, les idées reçues, l’approximatif, et rien ne vaut pour la cultiver de fréquenter assidûment les allées bordées  de livres et de revues des librairies indépendantes.

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Ainsi, en feuilletant une revue à la couverture aguichante, Reliefs, Fleuves n°9 j’ai découvert, sous la rubrique : Altitude/Longitude une Petite Histoire du blé signée par Éric Birlouez ingénieur agronome et sociologue de l’alimentation.

 

 

Pierre Fahys est fondateur et directeur de la publication de la revue Reliefs. C'est une magnifique revue de géographie dédiée aux grands voyageurs, aux aventuriers d'hier et de demain, et à la nature. Publication semestrielle née en 2016, le dernier et neuvième numéro est consacré aux fleuves.

 

Le but de cet objet c'était aussi de faire passer un savoir. (...) Les rédacteurs ont la spécificité d'être souvent des chercheurs et de scientifiques, ce sont des spécialistes vraiment du sujet, dans leurs domaines, et c'est ça aussi qui différencie Reliefs d'autres magazines. C'est un travail de vulgarisation scientifique.

 

 

Éric Birlouez je le suis :

Sur les pistes de l'or blanc (le sucre)

Revue Reliefs n°7, 2018

 

ICI 

 

Céréales et civilisations ICI 

 

Extraits :

  1. Voyage au temps des premiers paysans  - Il y a 11 500 ans, sur le site de Jerf el-Ahmar, au nord de l’actuelle Syrie, des hommes cultivaient les terres situées à proximité du fleuve Euphrate. En semant des graines de céréales, cette communauté villageoise a été une des toutes premières à pratiquer l’agriculture. Jusqu’alors, ... les hommes prélevaient leurs aliments directement sur la nature : ils se « contentaient » de les cueillir, de les ramasser, de les déterrer, de les pêcher ou de les chasser. Au Proche-Orient, la collecte de céréales sauvages - engrain (petit épeautre), blé amidonnier, orge - devenues localement abondantes après la dernière glaciation contribuait ainsi à la ration alimentaire des chasseurs-cueilleurs qui peuplaient la région. Cette « économie de prédation » a duré jusqu’au milieu du X° millénaire avant notre ère, date à laquelle certains groupes humains décidèrent de cultiver les céréales sauvages.
  2.  

Une découverte récente - publiée en 2015 dans la revue scientifique PLOS One[1]- a remis en question cette chronologie. Elle a fait faire un spectaculaire bond en arrière de près de 12 000 ans par rapport à la date généralement retenue par les archéologues pour situer l’apparition de l’agriculture. Le site d’Ohalo II, sur les rives du lac de Tibériade en Israël, a livré des milliers de vestiges végétaux vieux de 23 000 ans, entre autres des grains carbonisés d’orge, d’avoine et de blé amidonnier. En les étudiant, les chercheurs ont découvert avec stupéfaction que ces céréales avaient été… cultivées.

 

Peut-on parler pour autant d’une véritable naissance de l’agriculture il y a 23 000 ans ? Selon Georges Willcox, archéobotaniste au CNRS, ce qui a été mis en évidence à Ohalo, ce sont les toutes premières tentatives de culture de céréales par des communautés humaines. Mais la vraie « révolution » agricole, c’est-à-dire la culture permanente et à grande échelle de plantes destinées à l’alimentation n’est réellement intervenue que 11 500 ans plus tard. Un événement fondateur extrêmement récent à l’échelle de l’histoire humaine. En effet, si on « concentrait » cette dernière sur une année-étalon de 365 jours (l’entrée en scène du genre Homo, il y a 2,5 millions d’années, correspondant au 1er janvier), l’agriculture ne serait apparue que le 30 décembre en fin de matinée !

 

Contrairement à une croyance encore répandue dans le grand public, la sédentarisation, au Proche-Orient, de groupes de nomades n’a pas été la conséquence de la décision de ces derniers de devenir paysans. Certes, la culture et le stockage des récoltes sont incompatibles avec la vie itinérante. Mais l’agriculture n’a fait en réalité que conforter la sédentarisation. Cette dernière avait en effet précédé  de plusieurs siècles la mise en culture des sols et l’élevage des animaux. Dans le Croissant fertile, l’agriculture est donc née dans des villages constitués depuis longtemps, et qui présentaient (déjà) une structure sociale complexe et hiérarchisée. Ces habitats permanents avaient été créés dans des sites suffisamment riches en ressources alimentaires pour que leurs fondateurs, tout en demeurant chasseurs-cueilleurs, puissent s’affranchir des rudesses et contraintes de la vie itinérante. Ces nomades devenus sédentaires avaient su inventer des techniques de stockage et de conservation de leurs aliments sauvages (réserves de poissons, fosses à glands ou à châtaignes, silos à grains) qui leur permettaient de passer l’hiver sans souffrir de la faim.

 

Reste une question… Pourquoi ces chasseurs-cueilleurs sédentarisés ont-ils décidé, vers le milieu du X° millénaire avant notre ère, de cultiver des céréales de façon permanente et à grande échelle ?

 

4. Les céréales dans l’histoire de l’alimentation des Français

 

4.1  Le pain, aliment central du Moyen Âge

 

Dès le tout début de l’ère chrétienne, le territoire de la Gaule est décrit par les géographes grecs et romains comme « fertile en blés et en fourrage » (Pomponius Mela) et produisant « une grande quantité de froment et de millet » (Strabon). Le pain gaulois, loué pour sa blancheur et sa légèreté, jouit (déjà) d’une réputation d’excellence. Mais à partir des « invasions barbares » de l’Antiquité tardive (V° siècle), le peuple doit souvent se contenter de céréales dites secondaires - orge, seigle, avoine, millet - moins prestigieuses mais plus robustes et productives que le froment (blé tendre).

 

Au Moyen Âge, toutes les céréales sont désignées par le terme générique de bleds. Les types de sols et les climats locaux déterminent la nature de celles qui sont cultivées, et donc consommées, dans une région donnée. Ainsi, dans de nombreux terroirs (Limousin, Périgord, Auvergne, Forez), le seigle est davantage cultivé que le froment. Pourtant, ce dernier est davantage apprécié mais, comparé au seigle, il est plus fragile, son rendement est plus aléatoire et, de surcroît, il épuise plus rapidement la terre. En revanche, le seigle craint la chaleur : c’est pourquoi les cultivateurs des régions méridionales lui préfèrent l'orge comme substitut au froment.

 

Dans la région de Toulouse, en Gascogne, dans le Béarn et la Bigorre, en Languedoc et dans le Bordelais, le millet est très présent : cette céréale mûrit rapidement, elle résiste à la sécheresse et on peut conserver ses grains longtemps (jusqu’à vingt ans !). Ces derniers sont certes tout petits mais ils sont très nombreux (le terme millet dérive du latin millium, qui signifie « mille »). Les populations de ces régions se nourrissent de « pains de millet », lesquels sont en réalité des galettes plates (dépourvu de gluten, le millet n’est pas panifiable). Avec le millet, on réalise aussi des bouillies et des millasses (ou milhas). A la fin du XVI° siècle, cette céréale typique du sud-ouest sera remplacée par une autre céréale originaire d’Amérique, le maïs.

 

Dans certaines provinces aux sols pauvres et acides comme la Bretagne, le Limousin et l’Auvergne, un nouveau venu – le sarrasin - apparaît à la fin de la période médiévale. Originaire de Sibérie, ce « blé noir » se révèle peu exigeant. Cette appellation est trompeuse car le sarrasin, d’un point de vue botanique, n’a rien à voir avec le blé et les autres céréales qui appartiennent à la famille des Poacées (graminées). Son statut de céréale vient du caractère nutritif de ses grains, consommés exclusivement sous forme de bouillies ou de galettes.

 

La couleur du pain, un marqueur social

 

Tout au long du Moyen Âge, le pain que mangent les paysans français est le plus souvent un pain « gris », à la mie compacte. Il est élaboré à partir d'un mélange de céréales (ou méteil) dans lequel le froment est souvent minoritaire. Ce dernier est en effet la céréale « noble » : sa production sert en priorité à payer l’impôt en nature dû au seigneur et aux autorités ecclésiastiques. De ce froment, on tire une farine de couleur claire (plus ou moins blanche, en fonction du degré de blutage c’est-à-dire de raffinage de la farine). Cette « blancheur » est très appréciée en raison de sa signification symbolique : elle est associée à la pureté et à la lumière divine. C'est ce type de pain, le plus cher, que consomment les nobles. Comme le gibier, les grands volatiles sauvages (cygnes, hérons, paons, grues, cigognes, faisans) ou encore les épices exotiques, le pain blanc de froment représente, pour les élites médiévales, un aliment de distinction sociale, un signe extérieur de richesse et de supériorité.

 

Les paysans et travailleurs urbains du Moyen Âge ingèrent chaque jour des quantités considérables de pain. En période normale, un homme adulte en consomme entre un kilo et un kilo et demi (un document daté de 1373 indique que chaque pêcheur des étangs d’Argilly, en Bourgogne, en reçoit trois kilos par jour). Tous les autres aliments constituent le companage, étymologiquement « ce qui est mangé avec le pain ». Le terme atteste de l’importance de ce dernier : à elles seules, les céréales apportent entre 80 % et 90 % des calories fournies par la ration quotidienne. A la campagne, cette dernière comporte également des légumes, des légumes secs (lentilles, pois chiches, fèves), des fruits frais et secs, des herbes sauvages… A ce régime alimentaire essentiellement végétal s’ajoutent un peu de viande, de lait et de fromage, de poisson et d’œufs.

 

Le pain des pauvres est découpé en tranches épaisses qui sont déposées dans l’écuelle et sur lesquelles on verse un bouillon de légumes (plus rarement de viande) ou du vin. Ces tranches de pain portent le nom de « soupes » (plus tard, ce terme désignera le liquide fumant, odorant et roboratif). Elles sont à l’origine d’expressions comme « tremper la soupe » (se mettre à manger) ou « être trempé comme une soupe ».

 

Dans les campagnes, on ne cuit pas le pain tous les jours, ni même toutes les semaines : cela serait bien trop coûteux en temps et en combustible. C’est pourquoi les paysans fabriquent de grosses pièces de pain (jusqu’à sept kilos), qu’ils mangent le plus souvent rassis. A partir du XI° siècle, les céréales récoltées doivent obligatoirement être portées au moulin banal. La cuisson doit, elle aussi, être réalisée dans le four banal. Comme le pressoir, ce moulin et ce four d’usage collectif sont la propriété du seigneur local (dont le pouvoir est symbolisé par sa… bannière). L’utilisation contrainte de ces « monopoles technologiques » s’accompagne du versement de banalités, c’est-à-dire de redevances en nature (une partie de la farine de froment obtenue après mouture, une partie des miches de pain qui ont été cuites).

 

Les nobles et les riches bourgeois ont le privilège d’avoir toujours du pain blanc et frais à leur table. Sur celle-ci sont également disposés des « tranchoirs » : ces tranches de pain bis à la mie bien serrée font office d’assiettes (lesquelles n’apparaîtront qu’à la Renaissance). Après le repas, ces tranchoirs tout imbibés des sauces et graisses des aliments qu’ils ont accueillis sont jetés aux chiens… ou distribués aux pauvres.

Marché mondial du blé mars 2018 - UNIGRAINS

ICI

 

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9 juillet 2019 2 09 /07 /juillet /2019 06:00
SANTÉ : Le déménagement de la Veuve « J'veux d'abord voir l'outil ! J'ai payé pour ça ! » Passevache (1926)

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C’est ma voisine je la mate depuis la fenêtre de ma cuisine, elle s’est fait faire un long lifting, la voilà de nouveau debout, ouverte et fermée, la prison de la Santé. Elle n’est ni belle ni moche, elle est toujours là derrière les murs en meulière apparente, datant de la création de l'établissement en 1867, qui ont été conservés. A l'intérieur, la "rotonde" historique, symbole du fonctionnement "panoptique", permettant à un gardien - remplacé par un poste de contrôle équipé de caméras - d'observer en même temps plusieurs coursives, existe toujours mais a été rénovée. Côté cellules, en revanche, c'est le grand changement.

 

« C’est le quartier bas, c’est le quartier qui a été réhabilité, détaille Christelle Rotach, la directrice de la prison. Les murs ont été conservés, les cellules réaménagées. De trois cellules existantes, on en a fait deux, pour pouvoir ménager un espace sanitaire plus conséquent avec le toilette et la douche. »

 

D'une taille de 9 m², les cellules ont été imaginées comme individuelles. Dans les faits toutefois, elles devraient être rapidement doublées alors que la surpopulation carcérale a encore augmenté au mois de décembre dernier. Elles sont toutefois plus grandes que les anciennes, et plus modernes. Chaque cellule dispose d'un évier, d'une télévision, d'une plaque-chauffante et d'une douche.

 

ICI 

 

Ce matin un petit zoom arrière pour évoquer la Veuve que Robert Badinter a condamné à n’être plus qu’un objet de curiosité pour nos petits loupiots qui proclament que c’était mieux avant : la guillotine.

 

 

Alexandre Vialatte  « Les étapes de l’humanité » La Montagne 18 décembre 1966

 

SANTÉ

 

J’ai longtemps habité en face d’une grande prison.

 

Heureux temps ! Je ne voyais que le ciel, les hirondelles ; quelques fenêtre de cellule. Parfois la guillotine. Rarement.

 

Ces jours-là ( je ne crois pas me tromper) le vent m’apportais une odeur fade ; les corbeaux mangeaient les feuilles mortes, mes visiteurs marchaient de côté pour se déplacer parallèlement au mur, afin de tourner le dos à la fenêtre. Le quartier de haute surveillance brillait de mille feux jusqu’au matin. L’aumônier allait et venait entre la prison et le couvent. Il eut longtemps, parmi ses condamnés à mort, un Sénégalais homicide qui avait pris goût au catholicisme. On le baptisa. (Il fallut l’empêcher de prendre des noms extravagants, tel que saint Jean Porte Latine.) Telle était sa soif de religion qu’il voulait qu’on recommence tout de suite. Il eut aimé se faire baptiser toute la journée.

 

Le pauvre garçon a dû finir bien tristement.

 

J’avais une baignoire 1900 où un bœuf aurait pu se baigner. J’y faisais la planche, les bras en croix. Que de bons souvenirs. À trois pas de chez moi  se dressaient l’asile de fous et l’école maternelle, plusieurs couvents, de nombreux hôpitaux, bref de quoi passer toute une vie, naître, mourir, tuer, voler, pécher, se repentir et expier longuement, sans jamais sortir de la rue.

 

 

En 1911, suite au déplacement du lieu d’exécution au boulevard Arago, un local est spécialement aménagé pour accueillir la guillotine à la prison de la Santé. Cependant, c’est pendant encore plusieurs années que l’on verra la “veuve” quitter son hangar de la rue de la Folie-Régnault pour des exécutions en province.

 

Anatole Deibler conservait en réalité deux guillotines dans le vieux hangar : le “bijou” et la “Parisienne”, ainsi qu’elle furent nommées par Nicolas Roch, l’un de ses prédécesseurs. La première est employée pour les exécutions parisiennes alors que la deuxième, autre modèle dit Berger, est destinée aux sorties en province.

 

Le dimanche 20 août 1911, accompagné de ses aides, Anatole Deibler prépare ce déménagement, il est prévu pour le lendemain. Lundi matin, le 21 août, les portes du hangar s’ouvrent et ce sont bien les deux guillotines qui ce jour-là partent pour la Santé.

 

Plongées dans le noir de leur nouvelle remise, les deux sœurs attendent côte à côte le jour où l’une d’entre elles sortira officier, et c’est le 5 septembre 1911 que la “Parisienne” est transportée Gare de Lyon à destination de Melun. Le lendemain, elle coupera une tête, celle de Lucien Pajot, assassin de la fille Ambroise.

 

Nous sommes en 1912 et, après plusieurs mois d’attente, le “bijou” va lui enfin fonctionner car la prochaine exécution parisienne est prévue pour le 20 janvier. La veille et durant la nuit, à la prison de la Santé, tout le monde attend la venue de Deibler, mais rien, personne…

 

Pourtant, au petit matin, le bourreau et ses aides sont là, boulevard Arago, en train de monter les bois de justice.

 

Le 27 janvier 1912, une note du préfet de police est envoyée au service de sûreté. Le préfet s’interroge sur le lieu de stockage des bois de justice. Il demande que l’exécuteur en chef des arrêts criminels, monsieur Deibler, clarifie la situation. Le fourgon servant à transporter la guillotine ayant été retenu chez le carrossier pour réparation, comment Deibler a-t-il fait pour déplacer la « veuve » de sa remise à la prison de la Santé jusqu’au boulevard Arago, lieu des exécutions parisiennes?

 

Le rapport tombe le 29 janvier et est remis le lendemain.

 

Si les bois de justice ont bien été transférés à la Santé le 21 août 1911, Deibler conserve également une autre guillotine, et son fourgon, au hangar du 60 bis rue de la Folie-Régnault. Cette guillotine, dont l’emplacement est plus proche des gares, est normalement réservée aux exécutions dans les autres départements ; mais c’est elle qui, exceptionnellement, fut employée pour l’exécution d’Arthur Renard.

 

Suite à sa sortie en province, la “Parisienne” n’avait donc pas regagné la prison de la Santé mais était revenue loger rue de la Folie-Régnault. Deibler avait visiblement jugé le nouveau trajet problématique. Cette deuxième guillotine aura donc volé, ce samedi 20 janvier 1912, la vedette au “bijou” et honoré son autre surnom : “la suppléante”.

 

Elle restera remisée dans le bon vieux hangar au moins jusqu’en 1914.

 

Jacques Delarue, dans Le métier de bourreau, avance l’année 1930, mais ce point reste à confirmer ou infirmer...

 

Source : ICI 

 

 

Anatole Deibler, l'exécuteur qui n'a jamais reçu la moindre plainte de ses 395 clients à travers tout le pays. À commencer par le parricide Georges Duchemin, meurtrier de sa mère, exécuté le 6 août 1909. Cinq ans plus tard, c'est au tour de trois des membres de la bande à Bonnot de faire connaissance avec la « Veuve ». André Soudy, 21 ans, qui, au réveil, chantonne et demande deux croissants. Raymond la Science, 23 ans, qui jette : « C'est beau, l'agonie d'un homme qui va mourir ! » Et enfin, Étienne Monier, 24 ans, qui s'écrie avant de perdre la tête : « Adieu à vous tous, messieurs, et à la société aussi. » Les corps de ces deux hommes seront livrés à la faculté de médecine pour autopsie.

 

91 condamnés guillotinés

 

Autre guillotiné célèbre, le Dr Marcel Petiot pour le meurtre de 26 personnes durant l'Occupation. Il leur avait fait espérer une filière d'évasion. Au lieu de cela, il les gazait dans sa cave avant de s'emparer de leurs bijoux et de leur argent. En tout cas, en voilà un qui n'avait pas peur de la mort. Après avoir répondu « Tu m'emmerdes » au procureur qui l'engage à avoir du courage, il prononce ses dernières paroles : « Messieurs, je voudrais que vous détourniez le regard. Ça ne va pas être beau. Je voudrais que vous conserviez de moi un bon souvenir. » Les deux dernières exécutions à la Santé seront celles de Roger Bontems et de Claude Buffet, le 28 novembre 1971. C'est un total de 91 condamnés à mort qui auront été guillotinés dans (54) et hors de la Santé (37).

 

 

On perçoit bien quelques bruits de clés et de verrous qui coulissent lourdement, mais c'est surtout un silence pesant qui nous enveloppe lorsque l'on pénètre dans la maison d'arrêt de la Santé. Ce lundi 21 juillet 2014, un étrange climat règne au sein du seul établissement pénitentiaire parisien, déserté pour la première fois par ses prisonniers. La veille, les soixante derniers détenus ont été transférés vers la prison flambant neuve d'Orléans-Saran (Loiret). Seuls les pensionnaires qui bénéficient du régime de semi-liberté reviendront en fin d'après-midi pour y passer la nuit. D'ici là, les gardiens continuent leur ronde, refermant mécaniquement les portes derrière eux, un peu abasourdis par ce calme inhabituel.

 

Inauguré en 1867, cet établissement mythique fait figure de vétéran au sein du grand chantier de modernisation pénitentiaire lancé par la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Doté d'un budget de 800 millions d'euros, il comprend également la rénovation des Baumettes à Marseille (Bouches-du-Rhône) et celle de Fleury-Mérogis (Essonne). Depuis janvier, ce sont des transfèrements progressifs vers d'autres établissements pénitentiaires français, déjà surpeuplés, qui ont permis de vider petit à petit et sous haute surveillance les 621 détenus de la prison de la Santé.

 

ICI 

 

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8 juillet 2019 1 08 /07 /juillet /2019 06:00
LE PETIT CHAPERON ROUGE DANS LA TRADITION ORALE Yvonne Verdier ethnologue et sociologue française…

Adepte des petits livres que je peux glisser dans ma poche, ceux des éditions Allia font mon miel. Ainsi, le petit chaperon rouge dans la tradition orale d’Yvonne Verdier, 6,20 €, format : 100 x 170 mm, 80 pages.

 

Pax ne pourra pas m’accuser de le ruiner, c’est moins onéreux qu’une quille de vin à poils…

 

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Le Petit Chaperon Rouge est certainement à ce jour un des contes les plus connus et racontés en Europe.

 

« Cette histoire, déjà bien avant sa mise à l'écrit par Charles Perrault en France (1695) et les Frères Grimm en Allemagne (1812), a été maintes fois racontée par des nourrices ou lors des veillées sous différentes versions. Cependant, les récits oraux qui ont inspiré cette mise à l'écrit sont relativement éloignés des interprétations qui ont perduré dans l'imaginaire collectif.

 

Si elles reprennent chacune la même trame narrative, les deux versions écrites se distinguent par leur fin : chez Perrault, le loup dévore la petite fille, et chez le Frères Grimm apparaît le motif du chasseur qui éventre l'animal pour sauver la fillette et la grand-mère.

 

Une des principales distinctions entre ce conte dans la tradition orale et dans la tradition littéraire est déjà le choix du chemin qu'offre le loup à la protagoniste : celui des épingles ou celui des aiguilles ?

 

« Je m’en vais par ce chemin ici et toi par ce chemin-là, et nous verrons qui plus tôt y sera »

(Perrault).

 

La question du chemin à prendre, qu’il soit entendu au sens propre ou figuré, occupe une place centrale dans la plupart des versions, orales ou littéraires, du Petit Chaperon rouge.

« Quel chemin prends-tu ?

dit le Bzou (Loup-Garou), celui des Aiguilles ou celui des Epingles ? »

 

Un décryptage du célèbre conte

 

Dans son livre Le Petit Chaperon Rouge dans la tradition orale (Ed. Allia), Yvonne Verdier avance une analyse de cette curieuse formulation : l'éducation des filles dans le milieu paysan du XIXème siècle.

Les jeunes adolescentes, l'hiver de leurs quinze ans, étaient envoyées au

près d'une couturière pour apprendre à travailler avec des aiguilles; c'était une sorte de rite de passage, une certification de leur entrée dans l'âge adulte. L'épingle, quant à elle, renvoie à la parure, aux sorties pour danser et aux amoureux qui faisaient la cour en offrant des épingles à leur bien-aimée.

 

Yvonne Verdier y développe une analyse de la féminité et des messages sous-jacents que porte le conte dans sa narration. La jeune fille choisit parfois un chemin, parfois l'autre.

 

Dans une version du Forez, la fillette explique son choix : 

 

« J'aime mieux le chemin des épingles avec lesquelles on peut s'attifer que le chemin des aiguilles avec lesquelles il faut travailler », mais il lui arrive aussi de choisir le chemin des aiguilles : « Je vais prendre le chemin des aiguilles. Je vais en ramasser, de celles qui auront de gros trous, pour ma grand-mère qui ne voit plus clair » (version du Morvan).

 

Source ICI 

 

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Le Chaperon Rouge, donc. C’est de ça qu’il s’agit. Même si j’ose imaginer que tout le monde connait ce conte fameux, par les versions de Perrault ou des frères Grimm, il convient d’en donner un bref résumé. Présent dès le XIVème siècle, il raconte – dans les grandes lignes, nous ne sommes pas là pour évoquer toutes les versions – l’histoire d’une jeune fille envoyée par sa mère voir sa grand-mère pour lui porter un repas. En chemin, elle rencontre un loup à un carrefour et ils empruntent chacun un chemin. Arrivée chez sa mère-grand, la jeune fille prépare à manger à celle-ci (qui a été dévorée en partie par le loup qui a pris sa place en se travestissant) et se fait ensuite dévorer ou parvient à s’enfuir après s’être rendue compte de la supercherie.

 

Yvonne Verdier, par l’étude du vocabulaire et des parties du conte recueillis dans 5 régions différentes à la fin du XIXème siècle par le folkloriste français (Bourguignon, même) Paul Delarue : Nivernais, Hautes-Alpes, Loire, Forez et Velay. De l’étude de ces 5 différentes versions, recueillies directement de la bouche des ruraux par Delarue, elle va tenter d’analyser la composition du conte avant les versions moralistes de Perrault.

 

Yvonne Verdier passe donc en revue 7 aspects du conte :

 

La grand-mère oubliée

Du bon usage des épingles

Un repas fortifiant

Une partie de cache-cache…

Qui a mangé la galette ?

La maison dans la forêt

Un loup beaucoup trop populaire

 

Successivement, l’auteure va revenir sur plusieurs faits notables des différentes versions en commençant par déconstruire une bonne partie des versions écrites, notamment au travers de l’oubli, dans celles-ci, de la figure de la grand-mère, relativement laissée au second plan derrière le duo chaperon-loup. Ensuite, on bascule sur une analyse des gestes et des choix de la jeune fille. Celle-ci, dès sa rencontre en forêt, entame une série de choix qui lui permettront, en fin de conte, de ressortir comme une femme.

 

Yvonne Verdier replace le Petit Chaperon rouge dans son contexte rural. Car, en dévoilant tous les sens cachés d'un véritable conte initiatique, ponctué de rites de passage, c'est aussi toute une société en voie de disparition qu'elle met à l'honneur, avec tendresse et force savoir… Mais gare ! Vous risquez désormais de confondre le loup avec le prince charmant.

 

 

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La Fille et le loup (1874)

 

La Fille et le loup est une variante du Velay du Petit Chaperon rouge, contée en juillet 1874 par Nanette Lévesque, femme illettrée habitant Fraisse (Loire) née vers 1794 à Sainte-Eulalie (Ardèche). Recueillie par V. Smith (Contes de Nanette Lévesque, Bibliothèque de l’Institut catholique), cette version situe le départ de la fillette dans le contexte des activités de la société paysanne de l’époque : "affermée" dans une maison pour garder deux vaches, le Chaperon est "payé" et reçoit "encore une petite pompette" et "un fromage" qu’elle va porter à sa mère….

 

        Une petite fille était affermée dans une maison pour garder deux vaches. Quand elle eut fini son temps, elle s'en est allée. Son maître lui donna un petit fromage et une pompette de pain.

 

– Tiens ma petite, porte çà à ta mère. Ce fromage et cette pompette y aura pour ton souper quand tu arriveras vers ta mère.

 

La petite prend le fromage et la pompette. Elle passa dans le bois, rencontra le loup qui lui dit : Où vas-tu ma petite ?

 

– Je m'en vais vers ma mère. Moi j'ai fini mon gage.

 

– T'ont payé ?

 

– Oui, m'ont payé, m'ont donné encore une petite pompette, m'ont donné un fromage.

 

– De quel côté passes-tu pour t'en aller ?

 

– Je passe du côté de les épingles, et vous, de quel côté passez vous ?

 

– Je passe du côté de les aiguilles.

 

Le loup se mit à courir, le premier, alla tuer la mère et la mangea, il en mangea la moitié, il mit le feu bien allumé, et mit cuire l'autre moitié et ferma bien la porte. Il s'alla coucher dans le lit de la mère.

 

La petite arriva. Elle piqua la porte : Ah ! ma mère, ouvrez-moi.

 

– Je suis malade ma petite. Je me suis couchée. Je peux pas me lever pour t'aller ouvrir. Vire la tricolète. Quand la petite virait la tricolète, ouvrit la porte entra dans la maison, le loup était dans le lit de sa mère.

 

– Vous êtes malade, ma mère ?

 

– Oui je suis bien malade. Et tu es venue de Nostera.

 

– Oui, je suis venue. Ils m'ont donné une pompette et un fromageau.

 

– Ça va bien ma petite, donne m'en un petit morceau. Le loup prit le morceau et le mangea, et dit à la fille, il y a de la viande sur le feu et du vin sur la table, quand tu auras mangé et bu, tu te viendras coucher.

 

Le sang de sa mère, le loup l'avait mis dans une bouteille, et il avait mis un verre à côté à demi plein de sang. Il lui dit : Mange de la viande, il y en a dans l'oulle ; il y a du vin sur la table, tu en boiras.

 

Il y avait un petit oiseau sur la fenêtre du temps que la petite mangeait sa mère qui disait :

 

– Ri tin tin tin tin. Tu manges la viande de ta mère et tu lui bois le sang. Et la petite dit :

 

– Que dit-il maman, cet oiseau ?

 

– Il dit rien, mange toujours, il a bien le temps de chanter.

 

Et quand elle eut mangé et bu le loup dit à la petite : Viens te coucher ma petite. Viens te coucher. Tu as assez mangé ma petite, à présent et bien viens te coucher à ras moi. J'ai froid aux pieds tu me réchaufferas.

 

– Je vais me coucher maman.

 

Elle se déshabille et va se coucher à ras sa mère, en lui disant :

 

– Ah ! maman, que tu es bourrue !

 

– C'est de vieillesse, mon enfant, c'est de vieillesse.

 

La petite lui touche ses pattes : Ah ! maman que vos ongles sont devenus longs.

 

– C'est de vieillesse, c'est de vieillesse.

 

– Ah ! maman, que vos dents sont devenues longues. C'est de vieillesse, c'est de vieillesse. Mes dents sont pour te manger, et il la mangea.

 

 

Le Petit Chaperon rouge
Trois contes de tradition Orale

ICI

Yvonne Verdier Ethnologue et sociologue française, Yvonne Verdier publie en 1979 Façons de dire, façons de faire, reconnu aussitôt comme une grand livre d’ethnographie villageoise, monographie de Minot, un village de Bourgogne où elle recueille la "parole vive des bonnes femmes". Elle donne ensuite quelques articles sur le conte populaire en général et en particulier sur le Petit Chaperon rouge, en s’efforçant de penser ensemble littérature orale et institutions et de décrypter toutes les "façons de faire, façons de dire" qui en éclairent jusqu’au plus énigmatique détail. Elle disparaît à la fin de l’été 1989 en laissant un manuscrit inachevé consacré à Thomas Hardy. 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 07:00
Le manuel d’économie de Raymond Barre fut un véritable best-seller, je dois avouer qu’il m’est tombé des mains. « Nous avons un système fiscal qui marche sur la tête. »

L’un de mes souvenirs de Raymond Barre c’est une vision de lui encore Premier Ministre de Giscard, avachi au fond d’une DS noire, arrêtée à un feu tricolore du boulevard des Invalides, sans escorte, sans gyrophare, cigarette au bec, les paupières lourdes, lessivé. J’étais juché sur mon grand Batavus, à sa hauteur. C’était à la veille du premier tour de la présidentielles de 1981.

 

Étudiant en droit  je dû suivre en première année un module d’économie, le prof nous recommanda le Raymond Barre. Je me rendis à la bibliothèque pour le consulter, il me tomba des mains.

 

« Raymond Barre s'est décidé à réactualiser de fond en comble son Manuel d'économie, qui a servi à des générations d'étudiants depuis la première édition en 1955, mais qui était épuisé depuis la fin des années 70. Le livre, économie politique, est cette fois cosigné par Frédéric Teulon, un enseignant de 38 ans qui a déjà écrit plusieurs ouvrages économiques et financiers pour les PUF. "Nous avons conservé 60% de la précédente édition", explique Frédéric Teulon, « c'est une performance pour un livre d'économie vieux de vingt ans ». ICI 

 

Lorsque les journalistes le présentèrent comme le meilleur économiste de France je fus loin d’être convaincu.

 

L’Humanité écrivait RAYMOND BARRE NE DORT PAS, IL RÉFLÉCHIT...

Le Jeudi, 5 Février 1998

 

RAYMOND BARRE ne dort pas pendant les réunions, il réfléchit. Le maire de Lyon ne s'assoupit pas à l'Assemblée nationale où lors des conseils municipaux, il se concentre. Les clichés sur l'ancien premier ministre ne tiennent pas. Raymond Barre sait tout ou presque sur sa ville, sa région, le pays. A Lyon, une équipe renouvelée lui assure des informations de première main. Et l'ancien premier ministre conserve ses réseaux nationaux et ses relations internationales, à Davos et ailleurs. Raymond Barre, intelligence cultivée et honnêteté personnelle reconnue, remplit, sans faille, son contrat: il est l'homme du capital avec un œil et les deux oreilles attentives sur la région Rhône-Alpes. »

 

Et puis patatras Raymond Barre, le meilleur économiste de France avait un compte en Suisse

 

Le Canard Enchaîné révèle qu’une enquête a été ouverte au sujet d’un compte en Suisse ouvert au nom de Raymond Barre. A la mort de l’ancien Premier ministre, et ancien maire de Lyon, en 2007, le compte affichait un montant considérable : 11 millions de francs soit l'équivalent de 6,78 millions d'euros, non divulgués au fisc français.

 

Pour l’historien, cette annonce n'est pas une mince surprise. Et d’abord, tout simplement, pour celui qui connaît les différentes fonctions occupées par Raymond Barre au cours de sa longue carrière. On a du mal à voir comment il aurait pu mettre une telle somme de côté. Raymond Barre fut en effet professeur, il a travaillé à la Commission européenne, puis il a occupé différents postes ministériels, dont celui de Premier ministre (1976 et 1981) et celui de maire de Lyon (1995 et 2001).

 

Pas vraiment de quoi dégager une telle somme. Cette annonce est également une surprise davantage politique, compte tenu de son discours, notamment à Matignon car Raymond Barre, c’est l’homme de la lutte contre l’inflation, qui passe par une maîtrise des dépenses publiques avec un grand plan d’austérité dès le mois d’austérité.

 

Faire disparaître la fraude fiscale

 

Et dans cette image de sérieux, et de rigueur, il y a aussi une dimension fiscale. La lutte contre les fraudeurs, Raymond Barre en hérite. C’était l’un des grands axes du gouvernement précédent, le gouvernement Chirac, avec le ministre de l’économie Fourcade qui en avait fait une priorité en 1975. Mais Barre la poursuit.

 

Dans son discours de politique générale d’octobre 1976, il déclare notamment : « La justice sociale ne repose pas seulement sur un effort de solidarité nationale, mais aussi sur une réduction des illégalités. La première démarche en ce domaine est de faire disparaître la fraude fiscale. Celle-ci crée des privilèges iniques auxquels les Français sont de plus en plus sensibles. » 

 

Outre la lutte contre la fraude fiscale, Raymond Barre s’engage plus largement en faveur de la transparence fiscale. C’est toujours à l’Assemblée nationale, mais quelques jours plus tard qu'il déclare : « Le gouvernement comprend le souci exprimé par beaucoup de Français de faire disparaître certaines zones d'ombre qui existent dans la fiscalité française. Il est prêt à renforcer la transparence fiscale.

 

La lutte contre la fraude fiscale touchera quelques célébrités, comme Charles Aznavour ou Michel Polnareff, et on assistera à une multiplication de contrôles fiscaux de commerçants dont certains s’achèveront dramatiquement par des suicides, des cas très médiatisés à l’époque.

 

Un système fiscal baroque

 

Mais dans le même temps on accusera le gouvernement Barre de ne pas en faire assez pour les fraudeurs en col blanc, et notamment de protéger quelques fraudeurs grâce à une disposition de 1977. A partir de cette date, la poursuite pénale des fraudeurs ne peut être déclenchée qu’à l’initiative de l’administration fiscale, qui dépend du ministère du budget, uniquement sur avis favorable de la Commission des infractions fiscales (CIF), créée en 1977.

 

C’est ce qu’on appelle le fameux "verrou de Bercy". Evidemment, rien ne permet d’affirmer, malgré les révélations du jour, qu’il s’agissait alors d’éviter à l’avenir des poursuites pénales pour tel ou tel fraudeur fiscal qui aurait un compte dans une banque helvétique.

 

Pour finir, écoutons Raymond Barre à l’Heure de Vérité, présentée par François-Henri de Virieu, en 1984 et en 1987. Et à la lumière des révélations du jour par le Canard enchaîné, on ne peut que souscrire à ces propos : « Nous avons un système fiscal dont le moins que l'on puisse dire est qu'il est baroque et ce n'est pas un joli baroque. Je vous réponds honnêtement parce que nous sommes à L'Heure de Vérité. Nous avons un système fiscal qui marche sur la tête. »

 

Citations de Raymond Barre

 

La France vit au-dessus de ses moyens.

La meilleure façon de résoudre le chômage, c'est de travailler.

Les fonctionnaires sont des nantis.

Je préfère être impopulaire qu'irresponsable.

L'utilité est une notion qui se distingue de la morale et de l'hygiène.

Il faut être crédible pour être écouté.

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 06:00
Brèves de lavoir (7) Nus, outrage à la pudeur, Erri De Luca

Nus : dans les grandes salles de l’asphyxie ou devant les fosses communes avant d’être fusillés, ils devaient se déshabiller.

 

Il existe chez nous le ridicule délit d’outrage à la pudeur. Mais là, face à ces corps sans défense et nus, l’outrage à leur pudeur donnait à mon visage le rouge d’une gifle. Je n’ai jamais vu mon père nu.

Le tort du soldat

Erri De Luca 2012 Il Torto Del Soldato Le Tort du Soldat 2013 Gallimard

 

Sculpture de Françoise Salmon au camp de Neuengamme. 

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6 juillet 2019 6 06 /07 /juillet /2019 06:00
« La vulgarité de mon sujet me donne parfois des nausées ; je ne fais autre chose que de doser de la merde » Flaubert

« États-Unis. Novembre 2016. Un magnat de l’immobilier gagne les élections présidentielles. Narcissisme, ignorance, grossièreté, brutalité : il coche toutes les cases. Un mot revient en boucle pour qualifier le personnage : vulgarité. »

 

Comme de nos jours les grands chefs de cuisine ont été érigé en grands penseurs des temps modernes, que les critiques gastronomiques se piquent de philosophie, qu’Onfray, Houellebecq et autres graphomanes se vautrent dans la vulgarité tels des porcs dans le lisier, que les sociologues patentés se sont à jamais discrédités dans leurs bafouilles indignes sur les gilets jaunes, que le fric-roi ruisselle sur une poignée de privilégiés, que la communication  a remplacé la réflexion, que le Medef ose inviter une ignare qui n’a jamais rien fait de ses dix doigts, que Mélenchon éructe, que le moi je s’impose, que le chacun pour soi occupe tout l’espace, que le ce n’est pas de ma faute dégouline, que le faux-luxe à la Bernard Arnault nous domine, que les grands prédateurs de la distribution et de l’agroalimentaire font semblant de compatir sur le triste sort des producteurs de minerai, que comme l’écrit Catherine Bernard « nous, vous, moi continuons à prendre l’avion comme nous allons promener le chien, goûtons aux fruits exotiques comme si on les cueillait sur l’arbre, mettons la capsule dans la machine à café comme un timbre sur une lettre », que nous brûlons nos dernières cartouches avec la désinvolture d’un Gainsbourg, j’ai décidé d’entrer en guerre contre la vulgarité.

 

Posture, imposture, dictature des médiocres, le paraître, l’indécence des élites, la déliquescence d’une gauche qui n’a plus que sa bonne conscience en bandoulière, la grossièreté, le sans-gêne :  

 

« Au surplus, le pouvoir que donne l’argent et la fascination qu’il exerce  sur autrui portent à certains travers : l’égocentrisme, la vanité, la prétention ou encore le sans-gêne impoli et grossier »

Bertrand Buffon. Vulgarité et modernité chez Gallimard

 

« L’âme médiocre, se sachant médiocre, a la hardiesse d’affirmer les droits de la médiocrité et les impose partout. »

« Quiconque n’est pas comme tout le monde, ne pense pas comme tout le monde, court le risque d’être éliminé »

J.Ortega y Gasset La révolte des masses

 

On va me rétorquer, rien que des conservateurs élitistes, des réactionnaires !

 

Oui, et pour en remettre une couche je sors Paul Bourget et Barbey d’Aurevilly.

 

Le premier raille Zola à propos du Ventre de Paris :

 

« Il entend les odeurs de fromage chanter des symphonies. Les tas de poissons amoncelés lui  arrachent des larmes d’admiration. »

Le roman réaliste et le roman piétiste.

 

Le second s’indigne :

 

« À lire ce roman, on a l’impression que « la Charcuterie est l’Idéal des temps modernes » car « nulle part et dans aucun livre la charcuterie n’a été traitée avec une telle importance, et décrite avec autant de science technique et de connaissance du métier. »

Article paru dans le Constitutionnel du 14 juillet 1873 

 

Flaubert se plaint dans les lettres qu’il adresse à Louise Colet :

 

« La vulgarité de mon sujet me donne parfois des nausées, et la difficulté  de bien écrire tant de choses si communes encore en perspective m’épouvante. Quand j’aborde une situation, elle me dégoûte d’avance par sa vulgarité ; je ne fais autre chose que de doser de la merde. »

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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 06:00
Pour 1 petite tranche d’andouille de porc noir de Bigorre je suis prêt à aller en pèlerinage à Lourdes à pied…

Commençons par mon habituel  couplet sur mes exploits d’enfant de chœur de la paroisse Saint Jacques le majeur de la Mothe-Achard. Le curé doyen Bailly proposa à certains d’entre nous, dont mon ami Dominique Remaud, d’aller en pèlerinage à Lourdes. Nous acceptâmes avec enthousiasme, sortir de notre trou pour voir du pays ça nous changerait de la plage des Sables- d’Olonne. Nous embarquâmes dans la Dauphine du curé-doyen, une Renault traction arrière véritable cercueil roulant. Nous arrivâmes vivants. Notre amour de la Vierge n’étant pas évident nous menâmes le curé-doyen par le bout du nez. La retraite aux flambeaux et le pilotage des malades vers la baignade furent de grands moments. Bref, Lourdes, pour moi, avec ses rues bordées de marchands du temple, fortifia mon anticléricalisme naissant.

 

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Les Hautes-Pyrénées revinrent à moi bien plus tard lorsque Jean Glavany, chef de cabinet de Tonton, se mit en tête de se présenter aux législatives dans ce département en 1988 la 1ère circonscription. Il est battu. En 1993, il se représente, auparavant du côté de l’Elysée il nous est demander de dégager du terrain un récalcitrant, dont j’ai oublié le nom, qui a la bonne idée d’être prof de lycée agricole : à l’Inspection Générale ! Il gagnera  ces élections. Pas joli, joli, mais c’était ainsi sous la Ve République de Gaulle compris.

 

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Revenons à nos cochons.

 

Mon charcutier de la rue de Tolbiac, un survivant, M. Pellé, dans son vaste assortiment de cochonnailles m’a fait découvrir l’andouille de porc noir de Bigorre.

 

 

À la première bouchée je suis tombé de ma chaise, puis j’ai boulotté le reste en moins de deux.

 

Depuis je suis addict sauf qu’un jour chez Pellé, l’une des charmantes dames préposée au service, l’air marrie, m’a répondu : « y’en a plus… » Non pas de façon définitive mais il me faudrait attendre la prochaine livraison.

 

Frustration !

 

Ce mardi, ayant une envie de pied de cochon, je file chez Pellé. À ma première question « avez-vous de l’andouille de porc noir de Bigorre ? » une des charmantes vendeuses en blouse me répondit oui en exhibant un morceau d’andouille. Alors je lui répondis « J’en veux tout une ! » Un peu surprise la dame fila dans la réserve et me rapporta une andouille de porc noir de Bigorre sous son capuchon de plastique.

 

Ainsi j’ai pu sur l’étiquette noter le fournisseur :

 

Le Noir de Bigorre

 

Porc noir de Bigorre

Pyrène Aéropôle - Route de Lourdes

65290 LOUEY

Tél. 05 62 56 32 98 /

ICI 

 

ANDOUILLE BÉARNAISE

http://www.porcnoir.fr/Fichiers/catalogue/144654andouille.png

Je suis mauvaise langue, ça m’a fait penser à François Bayrou.

 

 

Pour le cochon je donne la parole à Jacky Durand qui 23 novembre 2018 en parle mieux que moi.

 

Des porcs noirs dans l’exploitation de Patrick Escudé à Saint-Maur (Gers), le 20 novembre.

 

LE NOIR DE BIGORRE, AU NOM DU PORC

 

Il était une fois donc un cochon plus tricard qu’une tranche de jambon sous plastique dans un Monop à 22 heures. Nous sommes en 1981, le porc noir de Bigorre ne compte plus que trente-quatre truies et deux verrats, autant dire les derniers des Mohicans. Et pourtant, il vient de loin ce magnifique cochon gascon. On retrouve en Europe centrale des traces d’élevage de porc dès le néolithique, quand l’homme se sédentarise et invente l’agriculture. L’historien Jean Bottéro explique dans sa Plus Vieille Cuisine du monde (Point Seuil) qu’à Babylone «du cochon, nul interdit n’est connu, on l’élevait et on le mangeait, mais on le trouvait sale». Tout cela est raconté de façon érudite et gourmande par Daniel Labarrère dans le Porc noir de Bigorre (1).

 

On y apprend ainsi que le noir de Bigorre est le cousin du pata negra qui s’épanouit dans les montagnes espagnoles et que dans l’Antiquité déjà le géographe grec Strabon faisait de la réclame pour leurs jambons, dont les Romains avaient une vraie adoration : «Les vicarius supra cenas étaient des cuisiniers, spécialisés dans l’élaboration des jambons et autres salaisons, dont la consommation était réservée à l’élite de la société», écrit Daniel Labarrère. Plus près de nous, il cite le philosophe et historien Hippolyte Taine (1828-1893) qui,dans son Voyage aux eaux des Pyrénées(1858), évoque «nos amis les cochons de Bigorre en ces termes flatteurs : "Ils ne sont pas couverts de fange infecte, comme dans nos fermes ; ils sont roses et noirs, bien lavés, et vivent sur les grèves sèches, auprès des eaux courantes."».

 

A cette époque, le porc noir de Bigorre était le plat de résistance d’une économie rurale et autarcique entre les Hautes-Pyrénées, le Gers et la Haute-Garonne. Nourri avec les céréales de la ferme, la pâture et les fruits de saison, il ne coûtait rien, fournissait de la viande pour toute l’année et du gras pour faire la cuisine. C’était son âge d’or, avant le rouleau compresseur de l’agriculture industrielle et des Trente Glorieuses. Après la Seconde Guerre mondiale, il fallait nourrir beaucoup et vite la France en pleine reconstruction. Le noir de Bigorre était trop lent, trop grand, pas assez reproductif pour l’élevage intensif où l’on sert comme des sardines les cochons de race Large White. Le Gascon n’avait plus sa place au pays du jambon sous plastique.

 

Mais c’était sans compter la détermination d’une poignée d’éleveurs, de charcutiers et de salaisonniers bien décidés à sauver cet animal emblématique du patrimoine pyrénéen réunissant hommes, animaux, agriculture et paysage. Ils n’ont rien d’une bande de paysans nostalgiques et se battent contre l’uniformisation gustative en mettant en avant les saveurs inimitables du porc noir de Bigorre.

 

Une soixantaine d’éleveurs, décidés à sauver cet animal emblématique du patrimoine pyrénéen, se consacrent depuis près de quarante ans à la bête, élevée et choyée comme un grand cru dans un processus volontairement lent, à l’opposé des élevages intensifs.

 

Le tout ICI 

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4 juillet 2019 4 04 /07 /juillet /2019 06:00
Julien Boscus à ORIGINES ta nouvelle crèmerie tu devrais servir du caviar de Madagascar !

Notre Julien des Climats va rebondir en septembre du côté de la rue de Ponthieu pour avec ORIGINES être Julien Boscus tout court.

 

 

J’ai fait calculer, à vélo : 25 mn, c’est dans mes cordes.

 

La rue de Ponthieu est un peu chaude la nuit mais comme DSK s’est retiré des affaires pas de soucis nous irons avec mes belles amies casser une petite graine chez lui.

 

Ce sera une cuisine respectueuse des saisons et des produits. Pour Julien, pas de plats signatures mais des plats de saisons, respectueux des hommes qui s’emploient à produire le meilleur. Nous sommes raccord et je soutiens son ambition de donner une nouvelle image à la haute gastronomie.

 

Julien  dans cette nouvelle aventure sera accompagné de Thibault Souchon, co-fondateur et associé, rencontré à Séoul, qui composera également la carte des vins avec ses 150 références.  J’espère qu’il y aura une place pour les vins nature.

 

Comme je suis aussi un plaisantin, Julien le sait, je me suis dit je vais lui faire un clin d’œil avec le caviar de Madagascar.

 

 

Ben oui, « On connaissait son chocolat, sa vanille et son foie gras, voici son caviar : l'île de Madagascar a conforté sa place sur le marché de l'alimentation de luxe en devenant le seul producteur africain d'œufs d'esturgeons.

 

« On a fait rire beaucoup de personnes. Mais on a pris le temps de leur prouver que c'était du sérieux. Et le caviar de Madagascar est aujourd'hui l'unique caviar produit en Afrique et dans l'océan Indien », explique Delphyne Dabezies, à la tête de l’entreprise Rosa Caviar

 

 

Il a fallu organiser la filière et embaucher 300 personnes. Les esturgeons sont importés de Russie sous la forme d'œufs fécondés mais éclosent dans une maternité à poissons installée sur le lac de Mantasoa, à 1 400 m d'altitude, à l'est de la capitale Antananarivo

 

La maturation du caviar requiert maîtrise et patience. Les premiers œufs importés sont arrivés à Mantasoa en 2013. Les premiers grammes de caviar ne sont sortis de l'usine que le 26 juin 2017, jour de la fête nationale malgache.

 

La Grande Île est encore un acteur modeste du marché, loin du trio de tête Chine, Italie, France. Une tonne de caviar est sortie de l'usine malgache l'an dernier, une miette sur un marché mondial de 340 tonnes en 2017.

 

Dans un pays dont neuf habitants sur dix vivent avec moins de 2 dollars par jour, le caviar malgache se vend à 100 euros les 100 grammes - deux à trois fois moins cher qu'en France. La tonne produite l'an dernier s'est écoulée en quelques semaines.

 

ORIGINES – Ouverture courant septembre – 6 rue de Ponthieu – 75008 Paris

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3 juillet 2019 3 03 /07 /juillet /2019 09:20
Tonton pourquoi tu tousses ? C’est à cause du pochon de Lanson à Wimbledon ? Les « douaniers » de l’ANPAA  ont flairé la loi Évin.

En France, les corbeaux, les délateurs, font partis du paysage national avec une pointe au bon vieux temps du bon Maréchal Pétain qu’aimait bien le champagne.

 

L’Anpaa a demandé à madame Sophie  Claeys de supprimer l’un de ses articles écrit le 2 juillet concernant un pochon imaginé par la maison Lanson (qui est partenaire officiel du tournoi de Wimbledon).

 

Un de nos adhérents m’a signalé un article sur votre site évoquant le partenariat entre Wimbledon et Lanson, ainsi que la bouteille spéciale éditée à l’occasion, uniquement disponible au Royaume Uni, et pour cause, elle est illicite en France. La jurisprudence est claire au sujet du type d’articles que vous rédigez : il s’agit de publicité au sens de la loi Evin. Par conséquent, vous êtes tenue de respecter les termes de cette loi en veillant à respecter le contenu limitativement exposé par l’article L3323-4 du code de la santé publique. Évoquer un lien entre le sport et l’alcool est interdit en conséquence de cet article.(il est erreur 404 depuis ICI 

 

Je vous demande par conséquent de supprimer cet article de vos pages et vous invite pour l’avenir à plus de vigilance.

 

Ce courrier a une visée essentiellement préventive, mais je vous informe malgré tout que le non-respect de la loi Evin est une infraction pénale.

 

Je vous prie d’agréer Madame, l’expression de mes salutations respectueuses.

 

 

Pensez-donc Tonton, les ravages qu’aurait pu faire dans notre belle jeunesse la vision de ce pochon, pire qu’une incitation à la débauche, encore un coin planté dans la splendide loi attribué à ce pauvre Claude Evin.

 

De la gueule de qui se fout-on ?

 

De la nôtre, sans aucun doute, braves cotisants obligatoires qui, par nos beaux impôts et nos cotisations sociales diverses et variées finançons ce « club » de blouses blanches qui se cooptent depuis des générations.

 

Comme le disait ma grand-mère « ils n’ont que ça à faire ? »

 

Ben oui, comme toute technostructure, l’ANPAA justifie son existence par ce genre d’action  sans intérêt.

 

À la limite leur signalement aura l’effet inverse à celui qu’ils disent vouloir obtenir : le pochon de Lanson pour Wimbledon va devenir un objet culte sur les réseaux sociaux.

 

L’union de Reims écrit :

« Voilà un partenariat historique. Ce 1er juillet s’ouvre le tournoi du grand chelem britannique à Wimbledon pour une quinzaine de jours. De nouveau et comme depuis 42 ans, la maison de champagne rémoise Lanson est partenaire de l’événement. Le partenariat a même été renouvelé pour cinq années supplémentaires. Pour cette nouvelle édition, la maison a imaginé cette année un pochon vert ou rose, uniquement disponible au UK. »

 

Pour contempler dans toute son horreur le pochon de Lanson à Wimbledon il vous suffit d’aller sur Google et d’inscrire dans la petite fenêtre le pochon de Lanson à Wimbledon.

 

C’est vraiment une horreur !

 

Je suis tout tourneboulé.

 

C'est la porte ouverte au malheur…

 

Par bonheur, notre France, fille aînée de l’Église, contrairement aux affreux antipapistes de l’autre bord du Channel, est préservée de telles images corruptrices de sa belle jeunesse en fleurs !

 

Sur Youtube c’est pire qu’une video porno : Lanson & Wimbledon - the perfect partnership

 

Merci, merci, l'ANPAA, madame Claeys dites 3 pater et 2 ave dans la cathédrale de Reims pour votre pénitence…

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3 juillet 2019 3 03 /07 /juillet /2019 06:00
ARCHIVES S. L. LARTIGUE STEPHANE©

ARCHIVES S. L. LARTIGUE STEPHANE©

La nouvelle intéresse la presse, et c’est normal, l’homme en vaut la peine, le Point ICI titre Fin de partition pour le juge Van Ruymbeke: « aujourd'hui, les affaires ne sont plus étouffées »

 

Kerviel, Karachi, Cahuzac... L'emblématique juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke a incarné la lutte contre les fraudes et la corruption en se confrontant souvent aux hautes sphères du pouvoir. A l'heure de la retraite, ce magistrat mesure les progrès réalisés. Mais « il n'y a jamais eu autant d'argent sale ».

 

De ses débuts à Caen au pôle financier de Paris, « ce fut un parcours tout sauf paisible, semé d'embûches, mais je n'ai jamais renoncé », raconte dans un entretien à l'AFP le juge, pianiste à ses heures, qui se décrit comme un « besogneux » à l’ «intelligence moyenne »

 

« J'ai commencé dans une période où l'on ne traitait pas des dossiers politico-financiers, cela n'existait pas », témoigne ce fils d'un haut fonctionnaire énarque.

 

Et là je me dis, moi je connaissais bien le papa André Van Ruymbeke le patron du FORMA.

 

Ce que je vais écrire n’est ni un procès à charge à son endroit, ni une pierre jetée dans le jardin de son fils, simplement le témoignage qu’en ce temps-là, ce temps que l’on badigeonne aujourd’hui du c’était mieux avant.

 

En effet, le couplet de nos jours c’est que sous de Gaulle puis Pompidou la France naviguait sur un océan de bonheur béat, consommait à tour de bras dans les nouveaux temples inventés par le père Leclerc et les fondateurs de Carrefour, tout était net et propre, les Français ne râlaient pas ils partaient joyeux et contents en congés-payés à Palavas-les-Flots, tout allait bien madame la marquise.

 

Mais, à y regarder de plus près, il est tout de même permis de noircir un peu ce tableau idyllique en pratiquant un zoom arrière sur cette période.

 

Je planchais alors sur ma thèse de doctorat sur le porc et je montais à Paris pour alimenter ma documentation. J’allais bien évidemment rue Barbet de Jouy, siège de la DIAA, la direction des Industries Agro-alimentaires, mais aussi au FORMA, Fonds d’Organisation et de Régulation des Marchés Agricoles, sis rue Saint-Charles.

 

Qu’était-ce donc le FORMA ?

 

Là où se situait le pouvoir économique des subventions et du pognon de dingue que déversait le Marché Commun pour soutenir les prix agricoles. C’est un peu court comme définition mais ça reflète la réalité de l’époque : le directeur du FORMA discutait d’égal à égal avec le Ministre de l’Agriculture.

 

Et puis le Monde du 4 août 1971 titrait :

 

M. VAN RUYMBEKE QUITTE LA DIRECTION DU FORMA pour celle d'un grand groupe coopératif de l'Ouest

 

M. André Van Ruymbeke quittera à la rentrée la direction du Fonds de régularisation des marchés agricoles (FORMA) pour prendre celle de la société d'intérêt collectif agricole Ouest-Lait.

 

Cette société regroupe plusieurs affaires importantes, notamment l'Union laitière normande et Négobeureuf ; elle a une participation dans l'Union des coopératives Fromançais et dans le Comptoir agricole français, deux sociétés commerciales. L'ensemble forme un groupe qui réalise près de 2 milliards de francs de chiffre d'affaires. Il compte parmi les toutes premières firmes de l'industrie alimentaire française et se classe au premier rang du secteur coopératif.

 

L'Union laitière normande et Négobeureuf avaient cependant connu ces derniers mois des difficultés financières. Leur réorganisation en cours a déjà conduit à un rapprochement avec UNI-COPA, un autre groupe coopératif important de l'Ouest. L'arrivée de M. Van Ruymbeke se situe, estime-t-on, dans cette perspective de regroupement des industries coopératives de cette région.

 

Né le 17 mars 1921 à Lausanne (Suisse), M. Van Ruymbeke a été successivement administrateur civil au ministère des affaires étrangères, administrateur civil, puis sous-directeur à l'administration centrale des affaires économiques, avant d'être nommé, en 1966, chef de service à la direction des relations économiques extérieures (D.R.E.E.). M. Van Ruymbeke devait, de février à août 1968, occuper le poste de directeur des industries agricoles et alimentaires au ministère de l'agriculture, puis être nommé directeur du FORMA.]

 

Il en était ainsi dans les années Pompidou un haut-fonctionnaire, qui avait la main sur la distribution d’argent public, national et communautaire, et le secteur du lait était l’un des principaux bénéficiaires, partait gentiment sous les applaudissements gérer la plus grande entreprise laitière de l’hexagone (en effet, à cette époque Besnier était encore une petite boîte de Laval fabricant du calemdos)

 

Qu’entendrions-nous aujourd’hui sur les réseaux sociaux, dans la presse bien-pensante, chez les politiques de tous poils avec mention spéciales aux deux bouts, du côté des bons français bouffant du haut-fonctionnaire matin, midi et soir.

 

Cette pratique, à l’ULN, perdura, puisque lorsqu’André Van Ruymbeke parti à la retraite c’est Denis Gautier-Sauvagnac énarque qui devint directeur général entre 1981 et 1985, puis lorsque celui-ci devint directeur de cabinet de François Guillaume ministre de l’Agriculture, Christian Prieur, directeur du FORMA, prit sa succession.

 

L’ULN rompit avec cette pratique lorsque la perfusion de subventions atteint ses limites, que le soutien communautaire au beurre et à la poudre de lait ne faisaient pas une politique commerciale, en embauchant Alain Juillet ancien cadre du groupe Pernod-Ricard, parent du Juillet de Pompidou, comme directeur général adjoint chargé du développement international (1988-1992), puis directeur général (1992).

 

Ce ne fut pas une bonne pioche, notre amena joyeusement l’ULN à la faillite mais c’est une autre histoire.

 

(1) Wikipédia

 

André van Ruymbeke, participe activement à la Résistance, durant l'Occupation allemande. Il rejoint le Maroc, puis participe au débarquement de Provence, et à la libération de Toulon.

 

Licencié ès lettres, il entre en 1947, à l'ENA dans la même promotion que Michel Poniatowski.

 

Il intègre la direction des affaires administratives et sociales du ministère des affaires étrangères en 1949, puis il entre au secrétariat d'État aux affaires économiques en 1958. Il est nommé sous-directeur de l'administration des finances en 1962, puis prend la tête de la division chargée des relations avec les pays sous-développés au sein de la Direction des relations économiques extérieures (DREE).

 

En avril 1966, il devient chef de service et chargé des négociations internationales et administrateur de l'organisme franco-algérien de coopération industrielle.

 

Directeur des industries agricoles et alimentaires au ministère de l'agriculture à partir de février 1968, il est nommé en août directeur du Fonds d'orientation et de régularisation des marchés agricoles (FORMA) en remplacement de Pierre Lelong.

 

Il devient dans les années 1970-80 directeur de l'Union laitière normande, alors première coopérative française avec 11 000 employés. Il habite alors le château d'Agneaux dans la Manche.

 

Il se retire par la suite dans le Var, où il sera maire de Cogolin.

 

Il est le père du magistrat Renaud van Ruymbeke et de l'historien Bertrand Van Ruymbeke et le grand-père de l'éditeur Thomas van Ruymbeke, directeur des Éditions Les Perséides

URBA ET ORBI
Jeudi, 16 Janvier, 1992
 

PREAMBULE:

 

Tout part en 1971 de la décision de François Mitterrand, devenu premier secrétaire du nouveau PS, de créer une société chargée essentiellement de centraliser et de récolter des fonds perçus à l'occasion de la passation de marchés publics, en vue des campagnes électorales à venir. La perquisition effectuée mardi par le juge Van Ruymbeke au siège du PS à Paris est le dernier épisode d'une histoire commencée en juin 1990 par un banal accident du travail au Mans (Sarthe).

 

INTRODUCTION:

 

Une dalle de béton s'effondre sur un chantier de construction d'un immeuble destiné à abriter des services de la Communauté urbaine. Deux salariés de l'entreprise Heulin trouvent la mort. Le juge Thierry Jean-Pierre instruit le dossier.

 

CHAPITRE No 1:

 

Le 8 janvier, «je débouche par hasard sur un témoin, membre du PS, qui me parle d'autre chose et notamment de l'attribution de marchés publics dont les commissions vont au Parti socialiste», confiera plus tard le juge au cours d'une interview accordée à «l'Humanité» (17-4-1991). Le parquet ouvre alors une information contre X pour extorsion de fonds, faux et usage de faux et corruption.

 

CHAPITRE No 2:

 

L'ex-inspecteur Gaudino vient de publier le livre «l'Enquête impossible». Il s'agit de l'affaire des fausses factures de Marseille mettant en cause la SORMAE, Urba, sept responsables politiques de droite, six socialistes ainsi que Gérard Monate, socialiste et P-DG d'Urba. L'inspecteur dévoile le mécanisme du financement du PS après le refus du parquet d'ouvrir une information judiciaire et la mutation du policier dans un autre service. Il sera d'ailleurs ensuite révoqué de la police pour avoir publier ce livre. Lors d'une perquisition au siège marseillais d'Urba, l'inspecteur Gaudino avait mis la main sur les fameux cahiers d'un certain Delcroix. Ce militant PS a noté avec application le contenu de toutes les réunions d'Urba. Le 28 mars, le juge s'intéresse à ce document.

 

CHAPITRE No 3:

 

Grâce aux cahiers, le juge Jean-Pierre met en lumière le rôle de Christian Giraudon, délégué régional d'Urba pour les Pays de la Loire, qui est interpellé, inculpé et écroué. Urba au Mans, Urba à Marseille, Urba au niveau d'une région, les ramifications se précisent. Poursuivant son enquête contre X, Thierry Jean-Pierre décide le dimanche 7 avril de perquisitionner dans les locaux parisiens d'Urba. Il est aussitôt dessaisi de l'affaire, le garde des Sceaux, Henri Nallet, ex-trésorier de la campagne présidentielle, qualifiant la perquisition d'«équipée sauvage» et le ministre de la Justice parlant de «cambriolage judiciaire». Le juge confiera son amertume à «l'Humanité»: «1981 marquait pour moi l'arrivée d'une éthique, d'une certaine morale. (...) C'est pour cela qu'on élit la gauche. Et quand on voit ce qu'elle est devenue dix ans plus tard, c'est vrai que ça rend très très amer.» La procédure mise en oeuvre par le juge sera néanmoins déclarée le 19 avril «conforme au droit» par la chambre d'accusation de la cour d'appel d'Angers.

 

CHAPITRE No 4:

 

Fin décembre 1991, reprenant le dossier ouvert par le juge Jean-Pierre, Renaud Van Ruymbeke enquête sur une autre affaire de commissions sur des marchés publics au Mans. La piste Urba, encore. Il effectue des perquisitions le 13 janvier, notamment dans les locaux de la fédération du PS de la Sarthe. Jacques Jusforgues, premier secrétaire, conseiller régional PS, et Pierre Villa, ancien adjoint au Mans, sont interpellés.

 

CONCLUSION (provisoire):

 

Le juge décide de perquisitionner au siège parisien du PS le 14 janvier. Puis il inculpe, le 15, les deux élus PS du Mans.

 

Dominique Bègles

 
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