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18 juillet 2019 4 18 /07 /juillet /2019 06:00
Andrea Camilleri « Le fascisme est un virus, dont on a cru se débarrasser en pendant le chef par les pieds, mais qui revient depuis des décennies, sous des formes différentes» Ciao maestro !
Andrea Camilleri « Le fascisme est un virus, dont on a cru se débarrasser en pendant le chef par les pieds, mais qui revient depuis des décennies, sous des formes différentes» Ciao maestro !
Andrea Camilleri « Le fascisme est un virus, dont on a cru se débarrasser en pendant le chef par les pieds, mais qui revient depuis des décennies, sous des formes différentes» Ciao maestro !
Andrea Camilleri « Le fascisme est un virus, dont on a cru se débarrasser en pendant le chef par les pieds, mais qui revient depuis des décennies, sous des formes différentes» Ciao maestro !
Andrea Camilleri « Le fascisme est un virus, dont on a cru se débarrasser en pendant le chef par les pieds, mais qui revient depuis des décennies, sous des formes différentes» Ciao maestro !

Andrea Camilleri est mort mercredi 17 juillet, à l’âge de 93 ans, à Rome.

 

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Je veux bien le rejoindre au même âge.

 

 

Plus qu’un écrivain, Andrea Camilleri, qui ne s’est pas fait connaître uniquement grâce à ses romans policiers drôles et politiques – conteur engagé, homme de gauche, il a placé la corruption, la mafia,  la crise migratoire au cœur de son œuvre.

 

Camilleri c’était aussi et surtout une langue. « En version originale, ses livres sont écrits dans un mélange de dialecte sicilien et d’italien, parfois déroutant pour un Milanais ou un Vénitien. « À la maison, nous avions toujours parlé un dialecte constamment enrichi d’italien, et la distinction établie par Pirandello me convenait parfaitement : la langue italienne exprime le concept, tandis que le dialecte exprime le sentiment », expliquait-il en 2000 à Livres Hebdo. »

 

« Cette richesse d’écriture a été mise en mots en France par Serge Quadruppani. Grâce à ce travail impressionnant de traduction, empruntant au « français du Midi », la complexité des multiples influences culturelles siciliennes est rendue intelligible pour le lecteur de l’Hexagone. « Le “camillerien” n’est pas la transcription pure et simple d’un idiome par un linguiste, mais la création personnelle d’un écrivain, à partir du parler de la région d’Agrigente », explique le traducteur dans un « avertissement » présent dans chaque volume.

 

Mon amour pour les romans siciliens d’Andrea Camilleri date de l’année 2006, 13 ans de fidélité et d’admiration sans bornes.

 

Ciao l'artiste, je suis triste...

 

Quelques Références

 

21 juillet 2006

La disparition de Judas ICI  

 

5 août 2009

La vie de 10 nonnes pour celle de l'évêque d'Agrigente : une histoire sicilienne ICI  

 

29 août 2009

Le feuilleton coquin de l’été des Bons Vivants : « Ta femme te fais cocu avec le commissaire divisionnaire. »  ICI 

 

12 septembre 2009

Le feuilleton coquin de l’été des bons vivants : « Tâche voir de pas me faire mal, je suis une petite nature. »  ICI 

 

9 septembre 2010

Les bonnes feuilles de l’été de tonton Jacques « Giurlà, déjà benouillé de sueur, sentit qu’il durcissait dans son pantalon »  ICI 

 

4 septembre 2014

« Merci pour ce moment» : la vengeance est un plat qui se mange froid sans-dents : à la socialiste, Taninè ! ICI

 

21 octobre 2014

Sicile au temps où les effusions du Saint-Esprit engrossaient 4 vierges : j’en fais tout un fromage le caciocavallo… ICI 

 

26 mars 2015

En 1 heure ½ maximum la récolte était vendue, parce qu’elle venait d’une terre cultivée avec amour et que l’amour ça donne bon goût…  ICI 

 

22 juin 2015

La Donna é mobile « Les glaces de Cecè sont la joie des gourmets ! Une glace chez Cecè et la chaleur disparaît ! » ICI  

 

12 décembre 2015

En 1677 la Sicile est gouvernée pendant 27 jours par 1 femme, beauté envoûtante, intelligence redoutable, équanimité révolutionnaire, lisez Camilleri au sommet de son art !  ICI 

 

3 avril 2016

Andrea Camilleri l’homme qui aimait les FEMMES… Oriana un nom de guerre pour exercer le plus vieux métier du monde.  ICI 

 

11 septembre 2016

« Alors que la 1ière fois elle était restée silencieuse, ce coup-ci, elle se mit à miauner. Et Giurlà trouva la chose bien à son goût. Par le fait, il poussa aussi de grands han à chaque enfournée. » ICI

 

17 juin 2018

Ma sélection du dimanche : 2 livres, 1 vin, 1 plat, Leonard Cohen homme à femmes, Andrea Camilleri et sa Nora femme mariée aux multiples amants, homard de l’Ile d’Yeu et 1 Morgon vieilles vignes… ICI

 

Un entretien avec Andrea Camilleri

Protagoniste d'un exceptionnel phénomène éditorial en Italie, Andrea Camilleri, écrivain inconnu il y a seulement cinq ans, est aujourd'hui le plus lu des romanciers de la péninsule. Depuis deux ans, ses romans, qui se sont vendus à plus de deux millions d'exemplaires, occupent sans discontinuité les premières places des classements des meilleures ventes et ont été traduits dans de nombreux pays où ils ont toujours reçu un excellent accueil. Tous ses livres ont pour cadre une petite ville sicilienne appelée Vigàta, qui est la transfiguration littéraire de Porto Empedocle, la ville natale de l'écrivain. Certains de ses romans appartiennent au genre de l'énigme historique, un genre très cher à Sciascia, et explorent - sans renoncer à l'ironie - les malheurs de la Sicile du siècle passé ; les autres sont des romans policiers plus classiques dans lesquels le commissaire Montalbano - une sorte de Maigret sicilien des années quatre-vingt-dix - s'efforce de comprendre et de combattre la criminalité d'aujourd'hui. Dans les deux cas, Camilleri propose des histoires bien ficelées - avec parfois des procédés de construction assez originaux - qui, tout en utilisant de nombreuses références littéraires plus ou moins affichées, affrontent les problèmes de son pays, à commencer par la mafia et par la corruption des institutions et des hommes politiques, mais savent aussi évoquer la fierté et la richesse de l'identité sicilienne. Mais surtout, cet écrivain de soixante-quatorze ans, qui était metteur en scène et producteur pour le théâtre et la télévision, a su inventer, à partir d'un mélange d'italien et de sicilien, une langue savoureuse et efficace, qui convient parfaitement à ses histoires, mais qui a dû poser de nombreux problèmes à ses traducteurs.

 

En France, où cinq de ses livres ont déjà été traduits, deux nouveaux romans sont attendus ce printemps dans les librairies : le troisième épisode des aventures de Montalbano, Le Voleur de goûters (Fleuve Noir), un récit qui croise les problèmes de l'immigration aux activités illicites des services secrets et aux crimes passionnels, et Le Coup du cavalier (éd. Métailié), où, dans la Sicile de la fin du xixe siècle, un homme honnête voulant dénoncer l'illégalité et la corruption est victime d'une machination qui vise à lui attribuer la responsabilité d'un meurtre.

 

Nous avons rencontré Andrea Camilleri dans sa villégiature du Monte Aviata, campagne toscane.

 

ICI

 

 

Littérature Actualité Sciences humaines Histoire

 

ICI

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17 juillet 2019 3 17 /07 /juillet /2019 06:00
L'invention de l'anniversaire, celui de Claire dans ses vignes des Hautes Cotes de Beaune au lieu-dit Bully 1ier épisode

J’étions invité.

 

J’y suis allé samedi 13 avec ma petite auto.

 

Je ne me suis pas égaré grâce à mon guide qui cause bizarrement. Faisait beau, arrivé chez Claire plein de petites mains s’affairaient.

 

Qu’allais-je faire ?

 

Avant de faire ripaille, de boire, de papoter, de voir Claire souffler ses 50 bougies, je m’étais dit, moi qui suis tout sauf journaliste (lire Faut-il vraiment être "con" pour être journaliste? ICI ) je vais jouer au paparazzi, sortir mon petit Leica de son sommeil pour immortaliser l’événement.

 

Jean-Yves me conduisit au fin fond des vignes par un chemin à peine carrossable à la maison de Bully, là je me suis assis et j’ai réfléchi.

 

 

Pourquoi fête-t-on les anniversaires de sa naissance ?

 

C’est un an de plus, pourquoi faire la fête alors que l’on vieillit ?

 

Alors j’ai cherché.

 

J’ai trouvé.

 

Dans un article publié par la revue Annales (juillet-août 2007, 248 p., 17 €), le médiéviste Jean-Claude Schmitt retrace « l'invention de l'anniversaire ». Pour cela, il part d'un texte du XVIe siècle : le Livre des costumes, de Matthäus Schwarz. Ce fils de marchand de vin, directeur financier de la firme commerciale des Fugger d'Augsbourg, avait tenu à rédiger, images à l'appui, son "autobiographie vestimentaire". Or il y avait porté une attention particulière, rare à l'époque, à la date de sa venue au monde. Décortiquant avec bonheur ce document exceptionnel, Jean-Claude Schmitt signe une étude passionnante sur l'émergence de l'anniversaire moderne comme rituel collectif et familier.

 

Le rythme de la vie collective domine et embrasse les rythmes variés de toutes les vies élémentaires dont il résulte; par suite, le temps qui l’exprime domine et embrasse toutes les durées particulières, écrivait Émile Durkheim en conclusion aux Formes élémentaires de la vie religieuse (1912); et il précisait : « c’est le rythme de la vie sociale qui est à la base de la catégorie de temps » [1]

 

Parmi l’immensité des problèmes posés, je ne m’intéresserai ici qu’à l’historicité des « rythmes de la vie » et plus particulièrement à la manière dont les acteurs sociaux se représentent leur vie, ses étapes, l’âge qu’ils ont eu, qu’ils ont, qu’ils vont avoir, dans leurs écrits et le cas échéant dans les images qu’ils produisent. Le premier document que j’ai examiné de près est, au début du XVIe siècle, l’« autobiographie vestimentaire » de Matthäus Schwarz. Parmi tous les traits qui font de cet ouvrage un témoignage de premier plan, j’ai été frappé par la place que tient dans les préoccupations de l’auteur son propre anniversaire. Cet aspect n’a guère été remarqué jusqu’à présent. Sans doute parce que l’anniversaire est un petit rite personnel et familial qui ne bénéficie pas des fastes des rituels religieux et publics qui ont scandé et scandent encore en partie les vies individuelles (première communion, mariage, etc.); fêter son anniversaire ou celui de nos proches semble aller de soi, au point que nous ne nous interrogeons guère sur l’histoire d’une telle pratique. Rares sont les études qui lui sont consacrées [6]

 

[1]

ÉMILE DURKHEIM, Les formes élémentaires de la vie religieuse.…. Il faisait écho à Marcel Mauss qui, dans son Étude sommaire de la catégorie du temps dans la religion et la magie, observait que « le calendrier n’a pas pour objet de mesurer, mais de rythmer le temps 

 

[2]

MARCEL MAUSS et HENRI HUBERT, Mélanges d’histoire des… ». « Rythmer le temps » : l’Essai sur les variations saisonnières des sociétés eskimos avait montré en effet, dès 1904-1905, que l’alternance de l’hiver et de l’été déterminait pour les populations du Grand Nord l’alternance de deux formes différentes de la vie sociale, dense, collective et festive dans le repli hivernal de l’igloo, dispersée et plus individuelle à la saison estivale, consacrée à la chasse plus lointaine 

 

[3]

MARCEL MAUSS, « Essai sur les variations saisonnières des…. La postérité des intuitions des fondateurs de la sociologie et de l’anthropologie a été étudiée récemment par plusieurs auteurs, alors même que la notion de rythme, dans ses acceptions diverses et à propos de notre propre société s’impose sur le devant de la scène : que l’on pense aux rythmes du travail, aux rythmes scolaires, aux effets dissolvants, pour le tissu social comme pour la personnalité de l’individu, de l’« arythmie » sociale, dans le cas du chômage par exemple

 

[4]

EVIATAR ZERUBAVEL, Hidden rhythms. Schedules and calendars in…. En effet, la société occidentale, passée ou moderne, ne saurait échapper au souci anthropologique d’analyser dans la synchronie ses rythmes fondamentaux, comme les catégories, les usages pratiques et les techniques du temps que ces rythmes soutiennent : du temps biologique (sommeil et veille, respiration, menstruation) à la mesure horlogère du temps diurne, des rythmes du corps à ceux de la danse et de la musique, du calendrier annuel à la périodisation de l’histoire collective, du temps du travail et des loisirs au temps de la vie, etc., en insistant sur le rôle de la combinaison de tous ces rythmes dans le procès d’individuation collectif et personnel

 

[5]

PASCAL MICHON, Rythmes, pouvoir, mondialisation, Paris, PUF,…. Mais le regard historien peut et doit ajouter autre chose encore : une observation de ces rythmes et de ces « catégories du temps » dans la diachronie de l’histoire, les changements de rythmes dans le temps, les conflits entre rythmes rivaux en tant que facteurs du procès historique, l’apparition ou la disparition de rythmes nouveaux et ce qu’elles signifient.

 

[6]

PHILIPPE ARIÈS, L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien… : les folkloristes ne s’en préoccupent guère, et si, par exemple, Arnold Van Gennep avait bien prévu dans son questionnaire une entrée « Anniversaire », il n’en parle plus ensuite

 

 

La suite ICI

 

Je dois à la vérité que pour mes 71 balais on m’a offert :

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Depuis quand fêtons-nous notre anniversaire ?

 

La question n’a guère intéressé les historiens jusqu’à aujourd’hui. Pourtant elle ouvre des aperçus féconds sur l’évolution des rythmes de la vie humaine. Au Moyen Âge, où l’on se préoccupait surtout du jour de la mort des individus, s’est effectué un retournement lourd de conséquences : l’anniversarium funéraire est devenu ce que l’on appelait alors la « natalité ». Textes et images permettent de suivre le lent établissement de la pratique de l’anniversaire et sa dissémination, d’abord dans les milieux aristocratiques, puis dans la bourgeoisie du XIXe siècle et enfin dans les milieux populaires.

 

Ce livre invite le lecteur à découvrir l’histoire surprenante et le caractère finalement très tardif de ce rituel qu’est l’anniversaire de notre naissance.

 

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Historien spécialiste de l’anthropologie historique, Jean-Claude Schmitt est directeur d’études à l’EHESS. Médaille d’argent du CNRS, il a enseigné dans les plus grandes universités américaines et européennes. Il a publié Les Rythmes au Moyen Âge chez Gallimard, 2016. Ses ouvrages sont traduits dans plus d’une quinzaine de langues. Il dirige la collection Oblique/s chez Arkhê.

A suivre…

 

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16 juillet 2019 2 16 /07 /juillet /2019 16:15

Toujours à la pointe du buzz 17 juin 2019 j’osais écrire une chronique que je n’osais titrer : Homard m’a tué. ICI

 

« En quoi un homard est-il plus ridicule qu'un chien, qu'un chat, qu'une gazelle, qu'un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre ? J'ai le goût des homards, qui sont tranquilles, sérieux, savent les secrets de la mer, n'aboient pas ».

 

Gérard de Nerval

 

« Le homard est un animal paisible qui devient d’un beau rouge à la cuisson. Il demande à être plongé vivant dans l’eau bouillante. Il l’exige même, d’après les livres de cuisine.

Précisons de plus que le homard n’aboie pas et qu’il a l’expérience des abîmes de la mer, ce qui le rend très supérieur au chien et décidait Nerval à le promener en laisse, plutôt qu’un caniche ou un bouledogue. »

Alexandre Vialatte

 

Prescience de ce qui vient d’arriver à François de Rugy.

 

Les homards sont dangereux, certes ils n’aboient pas, ils laissent ce soin à la bande à Moustache.

 

 

 

L'ombre d'un doute

Edwy Plenel, enquête sur l'enquêteur

 

Il sort des affaires, fait tomber les puissants, sans craindre de jouer les procureurs : Edwy Plenel incarne le journalisme d’investigation à la française. Mais qui est vraiment le fondateur de Mediapart  ? Après quoi court-il ? Quelles sont ses méthodes ?

 

Sophie des Déserts a enquêté sur l’enquêteur. ICI 

 

Enfin je dédie la palme de la chronique la plus creuse, la plus dénuée de sens sur cette affaire à Fabrizio Bucella Professeur des Universités (Université Libre de Bruxelles), physicien, docteur en Sciences et sommelier

 

Ce que disent les vins de François de Rugy

 

Concentrons-nous sur le côté oeno-gastronomique de l’affaire.

ICI 

 

Vu de Suisse. François de Rugy a démissionné, l’histoire d’une affaire bien française

 

La question nous est tombée dessus sans crier gare. “Vos politiciens, en Suisse, ils se gobergent aussi de homards et de vins fins ?” Gêne de quelques minutes. Coup d’œil rapide, sur Internet, aux dernières révélations de Mediapart sur les repas fastueux, version crustacés et grands crus, du ministre de l’Écologie et ancien président de l’Assemblée nationale François de Rugy. Et nous voilà à expliquer que non, sauf erreur de notre part, les homards ne frétillent pas dans les cuisines du Palais fédéral…

 

La question, évidemment, ne portait pas seulement sur les homards servis à table par François de Rugy à ses hôtes. Ni sur le sèche-cheveux plaqué or que la compagne du ministre – pour l’heure maintenu en fonction par Emmanuel Macron – aurait acquis lors de leur court passage à l’Hôtel de Lassay, résidence du président de l’Assemblée nationale. Ni sur les travaux réalisés dans son appartement de fonction. L’interrogation visait surtout le rapport au luxe des politiciens.

 

L’élite monarchique

 

D’un côté, une élite française présumée dispendieuse, installée sans complexe dans les habits de l’élite monarchique d’Ancien Régime et dans les meubles de la République. De l’autre, une classe dirigeante helvétique supposée plus attentive à l’usage des deniers publics, voire carrément décevante côté fastes et réceptions.

 

La réponse exige des précautions. Genève, on le sait, a connu récemment son lot de convulsions et de controverses. N’empêche : ce qui se passe ces jours-ci à Paris ressemble bien à une maladie française. Le goût du faste. La présence à ces dîners de journalistes parisiens triés sur le volet, peu regardants sur la dépense.

 

Des bombes à retardement

 

L’impression qu’à Paris un “si petit monde” n’a toujours pas compris les exigences de transparence et de frugalité de l’époque. Comme si, une fois installés dans les meubles de la République, une partie des élus et de leurs conjoints s’affranchissaient logiquement du monde réel.

 

Cette France-là, perdue dans la tour d’ivoire du pouvoir, mérite d’être rappelée à l’ordre. L’apparat démocratique impose plus de discernement. Or les homards distribués aux bons amis et arrosés de vins fins, hors dîners officiels et réceptions diplomatiques, sont des bombes à retardement. Ceux qui l’oublient perdent, dans la foulée, toute crédibilité pour réclamer à leurs compatriotes les efforts exigés par leurs réformes.

 

Richard Werly ICI

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16 juillet 2019 2 16 /07 /juillet /2019 06:00
Paul Claudel rencontra Dieu à N-D de Paris moi, plus modestement, j’ai croisé sur 1 trottoir de Paris Pierre Lamalattie et je lui ai demandé de  m’éclairer sur la restauration de Notre-Dame.

Avec un titre de cet acabit a-t-il encore toute sa tête ?

 

Bonne question !

 

La réponse est oui.

 

  1. La conversion de Paul Claudel au catholicisme s’est produite le 25 décembre 1886 en la cathédrale Notre Dame de Paris. ICI

 

« En un instant, mon cœur fut touché et je crus. Je crus, d’une telle force d’adhésion, d’un tel soulèvement de tout mon être, d’une conviction si puissante, d’une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements, tous les hasards d’une vie agitée, n’ont pu ébranler ma foi, ni, à vrai dire, la toucher. J’avais eu tout à coup le sentiment déchirant de l’innocence, de l’éternelle enfance de Dieu, une révélation ineffable. »

 

  1. J’ai bien croisé Pierre Lamalattie sur un trottoir de Paris.

 

Je n’attendais pas Godot, je faisais le pied de grue sur un trottoir lorsque je vis apparaître, s’appuyant sur une canne de dandy Pierre Lamalattie. Allait-il me reconnaître ? Mon ego allait être soumis à une minute de vérité. Je plantai mon regard dans le sien mais il parut indifférent à mon insistance, puis après avoir parcouru  quelques mètres il se retourna, hésita, revint vers moi.

 

Nous nous saluâmes, nous engageâmes la conversation, j’étais en forme alors je fis dans l’ironie : « Alors vous chroniquez toujours dans Causeur ? » Et puis de fil en aiguille Pierre Lamalattie en vint à me parler de la restauration de Notre-Dame de Paris. Conservateur, ce cher homme, ça tombait bien moi aussi.

 

Mon sang de chroniqueur n’a fait qu’un tour : et si je lui demandais un papier ? Je me retins, trop de hâte pouvait tuer dans l’œuf mon projet. Homme d’écrit je lui ferais une demande écrite. Ce que je fis et il répondit oui.

 

Mais qui est  Pierre Lamalattie ?

 

Tout commence par une enveloppe, adresse manuscrite, déposée dans mon casier rue de Vaugirard, l’annexe du Ministère de l’Agriculture où séjournent les vieux « hauts serviteurs » de l’Etat – le gagatorium en langue ordinaire.  Le courrier électronique m’a tué devrait être le nouveau slogan de la Poste, je passe donc très rarement dans le local prévu pour cette antiquité.

 

Intrigué par la tronche de cette lettre, qui n’a rien d’administrative, je la décachette avec fébrilité.

 

Nouvel étonnement, le feuillet est manuscrit, à la plume et à l’encre bleue, à la manière d’une ordonnance médicale. Il me faut décrypter.

 

photo401.JPG

 

Mon correspondant m’indique en entame qu’il est tombé par hasard sur internet sur des sites faisant état de mon activité dans le domaine du vin avant d’indiquer que cela lui a rappelé de … (je ne décrypte pas) moments rue de Varenne.

 

Je fronce les sourcils, le patronyme de l’auteur de la lettre, qui n’est pas son patronyme d’auteur, me dit quelque chose mais, en dépit d’une plongée dans ma mémoire, je ne le resitue pas.

 

Est joint à la lettre un carton d’invitation pour le 1ier octobre dès 19 heures à une rencontre-dédicace à la librairie L’Écume des Pages à l’occasion de la parution de son second roman. « Précipitation en milieu acide »

 

La suite de ma chronique du 22 octobre 2013

 

« Les bouteilles de bordeaux ont les fesses tristes je préfère les bouteilles de bourgogne. C’est sensuel. C’est doux, ça s’arrondit, ça s’évase, ça se développe. » Pierre Lamalattie

ICI 

Aucune description de photo disponible.

 

Après les flammes, l’inculture ?

 

L’incompréhension persistante à l’encontre du XIX e  siècle et de Viollet-le-Duc pourrait mettre en danger la restauration de Notre-Dame.

 

Le 15 mars dernier, le monde apprend avec stupeur l’incendie qui ravage Notre-Dame de Paris. Alors que les flammes se propagent s’impose une évidence : restaurer la cathédrale. Une évidence, certes, mais qui très vite part dans tous les sens. Fleurissent, en effet, des opinions et des projets extraordinairement variés, contradictoires et parfois saugrenus.

 

On peut les classer grosso modo en trois grandes catégories. Il y a d’abord ceux qui souhaitent profiter de la situation pour donner au bâtiment un visage plus contemporain. C’est le cas, semble-t-il, du président de la République qui appelle à reconstruire la cathédrale « plus belle encore », suivi de son ministre de la Culture ouvrant un concours « aux meilleurs talents de la planète » pour y envisager « un geste architectural ». Évidemment, un certain nombre d’agences d’architecture leur emboîtent le pas. Les propositions de toits transparents et autres parcours de sensibilisation écologique se multiplient.

 

Il y a, en deuxième lieu, ceux qui militent pour une « dérestauration », c’est-à-dire pour en revenir à un état nettement antérieur, apparemment plus fruste, mais jugé plus authentique. La dérestauration a déjà sévi sur des monuments importants en France. C’est notamment le cas de la basilique Saint-Sernin, à Toulouse, dont la nef a été désastreusement ramenée à son état de grange primitive. Se rattache à ce courant Jacques Attali qui préconise un retour à la période sans flèche, au motif que la vocation véritable d’une flèche est de porter une horloge et qu’à l’âge où on regarde l’heure sur son smartphone, ce ne serait pas un choix « moderne ».

 

Enfin, un troisième parti réunit ceux qui exigent une restauration à l’identique, à la réserve près d’une adaptation possible des matériaux.

 

C’est l’opinion majoritaire des conservateurs et des historiens de l’art.

 

C’est aussi ce que commande sans ambiguïté la Charte de Venise (art. 11), traité international adopté par la France. C’est, en ce qui me concerne, la perspective que je soutiens. Le ralliement tardif, mais bien réel, de nombreux hommes politiques (notamment la maire de Paris, Anne Hidalgo) renforce cette hypothèse. Cependant, rien n’est encore officiellement décidé.

 

On pourrait penser que ce foisonnement d’idées reflète un débat particulièrement riche et créatif dont il faudrait se féliciter. Ce serait probablement être trop optimiste. D’abord, comment ne pas avoir froid dans le dos quand on constate que tant de gens, et parmi les plus éminents, se réjouiraient d’une restauration loufoque, voire tocarde.

 

Ensuite, et c’est là le plus grave, on a le sentiment qu’un grand nombre de relais d’opinion et de décideurs pâtissent d’une inculture persistante en ce qui concerne le XIXe  siècle, période déterminante pour le bâtiment.

 

En effet, à la lumière de ce qui s’est dit ou écrit, on a l’impression que presque tout le monde tient fermement à admirer cette cathédrale en tant qu’œuvre du XIIIe. On s’enthousiasme pour la charpente, ignorée jusque-là, mais révélée à titre posthume. Pensez ! des chênes coupés il y a huit siècles et peut-être plantés au temps de Charlemagne ! La flèche est généralement le seul élément du XIX e qui soit identifié. On y fustige une inopportune excroissance du mauvais goût de nos aïeux, un médiocre pastiche à oublier. Notons cependant que cette vision partagée jusqu’au sommet de l’État est surtout le fait de ce que j’appellerais (par facilité) les « élites ». La population, quant à elle, manifeste un attachement de cœur très émouvant à sa cathédrale. Elle n’imagine même pas qu’on pourrait « lui » construire autre chose à la place.

 

La première chose à dire est que voir dans Notre-Dame seulement un héritage du XIIIe  siècle est une erreur totale. Elle est à la fois une cathédrale médiévale et une cathédrale du XIX e  siècle. L’apport de Viollet-le-Duc (et de Lassus) est beaucoup plus important qu’on ne le croit généralement et d’une très grande qualité artistique. Au début du XIXe, Notre-Dame est, en effet, tout sauf séduisante. La Révolution a ravagé à peu près toutes les statues, n’épargnant que des reliefs de petite taille. Ceci s’ajoute à des pertes considérables sous l’Ancien Régime : suppression de vitraux, dépose du clocher, percement du porche central pour permettre les processions, bouchage ou transformation de fenêtres, etc. Le Moyen Âge lui-même a laissé, comme souvent, un monument dramatiquement inachevé. Les tours robustes, calibrées pour porter des flèches qui auraient doublé la hauteur totale, paraissent très massives dans leur état inabouti. Les arcs-boutants s’appuient sur des maçonneries grossières. En fin de compte, les contemporains perçoivent la cathédrale comme une grosse grange assez moche. On ne peut pas leur donner tout à fait tort. Il est même envisagé de la détruire. Cependant, dans une période d’affirmation du sentiment national, le XIX e voit dans le gothique un art spécifiquement français, car porté à son plus haut niveau avant l’influence italienne. Victor Hugo publie son roman qui sensibilise la population. Trois régimes se succèdent de 1845 à 1864 pour soutenir la restauration confiée à Viollet-le-Duc. Contrairement à ceux de notre temps qui s’en remettent à un pilotage unilatéral par l’exécutif (par ordonnances), les parlements de l’époque discutent de près les propositions de l’architecte.

 

Viollet-le-Duc produit un programme complet de sculptures et gargouilles qu’il dessine et contrôle lui-même. Il recrée une bonne part du trésor. Il restitue des fenêtres hautes et les nombreux vitraux manquants (en partie remplacés par des verreries cubistes jugées « plus gaies » durant la période Malraux). Il orne le faîtage d’une dentelle métallique. Il magnifie les arcs-boutants avec d’importants pinacles qui ceinturent la cathédrale, la rendant particulièrement élégante vue de côté ou de derrière (chevet).

 

Il érige aussi et surtout une nouvelle flèche en bois (protégée par du minium et du plomb) qui tire profit de l’expérience de celles de Rouen (d’Alavoine, en fonte) et de la Sainte-Chapelle (de Lassus, en bois).

 

Mûrement réfléchie, la flèche de Notre-Dame bénéficie d’un dessin particulièrement équilibré. Elle fait écho à la quarantaine de petites flèches et de pinacles en les fédérant en une même élévation d’ensemble. Elle allège dans la foulée la lourdeur des tours inachevées.

 

C’est dire combien elle a un rôle clé dans la cohérence générale du bâtiment.

 

Viollet-le-Duc n’est nullement un catholique fervent. Franc-maçon et opposé au parti dévot, il est avant tout un artiste. Il s’inscrit dans la continuité des maîtres maçons du Moyen Âge. Il conçoit sa cathédrale comme une sorte de demeure spirituelle du peuple de Paris. Le bestiaire qu’il déploie n’est pas étranger à l’idée grouillante et magnifique qu’il s’en fait. Ajoutons, pour ceux qui s’imaginent le bâtiment sans signataire et fruit d’une autogestion populaire fantasmée : il place sa statue contre la flèche avec la dédicace à double sens : « Au Grand Architecte de l’Univers ».

 

Viollet-le-Duc a un profil original. Il ne passe pas par la case Beaux-Arts, viatique prestigieux et presque indispensable pour un architecte de cette époque. Il se forme en autodidacte en parcourant la France et en dessinant des églises, des châteaux et toutes sortes de bâtiments remarquables. Il est avant tout un merveilleux dessinateur. À force de familiarité avec le gothique, il accède à une compréhension en profondeur de cet art. Il l’intériorise au point de dépasser le stade de la simple copie et de devenir lui-même un créateur gothique (ou néogothique) à fois original et inscrit dans une solide filiation. Il écrit même des ouvrages ayant valeur de théorie a posteriori.

 

Viollet-le-Duc n’est pas qu’un restaurateur, il est aussi un immense architecte, exempt de toute nostalgie et à l’avant-garde de son époque. Avec la référence gothique, il installe en France une culture décalée qui bouscule les conceptions académiques marquées par l’héritage classique. Il s’oppose à l’urbanisme répétitif du préfet Haussmann et préconise davantage de liberté, notamment grâce à l’usage de la brique, du métal et de la céramique. Ses décors, en particulier ses polychromies, riches en linéaments et en formes stylisées, influencent l’art nouveau ainsi que Gaudí. Enfin, dans un registre presque inverse, il aime que l’architecture s’exprime sans mensonges en montrant sa structure. On comprend bien cette idée en regardant, par exemple, les arcs-boutants du chevet de Notre-Dame qui visualisent des poussées, comme c’est le cas pour divers bâtiments conçus par cet architecte. Ce souci de cohésion entre l’apparence et la structure fait de lui une des racines du rationalisme.

 

Pourquoi donc envisager de détruire l’œuvre majeure d’un des plus grands architectes français ? Pourquoi s’affranchir de la Charte de Venise, traité international qui commande clairement une reconstruction à l’identique, laissant seulement une marge d’appréciation pour les matériaux ? Pourquoi aller à l’encontre du sentiment populaire et de l’élan des donateurs ?

 

La réponse est évidente comme la poutre qu’on ne voit pas dans son œil. La modernité, durant tout le XXe  siècle, s’est appliquée à dénigrer et occulter les apports du siècle précédent, à l’exception des artistes éligibles au titre de précurseurs. Il fallait que les mouvements nouveaux se justifient et trouvent leur place. À force, il en a cependant résulté un mélange persistant d’inculture et de préjugés à l’encontre de l’art du XIXe.

 

Cela concerne particulièrement les « élites », justement en raison de leur sensibilisation plus poussée à l’art moderne. Toutefois, la modernité a eu lieu. Elle n’est pas menacée. Elle a ses musées et ses beaux livres. Elle n’a plus besoin d’être justifiée ni défendue. Elle ne requiert pas une mise à l’index des artistes relevant d’autres options. Nombreux sont ceux qui invoquent la Querelle des Anciens et des Modernes pour demander un « geste architectural » se substituant à l’œuvre de Viollet-le-Duc. C’est un contresens total, car les Modernes n’ont jamais voulu faire disparaître quoi que ce soit, mais seulement créer eux-mêmes sans entraves. Certains prétendent que, si Viollet-le-Duc a pris des libertés, nous pouvons en prendre à notre tour et même davantage. L’argument se retourne complètement : c’est justement parce qu’il a usé de libertés qu’il a réalisé une œuvre artistique véritable et que nous devons la conserver.

 

On saisit facilement l’intérêt de bibliothèques où trouver des livres de toutes époques, et spécialement des auteurs qui ne pensent pas comme nous. Détruire des livres ou les occulter, ce n’est pas bien ! Tout le monde comprend cela. Eh bien ! en art, ce devrait être la même chose : rien n’est plus utile que de conserver les œuvres d’autres périodes. Elles nous procurent du plaisir, mais surtout, elles apportent un matériau à notre sensibilité et à notre réflexion. La conservation ne limite pas la création, elle la nourrit.

 

Restaurons donc Notre-Dame conformément à la Charte de Venise et progressons un peu dans la compréhension de nos héritages du XIXe  !

 

Merci à Pierre Lamalattie... 

Aucune description de photo disponible.

 

Notre-Dame : ils ont dit…

 

Emmanuel Macron : « Nous rebâtirons la cathédrale plus belle encore. »

 

Benjamin Grivaux (candidat LaRem à la Mairie de Paris) : « On va la rebâtir pierre par pierre, poutre par poutre, ardoise par ardoise* ! »

 

Christophe Castaner (ministre de l’Intérieur) : « Ce que je sais, c’est que Notre-Dame de Paris n’est pas une cathédrale, c’est notre rassemblement, c’est notre force, c’est notre histoire. »

 

Audrey Azoulay (directrice générale de l’UNESCO) : « La cathédrale est considérée comme le plus bel exemple de l’architecture gothique française, avec une utilisation novatrice de la voûte en côte et des contreforts, des rosaces en verre teinté et des décorations sculpturales. La construction de l’église a commencé en 1160 et s’est poursuivie pendant un siècle**. »

 

Mme Cathy Racon-Bouzon (députée LaRem, membre de la commission des affaires culturelles et de l’éducation) : « En 1864***, Eugène Viollet-le-Duc remportait le concours lancé pour la réhabilitation de Notre-Dame. Ce sanctuaire de l’épopée nationale, il en a respecté l’ADN, mais il en a modifié certaines des formes […].  [Restaurer] c’est aussi faire triompher l’innovation sur l’obscurantisme. […] Notre-Dame traverse les âges pour raconter l’histoire de France et pas seulement l’histoire de ses origines. »

 

* La couverture est en plomb.

 

** En réalité, sept siècles.

 

*** Date correspondant à la fin des travaux.

Viollet-le-Duc : les visions d’un architecte – par Lilie Fauriac ICI
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15 juillet 2019 1 15 /07 /juillet /2019 06:00
Que conseiller à Pax : lire or not lire la mémoire des vignes par Ann Mah ?

Moi je l’ai lu et je suis bien embarrassé pour conseiller PAX…

 

La Mémoire des vignes par Mah

 

C’est joliment écrit et bien troussé.

 

Deux intrigues se mêlent dans ce roman : « les boire et déboires de Kate » à notre époque, ses ambitions professionnelles : elle doit réussir le « très prestigieux concours de Master of Wine ». Elle fait pour cela le choix de se rendre en Bourgogne, dans le domaine appartenant à sa famille depuis des générations. Elle pourra y approfondir ses connaissances sur le vignoble et se rapprocher de son cousin Nico et de sa femme, Heather, qui gèrent l’exploitation. Son passé amoureux dont les cendres sont ravivées, c’est Jean-Luc, un jeune et talentueux vigneron, son premier amour. Le quotidien tragique d’Hélène, jeune fille de vigneron dont le futur est anéanti par l’Occupation allemande et une marâtre infâme. Secret de famille !

 

Sur la Toile j’ai lu une critique « En revanche, je suis restée assez indifférente aux problèmes de l’héroïne : j’ai peiné à comprendre son obstination à passer son examen de Master of Wine alors que sa passion pour le vin ne m’est pas apparue clairement, je n’ai pas senti l’alchimie entre elle et son ex, et je n’ai pas réussi à m’attacher à sa famille ou à détester sa rivale, un peu trop caricaturale. Par-dessus le marché, pour une connaisseuse de la France, j’ai trouvé que l’auteure s’attardait lourdement sur des clichés du Français macho et peu ouvert sur le Monde dont je me serais bien passée. »

 

Comme vous le savez le Master of Wine n’est pas ma tasse de thé, c’est même un répulsif, du côté cœur je dirais, au risque de me faire taxer d’antiaméricanisme primaire, c’est très love story, mais du côté vigneron, elle n’a pas tout à fait tort Ann Mah, d’ailleurs j’aurais bien aimé que Jean-Yves Bizot, le vigneron de Vosne-Romanée le lise pour me donner son éclairage sur ses confrères vignerons.

 

Le volet, la vie d’une famille de vignerons sous l’Occupation, au travers du journal tenu par Hélène, est plus convaincant, bien documenté, reflet d’une période où ceux qui se sont engagés, ceux qui ont résistés, n’ont pas été forcément les gagnants à la Libération.

 

Pour éclairer PAX voici un lien avec le site ICI 

Babelio

Elodieuniverse   21 juin 2019

On est en immersion totale dans le monde œnologique, ses pressoirs, ses vignes, ses vendanges... Ne vous inquiétez pas si vous n'êtes pas de grands amateurs de vins, l'histoire est bel et bien compréhensible. Grâce au journal d'Hélène, on entre au coeur de la guerre, de la résistance, de l'Occupation, de la collaboration... Les secrets de famille sont bien présents. Qui était Hélène? Pourquoi dans la famille personne n'en a jamais parlé? Et surtout qu'est-elle devenue? La quête que va mener Kate va mettre à jour les non-dits mais aussi la honte, la trahison, la culpabilité de cette famille. J'ai aimé que les personnages cherchent en même temps que le lecteur et en savent même moins.C'est un livre documenté que ce soit sur l'oenologie ou la SGM.(Sombre période qui me passionne, je raffole des romans parlants de l'Histoire) Bref, ce livre mélange romance, terroir (La Bourgogne, ses terres et sa gastronomie) et roman historique à merveilles. (...)

 

Ann Mah est journaliste et écrivain. Elle vit entre Paris et Washington. Passionnée de voyages et de cuisine elle écrit régulièrement pour de nombreux journaux et magazines américains comme Le New-York Times, Vogue ou Condé Nast.

Elle a remporté le prix des lectrices de Elle aux Etats-Unis pour son essai Mastering the Art of French Eating en 2013.

Page 20 : L’Examen pour me MW

 

« La dernière fois que je l’avais passé remontait à dix-huit mois, mais je me rappelais les quatre jours d’épreuves dans les moindres détails. La forme des carafes en verre qui contenaient le vin pour les dégustations à l’aveugle. Le bruit que faisait mon stylo en courant sur le papier, rédigeant de courtes descriptions de chaque vin, d’où il venait, comment il était produit. Les arômes d’amandes grillées, de fleur de sureau, de silex composaient le bourgogne blanc sur lequel je m’étais tant interrogée. La cuisante sensation d’humiliation qui m’avait envahie lorsque je m’étais rendu compte que je m’étais trompée dans l’identification d’un des vins les plus vénérés au monde – celui que ma famille française fabriquait depuis des générations. Le vin  dont elle pensait qu’il coulait dans mes veines. » 

 

« Je connaissais personnellement des ribambelles de professionnels du vin qui étaient respectés et se moquaient du titre de Master of Wine, le considérant comme une affectation idiote et coûteuse. Mais d’un autre côté – quand je passais au crible le Wine Spectator avec envie, que je veillais jusqu’à l’aube pour préparer des fiches – je me trouvais nulle de ne pas l’avoir. La qualification MW était comme un doctorat ou un master, en plus prestigieux encore, quand on savait qu’il y avait dans le monde moins de trois cents Masters of Wine. J’avais consacré cinq ans à me préparer pour l’Examen, investi des centaines d’heures et des milliers de dollars pour humer, goûter, cracher toute sorte de vins. »

 

Page 61 : La frugalité de leur mode de vie s’appliquait aussi au vignoble

 

« Ma mère et son frère avaient grandi au domaine, mais alors qu’elle avait quitté la France pour faire ses études, mon oncle Philippe avait passé toute sa vie dans ce même endroit ; aujourd’hui, à un peu plus de cinquante ans, le chef vigneron était encore loin de prendre sa retraite. Ma tante Jeanne et lui vivaient à l’extérieur du village, dans une maison où elle avait grandi ; ils faisaient pousser leurs légumes, élevaient des poules et un cochon. La frugalité de leur mode de vie s’appliquait aussi au vignoble, qui souffrait, tant les équipements étaient vétustes et les murs lézardés ; je soupçonnais qu’elle était la cause d’une certaine tension entre les générations. »

 

Page 76 : Après l’enterrement du père de Jean-Luc

 

« Après la cérémonie, nous suivîmes la foule jusqu’à la maison de la famille de Jean-Luc. Dans le jardin, il resta au milieu d’un groupe d’hommes aux visages et aux mains  burinés. Vu la manière dont ils contemplaient les vignobles au loin – avec une inquiétude de propriétaires –, ils devaient être également vignerons, des viticulteurs de domaines voisins, des collègues du père de Jean-Luc. Lui se tenait les bras croisés, la tête baissée tandis qu’il écoutait les conseils, mais son expression n’avait rien de la raideur que j’apercevais  parfois à Paris. Ici, au milieu des vignes, il était chez lui. »

 

Page 77 : le premier millésime de mon père

 

« Ce soir nous le boirons en son honneur ». Il réussit à sourire.

 

  • À ton père dis-je tout en admirant la couleur du vin, riche et dorée, comme un souvenir de rayon de  soleil.

 

  • Papa ouvrait un millésime chaque printemps, quand les vignes commencent à se réveiller. Il disait  que c’était une offrande. Il cogna son verre contre le mien. « À une bonne année. Ma première… comme vigneron. »

 

J’en eus le souffle coupé. »Tu … tu reprends le domaine ? » Au moment où je le dis, les pièces du puzzle trouvèrent leur place. Bien sûr qu’il allait le reprendre. Il était le seul fils, et sa sœur était impatiente de fuir la province. Il se préparait à ce rôle de chef vigneron depuis sa naissance.

 

Dans la semi-pénombre de la cuisine, son visage était fermé, difficile à lire. « Nous avons envisagé de trouver un viticulteur pour s’occuper des vignes. Ou de vendre notre récolte à un négociant. Mais finalement… disons que papa n’approuverait pas. J’ai pensé que c’était la meilleure solution, et maman a fini par donner son accord. »

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14 juillet 2019 7 14 /07 /juillet /2019 07:00
1953 - Christiane MARTEL - France

1953 - Christiane MARTEL - France

J’adore les articles de commande torchés par le type d’engeance qui veut ménager la chèvre et le chou, le genre je ne vais pas oser me couper des jeunes larges masses citadines passées par « … les cases Stan Smith-tatouage-mode unisexe. » «  … qui mets toujours un Pet’nat’ dans mon tote-bag avant de grimper sur sa gyroroue. » en les dézinguant, ni choquer les ceux, propres sur eux, qui t’invitent aux belles tables des châteaux des GCC, qui raquent sec pour la publicité de mon commanditaire, en les encensant.

 

Alors miss Monde, se tortille (voir plus bas), s’élance en se bordant d’un gilet de sauvetage à l’épreuve des balles « Le pétillant naturel est encensé ou décrié. Tout le monde en parle mais personne n’en boit. On a testé. »

 

J’adore le ON.

 

En fait, elle déguste, elle qui s’est autoproclamée dégustatrice sans aucune garantie de son savoir-faire, de sa capacité à sélectionner les produits à déguster (en général on les lui livre) puis, pour rajouter un zeste de crédibilité à ses écrits louvoyants, elle convoque « une personne chère, amatrice de bons vins » pour lui proposer « un des pétillants naturels goûtés pour cette chronique (apprécié par mon palais) (Sic). » qui  « Après un enthousiasme sincère sur la proposition…  goûta, et son sourire se figea en une moue gênée. Elle déglutit et lâcha sur un ton désolé : « A ce compte-là, je préfère carrément du cidre. » Raté. Elle adora le suivant. Ouf ! »

 

À quoi ça rime ?

 

À pisser de la copie, à pondre des phrases qui se veulent politiquement incorrecte mais qui sont d’un convenu absolu, du genre « Le pétillant naturel rappelle souvent une attitude. Le « en même temps » macronien. On veut un vin effervescent, mais en même temps on le veut plus cool que le champagne et plus dans le vent que le crémant. De même que le bobo a refusé de choisir entre bourgeoisie et bohème, l’amateur de Pet’nat’ veut la tendance et l’authenticité dans le même verre. Et un soupçon de punk, en plus. D’ailleurs, il est souvent bouché d’une capsule, comme la bière. Même l’ouverture est relax. »

 

Je note que les ploucs de la Blanquette de Limoux et de la Clairette de Die apprécieront d’être qualifiés de précurseurs des Pet’nat, alors qu’ils rament  depuis des années, depuis que les champenois ont confisqué à leur seul profit la « méthode champenoise », pour souligner que la méthode traditionnelle qu’ils pratiquent c’est deux fermentations comme en Champagne.

 

Les ancêtres des Pet’nat ce sont les méthodes ancestrales : à Limoux, le Cerdon, Gaillac…

23 novembre 2011

C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe : vive les bulles ancestrales avec Cœur de bulles de Sieur d’Arques…  ICI 

 

Je ne suis pas tatoué, je ne porte pas de jeans taille basse, je n’ai jamais chaussé de Stan-Smith, je ne suis ni hipsters, ni adepte de gyroroue, je fais du vélo, mais je concède que je suis un vieux con, septuagénaire, pas encore dépendant, qui a de la bouteille, qui patauge dans le petit monde parisien de celles et ceux qui se disent amatrices et amateurs de bons vins (qu’est-ce qu’un bon vin ? faudra un jour me faire un dessin !), je vais être hautement vulgaire : ce genre d’article c’est se tortiller du cul pour chier droit.

 

Traduction :

 

« En effet, c'est au XVIIe siècle qu'on trouve l'expression « tortiller sa pensée » pour désigner de façon imagée des cheminements de pensée compliqués. Par opposition, pour signifier qu'on allait droit au but, sans hésiter, on pouvait donc dire « il n'y a pas à tortiller sa pensée.

 

C’est tiré de :

« Il ne faut pas tortiller du cul pour chier droit dans une bouteille »

 Le 14 janvier 2013 c’était le titre d’une de mes chroniques ICI 

 

Qui a dit que cette expression bien française est vulgaire ? J’en connais un mais je tairais son nom.

 

Elle vient de loin : « En effet, c'est au XVIIe siècle qu'on trouve l'expression « tortiller sa pensée » pour désigner de façon imagée des cheminements de pensée compliqués. Par opposition, pour signifier qu'on allait droit au but, sans hésiter, on pouvait donc dire « il n'y a pas à tortiller sa pensée », assez vite raccourci en un « y'a pas à tortiller » attesté en 1756 et qu'on trouvera chez Vidocq, par exemple.

 

Mais avant, à la fin du XVIIe siècle, on trouvait déjà un « tortiller du cul », appliqué aux femmes qui marchent en se déhanchant tout en sachant l'effet que cela produit sur des mâles en rut.

 

La combinaison des deux a donné, à la fin du XVIIIe siècle, un y'a pas à tortiller du cul avec le même sens que notre expression.

 

Quant à la version étendue, elle est citée en 1977 par François Caradec dans son « Dictionnaire du français argotique et populaire ». On ne sait pas si l'ajout des compléments avait pour but de faire rire ou de choquer, mais ils ont certainement plu puisque, au moins pour le premier, ils sont restés dans le langage familier. »

 

 

1952 - Armi KUUSELA - Finlande  

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14 juillet 2019 7 14 /07 /juillet /2019 06:00
Brèves de lavoir (8) Woodstock l’apocalypse de Carlos Santana

Samedi 16 août 1969, le deuxième jour du festival, un hélicoptère dépose Carlos Santana, qui vient de fêter ses 22 ans,  au milieu des champs de Woodstock. On attendait 60 000 spectateurs dans un écrin de verdure, ils sont 500 000. Une pluie diluvienne a tout balayé et transformé le site en un bourbier géant. Cette marée humaine fait peur à Santana, il prend de la mescaline, la drogue psychédélique par excellence. C’est bordel monstre. À 14 heures on appelle Santana, le guitariste est en pleine montée de drogue et ne comprends pas ce qui se passe. Personne ne connaît le bel efflanqué, torse nu sous son gilet noir. En quelques minutes pourtant, le tour est joué. L’avant-dernier morceau de sa prestation, Soul Sacrifice, 10 mn au rythme échevelé, fait se lever la «nation de Woodstock» comme un seul homme. Une immense clameur descend des hauteurs. Santana triomphe et bascule dans un autre monde.

Sur la base de Santana à Woodstock, le jour où il a retourné la foule

Laurent Rigoulet Télérama

 

25 PHOTOS QUI DÉMONTRENT À QUEL POINT WOODSTOCK 1969 ÉTAIT SANS CONTRÔLE (PHOTOS)
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13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 06:00
De Rugy lichait des GCC à l’hôtel de Lassay, en même temps les députés marcheurs de Macron carburaient au Coca-Cola, alors union nationale avec les vins nus dans les caves de la République

Scandale !

 

Médiapart tonne : de Rugy et madame s’offraient des soupers fins à l’hôtel de Lassay, résidence du président de l’Assemblée Nationale.

 

ICI 

Je n’éprouve aucune espèce d’empathie pour le sieur de Rugy et je ne dirai rien sur madame de peur de me laisser aller à des jugements inconvenants.  Ses soupers fins avec photos sont à la hauteur de leur vulgarité. Quand à en faire une affaire d’État, qualifier la pratique de détournements de fonds publics il y a un pas  que M. Plenel  ne devrait pas franchir, ce pour deux raisons : primo on n’a pas encore confié à Médiapart les fonctions de juge d’instruction, secundo, je ne suis pas certain qu’il soit facile de tracer la frontière entre l’objet public  d’un repas en fonction des invités et la nouba avec des copains, du temps où il officiait au Monde avec le petit corse, ce cher Edwy à sûrement tremper sa cuillère dans une écuelle de l’hôtel de Lassay.

 

 

 10 juil.

40 ans de journalisme. 40 ans que je suis choqué (euphémisme) par le train de vie de la présidence de l’Ass, du Sénat et d’une manière générale de tous les « palais » de la République.

 

 

D'accord avec l'ancien du Nouvel Obs à titre personnel je suis partisan d’une solution à la suédoise pour les soi-disant huiles de la République : les présidents des 2 assemblées, les Ministres… :

 

  • Plus de budget de réception du type liste civile, ça n’a aucun  sens à notre époque.

 

  • Plus de voitures de fonction… un abonnement taxi suffit...

 

  • Plus de voyages en avion en France…

 

M de Rugy a fait, comme dirait l’autre, comme ses prédécesseurs, ce n’est ni une excuse ni une justification, ses agapes sont minables, du genre souper fin pour faire plaisir à madame. La volaille politique se fait trop souvent conduire par les couilles (désolé).

 

Il se trouve que j’ai séjourné à l’hôtel de Lassay de juin 1981 à mai 1983 en tant que conseiller technique du Président de l’époque. Vu la gabegie qui régnait parmi le personnel, le président me demanda de prendre les rênes de la cave. Celle-ci était 100% bordelaise du fait que notre prédécesseur était Chaban-Delmas maire de Bordeaux, plus quelques flacons de vin jaune cher à Edgar Faure. Bref, je m’employai  à franciser la cave, à  exclure whisky et porto des buffets, je goûtais les vins avant chaque déjeuner ou dîner.

 

Les déjeuners et dîners étaient toujours officiels, les Mermaz n’étaient pas des adeptes des invitations privées ce qui désespérait notre chef qui de guerre lasse s’en fut chez le président de Radio France Jean-Noël Jeanneney.

 

Trois souvenirs plaisants :

 

  • avoir fait servir un Pétrus sur du foie gras en papillotes à un déjeuner de journalistes, ils baisaient ensuite les mains.

 

  • le déjeuner d’État du président Pertini, 80 couverts, où je dû daredare réapprovisionner le liquide car nos amis italiens avaient la dalle en pente, ça nous coûta un bras.

 

 

  • la réception d’après projection d’un film retraçant la vie d’un agriculteur landais, foie gras via Emmanuelli, et Yquem pour les députés communistes, l’un d’eux Guy Ducoloné me déclara « Tu as fait plus que Mauroy pour l’Union de la Gauche. »

 

Le président de l’AN, Louis Mermaz, juste avant l’alternance de 1986, organisa une plongée dans la cave de l’Hôtel de Lassay avec une cohorte d’amateurs emmenés par Bernard Pivot, afin de le constater. Verdict : belle, très belle !

 

ICI 

 

Et pendant que le Président se vautrait dans les GCC glyphotasés, dur pour un écolo de papier, la piétaille des nouveaux députés marcheurs se rinçaient au Coca-Cola

 

Moins d'alcool, plus de poisson et de plats végétariens, des repas plus courts... L'arrivée des "marcheurs" à l'Assemblée nationale a modifié les habitudes des députés.

 

La vague macroniste qui a balayé le paysage politique français se ressent jusque dans les cuisines de l'Assemblée nationale.

 

Alors que la réputation de bons vivants des députés n'est plus à faire, le renouvellement de la classe politique - 424 nouveaux députés sur 577- a profondément modifié les habitudes alimentaires des parlementaires, a dévoilé Paris Match samedi 6 juillet.

 

« C'est ce que m'a dit un maître d'hôtel : la consommation d'alcool est en chute libre, mais celle de Coca a bondi », glisse à l'hebdomadaire la député LREM Aurore Bergé. D'ailleurs, à la buvette de l'Assemblée nationale, c'est la première fois qu'il n'a pas été nécessaire de réapprovisionner la cave à vins après deux ans de législature.

 

Mais ce n'est pas tout : les députés passent également moins de temps à table. « Aujourd'hui, ils sortent à 14h30. À 14h15, il faut que j'aie 200 cafés sur la table ! On a perdu une heure de repas en vingt ans », explique le patron du restaurant Chez Françoise, à deux pas du palais Bourbon. D'après lui, les députés consomment désormais plus de plats végétariens et de poisson. « Le foie gras a pris un coup dans l'aile, confie-t-il encore. Surtout, au maximum, une table sur cinquante partage une bouteille de vin. »

 

NDLR. Là je sens que Pousson va avaler son dentier !

 

Pour beaucoup, ces changements sont à mettre sur le compte de l'arrivée massive des "marcheurs" à l'Assemblée. « Nous avons grandi dans le privé, où on n'a pas le temps de prendre deux heures pour déjeuner », selon Aurore Bergé. En réalité, estime Paris Match, la tendance est un peu plus ancienne : Nicolas Sarkozy, en son temps, avait mis ses ministres au régime. Quant à François Hollande, il avait fait de sa perte de poids avant la campagne présidentielle un symbole de sa volonté. Quant aux écologistes, « le cérémonial des repas n'est pas dans nos mœurs », explique leur secrétaire national, David Cormand.

 

Résultat de recherche d'images pour "photos de la cour des 4 colonnes assemblée nationale"

 

Pour remonter cette funeste pente, pour redorer le jaja aux yeux de ces buveurs de Coca je propose aux questeurs de l’Assemblée, le laisse de côté les sénateurs qui sont confits dans le confit arrosé de vins lourds, d’ouvrir dans le jardin des 4 colonnes une baraque à frites où je ne servirais que des vins qui puent.

 

Ainsi nous conjuguerions une République à la fois frugale mais toujours attachée à ses valeurs du bien-vivre ensemble.

 

 

Ça serait un frein puissant au « TOUS POURRIS » qui a fait le miel des Gilets Jaunes.

EXCLUSIF. Dîner, travaux... Séverine de Rugy ouvre les portes de son appartement

Épinglée pour des dîners et des travaux au ministère, la femme de François de Rugy s'explique. Elle reçoit « Le Point » dans son appartement privé. Visite guidée.

INFO OUEST-FRANCE. Les dîners secrets de François de Rugy avec des lobbyistes

 

Le rôle d’un ministre est-il de « mettre en relation des lobbyistes avec des personnalités influentes » ? C’est la question que pose une nouvelle polémique touchant le ministre de la Transition écologique, François de Rugy.

ICI

DIRECT. François de Rugy estime n'avoir "absolument pas de raison de démissionner" après les révélations de Mediapart ICI
Dîners luxueux, travaux onéreux, appartement à loyer modéré, sèche-cheveux… Ce qui est reproché à François de Rugy (et comment se défend le ministre) ICI
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12 juillet 2019 5 12 /07 /juillet /2019 06:00
Le 12 juillet quand on n’a plus rien à dire on met la mire…

Encore un titre à la mort moi le nœud ?

 

Oui !

 

Pourquoi ?

 

Le temps… le temps qui passe…

 

Le temps est cette sorte de fluide dont nous répétons qu’il transporte tous les objets, qu’il vieillit les êtres, altère et use les choses, ronge les roches, améliore les sociétés et les vins. Mais dire cela ne suffit guère à révéler sa véritable nature.

 

Qu’est-ce donc, au fond, que le temps : est-il comme notre langage le raconte ? Comme nous croyons le percevoir ou le vivre ? Comme le représentent les physiciens ? Comme le pensent les philosophes ?

 

Qui a autorité pour parler du temps ?

Étienne Klein ICI

 

Alors la mire !

 

Mais oui, cette image fixe présente lorsqu’il n’y avait pas d’émission, dont les couleurs criardes servaient à étalonner l’affichage du téléviseur de l’époque pré-numérique ! Remontons le temps jusqu’à la préhistoire de la télévision.

 

18 septembre 1937 : un émetteur d’ondes courtes d’une définition de 180 lignes est installé sur la Tour Eiffel depuis 2 ans. Afin de tester un nouvel émetteur, d’une définition de 480 lignes, une image fixe est télédiffusée dans un rayon de 100 km.

 

La suite ICI 

Etienne Klein: «Le futur existe-t-il autant que le passé?» ICI 

 

A la recherche du temps perdu

 

Chez nous-mêmes, ni physiciens ni philosophes, c’est encore pire. Pêle-mêle, le temps ralentit ou accélère, passe ou s’arrête, tourne en rond, signifie le changement ou la vitesse, l’usure ou la mort. Cela fait beaucoup pour un petit mot de cinq lettres. Mais dire le temps ne donne aucune assurance sur ce qu’il est vraiment, en tant que lui-même. Il n’est pas une chose ordinaire. Personne ne peut l’attraper pour l’ausculter avec une loupe. «Qui pourrait se targuer d’avoir une connaissance assez complète du temps pour expliciter ce qu’indiquent vraiment les horloges lorsque nous disons qu’elles donnent l’heure?» questionne Etienne Klein.

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11 juillet 2019 4 11 /07 /juillet /2019 06:00
Thibaudet ou les trois B, c’est-à-dire la Bourgogne, le Bourgogne et Balzac qui a fait entrer la table en littérature.

Dans sa chronique : La critique littéraire, 18/04/2018  Aurélien Bellanger, écrit :

 

J’avais lu, à sa sortie et avec beaucoup d’intérêt, le gros recueil des critiques littéraires qu’Albert Thibaudet avait publiées  dans la NRF entre 1912 et 1936.

 

Toutes les notices biographiques de Thibaudet s’entendaient sur trois points. Il était bourguignon, c’était le plus grand critique littéraire de son temps et il était gourmand.

 

J’avais lu aussi son Flaubert et j’avais eu l’impression, une vague ressemblance, le Normand et le Bourguignon, l’homme du nord et l’homme du sud, se répondaient d’un bout à l’autre de Paris. Leur coprésence, sur la même carte littéraire de la France, avait quelque chose d’une idéalité géométrique, c’était la structure même de notre champ littéraire et j’avais fini par m’agacer un peu de ces clichés culinaires incessants dont on adorait alourdir la figure du célèbre critique au liant bienveillant et au goût délicat. Cela m’agace, de même, quand on finit par préférer les bons mots de Faubert à ses romans ou par trouver ses joues couperosées plus sexy que Salammbô.

 

Né le 1er avril 1874 à Tournus (Bourgogne) d'une famille de notable et d'édiles. Elevé par les jésuites, il bénéficie d'une solide éducation. Il entre au lycée Louis-Le-Grand en 1888 comme pensionnaire et obtient le Prix d'honneur en philosophie en 1891, après un passage à Henri IV où il rencontre et se lie avec Bergson. A cette époque, il découvre les œuvres de Mallarmé, de Gide, de Bergson et de Barrès, qui resteront sa vie durant de fortes inspirations. Esprit déjà encyclopédiste (« il connaissait spécialement tout » dit de lui Bergson) il s'ouvre aussi bien à l'histoire, la littérature, la philosophie et la politique, se forgeant un savoir d'honnête homme d'une rare qualité : ce cumul de qualités et de visions se lit d'ailleurs dans sa conception de la fonction de critique littéraire, qui n'est pas uniquement littéraire, et qui est très critique (au sens premier du terme, de développer).

 

Jusqu'à sa mort en 1936, il continuera de cumuler les fonctions de régulier de revues et de professeur. Marqué à droite (il collabore aux revues proches de l'Action française, la Revue critique des idées et des livres de 1920 à 1924 et surtout l'hebdomadaire culturel Candide de 1925 à 1935), sa prolixité servira également le Journal de Genève (de 1925 à sa mort, pas moins de 103 articles !) et Les Nouvelles littéraires (de 1927 à 1931). Il restera comme un grand amoureux de l'esprit qui s'incarne parfois dans la littérature.

 

Albert Thibaudet écrivait énormément, il a voué sa vie à cela : la littérature. Ne pouvant trouver en lui la force d'un créateur, et sans tomber dans l'amertume d'une passion contrariée, il s'est fait le plus bel amant respectueux :  il cherche à mettre en valeur l'œuvre qu'on lui donne à lire sans chercher à montrer son ressentiment. Non pas lectures froides et analytiques comme il s'en fait (lisez Arnaud Rykner, vous ne rirez pas beaucoup…) mais perpétuel engagement dans le livre et dans le texte. Au fil des articles, une méthode se dégage, des tics d'auteurs se font écho, un écrivain apparaît : car reconnaître un critique à son style, c'est déjà lui en reconnaître un, et lire Albert Thibaudet est toujours un moment précieux que l'on s'offre.

ICI 

 

Pour se permettre de critiquer, il faut donc connaître un minimum son sujet, connaissance qui participe à l’affinage du goût, qualité qui préside à la critique éclairée : c’est ce que vous pourrez répondre à votre belle-sœur la prochaine fois qu’elle se permettra de qualifier de « piquette imbuvable » la bouteille de Pommard 1er cru que vous avez sortie de la cave pour Noël, alors que vous savez qu’elle n’y connaît rien et boit du Vieux-Pape toute l’année (en lui rappelant au passage que « piquette imbuvable » est un pléonasme). Car en littérature le goût s’acquiert comme pour le vin. Thibaudet précise donc qu’il s’agit surtout pour le critique de chercher à comprendre son plaisir et essayant d’être le plus précis possible dans la description de son plaisir. Partis du plaisir, « nous en arrivons à la discipline, c'est-à-dire à l'effort ». C’est ce qui dissocie la simple lecture vagabonde du travail critique.

 

Léon Bopp, « Albert Thibaudet (Caractéristique générale de sa pensée) », NRF, 1er juillet 1936, p. 14, son exécuteur testamentaire avec Jean Paulhan, de donner la juste définition d’Albert Thibaudet en une équation schématique, laconique et non dépourvue d’humour, assez fidèle par l’esprit à la réserve manifestée par l’écrivain pour se livrer : « Thibaudet ou les trois B, c’est-à-dire la ou le Bourgogne + des Bibliothèques + Bergson. » 

 

Paul Valéry :

Tout homme qui vaut est un système de contrastes heureusement assemblé. Chez Thibaudet, le rude accent, l’aspect bon vigneron et vieux soldat, l’amour des belles lettres et le sentiment des plus raffinées, Thucydide et les crus fameux, Mallarmé et notre personnel politique, l’Acropole, dont il a plus magnifiquement écrit que quiconque, et la gastronomie la plus délicate, se composaient à merveille en un vivant très délectable à connaître, très bon, très sûr, très simple. 

 

Garçon, un cent d'huîtres ! Balzac et la table

 

Anka Muhlstein, Garçon, un cent d'huîtres ! Balzac et la table, Odile Jacob/Histoire, octobre 2010, 218 pages, 23,90 €

 

 

Balzac est le premier écrivain à prendre son temps pour décrire un restaurant, un souper car l'homme est dans son assiette, pourrait-on dire. Jamais avant lui aucun écrivain n'avait eu une telle préoccupation. La table permet d'établir le statut social du héros, son caractère, d'évaluer son ambition ; le fumet d'une soupe nous aide à sentir l'atmosphère qui règne dans une maison.

 

Mais quels rapports Balzac entretenait-il avec la nourriture ? Ceux qui, comme moi, connaissent surtout le bonhomme ventripotent, seront surpris d'apprendre que Balzac a souffert de la faim dans sa jeunesse lorsqu'il était au pensionnat. Cela expliquerait-il ses rapports ambigus avec la nourriture ? En effet, s'il pensait que la frugalité — et même la chasteté — était indispensable au travail de la création — et s'appliquait ce régime pendant toute l'écriture d'un roman —, il était capable de se livrer à des excès « énormes, choquants » quand il en avait terminé. « Le bon à tirer signé, il filait au restaurant, avalait une centaine d'huîtres en hors d'œuvre, arrosées par quatre bouteilles de vin blanc, puis commandait le reste du repas : douze côtelettes de pré-salé au naturel, un caneton aux navets, une paire de perdreaux rôtis, une sole normande, sans compter les fantaisies telles qu'entremets, fruits, poires de doyenné », nous décrit Anka Muhlstein. On découvre aussi un grand amateur de café, un drogué au café même. Il en buvait des quantités astronomiques, quitte à se faire sérieusement mal.

 

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« Flaubert savait-il écrire ? ». La question, écrit Thibaudet, peut « être posée à bon droit »

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