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23 février 2018 5 23 /02 /février /2018 08:00
Gustave COURBET (1819 - 1877) © Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

Gustave COURBET (1819 - 1877) © Photo RMN-Grand Palais - H. Lewandowski

Tout fout le camp madame Michu comme Carl Puigdemont le Jean-Guy Talamoni catalan que vénère Vincent Pousson !

 

Il est bien loin le temps des coups de gueule du Senator-major le grand Jojo Frèche, des premiers pas du Grand Gégé en culottes courtes qui ne se prenait pas encore pour le Castel de l’Oc, du roulage de mécanique du grand Jacques connétable du Langue d’O heureux d’avoir fait la peau des kolkhozes, des accolades du sémillant Robert de Sète qui faisait aussi dans la nouille, des sourires de Miren la madone de Pennautier, des tirades du bougon des cépages qui entamait sa reconversion… C’était beau comme des damnés de la terre reprenant le pouvoir aux bourgeois de Bordeaux.

 

C’était bordélique, sympathique, de l’ambiance, quand venait l’heure de fermer les portes du salon le barde ariégeois Pousson montait sur la table pour célébrer la bonne chère et s’enfiler des canons bardés de glyphosate mais si près du précieux terroir du Sud.

 

Bref, comme je l’ai écrit hier place aujourd'hui aux marchands du temple approvisionneurs des pousses-caddies cher à Pousson.

 

Ce matin dans ma grande paresse et parce que le dit Pousson dans son style inimitable s’est inquiété de mon changement de cardan, je lui confie la plume puisqu’il vient de mettre Vinisud en bière et nous demande de tenir les cordons du poêle.

 

Note du Taulier pour les petites louves et les petits loups ignares du hub Digital :

 

  • Mise en bière : « La mise en bière correspond au moment où l’on place le défunt dans son cercueil. Elle marque le premier temps de la séparation physique. » signé PFG (ne pas confondre avec le PSG)

 

  • Cordons du poêle : « leur bonne patronne décédait. Ses obsèques furent magnifiques. Mme F..., en grand deuil, et trois autres matrones connues du Tout-Paris qui s'amuse, tenaient les cordons du poêle. » 1927.

 

Naguère, « les cordons du poêle » étaient les cordons attachés au drap funéraire qui recouvrait le cercueil lors d'un enterrement. Ces cordons étaient tenus par les proches du défunt lors de la marche funèbre. C'était en quelque sorte un geste symbolique. »

 

 

 

RIP Vinisud.

 

 

« Ce n'est pas une découverte, je l'avais évoqué l'an dernier ici-même, le salon Vinisud a du plomb dans l'aide, à l'image d'une certaine viticulture, volontiers kolkhozienne, de la région qui l'héberge, le Languedoc. L'édition 2018, qui vient de fermer ses portes n'a convaincu que ceux qui n'avaient pas besoin de l'être, les enthousiastes professionnels, appointés, serviles. Même pour ceux (nombreux) qui n'y ont pas mis les pieds, des images ont filtrés, de halls déserts, d'un vide grandissant. Un vigneron héraultais, et non des moindres, Sylvain Fadat, résume la situation dans le faire-part de décès qu'il vient de publier. »

 

 

La suite ICI 

 

 

 

UN ENTERREMENT À ORNANS de Gustave Courbet

 

 

« Singulier destin que celui de cet enterrement de campagne ! Symbole de l’ordure moderne pour les  socialiste pour les uns, manifeste réaliste pour les autres, allégorie politique pour les historiens, Un enterrement à Ornans a déchaîné les passions et suscité de nombreux commentaires.

 

 

Malgré la médaille de deuxième classe qui l’a récompensé au Salon de 1851, sa vulgarité et sa laideur ont fortement déplu aux publics dijonnais et parisien de l’époque. Dupays, un critique, dénonça par exemple « un amour du laid endimanché ». Gustave Courbet, de son côté, professait que « le réalisme est par essence l’art démocratique » et que sa peinture visait à introduire « la démocratie dans l’art ». Qu’en dit-on aujourd’hui ? Mais, avant d’entrer dans le débat, tâchons d’abord de regarder cet Enterrement si controversé. »

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27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 06:00
Le Lilian Bauchet vu par la Fleur Godart

Le Lilian Bauchet vu par la Fleur Godart

Enfant de chœur à l’église Saint Jacques le majeur de la Mothe-Achard, j’en ai fait des baptêmes, le curé en surplis empesé, l’eau, le saint chrême, le moutard en sa robe de baptême qui couine (féminin complexe), les parents, grands-parents s’extasiant, les dragées, les cloches carillonnées et, je dois l’avouer, le joli billet glissé dans nos mains avides par le géniteur du baptisé ou de la baptisée.

 

Le baptême est un rite de passage : marqué du signe de la croix, plongé dans l'eau, le nouveau baptisé renaît à une vie nouvelle. Il est devenu chrétien.

 

Vous allez me dire, qu’une fois encore, une fois de plus, une fois de trop, je vous mène sur un chemin qui ne mène nulle part.

 

Pas si sûr chers lecteurs, le concept de rite de passage pour ce « moins que rien » qu’est le vin naturel, son éventuel baptême par le clergé de l’INAO, son entrée par la grande porte dans l’univers des vins qui ont un nom de baptême, n’est-ce-pas l’exercice auquel s’est livré l'ami  Lilian Bauchet.

 

Merci à lui d’avoir confié à mon espace de liberté son jus de tête, du pur jus comme le dirait la Fleur Godart.

 

Je lui laisse la plume.

 

 

« Au hasard de mes pérégrinations sur Internet, je suis tombé récemment sur un article de la RVF qui m'a empli de joie.

 

Publié au moment des primeurs, il présente une sélection de «12 Beaujolais Nouveau Nature au top !». Enfin la RVF consacre les Beaujolais Nouveaux naturels !  ICI 

 

Rassemblées sous l'appellation « nature », on trouve de tout dans les cuvées présentées ; des cuvées levurées ou non et/ou des cuvées filtrées ou non et/ou non sulfitées ou « très peu »... Y'en a pour tous les goûts. A la vigne, la culture se veut « autant raisonnée que raisonnable ». C'est bien, on se soucie de l'environnement. Pour la distribution, nul canal n'est privilégié, cavistes, particuliers, grandes surfaces, bien dans l'esprit de partage et sans chichi des vins naturels. Y'a même des cuvées pour Carrefour, ça tombe bien le patron du groupe vient d'annoncer sa volonté de démocratiser la bio. Pourquoi pas le vin naturel ?

 

Last but not least, une des cuvées s'intitule « cuvée à la con ». Là aussi, nous sommes conformes à l'esprit de franchise du vin naturel . On dit ce qu'on fait, on fait ce qu'on dit.

 

Je ris, mais c'est pour ne pas pleurer. A peine le vin naturel commence à se démocratiser, que les naturopportunistes emboîtent le pas des bioopportunistes.

 

Faisons preuve d'indulgence, parmi les nouveaux convertis, se trouvent des vignerons qui se tournent vers les vins naturels avec sincérité et envie.

 

Mais je ne suis pas sûr que cela soit un sentiment unanimement partagé et certains endossent les oripeaux du vin naturel sans adhérer à ses valeurs, en empruntent les éléments de langage sans s'interroger sur leur sens.

 

La RVF quant à elle s'adapte. Faut les comprendre, ce n’est pas les anars et autres hurluberlus des vins naturels qui vont leur acheter des pages de pub ni participer à leur salon au palais Brongniart.

 

Zorro est arrivé

 

J'ai lu sur les réseaux sociaux que l'INAO travaillait à une définition officielle du vin naturel.

 

C'est vrai que ça part un peu dans tous les sens, et qu'un éclaircissement serait bienvenu.

 

Mes amis de l'AVN se font des nœuds au cerveau sur cette définition depuis de nombreuses années.

 

On aime bien aussi secouer le marronnier sur les réseaux sociaux, des fois qu'à l'INAO on jette un œil sur Facebook entre deux dossiers.

 

Bon, soyons direct, le vin naturel n'existe pas. Sans l'intervention de l'homme, le jus de raisin ne devient pas du vin, mais du vinaigre. Certains coquins à l'esprit espiègle me diront, que le vin naturel c'est parfois aussi du vinaigre. Ah, ah ! Ce à quoi, moi qui aime les joutes verbales, je répondrai, oui, mais pas que. Mais on en reparle sur Facebook, là on n’est pas là pour repeindre la girafe.

 

Alors si le vin naturel n'existe pas, comment l'INAO va-t-il réussir à en donner une définition officielle ?

 

Deux options, soit on tente une définition où on restreint au maximum les interventions et intrants autorisés pour aller vers le plus naturel possible. Soit on se contente d'une définition lacunaire mais qui aura le mérite de fixer un cadre et de servir de garde-fou.

 

La ligne dure est défendue par mes amis de l'AVN. Pas d'intrant, pas d'opérations jugées traumatisantes, pas de négoce. Attention, qui dit pratiques restrictives dit aussi moindre liberté d'action pour le vigneron, avec comme conséquence probable, une réticence chez ceux qui pourtant partagent l'esprit des vins naturels, à adhérer à un cahier des charges qui les contraint. Veillons à ce que cela ne débouche pas sur une sorte de contresens magistral.

 

Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais je pense que l'INAO aura une vision moins radicale. Une définition du genre raisins bios, fermentation spontanée, pas de filtration tangentielle et pas ou peu de sulfite nous permettrait de sortir du flou artistique dans lequel nous nous enfonçons un peu plus chaque jour. Cela ne serait déjà pas si mal.

 

Un premier écueil qu'on peut déjà noter est la difficulté qu'il y aura à opérer les contrôles de respect du cahier des charges. Comment s'assurer par exemple qu'un vin a été réellement vinifié en fermentation spontanée ? Surtout si celle-ci est menée dans un chai où elle constitue une exception ?

 

Peut-être cette certification passera par une dégustation d'agrément ? Où les vins sans défaut seront recalés ! Non mais, y'a pas de raison, ils nous font assez souffrir avec ça au sein des AOC !

 

Ouvrir la boîte de Pandore

 

Faisons un détour du côté de la bio.

 

En ayant escamoté la dimension sociale de l'agriculture bio au profit d'une définition plutôt technique, en accord avec la vision technocratique de Bruxelles, les militants de la première heure de la bio sont en passe de se faire déborder. Attirés par l'appât du gain, aux distributeurs militants des origines se joignent désormais les distributeurs traditionnels de la grande distribution. Aux paysans, l'agro-industrie.

 

Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour vient d'annoncer sa volonté de faire de son groupe le principal acteur de la « démocratisation de la bio » (ça, c'est pour sauver le monde) et la suppression de 2400 postes (ça, c'est pour les actionnaires).

 

Leclerc annonce de son côté la création de 200 enseignes spécialisées, Casino ouvre à tour de bras des magasins Naturalia (150 aujourd'hui), Auchan, vient d'inaugurer son premier magasin Auchan Bio, et Intermarché a pris une participation au capital des comptoirs de la bio. ICI 

 

Après avoir fait crever à petit feu les paysans depuis cinquante ans et encouragé l'industrialisation de l'agriculture, la GD prise d'un soudain accès de remords, se veut désormais à la pointe de la distribution d'une agriculture vertueuse.

 

La bonne blague !

 

Nous pouvons désormais compter sur eux et leurs amis de l'agro-industrie pour exercer un lobbying puissant en vue d'assouplir les règles de la bio et faciliter leur petit business. La manœuvre a déjà commencé à Bruxelles.

ICI  et ICI 

 

On conserve le logo AB qui rassure le consommateur, mais on en dévoie peu à peu le sens... Combien de temps les pousse-caddies vont rester dupes ?

 

Nous risquons de vivre bientôt des heures épiques au sujet de la bio.

 

Revenons au vin naturel. Que pouvons-nous attendre d'une définition officielle du vin naturel par l'INAO ? Débordera-t-elle du cadre purement technique pour embrasser la forte dimension éthique et sociale que porte en elle la notion de vin naturel ?

 

Comme pour l'agriculture bio, nous pouvons sérieusement en douter. Ne risque-t-on pas dès lors d'ouvrir la boîte de Pandore?

 

Car une fois cette réglementation officielle établie, il faut être bien naïf pour croire que les gros faiseurs du vin ne seront pas en capacité d'y répondre immédiatement. Bon, les groupies du vin naturel, je suis désolé mais il faut que je balance une info qui va vous faire mal au ventre. Les vins naturels ne sont pas l'apanage de quelques vignerons artistes de la vinification. L’œnologie, ses techniques poussées et sa pharmacopée sont une invention récente, avant elle, tout le monde vinifiait de la sorte, même le grand-père de Gérard Bertrand.

 

Avec in fine, un volume de vins dûment et conformément estampillé nature sur le marché autrement plus important que celui que nous connaissons aujourd'hui.

 

Nous pouvons même craindre une évolution de la réglementation dans le sens de leurs intérêts, une fois celle-ci dans le giron de nos institutions.

 

Nous ne retrouverions alors dans la même spirale infernale que celle de l'agriculture bio.

 

Certes, les vrais amateurs ne s'y tromperont pas. Mais le vin naturel doit-il être réservé à un seul cercle d'initiés ?

 

Les raisons du développement du vin naturel

 

Quelles sont les raisons du succès croissant du vin naturel ?

 

On le doit à l'opiniâtreté des vignerons pionniers, on le doit à celle de leurs distributeurs qui se battent pour imposer à leurs clients les vins naturels. On le doit au goût singulier de nos vins, réel ou fantasmé, peu importe. On le doit à une volonté du consommateur d'une viticulture plus vertueuse.

 

Mais on le doit aussi à l'arrivée d'Internet, qui a rendu possible l'émergence d'une parole libre, loin de la communication papier et institutionnalisée ronronnante et exercée prioritairement au profit de ceux qui ont le portefeuille bien garni.

 

Tous les codes de la communication autour du vin ont volé en éclat, pour une approche plus décomplexée.

 

Chacun est devenu libre de ses choix et n'a pas à s'en justifier. On entre plus dans le vin comme on entre en religion, on pousse la porte d'un bar à vins, et le « je n'y connais rien » du béotien un peu honteux disparaît peu à peu au profit d'un enthousiasme décomplexé à découvrir l'univers du vin.

 

Certes, on y observe parfois les mêmes comportements moutonniers que ceux qui nous amenaient à acheter les guides papier où les prescripteurs nous délivraient la bonne parole et nous guidaient sur le chemin. Sauf que sur Internet, la foule des prescripteurs est innombrable et désintéressée. On s'y perd un peu comme on peut s'y perdre dans tout autre domaine. Mais ne croyons-nous pas que notre libre arbitre s'est vu puissamment décuplé depuis l'arrivée d'Internet ? Pourquoi cesserions-nous de confier la destinée du vin naturel à ce bouillonnement ? C'est à lui qu'on doit en partie l'émergence du vin naturel, c'est à lui, bien mieux que tout logo, tout cahier des charges d'entretenir la flamme qu'il a allumé.

 

Comme une couille dans le pâté

 

Les amateurs de vins naturels savent quelles batailles ont dû mener les vignerons pionniers acteurs du renouveau du vin naturel auprès du public, mais aussi auprès des institutions.

 

Ils quittèrent pour la plupart, de gré ou de force, les AOC pour les Vins de France où ils trouvèrent un cadre moins normatif et moins restrictif, plus propice à l'expression de leurs convictions et de leur vision du vin, mais ils le firent à une époque où l'on considérait les Vins de France comme le pire de ce que la viticulture pouvait produire !

 

On imagine le parcours du combattant qu'ils durent réaliser pour imposer leurs vins.

 

Cette épopée à la marge participe de l'esprit underground du vin naturel et n'est pas étrangère à son succès.

 

Comment peut-on alors accepter qu'une définition du vin naturel soit encadrée par nos institutions quand les vignerons à l'origine du succès du vin naturel n'ont eu de cesse de se battre contre elles pour imposer leur vision ? Y'aurait pas là comme une couille dans le pâté ? (Pour reprendre une expression vendéenne ICI , on est sur le blog de Jacques Berthomeau, on a le droit.)

 

Ceci dit, cela ne sera pas à nous d'en décider, si l'INAO veut le faire, il le fera.

 

Peut-être nous faudra-t-il alors réinventer un vocabulaire différent, moins équivoque pour parler de nos vins. Un de mes amis dit de ses vins qu'ils sont libres. Si cela reste trop vague, cela reflète mieux pour moi l'état d'esprit qui anime ceux qui les font et ceux qui les boivent.

 

Je n'ai pas d'idée d'une appellation vraiment éclairante. Si quelqu'un voit la lumière ?

 

Note de l’ex-enfant de chœur : peut-être faudra-t-il que le vin naturel attende encore un peu pour être confirmé (la Confirmation dans l’Eglise catholique, on la reçoit après l’âge de raison. C’est l’évêque qui, de manière ordinaire, célèbre ce sacrement : il manifeste ainsi le lien avec le don de l’Esprit aux apôtres au jour de la Pentecôte et la place des confirmés dans la communion de toute l’Église. C’est lui qui réalise l’imposition des mains.)

 

Le vin naturel a-t-il atteint l’âge de raison ?

 

La question reste ouverte, à ceux qui ont des lumières d’y répondre.

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25 janvier 2018 4 25 /01 /janvier /2018 06:00
Les vieux cépages comme les papys font de la Résistance… André Dubosc en tête

Pour des raisons que je vous expliquerai lundi j’ai passé le petit braquet, je me ménage.

 

D’autres que moi sont en capacité de vous intéresser sur des sujets d’actualité alors bien volontiers je leur confie la plume.

 

Les vieux cépages reviennent dans le rang (1)

par Yann Kerveno.

 

Réchauffement climatique, pression sociale, marketing évolutif, la vigne est sous le coup d’une intense pression. Face au temps long de la plante, s’empilent les défis pour les vignerons et les chercheurs. Mais l’avenir de la vigne passe, en partie, par son passé déjà lointain.

 

« Les vignes sont consciencieusement plantées entre des haies de roseaux. Le marin pousse sur la côte une nébulosité diffuse qui gomme le bleu du ciel si cher à Bataille. Au loin, deux hommes avancent doucement entre les rangs, s’arrêtant sur certains ceps, sans logique apparente. Pour y rester plantés un moment. Je les vois consulter des documents, échanger entre eux un instant, puis reprendre leur marche dans le sable. Vigneron isérois, Nicolas Gonin est venu avec un collègue pour « réviser » et mettre à l’épreuve ses connaissances d’ampélographe 1. Les vignes qu’il parcourt avec tant d’attention sont celles du domaine de Vassal, à quelques kilomètres de Sète où l’Inra prend soin d’une des collections de vignes (au sens large) les plus importantes du monde. Dans la salle de l’herbier, des classeurs, des armoires, des dossiers, des fiches… 8 000 accessions, éléments en collection (porte-greffes, cépages, hybrides producteurs directs, Vitacées, lambrusques…) sont décrites dans cet herbier unique. »

 

La suite ICI 

 

Vieux cépages : La renaissance (2)

 

« À deux doigts de la disparition, les vieux cépages sont aujourd’hui sauvés par le contexte. L’union de coopératives Plaimont a entrepris depuis la restauration de certains de ces cépages qui présentaient un intérêt particulier. Le premier à avoir été sauvé, c’est le manseng noir une curiosité dans cette Gascogne où les blancs sont rois. « C’était intéressant pour nous de pouvoir retrouver un cépage local, rouge de surcroît, pour compléter la gamme des Côtes de Gascogne » détaille-t-elle. A partir d’un pied sauvé – il n’en existait plus que quelques-uns – le patient travail de restauration a permis de remettre le cépage en culture et de développer une cuvée spécifique autour de lui. Moonseng, c’est le nom du vin réalisé, est pour l’instant élaboré par un assemblage manseng et merlot, la part de ce dernier étant vouée à se réduire à mesure que les vignes nouvellement plantées entrent en production. Avec, depuis son lancement, une rupture de stock à chaque millésime pour les dizaines de milliers de bouteilles mises en marché. La parcelle de Sarragachies a également livré un sujet prometteur, appelé tardif parce qu’il est un peu fainéant à mûrir et qu’il expose ainsi ses raisins à la rigueur des premiers grands frimas lorsque l’automne s’avance. »

 

La suite ICI  

 

Vieux cépages, création variétale, résistance… (3)

 

« Le domaine de Vassal, pierre angulaire de ce travail de conservation-rénovation, ne prend pas en charge que les cépages anciens, les accessions ont aussi changé en partie de nature ces dernières années : « En moyenne, nous procédons à 80 introductions par an. Cette année, nous en avons fait 120 parce que nous avons eu une série importante d’hybrides et de géniteurs de résistance », témoigne Cécile Marchal. Des cépages qui ne deviendront pas des variétés commerciales mais des supports pour le développement d’autres variétés.

 

La résistance aux maladies est bien l’autre sujet qui agite le monde de Vitis vinifera 1, pointé chaque semaine par les médias spécialisés. Avec en ligne de mire, la diminution du nombre de traitements pour répondre aux préoccupations des consommateurs mais aussi aux inquiétudes sur la santé des vignerons, et la nécessaire adaptation au changement climatique… Courant septembre, le riche vignoble de Cognac a ainsi levé le voile sur les travaux menés depuis l’an 2000 dans cette direction. « Après les premiers travaux, nous avons planté une parcelle de 43 accessions en 2008 et nous sélectionnons à partir de là quatre pieds qui nous semblent prometteurs. En 2015, nous avons pu faire les premières vinifications, puis nous allons les tester à la distillation. Si tout se passe bien, nous espérons pouvoir les faire inscrire en 2022 pour qu’ils soient disponibles pour nos vignerons entre 2030 et 2035 » augure Jean-Bernard Larquier, président du Bureau national interprofessionnel du Cognac. Mais l’ensemble du monde viticole français est porteur de cette demande. Une commission y fut consacrée lors du congrès commun de la vigne en juillet à Bordeaux. Sous la pression de la filière, une douzaine de variétés dites « allemandes » ont été classées pour la culture et la production de vin en France juste avant l’été. » 

 

La suite ICI 

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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 06:00
Merci à Actes Sud de m’avoir envoyé « Le Goût des pesticides dans le vin » désolé ce n’est pas ma tasse de thé car je n’y ajoute pas du glyphosate !

Je lis beaucoup, ça me laisse peu d’espace pour m’intéresser à ce genre de livre ; mon combat contre l’abus de pesticides me le permet.

 

Peut-être le lirais-je un jour ?

 

Je ne sais !

 

Cependant j’ai glané sur Face de Bouc le point de vue de Nicolas Lesaint du château Reignac, qui, lui, l’a lu, et l’interview à Atabula du sieur Jérôme Douzelet, l’un des auteurs « Les pesticides sont devenus des ingrédients du vin »

 

Je  vous les livre sans commentaires.

 

 

« La tendance actuelle est claire, elle est aussi porteuse d’intérêts financiers pour ceux qui surfent sur sa vague diabolique. Elle vous soulève vous emmène un temps au-dessus de la mêlée vous donnant certainement une aura médiatique qui doit faire vibrer des égaux démesurés. Un article, une interview, une émission en prime time, un livre, quoi de mieux pour enfin espérer avoir son moment de gloire? Et tant pis si la bêtise l’emporte sur la rationalité du sujet défendu, c’est gagné on y est, on est sur l’estrade de la gloire, on affirme son appartenance et on existe dans l’univers du buzz…

 

C’est certainement ce que Jérôme essaye de faire aujourd’hui, à sa manière… Voulant donner son petit coup de poing à lui au bout de ses petits bras musclés, il a écrit un livre, que dis-je il a écrit LE livre… Alors maintenant il faut préparer sa sortie et jouer du teasing histoire de donner l’envie de se ruer sur l’ouvrage admirable pour que brille l’aura médiatique. Donc une interview…

 

A oui, suis-je bête j’ai oublié de vous donner le titre de l’ouvrage scientifique abordant LE sujet d’actualité de la profession que j’ai choisi: ” Les pesticides sont devenus des ingrédients du vin” (de Jérôme Douzelet)

 

Le garçon s’est ici posé la question de savoir quelle est “l’odeur des pesticides”… J’ai envie de dire ouvre un bidon de Rotenone de folpel, de cymoxanil ou un sac de soufre, respire à fond et tu sauras… Mais je ne voudrais pas que l’on m’accuse d’avoir voulu empoisonner l’animal chose que la bestiole en question ne s’est peut-être pas retenu de faire si j’en crois les quelques phrases de cette interview que l’on peut croiser un peu plus loin.

 

Pendant deux années il a fait goûter des pesticides (lesquels? mystères vous le saurez en achetant l’ouvrage…) dilués dans de l’eau à des doses identifiées dans des vins… Pour faire quoi en fait? S’habituer? S’immuniser? Nan vous pensez bien, pour pouvoir les retrouver dans des vins à leurs doses d’analyses, de traces, des doses que seuls des machines ultra perfectionnées sont capables de trouver. Mais Jérôme lui le sait il le pourra. Et Bingo c’est gagné.

 

La suite ICI 

Jérôme Douzelet : « Les pesticides sont devenus des ingrédients du vin

 

17 janvier 2018  À LA UNE, ÉDITION, OPINION

 

C’est un livre coup de poing qui, espérons-le, va secouer le cocotier des inconditionnels des pesticides. « Le Goût des pesticides dans le vin » montre que les pesticides ne font pas que tuer le vin : ils modifient directement son goût. Gilles-Éric Séralini, professeur spécialise des OGM et des pesticides, et Jérôme Douzelet, cuisinier responsable et engagé, ont réalisé de nombreux tests gustatifs avec quelques spécialistes du goût. Les résultats sont édifiants. Entretien avec Jérôme Douzelet.

 

  • Atabula – Pourquoi avoir écrit un livre sur le goût des pesticides ?

 

  • Jérôme Douzelet – Ce livre a vu le jour car j’ai une vraie passion pour le vin et la vigne. J’ai entendu parler des personnes qui sont des « nez » et qui sont capables de repérer les polluants dans une ville. Avec le professeur Gilles-Éric Séralini, nous nous sommes posés la question de l’odeur des pesticides. Il n’en a pas fallu plus pour réfléchir à comment aborder cette délicate question.

 

  • Et comment avez-vous pratiqué pour faire émerger les goûts des pesticides qui se trouvent dans le vin ?

 

Nous avons commencé en janvier 2015, et ce pendant deux ans, à faire goûter les pesticides de façon isolée, dilués dans de l’eau aux doses où ils ont été identifiés dans les vins. Les tests ont été réalisés à l’aveugle avec des vignerons et des personnes réputées pour leur palais. Le rôle d’Anne-Claude Leflaive a été important, elle nous a donnés beaucoup d’énergie pour mener nos travaux à terme.

 

La suite ICI 

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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 06:00
On peut « rêver de devenir cuisinier, on ne rêve pas d’être banquier d’affaires » Jean-Claude Ribaut estime que Macron intrigue.

Suis ainsi, tout vieux con que je suis, qui ne boit que des vins barrés, genre de ceux que promeut mon amie Fleur Godart, qui font chier les dégustateurs patentés, mais je n’en ai rien à branler, comme le dirais « Dédé la science » vendeur de poudre de perlimpinpin, qui n'est qu'un pilier du bar de Giovanni Passerini le mercredi à déjeuner, je suis orphelin des chroniques de Jean-Claude Ribaut, illustrées par le déjanté Desclozeaux, dans le Monde, le journal bien sûr.

 

Elles avaient de la gueule, une belle plume trempée dans une culture allant bien au-delà des pia-pia de ceux, dont on me dit qu’ils ont pris la relève, des affligeants qu’ils sont, barbotant dans le mélange des genres et même les conflits d’intérêt.

 

Comme arrive la trêve des confiseurs alors je retiens les mots crus que j’ai envie de balancer sur l’indigence de cette engeance.

 

Plus important, après tout comme le disait à propos de Chaban, Françoise Giroud, « on ne tire pas  sur une ambulance », notre Jean-Claude, plume alerte, s’intéresse au cas Macron, sujet sur lequel nos grands chroniqueurs de tout poil se sont cassés les dents, ils continuent d’ailleurs.

 

La chronique de Jean-Claude Ribaut Macron, président gastronomique est ICI

 

En amuse-bouche 1 extrait

 

Gastronomie en trompe l’œil à l’Elysée

 

Le Général de Gaulle aimait la soupe. Il en prenait même avant de se coucher. A l’un de ses familiers qui avait passé son tour, il envoya : « Vous avez tort Guichard, la soupe est un plat national ! Valéry Giscard d’Estaing fréquentait les tables étoilées. Peu après son élection, il se rendit chez Gérard Vié à Versailles. Le menu fut rendu public par l’AFP le soir même. «Cette visite  m’a assuré dix ans de clientèle » a reconnu le chef, l’excellent Gérard Vié, qui a raccroché son tablier après 37 ans de métier au Trianon Palace, poussé vers la sortie par Gordon Ramsay. Lequel fut aussitôt gratifié de deux étoiles Michelin par son ami Jean-Luc Naret,. « Passe moi la rhubarbe… »

 

Giscard, dans le même ordre d’idée, avait remis à Paul Bocuse les insignes de chevalier de la Légion d’honneur, lequel, en retour lui « passa le Séné », en l’occurrence la fameuse soupe de truffes VGE, avant d’être nommé conseiller de Jacques Médecin, ministre du Tourisme de l’époque, qui eut le rare privilège, par la suite, de goûter – tourisme un peu spécial– la pitance carcérale.

 

François Mitterrand écumait les restaurants de poisson, notamment Le Dodin Bouffant puis Le Duc, et La Cagouille, où son repas, le samedi midi, se limitait dans les années 1990 à quelques huîtres suivies de céteaux (petites soles) poêlés. « Il a désacralisé la fonction présidentielle en fréquentant les bistrots », notait à l’époque, Gérard Allemandou, le jovial patron de cet établissement.

 

A l’automne, François Mitterrand aimait les interdits (bécasses et ortolans) dégustés à Urt, dans une auberge au bord de l’Adour. Mais il eut aussi une cuisinière cachée, à l’Elysée, pendant deux années de son second mandat, Danièle Delpeuch, à qui il demanda – un 10 mai jour anniversaire de son élection– de préparer la chaudrée charentaise « comme la faisait sa grand-mère »

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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 07:00
Ehpad du Soleil. Sortie à la Fête des vieux métiers

Ehpad du Soleil. Sortie à la Fête des vieux métiers

Il est des chroniques d’utilité publique, celle de Frédéric Pommier sur France Inter dans le 7/9 de vendredi en est une Suzanne et les maltraitances d’un EHPAD.

 

Je suis un jeune vieux malgré quelques soucis de hanche je vais et je viens à ma guise, mais je me dis « et si un jour tu devenais dépendant ? »

 

La « dépendance » de nos vieux, c’est un peu comme la poussière que l’on cache sous le tapis pour ne pas la voir.

 

Il est fini le temps des Vieux chantés par le grand Jacques Brel vieillissant chez eux :

 

Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux

 

Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux

 

Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan

 

Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps

 

Est-ce d'avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d'hier

 

Et d'avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières

 

Et s'ils tremblent un peu est-ce de voir vieillir la pendule d'argent

 

Qui ronronne au salon, qui dit oui qui dit non, qui dit:

 

« Je t'attends »

 

Déjà dans son superbe polar La Daronne, Hannelore Cayre, mettait le doigt là où ça fait mal :

 

« La société n’est absolument pas organisée pour faire face à l’inversion de la pyramide des âges et un Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), à Paris, même pas le plus luxueux, ça coûte 3 000 euros par mois. Au bout du compte, ça fait beaucoup pour une seule personne. Tout ce que je raconte sur l’Ehpad, c’est du vécu. Pour ma mère, ça a duré deux ans et demi, un cauchemar. Après son AVC, elle a été paralysée de l’hémisphère gauche : elle s’est transformée en une gamine de 4 ans dépourvue de toute notion de réel, elle parlait à des gens inexistants, elle racontait des faits inexistants, elle parlait yiddish un mot sur deux, je ne comprenais rien, elle avait aussi des hallucinations… et dès que je partais, elle hurlait, c’était horrible. »

 

Voici le texte de Frédéric Pommier :

 

Elle s'appelle Suzanne et elle a 95 ans. Elle a toujours aimé la vie, même si la vie, pour elle, n'a pas toujours été simple.

 

Elle s'appelle Suzanne et elle a 95 ans. Elle a toujours aimé la vie, même si la vie, pour elle, n'a pas toujours été simple.

 

Elle a perdu un fils lorsqu'il était bébé, et perdu son mari lorsqu'elle-même avait 40 ans. Il était avocat, ils avaient des amis, ils allaient au théâtre et ils organisaient des fêtes. La petite bourgeoisie de province des années 50.

 

Et puis, quand son mari est mort, il n'y a plus eu de fêtes, il y a eu moins d'amis, et c'est seule que Suzanne a dû élever ses quatre filles, auxquelles elle a tenté d'inculquer l'essentiel : faire bonne figure, toujours, et en toute circonstance, garder le sens de l'humour.

 

Elle dit souvent que l'humour l'a beaucoup aidée

 

Et puis les livres, aussi... Romans et biographies ou récits historiques. La nuit, comme elle est insomniaque, elle bouquine jusqu'au matin.

 

Quand elle était encore alerte, elle adorait en outre prendre le volant. Et rouler vite, très vite, trop vite, beaucoup trop vite – elle aurait rêvé de faire des rallyes automobiles...

 

Quand elle était encore alerte, elle aimait également se mettre aux fourneaux : surtout des plats en sauces et de la cuisine à la crème – on ne renie pas ses origines, Suzanne est née en Normandie.

 

Mais il y a quelque temps, elle a commencé à perdre l'équilibre et elle est plusieurs fois tombée : des foulures, des cassures, des séjours dans les hôpitaux et maisons de convalescence... « Comme disait l'autre, la vieillesse est vraiment un naufrage », soupirait-elle alors, paraphrasant De Gaulle quand il plagiait Chateaubriand.

 

Suite à quoi, et alors que pendant des années elle avait répété qu'elle préférerait se pendre que de finir dans un mouroir, Suzanne a admis qu'il était devenu dangereux de rester seule chez elle. Adieu l'appartement, les tableaux, les tapis et les bibliothèques remplies de souvenirs.

 

Voilà neuf mois qu'elle vit dans un EHPAD en Mayenne

 

Un Etablissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes.

 

« Certes, ici, c'est petit, mais honnêtement, ce n'est pas ça qui me dérange le plus », confie-t-elle aujourd'hui à ceux qui viennent la voir. Non, ce qui la dérange, c'est d'abord la nourriture.

 

« Insipide, indigne ! Tout ressemble à de la bouillie. Même à des animaux, on n'oserait pas servir des plats aussi mauvais ! Et puis, pour le fromage, on n'a même pas d'assiette : ils nous le mettent dans la main... »

 

Suzanne ne mange presque plus

 

Elle a beaucoup maigri. « Il est très efficace, leur programme minceur », souffle-t-elle avec ironie.

 

Ensuite, ce qui l'insupporte, c'est la façon qu'on a de s'adresser à elle. Il est arrivé qu'on l'appelle "petite mamie"... « Je ne suis pas leur "petite mamie"! » Et puis il y a cette auxiliaire qui l'aide à s'habiller et qui, lorsque Suzanne lui demande tel ou tel vêtement, lui rétorque : « On dit : 'S'il-vous-plait' ! » Infantilisation d'une femme de 95 ans.

 

Quant à celle qui s'occupe de nettoyer sa chambre, elle se plaint tous les jours de l'état de sa salle de bain et, le mois dernier, elle a même été lui mettre sous le nez des matières fécales retrouvées dans la cuvette de ses toilettes en lui demandant brutalement : « Vous pouvez me dire ce que c'est que ça ? » Humiliation d'une femme de 95 ans.

 

Des excréments sous le nez

 

Je crois qu'on peut ici parler de maltraitance.

 

Alors oui, c'est très difficile de s'occuper de personnes âgées. Certains le font avec bienveillance et patience, ils sont exemplaires, il faut les applaudir. Mais d'autres ne semblent pas faits pour ce métier. Un métier éreintant, et payé une misère : manque de reconnaissance, de temps, de personnel, et puis manque de moyens.

 

Dans certains EHPAD, on économise sur tout : sur la nourriture, sur les couches et, parfois, même sur l'eau.

 

Suzanne n'a droit qu'à une douche par semaine

 

Et puis elle se désole et s'étonne de ne plus retrouver la bouteille de parfum qu'on venait de lui offrir. Mais comme elle lit la presse, elle sait aussi qu'il y a pire encore ailleurs : des surdoses de médicaments, des injures voire des coups – des coups sur le petit papy, des coups sur la petite mamie.

 

Et pourtant, ces structures coûtent des fortunes aux familles qui, souvent, n'osent même pas se plaindre. Tout simplement parce qu'elles ont honte. Et puis pas d'autre solution. Et puis parce qu'elles ont peur, aussi, d'éventuelles représailles.

 

Çà et là, en France – pas partout, heureusement – on maltraite nos vieux dans une indifférence quasi générale. C'est un scandale d’État.

 

Et donc il faut parler, signaler, témoigner. Ne pas avoir peur... Ne pas avoir honte. Parler pour Jeanine, Roger, Marie-Louise, Émile, Germaine, Léon. Et pour les autres, aussi : les prochaines générations.

 

De son côté, Suzanne se réjouit qu'une place se soit libérée dans un autre établissement– elle déménage dans quelques jours, et elle espère vraiment que là-bas, ce sera moins moche, et que les repas seront moins mauvais.

 

Depuis qu'elle quitté son domicile, elle a perdu près de vingt kilos. Et moi, quelques grammes d'humour, parce que cette vieille dame de 95 ans, Suzanne, c'est ma grand-mère.

« Çà et là, en France – pas partout, heureusement – on maltraite nos vieux dans une indifférence quasi générale. C'est un scandale d’État » Frédéric Pommier
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27 novembre 2017 1 27 /11 /novembre /2017 06:00
Pour moi, la viande, c’est le toucher, le rouge, le moelleux, du sensoriel pur. La viande est ma petite madeleine de Proust à moi.

La viande, la viande rouge surtout, cette chair morte que rejettent les vegan, ces braves animaux domestiques menés à l’abattoir, sacrifiés pour la jouissance de viandards, c’est de plus en plus politiquement incorrect, il est vrai que l’industrialisation de l’abattage, filmé par L214 est répulsive.

 

Je suis d’une autre époque, celle des grands bœufs blancs de pépé Louis qu’il chérissait, brossait, il en était fier, même si au bout de leur route de travailleurs besogneux de la terre il fallait bien les vendre au marchand de bestiaux, ce maquignon honni ou au boucher. Le pépé Louis dans la discussion de vente devenait ordurier, c’était sans doute sa façon d’exorciser sa peine de voir partir ses Jaunet&Blandin qui avaient tirés si souvent la charrue Brabant au bout du champ.

 

Au Bourg-Pailler, nous ne mangions pas souvent de la viande rouge, c’était une viande de riches, lorsque le pépé Louis vendait des bêtes à Ratier le boucher, avant de conclure, il négociait un pot-au-feu. Ma sainte mère, qui voulait me voir forcir, achetait les jours de marché du foie de veau ou des steaks de poulain.

 

Mes rapports avec les animaux domestiques de la ferme ont toujours emprunt d’une réelle empathie, il faisait partie de ma vie d’enfant, pour autant leur sacrifice ne m’a jamais paru barbare car sans cette fin l’animal domestique n’existerait pas nous en serions encore à la chasse.

 

Le texte qui suit est celui d’une fille de boucher qui évoque l’héroïsme du quotidien des gens de peu, ceux qui se lèvent tôt, ici pour aller aux marchés forains qu’aiment tant les parisiens.

 

Je trouve ce texte d’une grande sensibilité, loin de la sensiblerie de nos contemporains qui s’émeuvent plus du sort des animaux que de leurs voisins.

 

Je milite pour le respect des animaux, aussi bien dans leurs conditions d’élevage que d’abattage, ce respect n’est possible que si on en revient à des pratiques où l’on ne parle plus de chaîne de production, de traçabilité mais de proximité.

 

Rêve de vieux bobo, pas si sûr, bien au contraire les circuits courts font aujourd’hui fi de la géographie par la grâce du numérique mais encore faut-il que le steak haché de la GD ne soit pas l’alpha et l’oméga de l’alimentation de nos enfants et petits-enfants.

 

Ma petite madeleine à moi par Brigitte Liberman

 

La viande est ma petite madeleine de Proust à moi. Mon père, il est vrai, était boucher. Et ma mère ne l’était guère moins.

 

Aussi loin que je me souvienne, nous jouions, ma sœur, mon frère et moi, à la marchande et au marchand de viande dans notre cabane au fond du jardin, attenante à la resserre où notre père entreposait ses carcasses d’animaux et préparait ses viandes. Il nous abandonnait des morceaux de rebut avec lesquels nous jouions des heures et des heures au boucher et à la bouchère, tels que l’étaient, « en vrai », nos parents. Plus que les poupées ou les ours en peluche, la viande aura été mon premier jouet, et c’était là un jouet en majesté.

 

Nous étions autorisés à pénétrer dans la resserre aux viandes, ce saint des saints, nous ouvrions quelques secondes les portes de la chambre froide, admirions les carcasses alignées. Je contemplais mon père désosser une pièce de bœuf. J’aimais ce spectacle, l’odeur de la viande était comme un parfum, le sang me paraissait la couleur la plus naturelle du monde.

 

Nous mangions de la viande midi et soir, celle qui s’était la moins bien vendue ce jour-là. J’aimais tout, jusqu’aux abats, rognons et ris de veau compris. Ma mère, très bonne cuisinière, alternait pot-au-feu, bœuf-carottes, blanquette de veau, gigot d’agneau, tripes, entrecôtes et cent autres plats de viande. Nous n’en étions jamais las.

 

Le métier de mon père était dur, incroyablement physique. Porter des quartiers de bœuf à désosser de plus de cent kilos, se lever à deux heures du matin pour aller à Rungis, se relever à sept pour charger le camion et partir sur les six marchés sous halle par semaine, déballer, installer les étals de vente, vendre, couper, découper la marchandise de huit heures du matin à une heure de l’après-midi, qu’il pleuve ou qu’il vente, remballer, rentrer, préparer les viandes pour le lendemain : mon père dormait cinq heures par nuit. C’était quelqu’un d’incroyablement solide et sûr, tout entier dédié à sa famille.

 

Son métier était un métier d’homme, exclusivement, et pas seulement pour des raisons physiques. À l’adolescence, il m’apparut comme encore empreint d’une trace de sacré venu du fond des âges, comme le moderne prolongement, aussi faible soit-il, de très anciens rituels, de sacrifices aux dieux ou pour la chasse aux bêtes sauvages, toutes ces choses dont les femmes, dès l’origine, étaient exclues et, à d’autres titres, continuent aujourd’hui de l’être. Je ne connais pas une seule femme bouchère. La boucherie est le dernier bastion exclusivement mâle. Sauf que ma mère, toute femme qu’elle fut, n’était, ô combien, pas pour rien dans le labeur général de la boucherie, et mon père, sans elle, sans son travail à ses côtés, son esprit-maison dans les grandes comme dans les petites choses, ne serait pas devenu l’artisan accompli qu’il symbolise à mes yeux.

 

Notre boucherie ambulante s’appelait « Au parfait gigot ». Dès nos quinze ans, nous, les trois enfants, nous relayions les samedi et dimanche matin sur les marchés de Villeneuve-Saint-Georges, Brunoy et Yerres, trois banlieues alors ouvrières au sud de Paris, pour assister nos parents. Ma mère tenait une caisse, moi l’autre. Nous partions à l’aube, serrés à l’avant du camion frigorifique. J’aidais à décharger, puis j’apprêtais les étals, je décorais de persil les plats de viande, et, l’ouverture venue, je prenais possession de ma caisse. Comme point d’orgue, on accrochait l’enseigne « Au parfait gigot » au-dessus des étals, et pour mieux l’illustrer, on pendait des théories de gigots d’agneau aux crochets derrière nos têtes. Au fil des heures, je ficelais les paquets, je pesais, j’encaissais. Mon père, très fier de sa fille, me présentait aux clientes, qui finissaient bientôt par me reconnaître et le lui signifier, ce qui redoublait sa fierté. L’hiver, nous nous emmitouflions dans des gilets matelassés, bonnet sur la tête, bottes fourrées aux pieds, collants sous les pantalons. Nous faisions des pauses casse-croûte toutes les deux heures, suivies d’un réchauffement exprès au Café du Marché, avec tous les autres commerçants. C’étaient des moments joyeux, j’aimais vendre, les marchands s’apostrophaient entre eux, échangeaient des blagues, des bons mots, des vannes codées sur le chaland. C’était le plaisir du métier. L’été, c’était même carrément la fête. Le marché, tous les marchands au diapason, affairés et heureux d’être ensemble, semblait vibrer d’une même envie. C’était une vraie société, aussi familière qu’éphémère, qui se reconstituait semaine après semaine, sans autre lien que sa propre réunion et l’art partagé de la vente à l’air libre.

 

Il y avait deux catégories de clients, pour la plupart des femmes. Les premières venaient chaque semaine, achetaient toujours la même chose, payaient, repartaient sans un mot. Cela durait des années. Je les appelais les Mystérieuses. Les autres, tout aussi fidèles, que j’appelais les Ménagères, discutaient, demandaient quoi prendre « pas comme la dernière fois, même si c’était très bon », demandaient une recette, accueillaient avec un sourire un léger, très léger compliment de mon père, sous l’œil compréhensif et vigilant de ma mère. Mon père et ma mère s’étaient rencontrés tout jeunes… dans une boucherie, ma mère déjà caissière et mon père simple commis. Ils ne s’étaient plus quittés et continuaient, marché après marché, leur complicité affective et professionnelle, l’une par l’autre, jour après jour, année après année. La viande nous a unis, disaient-ils. J’adorais toute cette solidarité familiale, et je n’aurais pour rien au monde renoncé à mon tour de marché au profit de mes frère et sœur, même si, à la fin de chaque marché, j’étais réduite à quia.

 

Si mon père était l’homme-orchestre de la maison, une sorte de roi tranquille, à l’autorité naturelle, plus quelques aspérités dues à un caractère bien trempé, ma mère en était l’âme. Elle inventait les décors de nos étals pour Noël, mettait en scène les plats de viande qu’elle parait de légumes, de bouquets de feuilles et de plantes aromatiques, concoctait les farces pour les dindes et les chapons de fin d’année, confectionnait les brochettes d’été aux mille variétés, agrémentait les viandes d’un festival de produits de saison, que ses voisins maraîchers sur le marché lui fournissaient à pleins paniers. Elle faisait patienter les clientes, et choyait, non moins, les employés, logés à demeure et conviés chaque jour à la table commune. L’un d’eux, Monsieur Duval, seconda mes parents pendant trente ans. Ma mère aura été la bonne fée protectrice de notre maison.

 

Tous les dimanches soir, au beau milieu du dîner de famille, le téléphone sonnait à la même minute exactement. C’était Monsieur Calmette, marchand de bestiaux en Corrèze. Il vendait des veaux élevés sous la mère. Mon père, cérémonieusement, s’enquerrait de la santé de Monsieur Calmette, qui en faisait de même pour toute notre famille, membre après membre. Puis mon père commandait son veau, qu’il recevait deux jours plus tard à Rungis. Cela dura trente ans, sans que les deux hommes se soient jamais rencontrés. Ils marchaient à la confiance, comme tous les gens dans le métier avec mon père.

 

J’aurai toujours la nostalgie de ces années de marché. Je continue de me rendre chaque semaine, en cliente, au marché de ma ville. La tradition n’a pas trop changé, ce sont les mêmes cris, les mêmes odeurs ; l’ambiance, la convivialité sont restées presque identiques. On retrouve les mêmes métiers, plus, évidemment, le bio et les produits « organiques ». Il y a encore des triperies et même des boucheries chevalines, alors que ces dernières ont quasiment disparu en ville. Quand mon père, de Bretagne, vient me visiter à Paris, je l’emmène séance tenante au marché le plus proche. Il va droit sur les étals du marchand de viande qui lui-même le voit venir de loin, apprécie longuement, ne dit pas un mot, repart, content ou pas.

 

Pour moi, la viande, c’est le toucher, le rouge, le moelleux, du sensoriel pur. Mes morceaux préférés sont ceux dont les noms m’enchantent : la surprise, la poire, le paleron, la hampe. Mais le morceau que j’aime entre tous, c’est l’entrecôte. C’est la viande la plus goûteuse qui soit, avec ce qu’il faut de gras et de sang. Je n’en dirai pas plus ici. On me croirait, non sans raison, de parti pris. Mon enfance, sans doute, et ses petites madeleines, faites, toutes, de la viande d’un boucher, qui était, et est, mon père.

https://laregledujeu.org/2011/10/12/7325=ma-petite-madeleine-a-moi/

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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 06:00
« Non Jeff t’es pas tout seul… » Les crétins pyromanes anonymes qui ont saccagé les arbres voisinant tes vignes du mas Coutelou ne gagneront pas !

Cher Jeff,

 

Ça fait un bail qu’on ne s’est vu, la dernière fois c’était, je crois, à la Bellevilloise il y a deux ans lors du salon d’Antonin. Il faisait beau sur la terrasse et nous avions longuement échangé sur ton métier, tes voisins, ce Languedoc du vin, ton pays que j’avais arpenté en un temps où un pan de la viticulture du Midi rouge s’effondrait. En t’écoutant je m’étais dit qu’il me faudrait, comme on dit à Paris, descendre chez toi pour, à nouveau, au-delà de l’imagerie officielle, prendre le pouls de cette grande région. Ce que tu m’avais confié sur les pratiques de certains ne m’avait pas étonné, à nouveau, sous les beaux discours qualitatifs des chefs, la vigne pissait dru.

 

De cette réalité nul n’en parlait, surtout pas ceux dont c’est le métier les « journalistes du vin » qui, le nez dans leur verre, l’ignorait ou, pire, évitait soigneusement de la regarder. Faut pas fâcher les gens qui vous invitent, le métier est déjà si difficile, payé au lance-pierres. Bref, comme le dit l’adage « les vérités ne sont pas toutes bonnes à dire ».

 

Bref, cher Jeff, comme le chantait ce bougon de Georges qui voulait être enterré sur la plage de Sète « Mais les braves gens n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux… »

 

Chez toi, malheureusement, ils ne sont pas si braves que ça les gens, du moins certains, faut jamais mettre tout le monde dans le même sac, ils sont, comme on dit, graves ces anonymes, ces lâches, ces pleutres qui se sont attaqué à ton lent et patient travail pour redonner à la nature tous ses droits.

 

Ce matin, plutôt que d’aiguiser ma plume pour tailler un costard à ce ou ces connards, je préfère laisser la tienne leur répondre.

 

Oui Jeff, comme le chantait le grand Jacques, t’es pas tout seul…

 

Avec mes amitiés…

 

 

Mas Coutelou 

 

« Je ne fais pas de prosélytisme et ne demande pas à mes confrères de faire comme moi mais j’estime que j’ai le droit de faire ce que je veux sur mes parcelles. Lorsqu’en 1987, mon père prenait la décision d’adhérer à Nature et Progrès, il était considéré comme un OVNI. Le département de l’Hérault comptait à l’époque moins de 200 ha de vigne cultivées en bio, il en compte plus de 20 000 aujourd’hui.

 

Je pense que l’on ne peut pas corriger la nature car elle est toujours plus forte que l’homme et qu’au final elle gagne tout le temps. Il suffit de se pencher sur les manuels de viticulture du début du siècle dernier pour lire qu’avec deux poudrage souffre et un passage cuivre, on pouvait amener la récolte à terme. A force de vouloir plus produire, en utilisant des produits de plus en plus forts, on a créé des résistances qui font qu’aujourd’hui, certains en arrivent à plus de 15 traitements chimiques pour arriver au même résultat.

 

On ne peut pas en vouloir à la génération précédente, ils ne savaient pas. L’agriculture moderne a constitué un progrès social pour les agriculteurs. Le remplacement du cheval par le tracteur, les désherbants pour supprimer le travail à la pioche, les engrais chimiques pour produire plus pour un coût moindre, l’agriculture moderne a permis d’adoucir la pénibilité du travail.

 

Mais aujourd’hui tout le monde sait. Les nappes phréatiques sont de plus en plus polluées et on est obligé d’aller de plus en plus loin pour trouver une eau à peine potable qui doit passer par des traitements de plus en plus coûteux, pour à peine arriver à respecter les normes. Les terres sont de moins en moins fertiles et demandent des apports d’engrais de plus en plus importants pour pouvoir produire les mêmes quantités.

 

Puisqu’on ne peut pas modifier la nature, il faut essayer de s’adapter aux modifications du climat et rechercher des solutions pour continuer à faire du vin le plus naturellement possible. Planter des arbres, des arbustes des plantes et des fleurs fait partie d’une démarche réfléchie pour l’avenir.

 

C’est recréer des espaces de biodiversité… En supprimant progressivement haies, arbres fruitiers, chemins, ruisseaux, pour créer des parcelles de plus en plus grandes, on crée des espaces de monoculture de la vigne qui la rendent plus vulnérable, qui nécessitent de plus en plus d’interventions, qui sont plus fragiles à l’érosion. On a supprimé des espaces équilibrés où tout le monde avait sa place pour créer des espaces modelés par l’homme qui permettent certes de travailler plus rationnellement mais sur lesquels on est obligé d’agir pour corriger. A titre d’exemple, une chauve-souris peut manger plus de 2000 insectes par nuit, si l’on avait conservé leur habitat, on ne serait pas obligé de traiter pour le vers de la grappe.

 

C’est lutter contre le réchauffement climatique… Vous avez tous une fois pris le plaisir, lorsque le soleil est chaud en été, de vous abriter à l’ombre d’un arbre. Il en est de même pour les parcelles de vignes. En plantant des arbres autour des vignes, on va couper le vent asséchant de l’été. De plus, en passant à travers les arbres, il va naturellement se rafraîchir. C’est une démarche durable alternative à la mise en place de l’irrigation qui certes est efficace immédiatement mais qui peut être un jour, lorsque l’on aura encore plus pollué les nappes avec de l’eau venue bientôt du Rhône, sera limité voire interdite.

 

C’est redonner de la beauté aux paysages…. Le travail dans les vignes est certes mécanisé mais aussi à pied. L’homme qui travaille dans une parcelle a besoin d’avoir un élément qui coupe son horizon, qui lui permet de voir le bout… Lorsque les parcelles sont de plus en plus grandes, elles ne sont plus à taille humaine et le travail devient machinal, mécanique, sans amour… Lever les yeux pour voir un oiseau se poser sur un arbre, s’abriter en bout de rang pour prendre le frais sous un olivier, voir les papillons et les abeilles au printemps venir se poser sur les bandes fleuries sont autant de petits plaisirs qui permettent à celui qui travaille dans les vignes de sentir mieux et ainsi de donner plus d’amour à son travail.

 

C’est investir pour l’avenir…. A l’heure du numérique ou l’on est dans l’immédiateté, C’est presque un acte militant que de planter des arbres que l’on ne verra pas adulte. On disait il n’y a pas si longtemps, « olivier de ton grand père, murier de ton père, vigne de toi ». Aujourd’hui, on voit fleurir des oliviers millénaires déplacés de leur terre de naissance pour orner des ronds-points d’entrée de ville. On est tellement dans l’immédiateté que l’on veut l’appliquer à la nature… Planter un arbre c’est du travail, des soins, de l’argent mais surtout beaucoup de plaisir. Le regarder pousser, l’attacher à un tuteur, le tailler pour lui donner une forme, l’accompagner pour qu’il devienne grand, l’imaginer adulte quand on ne sera plus là, c’est beaucoup de choses qui peuvent paraître futiles pour certains (surement pour le connard qui est venu broyer des arbres que j’avais planté il y a 5 ans) mais qui représentent beaucoup pour moi.

 

Alors que faire, abandonner, surement pas…. J’avais dit quand on m’avait broyé les fleurs au printemps que l’an prochain on planterait des kilomètres de bandes fleuries…. Et bien n’en déplaise à certains, nous continuerons à l’automne prochain à planter des arbres autour des vignes. Nous continuerons à en prendre soin. Nous continuerons à les imaginer grands. Et c’est avec plaisir que nous partagerons avec vous cet amour de la nature quand vous nous rendrez visite. »

« Non Jeff t’es pas tout seul… » Les crétins pyromanes anonymes qui ont saccagé les arbres voisinant tes vignes du mas Coutelou ne gagneront pas !
« Non Jeff t’es pas tout seul… » Les crétins pyromanes anonymes qui ont saccagé les arbres voisinant tes vignes du mas Coutelou ne gagneront pas !
« Non Jeff t’es pas tout seul… » Les crétins pyromanes anonymes qui ont saccagé les arbres voisinant tes vignes du mas Coutelou ne gagneront pas !
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15 novembre 2017 3 15 /11 /novembre /2017 06:00
Hubert de Boüard de Laforest, saison 2 : château Angélus, portraits de famille… « Rien n'est beau que le vrai, le vrai seul est aimable »Nicolas Boileau

La chronique de Bruno de Boüard Château Angélus, une histoire familiale : un autre son de cloche par Bruno de Boüard ICI ayant rencontré un réel succès, sans pour autant soulever l’ire de mon ami Hubert, afin de la compléter, nous avons décidé de publier une saison 2 riche en portraits.

 

 

« C’est à la fin du XVIIIème siècle, en 1782, que Jean de Boüard de Laforest, garde du corps du Roy, s’installe à Saint-Emilion. Sa fille, Catherine Sophie de Boüard de Laforest, épouse Charles Souffrain de Lavergne en 1795 et s’installe sur le vignoble de Mazerat, propriété de son mari »… (1)

 

À Angélus, l'art de la communication ne s'arrête pas seulement à la réécriture de l'histoire familiale, mais aborde aussi l'iconographie de ses membres. Il suffit de se tourner vers les portraits présentés dans la galerie du Château Angélus.

 

À preuve du contraire il n'existe aucun portrait des trois membres les plus anciens : Jean le soi-disant « fondateur », Catherine Sophie sa fille et Jacques Germain un des fils de cette dernière. Hormis les trois photographies des deux dernières générations, les portraits présentés dans la galerie du Château Angélus (2) ont été réalisés par l'artiste peintre plasticien Philippe Saunier (3).

 

Jean de Boüard de Laforest (né en 1745) (Château Angélus) [1745-1801, AD 24]

 

 

Officier des Gardes du corps de Monsieur, frère du Roi, tableau d'Alphonse Giroux (1775-1848)

 

Le portrait de Jean de Boüard (4) est la copie d'un tableau d'Alphonse Giroux réalisé au début du 19e siècle, représentant un officier des gardes du corps de Monsieur, frère du Roi (le comte de Provence), chevalier de l'ordre militaire et royal de Saint-Louis dont il porte la décoration sur la poitrine (5). En réalité Jean est garde du corps du roi dans la compagnie de Beauvau (2e compagnie 1re Cie française) (6). Il n'y a aucun rapport entre la compagnie de Beauvau et celle du portrait. Enfin Jean n'a jamais été chevalier de l'ordre de Saint-Louis dont il ne pouvait porter la décoration(7).

 

 

Catherine Sophie de Boüard (née en 1773) (Château Angélus) [1773-1855, AD 24-AD 33]

 

 

Jacques Germain Souffrain (né en 1796) (Château Angélus) [1797-1798, AD 24]

 

Le portrait de Catherine Sophie de Boüard de Laforest (8) est une oeuvre de pure fiction, une vague copie dite en costume d'époque d’une personne étrangère à la propriété comme nous l’avons vu (9). Catherine Sophie n'apparait jamais dans les actes notariés comme propriétaire (succession, donation...).

 

Le portrait de Jacques Germain Souffrain est particulièrement étonnant. Il est présenté par Jane Anson (10) comme étant le grand-père de Jean Charles Souffrain (1804-1886), en réalité son frère. Nous ne lui connaissons aucune descendance, ce qui semble plausible puisqu'il est mort à l'âge de seize mois (11)... ce qui est un peu jeune pour être propriétaire. Son portrait le vieillit un peu !

 

Le portrait de Jeanne Eugénie Chatenet épouse et héritière de Jean Charles Souffrain, est en fait la copie d'une photographie d'un autre membre de la famille, la mère (12) de Maurice de Boüard (cinquième portrait), étrangère à la propriété. Les de Boüard possèdent pourtant une photo de la véritable Jeanne Eugénie peut-être autour de ses quatre-vingts ans, mais jugée trop « disgracieuse » par la famille. On trouve également quelques erreurs de dates (13), une particulièrement amusante comme celle concernant Jeanne Eugénie Chatenet qui serait née en 1850, soit sept ans après son premier mariage (14).

 

Jeanne Eugénie Chatenet (née en 1850) (Château Angélus) [1823-1910, AD 87]

 

Marie Ithier [1851-1939 AD 33] Document familial

 

Le cinquième portrait, celui de Maurice de Boüard (1870-1959), devrait être  le premier de la galerie. Avec l’arrivée de Maurice à Mazerat en 1910, c’est la première génération des de Boüard qui s’installe sur le vignoble de Saint-Emilion.

 

Ainsi quatre des membres de la famille n'ont pas leur place dans la galerie, n’ayant aucun lien direct avec la propriété (15). Par contre, cinq autres membres au moins devraient y figurer en tant que propriétaires (16).

 

En résumé, il est fallacieux d'affirmer la présence des de Boüard depuis 200 ans sur 8 générations à Saint-Emilion (17) : à ce jour une présence de 4 générations seulement sur 107 ans à Saint-Emilion, dont 95 ans à Angélus, serait plus exacte. L'actuelle propriété des de Boüard n'est que la continuité du domaine de la famille Souffrain sur Mazerat, transmis en 1910 par Jeanne Eugénie Chatenet à Maurice de Boüard. C'est le « clos de l'Angélus » acheté à la famille Gurchy en 1922 par Elisabeth de Boüard, deuxième épouse de Maurice, qui donnera après la guerre le nom à la propriété familiale. Leurs trois fils Jacques, Christian et Alain reprendront la propriété en 1946.

 

N'oublions pas que c'est de la « branche aînée », celle de Michel Bertrand fils de Jean de Boüard, que descendent les de Boüard de Laforest du Château Angélus, et non de celle de Catherine Sophie sa sœur (19).

 

         Encore une fois il s’agit ici, en dehors de toute remise en cause du Château Angélus et de la qualité de ses vins, de corriger toute falsification de l’histoire familiale et de faire en sorte que la recherche de notoriété ne l’emporte pas sur la recherche de la vérité.

 

 

Bruno de Boüard

 

 

 

1. Site internet du Château Angélus.

 

2. Les dates données entre crochets sous les portraits ont été corrigées ou complétées après recherches dans l’état civil.

 

3. ICI 

 

4. Jean de Boüard n’a rien à voir avec la propriété comme nous l’avons vu dans l’article précédent : « Angélus, une histoire familiale : un autre son de cloche » sur le blog de Jacques Berthomeau.

 

5. École FRANÇAISE du XIXe siècle. Portrait d'homme en habit rouge sur sa toile d'origine (Alphonse Giroux). (Accidents). 81,5 x 65 cm RM. Le personnage représenté est un officier des gardes du corps de Monsieur, Frère du Roi (le comte de Provence). Il est chevalier de Saint Louis dont il porte la décoration sur la poitrine. ICI 

 

6.Jean figure dans un état du guet des gardes du roi d'octobre 1781, pour la compagnie de Beauvau (Gardes du corps du Roi). - AD33, Série 4 J, Fonds de Boüard, 4 J 914-915,  4 J 915, chemise 1, pièces concernant Jean de Boüard.

 

7.Jean ne fait pas partie des récipiendaires de la catégorie des Chevaliers de l’ordre de Saint-Louis :

    - Jean-François-Louis d'Hozier, Recueil de tous les membres composant l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, depuis l'année 1693, époque de sa fondation, Paris, 1817.

    - Les membres manquants : ICI 

 

8. Elle assume avant tout son rôle d'épouse et de mère de ses sept enfants, cinq au moins nés à Libourne, où elle réside rue St Thomas et y décède. On ne la retrouve pas sur les listes nominatives (recensement) de Saint-Emilion. Elle ne s’est jamais installée à Mazerat. En 1798 elle habite encore à Villefranche-de-Longchat (24), année de décès de son fils Jacques Germain.

 

9. Voir l’article précédent : « Angélus, une histoire familiale : un autre son de cloche ».

 

10. « Angélus », Editions de La Martinière, 2015. Dans cet ouvrage de commande destiné à servir la notoriété du Château Angélus, Jane Anson accumule les erreurs et les incohérences sur l'histoire des de Boüard et de la propriété familiale, contredisant les archives familiales et l'historien Michel de Boüard régulièrement cité comme l'historien de la famille.

 

11. Jacques Germain, acte de naissance 1er mai 1797, Villefranche-de-Longchat - AD 24, 5 MI 27905-002. Acte de décès du 9 septembre 1798, Villefranche-de-Longchat - AD 24, 5 MI 27905-004.

 

12. Marie Ithier, acte de naissance, Saint-Macaire 15 mars 1851 - AD 33, 4 E 11916. Décédée en 1939.

 

11.Jacques Germain n'est pas né en 1796 mais en 1797. Jean Charles Souffrain n'est pas né en 1796 mais en 1804.

 

12. Acte de mariage de Jeanne Eugénie Chatenet et Pierre Faussette, novembre 1843 - AD 87, 3 E 85/175, n° 272. Acte de naissance de Jeanne Eugénie 17 juillet 1823 - AD 87, 3 E 85/112. Acte de décès 21 septembre 1910  - AD 87, 3 E 85/453.

 

13. Jean de Boüard, Catherine Sophie de Boüard, Jacques Germain et Marie Ithier mère de Maurice de Boüard…

 

14. Charles époux de Catherine Sophie de Boüard, sa soeur Emilie Souffrain, Théodore et Jean Charles Souffrain fils de Charles, et Elisabeth de Boüard épouse de Maurice de Boüard. Il existe des photographies de Jean Charles Souffrain et d’Elisabeth de Boüard. Voir aussi l’article : « Angélus, une histoire familiale : un autre son de cloche »

 

15. À deux reprises (11 janvier et 16 février 2017) Angélus a été contacté pour avoir connaissance du document permettant de dater l’arrivée de Jean de Boüard à Saint-Emilion en 1782 et d’affirmer les 200 ans des de Boüard sur la propriété. Aucune réponse. Alors en faisant preuve d’une grande imagination on pourrait poser l’équation suivante : 1er juillet 1782 date de fondation du Château Angélus (sur le compte Facebook du même Château) = [1er juillet jour de naissance d’Hubert de Boüard] + [1982 année de naissance de Stéphanie de Boüard-Rivoal] – 200 ans. Mais cette équation  n’est que pure imagination à partir d’étonnantes coïncidences.

 

16. Alain de Boüard, troisième fils de Maurice de Boüard, pourrait avoir sa place dans cette galerie. Après une quinzaine d’années sur la propriété familiale, il s'est retiré de la Société Civile du Château de l'Angélus en 1960.

 

17.Voir l’arbre généalogique dans l’article : « Angélus, une histoire familiale : un autre son de cloche ».

 

18. À ce jour il n’a pas encore été possible de remonter au-delà pour déterminer l’origine de la propriété des Souffrain.

 

19.Le Château Mazerat (Maurice de Boüard) et l’Angélus (Elisabeth de Boüard) ont produit séparément leur vin jusqu’à la dernière guerre.

 

AD : Archives Départementales (24 : Dordogne, 33 : Gironde, 87 : Haute-Vienne)

 

 

Davos du Vin Ajoutée le 25 oct. 2012 S'ABONNER 145 SUBSCRIBE SUBSCRIBED UNSUBSCRIBE Inauguration avec bénédiction du Cardinal jean-Pierre Ricard du Carillon qui domine maintenant le Château Angelus, premier grand cru classé "A" en AOC St-Emilion. Le 24 octobre 2012

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11 novembre 2017 6 11 /11 /novembre /2017 06:00
« Pourquoi ne peut-on plus parler de l’islam qu’en présence de son avocat ? » Jacques Julliard

Je suis né dans un pays confit de religion où le curé et le maître se partageaient la tutelle du petit peuple des paysans soumis, les  combattre, les remettre à leur place, les expulser  du champ public, fut pour moi un combat salutaire, alors vous comprendrez que je suis sidéré des positions de certains, dit intellectuels, face à l’Islam.

 

Le pire, et le moins connu, est sans conteste, François Burgat, que j’ai croisé à l’Université de Constantine où, grand admirateur du grand démocrate Boumediene, petit assistant besogneux et péremptoire, il a fait depuis sa pelote et son fonds de commerce d’islamologue.

 

Les affrontements sont violents, les menaces, y compris de mort, fleurissent sur les réseaux sociaux, nous excellons à nouveau dans l’exercice de la guerre entre factions.

 

Pour ce 11 novembre je me permets donc de proposer à votre lecture 2 textes qui font, le plus objectivement qu’il soit possible, le point sur ce sujet.

 

Tariq Ramadan : quelle mouche les pique?

 

7 novembre 2017 par Roger Evano

 

Que se passe-t-il ? Quelle agitation, soudain! François Bonnet commet un article sur « la croisade des imbéciles ». La rédaction de Médiapart semble en ébullition. Il est vrai qu'à travers les révélations sur le producteur Weinstein, Denis Baupin ou Tariq Ramadan les bouches s'ouvrent: les lieux de pouvoir sont aussi ceux d'agressions sexuelles. Une révolution des mœurs est en cours.

 

« Tariq Ramadan ne trouve pour sa défense qu'une plainte pour diffamation et subornation de témoin contre Caroline Fourest et déclare: "Il s'agit d'une campagne de calomnies qui fédère assez limpidement mes ennemis de toujours" et son bras droit parle d'un "complot sioniste international". Cette affaire, de viols supposés, met au jour des violences sexuelles et un antisémitisme répugnant. Quand on est journaliste ou intellectuel l'aveuglement est une faute. En l'occurence l'aveuglement ne porte pas sur la vie intime de Tariq Ramadan qui peut être cachée et donc ignorée, mais sur sa politique.

 

Comment T.Ramadan est-il devenu au fil du temps la parole la plus écoutée de la religion musulmane en France? Les responsabilités sont nombreuses dans les médias et elles ne sont pas seulement celles d'E.Plénel ou d'E.Morin. T.Ramadan a représenté pour des journalistes le type idéal. Jeune, beau parleur, maniant la langue française avec aisance, capable de tenir tête à beaucoup de contradicteurs et de provoquer quelques polémiques, synonymes d'audience. C'était un bon client. Il est devenu au fil de ses apparitions et de ses polémiques l'icône d'une partie des musulmans en mal de repères, la figure phare d'un islam modéré. Cette apparence faisait presque oublier qu'il représentait les Frères musulmans en Europe et leur volonté de conquête du vieux continent à leurs thèses. Il faut le rappeler que l'antisémitisme est enseigné chez les Frères, que leur but est l'installation d'un califat gouverné par la loi islamique. Finie la liberté de conscience et de pensée, au rebut l'égalité des hommes et des femmes, exit la laïcité, remplacée par l'instauration d'une théocratie autoritaire règlementant tant la vie publique que la vie personnelle. Parallèllement à l'audience de son leader se développait l'UOIF, filiale de l'organisation internationale des Frères Musulmans, qui dirige un cartel d'environ 400 associations en France et de nombreuses mosquées.

 

Pendant deux décennies, des médias ignorants ou inconscients ont permis que se développe ce courant islamique dit "modéré" alors que d'autres auteurs, opposés à leur propagande, n'avaient pas les mêmes tribunes . C'est le reproche que l'on peut faire à Plenel, à E. Morin et à beaucoup d'autres, d'avoir participé à mettre au-devant de la scène de la deuxième religion de France un type qui, avec habileté, maquillait ses objectifs pour ne pas affronter les valeurs qui fondent notre pays. De nombreux autres intellectuels musulmans restaient ignorés. L'on peut se demander pourquoi ils n'ont pas eu de débats ou de livres d'entretiens avec A. Meddeb (de son vivant), avec A. Bidar, ou F.Benslama sans parler de K.Daoud, M. Sifaoui, G.Bencheikh, S.Rushdie, D.Benhabib, Adonis et tant d'autres?. La seule réponse tient au fossé politique séparant les protagonistes. Pour T.Ramadan et les Frères musulmans l'objectif est une société régie par la loi islamique, tous les autres se donnent pour but de réformer l'islam pour qu'il soit compatible avec les libertés d'une société démocratique. Tous sont critiques de l'intégrisme musulman, de ses dérives djihadistes, de ses volontés hégémoniques. "Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela. Tu ne peux plus faire moins que ta révolution la plus complète. En te débarrassant méthodiquement de toutes les métastases de ton cancer religieux qui menace ta civilisation tout entière : fondamentalisme, intégrisme, radicalisme, antisémitisme, machisme, littéralisme, et tous les autres "ismes" de l'obscurantisme dont tu souffres aujourd'hui.." (Abdennour Bidar "Lettre ouverte au monde musulman" p.23). Ces paroles sont celles de musulmans dénoncés parfois comme " traitres à leur origine" (Vincent Geisser) ou à leur religion et sans craindre le ridicule, comme islamophobes.

 

Vous, les intellectuels et journalistes qui privilégiez les contacts avec Tariq Ramadan et sa mouvance, vous n'êtes pas devenus complices de viols. Mais vous êtes coupables d'avoir participé à la création de ce personnage et donné les couleurs de démocrate à quelqu'un qui ne l'est pas. Tariq Ramadan en compagnie d' E.Plénel ou d' E.Morin est plus présentable qu'aux côtés de Al-Qaradawi présentateur vedette de la chaine Al-Jazeera. Sur Canal+ Edwy Plénel a dit en 2015 qu'il n'avait "aucune divergence de fond avec lui (Tariq Ramadan)".

 

Un autre de mes désaccords tient au fait qu'après le massacre des onze journalistes de Charlie Hebdo, des policiers et des trois juifs de l'hyper cacher, votre protestation publique porta sur le thème de "l'islamophobie" et E.Plénel a participé à une conférence avec Tariq Ramadan. J'aurais préféré une conférence avec les rescapés du massacre et ceux que menacent les intégristes. Avec le recul, l'on peut mesurer l'énormité de la chose. Rokhaya Diallo qui avait été à l'initiative d'une pétition contre Charlie Hebdo, après l'incendie de ses locaux lors d'un premier attentat en 2011 fut même recruté par Médiapart. Il est des erreurs dont on doit s'expliquer.

 

La suite ICI 

 

 

Islam et laïcité : le schisme de la gauche

LE MONDE IDEES | 05.05.2016 par Ariane Chemin et Raphaëlle Bacqué

 

« Il ne faut pas avoir peur de se faire traiter d’islamophobe. Lorsque les gens auront compris que ce terme, c’est une arme contre la laïcité, peut-être qu’ils pourront laisser leur peur de côté pour dire les choses »

Elisabeth Badinter sur France Inter

 

« Nous sommes plusieurs à constater la montée d’un mouvement communautariste et racialiste, très organisé intellectuellement, face auquel nous sommes des enfants de chœur, dit Laurence Rossignol. Eux, ils font de la politique ; nous, on fait de l’humanisme à deux balles. »

 

Tweets, insultes, appels, actions en justice (ou simples menaces de plainte) font rage. « Pourquoi ne peut-on plus parler de l’islam qu’en présence de son avocat ? », provoque ­ Jacques Julliard dans Le Figaro. Sur les réseaux sociaux, les anathèmes se déclinent via les blocages d’abonnés ou des hadiths du Prophète, postés par des pratiquants, en guise de rappel à la loi.

 

De véritables campagnes sont lancées par des communautaristes pro-voiles contre les défenseurs de la laïcité, d’autant plus violentes lorsque ces laïcs sont eux-mêmes d’origine musulmane et taxés de « collabeurs ». Inversement, l’adversaire traque aussi chaque mot de ceux qu’ils appellent « les muses » (les musulmans). Une guerre virtuelle, parfois relayée par des extrémistes étrangers, et qui, comme la présence de gardes du corps autour de la journaliste franco-marocaine de Charlie Zineb El Rhazoui ou d’autres, vient rappeler que la violence du débat n’est pas seulement symbolique.

 

Les plateaux de télévision et les débats publics sont de plus en plus difficiles à composer : pas question pour certains de débattre avec l’ancien journaliste franco-algérien Mohamed Sifaoui, dont les chaînes d’information en continu raffolent à cause de ses propos péremptoires sur les musulmans. Impossible, pour d’autres, de discuter avec la féministe Rokhaya Diallo qui, avec son association Les Indivisibles, décerne des « Y’a bon Awards » à ceux qu’elle juge racistes (la plupart du temps, des militants laïques). Elle avait cosigné en 2011, après l’incendie de Charlie Hebdo, une pétition « contre le soutien » à l’hebdomadaire.

 

En mars, l’ingénieur – Mohamed Louizi, qui écrivait régulièrement sur Mediapart, a suspendu son blog. Il ne se retrouve plus dans « la ligne éditoriale, plus que complaisante envers l’islamisme et particulièrement envers les Frères musulmans, que défend notamment Edwy Plenel ». Dans le camp des « différentialistes », certains ont même proposé des réunions dites « paroles non blanches », organisées à ­Paris-VIII, et, en août, près de Reims, un « camp d’été décolonial » réservé aux personnes ­ « subissant à titre personnel le racisme d’Etat en contexte français ». Le 4 mai, un appel pour le droit à la non-mixité a été publié par Mediapart, signé entre autres par Eric Fassin.

 

Islam et laïcité : le schisme de la gauche

En savoir plus sur ICI 

 

 

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