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10 novembre 2018 6 10 /11 /novembre /2018 06:00
Maréva et Vindhya

Maréva et Vindhya

Mercredi soir, cédant à l’amitié, je suis allé, cravaté et en veston, c’était exigé, à une remise de Légion d’Honneur au Cercle Interallié à deux pas du Palais de l’Elysée. Le périmètre est très sécurisé, suis arrivé en retard car j’ai eu du mal à trouver un poteau pour y attacher mon cheval. L’assemblée : que du « beau monde », 98% de vieux mâles blancs, les deux discours puis le buffet. J’oubliais la remise.

 

Et là j’ai retrouvé les survivantes et les survivants du cabinet Rocard, toison blanche, le poids de l’âge, les liens distendus mais soudain ravivés. On me taquine car je suis en jean, chic toujours se marrent-ils, mais j’ai ressorti mes Richelieu. On se claque des bises, on papote, le passé défile sans que pour autant nous jouions aux anciens combattants.

 

La page est tournée, nul regrets, il en va ainsi de la vie que l’on vit, elle coule, s’écoule sans jamais s’arrêter jusqu’au jour où elle atteindra l’embouchure pour disparaître, se dissoudre dans le néant.

 

Ce petit préambule pour vous offrir une belle chronique de mon amie Maréva Saravane.

 

Elle m’a touchée au plus profond, tout au fond de mon petit jardin d’intérieur, un lieu secret, préservé, mes rêves de jeune homme, partir, ne jamais revenir, échapper à la carrière, n’emprunter que des chemins de traverse, déjanter, dormir à la belle étoile, les oiseaux qui ne sèment ni ne moissonnent, la liberté.

 

Le problème c’est que la liberté a un prix, un prix fort, très fort, petit vendéen sans le sou je me suis dit que tout de même ma vie serait belle. Le fut-elle ? Je suis mal placé pour en juger mais entre les hauts et les bas, il y eut de beaux moments.

 

Voilà chère Maréva à toi :

 

Itin'errance

 

BY MARÉVA - NOVEMBRE 08, 2018

 

« Fait pour quelqu'un, quelque chose de repartir, de revenir vers l'endroit d'où il est venu ; déplacement, voyage ainsi accompli ». Voici comment le Larousse définit le retour. Alors qu'en est-il lorsque justement il n'y a pas d'endroit où revenir ? Quand on ne peut (ou ne veut) pas retourner là d'où on est parti ?

 

Ce voyage n'a jamais eu de but, il en va encore ainsi. Il continue à un rythme différent, celui des retrouvailles avec la famille et les copains, celui des rencontres. Parce que je ne sais pas où m'arrêter, parce qu'il me semble que je ne sais plus faire que cela, je roule. Je ne pensais pas qu'il serait aussi difficile de mettre un terme à cette vie nomade. J'ai du mal à me défaire de cette extraordinaire liberté : pouvoir laisser place à l'imprévu. Revenir sur mes pas pour une partie de frisbee ou une randonnée, décider au débotté de charger le vélo dans une remorque, faire un détour pour honorer une invitation à déjeuner...

 

La suite ICI

 

Pour comprendre le périple, l’itin’errance de Maréva et de Vindhya c’est ICI 

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3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 06:00
3 articles intéressants dans le débat anti-viande : Soyez écolo, mangez de la viande !  & Que deviendraient les animaux d’élevage si on arrêtait de les manger?

Les militants de la cause animale, ceux opposés à l'exploitation des animaux, se mobilisent partout en France. Leur action était redoutée, particulièrement dans le Nord. Comment s'est passé ce face-à-face entre deux mondes inconciliables ?

 

Une altercation a eu lieu au matin du samedi 22 septembre à Paris. Deux militants vegans ont organisé un happening devant une boucherie du 16e arrondissement. Dans les bras d'une jeune militante : un porcelet mort. L'action n'a duré que 10 minutes mais elle n'a pas échappé aux clients de la boucherie voisine. Aux commandes de cette action, des anti-spécismes. Ils s'opposent à toute hiérarchie entre les espèces pour sauver les animaux. "Ce sont des individus qui ont le droit de vivre, de quel droit on se permet de les exploiter !" s'exclame Alizée Denis, du mouvement Boucherie abolition

 

Après une série d’attaques par des vegans, les bouchers-charcutiers reçus au ministère de l’intérieur

 

Ils demandaient à être protégés face à « la violence » vegan. Les bouchers-charcutiers avaient rendez-vous, mardi 3 juillet, au ministère de l’intérieur pour évoquer les attaques qu’ils subissent de la part de groupuscules vegans anti-viande et anti-élevage.

 

Les professionnels, qui ont été reçus pendant une bonne heure, ont réclamé « la vigilance, l’arrêt de l’impunité et faire en sorte que les artisans puissent faire leur métier », a déclaré le président de la Confédération française de la boucherie-charcuterie et traiteurs (CFBCT), Jean-François Guihard, également boucher dans le Morbihan.

 

« Je pense que l’impunité va s’arrêter », a-t-il estimé, indiquant qu’il y avait « des procédures judiciaires et il y aurait aussi certainement une surveillance accrue de ces organisations ».

 

  • Soyez écolo, mangez de la viande ! 

 

La viande, nous dit-on, est mauvaise pour la planète. Elle cause le réchauffement climatique, détruit des forêts, détourne une part substantielle des céréales destinées à l'alimentation humaine, le tout pour produire une viande que seuls les riches Occidentaux peuvent se permettre de consommer. En 2002, l'iniquité de cette situation aura conduit George Monbiot à déclarer : « Le véganisme est la seule réponse éthique à ce qui est probablement le problème de justice sociale le plus urgent au monde. » Monbiot est ensuite revenu sur ses dires, mais on ne cesse depuis de nous répéter que, pour sauver la planète, il faudrait diminuer radicalement notre consommation de viande. Face à ce qui semble être un consensus universel sur le péché de chair animale, existe-t-il vraiment un argument écologique en faveur de la viande ? Je pense que oui, et je pense aussi que nous devrions en parler. Car non seulement le débat public est extrêmement partial, mais le risque du message anti-viande est de détruire ce même environnement qu'il prétend protéger.

 

La suite ICI 

 

  • Que deviendraient les animaux d’élevage si on arrêtait de les manger?

Timothée de Rauglaudre — 28 octobre 2018 à 14h42 

 

Le revers de ce projet de société serait une disparition quasi inévitable des espèces domestiquées depuis onze milliers d’années.

 

«Imaginons que demain, on arrête de manger [les animaux d'élevage], qu'est-ce qu'on en fait, on les tue?» Samedi 6 octobre 2018. Sur le plateau de l’émission «Les Terriens du samedi!», après un débat houleux opposant deux militantes de la cause animale à un boucher, au vice-président de la FNSEA et à Yann Moix –qui lâche au détour d’une phrase: «L’homme, c’est le singe plus Dieu»–, Thierry Ardisson pose cette question.

 

La suite ICI 

 

  • Quand le «manger mieux» creuse la fracture alimentaire

 

Manger bio, local, en vrac: les appels à prendre le pouvoir sur son assiette foisonnent. Mais lorsqu’ils se transforment en injonctions individuelles, le risque est de se tromper de responsables.

 

«On a oublié de dire que manger des fruits et légumes qui ne sont pas bios, c’est mieux que de ne pas en manger du tout.»

Nicole Darmon, directrice de recherche en nutrition et santé publique à l’Inra

 

Pour sortir de cette nouvelle forme d’«alimentation à deux vitesses», Isabelle Saporta a quelques idées. La journaliste d’investigation, qui travaille depuis une quinzaine d’années sur l’agroalimentaire, pointe la responsabilité des pouvoirs publics: «La bouffe industrielle coûte moins cher parce que 80% des subventions [de la politique agricole commune, ndlr] vont à l’agriculture industrielle la plus polluante. Et les dommages collatéraux ne sont pas à la charge des pollueurs. Si demain on leur disait de payer la dépollution des cours d’eau, des sols, de l’air, les politiques de santé publique, la nourriture industrielle reviendrait beaucoup plus cher.»

 

Pour la pourfendeuse des lobbies, rétablir les justes prix ne suffira pas: «Il faudra en passer par un retour de l’éducation au goût et aux choses saines à l’école. Ce n’est pas parce que pour le moment il n’y a que les classes les plus aisées qui mangent bien qu’il faut arrêter. Il faudrait que ça se démocratise.» Si elle estime que «la révolution viendra du consommateur», par des mouvements de boycott et de «name and shame», elle le reconnaît: «Sans volonté politique forte, on n’y arrivera pas.»

 

Lire ICI 

 

La consommation de viande a chuté de 12% en 10 ans

 

Charal voit les choses en grand. Il faut dire que la situation est assez morose pour les professionnels de la viande. Si la viande est le premier secteur des industries alimentaires en France avec un chiffre d'affaires de 33 milliards d'euros, selon l'Insee, ce dernier a augmenté moins rapidement en moyenne que celui de l'ensemble des industries alimentaires entre 2000 et 2016. Le tout sur fond de crises sanitaires qui ont égratigné le secteur. Pire la consommation de viande a chuté de 12% entre 2007 et 2016 selon le Crédoc. Et la viande rouge, cœur de métier de Charal, est particulièrement touchée. "La baisse de la consommation de viande rouge a été plus forte que celle du vin depuis les années 1980", pointe Pascale Hébel, directrice du département Consommation du Crédoc. Deux explications sont à apporter: les inquiétudes pour la santé et le prix élevé de la viande ont impacté négativement la consommation.

 

Et les habitudes de consommation de la viande ont évolué. Si la viande reste associée à un produit "plaisir", les consommateurs privilégient la qualité à la quantité. D'où le succès des Label rouge et du bio notamment. Trois Français "carnivores" sur quatre consomment ainsi de la viande bio, au moins occasionnellement selon une étude Ifop pour Interbev. Ce qui n'a pas échappé à Charal: "Un de nos deux axes d'innovation est la valorisation", explique Stéphanie Bérard-Gest qui précise que l'offre bio compte pour 10% de leur activité.

 

"Les jeunes générations ne mangent plus la viande comme avant", souligne aussi Pascale Hébel. De plus en plus, elle est consommée via des produits transformés: à 30% en 2016, contre 25% en 2007. Parmi les produits à succès: le burger. "Le burger, c'est 15% de notre activité" précise Stéphanie Bérard-Gest. D'où le deuxième axe d'innovation de Charal: les usages. En 2005, la marque lançait ainsi GrillBox pour réchauffer les burgers. "Les gens consomment de plus petites quantités de viande et l'on constate aussi la perte d'une certaine maîtrise pour cuisiner la viande. Le 1er octobre, nous avons donc lancé par exemple des aiguillettes de bœuf: ce sont de petites portions très faciles à cuisiner."

 

S'adapter aux nouvelles tendances de consommation: inévitable pour faire face à cette baisse de la consommation. Avec un chiffre d'affaires de quelque 900 millions d'euros en 2017 – un chiffre d'affaires "plutôt stable ces dernières années", selon la directrice marketing de la marque–, Charal est incontournable dans le secteur, touchant un foyer sur deux. La marque revendique une part de marché de "15% en valeur sur le total du marché de la viande", en progression. Et largement prédominant sur le segment des viandes sous vide puisque Charal est né en 1986 avec la technologie Hebdopack.

 

Bien-être animal et produits végétaux

 

Mais en plus du facteur prix et des inquiétudes vis-à-vis de la santé, deux autres éléments viennent s'ajouter pour comprendre la baisse de la consommation de viande: "la sensibilisation à l'impact sur l'environnement" et "la question du bien-être animal" selon le Crédoc. Impossible de ne pas penser aux manifestations des pro-vegans et antispécistes qui se sont multipliées ces dernières semaines devant des boucheries. Face à cette situation, la directrice marketing de Charal –une marque qui compte 500 bouchers professionnels sur ses 3.000 collaborateurs– se montre extrêmement mesurée: "C'est une question de respect et de dialogue. Nous respectons les convictions des vegans mais il faut aussi respecter ceux qui mangent de la viande et ceux qui vivent en travaillant la viande", commente-t-elle simplement.

 

Si Pascale Hébel note que la part de flexitariens, cette pratique qui consiste à réduire sa consommation de viande notamment– "augmente à chaque enquête", elle voit une forte tendance: les produits végétaux. "Il suffit de voir les produits présentés au Sial la semaine dernière pour comprendre que l'offre végétale va se développer" note-t-elle. Au point de ne pas pouvoir échapper au radar de Charal? "Pour l'instant, c'est en opposition avec la philosophie de Charal mais des acteurs comme Fleury Michon, Herta ou Danone se sont emparés de la question."

 

Et c'est bien la viande qui est mise à l'honneur sur le stand Charal à Saint-Malo jusqu'au départ de la Route du Rhum. Une manière de communiquer différemment avec les consommateurs. Dans un climat de défiance généralisée des Français envers les marques, Charal dispose pourtant d'un taux de notoriété de 97%, et 56% des Français citent cette marque en premier de manière spontanée lorsqu'on leur demande s'ils connaissent des marques de viande. Et 96% de leurs clients se déclarent satisfaits ou très satisfaits. Mais en développant des projets avec des influenceurs pour toucher des publics plus jeunes et avec ce partenariat sportif, Charal fait évoluer sa communication et toucher plus directement les consommateurs. Un pari dans lequel la marque croit: à budget communication constant, Charal engage l'équivalent de deux grosses campagnes télé dans ce projet de sponsoring sportif.

 

 

En bonus

 

25 mars 2011

  • Le Curé Nantais, la Nantaise et les Nantais qui n’aiment pas le Muscadet

ICI 

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2 novembre 2018 5 02 /11 /novembre /2018 06:00
Délices de la pauvreté Giono Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix

Eugène Saccomano, le journaliste sportif qui préfère Giono à Zidane. ICI

 

Ça c’est un titre qui fait le buzz !

 

(©REAU ALEXIS/SIPA

 

A 77 ans, (ndlr il en a 80 aujourd’hui) Sacco consacre un petit essai bienvenu à l’auteur des «Vraies richesses» et de «Recherche de la pureté», qu’il a bien raison de considérer comme un de nos plus grands écrivains. Il le lit en boucle pendant que sa femme regarde des «couillonnades à la télévision». Il l’a toujours aimé. Plus que Pagnol.

 

« Au début, bien que Marseillais, j’étais très anti-Pagnol. J’ai modulé mon jugement parce qu’il a fait de jolis livres et des films très bien, mais c’est un grand voleur sympathique. Il a beaucoup piqué à Giono. ‘‘La Femme du boulanger’’, c’est une séquence de ‘‘Jean le Bleu’’. D’ailleurs, ils ont eu des procès tous les deux. En fait ils n’ont jamais été vraiment fâchés. Tant mieux. »

 

Collabo, Giono ?

 

Son livre évoque brièvement ce derby provençal. Mais Sacco y refait surtout le match qui, à la Libération, a opposé l’écrivain de «Refus d’obéissance» à certains chantres de la France Libre. Il avait quelques erreurs d’arbitrage à contester. En repassant au ralenti les actions du libéro de Manosque, il tenait à arracher le maillot de collabo qui lui colle à la peau :

 

Le vrai problème avec Giono, c’est qu’il s’en foutait : il ne voulait ni les Allemands, ni les Américains, ni personne. Lui, c’était : "tout ça ne m’intéresse pas".

 

Pour le comprendre, il faut lire "Recherche de la pureté", un texte fantastique qui sert de préface aux "Carnets" de Lucien Jacques. Il raconte comment, dans un bataillon qui a refusé de monter au front, en 1917, les types ont été fusillés. Il a vécu tout ça, Giono...

 

Alors évidemment, son refus de choisir ouvertement un camp sous l'Occupation, ça prête à différentes interprétations. Mais au moins, s’il n’est pas un résistant au sens propre du terme, il n’est ni facho, ni pro-allemand.

 

Aragon a été terrible avec lui à la Libération. Il y a des faits, tout de même ! Giono a autorisé le premier maquis armé des Basses-Alpes à s’installer dans la ferme des Graves.

 

Il y a aussi les gens qu’il sauve et abrite chez lui: son beau-frère communiste qu’il héberge au nez des Allemands, la femme de Max Ernst dont il paie l’hospitalisation, des juifs comme Jan Meyerowitz, Jean Malaquais et les sœurs Fradisse qu’il sauve de la Gestapo.

 

« L’auteur bien connu d’Un Hussard sur le toit ne fut pas qu’un romancier de la paysannerie ou de la vie pastorale : il fut aussi un penseur, « un penseur qu’on ignore volontairement pour toutes sortes de raisons », affirme E. Schaelchli qui considère que Giono, finalement, « a le malheur d’être à la fois trop bien et très mal connu »

 

 

Mais en 1943, en dépit d’un dernier essai contre la fatalité de la guerre (Triomphe de la vie), Giono décide de déserter le combat et la réflexion théorique : le divorce entre l’homme d’imagination et l’histoire est consommé, même si cette dernière le rattrape. Car, avec le thème du «retour à la terre», la propagande – vichyste notamment – s’empare de l’écrivain. Bête noire du Comité des écrivains de la Résistance (depuis son retournement contre Staline en 1935), emprisonné en 1944 et interdit de publier pendant quatre ans, son nom est resté attaché au rêve supposé passéiste d’une paysannerie heureuse et libre, synonyme pour certains d’une nostalgie malsaine. Ne daignant se défendre, Giono mourut le 6 octobre 1970, soit quelques mois avant les évènements du Larzac (1972) qui verront, d’une certaine manière, son rêve se réaliser : d’authentiques paysans qui, soucieux de faire marcher leurs petites exploitations, lutteront pour conserver leurs terres face à une décision expropriatrice de l’État. La lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix (1938) deviendra un véritable manifeste politique.

 

 

 

Je vous écris cette lettre surtout pour mettre vos tourments en face des délices de la pauvreté. Il y a une mesure de l’homme à laquelle il faut constamment répondre.

 

Le chou bouilli dans une simple eau salée donne une soupe claire qui ne contente pas totalement. Si c’est tout ce que l’on a à manger, on est obligé d’imaginer le surplus ou de se fabriquer des raisons de contentement ; chaque fois, au détriment des vraies raisons de vivre. Un jarret de porc salé dans la soupe de chou blanc commence à fournir déjà assez de matière. Surtout si c’est un jarret un peu rose, avec d’onctueuses petites mottes de gluant dans les jointures. Quelques pommes de terre fournissent à la soupe une épaisseur qui non seulement satisfait l’appétit mais encore permet au goût de rester plus longtemps sur la langue. Nous ne sommes pas loin de la perfection. Peut-être un petit morceau de lard maigre. Et si nous voulons pousser cette perfection jusqu’à ses limites les plus extrêmes, de quoi contenter l’homme le plus aristocrate, quelques carottes, un poireau, deux coques d’oignons, trois grains de genièvre, composeront à notre pauvreté les plus riches arrière-goûts, presque des aliments de rêve ; une possession de grands civilisés. La civilisation c’est la possession du monde ; l’art d’en jouir; c’est une union avec le monde de plus en plus intime où des couteaux très aiguisés tranchent en de brusques joies vos veines et vos artères pour en aboucher la coupure aux veines et aux artères du monde et vous mélanger avec lui. Au moment où elle a la plus belle fumée, versez la soupe dans vos assiettes creuses, sur des tranches de pain de ménage légèrement rôties. Les paysans du monde entier savent faire sept mille sortes de saucisses. C’est être riche que de les posséder toutes dans son saloir. Mais il est impossible de les mettre toutes dans votre soupe ; même pas en petites rondelles: ce ne serait pas bon. Et même si ce devait être bon, au bout de tout le trafic qu’il vous faudrait mener pour les dépendre et en couper des morceaux, vous auriez perdu l’appétit sans lequel rien ne compte. Il est donc inutile de travailler à les posséder toutes.

 

La pauvreté, c’est l’état de mesure. Tout est à la portée de vos mains. Vivre est facile. Vous n’avez à en demander la permission à personne. L’état est une construction de règles qui créent artificiellement la permission de vivre et donnent à certains hommes le droit d’en disposer. En vérité, nul n’a le droit de disposer de la vie d’un homme. Donner sa vie à l’État c’est sacrifier le naturel à l’artificiel. C’est pourquoi il faut toujours qu’on vous y oblige. Un État, s’il est supérieurement savant en mensonge pourra peut-être réussir une mobilisation générale sans gendarmes, mais je le défie de poursuivre une guerre sans gendarmes car,  plus la guerre dure, plus les lois naturelles de l’homme s’insurgent contre les lois artificielles de l’État. La force de l’État c’est sa monnaie. La monnaie donne à l’État la force des droits sur votre vie. Mais c’est vous qui donnez la force à la monnaie ; en acceptant de vous en servir. Or, vous êtes humainement libre de ne pas vous en servir: votre travail produit tout ce qui est directement nécessaire à la vie. Vous pouvez manger sans monnaie, être à l’abri sans monnaie, assurer tous les avenirs sans monnaie, continuer la civilisation de l’homme sans monnaie. Il vous suffit donc de vouloir pour être les maîtres de l’État. Ce que le social appelle la pauvreté est pour vous la mesure. Vous êtes les derniers actuellement à pouvoir vivre noblement avec elle. Et cela vous donne une telle puissance que si vous acceptez enfin de vivre dans la mesure de l’homme, tout autour de vous prendra la mesure de l’homme. L’État deviendra ce qu’il doit être, notre serviteur et non notre maître. Vous aurez délivré le monde sans batailles. Vous aurez changé tout le sens de l’humanité, vous lui aurez donné plus de liberté, plus de joie, plus de vérité, que n’ont jamais pu lui donner toutes les révolutions de tous les temps mises ensemble.

 

Le texte intégral ICI 

 

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23 octobre 2018 2 23 /10 /octobre /2018 06:00
tableau des frères Le Nain, 1640-42.  Famille de paysans dans un intérieur,

tableau des frères Le Nain, 1640-42. Famille de paysans dans un intérieur,

Comme le chantait Gabin « JE SAIS, JE SAIS, JE SAIS, JE SAIS… »… les gens sérieux vont m’accuser de chroniquer en prenant un sujet grave par-dessus la jambe.

 

Détrompez-vous, mon approche couturière, celle de ma sainte mère, est justifiée.

 

Qu’est-ce qu’un biais ?

 

I.− Substantif

 

A.− Direction, forme, position oblique. Le biais d'un mur :

 

1. « Partout où j'apercevais quelqu'un qui pût me reconnaître, je tournais court, prenais un biais, et je m'enfonçais à perte d'haleine dans les sentiers étroits coupant les blés verts, ... » Fromentin, Dominique, 1863, p. 76.

 

− P. métaphysique :

 

2. « «J'ai remarqué maintes fois, mon ami, que les hommes d'action, les esprits fermes et résolus, même les plus ignorants, quand ils s'abattent sur les pures idées, y font des percées profondes; (...). Jetés à la rencontre dans la métaphysique, ils y chevauchent étrangement et la traversent par les biais les plus courts, par des sentiers audacieux et rapides. »Sainte-Beuve, Volupté, t. 1, 1834, p. 105.

 

− En particulier, COUTURE. La diagonale d'un tissu par rapport à la direction des fils :

 

Qu’est-ce qu’un biais en couture ?

 

En couture, un biais est une bande de tissu coupée dans l’oblique du tissu (généralement à 45° par rapport au droit fil).

 

Cette bande de tissu est ensuite pliée une première fois en son milieu dans le sens de la longueur (envers du tissu contre envers). Un nouveau pli est fait de chaque côté (envers du tissu contre envers). Ainsi cette bande de tissu est-elle « refermée » pour pouvoir être placée et cousue autour d’une emmanchure, d’une encolure, etc.

 

ICI 

 

En science, un biais méthodologique est une erreur dans la méthodologie scientifique, le non-respect des règles de protocole, qui engendre des résultats erronés.

 

  • L’alimentation bio réduit significativement les risques de cancer

 

Les plus gros consommateurs d’aliments bio ont 25% de chances en moins de développer un cancer, souligne une étude menée sur 70 000 personnes. La présence de résidus de pesticides dans l’alimentation conventionnelle est la cause la plus probable.

 

LE MONDE | 22.10.2018 à 17h00 |par Stéphane Foucart et Pascale Santi

 

Pour les agences réglementaires, les résidus de pesticides dans l’alimentation ne présentent aucun risque pour la santé. Mais un corpus scientifique récent, sur les effets des mélanges de molécules et des expositions chroniques à faibles doses, suggère que les risques posés par les traces de produits phytosanitaires sont, au contraire, bien réels pour le consommateur. Une étude épidémiologique française, publiée lundi 22 octobre dans la revue JAMA Internal Medicine, est la première à pointer de tels risques dans la population générale, s’agissant du cancer.

 

Elle indique que les plus gros consommateurs d’alimentation issue de l’agriculture biologique ont un risque de cancer réduit de 25 %, par rapport à ceux qui en consomment le moins. « Pour expliquer ces résultats, l’hypothèse de la présence de résidus de pesticides synthétiques bien plus fréquente et à des doses plus élevées dans les aliments issus de l’agriculture conventionnelle comparés aux aliments bio est la plus probable », indique Emmanuelle Kesse-Guyot, chercheuse (INRA) dans l’équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Inserm, INRA, université Paris-XIII) et coauteure de ces travaux. De fait, les types de cancer dont les risques sont les plus réduits chez les consommateurs d’aliments labellisés « AB » sont également associés aux expositions des agriculteurs aux pesticides.

 

Les lymphomes surreprésentés chez les agriculteurs conventionnels

 

Conduits par Julia Baudry et Emmanuelle Kesse-Guyot, les auteurs ont exploité les données d’une grande cohorte, dite NutriNet, de près de 70 000 volontaires suivis entre 2009 et 2016. Ils ont divisé en quatre groupes les individus, en les classant des plus gros consommateurs de bio (environ plus de 50 % de leur alimentation), à ceux qui n’en consomment que de manière occasionnelle, ou jamais. Durant les sept années de suivi, 1 340 nouveaux cas de cancer ont été enregistrés ; les auteurs ont ensuite observé la répartition de ces maladies dans les différents groupes.

 

Au total, en tenant compte de toutes les localisations cancéreuses, la baisse du risque est de 25 % pour le groupe le plus consommateur de bio par rapport au groupe le moins consommateur. Mais les réductions de risque vont jusqu’à 34 % pour les cancers du sein post-ménopause, 76 % pour les lymphomes (un type de cancer du sang). « L’une des grandes forces de ces conclusions est qu’elles sont largement cohérentes avec les résultats des études menées sur les expositions professionnelles aux pesticides, explique l’épidémiologiste Philip Landrigan (Boston College, Etats-Unis), qui n’a pas participé à l’étude. Cela renforce grandement la plausibilité d’un lien entre l’effet mis en évidence et la présence de résidus de pesticides dans l’alimentation. » Les lymphomes, notamment, font partie des cancers surreprésentés chez les agriculteurs exposés aux pesticides.

 

« C’est, à ma connaissance, la première fois que l’on met en évidence et à partir d’une enquête prospective [c’est-à-dire en suivant dans le temps un ensemble d’individus], un lien entre alimentation bio et risque de cancer, ajoute M. Landrigan. Les grandes forces de l’étude sont la taille de la cohorte et la durée du suivi. Il s’agit clairement d’une étude importante et ce résultat mérite beaucoup de considération. »

 

Nombreux biais possibles

 

L’une des difficultés de l’exercice est de corriger l’analyse de nombreux biais possibles. En particulier, des travaux antérieurs montrent que les consommateurs d’aliments bio ont en moyenne une alimentation plus saine, pratiquent plus régulièrement de l’exercice physique ou encore appartiennent à des catégories sociales plus élevées que la moyenne. Autant de facteurs qui influent sur le risque de contracter diverses maladies – dont le cancer.

 

Les auteurs ont donc corrigé leur analyse grâce au relevé d’un grand nombre de caractéristiques des individus de la cohorte : indice de masse corporelle, niveau d’activité physique, catégorie socioprofessionnelle, qualité du régime alimentaire, statut tabagique, etc. « La prise en compte de ces nombreux facteurs de risque est à mettre au crédit des auteurs, estime l’épidémiologiste Rémy Slama (Inserm, université Grenoble-Alpes), qui n’a pas participé à ces travaux. Au total, il est peu plausible que des facteurs liés au style de vie, autres que la consommation d’aliments bio, soient en cause dans l’effet observé. »

 

M. Landrigan met cependant en avant un biais de recrutement possible. « Ainsi que les auteurs le notent, la cohorte repose sur des volontaires. Or, ces derniers ont généralement un niveau d’éducation plus élevé que la moyenne et un style de vie plus sain, dit le chercheur américain. Cela peut jouer sur les résultats. » Emmanuelle Kesse-Guyot n’en disconvient pas, mais estime que cet effet de recrutement « aura plutôt tendance à sous-estimer l’effet observé que le contraire ». De fait, même les plus faibles consommateurs de bio de la cohorte ont sans doute un risque de cancer moindre qu’une grande part de la population réelle…

 

Le risque des aliments ultratransformés déjà démontré

 

« Cette étude s’attaque à une question compliquée, et il est toujours préférable d’avoir confirmation de l’effet mis en évidence par d’autres études, dit Rémy Slama. Mais il faut aussi avoir à l’esprit que ce nouveau travail s’ajoute à un édifice de preuves déjà important et qu’il reste dans la chaîne alimentaire des résidus de pesticides de synthèse classés “cancérogènes probables”, actuellement autorisés ou interdits, mais rémanents dans les sols et l’environnement. »

 

A elle seule, une étude épidémiologique ne peut apporter la preuve définitive d’une causalité et, précise Mme Kesse-Guyot, « d’autres études doivent être menées pour préciser le lien de cause à effet ». Mais, en cas de confirmation, conclut la chercheuse, « des mesures de santé publique devraient être mises en place ». En attendant, juge Emmanuel Ricard, délégué à la prévention à la Ligue contre le cancer, « l’attitude de bon sens est de limiter son exposition aux pesticides et autres substances de synthèse ».

 

D’autant plus que la cohorte NutriNet a déjà montré, en février, que les aliments ultratransformés étaient également un facteur de risque pour le cancer. En 2017, elle a aussi mis en évidence un risque diminué de 30 % d’être touché par un syndrome métabolique chez les plus gros consommateurs de bio, par rapport aux consommateurs occasionnels. Etablir la preuve définitive de la responsabilité des résidus de pesticides est, là encore, complexe. Mais une étude sur l’animal, publiée en juin dans la revue Environmental Health Perspectives par des chercheurs de l’INRA et de l’Inserm, a montré que des rongeurs exposés à un cocktail de six pesticides courants, fréquemment rencontrés dans les fruits et légumes et à des niveaux théoriquement sans risques, présentaient les mêmes troubles métaboliques : forte prise de poids, glycémie élevée et accumulation de masse grasse.

 

22 octobre 2018 Jean-Yves Nau

 

Bonjour

 

Refusant le conditionnel, le service de presse de l’Inra n’a pas résisté au point d’interrogation. Cela donne : « Moins de cancers chez les consommateurs d’aliments bio ? ». Et prenons le pari : c’est un communiqué de presse qui sera amplement repris. Comment pourrait-il en être autrement avec ce pitch :

 

«  Une diminution de 25% du risque de cancer a été observée chez les consommateurs « réguliers » d’aliments bio, par rapport aux personnes qui en consomment moins souvent. C’est ce que révèle une étude épidémiologique menée par une équipe de l’Inra, Inserm, Université Paris 13, CNAM, grâce à l’analyse d’un échantillon de 68 946 participants de la cohorte NutriNet-Santé. »

 

L’affaire est aussitôt relayée par les militants de Générations Futures qui remplace le point d’interrogation par un autre, d’exclamation. « Une nouvelle étude INSERM/INRA montre que les consommateurs réguliers de bio ont un risque moindre de 25 % de développer un cancer par rapport aux non-consommateurs de produits bio ! ». Puis reprise par Le Monde (Stéphane Foucart, Pascale Santi) : « L’alimentation bio réduit de 25 % les risques de cancer. Selon une étude menée sur 70 000 personnes, la présence de résidus de pesticides dans l’alimentation conventionnelle explique ce résultat. »

 

Possibles biais

 

 Tout cela en plein Salon international de l’innovation alimentaire organisé à Paris.  Pourquoi, dès lors, aller plus loin que les titres ? Qui ira jusqu’à lire le travail scientifique qui justifie le communiqué de presse : The frequency of organic food consumption is inversely associated with cancer risk: results from the NutriNet-Santé prospective Cohort. JAMA Internal Medicine. 22 octobre 2018 (Julia Baudry, Karen E. Assmann, Mathilde Touvier, Benjamin Allès, Louise Seconda, Paule Latino-Martel, Khaled Ezzedine, Pilar Galan, Serge Hercberg, Denis Lairon & Emmanuelle Kesse-Guyot). Résumé de l’Inra :

 

 « Le marché des aliments issus de l’agriculture biologique « bio » connaît un développement très important depuis quelques années. Au-delà des aspects éthiques et environnementaux, une des principales motivations de consommation est le fait que ces produits sont issus de modes de production sans produits phytosanitaires et intrants de synthèse et pourraient donc s’accompagner d’un bénéfice pour la santé. Toutefois, les rares données épidémiologiques disponibles ne sont pas suffisantes à l’heure actuelle pour conclure à un effet protecteur de l’alimentation bio sur la santé (ou un risque accru lié à la consommation des aliments issus de l’agriculture conventionnelle). Si la manipulation des intrants chimiques, en particulier via une exposition professionnelle chez les agriculteurs, a été associée à un risque accru de pathologies (en particulier cancer de la prostate, lymphome et maladie de Parkinson), le risque encouru via les consommations alimentaires en population générale n’est pas connu.

 

 « Des chercheurs du centre de recherche en Epidémiologie et Statistiques Sorbonne Paris Cité (Inra/ Inserm/Université Paris 13/CNAM) ont mené une étude épidémiologique basée sur l’analyse d’un échantillon de 68 946 participants (78% de femmes, âge moyen 44 ans) de la cohorte française NutriNet-Santé  1. Leurs données relatives à la consommation d’aliments bio ou conventionnels ont été collectées à l’inclusion, à l’aide d’un questionnaire de fréquence de consommation (jamais, de temps en temps, la plupart du temps) pour 16 groupes alimentaires.

 

 « Des caractéristiques socio-démographiques, de modes de vie ou nutritionnelles ont également été prises en compte dans cette analyse. Au cours des 7 années de suivi (2009-2016), 1 340 nouveaux cas de cancers ont été enregistrés et validés sur la base des dossiers médicaux. Une diminution de 25% du risque de cancer (tous types confondus) a été observée chez les consommateurs « réguliers » d’aliments bio comparés aux consommateurs plus occasionnels. Cette association était particulièrement marquée pour les cancers du sein chez les femmes ménopausées (-34 % de risque, score bio élevé versus bas) et les lymphomes (-76 % de risque). La prise en compte de divers facteurs de risque pouvant impacter cette relation (facteurs socio-démographiques, alimentation, modes de vie, antécédents familiaux) n’a pas modifié les résultats. »

 

Exclamation et « Nutrinautes »

 

Certes l’Inra précise que plusieurs hypothèses pourraient expliquer ces données : la présence de résidus de pesticides synthétiques beaucoup plus fréquente et à des doses plus élevées dans les aliments issus d’une agriculture conventionnelle, comparés aux aliments bio. Autre explication possible : des teneurs potentiellement plus élevées en certains micronutriments (antioxydants caroténoïdes, polyphénols, vitamine C ou profils d’acides gras plus bénéfiques) dans les aliments bio.

 

Certes Le Monde souligne que l’une des difficultés de l’exercice est de corriger l’analyse de nombreux biais possibles :

 

« En particulier, des travaux antérieurs montrent que les consommateurs d’aliments bio ont en moyenne une alimentation plus saine, pratiquent plus régulièrement de l’exercice physique ou encore appartiennent à des catégories sociales plus élevées que la moyenne. Autant de facteurs qui influent sur le risque de contracter diverses maladies – dont le cancer. »

 

 Certes Le Monde convient que « d’autres études doivent être menées pour préciser le lien de cause à effet ». Et L’Inra corrige en soulignant que « le lien de cause à effet ne peut être établi sur la base de cette seule étude ». Reste les points, d’interrogation et d’exclamation, de préférence au mode conditionnel.

 

 A demain

 

1 L’étude NutriNet-Santé est une étude de cohorte nationale réalisée sur une large population d’adultes volontaires (qui deviennent des « Nutrinautes » (sic) après inscription) lancée en 2009, dont l’objectif est d’étudier les relations nutrition-santé. Dans le cadre de cette étude NutriNet-Santé, le volet BioNutriNet s’intéresse à l’impact potentiel de la consommation des aliments en fonction de leurs modes de production (bio versus conventionnel) sur l’état nutritionnel, sur des marqueurs toxicologiques, sur l’environnement et sur la santé des individus.

 

Le recrutement de nouveaux volontaires pour participer à l’étude NutriNet-Santé se poursuit. Il suffit pour cela de s’inscrire en ligne (www.etude-nutrinet-sante.fr) et de remplir des questionnaires, qui permettront aux chercheurs de faire progresser les connaissances sur les relations entre nutrition et santé et ainsi d’améliorer la prévention des maladies chroniques par notre alimentation.

 

 

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21 octobre 2018 7 21 /10 /octobre /2018 07:00
Je pourrais chroniquer sur Mélenchon « l’idiot utile » de Mitterrand mais je préfère le faire sur la votation à propos des cornes des vaches suisses.

Comme la Françoise Giroud à propos de Chaban j’ai pour principe de ne pas tirer sur les ambulances.

 

Il est de bon ton dans les cercles de ses affidés de souligner que François Mitterrand, qui s'intéressait à lui, confiait volontiers : «Jean-Luc Mélenchon est l'un des plus doué. Il ira loin à condition que sa propre éloquence ne l’enivre pas

 

Permettez-moi de sourire, ayant fréquenté chaque jour pendant deux ans un mitterrandiste de la première heure et du premier cercle, Louis Mermaz, je sais que le Mélenchon et son alter-ego de l’époque Julien Dray de la Gauche Socialiste étaient considérés par Tonton comme les idiots utiles qu’ils pouvaient jeter dans les roues des réformistes, Rocard en tête, pour se refaire la cerise de la vraie gauche. Mais, et ce mais est de poids, il n’a jamais au grand jamais proposé à Mélenchon d’être Ministre alors que celui-ci en rêvait le jour et la nuit. Il lui faudra attendre l’arrivée de Jospin, ancien trotskyste comme lui pour accéder au maroquin de Ministre et de le soutenir à la Présidentielle où il s’est vautré… Tout le Jean-Luc est là.

 

Et même si ça déplaît à ceux qui croient  benoîtement qu’il incarne une «opposition humaniste, écologiste et sociale», Jean-Luc Mélenchon est « l’homme de toutes les ruptures : rupture avec la Ve République, qu’il veut remplacer par une VIe République, régime d’assemblée piqueté de démocratie directe, rupture avec l’Union européenne, rupture avec le FMI, rupture avec l’OMC, rupture avec l’économie de marché, rupture avec le monde réel.

 

Jean-Luc Mélenchon reprend la place qu’occupait Georges Marchais au début des années 70, une place dont François Mitterrand a délogé le PCF. C’est l’inverse même de la démarche de l’homme de Latché, et c’est la voie qui se dessine. Le Parti socialiste n’est pas mort mais il est très gravement atteint et il lui faudra des années pour se reconstituer, se réunifier, se relever. En somme, le PS se retrouve dans la position qu’il occupait durant les années 60, avant que François Mitterrand le ressuscite. Et Jean-Luc Mélenchon a repris le rôle de Georges Marchais à l’orée des années 70 : la longue impasse de la gauche de rupture. »

 

Donc, comme je n’ai nulle intention de me cailler le lait pour les déboires de Jean-Luc et de Sophia, ce dimanche encore ensoleillé j’ai décidé de vous parler d’une votation chez nos voisins helvètes.

 

« Ces Helvètes n’ont pas fini de nous «surprendre», s’exclame Le Dauphiné libéré. Journal pour lequel «après la libre circulation des personnes, le renvoi des étrangers, la fin du nucléaire… le maintien des cornes sur la tête des vaches semble un sujet quelque peu décalé».

 

Décalé?

 

Pas tant que ça. Car s’il est un organe animal qui fait débat aujourd’hui, c’est bien la corne de vache. Même si l’initiative populaire «Pour la dignité des animaux de rente agricoles (Initiative pour les vaches à cornes)» sur laquelle le peuple suisse est appelé à se prononcer le 25 novembre et qui pose la question des limites de la démocratie directe en matière de bonheur des bovidés fait bien sourire un certain nombre d’acteurs médiatiques. Sur le fond des propriétés de la kératine. Ou dans le traitement du sujet.

 

«C’est vrai qu’une vache sans cornes, c’est moche», se doit de constater la radio RTL. «Et on en voit de plus en plus, y compris en France. Mais il y a une raison, les éleveurs les leur enlèvent par sécurité, pour éviter de prendre des coups de cornes et pour que les vaches qui se bagarrent parfois entre elles ne se blessent pas.»

 

Les initiants, sur ce point, sont clairs: ils «disent vouloir redonner leur dignité aux animaux, ils ne demandent pas l’interdiction de l’écornage, mais une subvention pour les éleveurs qui arrêtent de le faire». Soit 190 francs par vache et 38 par chèvre. (On oublie souvent que les caprins sont aussi concernés.) Le sujet est «sérieux», dit la journaliste française, il faut donc bien qu’«on en parle»:

 

Mais vous savez, «nous, les Français, regardons plus souvent le doigt qui montre la lune, alors que les Suisses qui sont bien plus pragmatiques et intelligents… un monde nous sépare!!» répond @JonquetBernard sur Twitter. Il réagit, lui, à une chronique chafouine de La Matinale de RTS, selon laquelle «il y aurait des bons et des mauvais sujets de votation, des objets de première classe et d’autres qui ne mériteraient pas la réflexion et le vote populaire». Ainsi, ces fameuses cornes ne seraient «pas un sujet assez sérieux pour la Constitution»:

 

La suite ICI

Un cas de vache folle détecté en Ecosse
Le gouvernement écossais a annoncé avoir identifié un cas de vache folle dans une ferme de l'Aberdeenshire. Son origine est encore inconnue. ICI 

 

 

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21 octobre 2018 7 21 /10 /octobre /2018 06:00
montage de six photos d'archives : le juge Jean-François Perrin, Henri Emmanuelli, André Laignel, Michel Pezet, Philippe Sanmarco et et Gérard Monate © AFP / STF

montage de six photos d'archives : le juge Jean-François Perrin, Henri Emmanuelli, André Laignel, Michel Pezet, Philippe Sanmarco et et Gérard Monate © AFP / STF

Les ébraiements, les gesticulations de tous les chevaux de retour, tous sans exception, Mélenchon en tête en ce moment, de toutes les couleurs, me laissent aussi froid que la banquise avant les effets du réchauffement climatique.  Attention, je n’entonne pas le couplet « tous pourris » mais j’invite à la décence celles et ceux qui ont bénéficié tout au long de leur longue et exclusive carrière politique des retombées d’un système de financement opaque et qui n’ont de cesse de trouver des failles dans le système mis en place.

 

J’ai le souvenir de la panique qui s’était emparé des éléphants du PS lorsqu’éclata l’affaire URBA. Je rassurai Matignon, du côté du 78 de la rue de Varenne nous étions clean : la distribution des quotas GATT instituée sous Edgard Faure était un lointain souvenir, aucun paquet de biftons ne traînait dans le coffre du Ministre. En plaisantant je fis remarquer à Huchon que les seuls explosifs qu’avait contenu le coffre étaient les comptes de campagne de François Mitterrand qu’Henri Nallet, le trésorier de la campagne, gardait au chaud.

 

Je ne croyais pas si bien dire.

 

« Sans doute faut-il rappeler qu'au début de l'année, Thierry Jean-Pierre est un juge d'instruction inconnu qui enquête sur un double accident mortel du travail survenu sur un chantier du Mans en 1990. Le 8 janvier il entend un ancien élu du PS, le Dr Pierre Coicadan qui lui indique que «certaines entreprises versent des commissions par l'intermédiaire de bureaux d'études pour avoir des marchés publics». Jean-Pierre informe alors le premier substitut du procureur qui ouvre une information contre X pour «extorsion de fond».

 

Le 6 avril, l'instruction conduit à l'interpellation de Christian Giraudon, ancien responsable d'Urba pour les Pays-de-Loire qui sera inculpé et écroué. Le magistrat sait alors que Giraudon a prévenu l'ex PDG d'Urba, Gérard Monate. C'est pourquoi, il décide de monter à Paris sans attendre le lundi, tente en vain de perquisitionner chez G. Monate avant d'aller le faire dans les locaux d'Urba.

 

Pendant ce temps la Chancellerie et l'Elysée s'affolent : le pouvoir décide d'ordonner le dessaisissement du juge qui n'en sera officiellement avisé qu'à sa sortie des locaux d'Urba, par un magistrat parisien flanqué de Me Yves Baudelot, avocat du PS, lequel n'hésitera pas à bousculer le magistrat pour tenter de s'emparer des cartons de scellés qu'il vient de saisir. Le scandale aidant, Henri Nallet et Georges Kiejman feront dans la calomnie grossière, le premier parlant «d'équipée sauvage», le second de «cambriolage judiciaire».

 

Évidemment, la Chancellerie peut choisir de continuer «la guérilla judiciaire» comme le dit le juge Jean-Pierre en faisant attaquer la procédure sur d'autre points, comme la perquisition. Mais près deux décisions favorables au juge manceau, on doit commencer à hésiter en haut lieu. Le plus cocasse dans l'affaire, est sorti jeudi soir de la bouche du Garde des Sceaux, Henri Nallet, lequel, nullement troublé par ce camouflet, n'a pas hésité à saluer la décision de la cour Suprême comme une «démonstration tout à fait remarquable de l'indépendance de la Justice». Quel humour M. le ministre! »

 

Le Far West.

 

Pour autant, le travail de la justice se poursuit. « J’avais une opinion à soumettre au Premier ministre : « il faut dire au procureur, allez-y, ouvrez ! C’était le Far West, et bien découvrez le Far West ! Et dites-nous ce que vous allez faire ». Le Premier ministre était assez tenté… », raconte Henri Nallet, nommé en octobre 1990 au ministère de la Justice, dans le documentaire La parole est au garde des Sceaux. Finalement, Michel Rocard aurait reculé devant la pression des barons du parti. « Il m’a dit : « il faut arrêter. Il faut essayer d’expliquer aux magistrats que l’on va réguler tout ça, mettre de l’ordre, mais que pour l’instant, ce n’est pas la peine de mettre en examen trente ou quarante dirigeants politique », poursuit Henri Nallet.

 

Tout le monde  sait. Tout le monde se tait.

 

« Nombreux sont les dirigeants d’entreprises qui connaissent parfaitement – et s’en plaignent – les quatre techniques principales qui sont utilisées pour financer la vie politique, à savoir les fausses factures, la surévaluation de factures, l’emploi de personnel indu et la prise en charge de factures indues…certains [élus] se font prendre, le plus souvent par inexpérience, ce qui, en la matière, est une grave faiblesse. D’autres, qui ont plus d’expérience ou qui pratiquent sur une plus grande échelle, ce qui leur permet de s’équiper de façon plus adaptée, ne se font pas prendre. »

Pierre Joxe Sénat, séance du 14-11-1989, p. 3255

 

« Depuis trente ans que je suis un responsable politique, j’ai vu les pratiques des uns et des autres dans mon département. Personne, sur aucun de ces bancs, ne peut affirmer qu’il n’a pas reçu de l’argent d’entreprises privées, et particulièrement dans le département de la Seine-Saint-Denis. Il ne faut pas jouer les oies blanches ! »

 

« Il y a aussi des sociétés industrielles ou commerciales – c’est ainsi depuis toujours et tout le monde le sait sur ces bancs, [tonne Charles Pasqua] – qui contribuent au financement de la vie politique. Et que l’on ne me dise pas le contraire : tous les partis politiques et tous les candidats ont bénéficié de cette sorte d’aide. Il est donc nécessaire que la loi reconnaisse cette réalité et qu’elle l’encadre.

Sénat, séance du 17-02-1988, p. 122)

 

Histoire du financement du PS (85-89) par Gilles Gaetner, James Sarazin publié le 29/11/1990 ICI

 

 « Un homme, la soixantaine enveloppée, sort d'un porche discret du quai des Grands-Augustins. Sous son bras, un paquet joliment emballé de papier fantaisie. Un beau cadeau, en vérité: 5 millions de francs, en coupures de 500 francs. Le porteur du colis s'appelle Gérard Monate, patron d'Urba-Gracco, la pompe à finances du PS. Une affaire qui a failli passer sous le nez du parti au pouvoir. Quelque temps plus tôt, l'un des plus gros chauffagistes parisiens a emporté un contrat fabuleux: la réfection des installations des lycées d'Ile-de-France. Un contrat qui vaut bien une largesse: 10 millions de francs en liquide pour le RPR, via un intermédiaire, Jean-Claude Méry. Au siège du PS, on l'apprend. Fureur. Monate est chargé de récupérer le coup. Méry, qu'il connaît bien - ils font le même «métier» - accepte de couper la poire en deux. Moyennant promesse de ristourner une partie du pactole au PC, lui-même se chargeant d' «intéresser» l'UDF. »

 

Henri Nallet, l'actuel ministre de la Justice, harcelé par l'opposition à propos de son rôle de trésorier de la campagne présidentielle de François Mitterrand en 1988, n'est pas le seul à en savoir quelque chose. Deux amnisties au goût amer pour l'opinion publique - votées en 1988 et 1989 - auront soulagé plus d'un élu pris dans le collimateur de deux petits flics marseillais, Antoine Gaudino et Alain Mayot. »

 

Vendredi, 28 Juin, 1991

 

Le juge Jean-Pierre a bien fait. C'est à dire qu'il n'a rien d'un «cambrioleur» et qu'il a agi légalement. Ainsi en ont décidé hier, les 27 magistrats de la chambre criminelle de la Cour de Cassation, en rejetant le pourvoi formé par le procureur général d'Angers contre l'arrêt de la chambre d'accusation d'Angers qui avait déclaré valable, le 19 avril dernier, la procédure instruite au Mans par le juge d'instruction Thierry Jean-Pierre dans le dossier Urba, le bureau d'étude chargé de la collecte de fonds pour le compte du parti socialiste.

 

Les magistrats de la Cour Suprême ont suivi les conclusions de l'avocat général, Mme Nicole Pradain qui avait estimé que le premier substitut du procureur avait tout à fait le droit d'ouvrir une information «contre X pour extorsion de fond», information dont il devait confié l'instruction au juge Jean-Pierre.

 

Ce qui revient à valider l'ensemble des actes d'instruction effectués par Thierry Jean-Pierre, et notamment la perquisition opérée dans les locaux parisiens d'Urba le dimanche 7 avril dernier. Un acte qualifié «d'équipée sauvage» par le garde des Sceaux Henri Nallet, et de «cambriolage judiciaire» par Georges Kiejman, l'ex-ministre délégué à la Justice, qui devaient dessaisir le juge le jour même de cette perquisition.

 

Pour Thierry Jean-Pierre, la décision d'hier n'en constitue pas moins une victoire contre la raison d'Etat.

 

En 1992 et en 1994, les conjonctures présentent bien des points communs. Les partis qui gouvernent sont touchés par l’éclatement de scandales. En 1992, Pierre Bérégovoy devient 1er Ministre, et insiste dans son discours de politique générale devant l’Assemblée du 08-04 sur la nécessité de vider l’abcès de la corruption ; il installe également une commission pour réfléchir à la prévention de la corruption présidée par Robert Bouchery, ancien procureur général près de la cour d’appel de Paris. Il ne fait que répondre à la pression judiciaire et médiatique ambiante. En janvier, Renaud Van Ruymbeke vient perquisitionner au siège du PS dans le cadre de l’instruction de l’affaire Urba le jour de l’entrée en fonction de Laurent Fabius comme 1er secrétaire. En mai, Yves Challier, ancien chef de cabinet de Christian Nucci au ministère de la Coopération est condamné à cinq ans de prison pour « soustraction de deniers publics par dépositaire de fait, faux et usages, falsification de chèque et usages ». Deux élus PS sont mis en cause dans une affaire de fausses factures en lien avec la SAGES. En juillet enfin, juste avant l’ouverture du congrès du parti socialiste, Le Monde révèle la probable inculpation d’Henri Emmanuelli en liaison avec ses fonctions passées de trésorier du PS.

 

Presque 30 ans, la corruption est toujours constituée d’un couple infernal : les corrupteurs et les corrompus, l’appétit du pouvoir balaie trop souvent la faible digue des textes. Nos hommes politiques feraient bien de nettoyer les écuries d’Augias et éviter de se donner en spectacle au fameux peuple qui souvent se régale de leurs turpitudes car les prébendes, les passe-droits font aussi partie de notre ADN national. Le courrier parlementaire que j’ai vu défiler chaque soir sous mes yeux, les parapheurs du soir, en tant que directeur de cabinet constitue un florilège des demandes de l’électeur à son élu.

 

Reste un point fondamental : la frontière très perméable entre les nécessités de financer l’action politique et l’enrichissement personnel. Ironie de l’histoire Urba avait été institué pour créer un sas entre les financeurs et les élus afin d’éviter que ceux-ci prélèvent une dîme au passage (les porteurs de valises de billets étaient coutumiers du fait). La corruption était constituée bien sûr mais l’argent collecté illégalement était réparti de façon transparente, Monate était un honnête homme, ses petits carnets en témoignent.

Dans l’affaire Mélanchon, un retour à la raison s’impose, il n s’agit que d’enquêtes préliminaires menées dans le cadre de la procédure pénale – la violence d’une perquisition matinale est évidente et peut justifier une réelle émotion, mais elle est la même pour tous – notre Jean-Luc ne s’est pas vu passer des menottes ou placer en garde à vue.

 

En annexe :

 

  • Perquisition chez Mélenchon : "Pas de justice politique, mais une justice déséquilibrée" ICI 

 

  •  La procureure générale de Paris répond à Jean-Luc Mélenchon : "Ces perquisitions ont été diligentées en pleine légalité" ICI   

 

  •  Justice : l’Elysée prend la main sur les procureurs ICI 

 

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18 octobre 2018 4 18 /10 /octobre /2018 06:00
1 vrai sujet de santé publique : le goûter des enfants « n’oublies pas ton 4 heures ! »

À mon âge, hormis de tomber dans la dépendance, mon devenir ne devrait plus être un objet de préoccupation pour les Diafoirus de la Santé Publique ; l’extension du concept de Santé Publique frise de plus en plus une forme de mainmise sur notre vie privée, nos choix intimes, à force de nous balancer des bordées de chiffres nécrologiques ces guérisseurs prennent des allures de fossoyeurs.

 

Lâchez-nous les pompes !

 

Occupez-vous prioritairement de la santé des enfants !

 

Du petit-déjeuner jusqu’au goûter en passant par la cantoche, à l’école, au collège, au lycée c’est la catata… On leur fait enfourner de la nourriture industrielle… surtout au goûter « barres chocolatées, les biscuits fourrés au chocolat, les madeleines, les viennoiseries, bonbons, sodas… Ce sont de véritables pièges riches en graisses et sucres!».

 

Il est bien loin le temps de ma tartine de pain de quatre embeurrée avec quelques carreaux de chocolat…

 

Et ce n’est pas une réflexion de vieux con, mémé Marie, lorsque je rentrais de l’école et que je n’avais qu’une seule envie : aller gambader dans les prés, me disait « n’oublies pas ton quatre heures ! »

 

 J’ai eu si mal au cœur

Sur la mer en furie

Qu’ j’ai vomi mon quatre heures,

Et mon minuit aussi.

Renaud, Dès que le vent soufflera, 1983)

 

Louise Tourret écrit dans Slate :

 

« Pour ce goûter quotidien, qui est un repas que personnellement je prends toujours, les nutritionnistes préconisent des fruits, et pour les plus gourmands, du pain avec du chocolat noir. Le goûter est aussi un repas important: à cette heure où la glycémie baisse, il faut se relancer avec un peu de sucre et tout simplement, manger pour tenir jusqu’au dîner. »

 

« Mais dans les écoles, le goûter, c’est au contraire le grand festival de la nourriture industrielle: des barres, des biscuits et de la nourriture ultra-transformée au menu du repas préféré des enfants. Résultat, mon fils, qui est aussi un estomac sur pattes, est devenu un expert de l’échange. Comme il confond la poche avant de son sac à dos avec une poubelle, j’ai bien vu que les papiers et emballages de ce qu'il avait ingurgité ne correspondaient pas trop à ce que j’avais donné le matin: Pom'Potes vides, papiers de barres de céréales, morceaux de biscuits industriels et parfois… mon sandwich au chocolat. C’est ainsi que j'ai découvert l’univers du marché noir du goûter. »

 

[…]

 

« A-t-on mis des enfants au monde pour qu’ils mangent de l’huile de palme et du sirop de glucose? Non, mais quand Julie met des biscuits bio qui coûtent «hyper cher» dans le cartable de sa fille, cette dernière «les échange contre des DooWap» (brioche au chocolat, aliment ultra-transformé, Nutri-Score D), raconte-t-elle.

 

« Donner des gâteaux industriels à ses bambins, c’est un peu comme si au lieu de les faire déjeuner la cantine, on leur confiait cinq euros pour aller acheter un Happy Meal ou un grec. Ou qu’on leur prenait des Bolino. Bien sûr que ce n'est pas catastrophique pour la santé de manger un kebab ou un hamburger de temps en temps, c’est la même chose pour les Pépito, les Dinosaurus ou les Snickers. Sauf que la fête de l’huile de palme et du sirop de glucose, c’est tous les jours. Tous les jours… à l’école. »

 

[…]

 

« On peut organiser toutes les Semaines du Goût qu’on veut, mais si les enfants mangent la merde soigneusement mise dans leur cartable par leurs propres parents tous les jours pendant plusieurs années, il y a peu de chance que le message passe. Peut-être faudrait-il tout simplement aménager un goûter commun comme en maternelle, imaginer quelque chose de plus adapté… Par exemple, organiser des semaines de la pomme, de la poire, distribuer des fruits, comme Mendes France a distribué du lait aux écoliers en 1954. »

 

L’intégralité ICI 

 

Je lance un appel au monde des terroirs vineux qui trop souvent me gonfle la tête avec ses discours sur notre génie national, ce bon goût qui nous différencie des barbares, sortez de vos cénacles, battez-vous, engagez-vous dans le combat du 4 heures pain beurre-chocolat ! »

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16 octobre 2018 2 16 /10 /octobre /2018 08:13
Hollande inaugure le pont Chaban-Delmas Placide

Hollande inaugure le pont Chaban-Delmas Placide

Comme un avant-goût de Bordeaux bashing : François Mauriac et Jacques Chaban-Delmas vu par Jean Cau « C’est 1 gandin, 1 patron de salon de coiffure, 1 marchand de chaussures de luxe, 1 chef de rayon. »

Bien sûr les petites louves et les petits loups incultes vont ouvrir de grands yeux tout ronds : c’est qui ce Cau ?

 

Un cathare né à Bram dans l’Aude le 8 Juillet 1925. Elève au lycée de Carcassonne, puis à Louis-le-Grand, il a préparé le concours d'entrée à l'Ecole normale supérieure et passé la licence de philosophie. Secrétaire de Jean-Paul Sartre de 1947 à 1956, il a collaboré aux Temps modernes, à l'Express, au Figaro littéraire, à France-Observateur, et à Paris-Match.]

 

« Regard noir enfoncé, maxillaire farouche, le fauve s'éloignait en relevant son col, en nouant serré la ceinture de sa canadienne, de son paletot de cuir, l'air d'un partisan en mission, d'un samouraï tendu vers le rendez-vous fatal de la mort, ou vers la cérémonie secrète de l'écriture, qui en répétait l'inéluctable. »

 

Le secrétaire de JP Sartre : « Cau n'était pas doué pour la servilité.

 

« Sartre, parlons-en. Entre eux, le marché s'équilibrait. Avec cet ours fort en gueule, le philosophe tenait son authentique prolétaire, dans un Saint-Germain plutôt bourgeois, comme lui. Le jeune secrétaire, lui, dégustait le privilège de regarder fonctionner une des machines intellectuelles les plus déliées de son temps. Plus tard, Cau jugerait sévèrement les aveuglements volontaires du patron. Mais jamais il ne trahirait sa confiance. Chez les humbles, la dignité ne se partage pas. Ni l'orgueil. Cau allait ordonner vie et oeuvre autour de cette fierté roide : une ambition sans vanité ni intrigue, l'horreur du sentimentalisme, des diktats idéologiques, des naïvetés moralisantes. En ces années-là, cela faisait beaucoup d'anticonformismes ! »

ICI

 

« (...) toute sa vie, ce gaulliste fidèle a été un résistant. Résistance à la gauche sartrienne dont il provenait ! Résistant à la connerie des hommes qui l'étouffait ! Résistant à l'Argent roi qu'il vomissait ! Résistant à l'impérialisme américain qu'il fustigeait ! Résistant à la Mitterrandie  qu'il exécrait ! Résistant à la droite gestionnaire qu'il abhorrait ! Résistant à la décadence que le monde moderne engendrait ! (...) »

Alain Delon dans la Préface d’un petit livre posthume Le candidat

 

« Les Editions de la Table ronde viennent de publier en poche les «Croquis de mémoire» de Jean Cau, le livre le plus réjouissant que j'ai lu ces derniers mois. Parler des auteurs vivants, très bien, mais faut-il oublier les morts quand ils nous rappellent leur talent? Le titre dit tout. Cau a croqué au hasard de la plume les visages qui surgissaient de sa mémoire, portraits furtifs, traits d'esprit, anecdotes révélatrices, petites scènes; voici Boris Vian, Cocteau, Queneau, Camus, Hemingway, qui n'y connaissait rien à la corrida, Sartre, ses manies et sa mère, Chaplin, Mitterrand, Orson Welles, dix autres... Le libraire qui m'a vendu ce petit livre pour huit euros cinquante, m'a affirmé que des lecteurs revenaient, en prenaient trois ou quatre exemplaires pour les offrir à leurs amis, pour partager avec eux cette conviction que les vrais écrivains, oubliés, peuvent ressusciter et nous combler. »

Patrick Rambaud en 2007

 

Extraits :

 

MAURIAC

 

« Jamais je n’ai rencontré quelqu’un qui fût « culturellement » plus français. Comme un chat est de son logis, de sa cave et de son grenier, de l’âtre devant lequel, les yeux mi-clos, il se pelotonne, griffes rentrées dans le manchon de sa fourrure. J’eus un jour une illumination. Mauriac qui est-ce ? « C’est un bordeaux, un très grand cru de Bordeaux. Inimitable. Vieilli en fûts de chêne culottés de ruche tanin. Rien, en lui, qui rappelle chianti, logroño, whisky, vodka, vins du Rhône ou bourgogne. C’est, centenaire, cuvée parfaite, année royale, du bordeaux Haut-Mauriac, Pape François. » J‘avais trouvé. »

 

« Un nez de tamanoir aspirant les fourmis de l’actualité qu’un superbe râtelier croquait ensuite sourdement dans un bruit de voix brisée et, parfois, de petits rires étouffés et provoqués par le grain de poivre écrasé d’un potin. Il aimait beaucoup, surtout lorsqu’ils étaient méchants, les potins. »

 

CHABAN sous POMPIDOU

 

« Élu président de la République, j’ai cet honneur d’être aussitôt invité à déjeuner en tête à tête avec lui.

 

  • Qui allez-vous prendre comme Premier Ministre ?

 

  • Qui voulez-vous que je prenne ? Chaban !

 

  • Chaban ? Mais c’est un gandin, un patron de salon de coiffure, un marchand de chaussures de luxe et je vous assure que c’est du trente-sept qu’il vous faut, madame ! Un chef de rayon.

 

  • Je sais, je sais, mais je n’ai personne d’autre. Il y aurait Chirac… Vous le connaissez ?

 

  • Non.

 

  • Il y aurait Chirac mais il est trop jeune… Et puis, les Gaullistes, si je leur sortais Chirac…
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14 octobre 2018 7 14 /10 /octobre /2018 06:00
La réponse au 1er président de la province du jeune Karl Marx journaliste à la Gazette rhénane à propos d’un article sur un contentieux fiscal opposant l’administration prussienne aux vignerons de la Moselle.

En 1842, Marx quitte le domicile familial pour se frotter au monde, il travaille comme rédacteur à la Gazette rhénane un quotidien local financé par un groupe d’industriels libéraux. En un an, il s’y était déjà forgé une réputation de rédacteur et de critique hors pair. Les ventes s’envolèrent, attirant du même coup l’attention des censeurs. »

 

« Pour décrire le rédacteur, alors âgé d’à peine 24 ans, un de ses collaborateurs invite un ami à se représenter « Rousseau, Voltaire, Holbach, Lessing, Heine et Hegel unis en une seule personne ; je dis unis et non rassemblés, et tu auras le Dr Marx. »

 

« En janvier 1843 parut ce qui allait être son dernier article pour la Gazette rhénane, les autorités ayant interdit le journal immédiatement après […] Il était intitulé « Justification du correspondant de la Moselle »

 

Ce texte se voulait une réponse à un rescrit du Premier président de la province rhénane von Schapper dans lequel celui-ci sommait le journal […] Sa réclamation portait en particulier sur un article faisant état d’un contentieux fiscal opposant l’administration prussienne aux vignerons de la Moselle.

 

L’auteur de l’article, un avocat de la région, Peter Coblentz, futur combattant de la révolution de 1848, qui périra en prison dans les années 1850, avait fait valoir que « longtemps les instances supérieures auraient tenu pour des vociférations insolentes les cris de détresse des vignerons. »

 

À quoi le président avait rétorqué : « Je pense pouvoir proclamer que ceci n’est pas vrai. »

 

« L’article initial avait pour sujet la forte baisse du prix du vin. La direction de l’association pour le développement de la culture de la vigne en Moselle venait de réclamer un allègement fiscal au ministre des Finances pour aider ses membres à traverser cette période difficile. »

 

« Le gouvernement de Trèves avait ensuite chargé le chef de bureau du cadastre, un inspecteur des impôts dénommé von Zuccalmaglio, de vérifier les chiffres soumis par l’association des vignerons pour appuyer sa requête. L’inspecteur von Zuccalmaglio était tout à fait compétent pour rendre un avis sur la question, puisqu’il avait collaboré avec cette même association quelques années auparavant pour recueillir les données qui avaient servi à dresser le dernier bilan décennal de l’industrie viticole. Il rendit scrupuleusement visite aux vignerons pour entendre leurs doléances, inspecter leurs vignobles et recueillir toutes les nouvelles données auxquelles il pouvait avoir accès. De retour à Trèves, von Zuccalmaglio remit son rapport dans lequel il recommandait de refuser la demande de révision fiscale. Les autorités passèrent plusieurs mois à délibérer sur ce rapport, avant de rendre leur décision : « L’État pourra se limiter seulement à ceci : faciliter à la population actuelle, par des moyens appropriés, son étape de transition. »

 

Que les vignerons aient mal accueilli cette décision, il n’y a rien d’étonnant.

 

Marx prit l’initiative de répondre lui-même. Selon lui, le Premier président et l’autorité collégiale avaient bien pris la détresse des vignerons pour de l’insolence, et pour cause ils n’avaient pas pu faire autrement. Leur réaction n’était pas cependant pas affaire de négligence ou d’indifférence, mais un effet spécifique de ce que Marx appelle […] « la dépendance de l’État à l’égard des rapports officiels.

 

« Marx nous invite à apprécier la position de l’inspecteur von Zuccalmaglio. Ce dernier avait été choisi en raison de ses compétences dans le domaine viticole et sa connaissance de la région. Dès lors, comment pouvait-il ne pas se montrer un tant soit peu hostile à l’égard de ce qui lui apparaissait comme autant de calomnies dirigées contre son travail ? »

 

Persuadé d’avoir accompli consciencieusement son devoir et de connaître en détail le dossier officiel dont il dispose, quoi de plus naturel que, devant une opinion contraire, il prenne parti contre les plaignants ; leurs intentions pouvant être entachées d’intérêts privés et suspectées, il les suspecte, at au lieu de tenir compte de leurs arguments, il s’efforce de les réfuter. »

 

« L’inspecteur a d’autant plus de raisons d’être suspicieux que ces accusations émanent non pas de la majorité des vignerons, mais d’un petit nombre de fauteurs de trouble – précisément le genre d’individus susceptibles de prendre part à une association pour le développement de la culture de la vigne en Moselle. « Ajoutons à cela  que le vigneron, pauvre selon toute apparence n’a ni le temps ni l’instruction voulus pour décrire sa situation ; le pauvre vigneron ne peut parler, tandis que le viticulteur, qui sait parler, n’est visiblement pas pauvre et semble donc parler sans motif. »

 

« Les viticulteurs, ayant observé la réalité qui les entoure et étudié le rapport officiel supposé rendre compte de cette réalité, se trouvent en proie à un sentiment étrange. Le monde tel qu’ils le conçoivent paraît menacé par un monde virtuel peuplé de notes, de dossiers, de rapports. Comme l’écrit Marx, « la réalité la plus évidente, comparée à la réalité étalée dans les documents, donc à la réalité officielle, à la réalité d’État et à l’intelligence qu’elle fonde, lui semble illusoire ». Quant à l’État, « ses principes sont solidement établis ; le cadastre lui présente l’image officielle du pays et il dispose de directives officielles concernant les recettes et les dépenses : parallèlement à la réalité pratique, il a partout une réalité bureaucratique qui conserve son autorité indépendamment des circonstances ». Plus les vignerons insisteront sur le clivage qui sépare ces deux réalités, plus leurs revendications paraîtront déraisonnables aux fonctionnaires. Et quand bien même ces derniers éprouveraient de la pitié ou de la compassion à leur égard, ils n’en resteraient pas moins convaincus d’avoir déjà fait tout ce qui était en leur pouvoir pour leur venir en aide. En outre, il est inconcevable que l’État cède à une demande simplement parce que celui qui l’exprime est convaincu de son bien-fondé. Voilà qui serait, pour le coup, tout à fait déraisonnable. »

 

 

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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 07:00
Photo tirée d'un article de RTL

Photo tirée d'un article de RTL

« Suzanne revint à Montréal pour récupérer les enfants et partir s’installer à Roussillon, dans le Vaucluse. Leonard allait devoir négocier s’il voulait les voir. Et c’était le cas. Tous ses amis disent qu’en dépit des doutes qu’il avait pu avoir au départ, il prenait son rôle de père au sérieux et était très affecté par la séparation […] Leonard avait besoin de temps pour organiser sa nouvelle vie de famille, qui nécessitait de longs voyages transatlantiques. »

 

« Les quatre années suivantes sont soustraites à la vue du public (ndlr. 80-84). Si on avait cherché Leonard, on aurait pu le trouver au monastère du mont Baldy, à Montréal, à Hydra, ou bien en France, dans une caravane au bout du chemin menant à la maison où Suzanne et les enfants vivaient. Leonard allait souvent en France. »

 

« La maison de Bonnieux que Suzanne avait trouvée et que Leonard avait payée était une ferme du XVIIe siècle ayant appartenu à des moines. La campagne environnante était truffée de vieilles églises. Suzanne y emmenait parfois les enfants. »

 

Dans Leonard Cohen par lui-même De Jean-Dominique BRIERRE, Jacques VASSAL

 

« … Cohen viendra régulièrement rendre visite aux enfants mais leur mère lui interdira l’entrée. Ce qui laisse à Adam un souvenir pathétique : « L’une des principales professions de mon père est de deviner ce dont quelqu’un a besoin et de le lui donner avant qu’il le demande. Il est resté dans la vie de ses enfants en dépit d’obstacles incroyables. Il y a eu une période, quand nous habitions dans le sud de la France, où mon père n’était pas admis dans la propriété. Alors il a acheté une caravane et il a habité au bout de notre chemin. En dépit des distances que ma mère plaçait devant lui, il a toujours été présent avec de l’instruction et de l’humour. Pour beaucoup, il était lugubre à cause de sa poésie, mais pour nous, c’était le type le plus désopilant […] Je me sens aimé. Je l’ai toujours senti attentif à moi. J’avais entre cinq et huit ans quand il habitait dans cette caravane. Il était garé en plein sur un embranchement entre la voie publique et le chemin privé. C’est dur pour un môme, quand on comprend que, financièrement, on a un père qui occupe toute la scène, et qui habite dans une caravane au bout d’un chemin de terre. »

 

PS : La Suzanne n’est pas celle qui a inspiré la chanson. Les deux enfants sont Adam et Lorca, une fille dont le prénom a été choisi par Leonard en hommage à Garcia Lorca.

 

 

Pour finir sur une note plus légère :

 

« Leonard avait également des doutes sur The Partisan, qu’il avait apprise au camp de vacances Sunshine. Johnston raconte : « Il me l’a chantée, c’était très bien mais il n’en était pas content. Il faisait les cent pas, disant que ce serait génial d’avoir un chœur de voix françaises. « Bon, on se voit dans quelques jours », ai-je dit. « On n’enregistre pas ? » s’est-il étonné. « Pas tout de suite. » Le lendemain, je suis allé à Paris, j’ai trouvé un accordéoniste et trois chanteuses. J’ai mixé les voix avec l’enregistrement de Leonard. Quand je suis revenu, je lui ai passé la bande. « C’est excellent, on dirait vraiment des voix françaises. » J’ai dit : « C’est normal, elles sont françaises. » Johnston se met à rire : « ll était vraiment fâché que je ne l’ai pas emmené à Paris. »

 

Source : I'M Your Man La vie de Leonard Cohen

 

La Complainte du partisan est une chanson écrite à Londres en 1943 par Emmanuel d'Astier de La Vigerie pour le texte et Anna Marly pour la musique. Cette chanson est diffusée pour la première fois sur les ondes de la BBC à destination de la France occupée et un des disques est même détruit par la DCA allemande lors d'un parachutage de résistants. Elle devient une chanson populaire dans les années 1950.

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