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14 juin 2019 5 14 /06 /juin /2019 06:00
Chez les Black Blocs on boit des GCC : 1 chasse-spleen 99 j’attends la réaction de Jacques Dupont « Samuel lui tendait toujours son verre pour trinquer. Il le tenait par le pied pour ne pas réchauffer le vin. »

Je viens de lire Black Blocs d’Elsa Marpeau.

 

 

La vie de Swann, technicienne en biologie à Jussieu sans histoire bascule le jour où, en rentrant chez elle, elle trouve son compagnon Samuel, assistant en sociologie à la fac, abattu d’une balle dans le dos. Elle découvre à l’occasion qu’il militait dans des groupes que les flics et la presse qualifient d’ultragauche. Pour venger Samuel, pour savoir qui l’a tué, elle va s’immerger dans un de ces Black Blocs. S’immerger et se perdre peu à peu, jusqu’à douter de tout, y compris de sa santé mentale.

 

Bonne doc sur l’écosystème où nagent les black blocks et nos chers agents de la DGSI et de la SDAT la référence déclarée à l’affaire de Tarnac et à l’absurdité et l’énormité de ce qui a été dit et publié par la police, la justice et les ministères et relayé par une bonne partie de la presse semble aller dans ce sens mais l’intrigue est tellement tordue que ça ne m’a guère convaincu.

 

« Un demi-ratage d'autant plus triste que beaucoup d'ingrédients étaient présents pour obtenir un bon roman, et que la capacité de l'auteur à brosser des portraits rapides mais saillants reste impressionnante.

 

Mais une ambiguïté trop forte l'emporte in fine : tout y semble trop artificiel et accidentel, entre Black blocs réduits fortement, pour l'essentiel, à des gamins irresponsables, tandis que leurs adversaires policiers sont soit d'odieux cyniques (ce qui pourrait passer) soit de purs psychopathes (et là, sans humour, non, désolé, ça ne marche pas)... Les citations parfois habiles, mais souvent joyeusement mélangées en une bouillie infâme (ironique, certes, lorsque les anti-terroristes sont à l'oeuvre - mais plus difficile à saisir lorsqu'il s'agit de "théoriciens spécialistes" anarchistes, qui savent au moins lire, en général...). »

 

Ceci écrit j’ai coché deux passages où le divin nectar de Bordeaux encensé par nos chers critiques occupe une place de choix.

 

  • Ça t’a fait quoi d’être arrêtée ?

 

Aurélie fixe Swann avec curiosité. Swann réfléchit. Elle commande une deuxième bouteille de bordeaux.

 

En contemplant le liquide rouge sombre, elle se  souvient de la visite des vignobles dans la résidence secondaire des Bordat, le jour où elle les a rencontrés. Le père de Samuel lui a expliqué les cépages l’ensoleillement, la terre. Il faisait un soleil de plomb. Le paysage était magnifique. Jamais Swann ne s’était sentie aussi minable. Humiliée par leur aisance à marcher dans les vignes sans salir leurs chaussures en crêpe, par leur amabilité imperturbable, par leur culture, par la beauté du paysage. Samuel l’avait senti. Entre deux dissertations paternelles, il lui avait glissé :

 

  • T’inquiète, tu pourras quand même boire un Ricard en rentrant.

 

[…]

 

Cuisine. Swann lui a préparé une surprise. Elle est allée faire des courses. Elle a acheté un rôti et une bouteille de chasse-spleen 99. Elle débouche la bouteille pour l’aérer, comme Samuel le lui a appris. Elle mt la viande au four. Il est vingt heures. À vingt et une heures, Samuel n’est toujours pas rentré. Son portable est coupé. Le rôti est déjà trop cuit. Swann boit cul sec deux verres de vin. Il rentre à vingt-deux heures. Le rôti a brûlé. La bouteille est finie. Il s’excuse. Il a dû corriger une thèse avec un étudiant largué. L’imaginer discutant sociologie fait enrager Swann. Elle s’approche de Samuel et le frappe au bras. Il se défend. Elle frappe à nouveau. Il serre son poigne. Il le broie. Elle retient son cri par défi. Elle se libère en lui mordant la main. Elle jette le rôti par la fenêtre. Samuel se penche et observe le morceau de viande, pitoyablement écrasé par terre. Ils éclatent de rire. Swann leur sert deux verres de Ricard.

 

[…]

 

Justine verse à Swann un verre de bordeaux grand cru. La bouteille évoque Samuel. Il lui tendait toujours son verre pour trinquer. Il le tenait par le pied pour ne pas réchauffer le vin.

 

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13 juin 2019 4 13 /06 /juin /2019 06:00
J’irai à Macao le pays des casinos en cargo manger des Pastéis de de Nata avec mes doigts…« Tout le passé du Portugal se trouve distillé dans une bouchée. »

Macau Physique Carte

 

Selon le Jornal de Noticias, aucun gâteau portugais  n’égale le pastel de nata, cette tartelette aux œufs emblématique de Lisbonne et de ses alentours.

 

Comme le souligne le quotidien, « ce gâteau raconte de nombreuses histoires », écho des invasions et des grandes explorations des siècles passés. De la pâte feuilletée, introduite dans la péninsule Ibérique par les Maures, à la cannelle, venue de Ceylan, en passant par la canne à sucre, qui a voyagé d’Afrique à l’Amérique du Sud, au prix de la « très grande souffrance des Africains », avant de revenir enchanter le palais des Européens : « Tout le passé du Portugal se trouve distillé dans une bouchée. »

 

L'énorme et vieux ventilateur

Essayait d'brasser l'air lourd d'odeur

On aurait pu palper la peur

Dans une aussi épaisse moiteur

Pour la douzième fois d'la soirée

Jeanne dégrafait l'air emmerdé

le troisième bouton de son bustier

Pour trois matelots vraiment flippés

A la grande table de poker

Deux as planqués sous la théière

Le vicomte lançait les enchères

Une main posée sur le revolver

 

MACAO MACAO

Ti plamb di maté

ça sent le sangue

écarlaté

 

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L’A.F.P me dit que :

 

Avec leur pâte feuilletée garnie de crème aux œufs, les tartes portugaises de Macao sont aussi emblématiques du territoire chinois que ses casinos. Mais paradoxalement, elles ont aussi des origines britanniques.

 

Mais l'appétence pour ces flans de style lisboète s'est répandue à travers la Chine et une partie de l'Asie grâce à un Britannique.

 

Il y a 30 ans,  Andrew Stow, un pharmacien, ouvrit la boulangerie Lord Stow dans le village de Coloane à Macao.

 

Andrew Stow n'avait pas la recette originale des pasteis de nata si bien qu'il expérimenta avec le custard britannique, une crème aux oeufs plus lourde, en suivant une recette de famille, et y ajouta des techniques portugaises de fabrication de la pâte.

Résultat de recherche d'images pour "andrew stow macau"

 

Si certains de ses amis portugais se montrèrent circonspects, les Chinois de ce territoire du sud de la Chine furent conquis

Macao

 

En 1152, ce petit territoire était rattaché au comté de Xiangshan de l’Empire chinois. En 1557, les portugais établissent la première colonie permanente en Extrême-Orient. La même année, ce territoire est cédé au Portugal contre une sorte de loyer annuel et certaines taxes, mettant en évidence que Macao était toujours partie intégrante de l'Empire chinois de l’époque (Qing). La dynastie des Qing va percevoir ces taxes jusqu’en 1849, date à laquelle les portugais proclament l’indépendance de l’île.

 

En 1999, deux ans après Hong-Kong, le territoire de Macao redevient finalement chinois avec le statut de région administrative spéciale.

 

Le « Pastel de Nata »

Résultat de recherche d'images pour "les pasteis de nata"

 

Au pluriel Pastéis de Nata est une pâtisserie typique de la cuisine portugaise. Il s’agit d’une sorte de flan, parfois dégusté tiède. Une célèbre boulangerie de Lisbonne, véritable institution au Portugal, utilise également le terme « Pastéis de Belém ».

 

Au début du XIXe siècle, à Belém, près du “Mosteiro dos Jerónimos” (Monastère des Jerónimos), se trouvait une raffinerie de sucre de canne, associée à un petit magasin de commerce en tout genre. Suite à la révolution libérale de 1820, tous les couvents et monastères du pays furent fermés en 1834 le clergé ainsi que ses travailleurs expulsés.

 

Toutefois, afin de subsister, un des anciens occupants du Monastère décida, 1837, de vendre, dans ce même petit magasin, des tartelettes issues de la recette originale du monastère et rapidement appelées “Pastéis de Belém”

 

 A l’époque, Belém était éloignée de Lisbonne et le parcours se faisait par bateau à vapeur. Cependant, la somptuosité du “Mosteiro dos Jerónimos” et de la ” Torre de Belém” attirait beaucoup de visiteurs qui se sont rapidement habitués à savourer les délicieuses tartelettes du Monastère.

 

En 1837 débuta La confection des “Pastéis de Belém” dans les installations annexes de l’ancienne raffinerie, selon l’antique “recette secrète” originaire du monastère, fut depuis, transmise aux maîtres-pâtissiers successifs et exclusivement connue de ces derniers qui continuent aujourd’hui à les confectionner de façon artisanale dans “l’Atelier du Secret”.

 

Cette recette reste immuable. En fait, grâce au savoir-faire de ses maîtres-pâtissiers et au choix judicieux de ses ingrédients, les “Pastéis de Belém” offrent toujours la seule et unique saveur de la pâtisserie portugaise d’autrefois.

 

LE MEILLEUR “PASTEL DE NATA”

 

Tous les ans, la mairie de Lisbonne organise un concours pour dénicher les meilleurs pastéis de nata. Le meilleur pastel 2017 se déguste à la pâtisserie O Pãozinho das Marias, à Ericeira, une ville côtière au nord de Lisbonne. Visão a interrogé le pâtissier Francisco Duarte, jeune lauréat de 25 ans. “Nos pastéis respectent la recette classique, dont nous nous approchons le plus possible”, fait-il valoir. Le jury du concours a confié à l’hebdomadaire les raisons de son choix : “Un aspect alléchant, une pâte feuilletée parfaite, qui se défait dans la main tant elle est croquante, et une garniture très crémeuse sans excès de vanille ou de citron. C’est le meilleur.”

 

Vins nus portugais : un orange et un pet'nat
Vins nus portugais : un orange et un pet'nat

Vins nus portugais : un orange et un pet'nat

merci à ICI MÊME :

ICI  Ici-même

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12 juin 2019 3 12 /06 /juin /2019 06:00

Ulysse

Je me suis lancé un défi , reprendre à mon compte certains thèmes d’Aurélien Bellanger traités dans son livre : La France chroniques chez Gallimard-France Culture.

 

Je commence par Télérama.

 

Aurélien Bellanger né en 80 pourrait être mon fils.

 

Alors, lorsqu’il écrit, avec un humour féroce, que le jour où ses parents ont abandonnés leur abonnement à Télérama, lui et ses sœurs se sont dit que « ce renoncement à la culture, c’était comme s’ils nous avaient annoncé qu’ils vendaient la maison, qu’ils se débarassaient de leurs livres et qu’ils voteraient désormais pour le Front National. »  je me suis gondolé en pensant que, moi-même, abonné depuis la nuit des temps à Télérama, je continue de casquer sans trop savoir pour quoi.

 

Petite histoire de Télérama

 

Georges Montaron, directeur de publication de la lettre Témoignage Chrétien, qui est née en 1940 sous l’impulsion des Jeunes chrétiens combattants,  décide de créer un hebdo sur les programmes radio et les loisirs afin d’aider les Français à « organiser leurs loisirs ». C’est ainsi que naît en 1947 «Radio-Loisirs».

 

« Le premier numéro de Radio-Loisirs sort en février et Georges Montaron fait figurer à la fois les programmes de la radio, un courrier des lecteurs « Nos lecteurs ont la parole », des chroniques d’informations et artistiques et des critiques notamment sur des films car pour lui la culture passe désormais par le cinéma, la radio et la télévision qui tend à prendre de plus en plus de place dans le salon des Français. »

 

« Mais s’il y a bien une chose qu’il n’a pas vu venir, c’est la grève du monde de l’imprimerie et des restrictions de papier après seulement 24 numéros. Pour permettre à Radio-Loisirs de ressusciter, Georges Montaron s’associe en 1949 à Ella Sauvageot, c’est la naissance de Radio-Cinéma, qui prend un peu plus tard le nom de Cinérama. »

 

Source ICI 

 

L'acte fondateur fut signé en février 1950 entre Ella Sauvageot pour La Vie catholique dont le fondateur est Francisque Gay, le Révérend Père Pierre Boisselot pour les Dominicains et Georges Montaron pour Témoignage chrétien. Il hérita du titre Radio-Loisirs et de ses abonnés dont la liste fut donnée par Témoignage chrétien. Et il s'installa dans les locaux des Éditions du Cerf, Boulevard de La Tour-Maubourg, avant de déménager pour la rue Saint-Dominique (VIIe arrondissement de Paris).

 

Cinq ans plus tard, son tirage atteint 75 000 exemplaires. Le 5 janvier 1958 il change de nom pour devenir Télévision-Radio-Cinéma, le 2 octobre 1960, le numéro 559 de ce qui était devenu Radio-Cinéma-Télévision (puis Télévision-Radio-Cinéma) change son nom en Télérama (contraction syllabique des trois mots télévision, radio et cinéma).

 

telerama noel

 

En 1976, Télérama rachète le titre et les lecteurs de La Semaine Radio Télé qui n'avait pas su passer de l'âge de la radio à celui de la télévision et avait perdu une bonne partie de son lectorat.« Enfin, en 1960, on change encore quelques lettres pour Télérama, la contraction de TELEvision, RAdio, cinéMA. La télévision prenant officiellement place dans le salon des Français, on souhaite mettre sa programmation en valeur chaque semaine. En 1955, la ligne éditoriale séduit car son tirage compte plus de 75 000 exemplaires vendus. Le magazine est marqué à gauche et offre une vision spirituelle humaniste et chrétienne de la culture de l’époque. »

 

Vu du côté de France-Culture ça donne ça :

 

« Vers la fin des années soixante-dix, le journal se détache de ses influences religieuses, défend son indépendance et la sélectivité de ses choix jusque dans leurs contradictions en proposant parfois deux points de vue divergents. Peu à peu le magazine s’intéresse à tout ce qui touche à la vie culturelle, qu’elle soit politique ou sociale. *Télérama* s’enthousiasme ou s’indigne : les prises de position sont toujours fortes, les opinions déterminées. C’est aussi la marque de fabrique du magazine : exigeant et sans concessions.

 

Depuis les années 1990, le journal s’est enrichi d’enquêtes approfondies, d'études, de portraits, de reportages sur la société, sur l’actualité politique, quelle soit nationale comme internationale. Il a élargit ses champs culturels d’exploration à la scène, à la musique, au théâtre, à la danse, au design, à l’architecture ou plus récemment aux arts numériques.

 

Il a su imposer un regard différent qui garantie sa liberté de ton et lui a offert un beau succès auprès d’un lectorat particulièrement fidèle. Il se vend chaque semaine à 630 000 exemplaires et dépend du groupe *Le Monde* depuis 2003, après la prise de participation majoritaire de celui-ci dans PVC.

 

Un supplément gratuit, *Sortir*, complète le *Télérama* d’une mine d’informations locales. L’édition de la région parisienne est hebdomadaire et plus espacée pour les autres grandes villes de France. »

 

J’avoue que la ligne éditoriale de Télérama très « bonne conscience de gôche » me gonfle, le courrier des lecteurs m’énervent, alors je m’en tiens à la version électronique où je fais mon marché ça m’évite de me cailler le lait.

 

Si je continue de cotiser c’est sans doute par fidélité au Télérama qui m’a dégrossi culturellement, qui m’a guidé dans le Paris des cinémas, du théâtre, des concerts ; au Télérama qui m’a fait aimé l’opéra ; au Télérama des petits restos de Paris ; du Télérama des éditoriaux d’Alain Raimond…

 

Bref, comme ans notre pays, du moins autrefois, tout finit par des chansons, je vous offre le plus beau spécimen des chouchous de Télérama : Vincent Delerm.

 

Anna Mouglalis, toujours souveraine

Fabienne Pascaud

 

Elle a des yeux et une bouche interminables. Une chevelure intensément sombre. Elle a surtout cette voix noire de fumeuse qui se promène et traîne dans des graves infinis, fait traverser d’insondables abîmes, rauque et caverneuse. Une voix d’antique pythie, qui saurait avec détachement et grâce annoncer les pires catastrophes. Est-ce de ses origines grecques qu’Anna Mouglalis tient ses archaïques et fascinants pouvoirs ? Déjà, quand on l’avait vue débuter au théâtre en 1997, à 19 ans, dans L’Eveil du printemps, de Wedekind, mis en scène par Yves Beaunesne, on avait été saisie par cette présence fauve, lourde et aérienne à la fois, séduisante et dangereuse. Mais l’égérie de Chanel, révélée au cinéma par Claude Chabrol dans Merci pour le chocolat (2000), n’a pas eu encore la carrière qu’elle méritait. Voilà que la présidente de la République socialiste de la série Baron noir de Canal+ revient enfin embraser de sa présence entêtante cette scène où elle électrise l’espace, dans Mademoiselle Julie, de Strindberg, jusqu’au 30 juin au Théâtre de l’Atelier à Paris, intelligemment mise en jeu, en joute, par Julie Brochen. Mouglalis apporte une violence, une sensualité bouleversantes à son personnage soudain déclassé, nié, errant dans les vertiges du sexe comme de la culpabilité. Jusqu’à ce que mort s’ensuive. Elle est fracassante. Pitoyable et grandiose.

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10 juin 2019 1 10 /06 /juin /2019 06:00
Je ne sucre pas encore les fraises mais je vais vous conter la chute de la betterave sucrière en notre beau pays françois : les sucreries ferment c’est presque la Bérézina !
Je ne sucre pas encore les fraises mais je vais vous conter la chute de la betterave sucrière en notre beau pays françois : les sucreries ferment c’est presque la Bérézina !

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La betterave sucrière je l’ai découverte, au 78 rue de Varenne, avec le lobby le plus puissant, car le plus argenté, celui du sucre. La CGB, syndicats des planteurs, était présidée par Georges Garinois, 15 ans à la tête de ce puissant syndicat (1977-1992) qui, avec celui des céréaliers, dominait la FNSEA : faiseurs de présidents.

 

Say-1.jpg

 

Bref, planteurs et industriels du sucre : Béghin-Say et Saint-Louis se faisaient des couilles en or.

 

Pourquoi ?

 

Grâce au système des quotas sucriers A, B, C négocié à Bruxelles était une petite merveille de protectionnisme à la sauce libérale qui avait permis à la France de disposer l’une des plus puissantes au monde industrie du sucre.

 

Ces gens-là savaient y faire à Bruxelles comme à Paris, discrets, efficaces, pas du tout bling-bling, des pros du lobbying quoi.

 

Mais le monde change, dernier vestige de la PAC, les quotas sucriers sont tombés dans les oubliettes le 1er octobre 2017, et la surproduction mondiale, ont fait s’effondrer les cours et déstabilisé la filière betteravière européenne.

 

« Ça eut payé mais ça ne paye plus » Fernand Raynaud.

 

Les 26 000 betteraviers français y sont confrontés aujourd’hui.

 

À l’occasion de la campagne 2018 (de septembre à janvier 2019), les planteurs ont affiché des pertes de 400 à 500 € par hectare.

 

« Du jamais vu depuis cinquante ans », disait en décembre, Éric Lainé, alors président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB).

 

« C’est la première fois que les betteraviers ne couvrent pas leurs coûts de production. »

 

Filiale de Südzucker, Saint Louis Sucre va fermer, en 2020, deux de ses quatre usines en France. Cristal Union prévoit aussi l’arrêt de deux sucreries. Le numéro 1 français, Tereos a essuyé des pertes colossales au premier semestre.

 

Comme le millier de planteurs Saint-Louis Sucre de Cagny (Calvados). « L’usine la plus rentable du groupe », s’indigne Loïc Touzé, délégué syndical central FO.

 

D’autant plus incompréhensibles pour les Français que des bassins de production européens peu rentables sont sauvegardés à coup de subventions… Une douzaine de pays, aux rendements les plus faibles, ont fait le choix d’aides PAC couplés pour conserver une production de betteraves sucrières. C’est le cas en Pologne, Roumanie, Italie, Espagne.

 

Une surproduction mondiale

 

Le cours du sucre européen (dont dépend le prix de la betterave) a été divisé par deux en l’espace de deux ans. La faute à une surproduction mondiale. L’Europe, qui a mis fin aux quotas de production le 1er octobre 2017 et au prix minimum garanti, y a contribué (+4 millions de tonnes de sucre) mais beaucoup moins que l’Inde (+11 millions) ou le Pakistan (+5 millions).

 

En France, une betterave sur cinq est exportée hors d’Europe. Les vingt-cinq sucreries françaises devaient tourner à plein régime pour vendre un sucre de betterave plus compétitif vis-à-vis du sucre de canne (80 % du marché) moins cher à produire. Les durées de campagne (industrielle) sont passées de 100 à 130 jours, l’an dernier et jusqu’à 147 jours à Cagny, dans le Calvados, un record.

La maison mère, l’allemand Südzucker, a annoncé la fermeture d’ici à 2020 des sucreries de Cagny (Calvados) et d’Eppeville (Somme).

 

Fermeture de cinq des vingt-neuf usines européennes

 

C’était la stratégie pour des lendemains qui chantent. Mais patatras… Südzucker, le numéro 1 mondial du sucre, n’a pas tenu son pari. En février, il annonce la fermeture de cinq de ses vingt-neuf usines européennes. Dont deux en France, dans sa filiale Saint-Louis Sucre, à Cagny (Calvados) et Eppeville (Somme). La France paie le plus lourd tribut de la restructuration avec une baisse de production de 500 000 tonnes sur 700 000 tonnes en Europe. Südzucker avance une perte opérationnelle de sa branche sucre « de 150 à 200 millions d’euros sur l’exercice 2018-2019 ».

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Pénurie de sucre en 2019

 

Confrontés à la volatilité des prix, les betteraviers français ont réclamé de pouvoir ajuster les surfaces cultivées à la demande mondiale en sucre. Ils demandent de mettre en place « un instrument de stabilisation des revenus », c’est-à-dire un fond de mutualisation abondé par les agriculteurs, les industriels et les subventions de la PAC, « pour passer les caps difficiles. » Il aurait aussi fallu adosser le prix de la betterave sur les marchés à terme du sucre. L’interprofession n’a pas su le mettre en place à temps pour éviter les coupes claires industrielles d’aujourd’hui.

 

Pourtant les perspectives ne sont pas mauvaises pour le secteur. C’est tout le paradoxe. Si 76 % des betteraves sont transformées en sucre, 24 % d’entre elles servent à fabriquer l’éthanol. Les automobilistes français se tournent de plus en plus (+45 %) vers ce biocarburant à 57 centimes le litre. La consommation ne sera pas bridée par la nouvelle directive européenne qui n’a pas réduit le plafond d’incorporation des biocarburants de première génération dans les essences (7 %).

 

Le Brésil (40 % de l’export mondial) a décidé de consacrer les deux-tiers de sa production à l’éthanol. Certains prévisionnistes évoquent une pénurie de sucre dès 2019. Pour Sébastien Abis, directeur du think tank Demeter, la demande mondiale de sucre n’est pas près de se tarir. Elle devrait passer « de 185 millions de tonnes à 225 millions d’ici à 2030, avec l’avènement d’une nouvelle classe moyenne en Asie et en Afrique ».

 

Petite histoire de la betterave sucrière

 

Dès la fin du 16ème siècle, simple curiosité de botaniste, Olivier de Serres observait que la betterave  possédait un jus qui, en cuisant, ressemblait au sirop de sucre issu de la canne.

 

C’est en 1747, qu’en Allemagne, Andréas Sigismund Marggraf parvenait pour la première fois à cristalliser, en laboratoire, du sucre de betterave et ce fut François Charles Achard qui consacra sa vie scientifique à appliquer industriellement la découverte. « En 1799, il produit des pains de sucre, comparables à ceux issus de la canne et en 1801, il crée la première fabrique de sucre de betterave du monde, en Silésie. »

 

Au début du XIXème siècle une véritable « saccharomanie » s’empare, en Europe, des  chimistes, pharmaciens, agronomes qui, tous essayent d’extraire du sucre à partir de la betterave.

 

« Au cours de la première décennie du XIXème siècle, les deux premières fabriques métropolitaines sont établies en région parisienne à Chelles et à Saint-Ouen. D’autres fabriques sont créées dans la Somme, dans l’Aisne et le Pas de Calais. La naissance de la sucrerie de betterave est donc l’aboutissement d’un long processus de maturation scientifique et intellectuelle, concrétisant une idée qui était « dans l’air » depuis plusieurs années.

 

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Mais c’est le blocus continental, instauré en 1806 par Napoléon 1er, qui va engendre une guerre économique contre le commerce anglais et rendre nécessaire le remplacement des produits coloniaux, comme le sucre de canne.

 

« En 1811,  Le Ministre Montalivet  présente à Napoléon 1er des pains de sucre, fabriqués par le chimiste et pharmacien de l’Empereur, Deyeux.

 

Napoléon, voulant  favoriser le développement de cette production et avec l’influence décisive du chimiste Chaptal, signe le 25 mars 1811 un décret ordonnant la mise en culture de 32 000 hectares de betterave.

 

La suite ICI

 

Sur les pistes de l'or blanc (le sucre)

Revue Reliefs n°7, 2018

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«Un roseau donnant du miel sans le concours des abeilles» c’est ainsi que Néarque, compagnon d’Alexandre le Grand, caractérisa la canne à sucre au IVe siècle av. J.-C. lors d’une expédition en mer des Indes. Depuis, la saveur sucrée flatte le palais des femmes et des hommes un peu partout sur le globe. La denrée rare et précieuse que l’on achetait à Madère au XVe siècle a aujourd’hui perdu de sa valeur. Mais l’avenir du sucre reste prometteur : de la chimie à l’énergie, cette ressource renouvelable offre des solutions durables.

 

ICI

 

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9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 07:00
Brèves de lavoir (3) Equus François Perrier Théâtre d'Orsay - 04-11-1976

Avec la vieillesse la mémoire longue resurgit à des moments étranges, alors que j’étais couché je reçois un message « j’ai beaucoup aimé ta chronique sur la pièce de Koltès »

 

Ça me ravi, bien sûr, et sitôt, tel un polichinelle de sa boîte, resurgit dans ma tête le souvenir d’Equus le grand texte de Peter Shaffer, créé à Londres en 1973 et qui fut monté à Paris en 1976, mis en scène par John Dexter, Riggs O'Hara ; adaptation de Matthieu Galey ; décors de John Napierpar au théâtre d’Orsay.

 

François Perrier, était Marlin Dysart le psychiatre

 

J’y étais.

 

Ce fut ma première grande émotion au théâtre.

 

Le plus fort de la pièce repose sur le duel psychanalytique passionnant entre un adolescent qui a crevé les yeux de six chevaux et le psychiatre chargé de le libérer de ses traumas. Cet affrontement, explore les thèmes de l'animalité, de la religion et de la sexualité. 

 

Equus  film américano-britannique réalisé par Sidney Lumet sorti en 1977. Avec Richard Burton.

 

Il s'agit d'une adaptation de la pièce de théâtre du même nom de Peter Shaffer.

 

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9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 06:00
L’appoggio, le fiato,  Rossini qui s’amusait en composant, Verdi dont les mélodies sont orgasmiques, Puccini dont les mélodies s’envolent, te maintiennent en suspension tout en haut… Le Théâtre des merveilles de Lluis Llach

Mon ami Jean-Louis Argelliès, catalan de Perpignan, m’a fait découvrir Lluis Llach alors que nous étions coopérants à Constantine.

 

« Lluis Llach a été très connu en France à partir de son exil à Paris, on lui sait gré ici d’admirer Brel et Ferré. Mais, en Catalogne, c’est plus que l’interprète numéro un. Il passait pour l’incarnation du pays quand celui-ci ne pensait pas à en devenir un.

 

Retour en arrière. Nous sommes en 1968. Les jambes flageolantes et les yeux mi-clos, Lluís Llach effectue ses débuts sur scène, dans la province de Barcelone. Un an plus tard, il compose «L’Estaca» (le pieu), un appel à l’unité pour lutter contre l’oppression franquiste. Le régime met un an à interdire la chanson. Trop tard. «L’Estaca» est déjà devenue un symbole. En concert, il suffit à l’artiste de composer les premières notes pour que le public entonne les paroles. Lluís Llach a à peine 20 ans et son aura dépasse déjà les frontières ibériques.

 

Son zénith, le rassemblement, en 1985, de 120000 personnes dans le plus grand stade de Barcelone.

 

Il fédérait un catalanisme qui a toujours présenté des facettes très diverses. Il y avait la bourgeoisie libérale qui jugeait que Madrid entravait sa capacité d’initiative. Il y avait le clergé qui défendait le particularisme culturel comme un levier. Il y avait aussi la tradition anarcho-syndicaliste dont le rôle fut si important dans les années trente. C’est d’elle qu’à la vérité, Lluis Llach se sent le plus proche. On le sent nettement aujourd’hui. »

 

Puis j’ai découvert et lu avec un grand plaisir ses deux premiers romans Les yeux fardés et Les femmes de la Principal chez Actes Sud.

 

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Le dernier Le Théâtre des merveilles, acquis un samedi matin dans une nouvelle librairie Le livre écarlate 31 rue du Moulin Vert, est d’une autre facture : « Lluís Llach emporte le lecteur dans la vie d’un théâtre durant la guerre civile puis la dictature franquiste. Jouant de la distance avec son protagoniste, un baryton célèbre, Le théâtre des merveilles, se présente comme une fausse autobiographie et offre alors une réflexion sur la musique sans pesant symbolisme. »

 

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C’est un grand roman populaire.

 

Le chant devient une façon d’approcher un au-delà des mots, « cette chose intime que les hommes ne connaissent pas bien et qu’ils appellent âmes. »

ICI 

 

J’ai choisi de vous faire lire les premiers pas de l’apprentissage de Roger Ventós, qui va devenir un  fabuleux baryton que se disputeront les plus grandes scènes du monde. (voir en fin de chronique)

 

Le maître Barrera  considéra un jour que le garcon avait appris et compris ce que signifiait l’appoggio… c’est alors qu’il décida d’entamer un virage fondamental dans la formation : aborder le répertoire. Et les merveilleuses canzonette italiennes laissèrent la place aux arias d’opéra.

 

Le maître avait préparé ce passage en toute conscience et il lui fit étudier toujours une liste des arias du même compositeur, sans les mélanger. Il espérait qu’à la longue Roger aborderait les difficultés de leur interprétation de façon différente selon le musicien. Car si Roger réussissait à pénétrer dans l’esprit musical du compositeur, il pourrait les chanter d’autant mieux.

 

Suivant cette méthode, le vieux professeur décida qu’il étudierait en premier les arias de Gioacchino Rossini, Maître Barrera pensait que, « chez Gioacchino Rossini, il existe un esprit qui épure le chant », puis il ajoutait : « C’est le seul compositeur de l’époque qui s’amusait en composant. C’est probablement pour cette raison qu’il semble diaphane et apparemment facile à jouer pour l’auditeur », mais il changeait vite de ton et regardait le garçon d’un air sévère : « Oui, facile pour qui l’écoute, mais le chanteur, lui, sang et eau, pour chanter correctement. »

 

Plusieurs mois s’écoulèrent à étudier seulement le répertoire de Gioacchino Rossini. Roger, tout comme le compositeur, s’amusait avec ses arias, mais il devait affiner la diction, bien placer  son diaphragme, passer d’une tessiture à l’autre lorsqu’on s’y attendait le moins et apprendre trois ou quatre techniques vocales qu’il ignorait encore.

 

Un beau matin, le maître lui dit :

 

  • À présent que tu es bien Gioacchino Rossini, on va passer au répertoire de Giuseppe Verdi. Giuseppe Verdi est plus transcendant, pontifiat-il. Il se prenait beaucoup plus au sérieux que Gioacchino Rossini, du moins c’est ce que je pense. C’est un compositeur qui s’est engagé pour l’indépendance et l’unité de l’Italie. On pourrait dire de lui qu’il a composé sa musique pour une nation nouvelle. Il est mort très vieux et très respecté. C’est un des plus grands, Roger.

 

D’emblée, l’élève trouva ces circonstances considérablement intéressantes, mais découvrir ensuite la beauté des mélodies de Giuseppe Verdi fut pour lui quelque chose de merveilleux, de presque orgasmique… et d’une extrême difficulté. La hauteur du chant, l’exigence des rôles mettaient la voix à l’épreuve, le fiato

 

Barrera, qui surveillait toujours la moindre évolution de son élève préféré, observa de quelle façon, en finissant le répertoire de Giuseppe Verdi, le garçon avait mûri, de l’extérieur et de l’intérieur. Ça se sentait à sa voix.

 

Finalement, et comme s’il s’agissait d’un barreau de plus sur l’échelle des difficultés, il lui fit chanter du Giacomo Puccini.

 

  • Des trois, c’est le plus moderne, lui assura-t-il. Fais attention, car celui-là est dangereux pour nous les chanteurs. Il faut contrôler au maximum son diaphragme et le fiato. Avec lui, on ne chante pas des notes, mais des lignes, car ses mélodies s’envolent, s’envolent, te maintiennent en suspension tout en haut, et si jamais, en plein milieu, tu ne maintenais pas l’appogio en tension, si tu devais manquer d’air, alors la chute te rendrait absolument ridicule !

 

L’Appoggio – la respiration intercostale

 

L’Appoggio, ou la respiration latérale est considérée comme la voie royale pour une bonne gestion de la respiration. C’est une extension du processus de respiration instinctive, qui repose sur la plasticité du diaphragme.

 

« L’appoggio – de l’italien appoggiare qui signifie « s’appuyer », « être en contact » ou encore « soutenir » – est une technique respiratoire qui implique de ralentir la descente du diaphragme pour une meilleure gestion du souffle, de manière à étirer le cycle de la respiration pendant le chant.

 

ICI 

 

Le fiato = le souffle.

 

Roger Ventós, le fabuleux baryton que se disputent les plus grandes scènes du monde, voit le jour en 1939 à Sète, fruit de l’étreinte éphémère sur les plages d’Argelès entre un tirail-leur sénégalais et une anarchiste espagnole exilée. Pour elle, ex-machiniste de théâtre dans l’ardente capitale catalane, s’ouvre une ère de privations et de solitude, à toujours tirer le diable par la queue, mais la musique est là qui va sauver l’enfant. À l’adolescence du garçon, sa mère est frappée par un mal incurable et l’envoie à Barcelone afin qu’il soit élevé par son oncle dans les coulisses du cabaret où elle a elle-même grandi : le Théâtre des merveilles. Entre mécanismes magiques, décors extravagants et danseuses légères, c’est là, parmi les membres bigarrés de la troupe, qu’il se découvrira une famille aimante pour l’aider à cultiver son inestimable don pour le chant ; et c’est de là qu’il partira conquérir le monde.

 

Vie et mort d’un théâtre, crime passionnel, amours interdites, feu sacré de la vocation, portrait saisissant des années de guerre civile et de dictature, Lluís Llach, avec une légèreté de ton toute nouvelle, met merveilleusement en scène, dans ce troisième roman, les deux combats de sa vie : la liberté et la musique.

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8 juin 2019 6 08 /06 /juin /2019 06:00
Pour PAX né à Metz 1 histoire qui n’intéresse personne d’Alphonse Barthel, prisonnier au camp de Metz-Queuleu en 1944

Lorsque je vais dans des dégustations de vins qui puent des lecteurs de mon blog me demandent : « Mais qui est ce Pax ? »

 

Je réponds : « la mouche du coche ! »

 

À leur « mais encore ? », en attente de son curriculum-vitae je bafouille les maigres détails en ma possession.

 

Ce que je sais, c’est qu’il est né à Metz.

 

Comme j’ai un autre lecteur fidèle : Xavier Jungmann, lorrain exilé en Bourgogne, qui m’envoie de temps à autre des informations économiques, j’en profite pour faire une pierre deux coups.

 

C’est une page d’Histoire.

 

À 14 ans, il refuse de rentrer dans la Hitlerjugend. À 18 ans, il décide de fuir pour ne pas rentrer dans les SS. Alphonse Barthel sera enfermé au Fort de Metz-Queuleu en 1944. Des petits actes de résistance, qui le conduiront à être torturé et condamné à mort. Rencontre en cette fin mai 2019.

 

"Vous savez Monsieur, je n’ai pas grand-chose à raconter à ce sujet, mon histoire n’intéresse personne. J’ai simplement eu beaucoup de chance" m’explique Alphonse Barthel.


Cette phrase, il la répétera à maintes reprises au cours de l’entretien.
 


 

L'homme de grande taille, élégant, habillé d’un costume, cravate, chaussures cirées, la moustache bien taillée et les yeux bleus océan, ne paraît pas avoir 93 ans. "Je soigne mon alimentation, je mange beaucoup de légumes. Il y a encore deux ans, je cavalais comme un lapin" sourit-il.

 

Il peut courir, car pendant longtemps on l’a retenu prisonnier.

 

Comme 1.800 autres hommes et femmes, Alphonse Barthel a été enfermé au camp d'internement de Metz-Queuleu en 1944. Trois mois en enfer, pour un refus, un acte de résistance, qui le conduira dans l’obscurité, livré au sadisme des nazis.

 

Un homme amoureux de sa patrie

Près de la petite table, Alphonse Barthel se tient droit, l’histoire qu’il s’apprête à raconter l’a pourtant fait plier à plusieurs reprises.

 

Messin d’origine, né en 1926, Alphonse Barthel vit dans le quartier du Sablon, entouré de ses neuf frères et sœurs.

Petit, il se voyait dans l’armée. "Mon frère me disait toujours "Tu pourrais devenir enfant de troupe", c’était des jeunes qui après 14 ans suivaient une formation militaire. Mais ils n’avaient pas besoin de m’endoctriner. J’étais fin fou. Je ne loupais  pas un défilé militaire sans y être. La France, c’était tout pour moi…" explique-t-il fièrement.

 Les allemands se comportaient comme des seigneurs

 

- Alphonse Barthel, prisonnier au camp de Metz-Queuleu en 1944

 

La suite ICI 

 

Cette chronique est le parfait exemple de mon goût immodéré pour profiter du travail des autres…

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7 juin 2019 5 07 /06 /juin /2019 06:00

Noël Mamère et celui qu'il souhaite voir prendre sa suite le conseiller municipal vert Clément Rossignol - Photo : Sebastien Ortola -Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Souvenir du temps où, certains matins à la fin des années 70, à bicyclette, me rendant de mon domicile à mon travail au 232 rue de Rivoli, à l’Office des vins de table, je croisais à l’angle du boulevard Raspail, aux feux tricolores face au Lutetia, Noël Mamère lui aussi juché sur un vélo.

 

Lui se rendait dans les studios de la 2 au 13-15 rue Cognacq Jay.

 

Je croisais aussi, souvent au même endroit, l’icône des années Giscard, Alain Duhamel, enveloppé dans son imper mastic genre Colombo, coiffé d’un casque brun de jockey, il chevauchait un antique solex qui peinait à le conduire lui aussi dans les studios de la télé.

 

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Mamère et moi sommes de la même classe, des baby-boomers de 48.

 

En juin 1988, il est élu comme suppléant du député socialiste de la 10e circonscription de Gironde, Libourne, Gilbert Mitterrand.

 

En 1989, il est élu maire de Bègles à la tête d'une liste « majorité présidentielle », contre le sortant communiste soutenu par les instances départementales du Parti socialiste et réélu jusque-là. Il échoue toutefois à se faire élire député lors d'une législative partielle (causée par la démission de Catherine Lalumière) le 25 juin 1989 dans la 3e circonscription de la Gironde. Il échouera dans la même circonscription en mars 1993 sous l'étiquette écologiste.

 

En 1990, il crée avec Brice Lalonde Génération écologie (GE). Deux ans plus tard, il devient vice-président et porte-parole national de Génération écologie. En 1994, il quitte Génération écologie, à la suite du virage centriste de ce parti entamé sous l'impulsion de Brice Lalonde, et fonde Convergences écologie solidarité dont il devient le président. Cette même année, il est élu député européen sur la liste de Bernard Tapie, tête de liste « Énergie radicale », jugeant qu'il faut développer un véritable courant écologiste de gauche.

 

En 1997, il est élu député de la 3e circonscription de la Gironde et siège dans le groupe radical, citoyen et vert (constitué par les députés du PRG, du MDC et des Verts). En 1998, il adhère, avec l'ensemble de son mouvement, au parti écologiste Les Verts. Il est réélu député en 2002, il siège alors parmi les non-inscrits, les Verts n'ayant pas assez d'élus (trois) pour pouvoir former un groupe.

 

Lors de la primaire présidentielle des Verts de mai et juin 2001, il arrive en tête du premier tour avec 42,8 % des voix, puis est battu de peu au second tour par Alain Lipietz, qui obtient 50,3 %. Cependant, le 13 octobre 2001, à la suite d'une prise de position controversée sur l'amnistie des nationalistes corses, Alain Lipietz est évincé du poste de candidat lors d'un référendum interne. Noël Mamère, pressenti pour reprendre le titre de candidat annonce alors son refus catégorique : « Ma décision de ne pas me présenter est irrévocable, et rien ne pourra me faire changer d'avis. ». Mais après le refus de Dominique Voynet d'être à nouveau candidate, Noël Mamère est désigné pour remplacer Alain Lipietz par le conseil national des Verts, le 14 octobre suivant, par 70 voix contre 29. Le 29 octobre 2001, un second référendum interne approuve sa nomination à plus de 80 % des voix.

 

Après avoir obtenu 5,25 % des voix au premier tour de l'élection présidentielle de 2002, il appelle à voter pour Jacques Chirac, afin de barrer la route à Jean-Marie Le Pen au second tour. Il est le premier (et à ce jour le seul) candidat écologiste à avoir dépassé le score de 5 % lors d'un tel scrutin.

 

J’arrête là.

 

Un parcours certes un peu tortueux, son passage sur la liste Tapie montée à l’instigation de Tonton pour faire un croche-pied à Rocard m’est toujours resté au travers de la gorge, mais sans contestation arrimé à des convictions écologiques incontestables.

 

C’est dans le marigot vert un vrai politique à l’ancienne.

 

Je n’ai jamais eu beaucoup d’attirance pour ce mouvement politique hétéroclite, gauchiste, parfois sectaire, même si mes préoccupations environnementales auraient pu m’attirer vers eux.

 

Et puis, lorsque le PS à la sauce molle de Hollande pimentée par ses frondeurs, Hamon et Montebourg en tête, s’est dissous dans ses contradictions, Hamon soutenu par Jadot creusant le trou, et que Macron a ramassé la mise, le vieil électeur socialiste que je fus, à la fin sans enthousiasme, par fidélité, s’est retrouvé face au champ de ruines.

 

Surgissent les européennes où Wauquiez et Mélenchon furent aussi balayé via leurs pâles candidat(e)s et que surgit Jadot enfant de l’effet glyphosate. ICI

 

J’ai envoyé un SMS à Isabelle Saporta : « Dominer sa victoire ! »

 

Et puis patatras Jadot déclare : « Nous voulons conquérir et exercer le pouvoir » ICI 

 

Étonnant cette saillie, comme si auparavant les Verts n’étaient là que pour faire joli, grappiller quelques circonscriptions aux hiérarques du PS comme savait si bien le faire Duflot.

 

  • Comment va se faire le dépassement d’EELV dont David Cormand (secrétaire national) a parlé, cette nouvelle force politique que vous voulez construire ?

 

Il est absurde qu’il y ait différents partis écolos qui se fassent concurrence. Il faut créer la structure qui va rassembler la liste Urgence écologie, le Parti animaliste.

 

  • Avec Génération.s ou La France insoumise qui sont aussi écolos ?

 

Pour moi, ce ne sont pas des partis écologistes. Mais leurs militants, comme tous ceux qui se retrouvent dans les valeurs de l’écologie, sont les bienvenus s’ils souhaitent, avec nous, construire une société écologique et apaisée.

 

  • Avez-vous proposé à Nicolas Hulot de venir ?

 

On sort à peine de la campagne, mais il y aura sa place, bien sûr.

 

Là les bras m’en tombent, que Jadot prenne les insoumis avec des pincettes, je comprends, Mitterrand a bien fait alliance avec les cocos de Marchais, mais du côté du résidu du PS, le Hamon qu’il a soutenu à la présidentielle c’est vraiment étonnant.

 

Déjà aux européennes fallait avaler le boulet Rivasi alors avec les animalistes chers à l’ancienne patronne des patrons Laurence Parisot, ce brave Jadot tombe dans le grand n’importe quoi.

 

Et puis, Noël Mamère, maire de Bègles de 1989 à 2017 et député écologiste de 1997 à 2017 surgit de sa boîte :

 

TRIBUNE

 

« L’écologie “identitaire”, conçue comme seule réponse, est un rêve irresponsable »

 

Dans une tribune au « Monde », l’ex-candidat Vert à la présidentielle de 2002 presse les écologistes de ne pas cultiver une autonomie qui passerait par l’ignorance des autres forces de gauche.

 

Pour la génération d’écologistes à laquelle j’appartiens, longtemps considérée comme annonciatrice de l’apocalypse et accusée, entre autres, de refuser un « progrès » soi-disant bienfaiteur de l’humanité, ce qui s’est passé le 26 mai est à la fois un aboutissement et le début d’une histoire qui reste à écrire.

 

La surprise des observateurs politiques et des instituts de sondages devant ce bon résultat des écologistes est à la mesure de leur conformisme idéologique. Tout à leurs commentaires et débats d’experts sur le duel Macron-Le Pen et à leurs réflexes de classe embarrassés sur le mouvement des « gilets jaunes », ils n’ont pas vu entrer l’écologie dans la société. Alors qu’elle était en train de remporter une victoire culturelle, ils regardaient ailleurs.

 

Il aura fallu la démission fracassante de Nicolas Hulot, en forme de réquisitoire, pour que tout ce petit monde se réveille. Du jour au lendemain, les marches et les grèves des lycéens et lycéennes pour le climat, les actions en justice et autres initiatives de désobéissance civile non violente de la « génération climat » ont eu droit de cité dans les journaux télévisés et les magazines. Greta Thunberg est même devenue l’icône planétaire dont les médias se régalent… avant de s’en lasser !

 

L’écologie est devenue le paradigme politique du XXIe siècle

 

Quant aux rapports d’experts, aux alertes des scientifiques de plus en plus nombreuses et alarmistes sur les conséquences du désordre climatique pour nos propres générations, aux chiffres effrayants sur la chute de la biodiversité, ils sont enfin pris au sérieux.

 

Au point que la question taboue de « l’effondrement » – dont il ne fallait surtout pas parler en raison de son caractère « anxiogène » – est devenue « tendance ». Parce que la succession des canicules, des sécheresses, des tornades, des inondations et de tous ces épisodes climatiques d’une violence inédite sous nos latitudes entraîne des effets psychologiques déstabilisants sur les populations, qui renforcent leur vulnérabilité.

 

Ainsi, après des années d’ignorance et de mépris, l’écologie est-elle devenue le paradigme politique du XXIe siècle. Comme si la pyramide s’était inversée : l’écologie incarne désormais le réalisme face aux désordres du monde et le libéralisme sans frein, défenseur du statu quo, est relégué dans le camp des utopistes.

 

Il existe donc bel et bien, aujourd’hui, une conscience écologique planétaire, capable de faire vaciller les tenants du dogme de la croissance et du progrès à n’importe quel prix. La bataille sera difficile, brutale peut-être, mais le rapport de force est beaucoup plus équilibré qu’hier (cf : les victoires contre Bayer-Monsanto). C’est la bonne nouvelle de ce début de siècle. Parce que « nous n’avons qu’un seul monde », comme le dit l’un de nos slogans préférés, une majorité de ses habitants est aujourd’hui décidée à ne pas le laisser dépendre des appétits de multinationales à la voracité insatiable.

 

C’est sur ce « terreau-là » que la liste Europe Ecologie-Les Verts, conduite par Yannick Jadot sur une ligne d’autonomie, a réalisé le score que l’on sait et créé la surprise de cette élection européenne qui ne ressemble à aucune autre, en raison de son taux de participation et de « l’effondrement » de la droite et du Parti socialiste, qui structuraient le débat politique français depuis des décennies.

 

Dans ce contexte, les 13,5 % d’EELV ont une tout autre dimension politique que les 16,8 % de 2009. Troisième force du pays et premier parti de toutes les gauches, les écologistes sont devant une responsabilité historique, puisque aucun rassemblement alternatif aux politiques libérales ne peut se faire sans eux.

 

Relever le défi de l’alternative écologique et sociale

 

Soit ils décident de camper sur leur Aventin en cultivant une « autonomie » qui passe par l’ignorance des autres forces de gauche pourtant prêtes à se rassembler sur un projet à dominante écologique, soit ils ont la victoire généreuse, et ils prennent au plus vite les initiatives qui vont permettre de redonner du souffle et de l’espoir à toutes celles et ceux qui ne veulent pas se résigner à un face-à-face Macron-Le Pen.

 

Agir ainsi n’est pas sombrer dans la « tambouille politicienne », mais, au contraire, accepter de relever le défi de l’alternative écologique et sociale, ce qui est peut-être moins confortable politiquement, mais qui s’inscrit dans un projet historique dont les écologistes peuvent être le moteur. Car ils le savent bien, malgré leurs effets de manche, ils ne changeront pas le monde seuls sous leur panache vert.

 

L’écologie ne doit pas céder au « complexe Mélenchon », qui pensait incarner la gauche à lui tout seul

 

Voilà pourquoi je dis à Yannick Jadot, dont les récentes déclarations et interviews me glacent, que ce n’est pas le moment de se laisser griser par l’ivresse des cimes – à la hauteur toute relative au regard de l’urgence écologique, démocratique et sociale –, au risque de lourdes déconvenues, mais d’expliquer aux victimes des « fins de mois » difficiles aux allures de « fin du monde » que la lutte contre la malbouffe, pour l’agriculture bio et locale, pour l’isolation des logements, pour les mobilités, pour la mixité sociale, contre les perturbateurs endocriniens, etc. est le meilleur outil pour en finir avec ce cumul obscène des injustices sociales et environnementales qui affecte les plus vulnérables de nos sociétés.

 

C’est apporter la preuve par l’écologie populaire que notre projet est d’abord au service de ceux qui souffrent le plus des inégalités et qui ont perdu l’estime d’eux-mêmes, vite transformée en haine de l’autre.

 

Jamais dans notre pays et, aujourd’hui, quelques autres en Europe, l’écologie n’avait rencontré une telle occasion politique de démontrer sa capacité à conduire la transformation du modèle dominant en un projet à hauteur d’homme. Elle ne doit pas manquer ce rendez-vous en cédant au « complexe Mélenchon », qui pensait incarner la gauche à lui tout seul. L’écologie « identitaire », conçue comme la seule réponse aux maux de ce monde en péril, est un rêve irresponsable qui peut vite tourner au cauchemar politique.

 

Proposer une nouvelle alliance écologique et solidaire

 

L’urgence et la responsabilité exigent des écologistes qu’ils fassent le premier pas vers leurs alliés naturels pour leur proposer une nouvelle alliance écologique et solidaire capable de redonner espoir aux enfants de ce siècle, qui nous en veulent beaucoup d’avoir cédé à nos égoïsmes.

 

Ils devraient méditer cette phrase de Scott Fitzgerald dans Gatsby le Magnifique : « Apprenons à montrer notre amitié aux gens pendant qu’ils sont vivants et non quand ils sont morts ! » A bon entendeur…

 

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6 juin 2019 4 06 /06 /juin /2019 13:55

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La nouvelle est tombée en début d’après-midi sur mon télescripteur : Charcuterie et gratin de ravioles : le couple Macron s’invite à dîner en toute discrétion à Caen.

 

Qui plus est, dans un bar à vins, où ils ont bu un barolo.

 

Encore un mauvais coup des lobbies de la charcuterie et du jaja réunis.

 

Le sénateur UDI Pierre Médevielle, a affirmé lundi 13 mai que le glyphosate était « moins cancérogène que la charcuterie ou la viande rouge qui ne sont pas interdites ».

 

Les cavistes alternatifs déjà sous le coup de la débâcle de Mélenchon vont crier au complot du lobby du glyphosate.

 

Les deux associés du Mooky’s n’en reviennent toujours pas. Mercredi 5 juin, le couple présidentiel a débarqué pour dîner dans leur restaurant à vins, à l’improviste et à l’abri des regards, à Caen. Désormais, la table du haut, côté fenêtre, s’appelle la « table du président ».

 

« Une équipe est venue repérer les lieux vers 18 h 30. On pensait que ce serait pour le préfet. » Jacques, un des deux associés du Mooky’s avec Yann, s’apprêtait à quitter le service à vélo, mercredi 5 juin, quand il a vu s’avancer à pied le couple présidentiel, Brigitte et Emmanuel Macron, venu à Caen pour les commémorations de la Bataille de Normandie.

 

Les deux associés du Mooky’s n’en reviennent toujours pas. Mercredi 5 juin, le couple présidentiel a débarqué pour dîner dans leur restaurant à vins, à l’improviste et à l’abri des regards, à Caen. Désormais, la table du haut, côté fenêtre, s’appelle la « table du président ».

 

« Une équipe est venue repérer les lieux vers 18 h 30. On pensait que ce serait pour le préfet. » Jacques, un des deux associés du Mooky’s avec Yann, s’apprêtait à quitter le service à vélo, mercredi 5 juin, quand il a vu s’avancer à pied le couple présidentiel, Brigitte et Emmanuel Macron, venu à Caen pour les commémorations de la Bataille de Normandie.

 

Entouré d’une petite dizaine de personnes, une photographe et des membres de la sécurité, le couple s’est installé à l’étage, côté fenêtre, de 21 h à 22 h 20, rue de la Fontaine, un petit axe discret situé juste derrière les Galeries Lafayette, à deux pas de l’hôtel de la préfecture, où le couple a passé la nuit et prévu de déjeuner avec Donald Trump, ce jeudi 6 juin.

 

La suite ICI  

 

Comme je suis d’esprit conciliant je propose au Président, et madame, de venir s’offrir une planche de charcuterie dans une cave qu’aime bien Me Morain qu’est copain avec Marlène Schiappa, pour découvrir les vins nu. J’inviterai aussi Jadot et sa compagne pour tailler une petite bavette autour d’une quille de vin qui pue.

 

À bientôt !

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6 juin 2019 4 06 /06 /juin /2019 06:00
Petit rapporteur je fus en 1 temps que les jeunes ne peuvent pas connaitre, vous comprendrez donc que je goûtasse avec délectation les recommandations de « monsieur bulles » Guénaël Revel

J’adore l’imparfait du subjonctif !

 

J’espère que vous le goûtassiez aussi et que comme les adhérents de la Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de Crémant, réunis en assemblée générale le vendredi 24 mai 2019 que nous le goûtassions ensemble.

 

J’ai une grande expérience des AG agricolo-viticole, je m’en suis tapés une flopée.

 

Afin d’agrémenter la séance, les rapports divers et variés prévus par les statuts ne sont guère bandants, le président (pas de féminin) et son bureau se creusent le ciboulot pour dénicher un harangueur en capacité d’apporter la dose de piments réveillant les congressistes en proie à une somnolence postprandiale.   

 

Selon leurs moyens c’est soit grosse pointure, soit un second couteau, soit dans nos temps post-modernes un petit gars qui sait manier la glose marketing comme Rafael Nadal sa raquette.

 

Tel fut le cas à cette AG  de la Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de Crémant, le dénommé Guénaël Revel, auteur et journaliste spécialisé dans les vins effervescents, leur a délivré 1 série de recommandations canons.

 

« Vous produisez parmi les meilleurs vins effervescents du monde, mais le problème est que vous ne le savez pas et que vous ne savez pas le vendre » a-t-il déclaré en guise de préambule.

 

Et prenez ça dans la tronche, le petit gars installé à Montréal qui jouit du petit nom de « monsieur bulles » a fait du Djokovic.

Dire qu’il a tort serait de ma part ironiser à bon compte mais j’ai décelé de suite une faille énorme dans son raisonnement : tout ce brave et petit monde des crémants frenchies écoule ses bulles sur notre vieux marché domestique, via la GD et les particuliers.

 

Qui y-a-t-il face à eux dans les bulles ?

 

Ben le seigneur champagne qui impose avec ses bulles premier prix un plafond auquel se cogne, sauf des exceptions liées à de belles signatures, nos braves et bons crémants.

 

17 décembre 2018

 

Le champagne « populaire » existe je l’ai rencontré en GD pas la peine de se payer une boîte de sardines à l’huile ou un œuf dur pour aller avec… ICI 

 

Le positionnement prix ne se décrète pas dans notre France où les marques de vins tranquilles ou effervescents comptent pour peanuts.

 

Alors le couplet sur les niveaux de prix de vente des crémants, qu'il considère insuffisants : « Trouver des bouteilles à 8€, voire moins, m'offusque. Vous envoyez le message que le crémant est un vin accessible et vous perdez en crédibilité ».

 

S’offusquer est un beau sentiment mais ça ne change rien au film.

 

Tandis qu'aux Etats-Unis un mousseux « prestige » se valorise 55$, une cuvée de crémant du même niveau dans la gamme est vendue à 12€ en France.

 

« A ce prix, vous êtes moins cher qu'un prosecco DOCG », a-t-il aussi rappelé.

 

Autres exemples donnés : celui du mousseux « Raventos i blanc », vendu environ 30€ le col et qui « marche très bien », ou encore celui des effervescents californiens valorisés en moyenne 25$ aux Etats-Unis : « Ils se vendent mieux que vous malgré des prix élevés », a-t-il insisté pour mieux convaincre. Le journaliste a également préconisé un élargissement des gammes tarifaires pratiquées, en créant des écarts plus importants entre les prix d'entrée et les cuvées « prestige » qui « devraient valoir au minimum le double ».

 

Ben oui, tout ça c’est connu, j’ai trop vécu le bal des marqueteurs à Limoux jouant  ce même refrain à l’envi pour affirmer que c’est bien joli mais comme le disait Chaban de la société française le foutu marché domestique gaulois s’en tamponne le coquillard.

 

Pour le reste des objurgations de monsieur Bulles :

 

  • « Communiquer davantage sur l'image « France, son art de vivre, sa gastronomie », qui restent reconnus et continuent de faire rêver partout dans le monde : « Elle n'est pas suffisamment véhiculée, estime Guénaël Revel. Il faut la vendre et la rendre visible sur les étiquettes, avant celle la région, par exemple par un logo, un drapeau ». 
  • Promouvoir leurs bulles en lien avec la cuisine locale : « Vos crémants se comportent bien à table, proposez plus d'événements gastronomiques avec leurs produits ». Constatant des étiquettes de crémants trop « vieillottes », les packagings des bouteilles doivent aussi selon lui être modernisés. 
  • le RoyaumeUni, qu'il conseille de cibler: « c'est un marqueur et un fossoyeur de mode. Demain, les consommateurs anglais passeront à autre chose que le prosecco. C'est un pays fiable, précis, esthète, à attaquer absolument pour les crémants ». 
  • La solidarité et la collectivité, clés de la réussite d'un vignoble : Guenaël Revel a pointé du doigt le manque de solidarité à l'intérieur même de chaque vignoble, entre producteurs, qui n'arrivent pas à se fédérer pour porter un message groupé et qui se voient comme concurrents.  « Or le concurrent n'est pas votre voisin ou la région voisine qui élabore aussi du crémant. Il se trouve en Italie, en Allemagne, en Espagne », at-il expliqué. Et de citer comme exemple la bataille qui oppose les deux syndicats de la Clairette de Die et du Cerdon au sujet de la clairette rosée. « On a assisté à une vétille typiquement gauloise qui fait sourire la concurrence hors de France », rapporte-t-il.

 

Vu mon grand âge, touché par les derniers sédiments de la charité chrétienne amassés dans ma jeunesse vendéenne, je me contenterai de souligner que ça a la couleur, l’odeur, la saveur des prêches des missionnaires venant en chaire tenter de raviver la foi des fidèles. En pure perte, les paroissiennes écoutaient avec ferveur, les paroissiens en profitaient pour roupiller, ça faisait plaisir au curé mais ça n’a pas empêché les églises de se vider.

 

Le faire plutôt que le dire, ça fait 20 ans que tel sœur Anne je guette et je ne vois rien venir.

 

« J’ai toujours voulu que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire. »

Henri BERGSON

 

Qui est Monsieur Bulles ? ICI

 

guenael-revel-2016

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