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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 00:09

En Une du Parisien Dimanche même pas le Tour de France mais un gros titre « Alcool chez les Jeunes »  L’alerte « Selon de récentes études, 25% des jeunes de moins de 17 ans ont des ivresses répétées. Un constat qui alarme les spécialistes en addictologie qui pointent du doigt la publicité pour les alcools qui fleurissent sur Internet. »

 

« Boire de l’alcool est-il en train de devenir le geste symbole de la cool attitude chez les jeunes ? Alors que les vacances commencent et que les apéros géants vont se multiplier sur les plages et les campings, plusieurs spécialistes de santé publique tirent la sonnette d’alarme devant le phénomène. Le docteur Olivier Phan, psychiatre au centre Emergence à Paris, spécialisé dans les addictions, note que « boire un coup pour faire la fête est tout à fait normal, mais pas les beuveries systématiques. Or, on voit de plus en plus souvent dans nos consultations des jeunes qui évoquent un rite quasiment incontournable pour être dans le coup ». En écho, le nombre d’ivresses des jeunes est en forte progression et concerne un quart d’entre eux.

Selon les associations anti-alcool c’est la faute à Internet ! « L’autorisation de la publicité pour l’alcool sur le Web depuis un an, dans le cadre de la loi Hôpital, patients, santé, territoires, a changé la donne. Les alcooliers sont maintenant très créatifs pour cibler les jeunes » indique le professeur Gérard Dubois, à la tête de la nouvelle association Alliance prévention alcool.

Ce médecin dénonce de façon plus large une « offensive en cours pour démanteler la loi Evin, qui protège la santé publique. » Il prend comme exemple la future « chaîne de télévision consacrée uniquement au vin », qui, selon lui, ouvre une brèche dans laquelle vont s’engouffrer d’autres chaîne de télé »

Et Philippe Batel, chef du service d’addictologie à l’hôpital Beaujon de Clichy de renchérir « Un des principaux facteurs d’explication est qu’il existe un mouvement organisé qui vise à valoriser le statut de l’alcool auprès de la cible jeunes. Et ça marche. Pour les jeunes, l’alcool, c’est devenu la cool attitude » et de dénoncer la publicité sur le Net, les bureaux des Grandes Ecoles subventionnées par les marques d’alcool qui fournissent de grandes quantités d’alcool pour leurs soirées étudiantes et aussi, cerise sur le gâteau, les 800 groupes de discussions sur Facebook qui font la promotion de l’alcool. « Ils détournent ironiquement les messages sanitaires en disant par exemple : « A consommer avec modération, mais qui c’est ce modération ? »

Affligeant ! A trop vouloir prouver ces messieurs se ridiculisent. Réduire la cause essentielle de ces beuveries à la publicité ou aux groupes de discussions sur Facebook est à la hauteur de leur compréhension profonde de ce qui se passe réellement autour d’eux. S’il y a des groupes alcooliers qui abusent, détournent la loi, mais qu’ils les trainent devant les tribunaux et ils seront condamnés. Ici, j’ai dénoncé il y a fort longtemps le phénomène du binge-drinking et je ne vais me laisser fourrer dans le grand sac d’opprobre de ces messieurs. De plus, je leur signale que la loi n’a fait que combler un vide juridique de la loi Evin vis-à-vis de l’Internet en France et qu’avant sa promulgation les grands annonceurs ne se privaient pas sur la Toile. Alors attribuer les beuveries à la publicité sur le Net n’est guère pertinent. L’obsession de l’interdiction tient chez eux de thérapie face à leur échec patent dans la lutte contre l’alcoolisme. Ils se trompent. Persistent et signent avec leur croyance dans leurs gri-gri des messages sanitaires. C’est dramatique.

Pourrions-nous un instant, un seul instant, en remisant aux vestiaires les effets de manche, les fonds de commerce, mettre sur la table tous les éléments du dossier « alcoolisation des jeunes », en étudier l’étendue, les ressorts profonds, les causes, afin d’élaborer une stratégie réaliste et efficace pour combattre ce fléau ? A force de vouloir tout interdire, d’enserrer les individus dans des corps de règles qu’ils n’ont de cesse de transgresser : vitesse au volant par exemple, de ne jouer que la carte d’un moralisme sans éducation, de ne croire qu’en la communication, de nous enfumer dans les seuls visions des seuls spécialistes, le résultat est là, bien là, les formes d’alcoolisme évoluent avec l’état de nos sociétés sans que nos autorités sanitaires soient en état de lutter efficacement contre elles. Nous n’avons que les alcoologues que nous méritons, accrochés à leur « spécialité », réparateurs de dégâts d’une société sur laquelle ils n’ont que peu de prise et qui s’accrochent à leurs courtes visions des choses : supprimons la vision du flacon et nous aurons moins d’alcooliques (le Dr Craplet médecin délégué de l'ANPAA signe un édito dans le bulletin Addictions : Vive les apéros géants... sans alcool. Et oui tout serait simple si les choses de la vie était simple... Vraiment une telle approche témoigne de bons sentiments mais ça ne peut tenir lieu de politique de santé publique).  Si c’était vrai ça se saurait. Alors un peu d’humilité, un peu moins de bruit médiatique, un peu plus d’ouverture d'esprit, un peu plus de dialogue avec nous les affreux défenseurs d’un monde de responsabilité où la consommation, le plaisir du vin, font parti de notre bien vivre ensemble. Je m'arrête car j'ai déjà beaucoup écrit sur le sujet simplement à titre d'information je vous joins les chiffres d'une étude européenne sur la consommation d'alcool par les jeunes.  

 

EUROPEAN SCHOOL SURVEY PROJECT ON ALCOHOL AND OTHER DRUGS (ESPAD)

(26.3.2009, LISBON) La consommation de drogues illicites parmi les jeunes de 15-16 ans semble stabilisée ou en faible diminution, selon le rapport de la dernière étude ESPAD. Cette étude, menée dans 35 pays européens, révèle également une diminution de la consommation de tabac (au cours du mois dernier) parmi les jeunes collégiens-lycéens. Cependant, les consommations massives d’alcool sont alarmantes et doivent attirer toute notre attention.

Rapport (version anglaise)


This is the fourth data-collection wave conducted by the ESPAD project, with multi-national surveys carried out in 1995, 1999, 2003 and 2007. Over 100,000 school students took part in the latest survey. Of the countries participating, 25 were EU Member States. The 2007 ESPAD report : substance use among students in 35 countries, available in English, will be complemented by a multilingual summary produced with the support of the EU drugs agency (EMCDDA). The EMCDDA includes ESPAD data in its annual reporting on the drug situation and the two bodies work closely together under a cooperation framework signed in 2007. One of the aims of this accord is to broaden access to the information and expertise gathered by the project.


La consommation d’alcool chez les jeunes en Europe est préoccupante : 3 pays sortent du lot, le Royaume-Uni, l’Ile de Man et le Danemark.

1. Il y a des pays où la quantité d’alcool consommée par occasion est faible ET une fréquence de consommation élevée :

- l’Autriche,
- l’Allemagne,
- la Grèce.

2. Il y a des pays où la quantité d’alcool consommée par occasion est élevée ET une fréquence de consommation moindre :

- le Royaume-Uni,
- les pays nordiques (Finlande, Islande, Norvège et Suède).

3. Et il y a des pays où la quantité d’alcool consommée par occasion est élevée ET une fréquence de consommation élevée :

- le Danemark,
- l’Ile de Man.

En général, les garçons boivent plus et plus souvent que les filles, sauf en Islande.

Les garçons boivent surtout de la bière et les filles des alcools forts.

4. En terme d’ivresses au cours de l’année et des 30 derniers jours, tout comme pour les épisodes de binge drinking (5 verres ou plus par occasion), sont surtout concernés les jeunes :

- du Danemark,
- de l’Ile de Man,
- du Royaume-Uni,
- d’Autriche.

Ce comportement est plus fréquent parmi les garçons, sauf en Norvège et au Royaume-Uni.

5. Entre 2003 et 2007, les épisodes de binge drinking (5 verres ou plus par occasion de boire) ont augmenté de manière très importante dans les pays suivants :

- Portugal (+ 31 points en %),
- Pologne (+16 points en %),
- France (+15 points en %),
- Croatie (+14 points en %),
- Bulgarie (+12 points en %).


En ce qui concerne les jeunes français, 9% déclarent 6 épisodes ou plus de binge drinking où cours des 30 derniers jours :

- ils sont au-dessus de la moyenne européenne (7%)
- ils sont au 5ème rang, comme en Bulgarie,
- ils sont derrière l’Ile de Man (16%), Malte (15%), l’Estonie (14%) et le Royaume-Uni (13%).

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Les garçons français sont au 4ème rang (13%) :

- bien au-dessus de la moyenne européenne (9%),

- comme le Royaume-Uni (13%),

- et derrière Malte (18%), l’Estonie (17%) et l’Ile de Man (16%).

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Les jeunes françaises sont au 6ème rang (6%) :

- dans la moyenne européenne (5%),

- comme les Tchèques et les Slovaques (6%),

- derrière l’Ile de Man (18%), Malte (13%), le Royaume-Uni (12%), l’Estonie (11%), la Norvège et les Iles Faroe (8%).

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 00:09

Il est né, le 17 décembre 1931, à Colombières-sur-Orb dans l’Hérault, dans une famille de viticulteurs, tout ce que touche Jean-Claude Carrière : littérature, cinéma, théâtre, se transforme en « trésor ». Nous nous sommes croisés en 2000 lors de la parution de son livre « Le vin bourru » et nous avons échangé, devant je ne sais quel public, nos réflexions sur le vin. Je n’en menais pas large moi le « technocrate » pondeur de rapport face à l’auteur connu qui emporte l’empathie par la chaleur de ses mots, leur enracinement, leur capacité à faire rêver, à relier ce foutu monde mondialisé aux délices d’un monde de l’enfance englouti. Mais la vie que l’on vit nous la vivons au présent, au jour le jour, et mes mots à moi, désagréables, bien terre à terre, je tentais de les glisser dans les plis de cette foutue réalité qui dérangeait tout le monde.

 

Aujourd’hui Jean-Claude Carrière (je viens de l'acheter mais il date de 2007), dans un livre au titre évocateur « Les mots et la chose » répond à une jeune comédienne qui, pour gagner sa vie, fait du doublage de films pornographiques et qui se plaint de la pauvreté du vocabulaire qu’on lui impose. J’ai choisi ses réponses à la question : comment dire prendre son plaisir ?

 

« En apparence, c’est bien simple : on dit jouir et cela dit tout. Jouir est un mot merveilleux, qui remplit la bouche et le cœur. «  Notre condition dans ce monde est de jouir et non pas de connaître », dit un personnage de Marivaux, contre qui d’ailleurs, certains jours, je m’inscris en faux. »

On dit aussi venir, qui est un anglicisme, et aussi rupiner, reluire et prendre son pied, son panard, son pied bleu, son grand pied d’acier.

De toutes les manières, on se donne de la joie, du bonheur ou de l’allégresse.

L’homme fait jouir une femme, il la fait reluire, il la fait briller, scintiller, il lui met les doigts de pied en éventail, les pieds en bouquets de violettes. Elle fait les yeux blancs. Elle se pâme, elle entre en pâmoison et pour ainsi dire en extase. Une expression digne des grands poètes mystiques : elle arrive au noir.

J’aime aussi beaucoup la fausse souffrance, la peine qui n’en est point une, le cri sans mal.

Quand une femme atteint ce qu’on appelle en anglais un climax, et dans le français ordinaire un orgasme, alors elle perd la tête, elle bat l’air, elle fait la carpe, elle en oublie de respirer, elle hurle à la vie.

On dit qu’elle est montée au septième ciel, qu’elle est allée dire bonjour aux anges. Elle chante, fait l’anguille, elle est comme un poisson hors de la mer, elle a sa clameur, elle étincelle. »

 

Si ça vous dit « Les mots et la chose » le grand livre des petits mots inconvenants de Jean-Claude Carrière c’est chez Plon 15 €.

Pour les très coquins lire ou relire la chronique  link   

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29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 00:09

Je gardais ma botte secrète bien au chaud. Je dégaine ! Tire sans sommation. Mais non, je suis un gentleman : «  messieurs les anglais tirez les premiers ! » Je laisse ma plume acérée à Susy Atkins. C'est en l'année 2000, juste avant que je n'écrive mon rapport. Même que j'ai cité Susy Atkins dans la conclusion de celui-ci mais comme le dit Hervé "je n'aime pas l'anglais" Désolé la maison n'a pas les moyens de se payer une traduction simultanée. Si Michel veut s'y coller ou David...

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 The Big Yin

 

There isn’t red variety that brings such wild, untamed exuberance to the world of wine as Grenache. It’s a Billy Connolly among grapes: big, bold end crude but somehow friendly, loveable end appealing. No surprise that it’s the second most widely planted vine on the planet.

 

The reign of Spain

 

The days, Grenache is seen as a southern French variety, at home on the southern Rhône delta, Roussillon and along the Mediterranean coast. In fact, like Mourvèdre, it was originally from Spain and spread into France as the kingdom of Aragon expander its borders, which seems a very civilised way to take over another country. Yup, Garnacha is Grenache.

 

So why isn’t it famous?

 

It’s been planted the “wrong” places. Grenache as been seen as a blender, with none the finesse of Bordeaux or Burgundy varieties. It’s another Mediterranean grape that’s been sneered at by the wine snobs who believed that only Cabernet, Merlot and Pinot Noir were capable of making top-quality wine – remember Syrah as only recently been accepted into the premier league.

There’s another problem. Get low-yielding, dry-farmed old Grenache vines end you have a wine that’s packed full of sweet, rich, chocolatey, spicy, black-fruited flavours. Trouble eis, it’s been planted in irrigated areas where producers either wanted high-yielding for table wine or super-ripe raisins for fortified production. Result ? Most Grenache/Garnacha is thin in fruit, light, light in colour, and, unfortunately, weedy in flavour.

 

Moving on up

 

Recently there’s been a revival. The Rhône has become hip, big flavours are in, and now quality winemakers using the simple formula of old vines, no irrigation, low yields and careful handling are showing that Grenache can make exuberant, exciting wines. They may not last as long as Syrah but boy, are they fun mouthful.

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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 00:16

Bonjour et bon dimanche, bien sûr je ne suis pas allé honorer le Grenache pas très loin d'ici mais comme je sais me repentir de mes fautes je suis en vacances dans ce beau pays où les vignerons, les laboureurs, les bergers, les producteurs d'aperges et de melons, même les chasseurs et aussi, comme vous le verrez, les assassins, lorsqu'ils gagnaient leurs dernières demeures se voyaient gratifiés de monuments funéraires arborant non leurs blasons mais les outils ou les symboles de leur labeur. Mais où suis-je donc ? Pas très loin où la Chochotte du Boulon http://www.berthomeau.com/article-27694059.html cultive ses vignes. Alors, si vos neurones veulent bien se réchauffer avant votre déjeuner dominical situez-donc ce lieu étrange et faites-le savoir à vos petits camarades qui vous en sauront gré. Bon appétit et à demain sur mes lignes...   

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 00:09

Bonne question, comme disait avec son accent faubourien le grand comique Georges Marchais. Elle est à l’ordre du jour. Je vais la traiter, sur mon espace de liberté, à ma façon. Pas pour « faire genre » ni pour vous donner la réponse mais pour vous instruire du génie français.  Genou 8039 C’était au temps où la France était rouge, rouge d’une foultitude de cantons accueillant plus de 10 000 ha de vignes. Ma vieille Vendée en nombre de déclarants : 58 305 sur un total d’un million 500 mille occupait la 3ième place après l’Hérault et l’Aude. Le pépé Louis en était comme le sacristain ou le notaire. En superficie 18 858 ha sur un total d’un million 700 mille ha. En volume 854 000 hl sur 78 Millions d’hl, soit le 19 département viticole français.

Il existait donc un vignoble domestique important alimentant une forte autoconsommation et un vignoble productif dominé par les 2 mastodontes : le Languedoc et l’Algérie. Concurrence ! Sus aux vignobles familiaux ! Haro sur les fameux cépages Clinton, Noah, Jacquez, Herbemont, Othello, Isabelle. La loi va introduire la notion de cépages interdits et rendre leur arrachage obligatoire. Officiellement le gouvernement lutte pour résorber la surproduction : 15 à 20 millions d’hl sur les 93 millions produits. Distiller donc, c’est l’Etat qui paye. Mais aussi, et c’est là où le débat entre le petit peuple des viticulteurs du dimanche et les intérêts des grandes propriétés du Midi « plantées d'aramon, irriguées en permanence, capables de produire plus de 300 hectos à l'hectare » et les « privilèges accordés à l'Algérie : liberté de plantation à très bon marché, taxes pratiquement inexistantes, main d'œuvre peu chère ».

Dans les années 30 le « Statut Viticole » s’est efforcé de réduire la production en pénalisant les hauts rendements et en interdisant la plantation de vignes nouvelles. En 1936, pour tenter de réduire l’appareil productif les pouvoirs publics promeuvent l’arrachage volontaire primé et menacent de recourir à l’arrachage obligatoire. L’acte fondateur des droits de plantation est le Décret n°53-977 du 30 septembre 1953 relatif à l'organisation et l'assainissement du marché du vin et à l'orientation de la production viticole Une stricte discipline d'encépagement est créée. La suppression des cépages prohibés est prescrite ; toutefois, pour en encourager la disparition, les producteurs pourront par exception remplacer par anticipation les vignes à disparaître lorsque celles-ci avaient été régulièrement plantées. Dans chaque région, seront par ailleurs définis les cépages dont l'utilisation sera recommandée et efficacement encouragée. A long terme, cette discipline doit entraîner une diminution du potentiel viticole.

Je viens de plancher sur La grande novation de la dernière réforme est que le Règlement (CE) N°479/2008 du Conseil du 29 avril 2008 portant Organisation Commune du Marché vitivinicole prévoit dans son Titre V : Potentiel de Production au chapitre II : un Régime transitoire des droits de plantation. Article 90 : Interdiction transitoire de plantation de vigne. En clair, à partir de 2015 la plantation de la vigne sera libre sauf si... ça c’est une autre histoire sur laquelle ma réserve naturelle et mon obligation de réserve font que je ne vous en dirai pas plus. Pour que vous ne soyez pas trop frustrés je vous offre un florilège des débats  sur la loi du 24 décembre 1934 concernant les hybrides producteurs directs américains et français.

 

Monsieur Renaud, député de l'opposition attaque: « Vous voulez interdire l'utilisation de certains cépages, vous déclarez la guerre aux hybrides producteurs directs qui pourtant ne jouent dans l'augmentation de la production qu'un rôle insignifiant.
Si vous croyez vraiment à la surproduction, il faut frapper les responsables et eux seulement
 ».
Monsieur Baylet député socialiste s'exprimera dans le même sens. Car, dit-il, « en Algérie, des millions d'ouvriers travaillent de l'aube au crépuscule sous le knout pour un salaire misérable ». Il ne sera pas suivi
.  
La majorité de l'époque fait bloc pour défendre les représentants des grands domaines de France et d'Algérie

A l'Assemblée Nationale, lors des deux premières séances du 15 Décembre on parlera « d'atteinte à la liberté des petits viticulteurs » Monsieur le député Mauger monte à la tribune pour défendre longuement « les productions familiales injustement touchées ».

La conclusion de ces séances restera à Monsieur le député Grandmaison qui déclare :
« Je constate sans l'apprécier, que c'est la totalité de la récolte de nos petits producteurs de cépages condamnés qui est touchée soit par l'interdiction soit par la distillation obligatoire. Alors que dans les régions responsables de la surproduction, c'est une très faible partie qui sera atteinte par les mesures préconisées, mesures véritablement iniques
 ».

 

La troisième séance du 15 Décembre commence dans le même esprit.
Le député Jaubert parle « d'atteinte à la liberté individuelle des petits vignerons ».
Le Ministre des Finances, monsieur Germain Martin, déclare après quelques échanges aigre-doux "depuis quand s'est développée la culture du Noah en particulier, car enfin, c'est de lui qu'il s'agit: depuis deux ans »? Bronca dans les rangs de l'opposition, sifflets, prises de paroles.


Le Ministre rectifie alors comme il peut:« Je parlais de culture, pas des plants qui sont plus anciens je crois »!!!

Le climat restera tendu jusqu'à la fin des débats, il n'y aura pas de véritable échange.

 

Monsieur le sénateur Rouart rapporteur de la Commission de l'Agriculture présente l'article 6 et parle de « cépages primitivement introduits d'Amérique depuis de longues aimées, qui ont des goûts détestables, tel le Noah, d'autres moins mauvais comme l'Othello et le Clinton qui sont tout de même des cépages inférieurs. On a voulu y joindre en même temps tout ce qu'a apporté l'hybridation française qui est une chose admirable » dit-il.

 

Deux anecdotes pour terminer :


Pour enrayer la surproduction, Monsieur le député Chouffet a proposé que la ration de vin par soldat passe de 1/2 litre à 1 litre.


« Je ne pense pas, a t-il dit, qu'il puisse se trouver quelqu'un ici pour affirmer qu'un litre de vin par jour et par homme soit une ration trop élevée ».


Le Président du Conseil a renchéri: « Je suis tout à fait d'avis que dans la période où le vin est bon marché on fasse un gros effort pour en assurer la consommation et que la troupe bénéficie de plus fortes rations »

.
Sauf que cela ne représentait que 300000 hectolitres volume dérisoire par rapport aux 15 ou 20 millions d'excédents.


Monsieur le sénateur Rouart s'exprimant au nom de la Commission de l'Agriculture fait référence à la proscription du Gamay sous Louis XV et déclare :


« Singulière naïveté du pouvoir absolu, croyant dominer les adaptations naturelles.
Si la volonté royale avait été complètement exécutée, nous serions privés d'un des meilleurs
vins courants de France. »

 

Les extraits ci-dessus sont tirés de « Fruits oubliés »

 

Pour tout renseignements à propos de la « libération de plantation » je suis disponible pour le genre, sans « faire genre », causerie autour d’un verre, style de ce que sait si bien faire François le Débonnaire. Ce sera « off » bien sûr !

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 00:30

« De mon temps » était l’entame favorite de mon grand-père lorsqu’il fustigeait le changement sous toutes ses formes. Elle excédait mon père qui, tout en n’en faisant qu’à sa tête, se gardait bien de contrarier le pépé Louis. Les pères en ce temps-là avaient toujours raison !

Ce n’est pas pour « faire genre » que je la reprends ce matin à mon compte en évoquant ce que, « de mon temps », les communistes, du militant de la cellule Bertie Albrecht du Blanc Mesnil au Secrétaire-Général de la place du Colonel Fabien, qualifiaient de « ligne du Parti ».

C’était le dogme, la référence absolue avec un P majuscule, même pas besoin d’ajouter le C, ce qui marquait chez eux l’intime conviction que ce Parti était unique dans toutes les acceptions du terme. Cette fameuse ligne tracée par les seuls dirigeants du Parti, au nom du Centralisme Démocratique, nul ne pouvait s’en éloigner, ni bien sûr la contester sous peine d’exclusion, il fallait la suivre, s’y tenir, la défendre contre vents et marées et, lorsqu’elle changeait, pour plaire ou obéir aux gardiens du Kremlin, comme un seul homme, tout le monde opérait le virage à 180° sans broncher ni moufter.  Genou-8029.JPG

Si je sors cette vieillerie de la naphtaline ce ni pour saluer le départ de la chef du PCF : « sœur »Marie-Georges Marchais, pardon Buffet, ni pour fêter son remplacement par un petit gars qu’est le fils de son père qu’était moscoutaire, un certain Pierre Laurent.

Mon but est bien plus imagé : je souhaite faire un rapide parallèle entre ceux qui me somment de préciser la ligne de mon espace de liberté et les « petits pères du peuple » du PC flanqués de leurs intellos compagnons de route pour qui « si t’étais pas d’accord avec eux, t’étais donc contre eux, un valet de l’impérialisme américain, un suppôt du grand capital, un allié objectif du pouvoir... ». Tout ça bien sûr au nom de la classe ouvrière.

Implacable dialectique maniée avec cynisme par l’inénarrable Georges et ses obligés du Bureau Politique, avec un peu plus de subtilité par les plumitifs de l’Humanité, qui fourraient dans le même sac tous ceux qui avaient l’audace d’exposer et de défendre des idées contraire à la ligne du Parti. Ils terrorisaient certains socialos, type Chevènement et son Cérès, qui, pour « faire genre » jouaient dans la cour des cryptocommunistes. Pas étonnant que Mélenchon, pur apparatchik, cultive aujourd’hui le même sillon.    

 

Bien évidemment en m’engageant sur le terrain d’une telle comparaison je force à dessein le trait. Si je le fais c’est que l’autre jour un de mes collègues très structuré Ingénieur, qui me lit, m’a interpelé sur mes écrits au resto d’entreprise « T’es où, t’es pour qui, t’es avec qui, t’es contre qui, tu écris parfois tout et le contraire de tout, tu pars dans tous les sens, tu changes souvent de pied, quelle est ta ligne éditoriale ? »

Je le concède je suis désarmant et pas forcément là où l’on m’attend.

Même reproche du côté de Bizeul : « t’écris trop, tu te disperses, tu te contredis... »

Vous me direz l’opinion de 2 individus, aussi estimables et respectables qu’ils fussent, ne sont pas forcément représentatifs de l’opinion générale de mes lecteurs. Mais comme j’ignore ce qu’est votre opinion je me suis dit : faut que tu t’y colle.

Ai-je une ligne ?

Faut-il d’ailleurs que j’en eusse une ?

Tout ce que je sais c’est que j’ai quelques convictions fortes, pas forcément arrêtées mais solides, des valeurs héritées de mon élevage vendéen, une manière d’être, qui peut irriter, dont je ne me suis jamais départi quelle que fut ma position sociale, des engagements liées à ce que je n’oublie jamais de là où je viens. Pour le reste je suis un non-aligné.

Bien sûr, en adoptant cette référence, très connotée guerre froide, marquée du sceau d’un certain Tiers-mondisme, je prends le risque que de beaux esprits qui me veulent du bien me renvoient à la tronche la célèbre expression « 1/3 mondiste, 2/3 mondain... » Pas grave car ici il ne s’agit que de chroniquer sur le vin et ceux qui le font, le vendent, l’aiment, alors que je sois un gandin ou un galopin ne prête pas à conséquences.

Donc foin des références historiques et géostratégiques cette auto-qualification de non-aligné me convient bien. En effet, le non-alignement c’est bien sûr affirmer ne pas vouloir se situer sur la même ligne que celle exprimée et défendue par des groupes dominants. Cependant, il ne s’agit pas pour autant d’un splendide isolement, ni d’une marginalité vertueuse ou hautaine, de la prétention de se situer au-dessus de, mais d’une proximité attentive. D’ailleurs il m’arrive souvent, sur certains sujets, de rejoindre la ligne, de m’en sentir solidaire, de la partager et de la défendre.

Dans mon espace de liberté je me veux accueillant, ouvert, exigeant, courtois sans révérence, le plus pertinent possible en fuyant l’esprit de sérieux grâce à une dose d’impertinence.

Parfois je zigzague, je folâtre, je saute à pieds joints au-dessus de la ligne, je patauge, je m’enlise, je me plante, mais je m’essaie toujours à ouvrir des fenêtres sûr.

Je cherche en permanence, je gratte, je dépiaute, j’argumente mais comme tout un chacun j’ai des doutes, des hésitations, des interrogations, des évolutions.

Je n’ai pas de réponses à tout.

J’aime l’éclectisme.

J’ai des amis que j’aime et que je défens.

J’ai beaucoup de mal avec les purs démolisseurs, les toujours contre, les qui trouvent toujours de bonnes raisons pour ne pas agir, les geignards...

J’aime proposer des pistes, jouer les médiateurs, faire avancer les choses, faire bouger les lignes.

Flexible mais sans forcément lâcher l’essentiel.

Bref, maniant trop souvent l’ironie, j’accepte sans problème que vous m’envoyez une volée de bois vert lorsque, cédant à la facilité, mon bouchon est allé trop loin, plus loin que je ne l’eus souhaité. Ce que je ne supporte pas c’est la mauvaise foi, les réponses éludées, la technique du pilonnage tel qu’on l’enseignait à l’école des cadres du PCF.

Fort bien tout ce plaidoyer pro-domo Berthomeau est bel et beau mais à propos quelle est donc cette fameuse ligne sur laquelle tu ne veux pas t’aligner ?

S’il n’y avait qu’une ligne de conduite dans le monde du vin français ce serait simple, donc pas très français, alors pour faire simple, j’en évoquerais que deux, les plus antinomiques.

Pour me dédouaner je cite pour ce faire un très cher collègue qui, dans un nième rapport non publié sur la compétitivité du secteur du vin, déclare : « Même si c’est difficile, il faut considérer que le vin est un produit de toute la chaîne du savoir-faire français, y compris industriel et de marketing, et pas simplement de tradition et de terroir. Les deux principales AOC (Champagne et Cognac), pourvoyeuses de devises en provenance du marché mondial, sont élaborées et assemblées de façon industrielle et portées notamment par les marques de deux grands groupes (MVMH et Pernod Ricard). Quelques grands négociants de Bourgogne réussissent sur des créneaux par leur réputation professionnelle autant que par des actions marketing ou de publicité. Il en va de même de quelques grands châteaux bordelais »

C’est un peu manichéen, langage d’énarque oblige, mais ça a le mérite de la netteté et pour tracer une ligne ce n’est pas la moindre des qualités.

Donc d’un côté les gardiens de la tradition, du terroir, de la haute dégustation, des élitistes aux naturalistes – qui sont parfois un seul et même groupe qui se divise, se subdivise, se déchire, se déteste, s'excommunie – en passant par ceux qui pensent que tout ce qui est petit est beau et tout ce qui est gros doit-être banni. Les partisans des vins de propriétaires. Les qui se planquent dans le grand fourre-tout des AOC. Le professeur JR Pitte qui voue aux gémonies les vins de va-nu-pieds. Plein de gens très sympathiques, convaincus, passionnés, mais qui refusent le plus souvent gentiment de regarder la réalité de notre vignoble en face.

 

En face, ceux qui font du process industriel et du marketing l’alpha et l’oméga de l’avenir du vin. Ceux qui nous disent de jeter les AOC à la poubelle car tout ça c’est bien trop compliqué pour ces pauvres gars qui arrivent sur le marché du vin. Des globalisateurs, des réducteurs, des débiteurs de plan stratégique sur PowerPoint,  des américains quoi, des gars qui mâchonnent du chewing-gum et bouffent des hamburgers, des adorateurs de l’uniformité pourfendue par Jonathan Nossiter, les oxygénez, oxygénez, les adeptes de vins Parkérisé... Donc un gros tas de gens qui traitent le vin comme une vile marchandise ou pire un produit de luxe pour nouveaux riches.

 

Je caricature bien sûr. 

 

Mais bon, que disait, avec pas beaucoup plus de pincettes, René Renou juste avant de nous quitter ? Et Dieu sait qu’il avait évolué ce cher René !

Je le cite lors d’un de ses derniers Comité National de l’INAO : « Le cadre juridique souhaité par le Comité National permettra de développer la commercialisation des Appellations d'Origine Contrôlées en segmentant leur offre en deux catégories:

  
- la première répondant à des critères stricts de production relatifs à un lien fort au terroir, une notoriété établie alliés à des facteurs humains et naturels. Il s'agit des vins jouissant actuellement d'une forte valeur ajoutée.


- et une seconde, plus souple, qui se mettra en place en concertation avec l'ensemble de la filière, permettant notamment d'utiliser de nouvelles technologies, afin de répondre aux besoins de la production d'accroître sa compétitivité sur le marché international.
»

 

Dans une interview au Monde en mai 2005, il avait expliqué :
« Les syndicats d'AOC ont trop souvent protégé les mauvais. Il faut rompre avec la loi du silence, retrouver une transparence absolue  »

La crise ?

« C'est la profession qui se fait du mal à elle-même,» disait-il sans ambages.
« Jusqu'en 1985, le vignoble français de moyenne et haut de gamme était en situation de monopole, avec un seul code, magique : le lien au terroir, porteur de culture, de luxe», expliquait-il.

« Dans cette situation, vous pouvez faire n'importe quoi. Il y a eu des horreurs, un relâchement absolu.» Hélas, depuis 1985, les Français ne sont plus seuls. «On se réveille dans un univers de concurrence internationale, avec un code de lecture anglo-saxon, plus simple, qui s'est glissé à côté du notre», constatait-il avec réalisme, « Désormais, il ne suffit plus de coller une étiquette « grand vin » pour que le consommateur suive ; si on ne remet pas de l'ordre dans le système, on risque de rester sur le quai !»

 

En me définissant comme un non-aligné je revendique le droit dans mon espace de liberté d’être éclectique, touche à tout, d’aborder tous les vins, ceux qui me plaisent comme ceux qui me plaisent moins, de parler à tout le monde aussi bien les gens qui me plaisent que ceux qui me déplaisent ou me plaisent moins, de porter un regard sur tout et rien, de traiter tous les sujets, de m’adresser à ceux qui ne sont pas dans le cercle des initiés, de les écouter, de leur donner la parole, de faire en sorte d’étendre le domaine du vin sans être trop rasoir, sérieux, pompeux.

Sans doute le résultat tient plus de l’arborescence que de la coupe au carré. Oui c’est parfois touffu, confus, mais la réalité est-elle toujours aussi lisse que la coquille d’un œuf ? Le prêt-à-penser ne fait pas parti de mon projet. Je tente de vous laisser des espaces, de la marge, du champ, pourquoi pas de la hauteur de vue pour donner matière à discuter, à converser... Le vin n’est-il pas avant tout un grand support de convivialité, de savoir vivre ensemble... alors commençons donc entre nous, gens du vin, à mettre en pratique ce minimum d’accord sinon tous nos mots autour du vin ne seront perçus que comme des slogans, des messages formatés, ou comme disent le politiques « des éléments de langage »

Ici, sur mon petit espace de liberté plein d’herbes folles, de haies, de chemins creux, de pâtis avec des vaches, de rivières indolentes, je ne suis qu’un chasseur de papillons qui, avec son épuisette, batifole, cherche à capter l’air du temps, les tendances et attrape ce qu’il peut. Alors ne me demandez pas de suivre de « belles lignes » bien droites je préfère les chemins de traverse mais pour autant je prends le TGV et je roule aussi sur les autoroutes avec ma petite auto où je prends des pruneaux...

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 00:09

La langue de la rue claque, pète, se vautre, elle accroche, capte, détourne, met cul sur tête les choses de la vie avec ironie, dérision, gouaille. Ses mots ou ses expressions marqueuses du temps, d’abord confinés au sein de tribus en des zones dites « mal fréquentées », s’installent dans le langage courant, sont adoptées par monsieur et madame tout le monde avant parfois de faire leur entrée dans le Petit Larousse Illustré.

 

Tel est le cas de l’expression « faire genre » qui, traduite en langage « correct » signifie faire croire ou accroire quelque chose qui ne repose sur aucune réalité, faire comme si pour masquer ses insuffisances ou pour combler son absence de résultat. L’interjection « genre » qui ponctue une phrase marque, elle aussi, le côté je me donne une belle contenance en dépit de mon côté tocard, creux, parvenu ou minable. L’utilisation d’un synonyme : « style » ou « faire style » permet à certains, adeptes du « franglish » de se distinguer de la piétaille en prononçant « staile »

 

Ces précisions linguistiques étant faites, je me dois d’argumenter mon affirmation selon laquelle : « faire genre » constituerait la nouvelle attitude des concepteurs de vin. Précision : j’aurais du écrire de certains concepteurs de vin. Autre précision : par conception du vin j’entends bien sûr le vin lui-même, mais aussi son « packaging » et la communication qui va avec. Enfin, cette chronique ne constitue qu’une ébauche, elle n’épuise pas le sujet ce qui signifie que vous pouvez l’enrichir ou la démolir selon votre inclinaison.

 

Dans le genre « faire genre », je m’attacherai à 2 tendances lourdes : la tendance 4x4 en ville et la tendance over-rose. La première peut se résumer par « il fait des vins qui ont des tronches de GCC pour ceux qui veulent faire genre » ; la seconde, plus style, se décline ainsi « il fait des rosés éthérés fagotés comme des minettes évaporées pour des mecs et des gonzesses qui veulent faire style ». À dessein je n’ai utilisé que le pronom il afin de bien marquer la prédominance mâle encore très marquée sur la conception du vin (propriétaires emblématiques, vignerons médiatiques, œnologues-stars, critiques et notateurs divers...)

 

La tendance 4x4 en ville relève du détournement de fonction. En effet, à l’origine le 4x4 est un véhicule tous terrains bien utile pour les zones difficiles : le légendaire Land Rover roi du désert. Sa transplantation en ville traduit la quintessence du « faire genre » avec bien évidemment toute la palette du paraître : du grossier Hummer (victime de la déconfiture des grands constructeurs américains) à l’élégant Cayenne en passant par toute une flopée de japonais, d’allemands et bien évidemment de pâles français). Le même phénomène s’applique avec une belle homothétie aux vins « de statut » depuis que la crème des GCC s’envole vers des cimes inaccessibles au commun des « qui se la pètent grave ». Nous assistons donc à une course effrénée au captage de buveurs d’étiquettes. À toutes fins utiles je signale que je ne fais ici qu’un pur constat et que, comme pour les 4x4 en ville, les vendeurs de vin vont allécher la demande là où elle se trouve.

 

La tendance over-rose frise, elle, la caricature. C’est une déferlante, la danse du ventre, la ruée du rose fadasse sur la « génération soft drink » des gars et des filles qui boivent glacé avec une paille, qui se baladent en Repetto été comme hiver pour les bimbos, se fringuent comme un titulaire de RMI pour aller à user leurs fonds de jeans troué, à 200 euros l’unité, sur les bancs de Janson-de-Sailly, qui passent leur vie sur Facebook et sur Twitter, qui bouffent des séries américaines...

Entendez-moi bien, que ce segment de marché en plein boom suscite un regain d’intérêt de la part des concepteurs de vin est dans l’ordre des choses, ce qui suscite ma légère ironie c’est l’adoption quasi-unanime des mêmes codes. Comme si le rosé, qui n’est pas comme ses frères baptisé d’un nom de couleur, en rajoutait dans le rose. Ce n'est plus du vin mais de la layette.

Le plus étonnant dans cette affaire, alors que les Provençaux au nom du rosé authentique se sont portés au front, ont terrassé l’hydre européenne, ce produit se massifie, s’enfonce dans l’uniformité voire même la banalité. À force de vouloir « faire genre », style jupe Vichy, dans toutes les catégories de vins, plus personne n’y retrouve ses petits. Sans avancer le syndrome Beaujolais Nouveau, le nouveau de nos jours vieillit vite, pour consolider la vague rose un peu de créativité ne nuirait pas. Si ça vous dit lire ou relire la chronique http://www.berthomeau.com/article-over-rose-notre-rose-du-camping-des-flots-bleus-a-l-anti-strategie-de-l-ocean-bleu-51361072.html

 

Pour ne pas vous laisser sur l’impression que je passe mon temps à remonter les bretelles à tout le monde à propos de tout et de rien je vous signale que, moi aussi, je fais genre. En effet, comme je l’ai écrit dans mes chroniques je ne suis qu'« un dégustateur imposteur ». Je fais genre avec mes beaux costars et mes Richelieu bien cirées mais, ne vous y trompez pas, je donne le change... car je suis un bad boy !

 

Si ça vous dit encore à propos de l'affaire d'Etat du Nicolas  lire  http://www.les5duvin.com/article-mal-eleves-les-vins-les-gamins-et-les-soi-disant-responsables-en-peau-de-lapin-52639678.html

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 00:09

L’ami Michel Chapoutier, lors d’un déjeuner impromptu dans l’une de ses « cantines » sise à l’angle de la rue de Varenne et de Bourgogne, m’a livré la clé du buzz qui a agité mon espace de liberté après mes écrits incongrus sur le Symposium Grenache. Son regard pétillait et, en riant, il m’assurait que s’il avait su... je n’en ajouterai pas plus.

Bref, fort de mon ignorance crasse, je me suis plongé dans la lecture de l’histoire du Grenache. Tout d’abord, à tout seigneur tout honneur, dans les minutes du « Symposium du Grenache, ce héros inconnu... » de Jacques Perrin.

« Mentionné pour la première fois en France par Eustache Deschamps en 1400, le grenache serait en effet originaire de l’Aragon selon le comte Odard. Jusqu’à la fin du XIXème siècle, le grenache fut l’un des cépages les plus cultivés dans le monde et si sa présence demeure importante, notamment en Espagne et en Italie, sa surface diminue. Elle a passé de 240 000 à 200 000 ha en douze ans : le grenache est en effet l’une des « victimes » des campagnes d’arrachage. »

Ensuite, je lis sur Wikipédia que « L'Histoire précoce du Grenache est étroitement associée aux territoires inféodés à la Couronne d'Aragon et tirent leur origine soit de la métropole catalano-aragonaise, soit de la Sardaigne, partie intégrante du pays pendant près de 500 ans » et qu’ « En Espagne, il est cultivé dans presque tout le nord du pays, en Aragon, (présent dans tous les vins rosés) Castille, Pays basque, Catalogne, (présent dans toutes les appellation) ou Estrémadure. »

Enfin, Désiré Bois écrit dans son Encyclopédie Biologique Volume IV « Les Plantes à Boissons » qu’ « On suppose qu’il est originaire d’Espagne, d’où il aurait été introduit dans le Roussillon, et se serait répandu dans le Languedoc, puis en Vaucluse et en Provence, notamment dans le Var »

Arrivé à ce stade, comme Désiré Bois qui le mentionne comme l’un des de ses noms synonymes, je ne puis m’empêcher de penser que ce brave GRENACHE eut sans doute été plus respecté s’il avait pris le beau nom d’ARAGONAIS. Bien sûr ça n’engage que moi.

Et c’est alors que dans mes neurones chauffés à blanc – je ponds un Rapport en ce moment – surgissait la bouille épanouie de Bobby Lapointe et de sa merveilleuse chanson : ARAGON&CASTILLE.

Ni une ni deux je décidais derechef d’offrir 2 versions d’ARAGON&CASTILLE en rémission des fautes que j’ai commises envers ce pauvre Grenache :

-         celle bien évidemment de Bobby lui-même

-         celle de la Chorale des Ecoles de Cerdagne joyeuse et bordélique...

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 00:09

C’eut été du Mumm « Cordon Vert » ! Gag ? Non voir l’image ci-dessous. Le 12 juillet 1998 restera le jour de notre unique étoile. Aimé Jacquet, contre vents et marées, tirait parti des forces et faiblesses de ses joueurs, des egos des uns et de l’altruisme d’autres, pour constituer une équipe. Le football est un sport collectif et, même si la victoire fut belle, les matches de qualification ne furent pas tous, loin s’en faut, des emblèmes de beau jeu.  Genou-6799.JPG

Le collectif, un mot un peu abimé par le collectivisme niveleur, est une force lorsque la somme des individualités est supérieure à leur stricte addition. Dans un collectif soudé l’individualité talentueuse s’épanouit plus encore au contact du joueur de devoir et le joueur ordinaire se transcende. Au-delà des tactiques, des consignes, du tableau noir, dans cette alchimie le rôle de l’entraineur est bien de transfuser à ses individualités cet altruisme qui mène aux plus belles victoires.

 

Dans le football français dans les années 60 qui suivirent la fameuse Coupe du Monde de 1958 où la France de Kopa et de Fontaine se classa 3ième un drôle de bonhomme chauve, discret, un émigré espagnol, José Arribas, tira le FC Nantes de la 2de Division en 62-63 pour conquérir en 64-65 le titre de « champion de France » avec une équipe « sans vedettes » selon des principes nouveaux.  Genou-8027.JPG

« Faire confiance aux hommes, provoquer une crise de conscience chez tous ceux qui ont accepté de le suivre, telle est la ligne de conduite de José Arribas. Pour lui, l’esprit collectif prime tout. Il n’admet pas qu’un joueur puisse profiter du travail des autres, à son seul avantage.

José est bien placé pour savoir qu’un être isolé éprouve des difficultés à survivre. L’expérience des Halles de Bordeaux est constamment présente à sa mémoire : sans le soutien des « forts », il n’aurait pu franchir la plus noire période de son histoire.

Parce qu’il a vu la force l’emporter sur la loi, dans son propre pays* il exige le strict respect des règlements sur le terrain. Arribas est l’ennemi de la brutalité, du football purement physique. Le mouvement doit se fonder sur l’intelligence. »

François Cavil dans L’Évènement  mensuel d’Emmanuel d’Astier N°2 1966

 

  • José Arribas est né à Bilbao en janvier 1921. Le père de José prend les armes contre les franquistes. Après la défaite sa famille émigre dans le Sud-Ouest. À 16 ans il travaille aux Halles de Bordeaux et ce sont les « forts » qui lui apprennent le français. Lorsque les allemands occupent la France il devient un clandestin. Honnête footballeur il joue dans des petits clubs puis devient »entraîneur-joueur : « contremaître » du football à Noyen-sur-Sarthe 2000 habitants. Il conduit cette modeste équipe jusqu’à la Division d’Honneur. Il postule pour le FC Nantes. Les dirigeants le choisissent. En 3 ans avec un savant dosage de jeunes et de vieux briscards : André Strappe, Pancho Gonzales et André Guillot il hisse le club en 1ière Division. La belle aventure du FC Nantes commençait.  Nantes.jpg

Je l’ai suivi avec amour et passion. Je n’ai jamais eu l’âme d’un supporter, j’aime le jeu, l’intelligence du jeu, la joie de la victoire, l’acceptation sportive de la défaite. Gondet, Budzinsky, Simon, Suaudeau n’étaient pas des stars mais d’excellents joueurs au service d’un collectif. Reste le grand Max Bossis : si vous avez un peu de temps je vous conseille de lire la chronique que je lui avais consacrée en novembre 2005 « Le Grand Max » http://www.berthomeau.com/article-1154159.html Elle est courte et elle a le mérite d’aborder le sujet du jour.

 

Je n’ai pas regardé, hormis un beau match de l’Allemagne, les « prestations » de l’équipe de France. Je n’ai guère de sympathie pour Raymond Domenech mais dans cette affaire il n’est que l’expression la plus affirmée d’une absence d’ambition collective de ses joueurs et des dirigeants du football français. Pour ces derniers, les traiter de petits boutiquiers ce serait insulter le petite commerce. Ils ne sont qu’insignifiance et vacuité. Quand aux joueurs le qualificatif de « lopettes » me semblent le plus approprié. Jouer semble étranger à leur vocabulaire. Pour le Raymond, tirer sur un corbillard n’est pas dans ma culture alors, puisque la retraite est à l’ordre du jour, je lui en souhaite une pleine de regrets éternels et plein de petits Ribéry...

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 00:09

Pour un tout petit blasphème j’ai failli, tel la Jeanne de Domremy, finir sur un bûcher. La Sainte Inquisition d’Aragon&Castille me clouait au pilori pour que l’honneur du Grenache et de l’English réunis soit sauf. À peine avais-je eu le temps de reprendre mes esprits, de faire résipiscence, que je lisais sous la plume du natif d’un des 3 évêchés de l’Est au temps du Saint Empire Germanique un outrage d’une toute autre portée : les Châteauneuf-du-Pape goûtés par lui, hormis le Rayas, ne seraient que des « vins de chasseurs ». De plus, l’homme à la barbe fleurie, emporté par sa provocation osait compresser cette illustre appellation en un CNDP fleurant bon un quelconque comité. J’en fus, vous le comprendrez, totalement bouleversifié.  tartarin_de_tarascon02.jpg

Certains m’objecteront que cette qualification n’a rien d’outrageante, les chasseurs étant, en règle générale, des gens forts honorables. Bien sûr il y a des viandards, des je tire sur tout ce qui bouge, mais sans aller jusqu’à la caricature type Tartarin de Tarascon je ne suis pas certain que dans la bouche de François le Débonnaire cette appellation non contrôlée générique puisse être assimilée à un compliment. Mais alors, qu’est-ce donc un vin de chasseurs ? N’étant moi-même ni chasseur, ni très intéressé à la chose cynégétique je vous confesse ma totale incompétence pour amener des éléments de réponse à cette angoissante question. Reste à ce que vous, vous vous y colliez pour nous éclairer. Dans le lot de mes lecteurs y doit bien y avoir quelques chasseurs. Attention, mon appel n’est pas le signal de l’ouverture de la chasse au François. Ici, seul le ball-trap est admis, vous pouvez lui voler dans les plumes mais avec courtoisie.

 

Je pourrais en rester-là sur les « chasseurs » chers à François le Débonnaire mais ce serait de ma part pure hypocrisie car en effet, dans ma vie professionnelle, par deux fois j’ai eu à l’occasion de « croiser » des chasseurs d’en haut. Ceux du bas, je les ai aussi fréquentés lorsque je chalutais du côté du Marais Vernier mais je ne suis pas sûr qu’ils fussent de grands amateurs de CNDP lui préférant le petit jaune avec des glaçons.

 

Au 78 rue de Varenne, avec l’ONF, nous gérions des « chasses » à Chambord, Rambouillet et Auberive en Haute-Marne. Les ministres y invitaient de fines gâchettes ou de supposées telles. La chasse étant, en l’occurrence, un haut lieu de ce que l’on qualifie « d’influence ». Mon Ministre se tamponnait des chasses, je devais donc opérer en ses lieux et place le choix des invités. Hormis quelques habitués : Charasse, Souchon, Guy Ligier j’avais tout le loisir de puiser dans le vivier de nos obligés qui se bousculaient au portillon. Dans le lot un beau paquet de gens du vin, des Bordelais entre autres François mais, même sous la torture, je ne parlerai pas. De vrais chasseurs, des fines gueules et des grands amateurs : alors vin de chasseurs ?

 

Sorti des ors de la République un jour je fus chassé par un cabinet de chasseurs de têtes de la rue de la Paix pour le compte d’un « gros machin » (sans rapport avec le secteur du Vin sauf à l’occasion de la vinification) Je consultai donc le profil du poste et, à ma grande stupéfaction, je découvris que parmi les compétences requises pour le poste y figurait : la chasse. Ces messieurs avaient omis bien sûr la capacité à bien se tenir à de grandes tables tant pour le solide que pour le liquide. N’ayant pas donné suite je ne puis me prononcer sur les qualités de ces messieurs à la chasse comme à la table : alors vin de chasseurs ?

 

Pour que tu en prennes bonne note, cher François, sache que le domaine de l’ami Alain Jaume c’est « Le Grand Veneur » sans doute pour être vraiment pile poils dans ton cœur de cible.   les-20origines_1.jpg

Enfin, j’ose espérer que sur le bord du lac de Garde, à la Villa d’Este, une grande dégustation  de « Vins de Pêcheurs à la Mouche » sera organisée par nos amis vignerons suisses ?

 

J’oubliais, comme j’ai un faible pour une « chasseresse » je puis témoigner de son inclinaison, non pour le CNDP, mais pour le Banyuls, le Porto et autres douceurs dois-je en conclure que sont des « Vins de Chasseresses »

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