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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 00:09

Comme je ne passe pas ma vie le nez au-dessus des verres, que je n’essuie d’ailleurs pas au fond du café, je suis de plus en plus frappé par la lente régression, sans doute sous l’impact de la dureté des temps ou plus précisément l’exacerbation de la compétition, de ce qui nous permettait d’essayer de mieux vivre ensemble : l’écoute et la compréhension de ceux qui nous entourent. Les ceux qui ne sont pas comme nous, qui ne vivent pas comme nous, qui ne pensent pas comme nous. En soulignant ce phénomène je ne suis pas en train de badigeonner le passé en des tons pastels ni d’exprimer des regrets mais de tenter d’explorer le constat d’un de mes interlocuteurs dans mes pérégrinations bovines qui, face à mon étonnement du peu de dialogue et d’écoute entre ceux qui « vivent du même produit », m’a répondu en le regrettant « nous sommes une filière froide ».

 

Sans faire de mauvais jeu de mots ça sentait la glaciation des relations humaines jusque dans le fin fond de notre terroir. Nos contemporains urbains, si prompts à s’émouvoir face au bandeau déroulant des images des malheurs du monde, « le lointain », font preuve d’une grande cécité sur la détresse proche, celle des mecs allongés sur le trottoir comme de celle de ceux qui crèvent à petit feu dans le silence des petites fleurs et des oiseaux de nos terroirs. Et, en plus, pour nommer la chaîne qui part de celui qui produit le « minerai » et lie chacun des intervenants jusqu’à votre assiette, un bel esprit carré n’a rien trouvé mieux que filière. Je déteste ce mot qui est aussi froid que son origine métallurgique « instrument destiné à étirer un métal pour le transformer en fil » même si certains pourraient l’aimer pour des raisons plus «nature » : puisque c’est l’orifice par lequel les araignées, les vers à soie produisent leur fil. Bref, filière à pour moi un son d’uranium-graphite-gaz ou de blanche mais pas celui d’une petite musique humaine.

 

Sans aller jusqu’au ridicule des discours politiques qui évoquent sans rire « la nécessaire solidarité entre les différents intervenants de la filière » - en effet j’ai rarement vu un acheteur ne pas profiter d’une aubaine liée à une production surabondante ou un vendeur ne pas graisser sa tartine sur le dos du consommateur même lorsqu’il affirme qu’il fait dans le moins cher du moins cher – permettez-moi d’évoquer les deux extrémités de la chaîne en tentant d’y mettre un soupçon d’humanité. Tout en bas, au plus près du sol – sauf pour les productions hors-sol – y’a plein de gens éparpillés sur le territoire qui produisent, avec plus ou moins de bonheur, de soins, de savoir-faire, des trucs qui se mangent. S’ils font ce qu’ils font c’est que ça se vend, ils ne travaillent pas pour les beaux yeux du monde mais bien plus sous l’emprise de la nécessité pour en vivre. Sans eux, sans leur présence sur le territoire, surtout dans ceux qui sont difficiles, la vie s’effilochera et, sauf à faire des réserves d’Indiens pour touristes versus Houellebecq et sa carte du territoire, les braves gens des villes pleureront des larmes de crocodile face à la désertification de nos campagnes.

 

Entre eux, les gars et les filles d’en bas, et ceux qui mangent et boivent, y’a plein de maillons qui remplissent des fonctions plus ou moins utiles. Tout ce petit monde marge, c’est-à-dire se rémunère pour ce qu’il fait ou ce qu’il est supposé faire. Je ne vais pas entrer dans ce dédale, ceux qui s’y risquent : les observateurs de marges se contentent de constater sans vraiment débusquer la réalité. Au bout du bout de la chaîne, autrefois il y avait des épiciers et des artisans-commerçants qui tentaient d’allécher le chaland, alors que maintenant il y a des distributeurs, des grands et des hards. Leur « réussite économique » est évidente : il suffit de consulter le hit-parade des grandes fortunes françaises pour le constater : les petits prix multipliés par la multitude des pousseurs de caddies ça met beaucoup de beurre dans les épinards. Pour autant je ne vais pas instruire le procès de la GD et du hard mais seulement aborder la question de la dureté et de la froideur dans les relations entre les maillons de ces foutues filières.

 

Bien sûr, lorsque les Centrales d’achat causent avec Coca-Cola, Nestlé ou autres poids-lourds des IAA  elles baissent plus facilement leurs calcifs que lorsqu’il s’agit des armées mexicaines qui se tirent la bourre entre elles. Le « terrorisme » de ces gens-là est odieux et diffuse du dur, du cassant dans l’ensemble de la chaîne. De temps en temps, pour montrer leur empathie certains – je ne les mets pas tous dans le même sac – font ami-ami avec les PME du coin ou le genre circuit-court « néo-équitable ». Pour autant, dire qu’ils ne sont pas en phase avec les pousseurs de caddies serait faire preuve d’injustice à leur égard. Leurs grosses truffes hument assez bien les tendances des « indifférents » qui ne s’émeuvent que sur leur canapé face à l’écran-plat de leur télé. La dure réalité des évolutions de la consommation n’est guère plaisante à observer mais moi qui l’ai sous le nez, au travers de foutus chiffres, je ne peux que constater que beaucoup de consommateurs se contrefichent de ceux qui sont à l’origine de l’entrecôte qui s’étale dans la barquette operculée du rayon de son hypermarché ou la brique de lait UHT en paquet de 6 avec poignée.

 

Le produit est quasiment désincarné, éloigné de sa réalité, caché même, le poisson devient un bâtonnet enrobé de chapelure et le steak haché un truc prémâché facile à mélanger avec que la purée en sachet ou à réchauffer vite fait aux micro-ondes. Pas le temps, m’objectera-t-on ? J’en doute vraiment puisque le phénomène ne connaît pas la césure ville-campagne : les petits commerces et les artisans régressent plus fortement dans la France profonde que dans les grandes villes où le commerce de proximité retrouve des couleurs. Pour moi les grands distributeurs ne sont que la caisse d’amplification de notre indifférence aux autres. Alors, sans conclure, car cette chronique n’a pas valeur d’analyse, je continue de penser que notre société si froide, si propre d’apparence, si hygiénique, ne retrouvera de la chaleur, des couleurs, de la vie que si ceux qui se disent défenseurs des bons produits sortent de leurs petites crèmeries, cessent de se congratuler ou d’envoyer des oukases, prennent la peine de se retrousser les manches pour mener la seule bataille qui vaille la peine d’être livrer : celle de vivre ensemble dans la Cité...

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 00:09

Ce qui était « marginalement acceptable » il y a 25 ans ne l’est-il plus ?  

 

« The little faggot with the earring and the make-up/Yeah, buddy, that's his own hair/That little faggot's got his own jet airplane/That little faggot, he's a millionaire. »

 

« La petite tapette avec la boucle d'oreille et le maquillage/ Ouais mec, ce sont bien ses cheveux/ La petite tapette a son propre jet/La petite tapette, c'est un millionnaire»

 

Saisi de la question par une auditrice de 0ZFM d’une radio canadienne qui diffuse en version originale les classiques du rock, qui s'était plainte, le 1er février 2010, de ce que le terme était insultant, le Conseil canadien des normes de la radiotélévision s'est prononcé pour une interdiction de la version longue, arguant de ce que le mot faggot, « marginalement acceptable » il y a 25 ans, ne l'était plus. "Le Comité estime qu'il fait maintenant partie de la catégorie des désignations inacceptables eu égard à la race, l'origine nationale ou ethnique, la couleur, la religion, l'âge, le sexe, l'orientation sexuelle, l'état matrimonial ou un handicap physique ou mental » le 12 janvier 2011. Et que la diffusion de la chanson dans sa version non modifiée viole, en conséquence, le code de déontologie de l'Association canadienne des radiodiffuseurs.

 

La chanson, qui est le monologue intérieur d'un vendeur d'équipement pour la maison qui rêve de devenir rock star, avait fait polémique dès son origine mais, 25 ans après, cette censure semble démontrer que les temps changent et que Coluche, Desproges n’ont plus droit de cité sur nos ondes.

 

« En guise de protestation, deux radios canadiennes ont décidé de diffuser en boucle la chanson délictueuse, pendant une heure »

 

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 00:09

En titrant sur fond noir et dessin-choc à la Une dans leur dernier numéro « manger de la viande tue » les roquets débiles des Inrockuptibles font du racolage de la pire espèce. Profitant de la sortie très médiatisée d’un essai Faut-il manger des animaux ? de l’écrivain américain Jonathan Safran Foer qui, après de longs mois d’enquête dans l’univers de la viande américaine est devenu végétarien. À l’intérieur du magasine ils alignent les titres mortifères pour faire frémir dans les chaumières bobos des arrondissements à petits numéros : « la mort par la viande », « les usines de la mort », « un lien entre viande rouge et cancer »...  photo-Inrock.jpg

Ce n’est pas du journalisme c’est du très mauvais Guy Carlier qui dans « une émission fourre-tout et poujadiste au nom de laquelle on met dans le même sac des choses hétéroclites, qui ressortent plus souvent du mensonge circonstanciel que de la manipulation » (citation d’un papier signé VO dans le n° susdit)

 

Première question aux petits caniches sauvés du désastre par le banquier Pigasse (le proprio qui fait aussi de la perfusion au Monde) : VIANDE de qui ?

 

De vache, de bœuf, de cochon, de poulet, de mouton ?

 

Toutes dans le même sac les viandes avec tout de même dans l’imaginaire des classes populaires : viande = bifteck frites national. Je cite Barthes dans Mythologies « Le bifteck participe à la même mythologie sanguine que le vin. C’est le cœur de la viande à l’état pur, et quiconque en prend, s’assimile la force taurine. De toute évidence, le prestige du bifteck tient à sa quasi crudité : le sang y est visible, naturel, dense, compact et sécable à la fois ; on imagine bien l’ambroisie antique sous cette espèce de matière lourde qui diminue sous la dent de façon à bien faire sentir dans le même temps sa force d’origine et sa plasticité à s’épancher dans le sang même de l’homme... »

 

Oui mais, vont-ils me rétorquer en remuant leur petite queue « Tout ceci est du passé le bœuf n’est plus ce qu’il était. C’est fini le bœuf est produit dans des fermes-usines à 93 ou 94% en France... »

 

Bon je comprends parfaitement que des mecs qui se risquent rarement au-delà du périphérique ignorent qu’en notre beau pays : 60% de la viande de bœuf provient du troupeau dit allaitant et le reste de braves vaches laitières en fin de vie. Le fantasme des fermes-usines est commode pour effaroucher les ceux qui ont si peur de mourir mais tout de même, quand les plumitifs rockeux prennent le TGV pour le Sud s’ils risquaient leur regard en traversant la Bourgogne ils pourraient apercevoir des bestioles à 4 pattes, qui ne sont pas en carton-pâte pour faire joli, des Charolaises me dit-on dans mon oreillette.

 

Très franchement il est des jours où je me dis que si la connerie tuait ce serait l’hécatombe dans le petit monde des plumitifs poseurs, ceux qui pour faire genre enfourchent les vraies causes pour mieux les salir, les discréditer.

 

Pour autant, contrairement à eux, je ne suis pas de ceux qui refusent de voir la réalité en face, qui dans leurs écrits se contentent des arguments à charge. L’élevage industriel en France, surtout pour le porc et la volaille, pose de vrais problèmes : concentration, excès de médication, maltraitance des animaux, nuisances etc... qu’il faut porter à la connaissance des consommateurs. Je le fais ici sans aucune concession. Mais bordel de merde que ces petits cons prétentieux aillent donc poser leurs petites grolles chez nos éleveurs de bovins de la France profonde, en évitant la bouse de vache bien sûr, et qu’ils regardent ce qu’est la réalité de leur vie, de leurs relations avec leurs bêtes, des immenses profits qu’ils tirent de leur activité : à peine 10 000 euros annuels avec un paquet d’aides européennes...  Vous n’avez pas de honte ! Vous êtes des petites merdes les mecs ! Retournez dans vos petites niches ça vous évitera les coups de pied au cul que vous méritez.

 

Je suis colère ! Au nom de mon pépé Louis et de ses grands bœufs dans son étable http://www.berthomeau.com/article-6111806.html je relève le gant de l’insulte faite aux bouseux ! Pour en finir avec ce torchon je n’oserais même pas me torcher le cul avec ce numéro des Inrockuptibles de peur de salir mes belles fesses... Précision tout de même : dans le fatras d’insanités des écrits des roquets on trouve du comestible bien sûr mais il est toujours désagréable de fouiller les poubelles pour y trouver sa pitance. Bonjour à Matthieu Pigasse, c’est tout de mieux d’être banquier que fermier dans la Creuse... car là-bas ça eut payé mais ça paye plus...

 

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 08:00

Face à des évènements comme ceux qui se déroulent en ce moment en Tunisie, bien plus que le déversement en continu d’un fatras d’images et de commentaires écouter ce que disent les Tunisiens me paraît bien plus important. Je vous propose donc cet entretien avec Mohamed Elloumi dont les propos recueillis par Valérie Péan, de la Mission Agrobiosciences, lundi 17 janvier 2011. link Mohamed_Elloumi.jpg

Mohamed Elloumi(1) est agroéconomiste à l’Institut national de la recherche agronomique de Tunisie (INRAT). La Mission Agrobiosciences l’avait invité cet été à participer aux Controverses de Marciac sur le monde méditerranéen. Aujourd’hui, depuis son bureau à Tunis, il nous parle de la situation de son pays. Modeste, honnête, il décrit ce qu’il n’a pas vu venir, rend hommage aux jeunes qui ont réussi à soulever la « chape de plomb » et explique les raisons pour lesquelles le mouvement est parti de Sidi Bouzid, une ville fortement marquée par l’agriculture et le rural, un secteur dévasté par le désengagement de l’Etat, le détournement des aides, voire l’accaparement des terres, générant chômage et disparition de certaines productions.

 

 

Tunisie : pourquoi c’est à Sidi Bouzid que tout a commencé…

 

Entretien avec Mohamed Elloumi

 

Nous leur devons une fière chandelle

 

« Les jeunes nous ont vraiment surpris et ô combien agréablement. Nous leur devons une fière chandelle. C’est vraiment la jeunesse qui a tout fait, soutenue et encadrée par deux organisations seulement : les avocats, qui se sont fait avoir au moment de l’affaire de Gafsa (2), en 2008, et l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens (UGTT). Personne n’y croyait ! Personne ne s’attendait à une telle rapidité. Après, avec du recul, on peut déceler des signes annonciateurs, mais je me méfie des reconstructions a posteriori… » Nulle trace de rodomontade ou de triomphalisme chez ce quinquagénaire souriant, et visiblement soulagé. Au contraire, ses propos sont teintés de modestie et de franchise : « Pour ma part, même si j’ai un peu évolué ces deux ou trois dernières années, j’ai été aveuglé, comme d’autres de mes collègues, par la propagande officielle. Il faut le reconnaître. Nous étions sous contrôle. Même lorsque j’étais avec vous à Marciac, en France je regardais s’il n’y avait pas dans la salle un représentant de l’ambassade ou du consulat en train d’écouter ce que nous disions ! Et lorsque nous faisons des enquêtes, par exemple sur l’emploi des jeunes dans le rural, nous n’avions pas toute la liberté d’interroger qui nous voulions : c’étaient les délégués qui choisissaient les jeunes et les faisaient venir. Parfois, quand ils étaient nombreux, ils arrivaient à s’exprimer, à Sidi Bouzid même, où nous leur avions expliqué qu’en tant que chercheurs, nous voulions transmettre leurs doléances. Et là, il y avait une certaine virulence, déjà ».

 

Les ruraux ? Les grands laissés pour compte

 

Sidi Bouzid, justement… Pourquoi cette « grosse bourgade » de 40 000 habitants, entourée de plaines agricoles, a-t-elle été le berceau du soulèvement plutôt que Tunis ? « C’est à cause du chômage qui frappe le milieu rural. Le nombre de sans-emploi est d’ailleurs également très élevé dans d’autres villes de l’Ouest à vocation agricole, comme Kasserine, Jendouba ou Le Kef ». A travers ses enquêtes de terrain, Mohamed Elloumi l’a constaté : la paupérisation de ce secteur ne cesse de s’aggraver depuis 2000. En novembre 2010, il tente d’ailleurs de publier un article sur l’abandon que subit le milieu agricole par les puissances publiques : «  Nous avons fait un rapport au Ministre, le 11 novembre, pour dire qu’il n’y avait plus de gouvernance, plus de subvention, plus de transferts de connaissance. Que nous allions dans le mur. Sur les 860 centres de vulgarisation qui existaient, 600 ont fermé ces dernières années ! Les agriculteurs sont seuls. Même l’accès au marché leur est devenu très difficile… Le monde rural a été l’un des grands laissés pour compte de la politique. Même abandon du côté de l’encadrement de l’usage des ressources naturelles. Alors qu’on disposait d’un bon maillage territorial de la mobilisation de l’eau, cette forme de régulation a laissé place au libre accès, à une utilisation sauvage. Et puis, la famille de Ben Ali commençait à s’accaparer des terres, via des sociétés étrangères. Dernièrement, 160 000 hectares ont ainsi été cédés à une société suisse, dans le sud, pour produire de la biomasse (3). Or, comme on le sait, il n’y avait pas une seule transaction sans que la famille n’en soit partie prenante de manière directe ou indirecte ».

 

Une situation d’injustice qui s’est creusée depuis 2008

 

« Ce n’est donc pas étonnant du tout que tout soit parti de Sidi Bouzid où il n’y a pas eu beaucoup de réalisations durant les vingt dernières années. Dans cette préfecture, jusqu’il y a deux ans, il n’y avait même pas un hôtel où dormir !

Dans les enquêtes participatives que j’y ai menées, le degré d’indigence des populations ressort fortement. Il y avait bien une politique de transferts financiers pour calmer le jeu, mais elle est distribuée via les canaux du parti gouvernemental… Localement, les membres du parti affamaient ainsi ceux qui n’étaient pas de leur clan : aucune subvention, aucune aide sociale, rien. D’ailleurs, même les chiffres officiels l’indiquent : alors que depuis 2005, il semblerait que la paupérisation générale baisse (officiellement), celle des travailleurs et exploitants agricoles augmente  ». Et la crise de 2008 n’a fait que creuser l’écart : «  On a privilégié les revendications des consommateurs urbains au détriments des producteurs agricoles. En maintenant des prix bas à la production, et en subventionnant des aliments comme le pain, on a créé une situation d’injustice. Ainsi, le secteur de l’élevage ovin a été sacrifié : alors que le prix des céréales ne cessait d’augmenter, le prix de la viande restait stable et les éleveurs ne recevaient aucune aide. Beaucoup ont abandonné l’élevage qui était le secteur traditionnel de Sidi Bouzid. »

 

« Aides familiaux »... pour désigner des chômeurs

 

Aujourd’hui, dit-il, « je vais moins m’autocensurer. Et si on m’en donne les moyens, je ferai plus de terrain. Jusque là, je ne parvenais pas toujours à disposer des autorisations et des prises en charge pour cela, notamment pour aller dans le sud. Et il y a moins d’un an, il nous a été difficile de présenter l’enquête que nous avons menée avec d’autres collègues au Kef, car le Gouverneur n’était pas d’accord avec nos résultats. »

Pour ce spécialiste des politiques agricoles et du développement rural, le chantier à ouvrir est clair : si on veut résoudre l’emploi, cela passe notamment par l’agriculture, qui représente encore 16% des emplois et 10 à 12% du PIB. Une part moindre, certes, que dans bien d’autres pays voisins, mais des chiffres auxquels il faut ajouter ce fait : dans le rural, toutes les familles tunisiennes sont propriétaires, même si ce n’est que de 3 ou 4 hectares. Ce qui a généré une explosion des exploitations : 516 000 aujourd’hui, alors qu’on n’en comptait que 360 000 en 1961. Or, tout le monde souhaite garder sa terre. D’autant que les mouvements pendulaires qui avaient lieu vers Tunis et les villes du littoral ne sont plus possibles, faute de travail. Les jeunes diplômés restent donc sur l’exploitation, les garçons surtout, car les filles parviennent à travailler dans le textile ou comme bonne… Ce qui fait que l’indicateur le plus fiable du taux de chômage, c’est le nombre d’ « aides familiaux ». Un poste qui ne veut rien dire, si ce n’est qu’il désigne ces jeunes sans emploi, restés sur l’exploitation, et qui vivent grâce à la solidarité de la famille.

 

Une cocotte-minute

 

Comment changer la donne ? Pour cela, il faut un minimum d’investissements publics et abandonner le modèle (ou l’absence de modèle) actuel. D’abord parce que, malgré le potentiel agricole, l’intensification atteint ses limites dans certaines régions au regard des ressources naturelles. Surtout, le choix opéré dans les 90 s’est avéré catastrophique : « deux écoles en matière de schémas d’aménagement du territoire s’opposaient. L’une prônait un développement équilibré entre les régions pour freiner l’exode rural. C’est celui qui a été adopté en 1973. L’autre privilégie une focalisation sur les régions côtières, jugées plus rentables à court terme. C’est celle là qui, mise en minorité en 1973 et présentée de nouveau en 1993, par le même expert d’ailleurs, a été appliquée. Si vous y ajoutez le désengagement de l’Etat, la facture est lourde. La situation était encore tenable jusqu’en 2000. Depuis 2005, c’est une cocotte minute… »

 

Mais revenons à Tunis. Les citadins qui le peuvent ont stocké des denrées. Dans la plupart des quartiers, les boulangeries fonctionnent, le métro et les bus, commencent à reprendre. Hier, Mohamed Elloumi exprimait une crainte, c’est "’que les jeunes soient spoliés, alors que c’est à eux que l’on doit tout ça.  ». Et aujourd’hui ? "Maintenant que la composition du gouvernement a été annoncée avec une majorité de membres du RCD et de septuagénaires, mes craintes se confirment, malheureusement."

 

Propos recueillis par Valérie Péan, de la Mission Agrobiosciences, lundi 17 janvier 2011.

 

(1) Spécialiste des politiques agricoles et du développement rural. Il a dirigé la rédaction de l’ouvrage Mondialisation et sociétés rurales en Méditerranée. Etats, société civile et stratégies des acteurs (2002, Edition Karthala). Dernièrement, il s’est encore intéressé à cette problématique en participant à la direction de l’ouvrage Développement rural, environnement et enjeux territoriaux. Regards croisés Oriental marocain et Sud-Est tunisien (Cérès. Éditions, Tunis, 2010)

 

(2) En 2008, dans le bassin minier de Gafsa, a lieu une série de manifestations et soulèvements contre la vie chère, le chômage et les conditions sociales. Des « troubles à l’ordre public » durement réprimés. 38 personnes sont alors jugées et ont été condamnées à des peines lourdes. Lors du procès, en décembre 2008, les avocats de la défense ont dénoncé une « parodie de justice ».

 

(3) Un accord a été effectivement conclu, en décembre dernier, entre le gouvernement tunisien et la société genevoise Global Wood Holding, portant sur 160 000 hectares dans la région de Tataouine, afin de planter des eucalyptus destinés à l’exportation de bois combustible ;

 

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 13:43

photo-Tunisie.jpg

Ce texte, simple coup de cœur personnel, publié ailleurs et rapatrié sur mon blog aujourd’hui pour en assumer seul la responsabilité ne donne aucune leçon à qui que ce soit. J’y exprime ma joie loin des bisbilles franco-françaises. J’y exprime aussi ma honte d’un silence assourdissant face à un pouvoir qui fait tirer sur son peuple. Je m’incline devant le courage des gens de peu. La joie dimanche soir de mes 2 épiciers tunisiens du Boulevard St Jacques m’a ému, surtout lorsque l’un d’eux à découvert que pour la première fois de sa vie il allait voter « pour de vrai ».Lire ma chronique sur le Vin de l'épicier du coin link

 

Vendredi soir je sortais du métro à Saint Placide, il pluviotait. Tout en haut de l’escalier un jeune homme me sourit et me dit «C’est un beau jour monsieur!» Je lui réponds «oui» sans hésiter car je le prends pour un jeune Tunisien – en fait il me dira être marocain – nous conversons. Du bonheur, de l’espoir, beaucoup d’intelligence, le dictateur, comme l’écrira Joffrin, n’était «qu’un pleutre et quand le peuple insurgé lui a signifié son congé, il est parti la queue basse». Je ne sens pas très fier de mon pays, du moins de ses représentants officiels qui, comme ceux qui ont tenu ce régime pourri à bout de bras au nom de la realpolitik, et j’ai honte comme l’écrit Jacques Camus dans La République du Centre «Cela a tout de même duré 23 longues années, marquées par un silence dont nous devrions avoir honte».

 

Alors j’espère que vous comprendrez que ce lundi, au lieu de vous raconter des histoires de vin, je préfère lever mon verre à la santé de mes amis tunisiens libérés du joug d’un régime féroce, prévaricateur, aux mains couvertes de sang, menée par une clique de profiteurs, en formant des vœux pour que le peuple tunisien, si accueillant, si joyeux, si émancipé – les femmes surtout – puisse prendre son destin en mains, vivre librement, et bâtir son destin. Je m’incline respectueusement devant la dépouille mortelle de Mohamed Bouaziz, 26 ans, vendeur ambulant à qui une police corrompue avait saisi sa charrette, qui en transformant son corps en torche humaine a allumé l’incendie qui a mit en fuite l’indigne successeur de Bourguiba. Le désespoir des gens de peu, leur sacrifice, leur courage me remettent à ma petite place de petit homme. Je les salue et leur tend la main au-dessus de la Méditerranée qui nous unit de liens d’amitiés et de destin commun

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 00:09

Dans sa préface du livre de Florent Quellier « Gourmandise histoire d’un péché capital » chez Armand Colin Philippe Delerm écrit « Quand j’étais encore professeur, j’aimais beaucoup étudier avec mes élèves de 6ième un poème intitulé le baba et les gâteaux secs, dont j’ai appris seulement le jour de ma retraite qu’il était tiré des Fables de Franc Nohain. Ce texte opposait l’hébétude satisfaite du baba, trempant sans vergogne dans sa flaque de rhum sucré, pendant que les gâteaux secs, pinçant la bouche, disaient tout le mal qu’il fallait penser de cet ivrogne. L’auteur faisait s’exprimer à tour de rôle les deux gâteaux antagonistes, et c’était très amusant de faire jouer cette petite scène, métaphorique de la gourmandise mais aussi de la vie. Plus encore que la récitation de la fable, le bon moment consistait dans la discussion qui suivait l’explication du texte. Difficile d’affirmer qu’il faut être complètement baba ou complètement gâteau sec. Mais j’ai toujours en tête l’enthousiasme d’un Nicolas légèrement enrobé qui coupa court à l’échange philosophique pour s’exclamer : « Moi, m’sieur, j’suis au moins à soixante-quinze pour cent baba ! » Je respecte son sens des proportions. »

 

Et vous quel est votre pourcentage ?


Le baba et les gâteaux secs 

 

Ce qui caractérise le baba,
C'est l'intempérance notoire.
A-t-il dans l'estomac
Une éponge ? On le pourrait croire,
Avec laquelle on lui voit boire,
— En quelle étrange quantité —
Soit du kirsch, de la Forêt-Noire
Soit du rhum, de première qualité.
Oui, le baba se saoule sans vergogne
Au milieu d'une assiette humide s'étalant,
Tandis que près de lui, dans leur boîte en fer-blanc
De honte et de dégoût tout confus et tremblants,
Les gâteaux secs regardent cet ivrogne.
« Voyez, dit l'un des gâteaux secs, un ancien — à ce point ancien qu'il est même un peu rance —
Voyez combien l'intempérance nous doit inspirer de mépris
Et voyez-en aussi les déplorables fruits :
Victime de son inconduite,
Sachez que le baba se mange tout de suite.
Pour nous qui menons au contraire
une vie réglée, austère
on nous laisse parfois des mois. »
Cependant, une croquignole,
jeune et frivole, et un peu folle,
Une croquignole songe à part soi :
— On le mange, mais lui, en attendant, il boit.
Je connais plus d'un gâteau sec
Dont c'est au fond l'ambition secrète
Et qui souhaite d'être baba.

 

« Maurice Étienne Legrand, dit Franc-Nohain, né le 25 octobre 1872 à Corbigny – mort le 18 octobre 1934 à Paris, avocat, sous-préfet, écrivain, librettiste, poète[1]. Il choisit Nohain comme nom en hommage au cours d'eau traversant Donzy, lieu de ses vacances d'enfance. Son père était agent-voyer.

 

Au lycée Janson-de-Sailly, il fonde avec André Gide et Pierre Louÿs Potache revue.

 

Il publie ses poèmes dans la revue Le Chat noir. Il se qualifie de « poète amorphe ». Il a écrit de nombreux livrets d’opérettes pour le compositeur Claude Terrasse et, notamment, celui de L’heure espagnole de Maurice Ravel. Il fonde Le Canard sauvage et devient le rédacteur en chef de L’Écho de Paris.

 

Il a eu deux fils : Jean Nohain (dit Jaboune), dont le parrain était Alfred Jarry, et le comédien Claude Dauphin. » source Wikipédia

franc_nohain_02.jpg

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 00:09

 

 

En parodiant Tartuffe j’ose écrire « Cachez-moi ce cul que je ne saurais voir... » afin de souligner l’hypocrisie des défenseurs de la pudeur qui pourraient m’accuser de manier trop facilement la provocation. Et pourtant boire cul sec au cul de la barrique est une pratique – certes réprouvée par la gente dégustatrice bouche en cul de poule – encore fort usitée dans le fin fond de ma Vendée crottée. Et qui peux nier que les bouteilles ont un cul ? En son temps j’ai même écrit une chronique « Elles montrent leur cul » link Je suis donc un récidiviste et j’aggrave mon cas en soulignant que les chansons paillardes accompagnant les libations n’ont jamais été avares de cette association.

 

Paul-Emile Debraux (1776-1831) employé à la bibliothèque de l’Ecole de Médecine (les carabins sont des paillards), chansonnier populaire et prolifique, auteur du Cul de ma blonde écrivait dans son premier couplet :

J’ai tâté du vin d’Argenteuil

Et ce vin m’a foutu la foire*

J’ai voulu tâter de la gloire

Une balle m’a crevé l’œil

Des catins du grand monde

J’ai tâté la vertu

Des splendeurs, revenu,

Je veux tâter le cul

De ma blonde, de ma blonde...

 

* foire = ici foria

 

Ce préambule posé pourquoi ai-je abordé ce matin ce sujet d’apparence fort scabreux. Le hasard chers lecteurs, comme toujours avec moi un hasard malicieux et bien sûr au moment où je m’y attendais le moins. Le « coupable », ou plus exactement celui par qui ce hasard est tombé sur moi, se nomme Michel Issaly. Je sortais d’une conférence de presse, fort intéressante, en compagnie de deux confrères, et sur une table dans un petit pochon en papier kraft une bouteille nous était proposée pour la nouvelle année. Chacun de nous en prend une, et mon pochon à moi rend l’âme, le flacon chute sans se briser le cul. Je le recueille avec tendresse et que vois-je sur l’étiquette : Bourgogne en Montrecul

 photo Montrecul

Que dit le BIVB là-dessus ?

 

Les noms de CÔTE SAINTJACQUES, MONTRECUL (ou MONTRE-CUL ou EN MONTRE-CUL), LE CHAPITRE ou LA CHAPELLE NOTREDAME ne peuvent être adjoints à celui de BOURGOGNE que pour les vins rouges ou blancs et à celui de BOURGOGNE CLAIRET ou BOURGOGNE ROSÉ que pour les vins rosés produits à l'intérieur de l'aire délimitée de l'appellation BOURGOGNE et sur certaines parcelles du territoire de 1 commune du département de l'Yonne et de 3 communes du département de Côte d'Or.

Sur l’étiquette, les mentions CÔTE SAINT-JACQUES, MONTRECUL (ou MONTRECUL ou EN MONTRE-CUL), LE CHAPITRE ou LA CHAPELLE NOTRE-DAME doivent être inscrites immédiatement au-dessous du nom de BOURGOGNE, BOURGOGNE ROSÉ ou BOURGOGNE CLAIRET en caractères dont les dimensions ne dépassent pas la moitié de celles des caractères utilisés pour ce nom.

 

LE VIGNOBLE

 

Situation

Commune de production

- BOURGOGNE CÔTE SAINTJACQUES : Joigny (Yonne)

- BOURGOGNE MONTRECUL : Dijon (Côte d'Or)

- BOURGOGNE LE CHAPITRE : Chenôve (Côte d'Or)

- BOURGOGNE LA CHAPELLE NOTRE-DAME : Ladoix- Serrigny (Côte d'Or)

 

Encépagement

vins rouges et rosés, Pinot noir

vins blancs, Chardonnay

 

Production

Superficie en production délimitées :

- BOURGOGNE CÔTE SAINT-JACQUES: 13,43 ha

- BOURGOGNE MONTRECUL : 16,11 ha

- BOURGOGNE LE CHAPITRE : 5,24 ha

- BOURGOGNE LA CHAPELLE NOTRE-DAME : 4,53 ha

 

Rendement maximum à l'hectare

rouges et rosés 55 hl

blancs 60 hl

Récolte moyenne annuelle

 photo-cul-du-loup.jpg

Rentré chez moi je me suis souvenu d’avoir acheté au magasin de la cave coopérative de Lourmarin « Le Cul-du-Loup » un AOC Lubéron et une petite recherche sur la Toile m’a permis de débusquer un « Cul de Beaujeu » un Sancerre dont il est dit sur le blog www.fou-rgeot-de-vin.com « Autrefois on parlait du Clos de Beaujeu. Cette belle pente des vignobles sancerrois, 45% s'il vous plaît, exposée sud-est, sur la commune de Chavignol, est aussi connue que la côte des Monts Damnées. Nous sommes ici sur des terres blanches du Kimméridgien. Le vin de Franck et Christine Laloue provient d'une petite parcelle d'un peu plus d'un hectare que leur cousin, Bertrand Paillard, leur a proposée en métayage en 2008.« Un vrai challenge que nous avons été heureux de relever » ont-ils commenté au dernier Salon des vins de Loire d'Angers autour d'un échantillon, déjà prometteur, de ce Cul de Beaujeu dont le premier millésime n'a été commercialisé que début septembre, après huit mois d'élevage en cuve. Cette parcelle du Cul de Beaujeu, il a fallu la travailler, la remettre en état, reprofiler les rangs, la nourrir d'un apport d'amendement organique et de pâturin, avec l'objectif d'enherber les rangs de cette vigne très pentue, qu'il faut vendanger avec un chenillard sur lequel sont disposées les caisses de raisin ramassé à la main fin septembre 2009. » 

 

À ce petit jeu j’ai trouvé :

- Cristia Cul de Sac 1905 VdP d’Oc de Baptiste Grangeon

- Cuvée Cul Sec la Réaltière Coteaux d’Aix 2009 Bio...

- Gratte-cul KLIPFEL mais c'est une eau-de-vie blanche à l'églantine...

- apéritif à base de vin au Gratte-Cul (cynorhodon)...

 

Cependant afin d’épuiser cet important sujet je lance ce matin, auprès de vous chers lecteurs de tous pays, un appel pour le recensement exhaustif de l’association Vin&Cul... Question subsidiaire : qu'elle est la belle qui se dévoile aux côtés de notre Fabrice des Hospices de Beaune ?

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 00:09

images-Adamo.jpg

Du fin fond de notre Vendée, avec un nom et un prénom pareil, nous le croyions italien, ce qu’il était fils de mineur, mais la radio nous disait qu’il était belge puisqu’il vivait à Jemmapes, alors nous nous contentions de fredonner Tombe la Neige tout en essayant d’emballer la fille que nous venions d’inviter à danser. Ma mère, fan de Luis Mariano, le trouvait beau. Adamo né, en 1943, c’est comme l’a si bien dit le Grand Jacques, belge pur sucre, un « tendre jardinier de l’amour », de nos amours adolescentes. Alors, foin des lazzis des pourfendeurs de variétés ce dimanche un petit coup de projecteur sur ce gentil « roucouleur » équivaut à un beau bras d’honneur.

 

Pour en rajouter une couche, certes j’ai aimé l’Adamo de mes années de première volupté mais, la mâturité venue, j’ai même pleuré tellement j’étais bouleversifié en écoutant Arno chanter Les filles du bord de mer. Et puis, cerise sur le gâteau, en 2003 Adamo a sorti l'album Zanzibar avec la collaboration du même Arno, son poteau... (écoutez la vidéo du live d'Arno Les filles du bord de mer c'est 5 minutes 55 secondes de jouissance intégrale). En bonus et en audio, mon leitmotiv Je voudrais mourir dans tes bras... 

 

 

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 00:09

the_big_lebowski___jeff_bridges1.jpg

L'histoire est narrée dans un bar par un cow-boy interprété par Sam Elliott. L'intrigue du film s'inspire de celle du roman noir Le Grand Sommeil, de Raymond Chandler The Big Sleep adapté au cinéma par Howard Hawks. Jeffrey Lebowski le héros du film The Big Lebowski, dit The Dude, contrairement à Marlowe (celui de Hawks autant que celui de Chandler), n'a aucun code moral : il se drogue, il est oisif, sans emploi et préfère le bowling à son «enquête». C’est l’anti-héros : ce qui l’intéresse c’est de se faire dédommager de la perte de son tapis. Il est confus, bafouilleur, se perdant dans des explications vaseuses, flanqué d’un ancien du Vietnam Walter Sobchak, son meilleur ami (interprété par l’énorme John Goodman) the Dude subit les évènements avec un fatalisme en or blanc massif.

 

Ma transition, pour répondre à la question-titre : Que boit le « Dude » dans The Big Lebowski ?, est cousue de fil blanc puisque la réponse est un White Russian, un Russe blanc dénommé aussi Caucasien (50% de vodka pour 20% de liqueur de café (la plupart du temps du Kahlua) et 30% de lait) Dans le film des frères Coen, le Dude carbure au Russe Blanc, c’est un rituel qui, dit-on, a contribué à la popularité de ce cocktail et a donné naissance à un jeu qui consiste à boire un Russe Blanc à chaque fois que le Dude s’en concocte un dans le film.

 

Si ça vous dit jouez-y, en adaptant la recette à votre terroir , comme l'ont fait les canadiens (White Canadian, avec du lait de chèvre à la place du lait de vache) par exemple le White Catalan* au lait d’ânesse, tout en visionnant mon film-culte où Julianne Moore, Steve Buscemi, David Huddleston, Philip Seymour Hoffman, Tara Reid et John Turturro, qui complètent la distribution, sont tout aussi déjantés que le Dude.

 

À consommer sans aucune modération.

 

* l'inventeur de cette adaptation serait un certain Michel au nom prédestiné mais les mauvaises langues catalanes on rebaptisé le cocktail le LDB (Lev Davidovitch Bronstein) à ne pas confondre avec le LSD...

 

180px-RusoBlanco.jpg

 

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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 08:00

vROS2006-75

Ceci écrit le vin de Tahiti ça existe je l’ai même rencontré du côté d’une boutique de Saint Germain des Prés mais je ne l’ai pas acheté vu que le prix était proportionnel à la distance qui sépare Paris de Tahiti. Donc je ne l’avions point goûté. Alors pour vous dépayser je suis allé en chercher sur le site vin de tahiti link

Deux récoltes par an, du Carignan, et... je vous livre la page d’accueil et l’historique, pour la suite allez visiter le site du Domaine Dominique Auroy « L’Union parfaite entre un savoir-faire ancestral et la terre polynésienne... » Je suggère à mes 4 compères de notre crèmerie coopérative d’aller faire une dégustation in situ subventionnée par le Ministère des DOM-TOM. Les chemises de Jim Budd feraient un tabac, le chapeau de Michel des ravages, Hervé serait obligé de tomber la cravate, Marc ferait des photos et moi je ne vous dis pas. Bref, pour parfaire vos connaissances afin de briller auprès de vos connaissances voici ce qu’il vous faut savoir. Dernier point : il y a un bonus en fin de chronique notre complice Rémi Gaillard l’homme du faire n’importe quoi pour devenir n’importe qui développe le concept d’ascenseur Tahitien.

 

« Le vin de Tahiti est produit en Polynésie française dans le Pacifique Sud, sur l'atoll de Rangiroa, à 355 km de Tahiti. Ses plus proches concurrents sont situés en Nouvelle Zélande, au Chili, en Australie ou en Californie.

La Polynésie française, située au milieu du Pacifique sud, à plus de 5000 km du continent le plus proche, comprend plus d'une centaine d'îles ou atolls. La superficie des terres émergées est de 4 200 km2 répartis sur une surface équivalente à celle de l'Europe.

La température moyenne ambiante est de 27°C, tandis que l'eau des lagons se stabilise autour de 26°C. Nettement plus éloignés de l'Equateur, les archipels de l'extrême sud, Australes et Gambier, jouissent de températures plus fraîches.

Rangiroa est situé dans l'archipel des Tuamotu, un aérodrome met Rangiroa à 45 minutes d'avion de Tahiti avec plusieurs rotations par jour. C'est un des plus grands atolls du Pacifique. L'île entière de Tahiti tiendrait dans son lagon. Rangiroa est connu mondialement pour les magnifiques plongées que l'on peut faire dans les deux passes.

Le chai est situé en plein centre du village d'Avatoru à proximité du quai où accostent les goélettes.

Le domaine quant à lui est situé à l'ouest de la passe d'Avatoru, à 4 500 m à vol d'oiseau. Un bateau puis un véhicule tout terrain sont nécessaires pour arriver jusqu'à la vigne. »

 localisation2.jpg

Historique

 

La création d'un vignoble en Polynésie a demandé de longues années de recherches préalables.

 

Si quelques pieds de vigne sont présents depuis longtemps dans certains jardins en Polynésie, aucune production en quantité n'avait été entreprise jusqu'à présent ni en Polynésie, ni de surcroît sur un atoll.

 

Les premiers cépages ont été importés en 1992 et subi les tests d'acclimatation et de sélection dans les principaux archipels de Polynésie.

 

Le vignoble de Rangiroa est le résultat d'un long travail qui a nécessité de nombreux efforts et beaucoup de patience de la part des promoteurs et de leur équipe. »

 

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