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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 08:09

 

Nous avons raté, à un numéro près, la grille-type du LOTO® de la FDJ qui en a 49. J’étais un peu vénère, en effet, je me disais que pour m’épargner un dur labeur il me suffisait de squatter un jour de tirage du LOTO® à la télé.

 

Vous imaginez le tableau : mes « tout bon » face à leur écran plat, tout tremblant, contemplant la machine à boules en éruption, suspens insoutenable, le comble de l’excitation... Les 3 premières boules tirées auraient désigné dans l’ordre croissant : le 3ième, le 2ième et le 1ier. Bref, le pied pour un ramier de mon espèce mais y’avait un mais...

 

Un mais que j’ai vérifié lundi soir dernier où tout à fait par hasard j’ai branché la télé pour voir les infos et c’était pile poil le tirage du LOTO®. Comme je ne suis pas sadique je ne vous dirai pas quels ont été les 3 premiers numéros qui ont été expulsés par la drôle de machine. L’important dans l’affaire c’est que je me suis dit que je ne pouvais pas me défausser sur la FDJ mais que je devais assumer le sort.

 

Donc je me suis dit à LOTO® Loto et demi faut que je me replie sur le bon vieux Loto des familles. Alors, afin de rester neutre, je suis allé en Suisse en dégoter un et voici ce j’y ai trouvé  dans la Tribune de Genève :

 

Le loto de la Fanfare

 

« Quine, double quine, loto, ça vous dit quelque chose? Vous connaissez alors le loto, jeu de société fondé sur le hasard. Selon Wikipédia, de très nombreuses associations organisent très régulièrement des lotos traditionnels afin d'obtenir des recettes pour la réalisation de leurs projets.

 

Ainsi, la Fanfare municipale du Petit-Saconnex organise ce dimanche de 14h à 20h approximativement son loto annuel à la Salle des Asters, en  face de la Migros de la Servette. Venez nombreux tenter de gagner le gros lot (des bons d'achats valant plusieurs centaines de francs), ou bien de merveilleuses corbeilles de fruits, délicieux fromages, bouteilles de vins...)  

 

Il vous arrive de ne rien gagner ? Vous auriez tout de même la satisfaction d'avoir contribué à une bonne œuvre, car tant jouer qu'écouter la Fanfare municipale du Petit-Saconnex (une fanfare de la Ville de Genève et qui bénéficie du soutien de ses autorités) réchauffe le cœur.  

 

Je me réjouis de vous rencontrer dimanche 17 octobre à la salle des Asters, avec les musiciens de la Fanfare comme vendeurs, porteurs de lots, etc., en compagnie de nos crieurs et préparateurs des lots professionnels ! »

 

 Pierre Scherb http://www.pierrescherb.ch/  (juste un clic pour voir)

 

Ni une ni deux je suis donc allé acheter une boîte de Jeu du Loto.

 Caillou-9271.JPGCaillou-9273.JPG

Me restait plus qu’à trouver le lieu pour faire tirer dans un pochon, par une main innocente, les fameux 3 numéros.

 

Alors comme les jeunes demoiselles du meilleur monde d’autrefois j’ai consulté mon carnet de bal et mon choix s’est vite porté sur le George V – les snobs disent George Vé – où mes amis de Marrenon m’ont convié à venir découvrir leur « collection » présentée par Olivier Poussier le lundi 25 octobre à 19h30.

 

Bien sûr je n’allais pas y faire le coucou, comme certains de mes collègues bloggeurs qui viennent déposer des commentaires dans ma petite maison pour dire à mes chers lecteurs d’aller consulter le leur – je plaisante bien sûr – donc j’ai demandé à mes amis de Marrenon s’il voulait bien faire une petite place à mon petit pochon.

img173-Poussier.gifLe OUI fut franc et massif, donc lundi soir un terme sera mis au suspens insoutenable de la composition du fameux podium du Grand Concours de l’été.

 

Qui tirera les 3 numéros ?

 

Le mystère reste entier même si j’ai ma petite idée.

 

Si je suis en état en rentrant du George V je pondrai une chronique échevelée et vous saurez tout de la soirée et du fameux tirage au sort, photos à l’appui bien sûr...

 

Merci à Jean-Louis et à toute sa sympathique équipe pour leur hospitalité et à bientôt sur mes lignes...

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 00:09

img171-poulet.gif

Bon je sais vous allez encore me dire que je ramène ma fraise, que je mets en avant ma tronche de cake pour défendre ma soupe mais en l’occurrence vous ne pourrez pas contester que j’avais une longueur d’avance en matière de fraîcheur de l’info, vous ne pourrez que vous incliner et dire chapeau Berthomeau !

 

 

Explication de gravure :

 

 

le mardi 5 octobre je commets une superbe chronique ICI  qui secoue le convenu, le plon-plon de la critique gastronomique, innove, allie que des ingrédients de notre beau terroir : en l’occurrence l’agneau de Pauillac qu’est une IGP et un Label Rouge et le foin AOC de la Crau. La totale donc, et si là-dessus pour faire couler la miette vos gosiers asséchés s’offrent le nectar AOC approprié c’est une contribution sans précédent, je dirais même majeure, à la défense de nos territoires menacés par les Barbares.

 

 

Bref, je me dis que je suis vraiment top moumoute, lové dans la tendance, juste en ouverture de la Semaine du Goût, triple axel et double boucle piquée comme dirait le Nelson Montfort de la télé (surnommé Moumoute d'ailleurs). D’accord vous allez me rétorquer que c’est moi qui suis un peu piqué ! Vous avez tort...

 

 

Démonstration :

 

 

la couverture de Régal du mois de novembre, « EN VEDETTE LE FAMEUX POULET AU FOIN D’ALAIN PASSARD » Je cite « Un petit air rustique mais so chic ! Ce poulet cuit dans une brassée de foin était un classique de L’Arpège. Voici la nouvelle recette ultracroustillante »

 

 

Ne chicanez pas, chez Passard c’est du poulet mais le chef précise que sa recette va bien aussi au gigot d’agneau. Pour vous convaincre je vous livre un morceau choisi de l’interview d’Alain Passard :

 

 

On imagine cette recette couché dans le foin...

 

 

Alain Passard : Tout a commencé comme un conte de fées. Nous sommes en juillet, dans la Sarthe. Je passe devant un champ de foin. Les herbes commencent à sécher, il s’en dégage un parfum à la fois légèrement fumé et très résineux. J’en prends une belle brassée et, de retour chez moi, je la niche, avec une belle volaille, dans ma cocotte que je ferme avec une pâte à pain pour que le poulet s’imprègne de ce côté balsamique et très herbacé.

 

 

Ce plat a un succès fou. Cela vous étonne-t-il ?

 

 

Alain Passard : C’est un truc de l’Arpège depuis quinze ans. Il n’est plus à la carte, mais je le fais pour les clients qui le réclament. C’est une technique qui évite de mettre une sauce lorsque l’on veut imprégner un produit. On peut ainsi faire cette recette avec une côte de veau, un gigot d’agneau ou un rôti de porc. Et au moment du service, on met juste un copeau de beurre salé, un trait d’huile d’olive ou de noisette.

 

 

Aujourd’hui la recette a évolué ?

 

 

Je n’en dis pas plus, pour la suite c’est dans Régal page 46. Un détail, le foin d’Alain Passard est dit bio (il vient de Normandie où le chef  à 5 ha de terres).

 

img171-poulet.gif 

 

Voilà, si vous voulez surprendre votre fiancée vous savez ce qu’il vous reste à faire... mais de grâce ne lui dites pas « nous allons nous offrir un poulet au foin au coin des rues de Bourgogne et de Varenne » ça pourrait être mal interprété et par la maréchaussée – dont l’épiderme est déjà très fragile depuis l’affaire du Poulet de Loué ICI  – et par votre fiancée qui pourrait penser que vous voulez la rouler... dans le foin...

 

 

Poularde fermière au foin et son céleri en croûte de sel (Recette d’Alain Passard telle que recueillie par François-Régis Gaudry en 2005 pour l’Express)

 

 

 

 

Prenez le foin, chemisez-en une cocotte en fonte. Au centre, placez la volaille et arrosez-la d'huile. Recouvrez avec le foin et mettez le couvercle.

 

 

 

 

Préparez une pâte assez ferme avec 125 g de farine et un peu d'eau, afin de luter votre cocotte, c'est-à-dire de rendre les bords hermétiques en «colmatant» le couvercle et le récipient. Cuisez à four chaud 60 min; sortez, laissez reposer 10 min et brisez le lutage. Retirez la volaille de la cocotte et tranchez-la sur une planche, recouvrez-la de la sauce.

 

 

 

 

Pour la confection de la sauce, faites réduire le bouillon de volaille de deux tiers et ajoutez-lui en fin de réduction beurre frais, sel et poivre.

 

 

 

 

Parallèlement à la préparation de la poularde, faites cuire doucement les pommes de terre lardées à la sauteuse avec du sel dans un fond d'huile pendant 1 heure. Ensevelissez le céleri non épluché dans 3 kg de gros sel gris (Guérande). Cuisez 2 h 30 min dans un four préchauffé th. 5-6 (140-160 °C).

 

 

 

 

En sortie de four, laissez tiédir dans la croûte de sel pendant 40 minutes; cassez la croûte de sel, extrayez la boule, coupez-la en quatre et servez-la avec un beurre fondu à la moutarde.

 

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 08:00

 

 

Madame,

 

Tout d’abord épargnez-moi l’argument classique du sexisme, la référence à l’oie dans ma citation tirée d’une pensée de Talleyrand s’applique indifféremment aux journalistes des deux sexes qui, et je le regrette, pour beaucoup d’entre eux cultivent l’approximation comme les jardiniers du dimanche les hortensias bleu sans savoir que c’est le pH du sol qui leur confère une telle couleur (mettre du sulfate d’alumine en terre pour ce faire).

 

Pour ma part, j’écris une chronique tous les jours sur l’Internet sans pour autant me parer, comme vous, du titre de journaliste spécialiste de quoi que ce soit. Pour autant, avant de tremper ma plume dans mes « brillantes pensées » pour écrire mes billets je me documente, je lis, je vérifie, j’analyse, je prends le temps. Tel n’est pas, me semble-t-il, votre cas, la lecture de votre prose « Vin et santé la fin d’un mythe » est un tissu de lieux communs affligeants bourrés – désolé mais le français est plein de ressources – d’inexactitudes. D’autres que moi les ont relevées alors je ne vais pas m’y attarder même si, oser écrire, que le degré élevé des vins du Languedoc serait du à la chaptalisation, confine à la disqualification immédiate : carton rouge madame ! Voir Wine News N°77 : Vin et Santé la fin d'un mythe (colonne de droite en haut du blog) http://www.berthomeau.com/pages/n-77-vin-et-sante-la-fin-d-un-mythe--3885212.html

 

Mais passons, vous êtes, me dit-on, journaliste santé sur France 2 dans « C’est au programme » présenté par Sophie Davant. Fort bien, il est vrai que nous sommes en permanence abreuvés, si je puis me permettre cette expression, par les médias, à la télévision tout particulièrement, de conseils en tout genre émanant de spécialistes en tout et en rien. Entre le général à la retraite pour le terrorisme, le psy de service pour les multiples chocs de la vie, la nutritionniste préparant la fonte avant la plage, l’ex-commissaire pour la sécurité, les Diafoirus modernes promoteurs d’interdits, nous avons un large choix. Entre nous ça sent la République des petits copains, la connivence et le faire-valoir...  confiance-g.jpg

En effet, pour vous le problème est double : tout d’abord votre média la télévision est celui qui depuis plus de 20 ans perd de plus en plus de crédibilité : de 59% en 1987, avec même une pointe à 66% en 1994, vous êtes passé au-dessous de la barre des 50% dans les années 2000, soit 48% au dernier baromètre La Croix de janvier 2010 ; des 3 grands médias traditionnels : radio (60%), journaux(55%), télévision vous êtes le moins crédible. Ensuite, dans votre média le titre de journaliste est galvaudé, déprécié, minoré par la superficialité, la rapidité, la médiocrité de beaucoup de propos tenus à l’antenne. Travaillez ! Cessez, je l’ai vérifié à chaque fois que j’ai participé à des émissions, de survoler de vagues compilations préparées par des petites mains payées au lance-pierre. Sortez de votre sous-culture ! Lisez ! Soyez curieux de tout, même des idées et des choses qui vous déplaisent. Quittez le cocon douillet des spécialistes de la Santé qui se retrouvent aux Conf. de Presse pour ensuite décliner le dossier Presse bien préparé par les services du ou de la Ministre.

 

Reste que le problème c’est que vous êtes le média le plus consommé par les Français ; j’emploie à dessin ce qualificatif peu gratifiant. L’important pour vous n’est pas de faire appel à l’intelligence des téléspectateurs mais de jouer sur les peurs, les craintes, l’ignorance, de promouvoir les idées reçues, de ne jouer que sur la palette de l’anxiété, de susciter de l’émotion. Vous brossez les gens dans le sens du poil c’est plus simple et c’est bon pour l’audience. Bon, je sais, vous allez me sortir un scud de derrière les tonneaux, l’arme qui tue encore plus surement que le premier verre de vin, je ne serais un stipendié de l’affreux et puissant lobby pinardier. Si ça vous fait plaisir, ne vous privez pas, j’en serais fort honoré « quand vient la fortune, les petits hommes se redressent, les grands hommes se penchent. »

 

Certes le média sur lequel j’écris est souvent couvert d’opprobre par certains journalistes professionnels et par des intellectuels qui voient en lui un lieu de débordement des pires instincts de notre société. Tout comme en vous écrivant je ne mets pas tous les journalistes de la télévision dans le même panier pour l’Internet se côtoient le meilleur et le pire mais il n’en reste pas moins vrai que c’est un réel espace de Liberté beaucoup moins sujet aux pressions des lobbies et autres groupes de pression affichant leur bien-pensance comme celui que vous promouvez dans votre émission. Ceci écrit, depuis son apparition dans l’enquête de la Croix l’Internet progresse chaque année en termes de crédibilité : 23% en janvier 2005 à 35% en janvier 2010.

 

Sachez Madame que la vérité est complexe, en général provisoire, et souvent ambivalente, et qu’un bon journaliste doit agir avec discernement afin de proposer à ses auditeurs, lecteurs ou téléspectateurs non des vérités en kit du style des vôtres « Vous pensiez qu’un ou deux verres de vin rouge par jour étaient bons pour le cœur ? Erreur... » mais du matériau pour chacun d’entre eux puisse exercer sa faculté de jugement. Sans doute est-ce trop vous demander ! Vous vous contentez « d’arborer des opinions toutes faites, en général inspirées par l’opinion dominante » c’est tellement plus confortable. Mais bon vous allez me taxer de vieux réactionnaire mais comme l’écrit Olivier Bardolle dans la foulée de Philippe Murray « Deux millénaires d’efforts gigantesques sont réduits à cette postmodernité cafardeuse dans laquelle se traîne le dernier homme en poussant son caddy au supermarché du coin. Des millions d’années pour parvenir à se tenir debout et quelques décennies pour se retrouver à plat ventre sur le canapé du salon devant la Star Ac. »

 

Sans manier un quelconque mépris à votre endroit – « le mépris doit être le plus mystérieux des sentiments » – ceci est votre univers pas le mien ! Mon minuscule média, lui, petite chiure de mouche sur la Toile, parfois plein de bruit et de fureur, existe depuis plus de cinq années et s’honore d’être un espace de liberté citoyen où les informations et les opinions exprimées s’appuient sur des dossiers étayés. Les études dont vous faites état dans votre article les avez-vous lues dans leur intégralité ou vous vous êtes-vous contentée de reproduire quelques conclusions glanées dans des dossiers de presse ou des abstracts de prêt à penser ? La vulgarisation scientifique à des exigences intellectuelles qui dépassent le simple survol ou la compilation. Mais tout va si vite à la télévision, à propos pourquoi diable n’entendons-nous plus parler du fameux prion qui devait faire, selon vos semblables, des ravages dans la population ? Notre santé est un bien trop précieux pour la confier à de soi-disant spécialistes qui se disent journalistes.

 

Bien évidemment je ne fais aucune illusion sur l’impact auprès de vous, une dame de la télévision, du service public, qui cause chez Sophie Davant dans « C’est au Programme » les lundis, mardis, jeudis et vendredis à 9h45 pour nous aider « à optimiser notre alimentation et notre équilibre » (sic), de cette adresse émanant d’un manant insortable qui pour son équilibre fait du vélo dans Paris, mange bien, boit comme il faut, passe son temps à écrire, et autres loisirs de qualité dont il ne fera pas ici état afin de rester dans le « politically correct ». Pour tout vous avouer j’ai commis ce papier par pure hygiène mentale et non  en espérant influer sur la conception que vous vous faites du métier de journaliste. Sans affirmer que votre cas, et que celui de certains de vos confrères, sont désespérés, permettez-moi pour ma chute de reprendre à mon compte l’interrogation titre de François Dufour, journaliste lui-même, « Les journalistes français sont-ils si mauvais ? » http://www.berthomeau.com/article-31922860.html paru en 2009 chez Larousse à dire vrai.

 

Continuez de veiller, comme du lait sur le feu, chère Madame, sur notre alimentation et notre équilibre, les veaux que nous sommes seront bien gardés. Oui, à la manière du banc-titre de votre photo ci-dessus où vous affirmez au nom de toutes les femmes sans doute « cet été je m’occupe de mes jambes » moi je vais me contenter de m’occuper de mes neurones car, dit-on, c’est l’élixir de l’éternelle jeunesse juste avant, comme tout un chacun, de mourir de quelque chose.

 

Bien à vous.politically_correct.jpg

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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 00:09

 

Y’a des matins d’automne, faibles en degrés, où l’on a envie de rester bien au chaud sous la couette, et plus si affinités si partenaire en disponibilité, flemmarder, se payer une grasse matinée, buller... et puis si d’aventure aux alentours de midi on se risque à quitter le nid douillet la seule alternative qui s’offre alors c’est d’activer la combustion interne avec du haut degré en se nichant face à une belle flambée. Petit déjeuner spiritueux, sans crème ni croissants, hard, sans concession, des sons saturés d’une guitare chauffée à blanc, lévitation,  Still got the Blues, vous vous gavez de Gary Moore et ensuite vous faites l’amour...

Bon dimanche sur mes lignes avec le meilleur de Gary Moore en live... Vraiment c’est vraiment du lourd !  

 

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 00:09

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J’ai connu Valérie Péan en un cénacle qui phosphorait au bas du Boulevard Saint Germain pour le compte d’un sémillant jeune homme, bras droit de..., devenu depuis député européen. Rien que des beaux esprits, ce qui se faisait de mieux dans la réflexion sur l’agriculture, le cénacle s’est naturellement baptisé Groupe Saint Germain et a commis un petit opus : « Parce que la monde change, il est vital de repenser le projet de l’agriculture »- Je lui emprunte un article qu’elle vient de publier et je le verse ce samedi dans le dossier de nos chers amis hygiénistes.

 

Le sens des mots 

Hygiénisme, c’est du propre... par Valérie Péan. Mission Agrobiosciences

 

« L’hygiénisme semble bel et bien faire un retour en force, du moins au niveau de l’utilisation du mot. Celui-ci recouvre en fait deux notions différentes.  

 

La première, ce qu’on appelle l’hygiénisme contemporain, a été développée par un biologiste anglais, Shelton, au 20ème siècle. Sur le principe selon lequel tout être vivant tend naturellement vers la guérison, cet hygiénisme prône la santé par la diète, le refus de tout médicament et la naturothérapie.

 

Il me semble plus intéressant de s’attarder sur la deuxième acception de l’hygiénisme, utilisée actuellement pour dénoncer le discours sécuritaire et moral en matière de mode de vie et d’alimentation. Bref, un retour à la l’hygiénisme du 19ème siècle, c’est-à-dire à la grande entreprise d’assainissement menée en France à partir de 1870. La croisade des hygiénistes (le mot est apparu en 1830) obéissait à un projet politique que l’on retrouve dans bon nombre de mythes, depuis Platon jusqu’à Rabelais : un corps sain, une cité juste, une raison pure.

 

Cette grande œuvre de salubrité politique a certes permis de nettes avancées en termes bactériologiques, les découvertes pasteuriennes aidant, - c’est l’époque où l’on enterre les morts dans des cimetières, où le préfet Poubelle oblige les Parisiens à enfermer leurs déchets, où l’on canalise les eaux usées dans les égouts, où des campagnes de vaccinations s’opèrent. C’est la naissance de la santé publique, qui rejoint l’origine du mot grec, hygiène signifiant santé et désignant la branche de la médecine qui concerne le mode de vie adéquat pour conserver la santé et l’améliorer, principalement par l’hygiène corporelle.

 

Mais d’emblée, ce projet politique a opéré un amalgame délibéré, entre le corps humain et le corps social - une vision organique de la société -, la propreté et la pureté, la saleté et la souillure morale. . Ce grand ménage de printemps devait permettre de lutter contre les miasmes, les odeurs pestilentielles, la saleté des rues, la mortalité infantile, les épidémies - en l’occurrence la syphilis- et de fil en aiguille, la décadence, la souillure, la criminalité et les fléaux sociaux telles que la prostitution. Un objectif de moralisation donc, qui vise les pauvres, et un but clairement affiché d’amélioration de la race. Dès lors, hygiénisme a flirté avec l’eugénisme : une amélioration de la race très intéressée : à des fins économiques et militaires (avoir des bras pour cultiver et des hommes pour guerroyer, après la défaite de 70). On le voit nettement dans les colonies, notamment au Maroc, où des brigades sanitaires ont littéralement raflé les pauvres, pour les désinsectiser et les revigorer dans des stations sanitaires et militaires. Cette politique hygiéniste s’est poursuivie jusqu’à la première guerre mondiale, relayée par la fondation Rockefeller, garante du bien-être de l’humanité, pour prévenir la tuberculose à travers la création des dispensaires et des visiteuses d’hygiène, la propagande d’un ministère de l’Hygiène, de l’assistance et de la prévoyance sociale.

 

Certains voient aujourd’hui, dans différents signes des temps, le retour d’un tel hygiénisme ou du moins des conditions qui évoquent celles du 19ème siècle, avec ses succès et ses dérapages.

 

 L’apparition de nouvelles « épidémies » que sont les virus - celui du Sida-, mais englobant également les risques alimentaires réels ou non, - vache folle, OGM, listéria, fièvre aphteuse, grippe aviaire - et les problèmes de santé dus au mode de vie : l’obésité, le cancer du poumon, les maladies cardio-vasculaires.

 

 Une idéologie de la tornade blanche, de la pureté et de la propreté : on retrouve là la peur du miasme et des microbes, qui se traduit par la stérilisation et l’aseptisation à outrance, quitte à générer l’insipide, l’invasion des antibactériens dans la maison pour tout désinfecter, les parfums d’ambiance pour sentir le propre, et j’en passe

 

 Un Etat autoritaire - au sens où c’est la puissance publique qui assume un rôle de surveillance, de contrôle, de garantie et qui exerce un pouvoir normatif fort.

 

 Un moralisme discret mais bien présent, qui tend à amalgamer corps humain et fléaux sociaux, sur l’alcool, le tabac, le poids. Le gros, le fumeur, le buveur, seraient décadents, ringardisés, et réussirait moins bien professionnellement. On le culpabilise : à sa faiblesse de caractère, est opposée l’idéologie de l’effort et de la volonté à coup de sport et de minceur.

 

 Enfin, pour en venir plus précisément à l’alimentation, il me semble que, de même que l’émergence de l’hygiénisme du 19ème siècle n’a pu se faire qu’à la faveur d’un progrès de la science et de la technique ( Pasteur), nous connaissons aujourd’hui une technicisation et une médicalisation de l’alimentation qui valorise le nutritionnellement correct et parle d’alicaments sur fond d’une utopie qui serait celle de la santé parfaite.

 

Au 19ème siècle, de vraies avancées avaient néanmoins été opérées en terme de bien-être, mais au prix de régressions fortes en terme de dignité humaine. De même aujourd’hui, ce souci du sûr et du sain apporte son lot de bénéfices, mais comporte également le risque de substituer le biologique au culturel, la norme au choix individuel, la légitime exigence de sécurité sanitaire à la politique de santé sécuritaire. »

 

Valérie Péan.

 

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 18:23

marcel-lapierre

 

Photo empruntée à mon collègue www.glougueule.fr Merci

 

Marcel Lapierre vient de mourir ce jour. Qui mieux qu’un de ses amis, Sébastien Lapaque, peut parler de lui. Dans son livre écrit en 2004 « Chez Marcel Lapierre » il nous menait sur la route des beaujolais « sinueuse, flâneuse, parée des milles couleurs de l’automne » jusque chez Marcel Lapierre, viticulteur à Villié-Morgon. 


Suivons-le sur ses lignes !

 

« Relief apaisé, tons reposants, harmonie des mauves, des verts, des bruns.

 

« J’aime bien ce chemin. En regardant le paysage, on n’a pas besoin de se poser de questions, les idées viennent toutes seules. »


Au domaine des Chênes, Marcel Lapierre vinifie son morgon comme son grand-père et son père avant lui, en laissant le temps au gamay noir à jus blanc de devenir du vin. Le viticulteur qu’un article du magazine Gault et Millau célébra comme « le pape du morgon » dès 1988, avant qu’il ne devienne un mythe de Lyon à Chicago et de Paris à Tokyo, n’est pas un doctrinaire.


Aucun discours dogmatique chez lui, nulle tentation de moquer ses collègues ni d’éreinter ceux qui inondent chaque année le marché mondial d’un pinard obligatoire baptisé beaujolais bouveau, affreux breuvage gonflé à l’acétate d’isoamyle – le fameux goût de banane. Moraliste d’un genre oublié, Marcel Lapierre sait que les gâcheurs de raisin sont à eux-mêmes leur propre punition. Pourquoi les accabler ?


Mieux vaut se promener. Savourer les retrouvailles quotidiennes avec les chemins de l’enfance qui ont épousé les rêves d’un homme. »


 

Marcel Lapierre était de ces hommes libres dont j’appréciais la démarche tranquille et sereine, loin de la nostalgie stérile du bon vieux temps et de l’intégrisme de certaines chapelles. Marcel Lapierre était vigneron, sans ostentation, avec discernement, il gardait comme un bien précieux sa faculté de jugement. Modeste, il ne se vantait pas d’avoir fait école mais, à l’instant où il quitte notre chemin, celui des encore vivants, c’est son emprunte et sa trace que je veux saluer avec amitié et simplicité.

 

Je m’incline devant la peine et la douleur de Marie Lapierre, qu’elle sache que la mort de Marcel donne tout son sens à sa vie, une belle et forte vie. Que Matthieu, leur fils, soit lui aussi assuré de la tendresse de tous ceux, dont je suis, qui ont porté sur le travail de son père le regard ému et reconnaissant d’amoureux du bien vivre. Bonne route à vous et à tous ceux  pour qui Marcel Lapierre était un être cher.

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 00:09

 

Tout est dans le suis-je cher lecteur. En effet, en m’interrogeant ainsi je n’affirme pas me glisser dans la peau du « réactionnaire le plus admiré au monde, y compris par les plus ardents progressistes ». Je n’ai ni son talent, ni sa notoriété, et je ne suis pas comme lui un « libertarien social » partisan de la peine de mort pour les crimes les plus odieux. Mais comme lui « je ne déteste rien que les extrêmes », je refuse de me faire « embarquer de quelque manière que ce soit » et en toute chose je m’efforce de me forger mon opinion par moi-même. Comme le souligne Olivier Bardolle, en bon réac qu’il est, dans son Petit Traité des vertus réactionnaires  chez l’Éditeur « la vérité est complexe, généralement provisoire, et souvent ambivalente » et cette attitude « s’appelle le discernement, ou, en d’autres termes la faculté de jugement. Tout le monde n’en est pas également pourvu, et la plupart des hommes se contentent d’arborer des opinions toutes faites, en général inspirées par l’opinion dominante, sans craindre de vivre parfois en contradiction patente avec ladite opinion. »

Pourquoi faudrait-il en toute chose « choisir son camp », y camper, le défendre par tous les moyens, y compris les plus extrêmes, ne pas fréquenter les gens d’en face, les excommunier, ne pas les entendre, les vouer aux gémonies ? Ne pas choisir son camp ne signifie pas pour autant s’abstenir de prendre position, de toujours rester en retrait, de se laver les mains. Entre les partisans des « grands soirs » et des « lendemains qui chantent » et les « ça était mieux avant » défenseurs du bon vieux temps, il reste un espace à investir, il est central et non centriste, inconfortable, risqué mais seul en capacité de redonner le goût de la conquête, l’envie de se dépasser. Je me suis toujours efforcé d’être un pessimiste actif car comme le dit Bardolle « Les pessimistes ont presque toujours raison mais ne font rien, les optimistes sont presque toujours tort mais ils assurent la marche du monde. » Pour autant, empêtré comme tout le monde dans mes contradictions, je peine, je suis un peu las, conscient parfois de rabâcher, de radoter, de m’installer dans la posture d’un vieux sage.

Reste que, péché d’orgueil ou pas, je préfère à la manière de Fabrice Lucchini me rattacher à ces « vagabonds idéologiques » des passes murailles qui refusent la logique binaire, qui n’en ont rien à péter du « si tu n’es pas avec nous c’est que tu es contre nous... », qui sont intenables, indéfinissables, inclassables, insaisissables... Trop facile me rétorqueront certains de s’exonérer ainsi d’un positionnement clair, en béton, permettant le rattachement non équivoque à une cause, à un camp, à un clan... Mon élevage vendéen m’a vacciné définitivement contre les vertus du croire, du troupeau mené par un bon pasteur. Je fuis l’ « esprit du troupeau » qui transforme le citoyen en craintif, en adepte du principe de précaution appliqué à tout et à rien, en ce n’est pas de ma faute, en demandeur d’interdits multiples soi-disant protecteurs, en replié sur sa sphère privée, sans souci de ses voisins ni de la vie collective, en consommateur qui s’achète de la « bonne conscience en libre service ».

Caillou-9232.JPG

Même si Olivier Bardolle par bien des côtés m’irrite, m’exaspère par ses références permanentes à l’ermite de Meudon qui vilipendait ceux « qui ne mettent pas leur peau sur la table », me gonfle avec sa fascination pour des héros qui ne sont pas les miens, il n’empêche que je le lis, je le comprends, et que tout réac qu’il fut, je souscris à ce qui suit : « De fait, l’égalitarisme du troupeau – et des différents troupeaux communautaires – ne consiste pas à tenter de se libérer de sa condition grégaire mais bien à vouloir se fondre dans le groupe pour dissoudre sa responsabilité individuelle dans le destin collectif. Enfin exonéré du dur devoir de faire son métier d’homme au sens où l’entendait Pavese, l’animal humain se met à l’abri au cœur de la harde. C’est la stratégie du gnou africain. Ce sont le nombre, la masse, qui incitent à ce type de comportement où l’on abdique son libre arbitre pour s’en remettre au gnou dominant, censé donner la bonne direction, et surtout la dynamique de groupe que constitue le troupeau (un troupeau qui charge est irrésistible, on le sait bien). Le risque étant que le gnou dominant peut très bien être un Führer, un Caudillo, ou un Lider Maximo, c’est-à-dire un Tyran. Et le Tyran n’est ni une figure réactionnaire ni un modèle progressiste, le réactionnaire de bon aloi est trop individualiste pour s’en remettre à la loi du despote et le progressiste averti aime trop l’idée de liberté pour accepter de marcher au pas. Ainsi l’égalitarisme de troupeau est-il rejeté par les hommes de bonne volonté à quelque bord qu’ils appartiennent, car dans une démocratie éclairée et suffisamment sûre d’elle-même et de ses valeurs il s’agit avant tout, comme le souhaitait Diogène de Sinope, de faire naître et d’encourager des hommes libres. Autant dire que nous ne sommes pas au bout de nos peines, tant le courage fait défaut et que l’idéal sécuritaire, partout, a pris le pas sur l’aspiration à la plus grande liberté possible et à l’élévation spirituelle. »  

Espace de Liberté, oui j’ai écrit au fronton de ma petite maison Liberté et, même si ici nous ne débattons que du vin, de son petit monde, de ses problèmes, des femmes et des hommes qui le font, l’aiment, le vendent ou de ceux qui tournent autour, rien ne nous interdit de participer, à notre place, rien qu’à notre modeste place, à tout ce qui permettra de « faire naître et d’encourager des hommes libres » car « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde ne se défasse. » Albert Camus (Discours de Suède) cité par Bardolle comme étant la formule préférée d’Alain Finkielkraut.

 

Bonne journée à tous !

 

* Dans son film Grand Torino Clint Eastwood campe un infâme vieux misanthrope raciste Walt Kowalski « qui n’hésite pas à sacrifier sa vie pour son exact contraire, un jeune asiatique dont tout semble le séparer, sauf l’affection qu’il lui porte au-delà des barrières de l’âge et de l’origine. » Si vous n’avez pas vu le film achetez-vous le DVD ça vaut le coup.

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 00:09

De François David j’ai le souvenir qu’il me laissa sur place dans la dernière ligne droite d’un cross organisé par les « Scouts Marins » fin 1980 au Champ de Mars. Nous avions distancé depuis belle lurette mon patron de l’époque, PML directeur de l’Office des Vins de Table. Il était lui au cabinet de Jean-François Deniau Ministre du Commerce extérieur du gouvernement Barre.

Comme il l’écrit dans l’Avant-propos de son petit opus So British! L’humour à l’anglaise chez Albin Michel  « dès mon plus jeune âge, j’ai vécu alternativement à Paris et à Londres. À cette occasion, tel un entomologiste, j’ai pu observer la façon dont les Français et les Anglais se comportent vis-à-vis de leurs semblables, notamment lorsqu’ils veulent faire de l’esprit »


Ironie à la française rimant avec supériorité contre esprit à l’anglaise se déclinant avec humour au second degré affirme-t-il. Soit, ne lui en déplaise nos amis anglais ne sont pas totalement dépourvus d’arrogance et parfois les gaulois savent eux aussi se moquer d’eux-mêmes.


Bref notre O’ fonctionnaire anglophile qui n’a pas avalé son pébroc comme la plupart de ses confères de l’ENA nous propose 90 opening joke ou closing joke pour égailler vos discours d’après boire.


J’en ai choisi 3, pas tout à fait au hasard, non quelles fussent les plus savoureuses mais parce qu’elles me rappelaient quelquechose.


 

N°1 « Seul sur la scène d’une salle de concert, un violoniste joue de son instrument avec passion. Deux britanniques installés dans une loge commentent.

Le premier demande :

- Que pensez-vous de son exécution ?

Le second répond :

- Je suis pour. »

 

N°2 « Dans un bar sont accoudés un Allemand, un Anglais et un Français. Jésus Christ entre dans le bar et demande au barman :

- Pourrais-je avoir quelque chose à boire ?

Le barman regarde son long manteau blanc et voit qu’il n’a pas de poche.

- Vous avez de quoi payer, monsieur ?

Non, répond Jésus-Christ.

- Dans ces conditions, je regrette... dit le barman.

Immédiatement l’Allemand tend son verre de bière et dit :

- Jésus, acceptez mon verre de bière.

L’homme le boit, serre la main de l’Allemand et dit :

- Merci monsieur vous êtes un homme de bien.

L’Allemand regarde sa main, bouge ses doigts et s’exclame :

- Miracle ! Mon arthrose a disparu.

À son tour, l’Anglais tend son verre :

- Jésus acceptez ce whisky.

Jésus boit, serre la main de l’Anglais et dit :

- Merci. Vous êtes aussi un homme de bien.

L’anglais se redresse et s’écrie :

- Miracle ! Mon lumbago s’est envolé.

À son tour le Français tend son verre :

- Jésus acceptez ce verre de vin.

Jésus boit le vin, tend la main vers le Français. Celui-ci se rétracte et dit :

- Non, pas moi. Je suis en congé maladie.

Devant un public anglo-saxon, le succès est garanti. »

 

 

N°3 « Un jeune élève corse vient de passer son brevet et rentre le soir à la maison.

Son père lui demande :

- Alors petit, ça s’est bien passé ton examen ?

- Papa tu vas être fier de moi.

- Ah bon, pourquoi petit ?

- Ils m’ont interrogé pendant deux heures. Je n’ai rien dit... »


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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 00:09

« Le vin cherche ses marques » beau titre pour un débat récurent et très représentatif de notre goût national pour des interrogations qui cachent une certaine forme d’impuissance à faire des choix. Mon ironie ne s’adresse en rien aux organisateurs du débat, les journalistes de l’Association de la Presse du Vin, qui ne faisaient là que leur métier.

Mon bonheur était grand de me retrouver à une adresse que j’ai fréquentée pendant plus d’une année, celle de la naissance de mon espace de liberté.

Au risque de vous surprendre je vais être très bref ce matin.

Pourquoi ?

Parce je suis las.

Fatigué quoi, et je dis tout de go que si le vin français cherche ses marques il ferait bien de les trouver, vite !

Explication de texte :

- le vin français = les vins anonymes en grands volumes.

- marques = les marques de grande consommation internationalisables.

Alors que faire ?

Faire !

Sinon arrachons nos vignes !

Alors pourquoi ne fait-on pas ?

Soit on ne peut pas (moyens), soit on ne veut pas (volonté) ou les 2.

Là où j’étais placé j’ai mouillé le maillot, en pure perte !

Fin de ma chronique.

 

Ce qui suit n’est que de la veille soupe dans un vieux pot... Vous n’êtes pas obligé de consommer...   Caillou-3616.JPG

« 2° faire piloter nos vignobles génériques – ceux qui dégagent des gros volumes d’AOC ou de vin de pays – par les entreprises d’aval en capacité de développer des marques fortes.

Pour moi, sans un bon substrat, un terreau adapté à ce que l’on souhaite récolter, nos entreprises commerciales ne pourront développer des stratégies durables de positionnement de nos vins. En économie monétaire on dit que la mauvaise monnaie chasse la bonne, pour la ressource vinaire c’est la même chose. Bien évidemment, dans cette optique le partage de la valeur ajoutée ne se fera pas de façon identique selon les segments de marché visés. C’est sur le segment des vins de milieu de gamme que le partenariat doit se concrétiser. On peut comprendre que ce chantier est du seul ressort des opérateurs producteurs et négociants de la filière et qu’il est grand temps d’amplifier le travail de certains précurseurs. Générer une ressource vin adaptée est une condition nécessaire pour fonder un bon positionnement de nos vins mais ce n’est pas une condition suffisante. Nos entreprises commerciales doivent pouvoir dégager des moyens pour développer des politiques de vente qui soutiennent la comparaison avec celles de la concurrence. Là, comme pour le vignoble et ses règles de production, il est illusoire de croire que d’un seul coup d’un seul nous pourrions par des politiques publiques incitatives fortes faire changer la dimension de nos entreprises exportatrices et leur permettre d’adopter des stratégies identiques à celle des Gallo, Southcorp et consorts. »

 

« Tous nos grands vignobles sont concernés. Si nous voulons continuer de progresser, profiter de la croissance de certains marchés, résister sur d’autres, rester la référence du vin dans le monde, c’est toute la structure de notre ressource vin que nous devons fortifier. Pour tenir nos promesses, ne pas décevoir les anciens et les nouveaux consommateurs de vin français, nous devons faire preuve d’une rigueur accrue, cesser nos petits arrangements, faire appliquer nos disciplines de production, être professionnel à chaque stade quelle que soit la catégorie de vin en cause, appréhender les consommateurs dans leur mode de vie essentiellement urbain, abandonner les vieilles antiennes qui font plaisir aux vignerons mais qui donnent une image ringarde du vin, accepter des approches nouvelles du produit par des consommateurs immatures, ne pas raisonner les marchés extérieurs avec les méthodes hexagonales… »

 

« Une telle approche constitue une première réponse aux effets de la mondialisation du vignoble. En effet, la bataille ne se fera pas Etat contre Etat mais grande région contre grande région aux travers d’entreprises fortement impliquées dans le vignoble de ces grandes régions. A l’intégration verticale des entreprises du Nouveau Monde – phénomène qui trouve son équivalent en France dans le secteur de la volaille – il nous faut opposer un partenariat fort et structuré entre les entreprises de production, individuelles ou coopératives, et les entreprises de commerce du vin. Le ramassage aléatoire du vrac pour des assemblages indistincts, substituables, dictés prioritairement par des impératifs de prix subsistera, mais ce n’est pas sur  cette base que nous pourrons rester compétitif dans le coeur du marché. C’est une véritable révolution culturelle qui ne pourra se mettre en oeuvre que si l’on apporte des réponses économiques claires à la mise en oeuvre de ce partenariat.

Parler de pilotage du vignoble peu paraître incongru, mécanicien, comme une sorte d’injure au beau métier de vigneron, homme de l’art, attentif à ses vignes, soucieux de la santé de son raisin, vinificateur talentueux, bichonnant ses vins, les habillant avec amour, les vendant avec talent après les avoir raconté à ses clients au cul des barriques une pipette à la main. Quelle robe ! Et ce nez de fruits rouges ! Un millésime d’exception ! Un nectar qui, même mécréant, vous ferait croire en Dieu ! Je l’emploie à dessein car il s’adresse en priorité à ces grands ensembles vinicoles qui se sont développés au cours du dernier quart de siècle. Ce sont des porte-avions, pas des bateaux de plaisance ou des yachts, alors ils nécessitent une approche plus collective, plus encadrée, des modes de gestion plus tournés vers les méthodes appliquées dans les entreprises de grande dimension. C’est d’autant plus vrai que l’on souhaite tenir tête à une armada concurrente appliquant ces méthodes sans aucun état d’âme. A nous de trouver, d’adapter avec notre génie propre des méthodes de pilotage de nos grands ensembles viticoles pour qu’ils puissent passer d’une navigation à vue, de l’à peu près à une gestion concertée, pragmatique, économiquement efficace et acceptable socialement. »

 

« Pour ma part je pense que la marque est d’abord une porte d’entrée simple, rassurante pour le non initié habitué à ce type de confort dans ses autres actes d’achat alimentaire ; c’est aussi le moyen privilégié de l’amener par un produit basique dans un univers où il sera plus facile, avec le temps de le guider dans notre subtile diversité par le biais de gammes regroupant des familles de produits : Bordeaux, du générique jusqu’au grand cru en passant par les appellations régionales; Vins du Languedoc : cépages, Oc, AOC du Languedoc… en une hiérarchie maîtrisée, une segmentation par les prix simple. Entre-nous cette approche appliquée aux linéaires de nos distributeurs faciliterait la tâche d’une grande masse des consommateurs français tout aussi peu connaisseurs que leurs homologues britanniques.

Cette politique de marques, de gamme, pour la partie la plus volumique de nos vins n’a rien d’antinomique avec notre modèle vigneron. Elle le complète, elle le défend en lui donnant tout son sens. Bien sûr elle doit être mise en oeuvre par des entreprises à l’identité forte, ayant les pieds dans les vignobles qui lui fournissent les vins qu’elles assemblent. Nos concurrents, surtout les américains, ne se privent pas de jouer sur des images familiales fortes, sur leurs arpents de vignobles, pourquoi nos grandes entreprises de négoce (certaines le font déjà avec bonheur) en resserrant leurs liens, via un partenariat fort, avec la viticulture ne s’emploient elles pas à se départir de l’image ancienne de marchands de vins. »

 

« De tout ce qui précède il nous faut tirer un enseignement fort : nous n’avons pas su anticiper, forts de nos succès nous ne nous sommes pas donné la peine d’en analyser les raisons, nous avons vécu sur nos acquis, nous avons raté le coche. Ceci étant dit, rien ne serait pire que de céder au « syndrome nouvelle économie » c’est-à-dire jeter par dessus bord nos fondamentaux, céder aux sirènes du vin banalisé, faire barre toute sur des stratégies de type industriel alors que nous ne sommes pas en capacité de dégager les moyens correspondants. Car si on pousse le modèle industriel jusqu’à sa logique extrême rien n’interdit d’imaginer qu’un jour on puisse embouteiller des cépages internationaux dans une usine implantée à Rotterdam et que des marques françaises vendent du vin d’Argentine ou du Brésil. On retrouverait le modèle alimentation du bétail qui a si bien réussi à la filière viande bovine… »

 

Je suis conscient de la difficulté d’une politique plus recentrée, plus directive mais comme il en va de la survie d’une part de notre viticulture, nous ne pouvons plus nous permettre de rester dans l’approximation sinon nous continuerons de nous affaiblir, nous resterons scotchés sur des marchés de matières premières ou de premiers prix, nous serons dans l’incapacité de faire de vrais arbitrages entre investissements matériels et investissements commerciaux. Il faut avoir le courage de dire que tout franc gagné à ce niveau est un franc qui peut être investi dans le soutien d’une marque que ce soit en partenariat avec le négoce, soit dans une démarche intégrée contrôlant le produit jusqu’à sa vente. De plus, si l’on souhaite, comme je l’ai proposé, piloter plus finement le vignoble, il faut être en capacité d’investir dans de la ressource humaine capable de définir et de maîtriser chaque stade de l’élaboration du produit du cep à la bouteille. Sur ce point les financeurs publics se devront d’accompagner les efforts des structures qui auront fait ce choix. En effet, dans la crise actuelle, l’étroitesse des capacités financières des entreprises de vinification (caves particulières et coopératives) ne leur permet pas de mobiliser les moyens suffisants. Une grande part de notre capacité de rebond se joue d’abord à ce niveau. C’est un goulet d’étranglement. Si l’on veut générer une ressource vin adapté tant sur le plan de sa qualité, que de son coût, il nous faut rompre avec nos mauvaises habitudes.

Nous sommes dans un univers d’entreprise : on ne peut espérer défendre des positions à l’exportation avec un catalogue de bonnes intentions. Il faut se donner des marges de manœuvre pour investir dans ce qui garantira au vigneron de vivre au pays. Alors est-ce que la question de savoir si son raisin sera vinifié dans la cave de son grand-père est plus importante que sa valorisation optimale ? »

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 00:09

Prénom : Clément, nom Maraud, ça sonne bien pour un écrivain de bord de zinc né me dit-on « dans les marais de l’Aunis. « Têtes de Zinc » est l’un de ses livres découvert au hasard d’une conversation avec France Dumas illustratrice dans la presse et l’édition lors du festival des arts rue Raymond Losserand dans le XIVe arrondissement.

Une douzaine de récits ciselés, plein d’humanité, de « voyageurs sans bagages qui jettent l’ancre dans des rades de hasard dont la clientèle constitue, bien souvent, leur seule famille. » font de ce « Têtes de Zinc » publié par Les éditions de Paris Max Chaleil www.leseditionsdeparis.com une plongée dans les « vies en panne sèche » des gens de peu.

Ce matin j’ai choisi de vous proposer, non un récit au coin du zinc, mais la découverte d’un marchand de vins, plus exactement d’un caviste comme on n’en fait plus. Ce récit a pour titre « Le secret du vin ». Je ne vais pas vous le déflorer dans son intégralité, ce serait à la fois un peu long et contraire aux usages qui n’autorisent que les citations.

Mon découpage restera respectueux du texte tout en vous en proposant l’essentiel. Mon but n’étant que de vous donner envie de lire  « Têtes de Zinc ».

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Mise en situation : Une femme rentre chez elle à l’heure du dîner. Son homme est un homme au foyer. Elle a la « satisfaction d’avoir un homme à la cuisine, à la plonge, et puis dans son lit. Beau menu « Huîtres, palourdes, amandes, filets de barbue à la crème avec un vin d’Arbois de chez Tissot !... » Lorsqu’arrive le plateau de fromages « elle plongea une main dans son sac-foutoir pour en extraire du premier coup une bouteille de château-ausone 1961. » Effet de surprise, dialogue express, elle lui dit « Je viens de rencontrer un homme qui te plairait. » Il s’agit du marchand de vins de la belle bouteille.

Quelque temps après, il se rend à cette fameuse boutique dans une petite rue au centre de la ville « il s’agissait d’un petit bout de voie ancienne à usage résidentiel sans nulle enseigne de marchand... ». Impression de l’extérieur « cette boutique avait de la bouteille ». Alors il « poussa la porte, qui n’était pas close ; des tiges métalliques s’entrechoquèrent en un tintement menu et clair. » Notre homme découvre le décor d’une échoppe où les casiers en plastique de vins capsulés occupent une place centrale. « Ce monument involontaire pouvait toutefois décourager un amateur éclairé de château-ausone ou de haut-batailley qui en serait resté à ce premier coup d’œil. »

 

1ier extrait : « L’arrivée du caviste le rasséréna d’un coup.

« Bonjour, cher monsieur, comment allez-vous ?

-         Et vous-même ?

-         Je finissais d’écosser des petits pois, vous comprenez...

-         Si une chose n’attend pas c’est bien celle-là !

-         C’est une occasion que j’ai eue, confia-t-il.

-         Il ne faut rien laisser passer.

-         Un maraîcher qui m’a pris du vin... Il m’a juré sur la tête de son chien, qui était présent, qu’il me fournirait des petits pois juste cueillis, qui n’auraient pas vingt-quatre heures de cageot. Autrement, ce n’est pas la peine...

-         Vous avez des petits cailloux dans votre assiette !

-         Vous l’avez constaté ?

-         Hélas !

-         Avec un pigeon et un côtes-du-rhône que je vous recommande...

-         Joseph Delteil* conseillait de les cueillir avant le lever du jour, de les écosser dans la pénombre et de les faire cuire pour le déjeuner.

-         L’homme avait raison !... Je ne connais pas ce Delteil ajouta-t-il.

-         Il n’a pas écrit que de bons livres mais, en cuisine, il avait des idées saines et radicales !

-         Il avait saisi l’esprit du petit pois ! »

 

* voir chronique http://www.berthomeau.com/article-la-cuisine-emoustille-l-ame-je-choisis-mon-pain-entre-cent-a-des-lieues-et-je-foule-mon-vin-moi-meme-53330320.html

 

Intermède : Suit ensuite la description du caviste dont la chute est des plus expressive « Il fallait avoir connu, en son enfance, gens de cette sorte pour interpréter cette bonne figure : c’était un visage d’avant la Sécurité Sociale. »

Le vieil homme, « son âge [...] devait se situer entre soixante-quinze et quatre-vingt-cinq ans. », bien sûr s’enquiert auprès de son visiteur de l’objet de sa visite. Le dialogue qui suit est savoureux. Des bribes rien que pour le plaisir :

« Le soleil répéta le vieux, le soleil doit étreindre amoureusement la vigne. Le vin est le résultat priapique d’un acte de nature. »

« Je suis fort loin, continua-t-il d’un ton ferme et amène, de me conformer à l’opinion commun qui ne voit plus loin que bourgogne et bordeaux. »

Et à propos des vins de la vallée du Rhône, ses préférés, « Dire qu’à mon âge je ne les connais pas tous... »

 

2ième Extrait : « Connaissez-vous, s’enquit-il avec émotion, le secret du vin ?

- Hélas, non. Je n’ai que deux pieds sur la terre et, quoi qu’en répandent certains malveillants, ce ne sont que des pieds de vigne !

- Je ne le révèlerai pas à n’importe qui, mais vous me paraissez avoir tout votre temps... signe incontestable de sagesse.

- Elle m’aura rejoint doucement.

- Et puis, que voulez-vous, il faut que je pense à ma succession... oh, pas dans l’immédiat, se reprit-il, mais comme il y a une fin à tout. Le secret, continua-t-il en baissant la voix tient aux années noires.

- 1929 pour les uns, 1936 pour les autres ?

- Rien à voir avec les évènements économiques ou sociaux, mon cher. Les années où le vin devient noir. Il y faut, bien sûr, les meilleurs cépages, et un soleil du diable. Avez-vous déjà bu du vin noir ? Cela ne m’étonnerait pas.

- Je le confesse, ce plaisir ne m’a pas trompé.

- J’en aurais parié la petite pièce de vieille syrah de ma cave ! se réjouit-il en battant le ciment de sa pantoufle. Que le diable m’emporte si je ne mets pas la main pour vous sur une vraie bouteille de vin noir ! »

 

Si vous souhaitez connaître la fin de cette histoire et croiser « Paul, Gus, Benoît, Julot, Chico, Alice... d’autres encore... » il ne vous reste plus qu’à aller sur les lignes de « Têtes de Zinc » Bonne lecture !

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