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5 novembre 2010 5 05 /11 /novembre /2010 10:01

Bernard de Nonancourt est décédé vendredi dernier à l'âge de 90 ans. Je vous invite à lire le texte ci-dessous extrait du livre de Don et Petie Kladstrup « La guerre et le vin » Hommage et respect pour un Grand Monsieur qui vient de nous quitter.

 

« Bernard de Nonancourt avait vingt et un ans quand il voulut suivre Charles de Gaulle. Cependant, quatre ans plus tard, son enthousiasme juvénile avait été tempéré par les dures réalités de la guerre. À la Libération, il fit revivre la maison de champagne moribonde que sa mère avait rachetée et qui, sous l’autorité de Bernard a accédé au peloton de tête des cinq premiers. Elle  emploie 180 personnes, pour une production annuelle de six millions de bouteilles. Bernard relie directement ce succès à ce qu’il a appris dans la Résistance :

- J’y ai découvert les vertus de l’organisation et du travail en équipe, et aussi l’amour du risque et le danger de l’autosatisfaction.

Alors qu’il cherchait un nom de baptême pour un grand cru, il soumit une liste de noms possibles au général de Gaulle, devenu Président de la République. La réponse ne se fit pas attendre ; « Grand Siècle, évidemment, Nonancourt ! »

- Aujourd’hui encore, j’entends sa formidable voix chaque fois que je relie ce petit mot.

Sur son bureau figure une citation du général Mac-Arthur.

- Je la regarde tous les jours. Elle dit « Soyez jeune. » J’ai maintenant soixante-dix huit ans [en 1998]. Quand je repense au passé je me prends à regretter certains moments. La guerre a été un grand malheur pour le monde, mais ce fut aussi un des plus beaux moments de ma vie. Je me sentais si plein de patriotisme. »

 

2 liens :

 

http://lorraine-champagne-ardenne.france3.fr/info/champagne-ardenne/bernard-de-nonancourt-est-decede-a-l-age-de-90-ans-65644595.html?onglet=videos&id-video=000181333_CAPP_RactionsaudcsdeBernarddeNonacourt_021120101404_F3

 

http://www.historia.fr/content/recherche/article?id=17749

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 00:03

Ce jeudi il planait sur Paris comme un parfum de désenchantement, de frustration, d’impuissance... Il en est toujours ainsi lorsque vient le temps du reflux surtout lorsque la formation de la vague, sa montée, sa puissance s’appuient sur des forces contradictoires, antagonistes. Il n’y eut point vraiment de tempête mais l’enchaînement de séquences d’un scénario sans surprises. Pour autant, bien plus que ce que semble révéler la surface des choses ce qu’il faut chercher à comprendre c’est ce que masquent ces jeux de rôles, ces postures, cette impuissance.


« Quand la France s’ennuie... » écrivait Pierre Viansson-Ponté dans le Monde du 15 février 1968 « La jeunesse s'ennuie. Les étudiants manifestent, bougent, se battent en Espagne, en Italie, en Belgique, en Algérie, au Japon, en Amérique, en Egypte, en Allemagne, en Pologne même. Ils ont l'impression qu'ils ont des conquêtes à entreprendre, une protestation à faire entendre, au moins un sentiment de l'absurde à opposer à l'absurdité. Les étudiants français se préoccupent de savoir si les filles de Nanterre et d'Antony pourront accéder librement aux chambres des garçons, conception malgré tout limitée des droits de l'homme. Quant aux jeunes ouvriers, ils cherchent du travail et n'en trouvent pas. Les empoignades, les homélies et les apostrophes des hommes politiques de tout bord paraissent à tous ces jeunes, au mieux plutôt comiques, au pis tout à fait inutiles, presque toujours incompréhensibles. »


Attention, je ne suis pas en train d’écrire que nous sommes à la veille d’un de ces spasmes violents dont nous sommes si friands, je n’en sais fichtre rien, mais de constater que le malaise actuel trouve en grande partie ses origines dans une somme de peurs, d’angoisses, d’absences de perspectives et que je pourrais titrer une chronique, en paraphrasant Viansson-Ponté, « Quand la France à peur... » Mais, comme je ne suis qu’un petit chroniqueur, sans responsabilité publique, simple citoyen-électeur, je ne m’aventurerai pas sur ce terrain. Bien au contraire, ce matin, à la manière d’un antidote à la morosité, je vais m’efforcer d’être léger, inconséquent, parisien au meilleur sens du terme, en vous contant mon dernier pèlerinage en un haut lieu du parisianisme germanopratin : le café de Flore sis comme il se doit au bord du Boulevard Saint-Germain.


Je pédalais donc en provenance du café Coste de Beaubourg où les garçons sont aimables comme des portes de prison. Rendez-vous oblige pour finaliser une future collaboration sur mon espace de liberté. Temps vif qui me comblait d’aise. J’accrochais mon vélo au treillis d’un jeune arbre du boulevard face à la terrasse du Flore. Quelques fumeurs posés à l’air libre et sur la terrasse les habituels touristes et quelques vieux dragueurs de minettes – à ne pas confondre avec les dragueurs de mines. J’entrais pour aller m’asseoir au seul lieu qui sied à un habitué du lieu : la banquette du fond. En effet, on voit y tout ce qui rentre et on y est vu par tout ce qui rentre : fonctions vitales pour l’habitué people, surtout la seconde. Je me posais donc à l’angle le plus ouvert. À mon côté droit deux tables sont réservées et très vite deux messieurs, très genre maison d’édition, venaient les occuper : même plat poulet salade mais pour l’un c’est verre de rouge, pour l’autre Coca+Badoit avec une réserve de glaçons (l’habitué marque sa différence par des coutumes spécifiques).


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Croquis extraits d'un petit Carnet de Zinc de France Dumas www.france-dumas.fr Bolduc-9291.JPG

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Avant de pousser plus avant mon reportage je me dois de vous expliquer pourquoi c’était aussi un pèlerinage. « Le Flore plus que centenaire demeure aujourd’hui, dans son décor inchangé depuis 1930, avec ses banquettes de moleskine et ses appliques de Lalique. On y sert comme avant-guerre le welsh rarebit, les œufs frais de Marans et les vins de Bordeaux, de Pouilly et de Fleurie. » écrit Jean-Paul Caracalla dans son livre Saint-Germain-des-Prés. Vous comprenez maintenant que ce jour un peu particulier se devait d’être marqué par une forme de retour aux sources.

Ce qui fait mon charme, ne riez pas, c’est qu’en tout lieu où je me glisse, tel un caméléon, je me fonds bien dans le décor. Les garçons enveloppés dans leur grand tablier blanc s’affairaient. Le mien, Marc, devrait être déposé au Pavillon de Sèvres comme garçon-étalon – au sens d’instrument de mesure bande de polissons – tellement il est trop tout : une bouille extraordinaire de film de Gabin, un tarin bourgeonnant, une classique couperose, des cheveux baguettes de tambour poivre et sel, un côté titi déluré et amorti à qui on ne la fait pas, avec la bonne question : « grillée vos mouillettes ? » pour se réjouir de ma désapprobation, sans surjouer, dans le style enfin un connaisseur. Ma commande vous la connaissez : 2 œufs coques, le welsh rarebit et là c’est l’estocade suprême qui fait la différence, vous fait entrer de plain-pied dans le cénacle des habitués : un Ladoucette.

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Et pendant ce temps-là, deux jeunes femmes s’installaient dans mon champ de vision, une blonde, une brune et même plan boisson que mes deux voisins : la première carburait au rouge, l’autre au Coca, mais avec salade de tomates. La blonde m’offrait la vision d’une cuisse plantureuse gainée de noir émergeant d’une mini-jupe en cuir sous laquelle ressortait un feston de dentelle noire. Elle était bottée de noir. D’ailleurs, simple constat, le noir domine chez la gente féminine. Je m’attaquais à mes œufs, qui vont toujours par 2 au Flore, belles mouillettes pointues, beurre D’Échiré. Je scalpais le premier d’un coup de couteau sec. Deux mots sur les œufs extra-roux de Marans (voir http://www.marans.eu/echelle.htm#echelle ) Deux japonaises se posaient près de la caisse où trônait la patronne très patronne permanentée. Marc s’inquiètait de moi. Je le rassurais, la cuisson était top moumoute. De jeunes pousses passaient leur minois devant moi avant que ne se pointe une grouée de NAP : mère, fille, petites filles, qui emmerdait le monde avant de poser enfin leurs culs au pied de l'escalier.


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Venait ensuite le Welsh Rarebit qu’on peut désigner aussi par « le Welsh, ou Welsh Rabbit. C’est un plat d'origine britannique – j’ai eu une pensée pour David Cobbold – fait à base de cheddar (originellement du fromage de Chester) fondu dans de la bière (de préférence ambrée ou brune). Il est traditionnellement servi sur une tranche de pain grillé, le tout passé au four. » Pendant que j’y pense, au Flore pas de frites, c’est le royaume de la salade. Mes voisins causaient riche. Je savourais mon Ladoucette http://www.deladoucette.fr  à petites lapées. Quelques photos avec mon Iphone. Ma blonde à la cuisse avantageuse chaussait discrètement des lunettes pour lire l’addition. Je feuillettais mon bouquin « Petite Philosophie de l’amateur de Vin » et je tombais sur Onfray : pavlovien je sentais monter en moi une chronique. Marc, mon garçon à la face Fleurie, me demandait « un dessert ? » Comme je me sentais bien je lui répondais d'un « oui » franc et massif qui me valait le conseil d’un Millefeuilles de derrière les fagots en provenance récente de nouveaux venus au 40 rue du Bac Hugo&Victor http://hugovictor.com . Je prends ! Vérigoud – pardon David – le Millefeuilles étant, avec le Baba au Rhum et l’Éclair au chocolat, l’une des rares pâtisseries que j’apprécie, hormis la tarte aux pommes que je fais moi-même.


Café puis passage à l’étage – laisser son sac sur la banquette de skai rouge est aussi une tradition au Flore, Marc veillait – où se réfugie les couples incertains, quelques vieilles dames et ce jour-là un Jean Lacouture hiératique. Il y a une dame pipi. Ne me restait plus qu’à payer : pour sûr que ce n’est pas donné mais, quitte à manger des nouilles pendant quelques jours, un séjour au Flore reste pour moi, bien plus encore qu’un pèlerinage, une sorte de presqu’île où je laisse vagabonder mon imagination sous le regard des fantômes qui hantent ce lieu, dans le bruit des assiettes, des conversations, au milieu d’un petit théâtre des vanités, mais aussi d’un peu d’humanité : mes félicitations à Marc pour le Millefeuilles lui vont droit au cœur, s’il le pouvait il en rougirait. Cap sur mon bureau pour voir le VP et puis ce sera la soirée à l’Automobile Club place de la Concorde : que voulez-vous je suis snob et le pire c’est que je refuse de me soigner...  

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 00:09

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Le pauvre, allez-vous soupirer, qu’est-ce qu’il va encore nous chercher pour se faire de la publicité... Et pourtant je ne fais là que me projeter dans les projections de l’INSEE à l’horizon 2060. Sans doute suis-je bien trop optimiste, vu mon âge qui ne semble pas être dans le bon wagon, en espérant que mon espérance de vie va se lover dans le bel élan tracé par nos statisticiens et nos démographes. Centenaire ! Qu’importe si je m’illusionne, ce qui importe pour moi c’est d’imaginer les 38 années à venir. Comme par exemple, à raison de 400 chroniques par an sur cet Espace de Liberté ça me donnerait une belle perspective de pondre dans les 15000 billets, et puis une fois passé le Cap de Bonne Espérance pourquoi ne pas se fixer les 110 ans comme nouvelle destination. Alors ce ne serait pas « super-Berthomeau » mais j’entrerais alors dans la carrière des « supercentenaires ». Enfin, pour ne pas être en reste je cinglerais avec légèreté vers l’immortalité.

Non je ne suis pas devenu fou tout ce que j’affirme ici est écrit ci-dessous par des gens sérieux de chez sérieux. Bien évidemment le seul qui ne soit pas sérieux dans cette affaire : c’est moi. En effet, vu le cahier des charges que j’exigerais pour accepter de passer le Cap de Bonne Espérance des 100 ans, c’est-à-dire être en parfait état de fonctionnement en haut, en bas et au milieu, c’est mission impossible. Le seul intérêt que je verrais dans cette longévité c’est de pouvoir continuer de me payer la fiole des prohibitionnistes, hygiénistes et quelques autres istres qui ne sont pas des histrions, à la fois par écrit bien sûr, mais aussi par le simple fait que je serais l’expression vivante de l’inanité de leur combat. Et si la vieillesse n’était plus un naufrage mais l’expression la plus accomplie de la sérénité je pourrais même envisager de briguer la Présidence d’un INAO qui aurait de nouveau perdu son Q...

  

Alors, tout ça n'est pas très grave car comme le disait Jean Paulhan « la mort, j’espère que j’irai jusque là... » en fait n’existe pas puisque ceux qui croient se payent la vie éternelle alors que ceux qui ne croient pas n’existent plus, et ne font que retrouver leur état premier, leur néant initial.

  

Selon une étude de l’Insee http://www.insee.fr/fr/ffc/ipweb/ip1319/ip1319.pdf  lire aussi l’article de Vivre au-delà de 100 ans Jacques Vallin et France Meslé* dans Population&Société N°365

http://www.ined.fr/fichier/t_telechargement/29248/telechargement_fichier_fr_publi_pdf1_pop_et_soc_francais_365.pdf , la France pourrait voir sa population âgée de plus de 100 ans augmenter 13 fois d’ici 2060. Le pays compterait alors près de 200.000 centenaires.

L’Insee vient de rendre publique une étude sur l’évolution de la croissance démographique de la population française sur les 50 prochaines années. D’ici 2060, la France comptera près de 200.000 centenaires, soit 13 fois plus qu’aujourd’hui (environ 15.000).

L’Institut national de la statistique et des études économiques explique cette anticipation par une croissance de la population (nous seront près de 73,6 millions d’habitants dans l’hexagone dans 50 ans), ainsi que par un cadre de vie plutôt bon depuis 1970 (progrès de la médecine, bonne hygiène de vie, alimentation équilibrée, vaccination, système de santé performant).

Ces différents éléments devraient donc faire croitre le nombre de personnes âgées de plus de 100 ans. La population de centenaires devrait augmenter de 2.000 par an entre 2010 et 2046 (à l’exception d’une légère baisse entre 2015 et 2019 correspondant au déficit des naissances de la Première Guerre mondiale).

 

« Dans un numéro de Population à paraître sur les « perspectives biodémographiques de la longévité humaine », James Carey estime que, de tout temps, cette longévité a évolué. D’après lui, elle n’aurait excédé l’âge de la ménopause que de 7 à 11 ans chez Homo habilis mais de 15 à 18 ans chez Homo erectus. La longévité aurait ainsi atteint 60 à 63 ans chez ce dernier avant de passer à plus de 70 ans chez les premiers Homo sapiens, ce qui laisse à penser qu’au sein même de notre espèce, elle s’est encore élevée puisqu’elle se situe aujourd’hui au-dessus de 120 ans comme l’indique l’âge au décès de Jeanne Calment. Si tel était le cas, cela ouvrirait beaucoup plus largement les perspectives d’accroissement futur de l’espérance de vie. Rien n’empêcherait alors de rêver, par exemple, à une espérance de vie de 150 ans (voir Caselli et Vallin dans le même numéro de Population). Mieux, des biologistes pensent que certains êtres vivants (la reine des abeilles, quelques échantillons de mouches, sans parler des séquoias), échappant à la règle commune d’une progression exponentielle des risques de mortalité avec l’âge, seraient quasiment immortels s’ils n’étaient soumis au risque de mort violente [5], ce qui incite un démographe comme James Vaupel à poser la question : est-ce que, à l’instar de celle des mouches, la mortalité des hommes n’est pas susceptible de régresser à des âges très élevés [6] ? Quelques heureux (?) élus pourraient alors rêver d’immortalité. »

 

Dans cette aventure, les femmes distancent de très loin les hommes. Les effets cumulés de la surmortalité de ces derniers à tous les âges de la vie conduisent en effet à un extraordinaire déséquilibre entre les sexes : après 100 ans, il ne reste plus qu’un homme pour sept femmes. En fait, cette proportion change très vite aux très grands âges : elle est encore d’un homme pour quatre femmes à 95 ans, mais n’est plus que d’un homme pour dix femmes à 104 ans. Selon les travaux de recherches disponibles, après 110 ans, ceux que l’on appelle les « supercentenaires » sont quasiment tous des femmes en France métropolitaine. La proportion de femmes parmi les personnes âgées ne cesse d’augmenter avec l’âge : 65 % des octogénaires, 77 % des nonagénaires et 86 % des centenaires sont des femmes. En effet, à tout âge, la mortalité des hommes est plus forte que celle des femmes. Si cela a peu de conséquences sur la parité hommes-femmes avant 65 ans, étant donné le risque « relativement » faible de mourir avant cet âge, ce n’est plus vrai ensuite. Le quotient de mortalité à 70 ans ou risque de mourir dans l’année (définition) est de 1 % pour les femmes et de 2 % pour les hommes (graphique 2). À 100 ans, il atteint 31 % pour les femmes et 37 % pour les hommes. À 105 ans, il s’accroît encore : 42 % pour les femmes et 46 % pour les hommes. Après 110 ans, les quotients de mortalité seraient compris entre 50 % et 60 %. La probabilité pour un centenaire de devenir un « supercentenaire» est très faible (moins de 0,5 %) dans les conditions de mortalité actuelles.

 

Les centenaires vivent de plus en plus en solo ou en couple

 

À 100 ans, une personne sur deux vit à domicile, tandis que l’autre moitié vit en institution. L’espérance de vie sans incapacité progresse, et dans ces conditions, la vie à domicile augmente : en 2007, 49 % des centenaires vivent à domicile, contre 47 % en 1999. La majorité de ceux qui vivent à domicile habitent seuls et ce mode de vie a augmenté pour les centenaires au cours des dernières années. Par ailleurs, 4 % sont en couple en 2007, les autres (18% des centenaires) sont logés avec une autre personne que leur conjoint, la plupart du temps un de leurs enfants. Ce partage du toit avec d’autres personnes qui touchait 24 % des centenaires en 1999, tend à reculer. En 2007, les centenaires vivent plus qu’avant en solo ou en couple (graphique 3). La proportion de personnes vivant à domicile diminue avec l’âge. Ce mode de vie reste toutefois fréquent, même aux âges les plus avancés. Il peut sembler étonnant que la vie à domicile soit encore fréquente à 100 ans, mais seule une minorité de personnes parviennent à atteindre cet âge et ce sont, évidemment, les plus en forme et donc les plus susceptibles de résider à domicile. Par exemple, parmi les femmes âgées de 97 ans en 1999 qui vivaient seules à domicile, 54 % ont fêté leur centième anniversaire, alors que ce n’est le cas que de 36 % de celles qui résidaient en maison de retraite.

Vivre à la maison malgré des limitations dans ses mouvements

Avant 100 ans, la vie à domicile est le mode de vie majoritaire : neuf octogénaires sur dix habitent encore chez eux ou chez leurs enfants et c’est encore le cas de deux tiers des nonagénaires (graphique 3). Pourtant, d’après l’enquête Handicap-santé, la moitié des nonagénaires, vivant à domicile ou en institution, rencontrent en 2009 beaucoup de difficultés pour exécuter seuls au moins une des tâches suivantes : se laver, s’habiller, couper sa nourriture, se servir à boire, manger ou boire. Parmi les nonagénaires évoquant ces difficultés, 44 % vivent en maison de retraite, 29 % habitent à domicile en couple ou avec leurs enfants et 27%vivent seuls. La vie à domicile est surtout le fait de personnes valides, ou alors aidées. Parmi les nonagénaires qui vivent seuls malgré des difficultés sévères d’entretien personnel, 92 % reçoivent une aide professionnelle et 26 % une aide de leur entourage pour réaliser ces tâches.

 

Les hommes sont plus souvent à domicile

 

Centenaires, les hommes résident bien plus souvent à la maison que les femmes : 68 % d’entre eux, contre 46 % des femmes (graphique 3). Les hommes centenaires sont certes plus fréquemment en couple, ce qui favorise leur maintien à domicile. Mais même lorsqu’ils ne sont pas mariés, ils vivent davantage seuls à domicile (42 % contre 27 % pour les femmes) plutôt qu’en institution. À âge donné, les hommes déclarent moins de gênes physiques que les femmes. Ces dernières sont davantage touchées par des maladies. » qui engendrent des incapacités comme des troubles mentaux ou des maladies ostéo-articulaires.

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 00:05

 

Thierry Tahon, professeur de philosophie avoue n’avoir rencontré le vin qu’à l’âge de vingt-sept ans grâce à un ami de la famille qui avait apporté un vin de la Rioja pour un déjeuner familial. Alors il a « compris enfin qu’un autre monde et qu’une autre vie étaient possibles. ». Ce fut donc pour lui « une sorte de révélation absolument imprévisible et un tournant » quant à son orientation philosophique : « mon corps engourdi par tant de lectures qui le fustigeaient, réclamaient à présent des sensations ; mon esprit, presque entièrement dominé par la raison, se laissait enfin séduire par les agaceries de l’imagination et acceptait ses avances. » Découverte donc « symbole d’une renaissance » d’une résurrection » qui symbolise dans son histoire personnelle écrit Tahon, « le début d’une sorte de printemps philosophique »

 

Et avec un peu d’ironie je dirais : ça fait un livre « Petite Philosophie de l’amateur de vin » chez Milan. L’avantage avec les professeurs de philosophie c’est qu’ils raisonnent, habillent de hauts mots, de phrases mûrement réfléchies leurs sensations, convoquent Descartes, Platon, Socrate, Schopenhauer, Nietzche tout en se référant au Guide Hachette, ce qui ne les mets pas à l’abri de brasser des lieux communs.  J’ai donc lu ce cher Tahon, qui reste toujours un peu prof avec sa toute nouvelle foi d’abstinent touché par une révélation tardive sur un chemin de Damas situé du côté du Pays Basque. Avec lui, le nouvel amateur, philosophons donc en buvant et comme vous connaissez mon goût pour notre icône de la philosophie populaire, afin de ma racheter, expier mes fautes anciennes, je propose à votre lecture un extrait du chapitre « Se libérer par le vin »

 

« Michel Onfray rappelle qu’il n’a pas forgé ce mot, né de la fusion de deux autres : ivresse et ébriété. Il l’a simplement dépoussiéré et exhumé du dictionnaire le Littré. « L’heureuse ivreté » est, on s’en doute, un état intermédiaire assez fugitif, coincé entre deux autres états un peu plus stables : la sobriété et l’ivresse. La sobriété est, en principe, notre quotidien ; mais son austérité nous fatigue et restreint nos possibilités. Un tel état se caractérise par un règne à peu près sans partage de la raison : notre existence est alors contenue dans des limites étroites et les autres facultés de l’âme sont neutralisées, ou presque. L’autre état est plus catastrophique encore : ce n’est pas la raison que l’ivrogne veut combattre, une raison qu’il aurait jugée tyrannique, mais sa propre humanité qu’il essaie d’annuler en tombant aussi bas. L’auteur de La Sculpture de soi, et « apôtre » de l’hédonisme, ne pouvait donc qu’entrer en guerre contre ces deux états, ennemis déclarés du plaisir et de la beauté. Ce qui l’attire dans l’ivreté est la possibilité de se libérer dans la dignité. L’ivreté nous affranchit de la raison et de la morale sans pour autant nous dépouiller de notre humanité. La quête du plaisir est ainsi rendue compatible avec le souci de soi esthétique. L’ivreté va nous conduire vers la griserie. Cet état est fragile parce qu’instable ; s’il s’atteint facilement, il est plus difficile, en revanche, de s’y maintenir, car la griserie s’évanouit vite si les verres commencent à s’espacer. En outre, elle est juste au bord du précipice de l’ivresse : l’abîme menace celui qui ne sait pas s’arrêter quand il faut et jouer avec le temps. C’est en ce sens que « boire est un art », une technique finalement. Or toute technique est un savoir-faire, c’est-à-dire l’application de connaissances, la rencontre de la théorie et de la pratique. Celui qui sait boire a compris, sans doute de façon empirique, mais pas seulement, que l’alcool pouvait l’aider à se libérer tout comme il pouvaiot devenir son maître. Il faut donc être prudent avec lui. Buvons, car l’ascétisme ne saurait être la solution, mais buvons pour de bonnes raisons, le plaisir, la libération donc, et troquons nos valeurs, esthétiques, celles-là. Gardons néanmoins, dans un coin de notre mémoire, qu’un rien, qu’un léger faux pas suffit pour la perte irrévocable de notre dignité ; car le buveur hédoniste se tient au bord du gouffre ; il est même cerné par deux gouffres : l’un est moral, l’autre est inhumain. Il s’agit donc de trouver un point d’équilibre, une arête étroite, et de s’y maintenir le temps que dure la fête. Cela peut sembler facile, mais cet art de l’entre-deux est cependant subtil car la griserie est un état fragile, précaire, c’est à peine un « état » car le mot fait référence à une certaine stabilité qui ne convient pas pour désigner quelque chose de transitoire et d’évanescent. Quelles sont, maintenant les promesses de l’ivreté ? Écoutons Michel Onfray : « [...] libération de l’esprit, dépassement des bornes ou limites qui le contiennent et l’asservissent par les opérations de l’entendement, le travail du jugement, les rigueurs de la logique et du raisonnement, les affres de l’analyse. Le vin est cathartique ».

 

J’avoue que ça pète vraiment bien plus haut que du Berthomeau...

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 00:03

Dans l’histoire de l’Humanité des questions essentielles, capitales même pour notre devenir restent, en dépit de travaux de recherche mobilisant les plus grands esprits du temps, sans réponse. Ce matin j’eu pu formuler ma question sous une forme ironique en titrant : « peut-on aller à la soupe sans accepter de pots de vin ? » mais c’eut été m’aventurer sur le terrain politique qui est fort glissant même si je doute que la soupe, mets populaire, attirasse les ambitieux. J’en reviens donc à ma soupe, à ne pas confondre avec le potage, le consommé, le velouté ou la bisque  qui sont des mets raffinés, ou avec le bouillon servi aux malades, ou encore avec des appellations régionales telles la garbure ou le gaspacho. Ma soupe c’est la soupe originelle : la soupe de pain. 200px-William-Adolphe_Bouguereau_-281825-1905-29_-_Soup_-28.jpgLa soupe est par essence populaire même si la soupe populaire n’est pas vraiment l’honneur de nos sociétés de bien ou de trop nourris.

 

Deux écoles s’affrontent : la première coupe le pain sec en tranches ou en petits cubes dans l’assiette avant d’y verser le bouillon ; la seconde fait « meloter » le pain dans le bouillon avant de le servir dans l’assiette. Reste aussi la question du bouillon qui pour un puriste comme moi doit se réduire à son plus simple appareil de l’eau et un gros oignon ou de la cébette. Pour ma part je suis soupe melotte, c’est-à-dire que je fais bouilloter à feu très doux mon bouillon dans une casserole recouverte ce qui fait gonfler les morceaux de pain les rendant ainsi très onctueux : d’où le nom de soupe melotte.

 

Voilà pour la soupe reste ma question initiale : « Peut-on boire du vin en mangeant sa soupe ? » J’attends de vous une réponse argumentée et non que vous vous en tiriez avec une pirouette du style de mettre du vin dans sa soupe, faire chabrot. La soupe dans l’assiette et le vin dans le verre telle est la situation à laquelle vous êtes confronté.

 

Si la réponse est non l’affaire est réglée sauf à ce que vous m’expliquiez les raisons qui vous font exclure l’accord soupe-vin. C’est une position qui pourrait freiner notre expansion en direction de la Chine où les habitants sont friands de soupe. Je plaisante à peine, dans la mesure où il me semble plus intelligent d’adapter la consommation du vin aux us et coutumes d’un pays plutôt que de tenter d’adapter le vin à un goût que par construction ces néo-consommateurs n’ont pas.

 

Donc si le vin est de mise en mangeant de la soupe reste la question du choix de la couleur ensuite vous pourrez raffiner dans la si belle et si grande diversité de nos appellations. Blanc, rouge, rosé... j’exclue les effervescents pour une raison d’incompatibilité entre les bulles et la soupe.  Allez soyez inventifs, créez de nouveaux débouchés, participez à l’extension du domaine du vin.

 

Certains vont m’objecter que la soupe c’est ringard, ça fait 3ième âge en charentaise et robe de chambre molletonnée à la maison de retraite, pépère et mémère sur la table en formica. Et pourtant j’entends monter de partout des suppliques pour le retour aux choses simples, pour les paniers de l’AMAP, pour le bio, pour le durable, pour le retour des couches en coton pour les mouflons, pour le presse-purée, pour les poules, les vaches dans les prés et plus encore si affinités.

 

Alors pourquoi ma croisade pour le retour en force de la soupe serait-elle vaine, pourquoi relèverait-elle du pur remplissage de la part d’un esprit en mal d’originalité ? J’ai de solides arguments en défense. En effet, quand j’étais petit ma mémé Marie me disait toujours « si tu veux devenir grand mon petit gars mange ta soupe... » Alors j’ai mangé beaucoup de soupe et je suis devenu grand. Vous suivez mon regard, mon allusion appuyée, faut-il que je vous fasse un dessin ? Donc CQFD ! Pour ceux qui n’ont pas compris où je veux en venir qu’ils se rassurent : je mange toujours de la soupe mais je ne bois jamais de vin avec.

 

Alors pourquoi cette chronique me direz-vous ? Pour le plaisir de faire un petit bout de chemin ce matin avec vous en parlant de tout et de rien. De temps en temps moi je trouve que ça fait du bien de parler pour ne rien dire... de se poser des questions à la con... entre nous ça vaut tout de même mieux que les fameux éléments de langage dont on nou rebat les oreilles...

 

En bonus, si vous voulez épater vos amis voir la recette ci-dessous Velouté d'Epiaire aux girolles ou si vous voulez faire bobo branché nature Velouté d'ortie puante aux girolles cueillies à la main, offerte par l'Office National des Forêts et cuite au chaudron sur feu de bois lors du FIG de Saint-Dié... Et là pourquoi pas un bol de soupe puis un coup de vin chaud...

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 00:09

Ma chronique est dans le ton qui sied à une veille de Toussaint : noire sans les chrysanthèmes. Depuis mai 68  où j’ai découvert Manset avec « Animal on est mal » je suis un aficionado de ce solitaire qui en 1975 rencontrera le succès avec « Il voyage en solitaire » qui se vendra autour de 300 000 exemplaires et sera un grand succès de l’époque. Ce n’est pas le genre de truc qui le séduisait, certes « il chante en solitaire... » mais « nul n’oblige à le faire... » Le grand public ignore Gérard Manset qui le lui rend bien. Comme il le note dans l’une de ses rares interviewes « C’est toujours la même incohérence. Dès que je suis confronté aux médias, se révèle cet écart vertigineux entre ce que les journalistes disent de positif sur mon travail et sa pénétration dans le public. Il y a quelque chose de brisé, de cassé. Si le matériel était tel qu’on le décrit, il devrait être répandu. Mais peut-être que les gens n’ont pas besoin de ça. »

Je ne vais pas vous raconter la vie de Manset mais vous parler tout d’abord de « Route Manset » l’album où une brochette de ce qui se faisait de mieux (voir ci-desssous) enregistrait un titre de Manset. Enki Bilal, qui a commencé à dessiner sous l’influence de « la Mort d’Orion » dessinera la pochette. Gérard Manset est tenu totalement à l’écart de l’opération. Il dira « Au départ, ça me paraissait inconcevable qu’ils n’aient pas eu envie de faire ces chansons. À l’arrivée, ça me semble inconcevable qu’ils soient allés jusqu’au bout. Je suis heureux, ému, touché, mais sceptique sur le fait que ça puisse changer un panorama quelque peu déglingué. J’ai du mal à comprendre cette solidarité de tous ceux concerné par ce projet. » et d’ajouter « depuis que l’album est terminé, je n’ai pour l’instant rencontré aucun de ceux qui y ont participé. Comme si je n’existais pas. »  route.jpg

Ensuite 2008, Manset participe à l'écriture de trois titres sur l'album Bleu pétrole d'Alain Bashung, qui reprend en outre Il voyage en solitaire en final de l'album. Parmi ces titres, figure la chanson au long cours Comme un Lego, que Manset chante à son tour quelques mois plus tard sur son album Manitoba ne répond plus, sorti en septembre.

 

1. Entrez Dans Le Rêve (Jean-Louis Murat)

 

2. La Route De Terre (Nilda Fernandez)

 

3. Animal On Est Mal (Alain Bashung)

 

4. Prisonniers De L’Inutile (Francis Cabrel)

 

5. Solitude Des Latitudes (Françoise Hardy)

 

6. C’est Un Parc (Salif Keita )

 

7. Rouge-Gorge (Joao Bosco)

 

8. Il Voyage En Solitaire (Cheb Mami)

 

9. On Ne Tue Pas Son Prochain (Brigitte Fontaine)

 

10. Quand Les Jours Se Suivent (Pierre Schott)

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 00:04

515QSVWYDRL__SS500_.jpgNon vous n’êtes ni sur Meetic ni sur EBay mais chez fouineur de chez fouineur : le mec qui fourre son nez partout, le genre que vous jetez par la porte et qui rentre par la fenêtre, un peu agent secret qui fait les poubelles des grands hôtels, totalement addict à la lecture, cycliste au long cours, dégustateur amateur opérant en Division d’Honneur départementale, chroniqueur émérite sans grand mérite et abonné au Nouvel Obs. depuis un paquet d’années. À ce sujet, faudrait qu’Olivennes comprenne que ses petits éditos de bobo pour nous indiquer le bon chemin me font gondoler quand je vois le poids des tonnes de chroniques de mode : 10 bonnes pages adossées à la pub ad hoc pour les boîtes de luxe. Certes faut bien vivre, les temps sont durs, mais bon les Boots Academy de chez Vuitton à 1200€ la paire, le cardigan en laine avec patch de cuir aux coudes de Ralph Lauren à 595€ (sous la rubrique Vive les Bohémiens) c’est vraiment pour les prolos qui vont de la Bastille à Denfert-Rochereau...

 

Donc, en désespoir de cause qund j'enrage je me rabats sur l’Obs.Télé, où y’a aussi de bons papiers (je dois rendre justice au grand frère dans lequel Gérard Muteaud à la page 98 en rubrique économie fait le portrait de Pierre Priolet l’homme du consommer juste www.consommer-juste.fr http://www.berthomeau.com/article-3-questions-a-pierre-priolet-l-homme-du-consommez-juste-ce-soir-a-22h20-sur-france-2-a-l-objet-du-scandale-de-guillaume-durand-51329368.html ) et là, tout en bas de la page 10 je tombe sur la micro-chronique noctambulique de Bruno de Stabenrath. Elle est très parisienne mais y'a de l'ironie. Je la livre à votre sagacité.

 

Patine et vin d’âge

 

Visite au Salon du Vintage en compagnie d’une délicieuse Nipponne, nippée comme dans un manga, et en recherche de bons millésimes.

 

Sixième édition du Salon du Vintage organisé par Laurent Journo à l’Espace des Blancs-Manteaux. Masako, mon amie japonaise, m’escorte : 27 ans, un look de manga spectaculaire façon Jane Fonda dans « Barbarella ». Plus tard, nous allons au Bus pour le bal canaille de Louis de Causans. Masako cherche le bar, surtout du bordeaux pour étancher sa soif digne d’un sumo éthylique. Je veille au grain : en amanque de polyphénols, elle est imprévisible. Heureusement, le journaliste Gilles Brochard, en tournage pour Paris-Première, m’attrape par le col et me pose la question : « Bruno, êtes-vous vintage ? » Tandis que le cadreur m’épingle, Gilles place Masako ace à la caméra. Déconcertée mais digne, elle m’écoute en hochant la tête : « Hoï, hoï ! », courbnt le buste avec solennité à chacune de mes déclarations. Répondant à l’interview, je rappelle les faits : « Vintage, dis-je, est un anglicisme signifiant « vendange » mais fut d’abord importé du vieux français « vin d’âge » par les Plantagenets. » Masako entend mal le français, surtout à jeun, mais question grand cru millésimé et taste-vin, elle surclasse notre Depardieu national : « Hoï, hoï ! » confirme ma Nipponne qui, ayant repéré la buvette file à l’anglaise. Nous poursuivons la visite, caméra au train : scooters, lunettes, juke-box, vêtements... tout est vintage : « Même moi, avouais-je à Paris-Première. J’ai du vécu, de la patine, je suis daté, froissé mais on m’accorde encore un peu de valeur, non ? ». Fin de la visite, je récupère  Masako au bar d’en face qui boit son ballon de rouge. Le vintage, les machins d’occase c’est pas son truc... Sa cirrhose du foie, c’est sûr, elle l’achètera neuve ! »

 

Interview biographie de Bruno de Stabenrath

Tout le monde en parle - 29/09/2001 - 14min07s (à écouter, le début est techniquement hésitant mais tout va bien ensuite)

 

Thierry ARDISSON interview Bruno de STABENRATH, jeune comédien, chanteur, membre de la jet-set, devenu tétraplégique à la suite d'un accident de voiture en 1996. Il publie aujourd'hui un récit autobiographique "Cavalcade". L'animateur rappelle son parcours professionnel puis le questionne sur son séjour de 14 mois à l'hôpital de Garches. Bruno de STABENRATH raconte ensuite son quotidien d'handicapé, sa difficulté à retrouver une sexualité et comment il a découvert la foi. 2 extraits chanson en off

http://www.ina.fr/ardisson/tout-le-monde-en-parle/video/I08203508/interview-biographie-de-bruno-de-stabenrath.fr.html

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 00:09

Comme me l’a fait gentiment remarquer Myriam, qui est montée sur le podium, le Grand Concours de l’été s’est terminé en Grand Concours de l’automne : c’est ça la joie de l’artisanat. Comme les plombiers et une flopée d’autres métiers manuels, j’ai du mal à répondre à la demande dans les temps impartis. En nos villes et même dans nos campagnes la demande est supérieure à l’offre. Pourquoi en ces temps où l’emploi est dans tous les discours ? Parce que dans notre monde post-moderne peu de parents s’écrient « Tu seras plombier mon fils ! » et pourtant nous avons bien transformé certains cuisiniers en stars alors pourquoi ne pas valoriser des métiers si utiles... Bref, tout ça pour vous dire que j’ai une certaine tendance à me lancer dans des aventures qui dépassent largement mes compétences en matière d’intendance qui, comme chacun sait, fait la force des armées.

 

Alors avec moi, il faut vous y faire, « c’est patience et longueur de temps... » L’important c’est que vous participiez aussi à ma petite entreprise à son rythme. Le culte de l’instantanéité si prégnant sur la Toile doit, il me semble, faire un peu de place à une forme de respiration, de retour à des espaces temps plus paisibles, plus soucieux des autres, se parler, s’entendre, créer du lien. Alors, mon dit Grand Concours,  était certes un jeu bien sûr, mais ce n’était aussi qu’un prétexte, qu’un moyen, et non une fin. En effet, tout simplement, au travers de mon petit espace de liberté, je m’emploie avec plus ou moins de bonheur à tenter de combler les fossés d’indifférence qui se creusent entre-nous tous. Le lointain est souvent le voisin d’en face. Nous nous émouvons du malheur du monde mais nous n’avons guère de temps pour celui d’à côté. Je m’explique une fois encore. Dans son livre, L’Empire des écrans Cédric Biagini écrit « Si demain nous aimons uniquement le lointain sans être conscient que l’on hait son prochain parce qu’il est présent, parce qu’il pue, parce qu’il fait du bruit et parce qu’il convoque à la différence du lointain que je peux zapper... Donc si demain nous nous mettions à préférer le lointain au détriment du prochain, nous détruirions la Cité. »

 

Sans tomber dans le prêchi-prêcha, dans un moralisme de pacotille, mais ayant été élevé à la mamelle du Bien Public, du service de la Cité, je tente, avec de tout petits moyens de créer jour après jour du lien sur mon Espace de Liberté. Bien sûr il m’arrive, comme tout un chacun, de déraper, de choquer, de casser des liens : ainsi après mon papier sur les propos de Michel Rolland devant des étudiants d’une école de Commerce de Bordeaux, et mes propos vifs avec lui, François Mauss a viré sur son blog le lien avec le mien et le professeur Norbert Olszak a déclaré ne plus vouloir me lire car je n’avais pas respecté ma charte « un peu de douceur dans ce monde de brutes ». Ça m’attriste un peu mais c’est la vie, qui puis-je ? On ne peut pas plaire à tout le monde, et je n’ai pas envie de plaire à tout le monde, d’être révérant, de ménager les vaches sacrés, pour autant un peu de vivacité vaut mieux que la fausse unanimité. Pour autant même si ma démarche me créé quelques inimitiés ma volonté de créer ou retisser des liens reste le fond de ma motivation.

 

Bref, je dois vous avouer que suis très heureux qu’une petite communauté de commentateurs se soit créée, dialogue, se chamaille, réagisse et j’espère qu’elle va s’étendre ; grâce à mon espace de liberté je me sens au contact de beaucoup d’entrevous, certains m’écrivent, me sollicitent, m’envoient des revues de presse, m’informent, j’en croise d’autres lors de mes déplacements ou lors d’évènements. J’espère dans les tout prochains jours amener sur mon espace de liberté des contributeurs, des chroniqueurs, féminin-masculin bien sûr, pour ouvrir grand les fenêtres, donner de l’air, renouveler le ton, chercher de nouveaux angles, faire de cet espace un espace citoyen ludique et responsable. Sans vous je ne suis rien qu’un petit chroniqueur solitaire alors, même si votre temps est compté, prenez-le temps de temps en temps d’échanger. En plus il ne vous est pas interdit de donner à vos amis, proches l'adresse du blog www.berthomeau , de les faire s'abonner (voir la procédure dans l'encadré en bandeau du blog), ça soutien le moral du taulier.

 

Pour en revenir à mon petit concours qui se qualifiait un peu abusivement de Grand s’il a pu exister c’est avant tout grâce à mes amis qui ont répondu favorablement à mon appel à lots. Certains sont comme on dit de vieux amis, d’autres des relations amicales plus récentes, d’autres encore sont des amis de la Toile que je n’ai jamais rencontré physiquement, c’est ça le côté lien que je me plais à souligner. Qu’ils soient tous remerciés car sans eux il n’y aurait pas eu de concours. Je vous invite à aller faire une petite visite sur leur site dont je vous donne la liste ci-dessous, à le classer parmi vos favoris, à faire un petit détour si vous passer près de chez eux pour aller déguster et acquérir leurs beaux flacons.

 

Les dames d’abord, accompagnées ou non.

 

- Hélène et David Barrault www.tirepe.com

- Aurélie Bertin www.sainte-roseline.com

- Delphine et Francis Boulard www.francis-boulard.com

- Julie Campos www.cavedetain.fr

- Paz Espejo www.lanessan.com

- Aline et Paul Goldschmidt www.baronneguichard.com

- Miren et Nicolas de Lorgeril www.lorgeril.com

- Anne-Victoire Monrozier www.missvickywine.com

- Isabelle Perraud www.cotes-de-la-moliere.com

- Corinne Richard-Saier www.chateaucorcelles.fr

- Iris Rutz-Rudel www.lisson.over-blog.com

- Hélène Thibon www.masdelibian.com

 

- Jean Abeille www.chateaumontredon.com

- Patrick Beaudouin domaine@patrick-baudouin.com

- Michel Bedouet www.bedouet-vigneron.com

- Gérard Bertrand www.gerard-bertrand.com

- Dominique Bessineau et Jean-François Lalle www.cote-monpezat.com

- Hervé Bizeul www.closdesfees.com

- Alberic Bichot www.bourgogne-bichot.com

- Jean-Yves Bizot domaine les Violettes à Vosne-Romanée

- Olivier Borneuf  www.brittle-boutique.com

- Régis Bourgine www.cavesdebecon.com

- Michel Chapoutier www.chapoutier.com

- Bernard Dauré www.vinalasninas

- Jean-Michel Deiss www.marceldeiss.com

- Stéphane Derenoncourt

- François Des Ligneris www.magazinvin.com

- Arnaud Fabre www.chateaudangles.com

- Patrick Fargeot www.lavignery.fr

- Pierre-Henri Gagey www.louisjadot.com

- Patrick Hoÿm de Marien et Bernard Pueyo www.castelmaure.com

- Michel Issaly www.michelissaly.com

- Alain Jaume www.domaine-grand-veneur.com

- Louis-Fabrice Latour www.louislatour.com

- Guy-Pétrus Lignac www.chateau-guadet-saintemilion.com

- Sylvain Martinand www.bailly-lapierre.fr

- Olivier Mouchet du groupe Auchan

- Jérémie Mourat www.mourat.com

- Marc Parcé www.la-rectorie.com

- Jean-Jacques Parinet www.moulin-a-vent.com

- Gregory Patriat www.boisset.com

- Pascal Peyvergès www.vignoblespeyverges.com

- Jean-Louis Piton www.marrenon.com

- Jean-François Préau www.champagne-mailly.com

- Claude Rivier www.laudunchusclanvignerons.com

- Denis Roume www.uvica.fr

- Etienne Sipp www.sipp.com

- Sylvain and Co www.la-contre-etiquette.com

- Gauthier Thévenet Vins Thévenet&Fils

- Alexandre Verne www.vinone.fr

- le BIVB www.vins-bourgogne.fr

- La Chablisienne www.chablisienne.com

- château Larose-Trintaudon www.chateau-larose-trintaudon

- l’équipe de Monoprix JF. Rovyre et Yannick Burles

- Vignerons de Plaimont www.plaimont.com

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 00:09

Lorsque nous négociions à Bruxelles avec Michel Rocard le Ministre anglais de l’Agriculture arborait des chemises à rayures rouge avec cravate club sous des vestes à carreaux, ça allait fort bien avec sa bonne mine, tendance vermillon, et pour moi face à la chemise blanche, cravate de VRP et costard gris indécis du père Michel il n’y avait pas photo : le bon goût était du côté « rosbif » tendance Thatcher (la mère de la vache folle). Et pourtant, l’opinion commune, majoritaire, trouvait notre anglais au mieux excentrique, au pire adepte en bon anglais de la faute de goût vestimentaire.Alors assaisonner ses huîtres avec une vinaigrette à l’échalote relève-t-il de la même problématique ? Bien sûr, comme le fait notre Charlier la question peut-être disqualifiée d’un « c’est pas bon » un peut court. En effet, moi quand on me présente un Caol Ila noté 14,5/20 par LeRouge&leBlanc je dis aussi ce n’est pas bon car je trouve que le whisky a goût de punaise. Qu’on ne vienne pas me chanter, dans les deux cas, que je ne suis pas un amateur d’huîtres ou de whisky pour me disqualifier. En effet, dans ces domaines gustatifs, le « tous les goûts sont dans la nature » avancé toujours par notre Charlier est de mise (cf. http://www.berthomeau.com/article-le-japon-le-monde-du-tout-a-l-envers-ou-de-la-maniere-de-boire-de-manger-des-japonais-57669341.html )

 

Mais comme toujours dans ce genre de débat les codes sociaux pointent le bout de leur nez « allons mon cher ça ne se fait pas... » en référence au Guide des bonnes manières et du protocole  (cf. http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/2008/02/27/le-flambeau-du-prefet-gandouin / où l'histoire de l'arroseur arrosé) Lorsque mon père mangeait des sardines crues ma pauvre mère en était toute chamboulée non pas pour défendre le bien manger mais parce que pour elle le poisson, comme la viande d'ailleurs, se mangeait cuit. Qui, franchement, dans un pince-fesses oserait proposer de manger de la fraise de veau dans des petites assiettes ou des vérines eu égard à l'odeur putride de ce mets goûteux ? Donc j'en conclus que pour beaucoup ça fait plouc, beauf que de s'assaisonner l'huître à la vinaigrette. Moi je les gobe crue mais comme je l'ai écrit, en fin de parcours, pour émoustiller mes papilles j'adore torturer l'huître, lui piquer les fesses pour qu'elle se trémousse dans ma bouche (merci de ne pas me dénoncer à la Ligue de Protection des Mollusques Bivalves) 

 

Pour finir, je laisse de côté la référence à la naturalité pour justifier le gobage cru, avec ou sans l’eau de l’huître – Charlier est un raffiné comme tous les révolutionnaires – comme si nos coutumes alimentaires proscrivaient le sel, le poivre, les épices et les condiments. Enfin, je n’épiloguerai ni sûr la « souffrance » de l’huître lorsque l’écailler lui sectionne sauvagement son muscle adducteur – la moule ébouillantée par son propre jus est aussi une victime de notre barbarie –, ni sur le côté visuel qui, si l’on est honnête, la rapproche fortement du glaviot.

 

Bref, comme je n’ai pas le courage d’aller au-delà et comme je sais que tout bon français se pique de philosophie (cf. le succès populaire de Michel Onfray) je propose que vous exerciez vos talents en dissertant sur un sujet de baccalauréat Peut-on nous reprocher une faute de goût ? découvert sur le site PHILOSOPHIE http://www.devoir-de-philosophie.com/dissertation-gout-fautif-mauvais-7970.html Pour ceux qui n’aiment pas les clics je vous joins ci-dessous la page de présentation professorale. Enfin je signale qu’un  Corrigé de 7050 mots (soit 10 pages) directement accessible pour la somme de 1,80€.

 

Définitions :

1)     peut : est-il possible, est-il légitime.

2)     faute : manquement intentionnel au devoir, à la morale ou à la loi. Contrairement au terme péché, la faute n’a pas de connotation religieuse.

3)     goût : - sens par lequel on perçoit les saveurs.

                   - faculté de porter un jugement approprié sur la beauté d’une œuvre d’art, d’une production de l’esprit. Faculté de reconnaître et d’apprécier le beau. Kant définira les caractéristiques du jugement de goût : « Est beau l’objet d’une satisfaction désintéressée », « Est beau ce qui plaît universellement sans concept », « La beauté est une forme de la finalité d’un objet en tant qu’elle y est perçue sans la représentation d’une fin », « Est beau ce qui est reconnu sans concept comme l’objet d’une satisfaction nécessaire ».

 

Problématique :

 

Le « goût » a évidemment deux sens principaux. C'est :

1) le « sens grâce auquel l'homme et les animaux perçoivent les saveurs propres aux aliments » (Petit Robert), et

2) l'« aptitude à sentir, à discerner les beautés et les défauts d'une œuvre d'art, d'une production de l'esprit » (id.). Le sujet n'indique pas en quel sens il faut entendre goût, puisqu'on peut parler de « faute de goût » aussi bien à propos de gastronomie qu'à propos d'art. On pourra donc légitimement traiter le sujet en optant soit pour l'un ou l'autre sens, soit, comme nous le ferons ici, en considérant les deux sens.

 

Extrait :

 

• Le problème posé par le sujet est celui de savoir si le goût et le bon goût sont l'œuvre de notre liberté et relèvent, dès lors, d'un jugement éthique ou s'ils sont étrangers à cette sphère.

 

 • L'enjeu de la question et du problème sont évidents : le goût et la faculté de juger le Beau sont, dans nos sociétés et nos esthétiques, volontiers sacralisés. Si le goût ne résulte que d'un conditionnement social et si nul ne peut nous reprocher une faute de goût alors une désacralisation générale s'impose en ce qui concerne la position traditionnelle du problème esthétique. Désacraliserons-nous le fameux bon goût ? C'est ce que certains sociologues tentent de faire dans leurs essais ou études.

 

 • Quel plan et quelle structure sont possibles, en ce qui concerne cet intitulé ? On pourrait envisager une structure progressive, avec approfondissement de la notion de goût analysée dans son essence et son contenu purifiés, et relevant progressivement de notre liberté - nous en serions alors tenus pour responsables -. Nous mentionnerons ce plan possible, essentiellement pour bien vous montrer l'extrême liberté dont vous disposez dans la dissertation philosophique - aucun plan n'est obligatoire ! Dans un tel plan, seraient examinés successivement les notions de bon ou mauvais goût, de norme de goût, enfin de jugement de goût, notions vis-à-vis desquelles serait considérée la notion de faute. Ainsi, apparaîtraient progressivement les rôles de notre liberté et de notre responsabilité. Nous pourrions ainsi répondre à la question : une faute de goût peut, dans une certaine mesure, nous être reprochée. »

 

Au boulot mes cocos, à vos mulots, avec ou sans remontant, je ramasse les copies en fin de journée et attention échalote ne prend qu’un t : ayez pitié de l’ami Michel qui, à juste raison, aime aussi l’Irouléguy avec un seul r. Trop de mots Berthomeau... tu t’emmêles les pinceaux dans les r et les t tu devrais prendre des RTT...

 

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 00:09

Avant d’être un papy tout court, je suis un papivore, j’aime le papier imprimé et plus particulièrement les cahiers d’écoliers, les vrais, les de brouillons surtout car ils gardent un parfum de simplicité, ce je ne sais quoi de liberté qui permet d’y jeter des idées, des bouts de phrases, des petits rien, des adresses, le numéro de téléphone du plombier, la date de naissance de sa fiancée... J’en ai des tas, des jaunes, des bleus, des rouges, des verts, toujours des avec des grands carreaux plein d’interlignes, qui attendent sagement, bien empilés, de trouver leur utilité. Ce qui me plaît dans ces cahiers c’est leur côté beauté brute, non apprêté mais sans pour autant être ni ascétique, ni janséniste. Ils sont natures, avec des aspérités, des grains, des défauts, des je ne sais quoi qui donnent envie de les toucher, de les caresser, de les sentir, de les déflorer. Tout le contraire du papier glacé, lisse, clinique, drap de soie qui m’apparaît toujours n’être que le réceptacle de « trop belle pour moi » lointaines, irréelles, si peu charnelles...  Caillou-9281.JPG

LeRouge&leBlanc, la revue trimestrielle qui taille sa route sur des chemins de traverse plutôt que sur les autoroutes, avec sa ligne graphique épurée, sa mise en page limpide, sa note rouge en seul contre-point du noir et blanc de ses textes et de ses photos, entre pour moi dans la même catégorie que mes fameux cahiers. Elle donne envie mais pas une envie de la consommer vite fait bien fait sur le gaz, goulument, de la feuilleter d’un œil distrait avant de l’oublier sur la table basse face au canapé qui fait face à la télé, non c’est une envie de la déguster en prenant le temps, son temps, de la mettre sur sa table de chevet puis de la ranger soigneusement avec ses sœurs sur le rayonnage prévu à cet effet. Dit d’une manière plus triviale : elle n’est pas de celle qu’on abandonne dans une salle d’attente de dentiste ; on la stocke pour l’hiver comme les pots de confiture.  Caillou-9282.JPG

Je sais, je sais, vous m’attendez au détour d’un des nombreux virages du chemin de traverse que j’emprunte pour me dire la bouche en cœur : « tout ça c’est bien beau Berthomeau, tu nous joues du violon avec tes histoires de cahier de brouillon, tu nous enfumes avec tes mots sur la beauté formelle de la revue LeRouge&leBlanc mais nous ce qui nous intéresse c’est le fond. Objection retenue chers lecteurs mais avant de vous répondre permettez-moi d’objecter moi aussi : en quoi mon point de vue sur le fond a-t-il de l’importance ? Après tout ce ne serait que le mien et il ne pèse pas plus lourd que le vôtre. Pour découvrir une revue pour la connaître, se faire une opinion, le meilleur moyen reste de l’acquérir, de l’acheter, d’investir ici 12€. Ce n’est un secret pour personne les gars de la revue LeRouge&leBlanc ne mettent pas leur drapeau dans leur poche, ils affichent la couleur sans ostentation mais avec une tranquille détermination. Allez les voir sur leur site www.lerougeetlevin.com . Pour ceux qui veulent savoir où ils mettent les pieds je vous donne à lire comment la revue se présente.

 

« LeRouge&leBlanc est une revue animée par une équipe, un groupe à la fois divers et lié par un projet commun, par son goût du vin et des gens qui le font. Un goût que nous aimons par-dessus tout partager.

Créé en 1983 par une poignée d’amateurs de vin pleins de passion mais aussi de questions et d’exigences, LeRouge&leBlanc est né d’une envie collective d’approfondir des informations souvent incomplètes ou insatisfaisantes - voire truquées -, et de parler du vin librement.

Librement, c’est-à-dire sans qu’aucune pression ne vienne empêcher de dire ce qu’on pense et de penser ce qu’on dit. Cela paraissait aux fondateurs et nous parait encore aujourd’hui assez rare pour nécessiter un travail en profondeur et, dans le prolongement, l'édition d’une revue à petit budget mais à projet fort, avec le seul soutien de ses abonnés.

Le projet était et reste de refuser la standardisation des goûts, avec la conviction qu’à terme « la force du vignoble français, et de tout vignoble, réside dans l’expression la plus accomplie de chaque terroir ».

Un tel projet conduit à développer un point de vue critique sur tout ce qui affaiblit, masque ou détruit le terroir dans le vin : non-culture et traitements chimiques de la vigne, clones productifs, gros rendements, vendanges à la machine, levurage, enzymage, chaptalisation, filtration et sulfitage abusifs, etc. Et, à l’inverse, à s’intéresser à tout ce qui relève d’une démarche qualitative, notamment la culture biologique et la biodynamie, sans exclusive ni « militantisme ».

 

Pour en revenir à mes fameux cahiers de brouillon grands carreaux il est un espace dont je ne vous ai pas parlé c’est la Marge, cette étroite colonne, tout à gauche, délimitée par un liseré rouge. À quoi sert-elle dans un cahier brouillon ? À priori à rien car, contrairement aux feuillets officiels où elle est le lieu des annotations, des remarques du correcteur, la marge d’un cahier de brouillon est un espace sans destination. Je ne sais pas si vous suivez les méandres de mon chemin de traverse mais l’échalier n’est pas loin : la Marge pour moi c’est l’Espace de Liberté. Alors j’estime que ce qui s’y écrit n’a pas à être noté. Qu’importe si le contenu de la revue adopte des angles qui ne sont pas les miens, prend des partis que je ne partage pas dans leur totalité, m’agace parfois, m’indiffère jamais. LeRouge&leBlanc participe à l’extension du domaine du vin et ça mérite pour moi plus que du respect, de la considération. Il n’y a pas de petits chantiers, agir à la marge fait souvent plus avancer les choses que le tam-tam officiel. Reste à ne pas confondre la Marge et la marginalité, et là les gars de la revue LeRouge&leBlanc évitent les écueils d’une bien-pensance élitiste délayée dans la bonne conscience des bobos.

Alors comme le disent nos voisins suisses dans la Tribune de Genève : «  Dans la grande et pas toujours respirable famille de la presse œnophile, exigez LeRouge&leBlanc. Voilà un magazine palpitant, sans pub ni reproche, qui depuis un quart de siècle arpente le vignoble français, mais pas seulement. 4 numéros par an, une expertise libre et pertinente, une indépendance passionnée… » Bonne route à vous les gars – ça manque un peu de filles à mon goût  –, et comme c’est un petit vendéen, expert en chemin de traverse, qui vous le dit, soyez persuadés qu’il vaut mieux souvent prendre son temps, faire quelques détours, se tromper aussi, que de foncer tête baissée dans les belles lignes droites qui ne mènent à rien, sauf à l’ennui de l’uniformité des opinions.

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