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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 00:09

Mes bulles à moi dans une Bulle sont coquines, elles vont de Joséphine à madame Bollinger tout de rose vêtue qui se pose une belle question « comment donner un nom à des couleurs ? » et qui y répond joliment « la couleur du Bollinger rosé conjugue les reflets mordorés du Spécial Cuvée et la profondeur intense du vin rouge. Ce pourrait être la teinte de la chair crue du saumon sauvage à peine rougie sur les braises. C’est une lumière et une profondeur. C’est la couleur d’un grand vin. » Et comme en écho Bertrand Gautherot explore les nuances du Pinot Noir avec sa cuvée Rosé de saignée de Sorbée. Il revisite l’idée mythique du champagne des tsars, ce vin qui valait la peine de lui faire parcourir des milliers de kilomètres, image de l’élégance, de l’allure. Et puis l’histoire de la Côte des Bars qui vinifia longtemps le Gamay avant de devenir un terroir de Pinot Noir. Mais comme mon esprit batifole d’une radiale aussi rapide qu’une sabrée je vais d’Aÿ à Ayse : le Mont Blanc Brut zéro de Dominique et Patrick Belluard du domaine Belluard. La Savoie, son Gringet, avec un vigneron plein de talent qui m’enchante avec cette méthode traditionnelle exceptionnelle que je trouve chez mes amis de la Contre-Etiquette http://www.berthomeau.com/article-le-gringet-un-quasi-monopole-savoyard-de-dominique-belluard-vigneron-d-ayze-37799369.html . Les hauteurs du Mont Blanc m’enivrent sans pour autant me faire oublier mes amis de Limoux qui disent avoir inventé la bulle bien avant les gens de Champagne. L’ami Gilles Azam avec élégance et sourire avec sa cuvée Joséphine que j’ai déjà célébré http://www.berthomeau.com/article-avec-mon-paris--brest-garcon-ce-sera-une-cuvee-josephine-de-gilles-azam--43567884.html me comble.

 

Dans mes bulles j’ai glissé pour Gilles Azam et sa Joséphine un texte d’un bloggeur sudiste : Showviniste www.showviniste.fr avec une mention rétro à la méthode champenoise qui est dite maintenant traditionnelle hors la Champagne, pour le Bollinger rosé, le Mont Blanc et le rosé saignée de Sorbée des textes maisons qui m’allaient bien au teint. Qu’importe ! Avoir un faible pour n’est pas ici preuve de faiblesse mais l’expression d’un attachement au talent d’hommes croisés, pour qui j’ai de l’amitié, Gilles, Ghislain, Bertrand et Patrick... J'ai dégusté le  Joséphine  Crémant de Limoux et le champagne rosé de saignée de Sorbée 2007 au Paul Bert. Pour le Mont Blanc 2005 c'est en cave (voir ma chronique) et le Bollinger Brut rosé c'est au bar Bollinger du Bon Marché que je l'ai apprécié grace à un service impeccable et souriant assuré par le Forum www.bar-le-forum.com (voir reportage photos en fin de chronique). C'est que du bon chers lecteurs.

 

Pour plus de renseignements : www.vouette-et-sorbet.com www.domainebelluard.fr www.champagne-bollinger.fr et pour Gilles Azam les.hautes.terres@wanadoo.fr et 04-68-31-63-72

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 00:09

Jacques Vivet rime avec discret, et pourtant avec sa carrure et sa prestance il pourrait en imposer à la République des dégustateurs autoproclamés. Il m’a fait récemment le plaisir un soir de me convier à son centre de dégustation situé face au jardin du Luxembourg à deux pas de Saint-Germain des Prés. Derrière la lourde porte cochère un autre monde où, sur les pavés de la cour, j’imagine le bruit sourd des tonneaux que l’on roule. Mais laissant ma folle du logis au cellier je me suis sagement assis à la table où se tenaient déjà les « élèves » de Jacques Vivet. Séance à l’aveugle, bien rythmée, sans pathos ni faux-semblants. L’homme est précis, pédagogue avec humour, il pratique le fleuret moucheté, taquine, met en scène avec sobriété la dégustation. J’y reviendrai en une future chronique mais ce soir-là moi, qui fut marchand de vins donc soucieux de mes clients, je retrouvais les fondamentaux du métier. Lorsque je me suis mis en tête de mettre des bulles dans une Bulle c’est donc tout naturellement que je me suis tourné vers lui. Ainsi dans la République des Jacques nous serions 3, le Dupont Merveilleux du Vignoble lui et moi. Merci donc à Jacques Vivet d’avoir accepté de venir buller sur mes lignes

 

« Ce que nous aimons avec le champagne c'est qu'il est multiple. Si cette diversité qui peut  aller du vin ciselé, construit sur la lame du rasoir, jusqu'au vin vineux puissant et long en bouche à la manière d'un meursault,  est susceptible de déstabiliser le premier venu fort de ses certitudes, c'est elle qui permet de trouver toujours un accord mets-vin judicieux. Et disons-le tout net le meilleurs des vins effervescents constitue un plaisir à lui tout seul.

Comme vous me le demandiez, je vous propose 3 d'entre eux, dégustés à l'aveugle avec verres INAO. » www.ecolededegustation.fr

 

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J’inaugure  ce matin une nouvelle rubrique : « à lire » si ça vous intéresse un clic http://www.berthomeau.com/article-pourquoi-l-ipad-16-giga-assemble-a-shenzhen-coute-499-dollars-us-3-326-yuans-piece-aux-etats-unis-et-3-988-yuans-en-chine-63813643.html

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 08:00

 

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Qui suis-je?

 

Une étudiante en école de commerce à Reims et qui fait son mémoire sur le vin? Une fille passionnée d'œnologie et qui adore les blogs sur le vin, en particulier celui de Jacques Berthomeau? Une jeune fille de 24 ans qui ne s'y connait encore que très peu?

 

Et Oui un peu de tout ça!! C'est pour ça que j'ai besoin de vous amis oenophiles ou amateurs de vin.

 

Remplissez-vite mon questionnaire de mémoire et vous en saurez plus sur vous et moi.

Transmettez-le à vos amis aussi!!

 

Voici le lien :

http://qtrial.qualtrics.com/SE/?SID=SV_a4pllqPlrkTpCIs  

 

Bonnes fêtes!

 

Léa PERROT-MINOT

 

Un clic, un tout petit peu de temps, et le tour est joué.

Faut que ça boum ou prenez de l'hépatoum !

 

Merci pour elle.

 

Et en prime : Léa par Louise Attaque

 

 

 

 

 

 

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 00:09

« L’araignée, ce morceau de gourmets qui est au bœuf ce que le sot-l’y-laisse est au poulet grillé... » est le sésame ouvre-toi d’André le jeune boucher de la boucherie Plomeur de Quimper « car c’était cette étroite languette persillée, aussi ferme que tendre, d’un rouge aussi foncé que le secret des lèvres, moelleuse, goûteuse, juteuse à souhait, qui donnait le signal » En effet, même « si physiquement rien ne disposait le si jeune boucher à autant de succès, dans ses mains la chair féminine se mettait à chanter. » La procédure se répétait chaque jour et « chaque fois que les gros doigts d’André aux ongles bien rongés, commençaient à tailler habilement la macreuse, les onglets, les bavettes, les prétendantes se massaient au-dessus du comptoir pour avoir les meilleurs morceaux, en exhibant les leurs. »

 

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Mais à quoi diable l’araignée donnait-elle le signal ? Au péché de la chair bien sûr car « celle à qui était échu le morceau de barbaque dans le papier journal savait qu’entre midi et deux... » André retrouvait l’heureuse élue derrière la cathédrale où il suivait « jusque chez elle l’élue à l’araignée ». Ceci est le début de la fable savoureuse contée par Martin Provost dans Bifteck chez Phébus 12€. La suite est du même jus, jubilatoire et tendre : sensualité et paternité... Si ce matin j’aborde la chair par le versant péché de chair c’est la « faute » à l’expression des goûts carnés de notre Charlier. Il aime la hampe ! Moi aussi ! Toujours précis, documenté, il la décrit : « muscle strié classique, morceau de diaphragme en fait ? » Il l’avait pour son déjeuner du samedi préparée grillée et muscadée mais ne l’avait point, faute aux pandores routiers, arrosée de vin. Pertinemment notre avaleur de hampe – pas mal non ça sonne comme astiqueur – faisait remarquer que ce morceau était en notre beau pays classé en abats ce qui à l’avantage d’en trouver à la fois chez les tripiers et les bouchers. Ces derniers la planquent car la hampe est visuellement du genre chiffon sale de garagiste, brunâtre, parente des bandes molletières ou des bas de contention pour femmes variqueuses, donc peu ragoutantes aux yeux des ménagères de plus de 50 ans.

 

Moi j’adore la hampe de bœuf (il en existe aussi de veau) 250 g de viande bien rassise, quasi-noire, acidulée, forte, grillée ou poêlée au beurre – dans ce cas je passe mes pâtes dans le jus de cuisson – pour un plaisir de flibustier. Cependant face à l’abstinence vinique de mon collègue je me trouve aujourd’hui dans les affres du choix du liquide qui va avec cette nourriture, qui s’apparente au steak des Tartares attendri sous la selle, donc vachement coriace. D’ordinaire je sais ce que je bois avec ma hampe, du lourd en verre Duralex, mais là, troublé, je me vois dans l’obligation de vous demander : que tèteriez-vous avec votre hampe ? Du cidre brut de Quimper en souvenir de l’André de la boucherie Plomeur ou un jus de treille du style Alicante Bouschet ? Ne m’en veuillez pas je n’ai pu m’en empêcher, en effet j’ai l’âme si noire que je vais devoir passer chez le teinturier...

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 00:09

1976-1986 le temps du « passage de l’ombre à la lumière » selon l’inénarrable Jack Lang à propos de l’élection le 10 mai 1981 du François de Jarnac comme premier président de gauche de la Ve République. Téléphone : Jean-Louis Aubert, Louis Bertignac, Richard Kolinka et Corine Marienneau participe au gigantesque concert organisé le 10 juin, place de la République pour célébrer la victoire en partageant l'affiche avec Jacques Higelin. La chanson Faits Divers, interprétée en direct, tient lieu de générique au journal télévisé de la nuit sur Antenne 2.

 

Leur second album intitulé Crache ton venin sort le 2 avril 1979. « Enregistré en seulement 15 jours aux studios Redbus de Londres et produit par Martin Rushent, c'est l'album de la consécration : il est disque de platine, avec plus de 400 000 exemplaires vendus. Le single emblématique de l'album, La Bombe humaine est immédiatement n°1, et reste classé dans le hit-parade de l'époque pendant 53 semaines d'affilée. » Wikipédia.

 

Mes belles années Téléphone loin de l’omniprésent « Té où ? » des accros du téléphone portable... sans doute les puristes vont me reprocher la mièvrerie des paroles mais le rock n’est pas fait pour se prendre la tête mais s’éclater. Enfin, leur dernier album : Un autre monde... et c’est la fin... Je reste toujours accro de Téléphone le seul groupe rock made in France digne de ce nom...

 

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25 décembre 2010 6 25 /12 /décembre /2010 00:09

 

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C’est mon cadeau de Noel. Merci de lire ce texte fort, fort comme le Moonshine, l’alcool de contrebande fabriqué au clair de lune dans le comté de Franklin, Virginie, pendant la Prohibition qui était, selon Sherwood Anderson de Liberty Magazine en 1935, «la région où l’alcool illégal coulait à flot... et où la proportion par habitant atteignait un chiffre record... » bien plus qu’à New-York ou Chicago. 

 

 

« Dès l’adolescence, Forrest se levait avant l’aube et partait dans les plantations de tabac pour écimer les plants et arracher les drageons jusqu’à l’heure du déjeuner. Après manger, il repartait pour une marche de six kilomètres à travers Snow Creek Hollow jusqu’au campement de bûcherons où il maniait la scie de travers jusqu’au dîner. Le lendemain il se levait à la même heure et répétait le même programme, sept jours par semaine, alternant le bétail, les pommes, les châtaigniers, l’abattage des porcs, les foins, les cailloux à casser, la herse à passer, le labourage ou les travaux de menuiserie selon la saison, les besoins et les clients qui payaient. Avec Howard, il livrait des noix et des pommes en char à bœufs jusqu’à Roanoke et du tabac jusqu’à Harrisonburg, Martinsville et Richmond. Là-bas, il dormait en général dans l’obscurité des entrepôts, étendu sur une haute pile de palettes chargées de feuilles de tabac à rouler. C’est à cette époque qu’il commença à boire, acceptant la bonbonne noirâtre qui passait de main en main même s’il n’y prenait aucun plaisir – hormis celui de garder la tête baissée et les yeux fermement ouverts longtemps après que tout le monde était parti se coucher. Autour de lui, les gens se comportaient comme s’il était un chien errant dans la rue. »

 

Matt Bondurant Pour Quelques Gouttes d’Alcool à l’Archipel www.editionsarchipel.comOW4CAAKEWKFCAU2C761CA53E4EFCAI2BAZ3CA2BXQG1CAXZHPPICAK6VE06

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24 décembre 2010 5 24 /12 /décembre /2010 00:09

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Nous tous les discoureurs, les beaux parleurs, les gratte-papier, nous tous qui mettons des mots, trop de mots, sur le goût des vins, grands ou petits, lisons avec humilité et soin ce magnifique texte de Michel Serres.  

 

« Je me souviens, dit-elle, avec reconnaissance du moment où j’ai reçu d’un grand vin ma nouvelle bouche : le jour de ma deuxième communion. La bouche d’or commence à jaser, ne cessera de le faire. La parole, comme une reine, règne sans partage sur les lèvres et la langue. Impérieuses,  exclusives. Or, elles traversent des lieux sans bouquet ni saveur. Douces : non dures. Douces : plates et fades. Elles anesthésient la bouche, qui ne trouvent pas le goût des mots les mieux assaisonnés. L’éloquence la plus ample, la plus sonore poésie, le chant le plus incantatoire, le dialogue le plus vif donnent des palais de bronze ou d’airain, des caisses de violoncelle, mais ces cordes et ces métaux restes insensibles aux fleurs embaumés, aux arômes d’écorce et de terre, aux fragrances puissantes de musc et de peaux, pis, les chassent. La phrase, ni acide, n astringente, évite d’éveiller la langue à autre chose qu’elle. La sapidité dort sous la narcose des paroles. Gelées : frigides.

Voici celui ou ceux de nos cinq sens qui nous apparaissent les moins esthétiques, l’odorat et le goût. Je commence à comprendre dit-elle, la bouche d’or, pourquoi nous refusons, oublions, différons, leur art propre, comment et pourquoi je peux dire avec tant d’apparence que le donné ne se donne jamais que dans et par le langage : ceci tue cela, dans la bouche. Moi, bouche d’or, je tue la bouche d’yquem. Je ne tolère pas le doute, langue double dans la bouche, langue bifide, moi qui parle, elle qui goûte. Douce à ma victime aujourd’hui, jour du banquet, je vais dit-elle, essayer de passer le relais.

De réveiller le palis de l’anesthésie parlière par le travail d’un deuxième art. Qui retrouve une esthétique, sensible, dans l’œuvre d’une autre esthétique, artiste. Yquem réveille la deuxième bouche, la seconde langue, la révèle en la deuxième communion. Le goût, opprimé, trop voisin localement du langage, trop jumeau ou concurrent, ne se dit bien que rarement, s’exprime souvent dans une langue qui prête à rire, dont la bouche rit, comme si le langage en son lieu ne lui laissait pas la parole. Une bouche chasse l’autre, celle du discours exclut celle du goûter, l’expulse du discours. »

 

Michel Serres, « Les cinq sens », Grasset, 1985)

 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 00:09

 

Monsieur le vaguemestre,

 

Par votre entremise électronique toute une flopée, que dis-je une cotriade, voire même une tripotée, pour ne pas écrire une chiée de garçons et de filles que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam me tombent sur le râble via ma petite boîte aux lettres pour, sous forme de lettre-circulaire – mon passé dit ministériel, qui plaît tant à mon ami Lefèvre, place la circulaire au rang le plus élevé de la quintessence de l’anonymat bureaucratique – commençant toutes par un tonitruant bonjour !

 

Vous ne pouvez pas savoir comme ce bonjour tout court m’irrite et comme ma brave mère, qui me tançait enfant, d’un « Merci qui ? » j’ai envie de rétorquer « Bonjour qui ? » Ce pourrait-être : Bonjour Jacques Berthomeau ou même pourquoi pas Bonjour Jacques même si nous n’avons pas forcément gardé les vaches ensemble – ayant pratiqué cette activité, mais en solitaire, je n’ai jamais vraiment goûté le suc de cette expression – pour autant je ne demande pas que l’on me donnât du Bonjour Monsieur Berthomeau car ce serait trop. Bien sûr le sieur Vincent Pousson me balance du Monsieur le Contrôleur Général mais lui, je le connais, c’est pour faire genre. Ce qui me plaisait au 78 rue de Varenne c’est que les gens du Sud me donnaient du Monsieur le Chef de Cabinet – le culte du chef bien sûr – alors que ceux du Nord s’en tenaient à mon vrai titre Monsieur le Directeur du Cabinet. Enfin, comme dans ma vie j’ai été deux fois Président : PDG et Président des AOC de la pomme&de la poire mais pas des scoubidous, se faire donner du Monsieur le Président, ça en jette un max. Puis, sans rire, lorsque j’ai quitté mon fauteuil de Directeur y’a un plumitif qui a écrit : celui qui tenait lieu de Ministre s’en va. Les chevilles, la tête, ça enflent vite vous ne pouvez pas savoir !

 

Bien évidemment la présente lettre ne s’adresse en aucun cas à mes fidèles lecteurs mais aux anonymes solliciteurs qui me chantent tous la même chanson, jouent tous du même pipo, me passent tous la brosse à reluire : « mes écrits sur la Toile les ont tant et tant charmés, stupéfiés même par leur qualité, leur élévation, leur originalité », que ma petite boutique à succursale unique se devrait de bénéficier pour sortir de sa confidentialité sympathique de leurs efficaces services. En clair ces joueurs de fluteaux me tartinent dans un style inimitable que si je parle d’eux chez moi, que si je collabore avec leur crèmerie dans un partenariat exclusif, que si je teste ceci ou cela en compagnie de petits camarades peloteurs de souris, que si je fais des petits papiers aux petits oignons à la gloire de flacons envoyés par la poste, que si je publie leur beau classement issu d’un algorithme de derrière les fagots, où bien sûr je figure en bonne place, une place qui ne demande qu’à être meilleure, alors bien évidemment en retour ils offriront à mon beau et merveilleux blog de vastes débouchés.

 

Me prennent vraiment pour un demeuré ! Franchement je n’en ai strictement rien à péter de ce démarchage à domicile du type passez-moi une commande pour l’encyclopédie des contrepèteries belges en 10 volumes et je vous offrirai un 45 Tours de Georgette Plana. Comme disait les économistes de ma jeunesse c’est de l’échange inégal, du foutage de gueule intégral. Que chacun sur la Toile veuille développer sa chalandise, élargir son fond de commerce, se bâtir un chouette modèle économique qui mettent du beurre dans ses épinards, je le conçois aisément. Il n’y a pas de sot métier. Cependant, je me permets de conseiller à ceux qui m’écrivent pour m’enrôler dans leur buiseness de faire un minimum d’effort afin que leurs mailing ne s’apparentent pas à des torchons mal foutus, mal écrits, creux et si généraux que même les services des Impôts font mieux qu’eux.

 

Et pourtant je suis « un homme facile », un rien me séduit, pour un sourire, un jupon qui froufroute, avec l’art et la manière tout est possible avec moi. Mon insoutenable légèreté, sans doute teintée de vanité, font de moi une proie sans grande défense, un être prêt à succomber aux délices du péché, aux joies de la transgression, un danseur mondain disposé à toutes les excentricités, un type capable d’animer une tombola, de vendre du vin... Suffit de me le demander gentiment, poliment, mais sachez que je ne supporte pas les sans-gênes, le genre je me pointe et sans qu’on m’y invite, avec un bonjour tout court jeté à la cantonade, se met à débiter sa salade prémâchée. Mon dieu que c’est fade comme de la laitue pour tortue ! Si vous voulez me séduire, me prendre dans vos filets, me débaucher, faites-moi rêver, séduisez-moi ou alors faites comme les gars de chez Leclerc ou les gonzes de Carrefour, qui n’aiment pas se faire charrier, évitez-moi, laissez-moi vivre ma vie de petit chroniqueur tranquille. Que voulez-vous, ce n’est pas la peine de vous épuiser avec vos petites lettres circulaire : « Je ne suis à personne. »

 

« Je ne suis à personne. » c’est le titre d’un livre de Louis Blanchet aux éditions du Chalet collection « chemins de la vie » 1965 avec la dédicace de l’auteur « à Jacques en lui souhaitant de réussir sa vie ». Que Louis Blanchet me pardonne je n’ai jamais lu son livre mais j’ai toujours aimé son titre car il m’allait bien, et en ce qui concerne son souhait je suis le plus mal placé pour affirmer que ma vie fut une réussite. Tel n’était pas d’ailleurs l’objet de mon propos matinal, encore que...

 

Un mot sur Louis Blanchet, pour moi l’abbé Blanchet, l’abbé de mon école d’agriculture nichée dans les bois : Notre-Dame de la Forêt qui, sans vraiment chercher à me convaincre, à fait prendre à ma vie un virage déterminant. Oncle d’un major de l’ENA, Michel Albert, fils de métayer du Haut-Bocage, à la Tardière, il m’affirma que cette voie « royale » devait être la mienne. J’ignorais jusqu’à l’existence de cette prestigieuse école – oui ce temps-là c’était ainsi – et comme je n’avais que 14 ans la perspective de me retrouver un jour dans la ville capitale fut douce à mon oreille. Je virai donc casaque : quittant les Sciences Expérimentales pour la Philosophie et puis, les gaz de mai 68 m’ayant fait tourner la tête, j’ai changé de cheval : l’ENA très peu pour moi. Mais, si je puis dire, c’était parti pour d’autres aventures avec, chevillé à ma petite tête imaginative, cette petite musique « Je ne suis à personne. »

 

Voilà, c’est dit même si, monsieur le vaguemestre, chez ces gens-là on ne lit même pas ce que j’écris. Pour eux l’important c’est le flux, le trafic, la mousse, le contenu ils s’en tamponnent presque la coquillette. Simplement, sans jouer les donneurs de leçon, la promotion et l’information ne font pas toujours bon ménage, que chacun fasse son turbin, moi je n’ai rien contre la réclame, la mise en avant, les petites, les grandes, les belles bouteilles faut bien les vendre, mais chez moi, sur mon Espace de Liberté, avec mes petits moyens, le seul slogan estampillé Berthomeau : c’est l’extension du domaine du Vin. Alors, vous tous, les garçons et de filles que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam, de grâce lâchez-moi la grappe, même si c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe faites tranquillement votre beurre dans le vôtre sans moi.

 

Oui « Je ne suis à personne. » et ma valeur vénale est inestimable. Méfiez-vous tout de même petits squales, sous des dehors bonhomme, eu égard aux marigots que j'ai fréquenté, je suis le Damien Hirst de la Toile, un prédateur redoutable très peu fréquentable.

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 00:09

 

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« Le Vin, c’et quelqu’un. Oui, il convient de parler du vin comme d’une personne. D’ailleurs, chaque vin est doué d’une individualité qui lui appartient en propre, et le malheureux qui le confondrait avec un autre, à la manière du touriste d’Afrique pour qui tous mes Noirs se ressemblent, est indigne de le boire. Chaque vin à son tempérament, et demander quel est le meilleur vin du monde n’est pas moins absurde que de décider de la supériorité d’une race sur l’autre. »

 

Ainsi commence « Célébration du Vin » d’une de nos connaisssances le RP Maurice Lelong, o.p. dont j’ai parlé récemment d’un autre de ces petits opus jubilatoire « Célébration de l’andouille » chez Robert Morel éditeur Le Jas du Revest-Saint-Martin, Haute-Provence. Eut égard à mon amour pour la race asine, cet homme d’Eglise ne peut que me plaire puisqu’il est aussi l’auteur de « Célébration de l’âne ». Maurice Lelong est un très grand célébrant car, toujours chez ce même éditeur, il célèbre : le pain, l’œuf, le fromage, l’art militaire (prix de l’humour noir), le cimetière et le fumier.

 

Tous ces bijoux sont trouvables chez

http://www.presences.online.fr/sitemorel/robertmorel.html ce sont de beaux petits cadeaux pour les fêtes ou pour ce que voulez d’ailleurs. Ce qui est formidable, depuis que je chronique sur le monde du vin c’est l’extrême richesse de l’écrit ; une richesse intellectuelle et spirituelle qui tranche avec celle, purement formelle, des beaux livres sur papier glacé avec de superbes photos qui ornent les rayons vin de nos grandes librairies. Cet opus bien sûr  n’est pas résumable tant, sous un petit format, il sait allier une belle érudition et des anecdotes truculentes. J’ai choisi, pour vous en donner l’esprit, deux extraits, dont celui bien sûr qui donne son titre à ma chronique.

 

« Je vais parler de la vigne avec la gravité qui convient à un Romain lorsqu’il traite des arts et des sciences. »

Telle est l’introduction solennelle du treizième livre de Pline, qui proclame la supériorité du vin. Il annonce alors qu’il en traitera non comme un médecin, mais comme un juge chargé de se prononcer sur la santé morale et physique de l’humanité. Autant dire que Pline l’Ancien fait du vin un problème crucial de la vie. »

 

Par l’entremise d’un de ses amis le RP Maurice Lelong rencontre « le plus grand vigneron de France, et par conséquent du monde entier, le baron Le Roy de Boiseaumarié qui « règne sur le très authentique cru papal de Châteauneuf, qui est censément le Castel Gandolfo de Jean XXII » au Plan du Castellet. « Dès avant le IIIe siècle, Rome importait ce vin célèbre qui supportait admirablement le voyage et vieillissait bien. De Bandol, tout proche, il fut un temps où, chaque année, cinq ou six cents navires appareillaient, chargés de 60 000 barriques » Le baron s’exaltait. Il parlait du vin bien sûr, en général, mais en particulier « Le Bandol ne doit rien aux Côtes de Nuits ou de Beaune de 1915, 1923, 1929, années fastes comme chacun sait... » Il humait une lampée et le monologue rebondissait :

- Donc, si le bordeaux est de la classe des grandes dames, le bourgogne appartient à la race des seigneurs. Les Côtes du Rhône sont des vins d’hiver, des vins de gibier. Mes voisins, les papes d’Avignon, étaient d’accord là-dessus, et nous possédons une recette pontificale pour faire rissoler des grives craquelantes qui font un accompagnement parfait au Châteauneuf. Les blancs d’Anjou et de Touraine sont d’une suprême élégance. Celui-ci (il mirait son verre de Bandol) est une paysanne robuste, solide, à laquelle il ne faut pas demander les raffinements de ceux que je viens d’évoquer, mais je vous assure que, déshabillée, il en reste quelque chose... »

 

« Je demandais timidement ce qu’il fallait penser des vins de l’Hérault et j’entendis – avec quel soulagement ! – ce baron qui fréquentait les chais aristocratiques les plus réservés, louer les mérites des vins de travail et de ménage dont médisent ceux qui ne reconnaissent le jus de la vigne qu’à son étiquette, et confondent le vin sophistiqué et celui qui est la boisson naturelle de l’homme. C’est le vin quotidien, dont parle l’Ecriture, qui réconforte le cœur des fils de Dieu et qui est mêlé à leurs liesses comme à leurs peines. C’est le vin de table qui récompense le dur labeur. On le retrouve accordé aux flonflons du bal populaire et aux jours de gloire de la Marseillaise »

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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 08:00

Madame la débiteuse de subventions *,

 

À la télé y’en a que plus que pour la Chine et dans le supermarché au chef lieu de canton c’est la bérézina même qu’un de ces quatre matins même nos petits pois seront Made in China. Mais comme nous l’a fait remarquer notre Achille Gauche, qui malgré son patronyme, n’a jamais porté les cocos dans son cœur, c’est sans doute une chance pour nos coopés puisqu’ils sont passés, plus vite que nous des anciens aux nouveaux francs, du Petit Livre Rouge au Vin Rouge. Ça fait du monde tout ça un peu comme à l’heureux temps du degré-hecto et du litre six étoiles où nos nectars voyageaient en gros pinardiers. Faut faire du vrac pour les chinois nous a dit un courtier bien informé puisqu’il revenait d’un marché chez les hollandais qu’ont toujours été des as du commerce.

 

Le problème c’est que Pékin ou Shangai ne sont pas la porte à côté. Ça coûte d’y aller. Bercy au moins c’était Paris. Maintenant Bercy c’est là que sont nos sous et même si il n’en reste plus beaucoup dans le Trésor nous, si on ne veut pas prendre le bouillon, y nous faut du picaillon pour écouler nos litrons d’appellation. Au conseil d’administration de La Moderne le jeune Gaburon a dit « ça c’est de l’exportation pays tiers... ça va pas être coton de décrocher des subventions... ». Bon, même si on n’avait pas tout compris, on a fait comme si on s’en fichait du tiers comme du quart et on a écouté les vieux nous dire que de leur temps y’avait des subventions pour des trucs bien plus cons... Même que le père Chalopin n’en finissait pas de raconter des histoires sur la Garantie de Bonne Fin payé par le Marché Commun. C’est en l’écoutant raconter ses histoires de beurre dans les épinards qu’on s’est dit que l’oseille y devait encore en avoir pour notre pinard dans les tiroirs-caisses de Bruxelles.

 

Y aller à Bruxelles ? Pas sûr que nos femmes, un peu échaudées par une ancienne montée à Paris rue de Rivoli qui s’était finie au Casino de Paris, vont marcher dans la combine. On était un peu dans le coaltar lorsque notre ancien instituteur, qu’est toujours de bon conseil, nous a dit « demandons conseil à Jean-Baptiste... comme il est dans la Finance il va nous aiguiller vers le bon guichet... » Partout ailleurs qu’ici tout le monde aurait dit oui mais chez nous, dès qu’on parle d’un gars du pays qui vit à Paris, ça chauffe le bourrichon de quelques-uns. Notre Jean-Baptiste, bien sûr l’est Polytechnicien, mais l’a aussi des idées modernes sur le vin et y se pourrait bien qu’un de ces quatre matins y fasse un putsch dans nos caves, embauche un bon directeur et nous fasse changer nos habitudes. Après le quart d’heure des gueulards et autres ramenards on s’est tous dit qu’un conseil ça ne mange pas de pain et qu’après tout notre Jean-Baptiste pouvait aider à nous sortir de ce mauvais pas.

 

Sitôt dit, sitôt fait, nous lui avons expédié un e-mail (qui a dit qu’on n’était pas moderne !) et notre Jean-Baptiste nous a vite envoyé un petit livre, qu’était pas rouge, mais violet, édité chez Féret « Financements et subventions pour les entreprises viticoles » Camilla Engel&Olivier Antoine pour 12,90€. On s’est vite plongé dans sa lecture et, à la page 34 nous avons trouvé notre bonheur :

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4- Subventions européennes

 

4.1 Aide à la promotion aux pays tiers

 

Là les auteurs ont un peu douché notre enthousiasme car ils ont écrit « Temps : 5 jours – Difficulté très compliqué » Mais bon on ne s’est pas laissé abattre par la remarque on s’est jeté à l’eau.

 

Bénéficiaires : Les entreprises viticoles privées ayant des moyens humains suffisants et les produits adaptés aux marchés visés en qualités et quantités, mais également les caves coopératives et les unions ainsi que les syndicats viticoles.

 

C’est notre ancien instituteur qu’a mis du rouge sur ce qui paraissait un peu laïus. Mais bon, vu d’ici on entrait dans les clous.

 

Financements : Une subvention maximale du FEAGA (Fonds Européen Agricole de Garantie) de 50% des dépenses pour chaque année d’exécution du programme (dans la limite de trois)

Par principe, cette aide exclut toute autre subvention publique pour un même projet. Le paiement se fait soit :

- pour tout/partie par avance sous réserve de la constitution d’une caution bancaire égale à 120% de l’avance ;

- par acompte semestriel sur présentation de factures acquittées, complétées par une possibilité d’avance de 30% de la subvention (avec constitution d’une caution bancaire)

 

Là disons, pour faire court, que ça va faire augmenter la note de notre expert-comptable et de notre banquier agricole.

 

Modalités d’intervention : Toute demande d’aide doit être accompagnée d’une analyse stratégique et marketing du projet sur une période maximum de trois ans.

Sont compris comme outil de promotion :

- la participation à des manifestations, salons, foires ;

- études de marché ;

- campagnes publicitaires ;

- frais généraux et frais financiers ;

- frais de déplacements, de séjours et de restauration ;

- frais de matériels et d’équipements (échantillons, informatiques, publications).

 

Pour être recevable, la proposition de programme doit être accompagnée d’un budget prévisionnel pour assurer le suivi et le contrôle de sa réalisation.

Une sélection de l’opportunité du projet est réalisé en fonction de :

- l’adéquation entre les moyens humains et financiers envisagés et les actions proposées ;

- l’adéquation entre les actions envisagés et les marchés ciblés ;

- la qualité et la pertinence des actions proposées et le budget prévisionnel engagé ;

- le bon rapport coût/efficacité du programme.

 

Là on s’est dit qu’on était pas sorti de l’auberge vu que déjà notre Jean-Baptiste, qu’est un bon petit gars, nous avait dit que le petit livre bleu n’était qu’un extrait sec par rapport au tonnage de papier qu’il allait nous falloir manier. Va falloir nous aider madame la débiteuse de subventions sinon ce n’est pas demain la veille qu’à Pékin y vont licher nos excellents vins de Losse-en-Gelaisse.

 

Pour sûr qu’on n’est pas des as de la stratégie et du marketing comme les gars d’Embres&Castelmaure mais la bonne volonté ne nous manque pas. Peut-être que ça ne suffit pas mais bon pourquoi nous n’aurions pas, comme nos collègues, nous aussi du revenant bon. Notre idée ce serait de retaper le car Citroën d’Anatole pour refaire la Croisière Jaune mais ce serait cette fois-ci Losse-en-Gelaisse-Pékin. Comme ça on parlerait de nous à la télé et dans le village y’aurait pas de jaloux vu qu’on pourrait en emmener un beau paquet.

 

Comme nous allons utiliser pour l’envoi de cette missive le canal habituel : le blog du petit rapporteur Berthomeau, il nous venu à l’idée que tous nos collègues qui sont connectés à son petit espace de liberté pourrait peut-être nous donner leur sentiment sur tout ce tremblement.

 

Avec les salutations de 2 Présidents unis face à l’adversité d’un Monde qui nous fait vraiment tourner en bourrique.

images-croisiere-jaune.jpg 

* le petit livre bleu donne le nom et le prénom, titre et qualité, direction de rattachement et les coordonnées précises de la dame

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