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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 00:09

  

La fête des mères, c’est beaucoup de commerce et parfois encore un beau geste.

 

Moi qui suis comme le pauvre Armand de Ricet Barrier, mort le 20 mai 2011 à Sainte-Christine, « qu’avait pas de papa, qu’avait pas de maman... » j’échappe ainsi au mercanti de la fête des mères et à celle des pères. Je sais que les marchands de fleurs de Hollande, qui s’affichent en ce moment à Paris, vont m’en vouloir mais le bouquet obligatoire : non merci ! Certes, moi, qui pointe encore au statut de vivant, qui n’est plus papa et qui n’est plus de maman, mais qui suis père et grand-père je cours encore le risque de me voir « honoré ». Le mot me va si mal que je suis tranquille.

 

Certains vont trouver que j’ai la dent dure mais ils se trompent : j’adore offrir des fleurs, ou tout autre chose qui fait plaisir, mais j’ai en sainte horreur les fêtes décrétées et qui plus est celles-ci auxquelles on a rajouté, vieillissement aidant, les grands-pères, grands-mères et même les grands-parents. Franchement, est-il nécessaire de rappeler qu’en France, c'est le fabriquant de briquets Flamminaire qui eut l'idée, le premier, de créer la fête des pères, en donnant l'occasion d'offrir à cette occasion un briquet à son papa. La fête fut fixée par un décret de 1952 au troisième dimanche de juin ; ceci pour faire écho à la Fête des Mères, créée en France en 1941 sous Vichy et confirmée par un décret de 1950. La fête des grands-mères a été créée en 1987 par la marque de café, le Café Grand’mère, du groupe Kraft Jacobs Suchard ; elle est donc d'origine purement commerciale.

 

Mais comme maman aimait Luis Mariano alors « maman tu es la plus belle du monde » dans ton paradis.

 

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 00:09

Je n’aime rien tant que les enchaînements soudains et imprévus, ils vont bien à mon esprit d’escalier. Le 18 mai au matin tombe dans ma boîte à lettres électronique : « Dernière Minute » en provenance de Philippe Ouvrard. Je décachète. La photo et le texte me plaisent, je consulte mon agenda papier acheté chez Gallimard (chic, non) et je note le lieu : Le Flâneur des Deux Rives, l’heure : 18h et l’adresse 60 rue Monsieur-le-Prince à quelques encablures de chez moi.imageOuvrard.jpgJ’avoue qu’un type qui se nomme Châteaureynaud, même dans un seul mot (oui j’ai un peu triché dans le titre mais c’est pour la beauté du geste) et qui plus est vous invite à venir passer un moment avec lui pour « discuter beaucoup, se sustenter un peu, et boire raisonnablement de fins breuvages entre amis, ne pouvait que mériter de la considération.

 

Donc à l’heure dite, avec juste ce qu’il faut de retard pour ne pas paraître provincial, j’enfourche mon fier destrier noir pour fondre sur la rue Monsieur-le-Prince qui se jette dans le boulevard Saint-Michel à hauteur de la rue Soufflot. Le Flâneur des Deux Rives est perché face à l’ex-Olympic-Luxembourg de l’autre Mitterrand, le Fredo qui se prend pour une star. J’attache ma monture solidement. Au dehors des petites grappes picolent en devisant. Bon signe, j’entre par une porte grande ouverte. La turne est pleine comme un œuf, pleine de gens de lettres. Je marche sur des œufs. Au grand étonnement des convives je mets en boîte les photos des belles bouteilles. Ensuite, comme je ne peux entrer dans une librairie sans tripoter le cul des livres, je m’adonne à mon exquis plaisir. J’en achète 3 dont le dernier Châteaureynaud, Georges-Olivier de son prénom : GO, La vie nous regarde passer chez Grasset. L1010180.JPG

La cigarette après l’amour, je ne fume plus depuis une décennie : elles sont loin les Boyards maïs (chronique Transgression absolue : la Boyard papier maïs dosée à 2,95 mg de nico link): je déguste les breuvages proposés : un blanc, un rosé, un rouge et du champagne. Pour ne pas être pompette je crache discrètement et proprement dans un gobelet. Vins honnêtes ! Le pâté me tend les bras je m’en tartine une lichette. J’adopte le champagne servi en flute plastique (ce n’est pas une critique) Ensuite je complète ma collection de clichés et je m’enquiers de savoir où se trouve l’homme du jour Georges-Olivier Châteaureynaud. Pas très difficile à repérer notre homme, barbe blanche, chapeau, chemise à carreaux, est d’une belle taille et arbore un sourire avenant. Vu mon état d’ignorance coupable sur son œuvre je ne fais pas le calamantran et je lui confesse n’avoir jamais ouvert un de ses livres. GO Châteaureynaud n’en prend nul ombrage et m’accorde quelques instants.

photobourgueil photovinmed.jpgphotopate.jpgphotoquincy.jpgphotogonet.jpg

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Ensuite je baguenaudais, papotais avec Dominique Cagnard auteur d’une vache dans ma chambre, carburais au Gonet tout en feuilletant le livre de GO Châteaureynaud sous titré à l’intérieur Monette et Jo, ses géniteurs, la photo de l’invitation, scindée en deux morceaux raboutés. Aborder une œuvre par son dernier opus n’est certainement pas la meilleure approche mais comme l’auteur y parle pour la première fois de lui, de sa mythologie familiale, il se souvient, découvrir l’homme avant son œuvre n’est pas un péché mortel contre la littérature. Comme moi GO Châteaureynaud est un baby-boomer qui avoue « je lisais tout ce qui me tombait sous les yeux ou sous la main », moi aussi. En dehors de ce goût immodéré pour la lecture nos destins sont bien différents : nouvelliste et romancier notre auteur a obtenu, entre autre, le prix Renaudot en 1982 pour la Faculté des Songes et moi je n’ai fait que papillonner.

 

L’entrée dans le livre me fut difficile, les 2 premières pages, curieusement numérotées 11 et 12,  ne m’accrochaient pas, trop écrites. Je reposai le livre, le temps d’un purgatoire s’imposait. Reprenant ma lecture au haut de la page 13 je n’ai plus lâché le livre. Lu d’une seule traite, sans hâte, goûtant l’authenticité, l’humanité, la simplicité, la vérité, l’adoration de Monette sa mère, ce père absent même lorsqu’il est présent, tous ces petits riens qui forment la trame de la vie d’un gamin, la chambre de bonne au huitième étage à Neuilly, son dénuement, ses chiottes à la turque, les odeurs, la pension... le Grand-Père,  Tantine, Leturc le garçon par qui vint l’apprentissage de la lecture...sa mob... ses profs... ses conneries... la maison de Porsguen en Bretagne... les extraits qui suivent touchent tant mes souvenirs de petit vendéen crotté que je vous les propose en amuse-bouche si je puis dire.

 

« Porsguen était une odeur, un océan d’odeurs plutôt, dans lequel nous nous immergions dès la première seconde, en descendant de la voiture. Dès l’abord, en arrivant devant la ferme, il était impossible d’ignorer l’odeur du tas de fumier qui occupait le centre de la cour. C’était un tas de fumier de chromo, ou d’illustration d’abécédaire. Un coq y prenait la pose. Du poulailler tout proche, sans doute jamais nettoyé depuis la mort du paterfamilias et le renoncement de la mère agonisant lentement dans son lit-clos, s’exhalaient des relents de fiente (...) A ce concert l’homme ajoutait sa note aigre. Si l’on pénétrait chez les fermiers, des frères âgés qui vivaient sans femmes, et sans eau courante eux non plus, on était pris à la gorge par des remugles de vieux linge sale et de baratte oubliée. »

 

« A Porsguen Vraz, le père était mort, bientôt suivi par l’un des fils, Job, et le temps s’était figé. J’ai entrevu Job, je n’ai connu la mère Lareur que grabataire. Elle habitait son lit-clos. Les deux fils qui lui restaient, Jakez et Fanch, tous deux bretonnants, tous deux célibataires, sombraient lentement dans le vin d’Algérie, Fanch surtout, Jakez, l’aîné, émacié, édenté comme son frère, mais beaucoup plus malin, tenait mieux ou buvait moins. »

 

La vie nous regarde passer  Monette et Jo de Georges-Olivier Châteaureynaud un très bon cru, à lire absolument. C’est chez Grasset 18€.

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 07:00

Lors d’une virée chez Jean Guyon, tout là-haut, j’avais beaucoup aimé en dessert son granité « Haut Condissat » Le top du sorbet mais je n’avais pas pris le temps de chroniquer. Faute lourde car le lessivier Unilever, qui fait aussi dans la bouffe (j’adore la déclaration de Bruno Wilvoet patron Unilever France « avec les produits de toilette et les lessives, les glaces font partie des domaines dans lesquels nous pouvons faire mieux. »), vient de lancer sous sa marque Magnum deux glaces individuelles légèrement alcoolisées. La première au limoncello, liqueur italienne au citron, et l’autre à l’irish cream, la crème de whisky irlandaise. 

magnum-mini

Selon les têtes d’œufs de la multinationale anglo-néerlandaise « c’est une façon de réinventer le digestif et de séduire de nouveaux clients, en particulier les jeunes adultes, en proposant après le repas un petit moment de gourmandise avec une pointe d’alcool. » Toujours, de source sûre, « les tests effectués à l’Echelle de Jacob, un bar à cocktails de Saint-Germain-des-Prés, ont été très positifs. » Bref, bien évidemment vous allez trouver ces petites merveilles dans la GD  en Magnum Mini en boîte de 6 au prix de 3,50 euros.

 

Bon ne m’engueulez pas, je ne suis pas chargé de faire la promo de ce digestif léché industrialisé. Moi les glaces en batonnets type ouvreuses de ciné ne sont pas ma tasse de thé mais je vois dans cette initiative une belle piste à suivre pour ceux des vignerons, vigneronnes qui s’adonnent à l’agriturismo versus vin : de bonnes petites glaces artisanales avec une petite pointe alcoolisée ça pourrait plaire  à vos visiteurs... Allez, innovez, allez voir votre glacier et cherchez la bonne formule avec l’un de vos vins, eau-de-vie, liqueur...

C’est possible !

C’est mieux qu’un tire-bouchon ou un truc à la con...

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 Baba 4050

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 00:09

 

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Margot elle est comme ça, elle est toujours là où on ne l’attend pas. Pour ceux d’entre vous qui ne sont pas des lecteurs historiques de mes chroniques Margot a répondu à mes 3 Questions le 12 novembre 2008 link puis avec un petit groupe d’amis elle a fait parti de ma dream-team de dégustation (photo ci-dessous). Bref, mardi dernier, je dégustais au Terrass Hôtel, lorsque j’ai reçu un sms de Margot accompagné de la photo ci-dessous « je signe la pétition de Vin et Société et vous n’êtes pas là... kiss »

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photoV-S.jpgEt toc, Vin&Cie qui a toujours une longueur d’avance se voyait pris à défaut dans le traitement de l’actualité du vin. Qu’à cela ne tienne il me fallait trouver la parade, reprendre la main. Hier, me rendant à Toulouse pour mes activités professionnelles, dans l’avion je découvre en dernière page du Monde la fameuse pétition de Vin&Société qui est un Manifeste mais comme il nous est demandé de le signer en allant sur www.vinetsociete.fr:manifeste  je tenais ma riposte.

 

Pour ma part je suis un peu allergique aux pétitions mais pour ce Manifeste dont le texte a de l’allure et du fond, je signe ! Sur la pleine page du Monde les repères de consommation, je dois l’avouer, ne sont pas ma tasse de thé mais je comprends parfaitement que Vin&Société doit se conformer aux codes dominants. Normer la consommation peut paraître une forme de responsabilisation citoyenne, un garde-fou aux excès, très honnêtement je crois que les nouveaux puritains se donnent bonne conscience à bon compte. À cette réserve près va pour « la consommation respectueuse ».

 

Merci Margot et bravo madame la Présidente de Vin&Société

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 06:00

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Franz-Olivier Giesbert, dit F.- O.G. : directeur de la rédaction du Point et besognant aussi dans d’autres activités annexes.

 

Le Point : hebdomadaire d’information 3,50 € (que j’ai acheté de mes deniers)

 

« Peut-on encore manger nos amies les bêtes ? »  Émilie Lanez pages 78 à 81 du n°2018

 

Dans tous nos hebdos depuis le succès du livre de l’américain Jonathan Foer « Faut-il manger des animaux ? » la bidoche passe un mauvais quart d’heure. Quand j’écris la bidoche je ne cède pas à la facilité mais je me contente de constater que notre petit monde de plumitifs moutonniers mettent toutes les espèces dans le même panier : bovins, ovins, porcins, caprins, volailles, lapins, équins... Ce n’est pas innocent car l’argument massue c’est que toutes ces braves bêtes sont « élevées à l’échelle industrielle », polluent le sol par leurs effluents, empoisonnent l’air de leur gaz méthane, sont piquousées par tous les bouts, abruties, « torturées », électrocutées, saignées, frictionnées à la Javel, découpées... Bref, c’est l’horreur absolue.

 

Cerise sur le gâteau pour bien étayer la démonstration le chiffre canon qui tue photoviande-copie-1.jpg

Là, monsieur le Directeur de la Rédaction, c’est de l’info pourrie, faisandée, que vous publiez. Ce chiffre d’où sort-il ?

Réponse : source AVF soit l’Association Végétarienne de France (1200 Adhérents) 

Il est faux.

Il est mensonger.

Il ne repose que sur de l’amalgame.

À trop vouloir prouver on trompe le lecteur.

Vous participez monsieur le Directeur de la Rédaction à la désinformation.

Vous vous moquez des éleveurs et tout particulièrement ceux qui élèvent leurs animaux dans les pâturages du bassin central, le troupeau allaitant. La France possède le cheptel bovin le plus important d'Europe, avec pas moins de 25 races répondant aux noms de Charolaise, Blonde d'Aquitaine, Rouge des Prés, Normande, Limousine, Gasconne, Aubrac... Ces animaux fournissent la majorité de la viande bovine consommée en France alors où sont-ils dans les fameux 93% de l’AVF ?

 

Qu’il y ait des élevages industriels, surtout dans le porc et dans la volaille, c’est un fait que je n’entends pas contester, bien au contraire, qu’ils posent de réels problèmes je suis le premier à l’écrire, mais attention à ne pas tout amalgamer. Pour preuve :

- l’effet de serre ne concerne que les ruminants et dans le calcul de l’emprunte carbone il faut aussi tenir compte du fait que les prairies captent et fixent du carbone ;

- pour le poulet je pose une question simple aux fabricants de % de l’AVF et à FOG : par exemple le Poulet de Loué est-il issu d’un élevage intensif ? Vos réponses m’intéressent vraiment.

 

Si pour vendre du papier glacé il vous faut maintenant racoler le chaland avec ce type de chiffre sorti de la fosse à lisier je comprends que votre indice de crédibilité soit en chute libre et rejoigne celui des politiques. Les cochons de lecteurs payants que nous sommes, monsieur le directeur de la Rédaction, exigent que vous fassiez le boulot pour lequel vous êtes payé. Vous êtes le garant de la véracité de ce qui est publié dans le Point : dans le cas d’espèce un % c’est de l’arithmétique de base. Que je sache FOG le Point n’est pas une filiale de Lotus dont le papier rempli une fonction précise. Moi j’affirme sans risque d’être démenti que : « Non, en France 93% des animaux consommés ne proviennent pas d’élevages intensifs. » et je me tiens à la disposition d’Émilie Lanez pour le lui prouver (d’autres journalistes qui font sérieusement leur métier l’ont fait avant d’écrire). Je n’ai aucun intérêt dans l’Industrie des Viandes donc mes chiffres proviennent de sources officielles (certes les statisticiens sont des fonctionnaires et FOG déteste les fonctionnaires qui sont des parasites).

 

Que ça vous plaise ou non Franz-Olivier Giesbert, directeur de la rédaction du Point : c’est en laissant publier n’importe quoi que l’on devient n’importe qui !

 

Jacques Berthomeau lecteur du POINT

 

PS : « en moyenne les végétariens et les vegans sont plus minces et en meilleure santé que celles et ceux qui mangent de la viande et cela les rend plus sexy. Les végétariens sont de meilleurs amants. » Tracy Reiman présidente de PETA (People for the ethical treatment of animals).

 

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 00:09

Dans la présentation des 5 du Vin l’ami Lalau m’a gratifié du titre de « grand commis de l’État » ce qui, hormis le qualificatif trop souvent utilisé en notre vieux pays pour tout et n’importe quoi, me convient parfaitement. Il eut pu me qualifier de « serviteur » car, en effet, sans être ni haut, ni fonctionnaire, j’ai servi l’État et j’en suis fier. Alors pourquoi diable certains, accolent-ils du mépris à serviteur : larbin, domestique, valet, loufiat... ? Est-ce que le garçon qui nous sert le vin au resto ou au bistro, l’hôtesse de l’air qui nous propose un nescafé sur AF, le grand noir qui passe l’aspiro dans mon bureau, la gironde baby-sitter qui vient garder les gniards le soir, le gus du centre d’appel basé à Tombouctou... ne nous rendent pas un service tout aussi appréciable et estimable que le consultant d’Ernst&Young, le conseiller financier de la banque, l’assistante ménagère d’un petit vieux ? Que je sache, on nous le serine assez, nous vivons dans une Société de Services et je ne vois pas au nom de quoi, hormis la qualité, le coût, la valeur du service, l’éboueur devrait être moins considéré qu’un chroniqueur sur le Web.

L1010168.JPGSi je fais cette remarque c’est que j’ai subit l’ire d’un chroniqueur très BCBG parce que j’évoquais, dans un échange aigre-doux à propos de Zemmour, la ressortie au Champo à Paris de « The Servant » le grand film réalisé en 1963 par Joseph Losey avec un machiavélique Barrett incarné par Dirk Bogarde que l’on aime tant détester. Ce cher homme s’est senti offensé. Pourquoi diable, sauf à vivre de ses rentes, nous sommes tous tributaires, quelque soit notre statut, tributaires de ceux qui assurent notre ordinaire. Comme le faisait remarquer un avocat pénaliste : « mes clients sont des truands et alors, même le pire criminel de guerre à le droit à un défenseur... » et comme tout travail mérite salaire alors. Le lien de subordination n’implique pas forcément un vil à-plat-ventrisme, le cirage de pompes systématique, le lèche botisme obséquieux, la courtisanerie... Moi je suis en ce moment au service du Ministre de l’Agriculture, je ne porte pas sa serviette, j’assure les missions qui me sont confiées et lorsque je chronique je le fais en respectant le devoir de réserve mais en assumant pleinement mon statut. Je n’ai pas besoin de faux-nez !

 

Bref, il n’est pas plus vulgaire de se laisser-aller à écrire des mots-crus dans ses chroniques que de laisser accroire que l’on n’est qu’un gentleman de la Toile sans attache, forme de pur esprit d’essence aristocratique. De plus le glissement sémantique de mon interlocuteur de The Servant à larbin était assez cocasse lorsque l’on sait que le dominé à l’origine : Barrett le valet devient le dominant en réduisant son maître à la déchéance : voir la critique ci-dessous d’Eric Barbot le 23/04/2007.

 

« La mise en scène et le cadrage de Losey sont très précis, et traduisent l'inégalité (puis la violence) dans la distance entre les personnes, et dans l'utilisation de l'espace de la maison : au début, le maître domine le valet, puis au fur et à mesure, à la faveur de la négligence de Tony, Barrett maîtrise de mieux en mieux l'espace de la maison (en occupant les pièces communes, tout en préservant le jardin secret de sa chambre de bonne). Escaliers, canapés, portes, miroirs... tous les éléments du décor deviennent des armes contre le maître, afin de lui faire perdre pied, puis le rabaisser jusqu'à l'annihiler. Parce qu'elle vient de l'extérieur, qu'elle ne connaît pas cet espace conquis par le valet, seule la fiancée du maître peut manifester sa lucidité et sa révolte, en giflant Barrett

Ici, le nihilisme et le naturalisme l'emportent sur le message politique : ce qui intéresse Losey, ce n'est pas la lutte des classes, mais les pulsions remontant des profondeurs et créant une tension dans le monde apparent, jusqu'à le faire sombrer dans le monde originel, une certaine barbarie. Ce n'est pas un hasard si Buñuel, autre grand auteur naturaliste, a souvent mis en scène des valets ou des femmes de chambre : la violence et la menace de la déchéance font partie intégrante de ces rapports maîtres-valets. »

 

Sans vouloir m’adonner à la sociologie de café de commerce c’est dans doute ce que révèle parfois la violence qui règne sur la Toile : la survivance des rapports maîtres-valets... Déchoir vous avez écrit déchoir...

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 00:07

Cette déclaration date de 1971, presqu’un demi-siècle, une éternité pour notre pas de temps médiatique. Elle émane d’un personnage très aimé et très populaire auprès de la France qui se lève tôt. Pour lui c’est le vin qui fait l’homme. La suite de ses propos que je vais vous rapporter, sans en changer un iota, sont « politiquement incorrects ». À l’époque, nul ne s’en était ému car la langue verte ne charriait pas des relents exploités par les xénophobes qui se planquaient encore eu égard à leur faits d’armes peu glorieux sous l’Occupation. Alexandre-Benoît Bérurier, dit le Gros, marié à Berthe Bérurier (dite B.B.), inspecteur de police sous les ordres du commissaire San-Antonio, collègue de l’inspecteur Pinaud dit Pinuche, n’est pas à proprement parlé un être raffiné, il adore entonner l’hymne des matelassiers, il se bâfre, lichetronne sec, il n’est pas très finaud mais il n’a pas mauvais fond et il est assez représentatif du populo de l’époque.

L1010190.JPG                     illustration de Michel Tolmer ®

 

Le texte proposé à votre lecture est extrait de N’en jetez plus ! et si je peux le porter à votre réflexion c’est grâce à la Bible publiée par Blandine Vié « San-Antonio se met à table » aux éditions de l’épure 28 euros www.epure-editions.com . Je fus un lecteur assidu, dans les autorails qui me menaient à mon dur labeur d’étudiant-salarié, de San-Antonio. Si je puis m’exprimer ainsi j’ai tété le lait de sa langue et il m’en est resté des expressions telle que « ma petite Ford intérieure ». Pour moi, les années 70 furent de grands millésimes « sanantonionesque » et j’ai toujours eu un faible pour le phrasé et le vocabulaire d’Alexandre-Benoît. Avec le recul du temps je trouve qu’il était pré-Coluchien donc à ne pas mettre entre toutes les mains. Que les âmes sensibles, les lectrices ou lecteurs de Télérama, tous les gars qui se shootent à la religion obscure, s’éloignent, éteignent leur ordinateur, afin qu’ils ne viennent pas me reprocher ce texte impie.

 

Dernier avertissement : vous entrez dans une zone à hauts risques, il est toujours temps pour vous de descendre de mon équipage. Même que, pour ne pas me faire lapider par les barbus ou enlevé par l’AQMI, je ne vous propose pas la partie la plus hard où Alexandre-Benoît veut convertir son cousin musulman à la religion catholique. Je m’en tiens à la prescription béruréenne et au pourquoi de son prosélytisme.

 

La prescription béruréenne

 

« ... cavale chez le Nicolas de l’endroit pour acheter une caisse de pichegorne. Lésine pas : prends du chouette, car va s’agir de se faire un palis, vu que le tient à écluser du thé, il doit pas avoir plus de sensibilité qu’une cuvette de pissotière. Pour pas trop te dépayser les muqueuses, attaque par du blanc. Un petit pouilly de Loire ou un crépy de Haute-Savoie ça serait idéal pour t’enchanter les glands de sale hiver. Ensuite d’après quoi tu passeras au rouge. Le rouge c’est un vin d’homme. Vas-y mollo au début : deux ou trois litres par jour, pas plus ; jusqu’à ce t’apprécie pleinement. »

 

 

Le pourquoi de son prosélytisme

 

«  - Dis donc, Gros, murmuré-je, tu vas entrer dans les ordres, toi, à force de vouloir baptiser tes contemporains. Qu’est-ce que c’est, cette lubie ? Je te savais pas porté sur la curaterie.

Il hausserait les épaules s’il n’avait les deux ailerons soudés au torse.

- Me prends pas pour un bigot, simplement j’sus adjectif, mon pote. Les hommes se chicornent pour des questions politiques ou religieuses, en général, exaguète ?

- Hélas.

- S’ils se tuent pour une religion, c’est que ces cons ont besoin d’en avoir une, tu me suis ?

- Très bien, mais pourquoi leur imposerais-tu le catholicisme ?

Bérurier ne prend même pas la peine de se recueillir pour affûter sa réponse. Il la livre spontanément :

- Tu connais, toi, une autre religion basée sur le picrate ? Le Jésus de l’Enfant Marie qui change la flotte en rouquin. Qui cabaliste sur du pinard en affirmant comme quoi que c’est son sang ! Et dont on célèbre la messe en se filant du muscadet plein le ciboire. Si t’en sais d’autres, j’sus preneur ! Moi j’estime que, religion pour religion, autant s’en farcir une qui t’incite au godet ! Une qui prend sa source dans un pied de vigne, bon Dieu de foutre. »

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 07:00

Lorsqu’Yves-Marie Le Bourdonnec, le boucher-bohême d’Asnières, déclare que la viande anglaise est la meilleure du monde beaucoup de français n’en croient pas leurs oreilles : la réputation de la table anglaise est chez nous exécrable. Le mot de Talleyrand en atteste « En France, nous avons trois cents sauces et trois religions. En Angleterre, ils ont trois sauces mais trois cents religions. » et Bernard Shaw de renchérir « Si les Anglais peuvent survivre à leur cuisine, ils peuvent survivre à tout. » L'eau étant l'élément fondamental de la cuisine anglaise les bons produits anglais, oui il y en a, semblent voués quoiqu’il arrive au massacre. C’est l’opinion d’Alexander Watt correspondant gastronomique du Daly Telegraph à Paris « Mais qu’est-ce que la ménagère anglaise en fait de ses magnifiques légumes ? Bien trop souvent elle les massacre au lieu d’en tirer « la meilleure cuisine du monde ».  

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Photographie © Martine Murat

Certes notre homme est écossais. Certes notre homme remet lady Dorothy Fitzgerald le nez dans ses affreuses casseroles en aluminium. Certes notre homme écrit dans le numéro de mars 1957 de Cuisine et Vins de France. Mais sa réponse à la dite lady qui avait déclaré dans le Daily Mail que « the french are overrated as far as cooking and marketing go. Given the goods, the Englishwomen can produce the finest food in the world. » (les français sont surestimés tant pour la question de la cuisine que pour le marché. Qu’on lui donne les vrais vivres et l’Anglaise est bien capable de faire la meilleure cuisine du monde.) est très intéressante car il remet les pendules à l’heure.

 

Sans vouloir vexer les défenseurs de l’exploitation familiale qui, qu’on le veuille ou non, est la mère du productivisme du Grand d’Ouest : normal peu d’ha donc beaucoup par ha, l’Angleterre est un pays de grands propriétaires fonciers qui adorent regarder pousser l’herbe – j’exagère à peine – et le Prince Charles peut se permettre d’être « organic », de vendre ses confitures bio et à sa mother couronnée d’être l’une des plus primée par l’UE.

 

Que rétorque notre perfide écossais à la toute aussi perfide anglaise !

 

« Lui donner des vrais vivres ! Même s’il n’existe guère en Angleterre des marchés de l’ordre de ceux dont je viens de parler (les Halles, la marché Buci et Saint-Germain) , il existe bien les vivres essentiels pour faire une excellente cuisine. La meilleure qualité de viande de bœuf au monde vient de l’Écosse. Et en Écosse aussi se trouvent des poissons que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Notre saumon est incomparable, qu’il soit simplement grillé, poché au court-bouillon ou fumé. (Avant d’aller plus loin, je dois dire que moi-même je suis Écossais !) Et l’art des Écossais à fumer les poissons s’applique aussi aux vrais Kippers, aux truites et au Smoked Haddock d’Aberdeen. Permettez-moi de vous affirmer que le Haddock dit fumé, que l’on trouve dans la plupart des marchés de Paris, n’est pas véritablement fumé ; il est teinté et n’a pas du tout le goût délicat du Haddock fumé d’Écosse, qui est en vente toutes les deux semaines, aux Halles.

Parmi les autres produits de toute première qualité que l’on trouve en Angleterre, comptons la fameuse Sole de Douvres et le Whitebait (Friture de Blanchaille). Puis il y a le fameux Mouton du Pays de Galles et, d’Irlande vient le célèbre Irish Stew. N’oublions pas que le plat national d’Écosse est le Haggis. De tous les coins de la Grande-Bretagne vient une quantité d’excellentes choses pour faire une cuisine magnifique : le jambon d’York, le Cochon de lait, les Lamproies (le roi Henri 1er en a mangé une telle quantité qu’il en est mort), les Œufs de Pluviers, le fromage de Stilton etc. Et il y a autant de gibier qu’en France. Si nous n’avons pas les Ortolans nous avons, par contre, l’unique Grouse d’Écosse. »

 

Tout ça pour tirer une morale très simple à l’attention des Français, et surtout des producteurs français de denrées alimentaires, le made in France perd chaque jour que Dieu fait un peu plus de sa saveur. Pourquoi ? Tout bêtement parce que le maquis des signes dit de qualité obscurcit l’offre, la banalise, n’offre souvent qu’une garantie minimale, n’est composé que de minables lignes Maginot destinées à protéger les producteurs bien plus qu’à promouvoir des produits réellement originaux. L’exemple de la viande de bœuf, évoquée par Yves-Marie Le Bourdonnec, a force de  démonstration : l’image de la bonne viande française se dissout au point de voir Mac Donald s’emparer d’un des fleurons des races françaises : le Charolais. Alors que nous possédons le plus beau troupeau à l’herbe – exception française – que nous n’engraissons pas nos animaux, comme le font les américains et les argentins, dans de monstrueux feed-lots, rien n’est fait pour que le consommateur s’y retrouve. Alors il fuit, se désintéresse du produit. Et pendant ce temps-là les grands amateurs, les journalistes gastronomiques, dans leur isolement hautain, tranchent : « il n’y a plus de bonne viande en France... » Grotesque ! Ridicule ! Reste que la part de responsabilité des producteurs dans ce déficit d’image est patente : choisir risquerait de mécontenter ceux qui n’ont qu’une vision syndicale de la question.

 

À l’heure où certains en France dépensent beaucoup d’énergie pour promouvoir la Table Française il est essentiel de ne pas mettre en exergue une approche uniquement élitiste des bons produits nécessaires à la confection d’un bon repas mais d’avoir le courage d’appeler un chat un chat : ça s’appelle une segmentation claire, lisible, qui ne se cache pas derrière des catégories juridiques : AOP, IGP, labels... mais qui annonce la couleur. Nous ne sommes plus ou pas seuls au monde, de très bons produits existent partout, l’origine France garde encore du crédit mais encore faut-il ne pas le gaspiller en agitant notre excellence élitiste tout en proposant au plus grand nombre des produits d’une banalité affligeante. Entre le moins cher du moins cher et les sommets il existe un espace à conquérir mais encore faut-il que  nous sortions de nos ambigüités si commodes. David quand est-ce que nous partageons un beau Haggis ?

Bona 015 Ceci n'est pas un écossais interprétation libre d'un tableau de René Magritte

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 00:09

En me rendant pédestrement à la dégustation du château Haut-Bailly vendredi dernier aux caves Legrand je suis passé par le jardin du Palais Royal qui, en dépit de la poussière : plaie des jardins publics de Paris, offre en fin de journée un havre de paix. Passant au flanc du Grand Vefour, en empruntant la galerie du Beaujolais, le restaurant rendu célèbre par Raymond Oliver triplement étoilés de Guy Martin. Bien évidemment je me suis arrêté pour jeter un œil sur la carte placée à l’extérieur afin de voir s’il y était fait mention des vins servis. La réponse est oui. J’ai donc pris une petite photo et, comme les vins mentionnés étaient pour beaucoup connus de moi, j’ai commencé à ruminer en dépit des effets nocifs de cette pratique. Rentré chez moi, vérification faite sur le site du Grand Vefour www.grand-vefour.com j’ai pu constater qu’il n’y avait aucune mention des vins servis, sans doute parce que les étoiles du Michelin garantiraient l’existence d’une belle cave, ce dont je ne doute pas même si ces messieurs-dames du petit livre rouge ne constituent pas pour moi l’alpha et l’oméga des dégustateurs et surtout un gage de recherche et d’originalité.

photovefour-copie-1.jpgSuggestion de Vins telle est l’annonce faite sur la carte affichée et visible de l’extérieur : hormis le Taittinger brut NM (normal puisque la maison est le propriétaire) elle propose 8 vins : 3 blancs et 5 rouges, dont 5 d’origine plutôt modeste et pour les 3 autres manifestement choisis et mis en avant pour bien se situer dans la tendance actuelle. Un bon point donc pour le Grand Vefour de sortir des sentiers battus mais la suite est moins réjouissante :

 

Un péché véniel : une faute d’orthographe : la Cigale avec deux l ;

 

Des approximations : non indication de l’appellation Savoie pour le Chignin Bergeron ; pour le Pouilly-Fumé aucune précision sur la cuvée, est-ce celle étiquetée « Domaine des Fines Caillottes » ou « Prestige » ? Pour le pays d’oc même remarque, il doit s’agir du « Classic blanc » ; pour les Fiefs Vendéens la cuvée se dénomme Le Poiré et non Poiré et le domaine est le domaine Saint-Nicolas et non Nicolas. Le domaine Gardin-Perrotto se nomme Du Gardin-Perrotto. Pour le Matthieu Barret son domaine c’est le domaine du Coulet. Rien de bien grave mais ces messieurs les toqués ne goûteraient guère que l’on égratignât le nom de leurs œuvres culinaires. L’argument du manque de place ne tient pas.

 

Le péché mortel récurant : le prix affiché de ces vins :

 

En ramassant les prix sur le Net, et en déduisant un prix départ propriété (sauf pour le Pays d’Oc et le Crozes-Hermitage où j’ai les prix réels) je peux vous communiquer les coefficients multiplicateurs :

 

Vins Blancs

1-      le Chignin Bergeron ­2006 domaine JP&JF Quénard : 60 € coef. 5

2-      le Pouilly-Fumé 2009 domaine Pabiot : 67 € coef. 5

3-      Le Vin de Pays d’Oc domaine la Madura : 78 € coef. 7

Vins Rouges

1-    Fiefs Vendéens Le Poiré 2004 domaine Saint-Nicolas : 88 € coef. 5

2-    Givry 2006 Clos Salomon domaine Du Gardin&Perrotto : 78 € coef. 4

3-    Corbières 2007 domaine du Trillol : 58 € coef. 8

4-    Crozes Hermitage 2009 domaine Matthieu Barret 59 € coef. 4

5-    Château Olivier Pessac-Léognan 2001 : 132 € coef. 4

 

La maison Grand Vefour prélève donc en valeur absolue en moyenne 50 à 70€ sur chacune de ces bouteilles avec un plancher à 39€ pour le Crozes-Hermitage 2009 de Matthieu Barret et un pic de 100 € pour le Château Olivier 2001. Un détail les vins de South of France sont du pain béni pour les étoilés : petit prix départ mais gros coefficient. C’est très confortable pour des produits où le capital immobilisé et les coûts de gestion sont quasi-nuls. Comme le sommelier est compris dans la masse du personnel c’est presque du net. Le vin reste le sauveur des étoilés.

 

Mon Conseil :

1-     Commandez le Crozes Hermitage 2009 domaine Matthieu Barret 59 € vous aurez le sentiment de boire bon sans trop engraisser le Grand Vefour ;

2-    Pour le château Olivier : soit vous allez chez Franprix au rayon des recalés à 19 € vous approvisionner mais vous risquez d’avoir du mal à convaincre le sommelier du Grand Vefour de ne vous compter qu’un droit de bouchon ou bien vous suggérez à l’intendant de la maison de s’approvisionner au rayon des recalés de Franprix car y’a plein d’affaires à faire pour mettre plus encore du beurre dans les épinards de Guy Martin.

 

La Morale de cette histoire : le Grand Vefour n’est pas une exception dans le paysage des grands restaurants, du moins ceux des parigots tête de veau, et comme je ne fréquente pas ce type d’établissements je n’ai fait qu’attraper quelques prix affichés. Comme il ne faut pas compter sur les chroniqueurs patentés pour faire ce boulot sans doute trop fatiguant pour leur auguste personne je ne fais qu’agiter (attention aux ampoules) sans grandiloquence le marigot ce qui équivaut bien sûr à une tempête dans un verre d’eau.

 

Pour ceux qui voudraient visiter les sites des vignerons cités :

 

www.jf-quenard.com

www.jean-pabiot.com

www.lamadura.com

www.domainesaintnicolas.com

Du Gardin&Perrotto pas de site

Pour le domaine du Trillol devenu château Trillol www.sichel.fr

www.chateau-olivier.com

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 00:09

  

À 56 balais le Jean-Louis Aubert boosté, transcendé par une formation exceptionnelle de 10 instrumentistes, le mercredi 27 avril lors de sa première au Zénith, nous a offert plus de deux heures de grand bonheur. Quelle vitalité ! Quel respect pour son public ! Qui a dit que les Français ne savaient plus s’assembler, exulter, danser ? Ce soir-là, toutes les générations étaient présentes et nul ne se souciait de la couleur de la peau ou des croyances de son voisin. Moi j’ai fini la soirée en état quasi-liquide heureux comme un bienheureux. Et que les grincheux ne viennent pas me bassiner sur le thème « tu te la joues jeune pépé ! » Rien à cirer, je préfère passer l’arme à gauche en dansant plutôt que de vivoter en pestant contre l’air du temps !

 

Aubert fait parti de notre patrimoine et j’ai osé dans mon titre lui accoler l’appellation climat car j’en ai plein le cul de tous ceux qui captent abusivement nos héritages populaires. Ras-le-bol des ratiocineurs télévisuels, des poseurs professionnels, des héritiers d’une France rance, des qui ont la trouille de tout et de rien, des bonnets de nuit, pour moi la vie c’est aussi vivre, boire et chanter car c’est bon pour la santé ! Le gars Jean-Louis nous en a offert pour notre argent, il n’a pas lésiné pour nous offrir un vrai spectacle, un truc qui te fait sortir de ta coquille, léviter au-dessus de tes baskets, en être, communier, chanter, swinguer, ne pas vouloir que ça s’arrête. Papy Rocard du haut de ses 80 balais a raison  « Il faut chanter, lire, jouer de la musique… Notre époque a perdu le sens de la fête. »

 

Un petit mot de la formation qui entoure Jean-Louis Aubert. On la sent proche de lui, sensible, délicate, soucieuse de son univers, efficace sans surjouer, homogène, talentueuse, amicale, indispensable. 3 guitares, deux batteries, une section de vents : saxo, trombonne, trompette, une basse et claviers, dans une interview Aubert déclare qu’il « avait envie de tout avoir, comme un enfant gâté. Et ça fonctionne très bien. » Je confirme car l’enfant gâté nous gâte, pour preuve ses deux batteurs qui, loin d’être redondant, se marcher sur les baguettes, se complètent. « Entre Richard Kolinka et Denis Bénarrosh, j'ai vraiment deux styles que j'aime. Richard est très explosif et Denis est très fan de New-Orléans, de Jamaïque, de choses un peu douces. » Bien d’accord avec toi Jean-Louis.

 

Et puis Aubert est un tendre, c’est si rare dans ce monde de brutes. Il dit simplement les choses « Si c'était ma dernière journée, qu'est-ce que je ferais ? Il y a beaucoup de choses qui sont importantes, mais pas urgentes, alors on ne les fait jamais : prendre soin de soi, des gens qu'on aime, se réconcilier avec quelqu'un avec qui on s'est fâché depuis longtemps. » Comme l'écrit Sylvain Siclier dans son papier du Monde «Les textes d'Aubert chantent souvent l'amour et la fraternité sans aller par quatre chemins. Cela va avec le timbre toujours adolescent de sa voix, dont la justesse n'est, chroniquement, pas la première des qualités. On le sait, mais la fougue fait passer ses faiblesses.» Pour sa première notre Aubert a chanté juste et toujours avec la même fougue

 

Merci Jean-Louis : continue !  

 

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