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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 00:06

« Ce qui fait la richesse de notre langue. Ces papilles qui vivent comme des filles de pape dans un palais bordé d’ivoire, sont liées à notre cerveau qui fabrique la gourmandise et la gastronomie. Le vocabulaire gastronomique et alimentaire est d’une grande richesse comparé à la pauvreté relative des capteurs du goût, nettement inférieurs en nombre à ceux de la vue ou de l’odorat [...] La gastronomie occupe une place primordiale dans la vie humaine. Ne passe-t-on pas à table deux ou trois fois par jour, trois cent soixante-cinq jours de l’année, pendant toute une vie ? Serions-nous capables de faire l’amour trois fois par jour toute l’année et toute une vie ? »   Genou-7946.JPG

Claude Gudin, auteur de ces lignes, extraites d’ « Une histoire Naturelle des Sens » (voir chronique « Et si le 6ième sens était celui de l’humour » http://www.berthomeau.com/article-et-si-le-6ieme-sens-etait-celui-de-l-humour-mm-les-degustateurs-de-vin-devorez-une-histoire-naturelle-des-sens-49426553.html )démontre que l’on peut être savant et léger et que les culs pincés, dont je tairais le nom, seraient bien inspirés de mettre un soupçon de légèreté dans leur sérieux par trop pesant. Je lui redonne la parole afin d’assurer la transition « Il peut paraître surprenant que le goût, avec si peu de terminaisons nerveuses, ait pu conquérir un si grand champ sémantique de la perception des saveurs, des préférences et des aversions alimentaires étendu au désir en général (« avoir du goût pour »), aux inclinaisons alimentaires et amoureuses, aux préférences et aux jugements esthétiques. L’agueusie (absence de goût) est moins invalidante que la cécité et la surdité, et pourtant ce sens est d’une importance capitale, peut-être à cause de la fréquence de sa mise en jeu. Il y a dans le système nerveux central des liens étroits entre la gustation et le système de régulation de l’humeur (par l’intermédiaire du système ventral hypothalamo-limbique). Ainsi, le goût est un sans fortement imprégné d’affectivité et d’émotion. Un sens qui a force de loi et qui débouche sur une réponse affective, comportementale, d’acceptation ou de refus. On peut presque dire que le jugement gustatif annonce le jugement moral. »

 

Beau sujet de symposium ne trouvez-vous pas ? Mais tel n’est pas mon propos du jour, je reviendrai sur ce sujet dans une prochaine chronique à propos d’un groupe de vrais amateurs qui, autour d’Anne-Claude Leflaive, se sont efforcés de « désapprendre la dégustation ». Comme vous vous en doutez mon passage par la langue organe n’avait d’autre but que d’en venir à la langue, le langage véhicule de l’échange entre les hommes. Pour organiser des symposiums ou tout autre rassemblement d’humains pour débattre, échanger, manger et boire repose sur l’exigence minimale de s’appuyer sur un socle de compréhension commun : soit la langue « majoritaire », soit les langues des invités accompagnées de traduction simultanée. Avant d’en venir à la fonctionnalité du langage et surtout à son utilité, une citation d’Alain Rey dans le Dictionnaire Culturel de la langue française « LE ROBERT » : « Le discours philosophique séculaire n’a cessé de jouer sur les ambigüités et les contradictions de ce concept, le « langage » voué à se mordre la queue puisqu’on ne peut le « définir » qu’en employant ses propres pouvoirs. Le langage, faculté, aptitude, virtualité, est inobservable, ce qui le rend apte aux mythes et aux théologies ; il ne peut être appréhendé qu’à travers d’autres notions, de plus en plus perceptibles. La première est celle de « langue », que certains idiomes distinguent du « langage », d’autres non (anglais language), et que beaucoup affublent du nom de l’organe charnu et mobile qui se trouve dans la bouche (l’anglais lui-même a mother tongue, « langue maternelle »). Mais « la langue » est encore une abstraction, construite à partir d’un flux qu’on peut appeler discours soit vocal (parole, palabra, parola, speech), soit graphique (écriture, writing...)

Pour en revenir, sans noms d’oiseaux ou outrances langagières, à la langue officielle du symposium sur le Grenache, je vais faire dans l’extrême simplicité en distinguant 3 usages de la langue où chacun pourra retrouver ses petits sans jouer les donneurs de leçons. 

1-     La langue à usage commercial : c’est forcément celle du client. Simplement je fais remarquer à HB (pas Human Bomber mais Hervé Bizeul) que lors d’une grande présentation de vins américains à l’ambassade des USA à Paris où les braves producteurs californiens et d'autres régions viticoles étasuniennes affichaient en anglais désirer un importateur freenchie et ne présentaient que des documents de présentation de leur gamme qu'en anglais. Je me réjouis donc comme HB que nos exportateurs parlassent, non la langue de Shakespeare, mais tout bêtement l’anglais lorsqu’ils s'en vont vendre leur vin dans des contrées lointaines où cette langue est pratiquée ou sert de langue véhicule.

2-    La langue des États : c’est la langue officielle et l'on imagine mal notre flamboyant de Villepin prononçant son discours à l’ONU en anglais sous prétexte qu’il se trouvait aux USA (certes dans une enclave internationale). Plus prosaïquement, dans les négociations européennes (j’ai pratiqué au temps de Miss Tatcher) chaque représentant utilise son idiome national et les traductions sont simultanées. Les documents officiels sont traduits par des juristes-linguistes dans toutes les langues de l’UE. J’ai écrit dans la chronique qui a attiré l’ire de HB « Je suis profondément européen, ce que ne sont pas la majorité de nos amis anglais – c’est leur droit – le Traité de Rome est un acte majeur que trop de baragouineurs semblent bien facilement passer par pertes et profits. Résultat : alors que la langue française est une langue officielle les grisouilloux de la Commission ne se donnent même plus la peine de publier leurs torchons en français. Ça me fâche. Je suis pour la stricte égalité de traitement. » Je persiste et je signe. Nos amis québécois dans un océan anglophone font exister leur langue, la nôtre. Deux anecdotes rapides : j’ai eu un Ministre : Michel Rocard pratiquant un anglais impeccable qui s’auto-traduisait, très commode ; ensuite j’ai beaucoup discuté avec mes homologues anglais, où qu’ils fussent:à Londres à Bruxelles, à Paris  ils étaient toujours monolingues : la leur. Depuis je me rattrappe face aux monologues qui ne font aucun effort.

3-    La langue des colloques : pour moi celle qui doit être utilisée est celle dans laquelle les intervenants conceptualisent le mieux, rien n’est plus désagréable que d’entendre un sabir mal maîtrisé, du baragouinage besogneux ou pire la lecture d’un papier avec un accent à faire frémir le plus bienveillant des bienveillants. Je suis profondément admiratif à l’égard de certains de nos amis étrangers qui pratiquent un français de haute tenue. Chapeau bas ! Pour le questionnement même jurisprudence, ça évite bien des incompréhensions et l’utilisation de faux-amis. Dans le cas d'espèce je rappelle que mon seul souhait était que le programme soit rédigé dans les deux langues. Le reste, c'est-à-dire les élucubrations de HB sur mon refus de venir pour cause d'anglais obligatoire tiennent à sa mauvaise humeur que je ne me sois pas déplacé pour recueillir ses augustes paroles. Je plaisante bien sûr !  IMG00133.jpg

Reste l’after Work, là c’est la convivialité qui prime et chacun se débrouille avec son bagage. Pour ma part, comme je suis incorrigible j’adore me voir flanquer d’une adorable traductrice qui remédie, comme dirait le souriant HB, à ma bêtise crasse. C’est très agréable d’être idiot en référence à une « Ravissante idiote » bien sûr. Sans conclure, je me permets tout de même de conseiller au pourfendeur de mes modestes et parfois trop ironiques écrits de les lire d’abord, de tenter de les comprendre ensuite avant d’enfourcher des haridelles fourbues qui ne mènent nulle part. 

 

Hier matin mon hébergeur Overblog n'a pas envoyé le message habituel pour vous prévenir de la mise en ligne de ma chronique. Certains de vous s'en sont émus je les remercie de leur fidélité. Si cela se renouvelle à l'avenir il vous suffit d'aller sur www.berthomeau.com et vous pourrez ainsi lire mon impérissable prose. Désolé que vous ayiez ensuite reçu dans la journée 2 messages puis une newsletter vous prévenant de l'incident déjà réglé je ne suis qu'un petit locataire et suis à la merci du bon vouloir de mon hébergeur.  

 

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 00:09

Suite au torchon xénophobe publié par l’histrion de notre rédaction « Vont-ils canoniser en anglais le Grenache à Avignon le dimanche 7 juin ? » http://www.berthomeau.com/article-vont-ils-canoniser-en-anglais-le-grenache-a-avignon-le-dimanche-7-juin-51582338.html  , Hervé Bizeul, vigneron nous pris d’insérer :   Genou-3896.JPG

« Bravo, cher Jacques

Tu réussis en seul billet à exprimer tout ce qu'il y a de plus désagréable et d'énervant dans le Français : la haine instinctive de l'autre, la peur de ce que l'on ne connait pas, la critique d'un évênement auquel on a pas participé et l'appologie de l'appriori, le refus du partage de la connaissance, le choix du plaisir et de l'oisiveté au lieu du travail, la moquerie de la religion et des valeurs, la tentative de détruire l'innitiative privée et locale, le refus de l'internationalisation de notre monde, la manipulation de l'information en citant un bout de texte sortie du contexte, la bêtise crasse de celui qui dit "si c'est en anglais, j'y vais pas" (alors qu'il y avait traduction simultané pour tous et que parler la langue de ceux qu'on reçoit me semble la plus basique des courtoisies), vraiment, tu fais fort et tu te montres sous un jour, comment dire, étrange...

Sache que la conclusion, c'est que les producteurs de Grenache sont désormais un peu plus bienveilants les uns envers les autres, tout simplement parce qu'ils se connaissent un peu mieux et se sentent plus confrères que concurrents désormais.

Mais la bienveillance, hein...

P.S. : toi, on a effectivement pas remarqué ton absence. Mais ta "french attitude" d'un autre age, elle nous a pas manqué. »

 

Le comité d’éthique de « Vin&Cie » face à la gravité de la situation : 

 

-   Prie la Reine d’Angleterre, qui ne nous a pas déclaré la guerre depuis des lustres, d’agréer nos plus plates excuses en tant que souveraine constitutionnelle et chef de l’Eglise anglicane ;

-   Prie sa Sainteté le Pape Benoît XVI, qui est déjà bien à la peine, de ne pas excommunier notre rédacteur baptisé et confirmé au sein de l’Eglise apostolique et romaine ;

-    Prie tous ceux et celle qu’il aurait pu offenser par sa haine de l’autre, son apologie de l’à priori, son refus du partage de la connaissance, sa basse tentative de briser et détruire l’initiative privée et locale, son allergie à l’internationalisation du monde et son goût de la manipulation, de bien vouloir lui pardonner car il est atteint d’un mal incurable : la bêtise crasse. 

-    Prie Nadine de Rothschild et tous les rédacteurs de manuels de « savoir-vivre » à la française de passer outre à ses remarques stupides sur l’usage de la langue anglaise. En effet, comme chacun sait, nos amis anglais lorsqu’ils nous invitent dans leur belle île adoptent notre idiome gaulois ;  

-    Prie Michel Bettane d’être indulgent face à la citation intégrale de son texte par notre rédacteur et d’excuser celui-ci d'en avoir ri. Comme disait ce cher Desproges « on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui ». Cette remarque s’adressant bien évidemment au plaignant : le sieur Bizeul ;  

-   Prie les producteurs de Grenache du monde entier de comprendre que si le sieur Berthomeau ne s’est pas présenté au symposium c’est primo parce qu’il s’estimait au-dessous du niveau minimal requis, deuxio parce que son goût immodéré pour la compagnie de jeunes écervelées buvant du rosé le mettait dans l'obligation de sécher ; 

-   Prie l’organisatrice du « Chêne Bleu », que l'ami Michel Chapoutier lui avait présenté lors de Vinisud, de faire preuve de beaucoup de philosophie et de mansuétude : ce garçon est plus bête que méchant. De plus lorsqu'il dit s'ennuyer ou plus si on l'accompagne dans sa grossièreté, n'engage que lui et n'a pas pour conséquence de qualifier les exposés du même qualificatif ; 

-   En compensation du préjudice subi par le sieur Bizeul propose de lui décerner le Grand Prix de l’Humour Anglais ;  

-   Comprend parfaitement les participants du Symposium de ne pas s’être aperçu de l’absence de ce représentant de la « France croupie » exécré et exécrable, et bien évidemment comprend plus encore qu’il ne leur ait pas manqué « un seul être vous manque et tout est dépeuplé ;  

-   Indique que les commentaires publiés sur cette chronique sont de la stricte responsabilité de leurs auteurs ; 

-   Remercie François le Débonnaire de son attitude de « médiateur » dans ce conflit qui ne va pas bouleverser la planète vin ; 

-   Comprends aussi totalement le sieur Bizeul de ne pas s’inscrire comme sponsor du Grand Concours de l’été que notre rédacteur indigne de la France du Bien Vivre et du Savoir-vivre ose encore proposer à ses lecteurs...

Sans vouloir dédouaner ce mécréant, nous signalons qu’il fut qualifié par la « France croupie » d’anti-français pour avoir osé répondre en 2001, en faisant un parallèle osé avec la situation de notre viticulture, à la question « pourquoi avons-nous pris une raclée à Azincourt ? » par « ce sont nos certitudes et notre suffisance qui nous ont vaincu, bien plus que les archers anglais. »

- Signale aussi que ce gougniafié n'a fait aucune contre-publicité incitant à ne pas se rendre au symposium puisqu'il a publié sa chronique le matin de l'ouverture et que, vu le crédit dont il dispose, selon le sieur Bizeul, il eut, s'il avait agi de la sorte, purement et simplement pissé dans un violon ; 

 - S'interroge : devions-nous le censurer au nom de l'Entente Cordiale, du Concordat, de l'amitié entre les peuples, de la défense des cépages ?

- Nous attendons vos suggestions, critiques, noms d'oiseaux, costumes bien coupés... et par avance nous vous en remercions.

 

Notes en bas de page : 

 

·    l’utilisation de Achtung pour Attention dans le titre tient aussi du principe de précaution afin de préserver l’amitié franco-allemande ;  

·        « La France Moisie »® étant une AOP Philippe Sollers elle est pourvue des signes légaux.

·        Le rédacteur cloué au pilori par le sieur Bizeul a exercé son droit de réponse en vis-à-vis du commentaire de celui-ci

 

 

   

 

 

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 00:09

Ils sont venus, ils sont tous là, des contrées les plus reculées de notre monde globalisé : « Australia, Austria, Brazil, China, Croatia, Egypt, Hong Kong, India, Ireland, Israel, Italy, France, Germany, Japan, Korea, Luxembourg, Norway, South Africa, Spain, Switzerland, United States, United Kingdom. » Dès demain 6 juin 200 Pères de l’Eglise, des moines, des chanoines, des nonnes, de mères supérieures, des frères convers, des évêques, des monsignores, des pasteurs de l’Eglise anglican (beaucoup) des garçons et des filles tendant vers des âges qui, sans être canoniques, n’en restent pas moins assez peu représentatifs des générations d’avenir, assemblés, au domaine de la Verrière, au Crestet,  en un chapitre baptisé : 1ier Symposium du Grenache.

 

Que du beau linge, pensez-donc même François le Débonnaire, avec sa barbe fleurie, quittant ses Rives bordelaises bénies, y posera ses malles de la Compagnie des Indes, pour concélébrer avec le Pape français du Vin, Michel Bettane, et Steven Spurrier, flanqués de la Grande Prêtresse anglaise Jancis Robinson, et une foultitude de noms connus : Michel Chapoutier, le couple Bourguignon, Hervé Bizeul, Philippe Faure-Brac, Vincent Avril, Pierre Perrin, Bernard Burtschy, la cérémonie de la béatification du Grenache. À dessein je ne vous cite que les patronymes des têtes françaises. Je m’en expliquerai un peu plus tard.

 

Afin qu’il n’y ai aucune ambigüité dans mes propos, je vous signale de suite que j’ai été invité nominativement, relancé à 3 reprises, pour aller poser mes « célèbres fesses » au Symposium afin que je puisse, de ma plume vive et insolente, vous narrez les actes de bravoure oratoires et gustatives des Pères de l’Eglise du Grenache. Pourquoi n’y suis-je pas allé me direz-vous ? La réponse est simple : qu’irait faire un mécréant de mon espèce en ce Conclave de hautes huiles ? S’emmerder ! Oui, j’avoue mon incorrection totale : je préfère le samedi et le dimanche, surtout maintenant que le soleil est de retour, la compagnie de gentes damoiselles papillonnant autour de beaux verres emplis du nectar du cépage susdit. Bien évidemment, j’ai le plus grand respect pour les messes chantées avec surplis amidonnés mais que pourrais-je extraire des minutes de ce Symposium qui puisse vous passionner ? À mon avis rien car je n’y comprendrais goutte.

 

Mais ce n’est là que la première raison que j’ai d’ailleurs plus poliment indiquée pour décliner l’invitation. La seconde est plus culturelle, liée à la fois à mes origines papistes et à mes racines paysannes. Je m’explique. Tout d’abord, un seul lieu s’imposait pour une telle béatification : le Palais des Papes à Avignon. Bien sûr, le domaine de la Verrière doit être plus bucolique mais les symboles sont toujours plus frappants que le simple confort. Ensuite, comme vous le savez, je suis anglophile mais dans le cas présent, j’estime que le calice a un goût par trop britannique. L’Eglise anglicane est « hérétique », je plaisante bien sûr, et je trouve assez discourtois que sous le prétexte, justifié, que ce colloque est d’amplitude internationale, seule la langue anglaise y soit pratiquée. Cette révérence me gonfle. Cette absence de fierté m’irrite. Que dans les actes du commerce la langue véhicule fut l’anglais je l’admets mais là, dans une concélébration en terre Avignonnaise, j’aurais apprécié que le programme fusse au moins rédigé dans notre belle langue www.grenachesymposium.com . Je suis profondément européen, ce que ne sont pas la majorité de nos amis anglais – c’est leur droit – le Traité de Rome est un acte majeur que trop de baragouineurs semblent bien facilement passer par pertes et profits. Résultat : alors que la langue française est une langue officielle les grisouilloux de la Commission ne se donnent même plus la peine de publier leurs torchons en français. Ça me fâche. Je suis pour la stricte égalité de traitement.

 

Voilà, pour moi la messe est dite. D’ailleurs, pourquoi le colloque n’a-t-il pas adopté le « latin de cuisine » comme langue officielle, c’eut été plus classieux, non ! Bon Symposium aux chanoines et chanoinesses, et avant de vous laissez à vos travaux de canonisation je ne résiste pas au plaisir de vous offrir le seul morceau de bravoure écrit en français sur le programme de présentation du Symposium. Il est signé de notre Pape Michel Bettane. J’avoue, comme je suis espiègle, qu’il m’a fait beaucoup rire. Vive la libre-circulation des Hommes, des Idées et des Cépages : Libérez nos cépages !

 Bettane_introFR.jpg

« Du temps où les cépages circulaient librement, sans être prisonniers de régions viticoles xénophobes, le grenache a su faire son chemin de Compostelle à l’envers et arriver au cœur de la Provence, où il s’est mis au service, de façon peut être encore plus spectaculaire que dans son Espagne natale, de terroirs parfaitement adaptés à lui.

 

Il est juste qu’en remerciement, la Provence accueille un symposium international  qui s’annonce passionnant sur le plus étonnant des cépages du sud de l’Europe et  d’autres vignobles de soleil de la planète. Je souhaite vivement qu’il contribue à montrer l’étonnante qualité et diversité de ses expressions, du rosé puissant de table aux vins rouges somptueux qu’il produit au cœur de l’Australie, de la Californie, dignes de se mesurer aux grands crus de Catalogne, du Rhône et des îles de Méditerranée, sans oublier les vins fortifiés si étonnants du Roussillon. »

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 00:09

Cher Michel,

 michel maxi

Ce matin je fête les 5 ans de mon Espace de Liberté : Vin&Cie

5 années déjà !

Je l’ai créé pour reprendre le flambeau des ambitions de la note stratégique Cap 2010 et, avec l’accord des cosignataires, je prenais à mon compte le vœu qu’ils émettaient page 9 : « Le groupe de pilotage se propose, dans ce cadre, de faire part aux intéressés de son approche du sujet, voire même de proposer sur la base de Vin&Co le noyau, souple et modeste, permettant d’animer en réseau ce collectif naissant en mobilisant les acteurs de terrain... »

Beaucoup nous avaient enterrés sans fleurs ni couronnes.

Tu n’étais pas de ceux-là. Dès l’origine tu m’as témoigné publiquement, dans le respect de nos différences et de la nature de nos responsabilités, amitié et soutien.

Ta récente interview à Vitisphère a, bien sûr, retenu toute mon attention.

J’avoue, sans fausse honte, que tes prises de position sur beaucoup de sujets : l’opposition stérile entre vin artisanal et vin industriel, l’AOC perçue comme un droit acquis, la dévalorisation du vin de table, le lien au terroir, la dérive orchestrée par les « petits génies » de l’UE de la définition du vin bio, le « passez en IGP » pour certaines AOP volumiques, me confortent dans le bien fondé du choix du chemin que j’ai pris en solitaire voici 5 années.

Dans ton interview tu abordes un sujet, sur lequel je travaille activement depuis plusieurs mois dans le cadre de la mission confiée par Bruno Le Maire à Catherine Vautrin députée de la Marne, celui de la fin des droits de plantation sur l’ensemble des vignobles de l’UE. Depuis l’adoption de la nouvelle OCM nous vivons sous un régime transitoire se terminant en 2015, avec possibilité de prorogation, par certains Etats, du régime jusqu’en 2018. Bien évidemment, tu comprendras aisément que je m’en tienne à la réserve que mon statut exige. Cependant, si je fais référence à ce dossier d’une importance capitale c’est qu’il me permet de faire le lien avec le leader charismatique que tu appelles de tes vœux dans ton interview.

Rassures-toi, et surtout rassures ceux qui m’ont tellement taillés de costars par le passé, je ne suis pas candidat à ce poste. D’ailleurs, je le souligne, je n’ai jamais été candidat à rien sauf à aider à formuler les choix et à accoucher des décisions.

René Renou, homme charismatique, occupa tant qu’il fut en vie ce rôle, mais comme il n’était pas vraiment issu du sérail, sans réels points d’appuis, il dut composer, s’épuiser, faire avec les forces d’inertie. Je n’en appelle pas à ses mannes, et nul ne peut aujourd’hui totalement se prévaloir de son héritage.

Par culture, je ne suis guère porté sur les hommes providentiels mais plutôt adepte d’un vrai collectif. Cependant, le collectif à toujours besoin d’un capitaine, d’un meneur d’hommes, d’un facilitateur, d’un démineur pour que les questions en suspens soient traitées et débouchent sur des choix clairs. J'ai joué ce rôle, avec passion et abnégation, mais ce temps est passé, à vous de susciter des vocations.

Tu dis, à juste raison, Michel que le monde du vin manque de confiance en lui. Qu’il lui faut retrouver de la crédibilité, de l’écoute, pour que les consommateurs d'ici et d'ailleurs, les pouvoirs publics, nos citoyens puissent entendre et comprendre ce qu’est le produit et ce que sont ceux qui le font.

Lorsque nous avons créé « Sans Interdit » lire la chronique du 12 janvier 2006 « Les Vingt » http://www.berthomeau.com/article-1582091.html , les VIF en étaient, tout comme SEVE de Patrick Beaudouin et de Marc Parcé. Le credo : privilégions ce qui nous uni à ce qui nous divise. Ces 20 membres fondateurs étaient là à titre personnel, et j’écrivais qu’ils s’exposaient, s’impliquaient, hors du champ syndical « par-delà  leurs différences, avec le respect et l'écoute des opinions des autres, ici et dans le monde. »

 

Je reste persuadé, même si « Sans Interdit » hiberne, qu’il faut créer des liens, des adhérences, que les hommes se parlent, se confrontent, apprennent à se connaître, par delà les nécessaires positions professionnelles, pour que les gens du vin avant de vouloir se faire comprendre des autres acceptent d’abord de se comprendre entre eux. Comme tu le dis clairement, à propos des droits de plantation, il est nécessaire que les professionnels du vin prennent leur destin en charge pour que leur rôle essentiel dans la vitalité et l’équilibre de nos territoires, dans la création de valeur, dans la préservation de l’environnement, dans le maintien d’entreprises familiales, soient reconnus et surtout pris en compte par leurs concitoyens.

 

Alors, cher Michel Issaly, chacun à notre place, sans souci hégémonique - ma modeste entreprise peut rassurer tout le monde - de leadership, comment allons-nous traduire en actes concrets le  «J’ai toujours voulu que l’avenir ne soit plus ce qui va arriver mais ce que nous allons faire» d’Henri BERGSON que nous avions placé en exergue de Cap 2010.

 

Je n’ai pas de réponse clé en mains, mais la certitude bien chevillée au corps et au cœur que notre « modèle » de viticulture peut, sans renier ses valeurs, retrouver un nouvel élan s’il cesse de s’enliser dans le déni de réalité. La globalisation du monde, l’irruption du Village mondial, ne tuent, et ne tueront, ni « ce que sait la main » la culture de l’artisanat*, ni le village : les Embres&Castelmaure et Sainte Cécile d’Avès. La force de l’authenticité, sa modernité, c’est sa capacité à traverser le temps en l’épousant, mais encore faut-il que ceux qui s’en réclament mettent leurs actes en accord avec leurs professions de foi. N’était-ce pas là le credo des pères fondateurs des Appellations ?

 

Voici, cher Michel Issaly, j’en ai terminé pour ce matin. Je te remercie de ta fidélité de lecteur et de ton amitié. Sur cet Espace de Liberté, ouvert, hors les chapelles, les diktats, les interdits, je m’efforcerai de continuer, non un combat car je ne suis pas un guerrier, mais le sillon ouvert voici maintenant 5 années...

 

Bien à toi.

 

Jacques Berthomeau,

dont le seul mandat est celui de Secrétaire-Perpétuel autoproclamé de l’Amicale du Bien Vivre dites des Bons Vivants (Michel en est membre)

 

* « Ce que sait la main » La Culture de L’Artisanat est le 1ier tome d’une somme de Richard Sennett professeur de sociologie à la New-York University et à la London School of Economics. Sennett s’inscrit dans la vieille tradition du pragmatisme américain qui  se caractérise par son intérêt pour les problèmes philosophiques du quotidien. Ça nous change des Onfray&consorts... 

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 00:01

Tom 7630

 

Hier au soir, comme je sortais de dîner aux Papilles, le cœur léger, la peau halée du premier soleil, guilleret, un sac contenant la bouteille de ce qu’il restait du Morgon 2009 de Marcel Lapierre en bandoulière, sur le trottoir des Toulousains fêtaient au Ricard leur Heineken Cup, descendant la rue Gay Lussac chère à mon cœur de soixante-huitard, soudain face à l’Hôtel du Brésil une voix me héla. Immédiatement, comme en son temps la Jeanne la Pucelle de Domremy entendant des célestes voix, ma voix se présenta « Sigmund Freud » et levant les yeux je découvris qu’il avait en effet occupé le lieu (voir photos ci-dessous).

 

 Tom 7626Tom 7629

 

Présentation faite, Freud le réprouvé d’Onfray m’adjurait :

 

-         Cherchez la femme vous trouverez l’homme !

 

-         ...

 

-         Prenez BHL, le col blanc, il ne sort jamais dans le monde sans son Arielle...

 

-         Le baril ?

 

-         Mais non crétin sa moitié qui a un si beau popotin : la Dombasle...

 

-         Pardonnez-moi Sigmund, ce n’était qu’une plaisanterie à deux balles...

 

-         Epargnez-moi vos colucheries, je cherche une rombière...

 

-         Avec une guêpière comme l’Arielle !

 

-         Allons Berthomeau, sachez qu’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui...

 

-         Ce n’est pas de vous...

 

-         Je sais, Desproges est maintenant mon voisin de chambrée...

 

-         Alors vous vous offrez un petit week-end à Paris ?

 

-         Oui je fais un extra pour le St Esprit.

 

-         Vous auriez dû aller en Normandie !

 

-         Au club du 3ième âge de Caen de mon ami Michel...

 

-         L’archange ?

 

-         Décidément vous n’êtes pas sérieux...

 

-         Et vous Sigmund, si j’en crois l’Onfray, vous êtes aussi habillé pour l’hiver... vous un imposteur docteur...

 

-         Mais je n’ai pas dit mon dernier mot...

 

-         Et quel est votre dernier mot ?

 

-         Le premier !

 

-         Vous plaisantez...

 

-         Jamais !

 

-         Alors dites

 

Et c’est alors que Sigmund m’a dit « Ce Onfray, qui est le Delly de la philosophie à 2 balles, a-t-il, comme BHL, son Arielle Dombasle ? »

 

Et il est reparti.

 

Et moi je me suis dit « Fais quelque chose pour répondre à cette brûlante question. La face du monde en sera changée. Pensez-donc, dans le petit monde des lettres parisien, la grande nouvelle c’est qu’au hit-parade de l’intellectuel médiatique l’Onfray d’Argentan, le fils d’un ouvrier agricole et d’une femme de ménage, qui fait passer le temps aux retraités désœuvrés, qu’est pote avec Mélenchon, à détrôné l’héritier des bois exotiques, le BHL qui achète ses chemises blanches chez Charvet rue de la Paix.

 

L’Onfray vient même faire « la pute » chez Ruquier face à Zemmour le roquet.

 

Bref, comme j’aime payer de ma personne, pour panser les plaies de ce pauvre Sigmund, je propose à tout internaute en capacité de me faire parvenir une photo de la rombière de l’universitaire populaire, le « Delly de la philosophie, qui pond plus vite qu’une reine survitaminée d’une ruche du Pays d’Auge, de le récompenser d’un abonnement à vie pour la fourniture hebdomadaire d’un cubitainer de La Cytelle qu’est, comme chacun sait, le must du rouge populaire comme l’écrivait Roland Barthes dans « Mythologie » : « Boisson Totem »

.

« Pour le travailleur, le vin sera qualification, facilité démiurgique de la tâche « le cœur à l’ouvrage ». Pour l’intellectuel, il aura la fonction inverse : « le petit vin blanc » ou le « beaujolais » de l’écrivain seront chargés de la couper du monde trop naturel des cocktails et des boissons d’argent (les seules que le snobisme pousse à offrir) ; le vin le délivrera des mythes, lui ôtera de son intellectualité, l’égalera au prolétaire ; par le vin, l’intellectuel s’approche d’une virilité naturelle, et pense ainsi échapper à la malédiction qu’un siècle et demi de romantisme continue à faire peser sur la cérébralité pure (on sait que l’un des mythes propres à l’intellectuel moderne, c’est l’obsession « d’en avoir »

 

Tom 7619

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16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 00:09

Détournement de courrier, substitution de destinataire, la Toile est un milieu impitoyable où la fin justifie les moyens.

Pour autant suis-je un terroriste ?

Un terroiriste, sûrement, mais dans le cas présent je ne suis qu’un petit télégraphiste qui se fait un devoir de porter à qui de droit un message glané sur les pages du Nouvel Observateur de cette semaine.

Pourquoi me direz-vous ?

Tout d’abord, afin qu’Hervé ne me taille pas en pièces, loin de moi l'idée de vouloir accabler Jean-Pierre Coffe, d’en faire un bouc-émissaire, ou de crier avec les loups ou de lui jeter la première pierre. Non, je me contente de lui transférer ce message pour qu’il se fasse le porte-parole de ceux qui ne demandent quelques centimes de plus aux consommateurs. Si je me permets de le faire c’est qu’un jour, au 232 rue de Rivoli, j’ai discuté avec Jean-Pierre Coffe lorsque celui-ci avait accepté de se faire le héraut des vins du Gard. Tel était son état d’esprit : faire que les vignerons vivent au pays du fruit de leur travail. Ce jour-là j’avais un témoin : Denis Verdier.

Ensuite, l’auteur de la lettre au Nouvel Obs., Dominique Granier, vigneron,  www.masmontel.fr , président de la Chambre d’Agriculture du Gard, est à la fois un ami, un fidèle lecteur de mon blog, et surtout un homme de conviction qui ne m’en voudra pas d’avoir opéré ce rapt pour la bonne cause.

Enfin, du côté du Nouvel Obs. d’Olivennes qui verse de plus en plus avec JP Lannelongue dans le ELLE bis, bonne conscience en bandoulière, avec ses nombreuses pages de babioles à pleins d’euros avec plein de zéros c’est comme qui dirait un gros pan sur le bec d’un abonné exaspéré.

Bonne lecture dominicale. Merci Dominique.

 

img151.jpg

De sortie dans la banlieue profonde vendredi dernier, du côté du Plessis-Trévise, vu sur des panneaux publicitaires une promo d'enfer pour je cite SHIRAZ Domaine de la Baume Vin de Pays d'Oc 0,99 euros. Qui dit mieux ! Dites-moi combien vaut le vin qui est dans la bouteille ? Au temps où La Baume appartenait à des Australiens ils écrivaient Syrah sur l'étiquette et vendaient cher maintenant que c'est français c'est bien plus chic de jouer english et d'écouler sous le niveau de l'euro... 

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 00:03

Mon titre, volontairement provocateur, mais qui inclut tout de même le doute en plaçant calamités entre guillemets – en effet s’il en est de bien réelles d’autres s’apparentent aux épouvantails à moineaux ou à des appeaux destinés à détourner l’attention – est destiné simplement à mettre en exergue la difficulté que nous éprouvons face à, pour faire court, à des éléments contraires qui entravent notre activité. Bien évidemment j’exclus du champ de mon propos les calamités naturelles, contre lesquelles il est souvent difficile de se prémunir mais qui sont en général assurables, pour me concentrer sur les cas, de très beaux cas d’ailleurs, de deux têtes de turc qui concentrent sur elles de fortes et tenaces inimitiés dans le monde du vin : Robert Parker et Claude Evin.

 

Avant de vous récrier, de me traiter d’imposteur parce que j’ose mettre en vis-à-vis, sur un quasi pied d’égalité deux personnalités aussi différentes et surtout dont l’action se situe aux antipodes l’une de l’autre, laissez-moi le temps de m’expliquer. Tout d’abord, puisque mon propos ne consiste pas ici à mesurer ou à quantifier le degré de « nuisibilité » de l’un ou de l’autre, mais de mettre en lumière ce que l’un et l’autre – je n’écris pas l’un ou l’autre – représentent dans le jeu économique et social, mon choix n’est en rien provocant. En effet, je suis tout à fait conscient que, même ceux qui honnissent Robert Parker, tel notre tonitruant Perico Légasse, lui reconnaîtraient des qualités alors qu’ils auraient bien du mal à en attribuer à Claude Evin. Cependant, s’il vous est possible, le temps d’une lecture, de laisser de côté vos affects, vous pourrez peut-être me donner acte d’une certaine pertinence dans mon analyse.

 

Prenons le cas le plus facile celui de Robert Parker. Qu’a-t-il fait ? Goûter des vins, les noter, puis compiler ses notes pour composer un Guide plutôt bien fait qui a trouvé  son public. Que Robert Parker, comme tous ses confrères, goûtât beaucoup de vins et qu’il les notât selon son goût, ne le disqualifie en rien. Qu’il revendiquât un goût particulier qui lui fasse préférer les vins puissants et fruités et qui l'enclin à attribuer des notes très, très élevées à ces vins n’est pas non plus une « faute professionnelle ». Le succès aidant, qu’il soit devenu de plus en plus influent, qu’il ait scénarisé sa méthode, que ses notes pesassent lourds sur les prix, que son goût ait « Parkérisé » les vins de Bordeaux, ne font pas pour autant de Robert Parker un « homme à abattre ». La position qu’il a prise sur la Place de Bordeaux il la doit à lui-même, à ses qualités de dégustateur, à son sens des affaires, mais il la doit aussi aux acteurs : propriétaires et négociants et, j’ose l’écrire, à la relative faiblesse de ses concurrents sur le marché de la critique. Sur ce dernier point certains pourront me rétorquer que sa nationalité lui a permis de s’imposer car le marché américain pesait très lourd pour le petit monde des Grands Crus Bordelais. Certes mais, peu importe, il faut prendre Robert Parker pour ce qu’il est, et rien de plus, comme un acteur du marché.


En écrivant cela j’ai bien conscience de m’exposer à la critique virulente de ceux qui professent qu’il ne faut pas vendre son âme au marché, qu’il faut résister, s’opposer aux dérives, freiner la spéculation, revenir à des pratiques plus proches de la réalité du produit. Que ça plaise ou non, la notoriété de nos vins s’est bâtie autour des marchands et ce sont eux qui traduisent le mieux les tendances. Que celles-ci ne soient pas celles que nous souhaitons ou défendons relève de l’éternel débat entre la tradition et une modernité mercantile. Pour autant, Robert Parker doit-il être chargé de tous les péchés du monde, en quoi serait-il responsable de certaines dérives du produit ou de la bulle spéculative ? D’ailleurs, avec juste raison, il s’en défend quand il ironise sur les 3 millésimes du siècle en une décennie et qu’il fait remarquer que son travail est à destination de ceux qui boivent du vin et non des spéculateurs. Son parallèle entre les premiers crus et l’industrie du luxe est pertinente et, dans ce domaine, la balle est plus dans le camp de la Place de Bordeaux que dans le sien. J’entends par là que, comme le note Robert Parker, « contrairement à ce qui se passait il y a 20 ou 30 ans, il y a aujourd’hui des centaines de vins bordelais de qualité, et l’amateur se tournera vers des châteaux moins connus ou des appellations moins prestigieuses pour trouver d’excellents rapports qualité/prix. » En clair, la déclinaison d’un modèle se rapprochant de celui de la couture est parfaitement applicable à Bordeaux et surtout souhaitable eut égard aux tendances de la consommation : féminisation, rajeunissement et extension des blocs géographiques de consommation.

Le cas de Claude Evin semble lui plus difficile à plaider. Mais, comme je l’ai fait pour Parker, il ne s’agit pas de le défendre ni même de le condamner, mais de comprendre ce qu’il représente pour bien situer sa fonction, ou celle de ses successeurs, dans l'univers du vin. Qu’entends-je par là ? Dans le cas de Parker il a représenté à l’origine, et même encore aujourd’hui, une forme de consumérisme pragmatique qui a rencontré son public. Pour ce qui concerne Evin, et même si ça fâche certains d’entre vous, il a représenté en son temps l’expression majoritaire de l’opinion publique. En effet, que vous le vouliez ou non, et le clivage n’est pas politique : l’interdiction de la publicité à la télévision est le fait de Michèle Barzach, et Simone Veil, Jacques Barrot, et tous les Ministres de la Santé se sont appuyés sur les grandes peurs de l’opinion publique alimentées par le lobby hygiéniste. En effet, c’est Claude Got qui, avec le Pr Tubiana et quelques autres, a élaboré une stratégie et l’a appliqué pour instrumentaliser les décideurs politiques en s’appuyant sur l’opinion publique (voir La stratégie du Go de Claude GOT http://www.berthomeau.com/article-18021256.html et 3 Questions à Claude Got http://www.berthomeau.com/article-21056879.html). L’existence et la persistance dans notre pays d’une législation aussi restrictive nous la devons à la fois à ce bloc dur que je viens d’évoquer et à l’incapacité du monde du vin à élaborer et à exprimer des réponses qui influencent une majorité de l’opinion publique.

Que la constitution d’un contre-pouvoir face au bloc hygiéniste  ne soit ni simple, ni facile, j’en conviens, mais pour autant ça ne nous exonère pas d’une part de responsabilités dans cette affaire. C’est en cela que j’ai affirmé que même les « calamités » font parties du marché et que, si les acteurs du vin veulent peser positivement sur l’évolution de celui-ci, au lieu de se plaindre, de se draper dans des postures d’outragés, ils se doivent d’en prendre les moyens. Pour l’heure, en dépit des réels progrès de Vin&Société, si j’évoque ce sujet c’est à la suite d’un billet de François le Débonnaire sur son blog à propos d’un débat sur LCI  à propos de l’autorisation d’une chaîne payante sur le vin. Il écrit : « Hallucinant moment d'ayatolisme à 14h30 sur la chaîne LCI où un sieur Gérard Dubois (Professeur ?) et une journaliste du CSA, Madame Laborde ont sans aucune vergogne coupé systématiquement la parole à Thierry Desseauve et Jean-Michel Peyronnet, promoteur de la future chaîne payante Edonys sur le vin. » Que Dubois tape sur nous il est dans son rôle mais que Françoise Laborde, Gersoise dont le goût prononcé pour le vin est connu – je l’ai souvent croisé dans les pinces-fesses du type Fête de la Fleur ou raouts pour pique-assiettes people chers à Jean-Pierre Tuill – voir chronique 3 Questions à Françoise Laborde http://www.berthomeau.com/article-15268102.html , en fasse des tonnes parce que sa nouvelle fonction au CSA lui est montée à la tête, est symptomatique du chemin qu’il nous reste à parcourir.

Pour être encore plus direct : « pour influer, peser aussi bien sur les tendances que sur l’opinion publique, il faut acquérir un certain poids spécifique, de la crédibilité, s’inscrire dans la durée. Robert Parker a su s’imposer, Claude Got a su mettre la pression sur les décideurs politiques pour les instrumentaliser : Claude Evin et son conseiller de l’époque le Dr Jérôme Cahuzac, l’actuel Rapporteur Général de la Commission des Finances, n’étant que la face émergée de l’iceberg hygiéno-prohibitionniste. Et nous pendant ce temps-là qu’avons-nous fait ? » Moi ça fait plus de 10 ans que je plaide ce dossier mais comme sœur Anne, je ne vois rien venir ou presque...

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 00:09

Le « Gros » contre « le Vieux », Gégé a tiré le premier sur TF1 « J’suis pas comme Monsieur Coffe à vendre ses Leader Price pour un paquet de pognon : j'en ai rien à foutre. C'est un homme âgé qui continue de faire la télé. Moi je commence à être âgé et j’fais pas de télé ». Son dernier rôle de Serge Pilardosse, ouvrier à la retraite après avoir bossé dans une usine de charcuterie industrielle, lui va comme un gant. Gustave Kervern et Benoît Delépine, les réalisateurs du film Mammuth donnent à Gégé une nouvelle jeunesse. Y biche le Depardiou, y retrouve le populo et la barbaque. Dans mon souvenir, c’est le Gégé faisant irruption à l’Hôtel de Villeroy en 1990, pour voir Henri Nallet afin de récupérer des droits de plantation pour sa nouvelle acquisition à Tigné, sur recommandation de son grand pote : Gérard Bourgoin, le roi de la dinde industrielle, lui aussi parti de rien, garçon boucher qui pilotait son avion et rêvait déjà d’extraire du pétrole à Cuba chez son ami le Leader Maximo. Ce jour-là, crado, grande houppelande, tignasse en bataille, pognes aux ongles douteux, le Mammuth était bien le fils de son père, ferronnier illettré qui vendait l’Huma sans savoir ce qui y’avait dedans. Aux palais nationaux le Gégé, au fond, il préfère les gabions du Marais Vernier des ouvriers de Sandouville, où l’on s’envoie des canons en bouffant des brochettes. Ce n’est pas un raffiné le Gégé et même s’il en fait parfois des tonnes il personnifie bien la France du kil de rouge, du sauciflard et du calendos qui coule. Le pognon il le claque! Ses fréquentations sont parfois border line comme dans l'ex-Serbie mais il est nature le Mammuth.

Sociologie à deux balles va m’objecter Hervé Bizeul lorsque je vais opposer la grosse bouffe du Gégé à celle de l’agressé Jean-Pierre Coffe, l’homme du fameux  « c’est de la merde ! » sur Canal +, grand défenseur des produits de terroir, le pourfendeur de la grande industrie agro-alimentaire avec le gros tambour major Périco Légasse sur France Inter. Le pauvre homme, sur la 2 chez Ruquier, il n’en revenait pas du coup boule de son ancien compère : « Quand Monsieur Depardieu m'attaque parce que j'ai fait de la pub, alors que lui-même a fait de la pub pour une marque de merde, est-ce que, véritablement, moi je n'ai pas le droit d'en faire ? Et à quel titre ? (Il dit que je n'ai plus le droit de faire de la pub parce que) je suis trop vieux, et lui il est peut-être trop gros, non »... Et de lui lancer un vibrant appel : « Si Gérard nous écoute, là, maintenant, je vais lui dire... Est-ce que tu peux me donner une explication. Est-ce que tu peux me dire ce qui justifie la haine que tu as à mon égard ? Est-ce que tu as oublié les moments passés ensemble, les moments dans tes vignes, le film que j'ai fait sur toi, Depardieu vigneron, dont tu te sers encore pour faire la promotion de ton vin. Est-ce que tu peux te souvenir que le jour de la mort de (Jean) Carmet, alors qu'il était mort, froid, glacé, et qu'on allait le quitter pour la dernière fois, on le lui a fait boire. C'est-à-dire que nous avons partagé, ensemble, à trois, le dernier verre de vin, et c'était du vin de Tigné. Est-ce que, s'il avait été si mauvais que ça, on lui aurait fait cette farce-là, de lui faire boire du Tigné alors qu'il partait pour son dernier voyage ? Alors, sois gentil, un jour, tu me réponds et tu me réponds sincèrement plutôt que de me débiner sans avoir le courage, jamais, de me rencontrer et de me donner une explication. Je compte sur toi, sinon, je te considérerai comme une ordure »

L’explication Jean-Pierre Coff, je vous la livre toute chaude, elle est là, à vos pieds, dans le fossé qui sépare la France du populo, celle des « salauds de pauvres » de Gabin, des mecs qui ont été le terreau du PC dans la ceinture rouge et qui ont, pour certains, basculés de l’autre bord, des grandes gueules à la Jacques Doriot, des braves mecs et de braves nanas de Moulinex et de la litanie des usines fermées aussi bien au fin fond de nos campagnes que dans les bords des villes, des femmes de peine découpant des dindes 7 à 8 kg à la chaîne dans le froid et la flotte chez Doux, ceux de Billancourt qu’il ne fallait pas désespérer, tous les Chaymotti et ses potes que j'ai cotoyé à la SVF de Gennevilliers avec leur partie de boules, leur ticket de PMU et leur petit jaune, et la France de ceux, petits ou grands bourgeois ou bobos, qui veulent remplir leurs caddies de bons produits du terroir bichonnés par des petits producteurs respectueux de l’environnement, des petits oiseaux et des paysages... Pour sûr qu'il y’a en vous Jean-Pierre Coffe du Sartre juché sur son tonneau à l’Ile Séguin face à la CGT. Même incompréhension de ceux que vous prétendez défendre de vous voir vanter les bons produits à petit prix de Leader Price. Gégé lui il ne s'embarasse pas de ses contradictions, c’est un couillu qui pète et qui rote, même si ça ne l’a pas empêché de séduire Carole Bouquet. Vous Jean-Pierre Coffe, avec vos blouses de jardinier chic, vos lunettes rondes de couleur crue, vous êtes un raffiné, vous n’êtes pas du même monde. Le Gégé, y prend quand ça l’arrange, sans façon, sans précaution, et puis quand il n’a plus besoin de vous y vous jette sans ménagement, sans explication parce, qu'au fond, il ne vous a jamais porté de l'estime. C’est ce qui me semble vous est arrivé Monsieur Coffe, je le crois sincèrement. 

À titre préventif je présente mes excuses aux sociologues patentés de venir ainsi patauger dans leur pré en dépit de mon bagage limité... Faut bien que vieillesse se passe...

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Don de la maison Berthomeau au Fonds de Soutien des Sociologues patentés d'un beau paquet de spaghettis guitare de chez Leader Price. C'est de la fabrication artisanale italienne. Je suggère à Jean-Pierre Coffe de tenter auprès de Gégé le coup de la pasta cher aux grandes gueules du cinéma Gabin et Ventura, peut-être que la Mammuth s'attendrira et lui tombera à nouveau dans les bras. Si ça arrive nous les bons garçons nous nous jetterons des canons en souvenir des mannes du Jean Carmet ?

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 09:15

Le 18 avril 1988, Pierre Desproges à l'âge de 49 ans déclarait avant de s’envoler pour un voyage aller sans retour : « Je m'emmerde ici, ça me gêne d'être debout comme un con, devant vous qui êtes assis comme des cons. »

Pour marquer cette funeste date d’une pierre blanche et se repentir d’avoir contribué à cet enlèvement définitif les avions du monde entier ont décidé de rester clouer au sol jusqu’à nouvel ordre.

Pour la petite histoire ce sont les Islandais*, cher au cœur de Desproges, et non pas les Anglais, qui cette fois ont tiré les premiers en laissant un volcan au nom imprononçable Eyjafjöll épandre sa fumée noire en signe de deuil.

Et comme savait si bien le trousser Desproges ça nous donne une histoire de cornecul qui dérègle notre petit quotidien mondialisé et donne un mot d’excuses aux grands du Monde pour zapper des funérailles officielles. Encore un coup des avions, sacré Desproges t’en fais de belles dans les nuages !

Bref, qui oserait dire aujourd’hui « La vulgarité, ce n'est pas dire des gros mots. C'est Patrick Sabatier qui fait semblant d'être apitoyé par le destin d'une matrone variqueuse dont il n'a rien à foutre, et qui lui offre une Fiat alors qu'elle ne sait pas conduire » ? Personne ! Pas même Guillon...

Alors comme il faut une chute à tout je partage avec lui cet aphorisme : « le bide représente l'espoir fou de rencontrer, enfin, l'incompréhension totale, la solitude absolue ».

 

Les islandais

« L'Islande est un grand pays de 103 000 kilomètres carrés uniquement composé de glaciers et de volcans. Autant dire que quand on ne se les gèle pas, on se les brûle, ce qui explique en partie l'extrême lenteur du développement du tourisme islandais. En dehors des militaires américains de la base de Reykjavik, qui font briller leurs bombes thermonucléaires avec un chiffon de soie en espérant sans trop y croire le déclenchement de la Troisième, seuls quelques mordus de la pêche à la morue se risquent à passer leurs vacances en Islande.


En résumé, on peut dire que les islandais gagnent à être connus. Alors que Julio Iglesias, non. »

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 00:09

Par les bons soins d’un éminent membre de l’Amicale du Bien Vivre dont je tairai le nom afin de ne pas compromettre sa réputation auprès de la rédaction du Monde et de la complaisante et no crédible Sandrine Blanchard http://www.berthomeau.com/article-30304997.html et http://www.berthomeau.com/article-credibilite-zero-sandrine-blanchard-echotiere-de-la-vie-moderne-taille-des-costars-au-duo-coffe-pitte-46425415.htmlj’ai eu connaissance de l’existence du texte : « Fac à Vin » publié sur le site www.lejgo.com sous la rubrique L’Ego du J'Go. Qu’est-ce donc ce J’Go ? La réponse du créateur Denis Meliet un gascon « En créant le J’GO, je n’ai fait que tenter de partager une partie des émotions de ma jeunesse… Le bruit, les parfums des cuisines, les cueillettes au jardin, les courses pour attraper les poulets dans les basses cours, le rendez vous sacré du tue cochon. Dans les restaurants J’GO, du producteur qui élabore son produit avec soin jusqu’au commis de salle qui dépose votre commande sur la table, chacun s’applique à vous faire partager son amour de la cuisine authentique et sa passion pour la culture gasconne. Dans tous nos établissements, vous sentirez la présence des hommes et des femmes qui cultivent, élèvent, vendanges et travaillent pour vous proposer avec fierté le meilleur d’eux même. » Pour l’heure J’GO, ce sont 3 restaurants : 1 à Toulouse et 2 à Paris. Je vais m’y rendre sous peu mais pour l’heure : lisez cet excellent papier.

 

« Dans un rapport rendu le mois dernier à la ministre de l’enseignement supérieur, Jean-Pierre Coffe plaide en faveur du retour du vin dans les restaurants universitaires. En éduquant à la dégustation de jaja, y écrit-il en substance, on lutte contre le fameux «binge drinking», cette pratique en vogue qui consiste à picoler n’importe où, n’importe quoi n’importe comment, pour le simple plaisir de rouler sous la table. 

Le raisonnement est, il est vrai, assez douteux, mais la levée de bouclier qu’il provoque l’est encore plus. Pour ses détracteurs, le pourfendeur du jambon polyphosphaté se soucierait davantage du lobby viticole que de la santé des étudiants, et encouragerait la consommation de vin pour sauver les vignerons de la faillite. Quiconque a fréquenté une université récemment sait à quel point les étudiants n’ont besoin de personne pour boire mal, fumer trop, manger peu et se coucher tard, bref, pour être jeunes.

Mais il y a plus drôle encore, puisque certains opposants à la dégustation de vin à la cantoche disent s’inquiéter de l’état de somnolence que la consommation d’alcool pourrait entrainer durant les cours magistraux de l’après-midi. Il suffit de poser la question aux étudiants (dont, rappelons-le, 50% consomment du cannabis selon un sondage de 2003), pour apprendre qu’au palmarès des trucs qui les endorment, figurent la qualité médiocre des programmes, le manque cruel de conviction des maîtres de conférence, la machine à café qui est en panne, et « l’after » de la veille. Mais bien entendu, comme il est impossible de changer les programmes, impossible de former les maîtres de conférences à l’éloquence, impossible de rompre les contrats signés avec les sociétés de maintenance des automates à boisson, et impossible de priver les étudiants de sortie, c’est au pinard qu’on s’en prend.

Pourtant, en écoutant les vignerons qui viennent au J’Go parler de leur vigne, de leur terroir, de leurs efforts et de leurs cépages, on éprouve davantage l’envie de devenir paysan, œnologue, caviste ou maître de chai, que celle d’embrasser une carrière d’ivrogne. »

 

* définition d’avoir bu l’eau des nouilles in Dictionnaire du français qui se parle de Pierre Merle éditions Mali « être sans intérêt (en parlant de quelqu’un), complètement abruti. « Non, mais t’as bu l’eau des nouilles, toi ! » (« Tu racontes vraiment n’importe quoi ! »)

En prime le double de notre Sandrine : Gérard Blanchard qui lui « fume la moquette! » 

 

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