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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 00:09

Au risque de déplaire à l'ami François le Débonnaire qui, pour son 2d Davos du vin, a inscrit à l’ordre du jour une belle question : « Comment parler du vin aux jeunes ?» et qui a mobilisé pour y répondre un grand érudit du vin, Jean-Robert Pitte, j’affirme que bien plus que le fond, le ce qu’il faut leur dire, leur transmettre, leur inculquer, c’est la manière de faire qui est déterminante. Bâtir de beaux discours, façonner de superbes argumentaires, en appeler à la culture du vin, constitue bien sûr le socle sur lequel il faut fonder le discours mais toute cette belle approche en chambre, ce plan de bataille élaboré par un état-major pétri de culture, risque fort de ne pas dépasser les murailles du cénacle, de rester lettre morte faute d’être en capacité de toucher les intéressés.

Au temps de la Télévision triomphante le succès de l’émission de Bernard Pivot « Apostrophes » tenait à sa forme ludique, à son amour simple des livres, à l’éclectisme de ses invitations, à sa capacité de briser le cercle des initiés. Proposer une émission populaire, sans tomber ni dans la vulgarité, ni le racolage, est bien plus difficile que de ronronner, de se congratuler entre soi. Bernard Pivot a su toucher les gens, de tous âges et de toutes conditions, les attirer vers le livre, le goût de lire, sans exclusive, grâce à une dramaturgie soignée, une mise en scène s’adaptant à la pâte humaine qu’il recevait, alliant légèreté, profondeur ou franche gaité. C’était tout sauf chiant ! Et Dieu sait si le petit monde parisien des lettres est fermé, consanguin, snob, nombriliste, et tout et tout, mais ils y venaient tous sur le plateau. Pourquoi ? Parce qu’ils avaient la certitude que s’ils réalisaient une bonne prestation ils toucheraient des lecteurs, des messieurs et madame tout le monde qui, pour beaucoup ignorait jusqu’à leur existence. L’émission de Pivot à fait évoluer le métier de libraire, l’a rendu plus attentif à une nouvelle chalandise. Bref, même si certains vont crier à la marchandisation du livre, qui est bien réelle, il n’en reste pas moins vrai qu’on n’attrape jamais les mouches avec du vinaigre.

L’ostracisme des gestionnaires des grandes chaînes de TV généralistes ou des bouquets  à l’endroit du vin, qui dépasse largement les prescriptions de la loi Evin, ne permet pas de développer sur ce média fort des émissions grand public diffusées dans des créneaux horaires intéressants. Je le déplore mais vu l’état des forces en présence et l’incapacité du monde du vin à s’unir – ou si peu – je pressens guère un changement de jurisprudence dans les temps qui viennent. Là encore François, sans m’occuper de ce qui ne me regarde pas, comment un Davos du Vin peut-il faire l’impasse sur ce point capital ? Trop franchouillard sans doute mais, même si les marchés émergeants doivent être chouchoutés, il n’en reste pas moins vrai que notre beau pays, s’il veut garder son pouvoir d’influence, qui reste réel en dépit de nos comportements gaulois, les gens du vin se doivent d’exister, de peser, face à ceux qui font l’opinion. Se lamenter, pester, et pourquoi ne pas manifester comme le suggérait JR Pitte lors du débat sur la publicité « alcool » sur la Toile...

Bonne transition, reste la Toile qui comme son nom l’indique, est en capacité de capter, d’attraper, si je puis m’exprimer ainsi, tous ceux qui s’y baladent pour une raison ou pour une autre. Son pouvoir de démultiplication est infini, la capacité de s’y noyer ou de s’y perdre aussi. J’ai le souvenir des sourires entendus, du scepticisme lorsqu’il y a 5 ans je me suis lancé dans l’aventure du blog : joujou d’adolescents boutonneux, pas sérieux Berthomeau ça sent le besoin d’exister à tout prix tout au fond de ton placard. Par défi j’affirmais : nous sommes les radios libres de 81, le seul impératif : durer, faire son trou avec patience, conviction, mais aussi donner une couleur à sa ligne éditoriale, faire des choix de sujets jamais abordés, se ramasser la gueule, tirer parti de ses échecs, ne pas se prendre pour un prescripteur parce que l’on a une belle poignée de lecteurs, perdurer... occuper l’espace, y déposer des graines qui un jour lèveront – si je poste tous les jours c’est pour cette seule raison, être référencé sur un sujet – Je m’explique car c’est là la force de la Toile.

Le blog, contrairement à un site internet, est dynamique, il s’inscrit ou peu s’inscrire sur ou dans des trajectoires initiées par d’autres bien plus puissants que vous grâce à des liens par exemple. C’est l’effet de levier bien connu. Mais pour en bénéficier, comme l’aurait dit monsieur de la Palice  encore faut-il être présent, avoir investi sur un sujet, une personnalité, un fait du jour... Je ne vais vous faire un cours sur les mots-clés qui sont les petits cailloux du Net. Mais il y a un mais, pour que les petits cailloux puissent tomber sous les yeux des surfeurs encore faut-il être bien référencé par les moteurs de recherche : le tout puissant Google en premier bien sûr. Pour ma part j’ai bénéficié de l’effet « rapport Berthomeau » sur la Toile dès 2001 qui m’a permis d’être bien référencé par lui.

Pour illustrer mon propos je vais prendre un exemple récent :

 

L’effet nouvelle émission de TV : celle de TF1  Master Chef (qui a fait l’objet d’une grosse campagne de pub :

 

Deux cas de figure pour le surfeur :

 

-         soit il tombe sur le site de l’Express.fr un post « Master Chef la recette d'un show bien huilé » où il est écrit :

 

Rajoutez une pincée de Nouvelle Star...    

« TF1 a décidé de pimenter son programme en faisant appel à un jury de professionnels digne du télé crochet musical de M6. Sébastien Demorand/Philippe Manoeuvre, Frederic Anton/Manu Katché et Yves Camdeborde/Dove Attia sont prolifiques en remarques cultes du type « je n'ai pas bu de vin, mais vous m'avez saoulé » et prompts à faire passer les aspirants cuisiniers sur le grill. Sans doute une des seules vraies réussites du programme »

Si vous cliquez sur Sébastien Demorand vous tombez où ?

Sur une chronique du mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /2009 00:03

 « 3 Questions à Sébastien Demorand « briseur d’étoiles » http://www.berthomeau.com/article-32594230.html

-         soit il en ayant tapé Sébastien Demorand sur Google sur la 1ière page en 5ième Position il trouve 3 Questions à Sébastien Demorand « briseur d'étoiles » - Le blog ...16 juin 2009 ... Dans la famille Demorand ce matin je cuisine Sébastien avec mes 3 Questions après m'être éveillé au son de la voix de Nicolas sur ... www.berthomeau.com/article-32594230.html  - En cache - Pages similaires

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Résultat des pics de connections de 1000/jour et depuis un flux régulier de connections... Si je vous décris le phénomène ce n’est pas pour flatter mon ego ou parce que j’ai les chevilles qui enflent, mais tout bêtement pour vous dire que ce faisant j’ai attiré sur mon blog une population qui n’y serait jamais venue autrement. C’est de l’hameçonnage qui se traduit, en un % difficile à évaluer, par de nouveaux lecteurs, de nouveaux abonnés. Même si ça peu paraître microscopique, insignifiant, il n’en reste pas moins vrai que ça a plus d’impact auprès de la population des non-initiés qu’un article dans une revue spécialisée qui par construction ne s’adresse qu’à des initiés et qui tombe dans l’oubli très rapidement.

Cet effet est régulier, l’ampleur de la réactivation dépend bien évidemment de l’impact du sujet sur la population mais, presqu’à tout coup c’est de la télévision que provient le déclenchement. Alors ne vous étonnez pas lorsque parfois j’aborde des sujets qui vous paraissent périphériques, sans rapport direct avec vos préoccupations du moment – mais il faut de temps en temps aussi lever le nez au-dessus du guidon ça permet de mieux humer les tendances – ce sont mes petits cailloux mes investissements à long terme, certains auront un retour d’autres non mais qui ne tente rien n’a rien. Bien sûr ce n’est qu’une petite contribution pour la cause de l’extension du domaine du vin aux non-initiés, à ces jeunes que François dit vouloir s’adresser. Le vecteur blog les touche bien plus que tous les colloques, articles ou autres joyeusetés. Et si nous conjuguions nos efforts au lieu de rester enfermé dans nos cercles d’initiés, si nous ouvrions des fenêtres sans asséner nos certitudes, et si nous cessions de nous éparpiller, de nous faire plaisir...

C’est donc avec un certain sourire que je consulte les sondages sur les blogs qui ne sondent que la population des initiés qui, à juste raison se tournent vers des prescripteurs qui leurs donnent de bons tuyaux, de bonnes adresses... Pour ma part je n’ai ni la compétence, ni le goût pour une telle approche parfaitement légitime mais qui ne fait que transporter ce qui se fait dans la presse écrite sur le Net. Certains vont m’accuser en lisant ces lignes de m’auto-attribuer une fonction supérieure à celles de mes collègues que je lis avec le plus vif intérêt, que nenni ! Ni hauteur, ni supériorité seulement un champ d’action différent que je mets à la disposition des gens du vin. Mon souhait le plus cher c’est qu’ils en profitent. Que vous, vignerons, celles et ceux qui font et vendent le vin en profitiez tout en étant les « appâts » de tous ceux, jeunes ou moins jeunes, qui passent du temps sur la Toile et qui, au hasard tombe chez www.berthomeau.com. Comme je l’ai écrit récemment, et ce n’est pas en contradiction avec ce que je viens d’écrire, je ne suis pas un bloggeur influent, mais un Petit Poucet qui, grâce à vous, à vos vies, vos produits, vos histoires,  qui je le répète essaime ses petits cailloux ou ses petites graines comme l’aurait dit ma mémé Marie à propos des enfants qui naissaient dans les choux. C’est ça qui m’amuse. C’est ça qui me motive.

Pour clore ce prêche pro-blog, dans le même esprit de prosélytisme pour la cause du vin, l’organisation de mon « Grand Concours de l’été » m’a amené de nouveaux abonnés, de nouveaux lecteurs. Si j’ai pu le mettre en œuvre c’est grâce à la gentillesse de mes amis que j’ai tapé pour les lots. Je les en remercie beaucoup. Sans grands moyens, sans logistique, avec un petit peu d’imagination il est possible d’être ludique, de contribuer à faire aimer le vin. Je m’étonne que les grands zinzins qui croulent sous vos cotisations, n’investissent pas un centime dans l’intelligence de nos concitoyens. Bien sûr les plaquettes papier glacé ou les campagnes de pub ça flatte plus l’ego du président et ça justifie le rôle éminent de la structure. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, je n’ose écrire quand on peut faire comme tout le monde. Franchement, pour sortir du lot, se distinguer, faire le buzz, soit on fait le coup du Poulet de Loué (ma chronique http://www.berthomeau.com/article-le-poulet-de-loue-ne-dit-pas-la-verite-il-doit-etre-execute-54605785.html qui m’a valu un message sympathique de la direction de l’entreprise adepte de l’humour et de la précision), soit on se remue les méninges pour sortir des sentiers battus des vendeurs de com en kit. Mais bon c’est votre argent amis vignerons, ce n’est pas le mien. En matière d’humour je salue au passage le Président de la région Aquitaine Alain Rousset qui m’a fait savoir qu’il avait été très sensible à mon Adresse pour sauver le soldat Sheppard du bûcher  http://www.berthomeau.com/article-adresse-a-alain-rousset-president-de-la-region-aquitaine-il-faut-sauver-le-soldat-zoe-sheppard-du-bucher-55202213.html

Je m’en tiens-là car je sens que ceux qui m’adorent commencent à voir poindre de l’urticaire sur leur peau de maîtres du troupeau... Ruez-vous sur vos mulots pour dézinguer ce prétentieux Berthomeau ! La chasse est ouverte ! Mais comme je ne suis plus un perdreau de l’année je ne risque pas grand-chose...

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 10:00

« La face cachée du vin » de Baraou&Septime, que je n’ai ni acheté, ni lu, mais que l’ami Stéphane Derenoncourt va m’offrir après lecture, agite le petit marigot de la Toile depuis que le Tambour Major, dit aussi Tonton Clarinette, alias Périco Légasse lui a apporté sa caution, j’écrirais même son onction extrême – Olif aussi d’ailleurs. Comme je suis à la fois un chroniqueur en cave particulière, ici, et chroniqueur coopérateur sur les 5 du Vin – où je suis comme un cheveu sur le crane de Yul Brunner en compagnie de gars qui savent de quoi y causent – j’ai commis un patchwork de l’affaire lundi dernier dans notre chais collectif. http://www.les5duvin.com/article-perico-legasse-quel-imbecile-ceux-qui-boivent-du-puzelat-comprendront-la-profondeur-de-sa-betise-56574833.html

 

Pas sûr qu’après avoir lu le bouquin de Baraou&Septime je chronique dessus. Pourquoi donc ?


Déjà le titre à un petit goût de « La Face cachée du Monde » de Péan ce qui voudrait donc dire que Baraou&Septime se glissent dans la peau de spécialistes de l’investigation pour lever le voile sur des comportements, des pratiques que l’on cache au grand public. Des faits concrets, des enquêtes approfondies, des révélations, pour étayer ce qui, qu’ils le veuillent ou non, revient à dire qu’il y a une face présentable du monde du vin et une qui, si vous me permettez l’expression, n’a pas les fesses propres. Convenez que ça n’est pas rien ! Les extraits que j’ai lus sur le site « les Picrates » de Facebook me troublent car le propos se rapproche plus du  « côté obscur de la force »d’Anakin Skywalker de Star Wars que du journalisme d’investigation. Et c’est là de PM Doutrelant avec « Les Bons Vins et les autres » remonte à la surface de ma petite tête de chroniqueur sis en Corse depuis 3 semaines.


Ce matin je suis monté de bonne heure au Clos d’Alzeto.(chronique de 2008 http://www.berthomeau.com/article-22597044.html )  Le ciel était lourd d’orage. Avec Pascal Albertini nous sommes allés dans ses vignes, il les aime ses vignes perchées, il les bichonne, il en parle avec passion, elles sont belles, pas d’une beauté fabriquée mais de celle qui respire l’harmonie d’une sculpture façonnée de la main de l’homme. En trente années, du maquis improductif, à force de travail, de ténacité, d’intelligence, il a créé le Clos d’Alzeto. Et je me souvenais de ce qu’écrivait l’ami Jacques Dupont Merveilleux du Vignoble dans son livre « Choses Bues » « J’ai plutôt tendance à trouver ringards tous ceux qui n’ont du mot terroir qu’une définition naturaliste, comme si c’était le fruit d’une sorte de génération spontanée. Le terroir béni des dieux, créé de toute pièce par Dame Nature qui en aurait fait don aux hommes, me donne envie d’aller me coucher. C’est de la philosophie de syndicat d’initiative. » Alors de quel côté de la force placeriez-vous le Clos d’Alzeto, vous les messieurs qui vivez du vin, j’écrirais même sur le dos de ceux qui font le vin ? Sans doute est-il plus facile de vendre des mots que de faire du vin !


Je m’échauffe, pardonnez-moi. Que voulez-vous, je suis un peu vieux jeu, je ne peux me départir du respect du travail de ceux qui créent sans pour autant verser dans le tout le monde il est beau tout le monde il est gentil. Brosser le tableau d’un monde du vin en noir et blanc, en affirmant être en capacité de séparer le bon grain de l’ivraie, en s’arrogeant le pouvoir de dresser l’échelle du propre et du sale, relève de la posture et de l’imposture intellectuelle. Je ne sais si Baraou&Septime ont versé dans ce travers. J’espère que non ! Alors je reviens au bon côté de la force avec « Les bons vins et les autres » de Paul-Marie Doutrelant. Qui se souvient de PM Doutrelant ? Quelques-uns d’entre-nous sans doute qui l’ont connu journaliste au Monde puis au Nouvel-Observateur. Un bon vivant qui savait lever le coude tout en portant un regard plein d’empathie sur le monde du vin tout en gardant sa liberté de plume. Il ne se prenait pas le chou, il ne nous prenait le chou le Doutrelant, il s’adressait aux buveurs de vin, tout bêtement, tout simplement.


1976, une éternité, l’année de la démission fracassante de Jacques Chirac de son poste de 1ier Ministre, l’arrivée du Pr Barre, une décennie de basculement pour le vin national : déclin du vin de table, résistible envolée des AOC. Bien sûr, les écrits de Doutrelant ont pris quelques rides – cependant sur le Bordeaux par exemple ses pages sont une bonne contribution à la compréhension du phénomène AOC Bordeaux et Bordeaux Supérieur –  mais ce qui m’importe aujourd’hui, plus que le côté factuel, c’est son approche du monde du vin de ce temps. Décontractée, rigolarde, impertinente mais sans le côté vachard ou donneur de leçons. Bien sûr que le Doutrelant il en a des copains dans le vignoble mais dans son bouquin il ne leur passe pas les plats. Il n’est pas sectaire, il n’excommunie personne, dans sa liste de ses 500 bonnes adresses y’a des vignerons, des coopératives et même des négociants. Moi ça me plaît le côté carnet de route impertinent. De plus c’est bien écrit ce qui ne gâte rien je vous assure. Bien sûr, en bon Français qui regrette toujours le bon vieux temps il ne peut s’empêcher de s’exclamer « France ton vin fout le camp ! » mais il n’en geint pas pour autant et surtout ne tombe pas dans l’élitisme. Bien au contraire, il est avant tout – je le suis aussi – un franc buveur « La fréquentation des caves incline souvent au lyrisme ou à la piété. Elle nous inspire plutôt bonne humeur et irrévérence. La d’entendre chanter des cantiques au pied de l’idole enivrante, il nous est venu l’envie d’envoyer un coup de pied dans la termitière des poncifs et des pantalonnades. Sacrilège ? Non, quand le vin est bon, nous ne connaissons qu’une manière de lui faire nos dévotions, c’est lever le coude. »


Pour tout vous avouer, le monde du vin qui chante son produit comme étant le plus beau support de la convivialité, qui nous rabat les z’oreilles avec son nouveau dada : l’oenotourisme, s’affiche de plus en plus dans le pontifiant, le « chiant » avec ses débats de chapelles, ses tirades de petits marquis, ses fait pas ci, fait pas ça, t’es un ceci, t’es un cela, ses annonceurs d’apocalypse, ses fouteurs de trouille, me gonfle parfois un peu, beaucoup, passionnément... Tout pondeur de rapport que je fus, tout pondeur de chroniques que je suis, je n’ai jamais fait partie du cercle des initiés, je n’en serai jamais et jamais au grand jamais je ne commettrai un opus sur le vin. Que voulez-vous moi ce qui m’intéresse c’est « l’extension du domaine du vin » pas les petites querelles entre initiés, ou les débats dans une cabine téléphonique, ou le déballage de poncifs ou l’étalage de propos rances. Bien évidemment, je n’ai rien contre les taillages de costards ou autres joyeusetés mais toujours avec un zeste d’humour, de bonne humeur. Ne pas se prendre au sérieux n’empêche pas de traiter sérieusement les questions que l’on aborde. Moi je m’y colle tous les jours, avec plus ou moins de bonheur, mais quand il faut lancer le débat sur le dossier OGM de l’INRA de Colmar je ne suis pas aux abonnés absents.


Pour en revenir à feu Doutrelant, pour le charrier un peu post-mortem, quand il écrit « Et puis à parcourir le vignoble, l’envie nous a pris de rompre des lances avec l’école laxiste qui le dirige : ce gentil Institut National des Appellations d’Origine (INAO), ces énarques de troisième rang qui font les choux gras du Ministère de l’Agriculture... » il se trompe et je me gondole gentiment car il n’y a jamais eu, avant l’actuel Directeur, d’énarques, de quelque rang que ce fut, à l’INAO. C’était la chasse gardée des IGREF avec un épisode Alain Berger qui venait de l’INRA et Jean-Daniel Besnard qui venait de l’Office du Lait. En ce temps-là, je puis vous l’assurer le Directeur de l’INAO, ce brave Pierre Marquet, comptait pour du beurre (normal avec les choux gras) les vrais patrons de l’Institut étaient les professionnels : des présidents bien sûr. Les fonctionnaires haut ou bas ont le dos large mais bon passons.

Reste le Baraou&Septime, je le lirai et après vous verrez : mon silence, si silence il y a, en dira plus long qu’un long discours...

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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 00:09

L’été dernier, regroupées, sous le titre « Le feuilleton coquin de l’été des bons vivants »,  quelques chroniques lestes, mais de facture littéraire irréprochable, avaient occupé cet « espace de liberté » pendant mes vacances corses. Pour les nouveaux arrivants, à la fin de cette chronique, je donne les liens pour les découvrir ou les relire.

 

Au milieu d’elles, deux perles, deux bijoux d'humour sicilien de mon chouchou Andréa Camilleri. Chaque année je me régale de la lecture, d’un ou de plusieurs de ses romans, dans la traduction impeccable de Dominique Vittoz ou de Serge Quatruppani de son incomparable langue sicilienne, si parlante, si vivante : L’Opéra de Vigata, Le coup du Cavalier, La disparition de Judas, Privé de Titre, La pension Eva, Marruza Musumeci… Camilleri joue avec la langue, lui donne une consonance charnelle, terrienne, exotique qui transporte le lecteur, lui fait croire qu’il né du côté d’Agrigente. Au charme d’intrigues bien ficelées ce maître réjouit le cœur et rend l’âme légère avec sa plume qui sait être leste avec beaucoup d’humour.

 

Cette année, l’opus est titrée « Le Grelot » et est publié chez Fayard. C’est l’histoire, à l’aube du XXe siècle, d’un fils de pêcheur de Vigata, Giurlà, placé à quatorze ans dans une chèvrerie de montagne où il va découvrir un univers de solitude qui lui donne goût à une liberté inespérée et l’initie à l’amour d’une manière peu banale.

 

L’extrait que je vous propose ne déflore pas le fond de ce beau roman, il est très représentatif de la langue de Camilleri et de son art de conteur.

 

« À la chèvrerie, Rosa ramenait les cabres à l’enclos.

Giurlà rentra ranger ses provisions dans la caborne.

« Je peux te prendre un peu d’eau dans l’outre pour me laver ? demanda Rosa dehors.

-         Pour sûr. »

Fut dit, fut fait, Rosa se défubla de son chemisier, baissa les bretelles de sa combinaison, enleva son soutien-gorge.

Doux Jésus, quels belons énormes ! Comment pouvaient-ils pointer si dru malgré leur poids ? Rosa s’accassa, releva sa jupe et son jupon, les roula à la taille et se lava entre les jambes. Elle ne portait pas de culotte. Quand elle eut fini, elle entra dans la tenue où elle se trouvait.

«Tu me prêtes quelque chose pour m’essuyer ? » demanda-t-elle en s’asseyant sur la paillasse.

Giurlà ne trouva guère à lui donner qu’une de ses chemises, qu’il avait lavée deux jours plus tôt. Rosa s’allongea s’appuyant d’un bras sur la caisse et commença par s’essuyer la poitrine. Les yeux écarabillés de Giurlà étaient rivés sur les natures de Rosa, que sa position mettait en vue ni peu ni trop. Elle avait du poil au minon ! Quasiment plus qu’une beguiette !

« Pourquoi tu me regardes avec ces yeux de merlan frit ? s’enquit Rosa. Tu n’as jamais vu une femme nue ?

-         Non.

-         De vrai ? Alors te gêne pas et regarde-moi bien. »

Elle rejeta son chemisier, troussa encore plus haut jupe et jupon et s’appuya des deux bras sur la caisse pour qu’il ait un meilleur point de vue. Giurlà, déjà benouillé de sueur, sentit qu’il durcissait dans son pantalon. Ça lui arrivait depuis deux ou trois mois, mais gros raide comme ça, c’était la première fois. Rosa eut un joli petit rire, elle se redressa, prit la main de Giurlà, la posa sur ses belons et s’allongea à nouveau. Ils avaient beau être durs comme de la pierre, sous la main c’était du velours. Puis Rosa déplaça la main de Giurlà plus bas, vers ses natures, et guida deux de ses doigts à l’intérieur d’elle. Puis elle dit :

« Attends. »

Tout empoupiné de sa personne, Giurlà en nage se releva. Rosa baissa son pantalon, attira le garçon sur elle, le guida. Ils venaient de finir et étaient allongés côte à côte, le souffle court [...]

[...] Il fit demi-tour, pensant trouver Rosa déjà rhabillée. Penses-tu ! Elle s’était mise toute nue et couchée à plat ventre. L’effet sur Giurlà fut le même que s’il n’avait fifrée à l’instant. Dès qu’il fut sur elle, elle adopta la même position qu’avec Damianu *. Mais alors que la première fois elle était restée silencieuse, ce coup-ci, elle se mit à miauner. Et Giurlà trouva la chose bien à son goût. Par le fait, il poussa aussi de grands han à chaque enfournée. »

 

  • petit retour en arrière : « En arrivant près de la caborne, il entendit Rosa qui miaunait. La pauvre ! Alors ce n’était pas seulement la tête qui lui variait, elle était malade pour de bon. Mais il dut s’arrêter sur le seuil, pétrufié. Il n’avait jamais vu un homme et une femme fifre, mais il en avait jaqueté à perte de vue avec Pipo et Fofò et c’était comme s’il l’avait déjà vu cent fois. Rosa, nue comme une jument, était allongée, jambes écartées, sur la couverture qui recouvrait la paillasse et Damianu, encarpionné sur elle, donnait du cul en avant, en arrière, en avant, en arrière. Giurlà était ébaffé de la force que Damianu déployait à chaque ahan. C’était peut-être ce qui arrachait ces ramamiaux à Rosa ? Elle avait peut-être mal ? Mais elle ne semblait pas miaumer de douleur, bien au contraire ! Le cabreux s’arrêta, se dégagea et Rosa pris la position à genoux, en appui sur les paumes. Derrière elle, Damianu se rempiqua bon cœur bon argent, en avant arrière, avant arrière, tout en empoignant les belons de Rosa, qui pendaient comme des mamelles de cabres. Les gémissements de Rosa enflèrent.

      Giurlà s’en revint.

      « Comment va Rosa ?

      - Nettement mieux », rebriqua Giurlà.

      L’éclaffée de rire fut générale »

 

  • Un peu plus loin : « Mais pour s’endormir, c’étaient des figues d’un autre panier ! L’odeur de Rosa avait imprégné la paillasse et plus la température montait sous la couverture, plus l’odeur devenait entêtante.
  • Il se retrouva à nouveau pavillon haut. Il comprit que s’il voulait dormir, il  valait mieux ne pas gueniller. D’une mai, il entreprit  donc le nécessaire pendant que l’autre, il caressait... »

 

Mais à partir de là mystère, c’est l’histoire et si vous souhaiter en savoir plus faites l’acquisition de ce livre 15,90 euros.

 

 

« Tâche voir de pas me faire mal, je suis une petite nature » http://www.berthomeau.com/article-33982330.html

 

« Ta femme te fais cocu avec le commissaire divisionnaire. »

http://www.berthomeau.com/article-33982544.html

 

«L'Anneau d'Hans Carvel» de Jean de La Fontaine

http://www.berthomeau.com/article-33807904.html

 

«Baiser souvent n’est-ce-pas grand-plaisir ? » Clément Marot http://www.berthomeau.com/article-33804609.html

 

« Le mot et la chose» de Gabriel-Charles de Lattaignant

http://www.berthomeau.com/article-33780732.html

 

 

 

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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 00:09

 Caillou 8377

De Gaulle avait des goûts simples mais, comme tout bon militaire, un solide coup de fourchette. On raconte que sur le paquebot qui le menait à Tahiti en 1956 voyant Olivier Guichard ne pas prendre du potage, le Général s’exclama « Comment peut-on reconstruire un pays avec des gens qui refusent le potage ! » Selon son beau-frère Vendroux on ne lui connaît qu’une faiblesse : les œufs à la neige. Pour les fêtes à Colombey un pâtissier de Troyes livre un vacherin aux marrons que la famille du Général a baptisé un Pompidou. Le chef pâtissier de l’Elysée assure que le Général n’aime guère les douceurs mais que tante Yvonne se laisse facilement séduire par la poire Bourdaloue.

Dès son arrivée faubourg Saint-Honoré le général avait prévenu « Je ne veux pas de gaspillage. Il y en a eu trop avant dans cette maison. L’économe tante Yvonne veillait à ce que soient respectés les souhaits du Général, parfois un peu trop au pied de la lettre comme en témoigne cette anecdote contée par madame Claude Dulong dans la « Vie quotidienne à L’Elysée sous Charles de Gaulle ». Lors d’une visite du shah d’Iran il était prévu 40 invités à déjeuner, en conséquence de quoi 40 pigeonneaux – pas un de plus – avaient été préparés. Mais, catastrophe, au dernier moment le shah arriva avec deux attachés militaires de plus. En hâte deux biftecks furent préparés. On les destinait « aux bouts de table occupés par des gens de la maison habitués à tous les sacrifices. »Le malheur voulut que le maître d’hôtel, sans doute novice, ignorait qu’en dehors de ses appartements le chef de l’Etat devait être servi le premier en même temps que le souverain reçu. Il se vit donc proposer l’un des deux biftecks alors que dans les assiettes de ses voisins il voyait des pigeonneaux. Il demanda des explications. Face au cafouillage il demanda sèchement « Qu’on m’apporte un œuf ! » et se vit resservir un autre bifteck, sans doute le second prévu. Il y eut après le repas, dit-on, une explication un peu vive dans le bureau du Général.

Cependant le Général voulait « que les choses se passent avec ampleur et mesure, bonne grâce et dignité » et il soulignait »C’est bien aussi ce que veut la maîtresse de maison, ma femme. Nos réceptions sont donc fréquentes et nous tâchons qu’elles soient de bon ton. » Kroutchev fut gratifié d’un bar braisé, d’une poularde de Bresse et d’une glace Montmorency. Mais c’était toujours à un train d’enfer : ainsi l’acteur Pierre Bertin invité à l’Elysée, fin gourmet, raconte « Il y avait de superbes langoustes. Les trouvant excellentes, j’en repris. Mais tout alla si vite que je n’eus pas le temps de toucher à ma seconde portion. Quand au champagne servi à la fin du repas et que j’adore, je n’eus pas le temps de le boire car, au moment où je trempais mes lèvres dans la coupe, le général se levait ! »

 

Pour compléter ce petit tableau quelques anecdotes sur De Gaulle et le vin tirées du livre de Corinne Lefort et Karine Valentin Grand Palais :

 

« Tout juste apprenons-nous qu’au menu de son repas de noces figuraient un barsac, un haut-pomerol, un pommard et du champagne [...]

Par contre lorsque Yvonne, en bonne chrétienne, décidait de faire maigre le vendredi et dissuadait ainsi le sommelier de servir du vin blanc au Général, celui-ci tempêtait à son encontre en lui rappelant qu’un militaire pouvait bien être dispensé de cette pratique. [...]

Lorsque Charles de Gaulle séjourne à Colombey, la famille se retrouve autour de plats bien traditionnels, assez roboratifs. [...] Le dimanche chez les De Gaulle, on prépare de la soupe, des tripes à la mode de Caen, de la blanquette de veau et on finit par de la mimolette, le tout accompagné d’un ou deux verres de vin de pays servi par le Général en personne. Parfois, en soirée, le grand homme s’autorise un doigt de Porto en suivant le journal télévisé. »

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 07:46

Lire la concurrence,

en l’occurrence les écrits dominicaux&musicaux&culturaux&in vino de François le Débonnaire, la lire jusqu’à la dernière ligne, permet de découvrir des pépites. En voici une émanant d’un éminent collègue de l’INRA du Laboratoire de chimie d’AgroParisTech (UMR 1145 INRA/AgroParisTech) Hervé This dont j’ai utilisé les écrits à deux reprises pour chroniquer). Bref, dans le débat que j’ai ouvert sur le « ratiboisage sauvage » de la vigne OGM de l’INRA de Colmar, j’estime que ce texte a sa place. Je le propose donc à votre lecture matinale.

herv%C3%A9+seul

 

mercredi 28 juillet 2010

 

 

Je vais encore perdre des amis!

 

Je reçois la question :
____________________________________________________
Que pensez-vous des produits bios ?


____________________________________________________

Et je me suis laissé aller!!!


Tout avait pourtant bien commencé, puisque ma réponse était :

En réalité, la question est piégée, car, comme d'ailleurs pour les OGM, il y a 4 cas de figure : :
- soit les produits bio vous plaisent et à moi aussi ;

 

- soit l'idée vous déplait et moi aussi ;


- soit ils vous déplaisent et me plaisent ;


- soit ils vous plaisent et me déplaisent.


Dans les deux premiers cas, inutile de répondre


Dans les deux autres, ma réponse ne convainc pas, et je perds un ami !



Faut-il alors que je réponde ?


_____________________________________________________

Mais je n'ai pas pu m'empêcher d'ajouter :


____________________________________________________

Ce que je peux dire : pour une thèse au laboratoire, nous avions acheté des haricots verts bio rue Mouffetard, près du laboratoire (une fortune!!!!!!!).


Quand nous avons analysé le contenu en pigments, nous avons vu qu'ils étaient très dégradés... contrairement à des haricots en boite!


Rien d'étonnant : les haricots verts attendent parfois sur les marchés (et les chlorophylles se dégradent), alors qu'ils sont mis en boite directement sur le champ.
D'autre part, pour ls haricots verts, on sait bien dans les campagnes que seule la première pousse est vraiment excellente. Le label bio ne dit rien de cela !
Enfin, la certification ne spécifie pas des tas de choses : la qualité des sols, etc.
Quand je vois des vins « bio » qui sont soufrés au soufre des volcans, également, je suis effaré... car ce soufre impur (bien que « naturel » : mot attrape gogo) contient de l'arsenic, qui, en brûlant, fait un poison très violent!

 


Et j'en passe : mon ami Gérard Pascal, le Monsieur Propre de l'Alimentation, vendu à personne, et excellent scientifique, vient de faire une synthèse des articles scientifiques qui ont étudié les éventuels intérêts du bio. C'est dramatique, et je tiens le document à la disposition de ceux qui veulent... mais j'avais moi même fait écho de plusieurs articles sur ce thème dans la revue Pour la Science (rubrique "Science & Gastronomie, chaque mois).


Par curiosité, je viens d'aller y voir de plus près, à propos de la vraie définition du bio... et je suis tombé sur un site intitulé « L'intelligence verte » (tendancieux), où je lis :


« C'est un produit d’origine agricole qui ne contient pas d’élément chimique de synthèse. On pourrait l’appeler produit naturel comme les cultivaient nos ancêtres avant l’apparition de l’agriculture industrielle et de l’industrie agroalimentaire. »

Ici, je récuse la phrase, car même si la méthode de culture est analogue à celle de nos ancêtres, le produit n'est pas naturel : je rappelle que les carottes, navets, pommes, etc. sont sélectionnés depuis des millénaires ; rien à voir entre une carotte naturelle, mince tige dure, et la carotte d'aujourd'hui, pas naturelle du tout. Je rappelle que « naturel » signifie « sans intervention humaine ». D'ailleurs, la cuisine n'est absolument pas naturelle : des frites sont porées à 200°C ! Les viandes sont grillées, etc., ce qui met en oeuvre une foule de réactions « chimiques ».


Et puis... « Pas d'élément chimique de synthèse »... Cela semble dire que les composés de synthèse (le mot « élément chimique » est mal utilisé) sont mauvais, et les composés naturels bons? Cela est faux : de l'eau de synthèse serait très bien, mais la cigüe est un poison violent, la muscade contient de la myristicine très toxique, etc. Donc cessons de penser que les produits de synthèse sont mauvais, et les produits naturels bons : ce serait très naïf... pour ne pas dire plus.


La culture de nos ancêtres : parlons-en ! Les sols de vigne sont chargés de cuivre pour des siècles, parce que nos pauvres ancêtres, pour protéger la vigne, ont utilisé des quantités considérables de sulfate de cuivre! Et ce n'est qu'un exemple. Ici, ce qui est condamnable, c'est l'idée selon laquelle « c'était mieux avant ». Mieux avant, alors que l'espérance de vie augmente régulièrement d'un quart d'année tous les ans? Mieux avant, quand on mourait donc à 30 ans (la peste, le choléra, la grippe, même, puisqu'il n'y avait pas d'antibiotiques)? Mieux avant, quand les femmes mouraient en couches, et les enfants en bas âge ? Mieux avant, quand on s'éclairait à la bougie, qu'on se chauffait au feu, lequel noircissait les fermes... et les poumons, d'où des cancers du poumon? Mieux avant, quand le monde s'émerveillait de l'invention de la conserve? Mieux avant, quand ...

 Allons, pas d'âge d'or !


Continuons notre lecture :

« Le label agriculture biologique


Le mot « bio » est un label défini par le ministère de l’agriculture français puis par la communauté européenne. Il signifie que les produits que nous mangeons ou utilisons ne contiennent aucun élément chimique de synthèse fabriqué par l’homme. Les produits bio sont cultivés, fabriqués de manière naturelle ; l’intervention de l’homme est une collaboration avec la nature dans la combinaison des éléments de celle-ci (engrais vert - rotations - plantes compagnes - ennemis naturels des parasites - ...) »

Label : oui, c'est un label. Mais le second paragraphe est idiot « fabriqué de manière naturelle », c'est contradictoire !


L'intervention de l'homme serait une collaboration avec la nature? Mais les engrais, les pesticides, etc. sont aussi une collaboration avec la nature...
Mais, en écrivant tout cela, je vois que je vais trop loin... et que je vais perdre tous mes amis qui croient à la bonne nature! Au moins, je pourrai me regarder dans la glace demain matin : j'aurais fait mon métier, qui est celui d'agent de l'Etat. Je ne suis pas payé, en effet, pour dire le contraire de la vérité !


D'ailleurs, je dois ajouter que mes observations ne justifient pas les pratiques fautives. Par exemple, parce que les utilisateurs de poudre à laver en mettent toujours trop, les industriels ont été obligés, pour « respecter la nature », d'ajouter des charges inertes. Ne serait-il pas plus simple de mettre moins de poudre, de suivre les recommandations de doses?


En cuisine, de même, on est obligé de brider les friteuses parce qu'elles étaient à l'origine d'accidents. Ne serait-il pas plus simple d'apprendre à utiliser les bains d'huile, tout comme on apprend à utiliser des couteaux ?


Au total, bio ou pas bio, je trouve que nous marchons sur la tête, trop souvent. Nous marchons sur la tête quand nous prenons notre voiture alors que nous pourrions prendre un vélo ; nous marchons sur la tête quand nous utilisons du cuivre toxique pour faire des confitures ; nous marchons sur la tête quand nous faisons des barbecues... qui déposent sur les viandes des benzopyrènes toxiques ; nous marchons sur la tête... chaque fois que nous ignorons ce que nous faisons, parce que c'est une grave erreur de croire que nos ancêtres, ignorants, avaient de « bonnes pratiques » culinaires.

Il est urgent que, dans les écoles, nous réintroduisions de l'économie domestique, et aussi de la cuisine. Etre citoyen, ce n'est pas acheter du bio, mais d'abord savoir qu'une plaque chauffante, quand ce n'est pas de l'induction, gaspille jusqu'à 80 pour cent de l'énergie!!!!!!!!!!!!!!!! De l'énergie qui a coûté à produire, que l'on paye... et que l'on gâche ?


Oui, il est temps que l'Education nationale remette ces questions au coeur de l'enseignement, dès l'école. Il est temps que l'on enseigne la chimie en montrant que cette science est merveilleuse, et que sa compréhension nous aide à ne pas faire n'importe quoi... comme le faisaient nos pauvres ancêtres, qui vivaient hélas pour eux bien empiriquement.


Tout ne va pas bien aujourd'hui... mais est-on bien sûr que ça allait mieux hier ?
Allons : au lieu de perdre du temps à ces débats, pensons plutôt à demain. Comment laisser un monde meilleur à nos enfants? Comment améliorer la cuisine (personne ne parviendra à me persuader qu'elle soit dans un état parfait !)?


Vive la connaissance, surtout quand elle est bien utilisée!

http://hervethis.blogspot.com/2010/07/je-vais-encore-perdre-des-amis.html 

Hervé This (contact : herve.this@paris.inra.fr) physico-chimiste dans le Groupe de Gastronomie Moléculaire, au Laboratoire de chimie d’AgroParisTech (UMR 1145 INRA/AgroParisTech), est le co-créateur, avec Nicholas Kurti, de la discipline scientifique nommée gastronomie moléculaire. Ingénieur de l'Ecole Supérieure de Physique et de Chimie de Paris (ESPCI) , il est aussi Conseiller scientifique de la revue Pour la Science et, surtout, Directeur scientifique de la Fondation Science & Culture Alimentaire (Académie des sciences). Hervé This a été chargé de plusieurs missions par les Ministères de l'éducation nationale, de la Recherche ou de l’Industrie : réflexion sur l'enseignement des techniques culinaires, introduction des Ateliers expérimentaux du goût dans les écoles primaires, création du programme pédagogique de l’Institut des hautes études du goût, de la gastronomie et des arts de la table....

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 00:09

Hier j’ai pondu une chronique géniale sur les Grands Crus et les enzymes http://www.berthomeau.com/article-j-aime-les-grands-crus-et-les-enzymes-j-aime-le-jambon-quand-il-est-bon-mais-j-aime-encore-mieux-coucher-avec-la-bonne-56511647.html  dont j’espérais beaucoup en termes de commentaires. Nada ! Que dalle ! Silence radio ! Serait-ce l’omerta sur les produits œnologiques qui a provoqué ce silence ? Je n’en sais fichtre rien. Les vendanges peut-être, bref ce matin je me fends d’une nouvelle chronique de très, très haut niveau, top moumoute, qui, j’en suis sûr, va faire elle aussi un bide monumental. Je suis un incompris mais comme je me soigne à l’homéopathie Boiron – j’ai déjà fait le coup hier mais comme je trouve que c’est un bon coup je récidive. Pourtant, même en vacances, je me décarcasse. Je me documente. Je fais progresser la connaissance. Reconnaissez que vous ignoriez les mérites de LAFASE Grand Cru avant de me lire hier. Silence gêné, vous ne l’avez pas lu en pensant qu’avec un titre pareil c’était une pochade. Faux c’était un papier tout ce qu’il y a de plus scientifique. Je passe au sujet du jour.

 

Tiuccia le 5 septembre 2010

 

 

Monsieur le sous-préfet aux champs,

 

 

Je me permets de distraire un peu de votre précieux temps de haut-fonctionnaire resté encore rural, enraciné dans notre terroir fécond, car vous me semblez le mieux placé pour me dispenser les conseils les plus avisés sur la conduite que je dois tenir vis-à-vis de la requête que viennent de m’adresser, ce jour, les organisateurs, je devrais écrire les organisatrices : Brigitte, Laura, Susan – en dépit de ma méconnaissance crasse de l’anglais je crois que Doug comme Mickey est un prénom masculin du côté des Etats-Unis – de « La Première Journée Mondiale du Grenache » fixée au 24 septembre de cette année. Pour faire chic, et honorer votre parfaite maîtrise de la langue internationale véhicule due à votre passage à l’ENA, je porte à votre connaissance la bonne version du carton « International Grenache Day Launches Friday 24 September 2010 A day to celebrate Grenache with wine events around the world»

Avant de vous entretenir du fond de ma requête je me dois de porter à votre connaissance pour nourrir votre dossier – la territoriale, surtout depuis l’irruption de l’odieuse décentralisation de Gaston Deferre qui l’a dépouillée de beaucoup de ses prérogatives, vénère les dossiers, les aime en béton – quelques éléments de première importance :

1° Les Journées Mondiales ont un site www.journee-mondiale.com ;

2° à ce jour il répertorie 224 journées mondiales donc il reste encore de la place pour caser les petites nouvelles ;

3° comme un fait exprès le 5 septembre, ce jour, est vierge de toute journée mondiale, peut-être pourrions-nous lancer l’idée d’une Journée Internationale des Terroirs, ce serait drôle car, m’a-t-on dit c’est un mot intraduisible en anglais ;

4° en revanche le 24 septembre choisi par ces dames est, en notre beau pays, la journée nationale du refus de l’échec scolaire mais comme l’international couvre plus large que le national il ne leur reste plus qu’à faire répertorier leur Journée Mondiale du Grenache ;

5° comme je fus en son temps, voilà 10 ans, l’initiateur et le concepteur de la 1ière Journée Nationale du Cheval qui a toujours lieu le dimanche de septembre qui précède les Journées du Patrimoine, le 12 septembre cette année, vous conviendrez aisément de ma haute compétence dans le domaine de l’érection des Journées de... Tout et de Rien...

6° sont  juste passées : la Journée Internationale des personnes disparues et la Journée mondiale du blog  toutes deux le 31 août. Pour cette dernière, j’ai beaucoup apprécié la citation du site «à l'avenir, chacun aura son quart d'heure de célébrité mondiale » dixit Andy Warhol. L’espoir fait vivre !

sont à venir dans les jours qui viennent : la Journée Internationale de l'alphabétisation le 8 septembre, la Journée Mondiale de prévention du suicide le 10 septembre et au jour dit la Journée mondiale de lutte contre le terrorisme. Pas gai, gai tout ça mais ainsi va notre monde mondialisé.

Bref, monsieur le sous-préfet, j’en viens au fait qui me fait vous écrire, même si, avant de l’exposer, je tiens à vous assurer de toute ma sympathie face à l’arrogance de la vêture des Préfets de la République, qui  outre de vous cantonner sous eux, voient leurs parements de manches d’uniforme ornés des dents de cannetille (fils d’or ou d’argent) et de deux ramages de chêne et d’olivier, alors que vous n’avez point de cannetille et qu’un seul ramage. Même punition pour les pattes d’épaules : eux deux feuilles de chêne et deux d’olivier, vous qu’une seule et pour votre belle casquette : deux guirlandes brodées d’or pour eux, une seule pour vous. Si je m’attarde sur votre uniforme c’est que j’aurai, à la fin de mon envoi, une demande à formuler auprès de vous.

Ces dames donc, sans doute eu égard à mon glorieux passé de « nègre ministériel », m’ont fait part du souhait unanime de tous les participants : Michel B et C, Hervé, François le Débonnaire entre autres... aux mémorables journées de juin au Crestet que j’avais eu l’outrecuidance d’ignorer sous le fallacieux prétexte que je préférais passer mes fins de semaines en compagnie de celles « dont les jambes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens et lui donnent son équilibre et son harmonie. » que je prononçasse le discours inaugural de la Journée Mondiale du Grenache en un haut-lieu qui leur reste à préciser. Dur labeur ! Je suis sec ! En effet, pratiquant peu, même pas du tout, ces derniers temps, l’art du discours, je me suis dit que vous, cher monsieur le sous-préfet aux champs, qui discourez abondamment aux comices et inaugurations d’ouvrage d’art, tels les rond-point qui plaisent tant aux Ingénieurs des Ponts&Chaussées, pourriez me prêter votre plume, non comme l’ami Pierrot de mon enfance, mais comme celle d’Alphonse Daudet des Lettres de mon Moulin ?

« M. le sous-préfet est en tournée. Cocher devant, laquais derrière, la calèche de la sous-préfecture l’emporte majestueusement au concours régional de la Combe-aux-Fées. Pour cette journée mémorable, M. le sous-préfet a mis son bel habit brodé, son petit claque, sa culotte collante à bandes d’argent, et son épée de gala à poignée de nacre… Sur ses genoux repose une grande serviette en chagrin gaufré qu’il regarde tristement.

M. le sous-préfet regarde tristement sa serviette en chagrin gaufré ; il songe au fameux discours qu’il va falloir commencer tout à l’heure devant les habitants de la Combe-aux-Fées :

-Messieurs et chers administrés….Mais il a beau tortiller le soie blonde de ses favoris et répéter vingt fois de suite :

-Messieurs et chers administrés… la suite du discours ne vient pas.

La suite du discours ne vient pas… Il fait si chaud dans cette calèche !… A perte de vue, la route de la Combe-aux-Fées poudroie sous le soleil du Midi… L’air est embrasé… et sur les ormeaux du bord du chemin, tout couvert de poussière blanche, des milliers de cigales se répondent d’un arbre à l’autre… Tout à coup M. le sous-préfet tressaille. Là-bas, au pied d’un coteau, un petit bois de chênes verts semble lui faire signe.

Le petit bois de chênes verts semble lui faire signe :

-Venez donc par ici, monsieur le sous-préfet ; pour composer votre discours, vous serez beaucoup mieux sous mes arbres… »

Inspirez-moi monsieur le sous-préfet aux champs car ces dames comptent sur nous afin que le bouche à oreille fasse passer le message de l’érection dans le calendrier déjà encombré des Journées Mondiales de la leur vouée au Dieu Grenache, sinon ces pauvres adorateurs du fier Aragonais en seront réduits à n’envoyer que le Communiqué de ces dames aux restaurateurs, sommeliers, cavistes et journalistes de leur  connaissance, à leurs amis, à leurs parents. Toute l’horreur d’un pauvre copié-collé, un peu convenu, bien formaté ! Alors, pour faire passer l’information sur les sites, les blogs, Facebook, et autre Twitter… quoi de plus français qu’un beau discours d’inauguration.  Pondons donc de concert, monsieur le sous-préfet aux champs, afin d’éviter de briser la chaîne. Si nous restons secs ces dames menacent  de nous priver à jamais de grenache ! Évitons cette punition, ne leur faisons pas un tel affront : écrivons !

Reste, monsieur le sous-préfet aux champs, qu’un des délégués australien au symposium, sans doute pour faire genre ou copier l’ami Jim Budd, a suggéré que pour bien marquer le coup, tous les participants à la Journée Mondiale du Grenache portassent ce jour-là une chemise colorée et tape à l’œil. Sans vouloir ironiser sur une telle faute de goût – je fais bien sûr allusion au tape à l’œil – je pense que, pour bien marquer notre différence, pour porter haut l’excellence de nos vins d’origine issus du cépage révéré, lorsque je gravirai les marches de l’estrade, où seront alignés les sommités du Symposium, pour gagner le pupitre où je prononcerai le discours inaugural, il me faudra certes revêtir la fameuse chemise, que je prévois rouge Grenache bien sûr, mais pour ne pas qu’on me prisse pour un souteneur de la Canebière, je souhaite y ajouter une touche de bon goût : votre uniforme d’apparat, le blanc bien évidemment  que je vous saurais gré de bien vouloir me prêter pour l’occasion.

Votre plume, votre uniforme, monsieur le sous-préfet aux champs, n’est-ce pas trop demander à un représentant de notre République ? Au nom de la grandeur et du rayonnement du Grenache j’ai la faiblesse de croire que non. Si votre emploi du temps vous le permet venez donc à l’inauguration, je cisèlerai quelques belles phrases de reconnaissance à votre endroit. De plus, ces dames, je n’en doute pas, organiserons un superbe « Vin d’Honneur » où vous pourrez côtoyer, monsieur le sous-préfet aux champs, la fine fleur des amateurs, le haut du panier des dégustateurs, la crème des esthètes, l’élite des plumes du vin, qui sillonnent le monde pour proclamer en chœur : « Le grenache, c’est formidable ! Jamais ennuyeux, un bon compagnon en toutes saisons »

 

J’ai conscience d’avoir abusé de votre patience monsieur le sous-préfet aux champs mais vous comprendrez aisément qu’il me fallait cette fois-ci, suite à mon esclandre de juin dernier, prendre des gants. En vous remerciant par avance de votre attention et de ce que vous pourrez faire pour moi, je vous prie de recevoir, monsieur le sous-préfet aux champs l’expression la plus accomplie de mon dévouement à la Grande Cause du Grenache.

 

Jacques Berthomeau

Entre autres Secrétaire-Perpétuel autoproclamé de l’ABV.

 

 

 

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 07:00

Je verse au dossier ce texte lu sur le site : Le Grand Soir : journal d’information alternative sous le titre Neutralisation d’une vigne OGM à Colmar - Quand le PCF s’indigne en compagnie de l’INRA et de Limagrain signé par Yannick Chenevoy, faucheur volontaire solidaire. (Chercheur au LERSIA Laboratoire d’étude et de recherche sur les systèmes intelligents et leur application Université de Bourgogne Dijon membre d’Attac)


Quelques remarques liminaires de mon cru :

 

1- l’appellation de faucheur volontaire solidaire me plonge dans un abîme de perplexité : par opposition existe-t-il des faucheurs involontaires ?

 

2- Moi le Grand Soir moi ça m’a toujours fait flipper grave, ça me faisait penser aux confidences délirantes de Benny Levy, alias Pierre Victor, le Guide planqué de la Gauche Prolétarienne, à Michel Foucault en 1972.

« Soit le patron d’une boîte moyenne, on peut établir la vérité des faits, a savoir qu’il a exploité les ouvriers abominablement, qu’il est responsable de pas mal d’accidents du travail, va-t-on l’exécuter ?

Supposons qu’on veuille rallier pour les besoins de la révolution cette bourgeoisie moyenne, qu’on dise qu’il ne faut exécuter que la toute petite poignée d’archi-criminels, en établissant pour cela des critères objectifs.

Cela peut constituer une politique tout à fait juste, comme par exemple pendant la révolution chinoise…

Je ne sais pas si cela se passera comme cela ici, je vais te donner un exemple fictif : il est vraisemblable qu’on ne liquidera pas tous les patrons, surtout dans un pays comme la France où il ya beaucoup de petites et moyennes entreprises, cela fait trop de monde. »


Sympa le petit juif pro-palestinien, enfin un politique qui se préoccupait du sort des PME. Dans les années 80 il jettera sa défroque marxiste par-dessus bord pour renouer avec le judaïsme de son enfance, un judaïsme ultra-orthodoxe, et il deviendra rabbin et affirmera toujours aussi implacable  « Le peuple palestinien n’existe pas. Il n’a pas le droit d’exister… »

 

3- La notion de neutralisation de la vigne OGM a, je trouve, un petit goût policier...

« Le parti communiste s’indigne dans un communiqué de l’action des faucheurs volontaires contre une vigne transgénique de l’INRA à Colmar. Ce communiqué (en gras dans ce qui suit et également en entier en bas du message) fleure bon le scientisme assumé et reprend les mêmes termes que ceux des transnationales de l’agrochimie.

Le PCF s’indigne des actes de vandalisme...

Ce sont les mêmes termes employés par les multinationales de l’agrochimie comme Monsanto ou les grands semenciers comme Limagrain pour toutes les actions des faucheurs volontaires. Ça secoue pas mal de lire ça ici, mais bon, voyons la suite :

rien ne saurait légitimer un tel vandalisme...

Les faucheurs volontaires ont toujours revendiqué leurs actions et assumé le coté illégal de ces actions. La meilleure preuve est qu’en ce qui concerne l’action de Colmar, ils ont attendu gentiment que les forces de l’ordre viennent prendre leur identité. Ils revendiquent une légitimité supérieure, comme dans toute action de désobéissance civile, ceci afin de faire avancer le droit. Nier cette légitimité revient à renier toute forme de désobéissance civile.

Il est vrai que dans cette action, mis à part les pieds de vigne qui ont été neutralisés (70 pieds, pas même de quoi se saouler en réunion de section), il y a eu sans doute une dizaine d’euros de grillage coupés à la pince à cisailler, c’est une faute de la part des faucheurs, mais on ne va quand même pas en faire un fromage, les dommages subits sont sans doute inférieurs à ceux commis par ces militants syndicalistes qui ont enfoncé le portail du MEDEF à Chalon, qui ont été poursuivis en justice pour ces dégradations et que nous avions été nombreux à soutenir à l’époque, y compris le PCF.

ces actions portent atteinte à la recherche publique...

La recherche publique est sinistrée de manière général ; il est vrai que l’Etat se désengage de plus en plus du financement et force les laboratoires publics à trouver des financements privés. Il suffit de jeter un coup d’œil sur le site de l’INRA de Colmar pour voir que cet établissement n’échappe pas à la règle. Parmi les partenaires (http://www.colmar.inra.fr/pages/SEA...), on peut citer :  Arvalis (sorte de laboratoire-conseil pour optimiser les rendements agricoles),  CEDE environnement (filiale à 100% de Veolia),  Agri-obtention (un semencier qui revendique sur son site 450 variétés dans son "portefeuille de variétés végétales"), Mais aussi et surtout, ceux qu’on appelle le club des cinq et qui fournissent "le meilleur de la génétique disponible en France" : Florimond Desprez, Limagrain Verneuil Holding, Syngenta Seeds SAS, Serasem et Unisigma.

Tout un programme, rappelons que Syngenta et Limagrain sont respectivement les 3èmes et 4èmes consortiums mondiaux de la semence, tout juste derrière Monsanto et DuPont !

Rappelons également que si la recherche publique est en général sinistrée, elle ne l’est pas de manière uniforme. Dans le domaine de la biologie qui nous intéresse ici, l’essentiel de l’argent public part hélas uniquement dans la biologie moléculaire et la génétique. Rien en revanche sur la biologie des sols. Il ne s’agit pas d’interdire toute forme de recherche en matière de génétique, mais tout miser dans le même panier relève d’une pathologie mentale, impulsée par une poignée de transnationales dont le seul métier est de vendre du produit chimique par le biais d’un système de brevets qui vise la totalité de l’alimentation humaine et animale. Il est vraiment à regretter que ces "professionnels de la nécro-technologie" deviennent de plus en plus les seules sources de financement des établissements publics de recherche. C’est vrai pour la biologie, comme dans toutes les disciplines scientifiques à fort potentiel de rentabilité à court terme (informatique, médecine, chimie...)

et réduisent du même coup sa possibilité d’étudier les effets éventuels de ces organismes génétiquement modifiés sur notre santé et sur l’environnement.

Ce n’était pas du tout l’objectif des recherches menées à Colmar. Il s’agissait de recherches sur le court-noué, une maladie virale qui affecte les pieds de vigne et menace le rendement de la production viticole. Une maladie qu’on sait soigner en arrachant les pieds infectés et en laissant la terre en jachère plusieurs années, pas franchement acceptable pour de nombreux professionnels de la vigne. Alors peut-être que la génétique peut apporter une solution, mais alors, rien n’empêchait l’INRA de faire ces expériences sous serre, cela aurait même permis de compléter les essais en faisant varier la température, le taux d’humidité, la luminosité. On peut douter de la bonne foi de l’INRA qui en effectuant ces expériences en plein champs n’a fait que jouer la provocation pour préparer les esprits à une nouvelle forme de brevetage du vivant.

S’il s’agit de voir quels sont les effets des OGM sur l’environnement, pas besoin d’expérience pour cela, observons simplement ce qui s’est passé au Canada (deuxième pays le plus grand du monde après la Russie). Il n’a fallu que 6 années après l’introduction des cultures transgéniques pour qu’il ne soit plus possible de trouver sur le marché canadien du colza certifié non OGM. 6 années ! Et maintenant ce colza parasite est devenu indestructible aux herbicides, il pousse partout, y compris dans les champs de blé. Selon inf’OGM, les prochaines génération d’OGM seront même résistantes au gel ou à la sécheresse. Il remplaceront définitivement leurs cousins naturels.

Contrairement à toutes les autres formes de pollution humaine, celle-ci est irréversible et se fiche complètement des "oh merde, on ne savait pas...".

les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers...

A répéter en boucle au moins 10 fois le soir avant de ce coucher :

les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers,
les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers,
les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers...

Plus sérieusement, il ne s’agit pas de douter de la qualité scientifique des chercheurs de Colmar, tous sont sans aucun doute d’excellents docteurs en biologie moléculaire, mais pour ce qui concerne leurs compétences sociale, sociétale, économique, ou tout simplement dans leur compréhension du mécanisme de la vie du sol, on peut en douter sérieusement. Le métier de chercheur n’est pas toujours facile, mais avec le nez dans le guidon et soumis comme ils le sont de plus en plus à des pressions financières, on ne peut pas leur demander d’avoir un recul pour lequel ils n’ont pas été formé ni d’avoir un avis sur des sujets pour lesquels ils n’ont aucune compétence. Nier cette évidence relève d’un scientisme malsain que Rabelais avait déjà dénoncé dans son "science sans conscience n’est que ruine de l’âme".

Le génie génétique est à ses débuts ; en priver la recherche publique française c’est ouvrir grand les portes à la mercantilisation de ces activités, c’est permettre aux requins de la finance et de l’agroalimentaire mondiaux d’être seuls maîtres de ce qui doit se faire ou non et des conditions dans lesquelles les nouvelles technologies de l’alimentaire doivent évoluer.

Les OGM pour nourrir la planète, qui font des guilis dans le cou et qui servent le café le matin tout en coupant le saucisson, ça n’existe pas ! 70% des variétés produites sont tolérantes à un herbicide (on peut noyer le champ avec du round-up ; tout crève, sauf l’OGM qui à tout bu et qui nous dit "même pas mal, va-y, mange moi !"), les 30% restant produisent un insecticide (de 10 000 à 100 000 fois plus qu’un traitement classique selon Jean-Pierre Berlan, ex directeur de recherche à l’INRA précisément, mais bon, lorsqu’il s’agit d’économiser de la main d’œuvre sur les traitements, on ne va pas faire la fine bouche). Les variétés OGM n’ont pas vraiment des rendements supérieurs à ceux de variétés classiques comparables, surtout si on pousse les études sur plusieurs années à cause des phénomènes de résistances, les paysans indiens en ont fait les frais, qui se suicident par dizaines de milliers chaque année, poussés à la faillite et à la misère.

Non, le seul intérêt des OGM, c’est pour les industriels qui les commercialisent, car ils sont brevetés. La marchandisation du vivant est déjà là, il n’est pas besoin de la recherche publique française pour enfoncer des portes déjà grandes ouvertes. L’alimentaire n’a pas besoin de nouvelles technologies mais de techniques et pratiques respectueuses de l’environnement, tout comme des gens qui travaillent la terre ou qui consomment le fruit de ce travail. La faim dans le monde ne vient pas du fait que les pauvres du Sud ne savent plus cultiver la terre mais c’est un problème politique que les OGM n’ont pas vocation à endiguer. A en croire les paysans sans terre du Brésil, les OGM ont même la fâcheuse tendance à accroître ce problème !

Refuser de consommer des OGM, est le droit de chacune et chacun

Oui, c’est la moindre des choses, mais ne nous illusionnons pas, les OGM sont une forme d’agriculture totalitaire qui interdit toute forme d’agriculture alternative.

 Soit par la pollinisation directe - en Amérique du Nord, les paysans contaminés doivent payer des royalties à Monsanto and co car ils ne sont pas propriétaires des gènes contenus dans les graines qui poussent par erreur dans leurs champs, c’est le principe du pollué payeur.
 Soit par le mélange volontaire des filières et l’absence de toute forme de traçabilité,
 et aussi par les coûts de plus en plus exorbitants pour arriver à une production saine et certifiée non contaminée.

Le choix d’accepter ou de refuser les OGM risque fort d’être de l’histoire ancienne si tous les acteurs du mouvement social prennent les mêmes positions que celles du PCF ici. Fort heureusement, il n’en est rien et de plus en plus d’acteurs syndicalistes, associatifs, politiques, y compris parmi les militants communistes, prennent conscience que l’exploitation des ressources naturelles relève du même principe que l’exploitation des ressources humaines : la soif du profit immédiat !

Yannick Chenevoy, faucheur volontaire solidaire

Le PCF s’indigne des actes de vandalisme perpétrés à l’encontre de vignobles OGM de Colmar

Le PCF s’indigne des actes de vandalisme perpétrés à l’encontre de vignobles OGM sous responsabilité exclusive de l’Organisme Public de Recherche Agronomique (INRA) à Colmar ; rien ne saurait légitimer un tel vandalisme. Sous couvert de s’opposer à la culture des OGM en plein champ, ces actions portent atteinte à la recherche publique et réduisent du même coup sa possibilité d’étudier les effets éventuels de ces organismes génétiquement modifiés sur notre santé et sur l’environnement. La Recherche publique en France est victime d’une politique continue d’affaiblissement de ses moyens budgétaires mais les chercheurs qui travaillent dans ce cadre ne sont pas des apprentis sorciers. Le génie génétique est à ses débuts ; en priver la recherche publique française c’est ouvrir grand les portes à la mercantilisation de ces activités, c’est permettre aux requins de la finance et de l’agroalimentaire mondiaux d’être seuls maîtres de ce qui doit se faire ou non et des conditions dans lesquelles les nouvelles technologies de l’alimentaire doivent évoluer. Refuser de consommer des OGM, est le droit de chacune et chacun ; mais porter atteinte au potentiel scientifique national est un acte totalement répréhensible ; le PCF renouvelle sa confiance dans le sang-froid et les capacités intellectuelles des équipes de l’INRA , dans leur indépendance par rapport aux pressions des multinationales de l’agroalimentaire. Au-delà, nos concitoyennes et concitoyens doivent pouvoir s’approprier les divers aspects du développement scientifique. Cela exige de nouvelles instances démocratiques au plus près d’eux, permettant l’échange fructueux entre collectivité scientifique et l’ensemble de la société ; c’est là un défi de notre temps, un défi que toute politique de gauche se devrait de relever. Les protestations de Mme Pécresse suite à cet acte odieux ne doivent pas faire illusion : elle conduit avec N Sarkozy une politique de casse de la recherche publique, qui précisément tourne le dos aux défis de civilisation contemporains, ceux que le PCF, avec d’autres entend permettre de relever.

Parti communiste français

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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 00:09

Les feux et les fumerolles de 68 étant à peine estompés nous eûmes droit par ceux que les fils de pub dénommaient les « lessiviers », en l’occurrence UNILEVER, aux enzymes gloutons de la lessive ALA (aujourd'hui ça ferait tache comme nom de marque). Leur concept génial : la lessive était censée contenir des enzymes que la pub télévisée figurait comme des petites têtes genre Shadocks qui dévoraient la saleté. Bide commercial total, les ménagères de plus de 50 ans craignant qu’ils bouffassent aussi leur précieux linge, mais les enzymes gloutons ont fait parti du langage de la rue pendant un certain temps.


 

Comme j’ai un esprit facétieux, que les « œnologues » n’en prennent point ombrage, la publicité qui suit, contenue dans Vitisphère (merci au lecteur qui me l'a fait parvenir), m’a vraiment mis de très bonne humeur. J’adjure les mauvais esprits qui fourmillent sur la Toile de ne faire aucun parallèle entre les gloutons du haut et ceux plus raffinés du bas, tel n’est pas mon propos.


Donc, en contemplant le superbe pot de LAFASE Grand Cru, ma folle du logis, ma chère imagination, me susurrait cette scénette se  déroulant lors d’un dîner bien comme il faut au château : 

- Lui en veste d'intérieur écusonnée et babouches armoriées, touche de vétiver : « Marie-Adélaïde je trouve notre GCC un peu mollasson, pourriez-vous très chère me passez le LAFASE Grand Cru pour que je lui donnasse un peu de nerf ? »

 

- Elle, à la limite de la décontraction avec son petit corsage blanc de chez Paule Ka - comme la Ségolène, pensez-donc ! - entrouvert, exposant sa poitrine balconnée au regard acéré du jeune maître d'hôtel qu'elle venait d'engager : « Avec joie Charles-Edouard, soyez dur ! Mais, permettez-moi une suggestion, comme je vous aimerais, moi aussi, un peu plus polisson, dès que vous l’aurez cravaché je serais fort heureuse que vous me fissiez subir le même traitement...»

 

Je suis tout, sauf sérieux, mais je me soigne à l'homéopathie BOIRON... La suite elle plonge dans l'univers impitoyable de la recherche où de charmantes jeunes femmes dans leurs laboratoires, penchées sur leur paillasse, jouent avec les enzymes pour la plus grande gloire des Grands Crus. Désolé Laurent, je suis incorrigible mais je te réponds dès que j'ai une minute...

   

« C’est une première: la recherche* démontre l’impact de certaines enzymes de macération sur le profil  polysaccharidique des vins (différentes études ont déjà prouvé la participation de certains de ces composés à la stabilité de la couleur des vins, à la réduction de l’astringence et à la participation vis à vis de la stabilité tartrique).


Ces travaux innovants mettent également en évidence l’influence des préparations enzymatiques sur la composition en polyphénols de vins rouges.»


* Résultats obtenus par Marie-Agnès Ducasse dans le cadre de sa thèse à l’Inra de Montpellier, au sein de l’équipe de Véronique Cheynier, financement Laffort

ENZ_LAFASE_HE_GRAND_CRU.jpg

LAFASE® HE GRAND CRU Novozymes.

 

Préparation d’enzymes pectolytiques, purifiée pour l’élaboration de vins de garde structurés, riches en matière colorante et en tanins souples.

  • Spécifique des macérations traditionnelles (précédées ou non d’une macération préfermentaire) pour l’élaboration des vins de garde structurés, riches en matière colorante et en tanins élégants.
  • Favorise l’extraction des composés phénoliques plus stables et augmente les aptitudes au vieillissement.
  • Purifiée en cinnamyl estérase (évite la formation de phénols volatils) et en anthocyanase (favorise la stabilisation de la couleur)

> Fiche produit (pdf)
> Fiche technique (pdf)
> FDS (pdf)

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 00:09

Souvent dans mes chroniques j’évoque ma Vendée natale, non par nostalgie de ce pays mais tout simplement parce qu’au fond je suis toujours resté un petit gars de la Mothe, élevé dans l’eau bénite par de saintes femmes : mémé Marie, la tante Valentine et ma chère maman, enfant de chœur indiscipliné, sauvageon dans les prés avec les vaches normandes du pépé Louis ; qui a bien aimé jouer au basket à la Vaillante Mothaise avec le si adroit Jacques Bernard ; qui est parti à 17 ans tout juste à la Fac de Droit de Nantes sans regret car il savait que ça n’était pas dans son petit pays qu'il ferait sa vie. Dire qu’on a ses racines dans son terroir natal ne reflète aucune réalité car, sauf à y vivre toute sa vie, très souvent on le quitte sans pour autant être un déraciné.  


La Mothe-Achard, son gros bourg commerçant, sa foire aux bestiaux, son école d’Agriculture où je ferai l’essentiel de mes études secondaires, le Bourg-Pailler où je suis né,  l’Auzance, sa route Nationale la Roche-Les Sables, le car Citroën de Nantes, les pères Martin et Plissonneau les marchands de grains, Mougard le marchand de bestiaux, le château du Plessis et Antoine de la Bassetière, et quelques métairies où la vaneuse de papa faisait les batteries, c’est ma jeunesse. Une jeunesse heureuse, insouciante, où nous jouions aux marbres en rentrant de l’école avant d’aller goûter de belles tartines embeurrées sur lesquelles mémé Marie râpait des miettes de chocolat Menier. Le matin prendre son bol de cacao à la table où les hommes : mon père, le cousin André Neau et mon frère Alain déjeunaient. Sœur Marthe, Mademoiselle Brye, le frère Pothain et le grand blond dont le frère s’était rendu célèbre en publiant ses récits d’évasion des camps de prisonnier : « Le Dodore fait la malle » (toujours en vente sur Price Minister) qui m’ont appris à lire, à écrire et à compter. La famille Remaud avec Madeleine et Petit Louis le boulanger, mes 3 frères supplémentaires Dominique, Jean-François et le malheureux Jacques (Jacquot, moi c’était Jacky, je détestais) avec bien sûr Geneviève que nous appelions Bounette. Mon copain Gervais, son scooter Vespa sur lequel nous allions au bal à 3 dessus avec Dominique Remaud. Ne parlons pas des filles, ceux qui se sont colletés à mon petit roman dominical à son tout début savent que je suis « un homme qui aime les femmes »... 

 

Tout ça pour vous dire que ce pays qui colle à mes godasses m’a toujours permis, surtout lorsque je me suis retrouvé sous les ors des Palais Nationaux, de savoir d’où je venais et surtout à qui je devais d’être ce que je suis. Ainsi, lorsque nous avons réformé cette foutue PAC au temps de Jacques Delors, en 1990, mon frère Alain à marié Vincent mon filleul en septembre (chez les Berthomeau on se marie toujours après la moisson sans doute en mémoire de notre père Arsène qui aimait tant ses batteuses) j’ai passé toute ma sainte soirée, après le repas déjà long, au lieu de faire danser une jeune femme qui manifestement attendait plus encore de moi, un verre à la main, à discuter avec tous les gars des métairies, les copains d’Alain, de l’arrêt du soutien par les prix. C’était chaud mais, tout socialo que j’étais, j’étais quand même un gars de la Mothe, ils m’écoutaient et, ceux qui me connaissent, savent que je ne lâche pas le morceau facilement. J’aime convaincre. En fin de soirée je ne sais plus si j’étais saoul de paroles ou de vin, ou des deux, mais qu’importe je leur devais bien des explications surtout que celles de Luc Guyau, mon voisin de classe à l’école d’agriculture, ne les satisfaisaient guère. Lui a fait une bien plus belle carrière que moi : président du CNJA puis de la FNSEA, puis de l’APCA pour finir ambassadeur auprès de la FAO, mais je ne l’envie pas car je n’ai jamais eu de goût pour les grandes manœuvres des appareils horizontaux comme disait le frétillant Michel Rocard.  

 

Oui je suis nostalgique de mes jeunes années rêveuses et sauvageonnes, de la C4 de Louis Remaud pleine des miettes de pain de la tournée, des baignades à la Normandelière ou au Marais-Girard, du Gois de Noirmoutier, du beurre blanc de maman, du riz au chocolat de la tante Valentine, du blazer bleu marine de ma couturière de mère, de l’eau de Vichy du pépé Gravouil, des livres de mon père dont j’étais si fier le jour où il fut l’un des mieux élu au premier tour des élections municipales alors que presque toute la liste d’Antoine de la Bassetière était balayée (hé oui, Henri-Pierre, ton père Alfred était de la conspiration avec Marthe Régnaud la sage-femme qui m’a fait naître). Papa m’a appris l’amour du bien public, la grandeur de l’engagement citoyen et le goût de la discussion. Orgueilleux je suis, oui simplement au nom de mon père à qui j’ai toujours dédié ma vie surtout lorsque l’étais au 78 rue de Varenne face aux grands appareils syndicaux si prompts à laisser accroire que nous n’étions que des urbains insoucieux du devenir de notre agriculture.  


Pour autant j’aime Paris, j’aime y flâner, y faire du vélo, y vivre ; j’aime tous les coins et les recoins de la France, pour les arpenter et y rencontrer ceux qui y vivent, qui les font vivre ; j’aime traîner mes guêtres dans le vaste monde pour me frotter à tous ceux qui ne sont pas nous mais avec qui nous partageons cette foutue planète ; j’aime la vie que je vis car je la vis au présent, ardemment. Le passé c’est ma mémoire, et par bonheur j’en ai beaucoup. Pour le futur, lorsqu’on atteint mon âge, il se rétrécit mais comme chaque matin je me dis que ce jour est un nouveau jour et qu’une nouvelle chronique se met en ligne j’en conclue « que du bonheur à venir ! » J’exècre l’expression « c’était mieux avant ». Je souris face à l’angélisme de certains défenseurs de la Nature : oui qu’ils étaient beaux et secrets mes prés bas enserrés par de profondes haies mais les petits gars de chez moi avaient-ils d’autres choix que de partir ou de les retourner ces prés et de les shooter au NPK ? Comme PH Gagey je préfère le mot terre à celui de terroir, car lorsqu’elle venait tout juste d’être labourée c’est la vie que j’y découvrais avec tous les « achets » rouge brun qui se tortillaient au sommet des sillons. Alors, et la Terre qui meurt, ou celle qui ne ment pas, ou encore celle d’une soi-disant agriculture paysanne, me hérisse car je lui trouve des senteurs qu’elle n’a jamais eu, celles d’une idéologie « passéiste ».   

 

Voilà, je me suis laissé aller à vous parler de moi mais comme je suis en vacances j’espère que vous me le pardonnerez.

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 08:00

Je suis furax !


Non je ne suis pas un chroniqueur influent !


Si c'était vrai ça se saurait du côté du 78 rue de Varenne... 

 

J’ai trop roulé ma bosse en des lieux dit de pouvoir pour avoir une telle prétention.


Je ne suis qu’une chiure de mouche sur la Toile !


Je ne suis qu’un petit chroniqueur indépendant qui s’amuse à ouvrir des brèches, des fenêtres sûr, rien de plus, rien de moins !


Comme je suis tout sauf modeste ne voyez pas dans cette colère un exercice de fausse modestie destiné à ce que vous protestiez du contraire.


Ceux qui décident, ou qui sont censés décider, se tamponnent largement de mes opinions, de mes humeurs ou de mes propositions. Ils ont mieux à faire que d’être révérant à mon égard ou de m’accorder un quelconque crédit. Comme l’avait claironné un Grand Féodal lors de l’alternance de 2002 « Berthomeau c’est fini... » (J’ai des témoins) et ça s’est vérifié.


Alors pourquoi cette fureur matinale pendant que je coule des jours tranquilles dans une Ile où les Clans sont encore influents ?


Tout bêtement parce quelqu'un, dont je tairai le nom par une forme de compassion, pour justifier une demande, que je me contenterai de qualifier « d’étonnante », m’a fait tenir via une agréable personne, le propos suivant « puisque votre blog est influent j’ai peur qu’un personnage lui aussi très influent (lui très,très influent) prenne ombrage de ma présence sur votre blog et m’associe aux propos vachards tenus par un autre type très connu (je ne donne pas le nom car c'est une réponse à une question du Grand Concours), donc merci de retirer ma belle bouteille du lieu où vous l’aviez posé pour la mettre ailleurs... »


Stupéfait, en état d’attrition avancé, j’ai sitôt renvoyé le flacon dans les ténèbres extérieures !


Comme le dirait le facétieux sicilien Camilleri « faut pas décoconner ! »


« Quand les bornes sont dépassées, y’a plus de limites » dixit Joseph Prudhomme.


Ne me demandez pas d’être plus explicite. Vendre du vin de nos jours n’est pas chose aisée alors je suis en capacité de tout comprendre mais je ne puis entrer dans le jeu du « je te tiens, tu me tiens par la barbichette... » qui a court en notre sympathique « milieu » du vin. Je laisse ça à d’autres soumis aux dures lois du marché : les recettes venant de certaines poches mieux vaut ne pas frapper sur la main qui nourrit. Je n’ironise pas en me drapant dans une virginité ridicule mais tout simplement je profite de l’occasion pour vous proposer un bref traité pratique de l’influence, au ras des pâquerettes...

 

« Avoir le bras long... être le bras droit de... une éminence grise... un faiseur d’opinion... » que sais-je encore, en notre beau pays gaulois rouscailleur et râleur, où l’homme de la rue peste, à juste raison parfois, contre les prébendes, les passe-droits ou les privilèges des gens de pouvoir, il n’en reste pas moins vrai que la culture du piston y connaît encore de beaux jours à tous les étages. Faire intervenir son député auprès du Ministre ou autre autorité publique est un sport national très pratiqué. Publier le florilège des courriers expédiés permettrait de mettre un léger bémol aux protestations outrées du bon peuple qui fréquente le café du commerce. Les réponses aux intéressés sont rédigées par des petites mains des services qui, de temps à autre, se donnent le plaisir d’en envoyer une petite copie au « Palmipède enchaîné » (Cf. celle de refus d’Hervé Gaymard à propos de l’hippodrome de Compiègne).


Certains vont m’objecter que c’est un petit jeu entre gens du même monde. Faux ! Quelques exemples anciens :


1-     L’exemption ou le rapprochement de leur famille des pioupious faisant leur Service Militaire : à la belle époque du SN une cellule de 70 fonctionnaires du Ministère de la Défense était mobilisée sur ce sujet capital qui constituait la 1ière intervention des parlementaires français. C’est fini grâce à Chichi.


2-    Faire sauter les PV : les OP assurant la sécurité des Ministres assuraient discrètement cette fonction très importante car le chauffeur râleur est aussi un électeur. En déclin pour cause d’urgence à faire rentrer du blé dans les caisses et d’informatisation des procédures.


3-    L’attribution de logements sociaux : le temps où Georges Pérol, Ingénieur du Génie Rural, des Eaux et des Forêts, était Directeur de l’OPHLM de la Ville de Paris, fut pain béni au 78 rue de Varenne...


Reste les médailles : c’est un sujet brûlant, chaud bouillant, qui en dit long sur la vanité des hommes et leur perte du sens commun pour la reconnaissance de « leurs mérites » J’ai dressé les listes de demandes de Légion d’Honneur, de l’Ordre National du Mérite et de l’Ordre du Mérite Agricole pour être édifié en la matière. Pour autant, je ne vais pas me gausser puisque j’ai accepté, mais pas demandé, la Légion d’Honneur attribuée par Jean Glavany dans la foulée de mon Rapport. Pour la petite histoire, je fus convoqué au RG de Creil pour l’enquête de moralité et le jeune inspecteur étant un passionné de vins nous avons passé une heure à discuter le bout de gras sur le sujet.


Tout cela est fort insignifiant, écume du jeu social, sans échange monétaire qui ferait déboucher l’influence sur le « trafic d’influence » qui n’est pas mon sujet du jour car il relève lui des tribunaux. Mon propos touche au théâtre du paraître, au miel des tribunes, des invitations, des déjeuners au château, ce merveilleux plaisir de voir son nom cité, en bien évidemment, dans les journaux, à l’encens de ceux qui vous font comprendre que vous êtes quelqu’un d’important, à l’ivresse d’un passage sur un plateau de télévision... j’en passe et des meilleures. Dans notre petit monde du vin je suis toujours émerveillé en contemplant ce spectacle... 

 

Pour clore ce court traité permettez-moi de vous conter l’histoire d’un homme dont toute la vie fut consacrée au dur métier de l’influence, c'était l’un des plus beau carnet d’adresses de Paris, reçu, écouté, bardé tel un maréchal soviétique de toutes les rosettes possibles, discoureur, collectionneur de présidences, quand vint le temps de la vieillesse, lorsque le flux de la marée des courtisans se fit rare, l’homme devint acariâtre, désabusé, radoteur et donneur de leçons, ne supportant pas d'être tombé dans le puits sans fond de l’indifférence de ses contemporains. Triste fin !


Soyez sympa avec moi, merci de me remettre à ma place si je commence à filer ce type de coton ! Du côté de celui qui me donnait une soi-disant importance, une influe, qu'il se rassure  je ne pratique pas le sport favori de certains dans notre petit monde : quand j’aime le vin c’est que j’aime le vin et ce n’est pas son léger dérapage qui m’empêchera de parler du sien en bien !  

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