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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 00:09

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Tous les jours je reçois des messages de ce style :


Bonjour,


Vignoble unique à Bordeaux de par son histoire, sa situation, son climat et l’élégance de ses vins, le Château LCHB, Grand Vin de Graves, fleuron de l’appellation Pessac Léognan écrit aujourd’hui une nouvelle page de son histoire.

Veuillez trouver ci-joint le communiqué de presse concernant le Château LCHB2010.

N’hésitez pas à nous contacter pour toute demande d’informations ou de visuels.

Bonne réception.

Bien à vous.


Et après j’en fais quoi de ça ?


Du copié-collé, pas le genre de la maison, alors en étant très poli des cocottes en papier, en étant très grossier : du PQ…


Vous me prenez pour qui au juste ? Et là je m’adresse aux clients de ces boites de communication qui m’inondent de leurs communiqués formatés… Qu’attendez-vous de moi ? D’être un larbin, je ne le crois pas mais tout de même si vous n’êtes pas capable de prendre en charge votre communication, que vous l’externalisez, de grâce impliquez-vous pour me convaincre. Libre à vous de jeter le peu d’argent dont vous disposez par les fenêtres ou même si vous en avez beaucoup ce n’est pas une raison pour se comporter ainsi.


Je trouve ça triste, surtout lorsque dans le lot il y a des gens que j’aime bien. De grâce réfléchissez une petite minute : soit vous considérez les blogs comme des médias, certes minuscules, vous permettant de toucher un nouveau public de consommateurs et alors ne leur appliquez pas les vieilles recettes, qui déjà sont d’une efficacité très relative auprès des médias traditionnels ; soit vous nous considérez comme de la roupie de sansonnets alors dans ce cas-là  pour ma part je vous demande de me foutre la paix.


Le problème chers vignerons de tout calibre c’est que vos belles agences que vous rémunérez pour soi-disant vous faire connaître ou reconnaître, ne nous lisent même pas et donc ce que je viens d’écrire c’est comme si je pissais dans un violon. Elles disposent d’un fichier et elle balance sans même nous saluer par notre nom et prénom. C’est de l’envoi en nombre qui va direct à la poubelle : no credible…

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 00:09

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Parodiant le célèbre poème “If-” de Rudyard Kipling (1910) dont le titre en français est sa chute, « Tu seras un homme mon fils ! » j’aurais dû le féminiser car les filles font une entrée en force dans l’univers mâle du vin. Cependant, je ne vais pas vous pondre une énième réflexion sur cette arrivée. Mon propos du jour m’est venu dans le TGV qui me menait au Salon d’Angers.


Par la grâce de la réservation en ligne j’étais doté à l’aller d’une place en première, au sous-sol, dans les nouvelles rames à étage. Confort, prise, ambiance feutrée, seule la contrôleuse jurait : voix de stentor, look de gardienne de square (je suis fasciné par les dégaines des contrôleurs et contrôleuses de la SNCF, nous devrions demander à Pepy d’organiser un défilé). J’étais à une place isolée et à mon côté 3 jeunes gens : une fille bien sapée sourire scotchée aux lèvres, un mâle dominant barbu et un mâle soumis avec barbe de 3 jours. Des commerciaux, deux Smartphones chacun, ils se rendent à Nantes et causent boulot. Je perçois des bribes de leur conversation menée par le mâle dominant, assez satisfait de lui, les autres rient de concert à ses saillies. J’ai du mal à comprendre ce qu’ils vendent mais le dominé ouvre son ordinateur pour montrer à ses collègues une présentation PowerPoint. Là je découvre que ces jeunes gens bossent pour TRECA

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Et là dans ma vieille cervelle de Taulier une question jaillissait : comment peut-on  se passionner lorsqu’on est jeune pour la vente de matelas ? D’où, pour introduire mon jus de tête, la grosse vanne estampillée Almanach  Vermot : – Comment vas-tu yau de poêle?

– Et toile à matelas?


En effet, depuis que je blogue, soit plus de 8 ans, j’en ai croisé des jeunes, des petites louves et des petits loups, et j’en croise encore, qui  m’ont confié leur passion pour le vin. Rien de très original à cela, sauf que ces jeunes voulaient vivre leur passion en consacrant leur vie professionnelle au vin. Fort bien, devenir vigneron ou vigneronne, ce n’est pas simple mais c’est du domaine du possible même si l’on n’est ni héritier, ni d’une famille vigneronne. Mais ces enthousiastes, ces passionnés, et ce n’est pas médire d’eux, ne se voyaient pas vraiment dans les vignes ou dans les chais mais à s’occuper du vin fait. Fort bien, faire du commerce, acheter pour revendre, c’est un métier qui peut s’exercer avec passion, même d’une certaine façon avec un zeste de militantisme, mais pour en vivre vraiment, pérenniser une petite entreprise il faut trouver une réelle chalandise qu’elle soit au coin d’une rue ou sur le Net.


Mais, tout à côté de ces métiers traditionnels, se loge ceux qui se rassemblent dans le grand fourre-tout des services : les conseilleurs de tous poils, les communicants, les attachés de…, les animateurs, les blogueurs qui veulent rendre des services payants… Là c’est l’océan rouge, tout le monde se bouscule, s’agite, chalute, et pour l’heure ceux qui cherchent ce type de services ne savent plus où donner de la tête. Nous sommes dans une phase de surabondance d’offre face à une demande dont la solvabilité est liée à la production de vins qui ne passionnent pas les passionnés.


Contrairement à mes jeunes vendeurs de matelas TRECA du TGV nos petits loups et louves passionnées de vin, eux, ne se voient pas, dans leur grande majorité, se mettre au service de Pierre Castel ou de Joseph Helfrich, d’une grosse Union de Coopé… Reste le haut du panier : les GCC, les belles maisons bourguignonnes et autres, les grandes marques de champagne, mais là il va leur falloir souvent mettre un grand mouchoir sur leur passion pour se mettre au service exclusif de la maison. C’est le lot de la plus grande majorité des salariés que de se retrouver glissés dans un costume un peu étriqué.


En écrivant cela je ne joue pas les rabats joies, ni le vieux sage qui cherche à doucher l’enthousiasme de jeunes pousses pleines d’ambition et de passion. Simplement je tente d’expliquer à celles et ceux qui m’interrogent que le monde du vin n’est pas un eldorado où il suffit d’entrer pour gagner sa vie en vivant une passion. Beaucoup d’appelés peu d’élus, car si l’accès est beaucoup plus facile qu’autrefois, par le biais des nouveaux médias numériques où les jeunes excellent, la rémunération des services rendus est beaucoup plus difficile car « la gratuité » du Net met à mal les médias traditionnels et ne permet pas aux nouveaux de se trouver un modèle économique pérenne. Vivre de bouts de ficelle, se débrouiller, profiter de la relative incompréhension du système par ceux qui expriment des besoins : accès au marché, recherche de notoriété, positionnement… pour ramasser des miettes…etc. ne durera qu’un temps.

 

Les temps sont difficiles car le modèle économique de notre vieux monde a atteint un degré de maturité tel que la contradiction entre une consommation à tout va, au moins cher du moins cher, et une désindustrialisation qui en est la conséquence directe : faire produire ailleurs ce que l’on consomme brise des emplois qui ne sont pas compensés par l’émergence de ceux dit des services. Les émergents, les ADPIC, génèrent eux une croissance débridée créatrice d’une grosse classe moyenne avide de consommer comme nous et de nouveaux riches boulimiques de luxe et d’ostentation. Pour le vin, notre marché domestique est pauvre : prix bas, absence de stratégie des leaders du marché, émiettement, promotion presqu’exclusivement collective via les interprofessions, concurrence inter-régions,  arrivée massive de petits vignerons sur le marché, ce qui ne permet pas de générer des flux financiers en capacité de développer un véritable rebond de la consommation à moyen terme. Tous nos petits loups et louves nagent ainsi dans l’océan rouge français et s’ils souhaitent faire leur vie professionnelle dans le vin il va leur falloir vivre avec une valise à roulettes et internationaliser leur activité. Les blogs sans une extension anglaise et en mandarin n’ont aucun avenir. De même pour les fournisseurs de services en tout genre, une remise en cause de leurs pratiques est nécessaire car je doute fortement de l’efficacité de celles qu’ils vendent à leurs clients : déjeuners de presse, communiqués de presse, voyages de presse etc. Quant aux stratèges, aux marqueteurs, aux conseilleurs en réseaux sociaux, je préfère me taire car mes mots risqueraient de dépasser ma pensée.


Demain je me laisserai aller sur ce thème, à bientôt donc sur mes lignes… Si ça vous chante lisez ou relisez la version française du poème de Kipling dans sa traduction d’André Maurois.


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Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir ;

 

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,

Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,

Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre ;

 

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter des sots,

Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles

Sans mentir toi-même d’un mot ;

 

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,

Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

 

Si tu sais méditer, observer et connaître,

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,

Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,

Penser sans n’être qu’un penseur ;

 

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peux être brave et jamais imprudent,

Si tu sais être bon, si tu sais être sage,

Sans être moral ni pédant ;

 

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront,

 

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tous jamais tes esclaves soumis,

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire

Tu seras un homme, mon fils.

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 14:00

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Le gros livre rouge Le Who’s Who in France est plus connu en France sous le nom de Who’s Who. Créé par Jacques Lafitte en 1950, est un dictionnaire biographique qui répertorie les personnes qui comptent en France, en affirmant se fonder sur 4 critères : « la notoriété, l’honorabilité, le mérite et le talent [qui] contribuent à l’activité et au rayonnement de la France ». Il est actuellement présidé par Antoine Hébrard.


La rédaction du Who’s Who établi chaque année une liste de personnalités représentatives de l’actualité politique, économique, scientifique, culturelle ou sportive qui  font l’objet d'un examen par un comité de sélection qui juge de l’intérêt des celles-ci ainsi que de la pérennité des carrières. Le sélectionné reçoit alors un « dossier biographique » à compléter. La majorité accepte mais certains refusent d’y figurer. Chaque année, selon la rédaction du Who’s Who, environ 1000 personnes entrent et 1000 sortent de ce livre rouge. On ne paie pas pour entrer dans le Who’s Who.


Le WHO’S WHO International Vins&spiritueux qui, il y a 20 ans, créait l’évènement en regroupant dans un ouvrage de référence les bios des gens du vin est de retour. Comme le secteur a changé de nouvelles tronches de cake vont faire leur entrée : les bloggeurs tout particulièrement. Il paraîtra en  avril 2013 en français et en anglais et les données seront accessibles sur le site payant www.winewhoswho.com


Bref, mon petit doigt me dit que ceux qui y seront déclareront qu’ils y sont à l’insu de leur plein gré et que ceux qui n’y seront pas c’est parce qu’ils auront refusé. Qui vivra verra. Ego quand tu nous tiens tu ne nous lâche pas…


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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 00:09

Je trouve cette affirmation générique stupide, bien dans l’esprit du temps, simple pendant à ceux qui affirment que le dit vin est mauvais pour la santé. C’est quoi la santé au juste ? L’OMS répond que c’est « un état complet de bien-être physique, mental et social ne se caractérisant pas uniquement par l’absence de maladie ou d’infirmité. »


C’est large. C’est vaste. La santé s’est maintenant promue en style de vie, elle est vendue comme le sont aujourd’hui la plupart de nos actes quotidiens. Pour s’en convaincre il suffit soit de pousser la porte d’une pharmacie où le marketing santé oriente ou même pousse à la consommation, soit de contempler les présentoirs de magazines qui regorgent de publications sur la dite santé. Le marché de la santé, comme le marché des biens domestiques, s’étend, propose toujours plus.


Comme l’écrit Georges Vigarello dans Histoire des pratiques de santé « Le processus de civilisation déplace depuis longtemps les frontières entre le supportable et le non-supportable, approfondissant le sensible, rendant moins tolérés des « mal être » auparavant acceptés. L’exigence n’est pas nouvelle. Elle s’est à coup sûr intensifiée. »


Et de citer pour souligner ce phénomène l’accélération des maladies déclarées par les personnes interrogées : il s’était accru de plus des ¾ entre 1970 et 1980. On passait de de 37 637 maladies déclarées à  60 058 soit 1,62 maladie par personne à 2,28. Chiffre sans grand rapport avec les affections réelles. La France n’était pas plus malade en 1980 qu’elle ne l’était en 1970. Bien au contraire puisqu’u cours de la même période l’espérance de vie était passée de 76 à 79 ans pour les femmes, et de 68 à 71 ans pour les hommes. La tendance s’est accélérée, intensifiée depuis car la vigilance sur soi s’est accrue comme s’est déplacée la frontière entre santé et maladie.


En effet, nous sommes entrés dans l’ère des exigences du « mieux être » car « c’est le thème du plaisir que manie la rhétorique sanitaire : « choisissez de vous faire du bien », cet été réveillez vos sens », « mariez plaisir et bien-être ». Il y a un versant hédoniste, bien sûr, dans cette insistance à « jouer la carte du bien-être ». Vigarello note « C’est le triomphe d’un individu plus indépendant, plus narcissique sans doute, comme d’innombrables textes l’ont souligné dans les années 80, le renouvellement de l’investissement sur le corps s’est imposé comme une vérité d’autant plus tangible que sont tombés les « au-delà », ou que se sont effacés les « grands messages ». la chute des transcendances, politiques, morales, religieuses, renforce cette importance de la conscience corporelle : mieux s’éprouver, accroître le registre des sensibilités, ne pas vieillir. Elle suggère l’investissement physique comme une ressource ultime, de durée, de certitude, d’engagement très personnalisé, installant une maîtrise de soi totalement traversée par l’attention au physique et à son immédiateté. »


La dictature de la minceur en est le plus bel exemple conjuguée avec l’efficacité, la performance « Nous vivons dans un monde impitoyable où être le plus fort, le plus débrouillard, le plus malin, le plus rapide, mais aussi le plus résistant est devenu une condition nécessaire sinon suffisante pour exister, pour réussir ou plus simplement pour tenir » La pression grandit pour une promotion de chacun : le fil des réseaux sociaux le montre chaque jour de plus en plus avec une inexorable fuite en avant sans beaucoup de débouchés concrets. Le gagneur, même s’il est un peu moins flamboyant avec les dérives des faiseurs de fric d’un seul petit clic, reste la référence y compris chez les petites louves et les petits loups qui s’affichent « rebelles ».


Le vin dans cette quête a un statut ambiguë car il est tout à la fois vecteur de plaisir, de bien-vivre, marqueur social de réussite mais aussi un « risque » que les faiseurs de forme agitent sous le nez de la nouvelle race des winner (l’utilisation de l’anglais sur Twitter me fascine, elle est souvent inversement proportionnelle à la réalité du statut de celui qui l’utilise comme langue véhicule). L’apport énergétique est un indice du sain et du malsain. On associe la basse énergie alimentaire conjuguée à une haute dépense énergétique : le cas de notre ancien président de la République reflétait bien cette obsession : pas de vin, une lutte contre son addiction au chocolat, ses joggings permanents…


Un nouveau modèle s’est donc imposé, où les critères subjectifs de santé sont dominants : celui d’un corps directement connecté et alerté par ses sensations, machine informationnelle aux circuits maîtrisés. L’ « écoute des sens » appuyé sur la vérification via le Net : on sait tout sur tout avant même la consultation médicale. « Prendre conscience de son corps avec toutes ses articulations pour qu’il puisse s’exprimer librement. »


Pour moi le vin se situe dans un espace de liberté, sous l’exigence de la responsabilité personnelle, loin très loin des engeances qui s’autoproclament gardiennes de ma santé, de mon mieux-être et de ce fait je banni celles et ceux qui jouent sur les peurs, y compris les défenseurs des vins propres. Le combat pour la durabilité de notre planète vaut mieux que les bisbilles entre maîtres de chapelles.


Dernier point, et il est fichtrement d’actualité avec le médicament Diane 35 : « L’ANSM a réévalué le bénéfice/risque de Diane 35 dans sa seule indication autorisée : le « traitement de l’acné chez la femme. L’efficacité est modérée et ne s’observe qu’après plusieurs mois de traitement », précise l'Agence. Elle ajoute : « De nouvelles données démontrent notamment un risque thromboembolique veineux quatre fois plus élevé que celui des femmes qui ne prennent pas ces traitements. Il existe par ailleurs des alternatives pour le traitement de l’acné. Dans ce contexte, l’ANSM considère que le rapport bénéfice/risque de Diane 35 et ses génériques est défavorable dans le traitement de l’acné.»


« La santé consommée promeut aussi ses pharmacologies incontrôlées… »

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 00:09

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Ce qui me fascine dans le micro-débat qui agite en ce moment la petite bassine de l’Internet du vin à propos des vins dits « nature » c’est que chaque camp dégaine au final l’argument fatal censé tuer le match, comme disent les commentateurs sportifs, mettre les adversaires plus bas que terre : le sectarisme. Pour un vieux routier comme moi ça en devient risible car, en ce domaine, le je ne vous fréquente pas, je ne me mélangerai jamais avec vous, le je ne boirai jamais de ce type de vin sont des attitudes largement partagée par les leaders charismatiques des deux camps. Oui, je l’affirme, parmi les minoritaires de toutes les chapelles y’a les pires sectaires, tout comme chez les majoritaires le modèle déposé du type Allègre est très développé. Tout ce beau monde est à chier et me fait chier. Me gonfle. M’horripile. Me prends la tête. Le ce n’est pas moi c’est l’autre qui a commencé nous amène dans la petit cour de récréation ou pire dans la basse-cour pleines de petits coqs vindicatifs.


Pour autant, je ne fuis pas la question de l’innocuité ou de la toxicité des substances utilisées, les produits phytosanitaires, les pesticides, insecticides, désherbants, traitements pour la vigne et les produits œnologiques pour l’élaboration du vin. Il s’agit alors d’aborder de difficiles problèmes de santé publique, celle des viticulteurs eux-mêmes, de leurs voisins, des consommateurs, de protection de l’environnement, de la qualité des eaux, d’impact carbone etc. mais surtout pas de jouer dans la cour des excellences du goût qui notent les vins pour le microcosme du vin. Alors Pierre Guigui contre Bettane ou le patron de la FNSEA contre Bové, ça fait peut-être du buzz, surtout pour les deux derniers, mais ça ne fait guère avancer les choses.


Loin de moi de jouer les pères la rigueur, mais lorsque Pierre Guigui dans un bel élan s’emporte en empruntant le dur sentier de la morale, j’ai un peu de mal à le suivre. Libre à lui, et c’est tout à son honneur de s’engager aussi clairement, mais en cela il participe gentiment à la confusion générale (à lire chez Vindicateur).link

  

Que dit Guigui ? « 60% des vins sont la honte de la production française, et les 200 cuvées «nature» posent problème ? C’est à mourir de rire. »


Non Pierre reste avec nous car ensuite tu t’aventures sur un terrain encore plus mouvant : celui de la qualité des vins.


« Et la qualité des vins ? Plus personne ne conteste le fait que, parmi les meilleurs vins de France, figure une proportion très importante de bio. Une proportion qui dépasse leur représentativité dans la production globale. »


Là, comme Michel Bettane dans l’autre crèmerie pour son propre argumentaire, Pierre tu te contentes d’avancer un % invérifiable. D’où tu sors ça ? De ton expérience personnelle, d’une étude, par ailleurs infaisable, non, alors ce n’est qu’une pétition de principe sans fondement qui ne fait guère avancer le débat vers la qualité des arguments. Come ton 60% trouve sa source surtout dans les grosses sources, allez je suis sympa je cite des noms pour t’aider : à Bordeaux, dans l’IGP Oc, dans les Côtes de Gascogne, dans l’IGP Ardèche, dans le cabernet d’Anjou, dans la Champagne, dans les vins pour faire du Cognac etc. Mais là ça risque de fâcher.


Revenons à ton sujet, comme tu es plus fan du bio et de la biodynamie que du nature, à chacun son pré-carré, tu te rattrapes aux branches « Mais là n’est plus le débat, il est aujourd’hui focalisé sur les vins dits « nature ». Que sont-ils en fait ? Moins de 0,1%, appréciés par quelques jeunes consommateurs qui s’écartent de la masse, de la vague gigantesque, du tsunami déferlant de vins sans âme, sans identité, sans aucun intérêt, qui sont la honte des vins français. »


Belle envolée Pierre : la masse, la vague gigantesque, le tsunami déferlant de vins sans âme, sans identité, sans aucun intérêt, qui sont la honte des vins français. Bravo ! Tu appuies là où ça fait mal à ton avis « Et là il ne s’agit plus de 100 ou 200 cuvées, mais bien de milliers et de milliers de vins qui représentent plus de 60% de la production. Des vins produits bien souvent de façon intensive et industrielle. » Puisqu’en ce moment les agriculteurs votent, donc les viticulteurs aussi, tu devrais Pierre prendre ton bâton de pèlerin pour porter la bonne parole à la coordination rurale, au couple FNSEA-CNJA et bien sûr à la Confédération Paysanne. Convaincre en leur disant « les gars vous êtes des producteurs de vins de la honte : changez ! »


Pas sûr que tu fasses un grand succès car, à partir de ce constat là on fait quoi, tu fais quoi, cher Pierre Guigui ? Tu te lances : «Quelles sont les vraies questions à se poser ? Où sont les vrais problèmes ? » La pollution provoquée par le mode de production des bio ? La qualité des 200 cuvées « nature » ? Non, ce débat est partisan et ne s’en prend qu’à la minorité. Un débat peu argumenté, fondé sur des aprioris, des impressions, et surtout une bonne dose de sectarisme.» le mot  choc est lâché.


Fort bien mais, si je suis en total accord avec toi sur l’insignifiance du débat qui intéresse tant celui qui accueille tes réponses, tu en restes là. Sans doute me rétorqueras-tu que ce n’est pas ton job que d’aborder les questions de fond qui ne t’apporteraient que des plumes et du goudron. J’ai déjà entendu ça en 2001 et pourtant on ne fait bouger les lignes en ne balançant que des jugements moraux ou des diatribes. Ton constat est incontestable : « 95% de la viticulture pollue avec pas moins de 10000 tonnes de matières actives.


« La viticulture représente 2,6% à 3% de la surface agricole et utilise 20% des produits phytosanitaires (source INRA). »


« Si la bio n’utilise pas de produit chimique de synthèse, elle utilise du cuivre. Certes polluant, il est réglementé et limité à 6 kg hectare/an au maximum. »


« Ne parler que de la pollution induite par 4000 producteurs (certifiés et non en conversion) utilisant 6 kilos de cuivre an/ha (au maximum), c’est taire que 95% de la viticulture pollue avec pas moins de 10000 tonnes de matières actives (Union des industries de la protection des plantes), mais aussi, bien souvent, un ou deux passages de cuivre/soufre par an en plus.»


« C’est oublier de dire que l’on trouve des résidus de pesticides dans 96% des eaux superficielles et dans 61% des eaux souterraines (Institut français de l’environnement). »


Que faire et surtout comment faire ?


J’entends ta réponse : c’est aux politiques de faire. Oui mais aborder la question de cette façon en stigmatisant les gros, sales et méchants, est le meilleur moyen de freiner le mouvement. Va donc avec Antonin faire un petit séjour au 78 rue de Varenne et vous aurez une petite idée des difficultés à faire bouger les lignes. Bien sûr, la radicalité est bien portée en notre cher pays, surtout chez Antonin, mais elle n’est que trop souvent une posture facile qui évite de se taper le cambouis. Les minorités agissantes, l’avant-garde de la classe ouvrière aujourd’hui vigneronne, ça fait plaisir mais ça ne donne pas beaucoup de résultats. Pour autant, je ne suis pas en train de justifier l’immobilisme, bien au contraire, mais je plaide pour un cessez-le-feu généralisé entre les parties. Que tout le monde sorte de sa casemate, grande ou petite, cesse de se balancer des horreurs à la gueule, se respecte a minima, ne se drape pas dans sa dignité outragée, afin d’avancer vers une viticulture de plus en plus propre, des vins dénués d’artifices, des vins sains, des vins simples, authentiques, sympathiques… achetables aussi… Une dernière question Pierre Guigui que fait-on de ceux qui produisent les Vins de la Honte française, ces 60% ? On ferme leurs boutiques comme à Aulnay-sous-Bois ou à Amiens-Nord ? J’avoue que je ne sais pas que faire et je me pose aussi la question : mais quels sont les abrutis qui les boivent ces 60% de vins de la honte ? Putain si on les fout au caniveau ces vins honteux ça va faire baisser durement la conso par tête de pipe. Et si je te suis bien Pierre ces honteux on les trouve dans toutes les catégories y compris les dit Grands. J’espère ne pas les retrouver dans le Guide.


Voilà c’est dit Pierre, comme je me rends lundi à l’inauguration du salon des vins de Loire je me ferai ton porte-parole : statistiquement y aura bien un beau % de vins de la honte à Angers. Certes il y aura les off pour rattraper le coup… mais ça ne fait pas le compte tout ça. Bonne dégustation Pierre moi ce que je dis c’est pour de rire et je ne souhaite pas te voir mourir de rire.


Pour retomber sur mes pattes je vous livre une citation de l’Encyclopédie méthodique de 1789 que j’ai découverte dans le livre de Georges Vigarello Le Propre et le Sale au chapitre la nature et l’artifice à propos de la chimie qui viendrait secourir la nature. Elle est péremptoire « La plupart des fards sont composés de minéraux plus ou moins malfaisants mais toujours corrosifs, et de funestes effets sont inséparables de leur usage. »

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 00:09

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Chez les Godart on est aviculteur, à la ferme des Grands Champs, en Dordogne, de père en fils depuis 1928 link. C'est sans doute pour cela que Fleur Godart, la fille d'Étienne, n'est pas avicultrice – je plaisante bien sûr – mais éleveuse de vins – je plaisante toujours car elle fait plutôt vendeuse-livreuse-diseuse de belles quilles sur son scooter parisien. Qui c'est cette Fleur ? Tout le monde connaît Fleur dans le Terroir Parisien. Elle n'oublie pas son papa en prospectant les bons bistros, pour parigots tête de veau, afin d'y placer les volailles de Qualité Fermière de la Ferme des Grands Champs. Comme je suis un bon zig je vous filerai la liste des meilleurs en fin de chronique.

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Papa Godart m'écrit très régulièrement car je suis un vieux client. Ainsi le 24 janvier sa lettre embraye direct sur les chapons et ce qu'il dit est intéressant pour les petites louves et les petits loups des villes qui ne sont pas capables de distinguer une poule d'un poulet. « Le chaponnage n'a pas pour but de faire grossir les animaux. Les poulets chaponnés sont gros car ils sont âgés. Un poulet « entier » au même âge est un peu moins lourd, mais c'est parce qu'il est plus actif, il se bagarre, galope les poules. Le chaponnage n'est pas un acte magique qui fait enfler les animaux. C'est plutôt pour changer la répartition chair/graisse : on obtient des « infiltrations graisseuses », donnant une chair persillée : une viande tendre sans être trop grasse. Cette précision pour expliquer la très faible différence de poids entre les pintadons (pintades-chapons) et les pintades qui ne grossissent plus guère après 4-5 mois. Pourquoi ne vend-on pas de poulets aussi âgés que les chapons ? A partir de cet âge-là, ils deviennent trop fermes pour les rôtir et sont agressifs dans les poulaillers. A la naissance, ils sont aussi nombreux que les femelles, mais adultes, ce sont de sacré coureurs de jupons puisqu'il leur faut 7 à 8 poulettes pour les satisfaire ! Donc, ils sont en surnombre et se battent ».


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Précision le poulet « entier » n'est pas le total de 4 cars de poulets, désolé Manuel je vais avoir les syndicats de la PP sur le dos. En ce qui concerne le côté volage des poulets entiers, leur insatiable ardeur sexuelle, leur agressivité, ça c'est la nature alors on chaponne (ne pas confondre avec chaperonner, car ça c’est pour les petites dindes, les oies blanches mais pas pour les petites poulettes). Trêve de plaisanterie de corps de garde revenons au chaponnage. Pour édifier les jeunes générations je livre les explications de l'Union des Aviculteurs vendéens sur la question à la fin de ma chronique.


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Le chapon, vous me direz c’est pour les fêtes de fin d’année mais mieux vaut tard que jamais car, comme mes chroniques vivent leur vie de façon quasi-éternelle, contrairement au papier journal dont le destin est plus fatal (je n’ose pas vous dire lequel), vous pourrez vous y référer. Sur le tarif de papa Godart on trouve :


-        Chapon au lait 15,40€ le kg

-        Chapon loupé au lait 11,80€ le kg

-        Pintadon (nov. et déc.) 30,00€ pièce

-        Dindon-Chapon (nov. et déc.) 8,20€ le kg


La volaille d’Étienne Godard est mieux que fermière : « l’aliment est fabriqué sur place et le maïs (sans OGM) vient d’un voisin. Les volailles sortent à partir de 10 semaines. L’âge étant le facteur primordial pour le goût, nos poulets sont sacrifiés qu’à partir de 15 semaines (11 en industrie fermière label). Nos volailles sont produites sur l’exploitation depuis « l’adolescence » (pintade, lapin, canette, oie) ou la naissance (autres volailles). » Les animaux sont abattus dans l’abattoir agréé de la ferme des Grands Champs.


Pour les parisiens ou franciliens qui souhaiteraient acheter une des petites bêtes d’Etienne Godart ils pourront se rendre au marché des Enfants Rouges 39 Rue de Bretagne  75003 Paris, les 2 et 3 février, les 23 et 24 février, les 16 et 17 mars, les 6 et 7 avril, les 4 et 5 mai, les 18 et 19 mai, les 1 et 2 juin, et les 8 et 9 juin 2013. Et aussi aux manifestations ci-dessous.


Champagne-040.JPGChampagne-042.JPG

Du côté préparation du CHAPON pour moi c’est Simple c’est Nature sans aucune adjonction de matière grasse :


-        Rôti

-        A l’étouffé en cocotte

-        En croûte de sel.

L1000445

Du côté boisson je me tourne vers Fleur et c’est aussi nature : « je bois volontiers un joli chenin de Loire (Domaine les griottes, cuvée Navine, riche et tendu à la fois, légèrement oxydatif  ou un maccabeu, celui de Cyril Fahl au Clos du rouge gorge est mon préféré »

 

FHAL Cyril 6 place Marcel Vié 66720 LATOUR DE France

04 68 29 16 37

06 31 65 25 89

cyrilfhal@gmail.com

 

Domaine des Griottes  Saint Lambert du Lattay link

Tél. 06 82 56 80 75

Tél. 06 82 00 32 67

la-navine.800.jpgclos-rouge-gorge-blanc.jpg

Le chaponnage:


« Chaque région de France possède des élevages qui élèvent des volailles toute l'année et des chapons pour les fêtes: les gélines de Touraine, les volailles des Landes, de Bresse et la noire de Challans et j'en oublie certainement. Dans les métairies, l'élevage des chapons faisait partie des traditions et était réservé aux repas de fêtes. C'est au XIXe siècle que le commerce des chapons se développe parallèlement à la naissance des recettes gastronomiques traditionnelles. Maintenant c'est des milliers de chapons qui sont élevés tous les ans ,élevés au maïs qui leur donne leur saveur. La plupart des éleveurs de ces races originales produisent des volailles de grande qualité dont l'élevage a fait l'objet de soins attentifs.


Qu'est-ce que qu'un chapon ? C'est un poulet que l'on a châtré et qui n'est élevé que pour sa chair. Car poulets et chapons proviennent des mêmes souches. L'opération qui consiste à lui ôter les testicules, appelée le chaponnage, doit être faite avec beaucoup d'attention, lorsque le poussin est âgé de 9 ou 10 semaines. Pour pratiquer cette opération, il convient de choisir l'époque de l'année qui correspond au repos relatif des organes sexuels, c'est-à-dire en septembre pour les coquelets et à la fin de l'automne pour les coqs adultes. Quelques connaissances anatomiques doivent tout d'abord être exposées. Les glandes génitales sont situées dans la cavité abdominale, au-dessous de la colonne vertébrale, en arrière des poumons et en avant de la partie antérieure des reins, qui chez les volailles forment deux languettes aplaties, irrégulières, prolongées de chaque côté de la colonne vertébrale jusque dans le bassin, ou cavité pelvienne. Ces glandes, dont le volume varie d'un pois à celui d'un gros haricot, sont presque en contact l'une de l'autre. Le mode opératoire: le poulet préalablement mis à jeun depuis 24h ,est tenu couché sur le flanc , pattes attachées et l'aile soulevée, enlever les plumes au niveau des côtes, mettre de la Bétadine (diluée avec de l'eau) l'incision de 2 à 3 cm est faite entre les 2 dernières côtes, à l'aide d'une lampe frontale et d'une pince à caster et d'un écarteur, nous arrachons délicatement le testicule. Nous rapprochons les lèvres de la plaie sous l'aile au moyen de 2 points de suture, puis l'application de la Bétadine sur la plaie. Nous pratiquons la même opération de l'autre côté pour ôter le testicule opposé. Après l'opération, isoler les chapons dans un local clos où ils seront à l'abri des attaques des coqs de la basse-cour. Supprimer les perchoirs pour éviter qu'ils ne fassent des efforts qui pourraient nuire à la cicatrisation de la plaie du flanc; leur donner une alimentation peu consistante, telle que pain délayé, pâtée de son ou de farine, et de l'eau pure à discrétion. Surveiller 1 à 2 jours, si ils ne sont pas gonflés, autrement avec une aiguille percé légèrement sous l'aile et appuyez sur l'abdomen pour faire sortir le gaz. 8jours après, ils pourront, sans inconvénient, rejoindre la basse-cour.


A la suite de ce chaponnage, le jeune chapon perdra sa voix et sa crête ne poussera plus. Durant 10 semaines les jeunes poussins et leurs futurs chapons mènent la même existence. Ils grandissent en toute liberté en attendant la castration sur un parcours au sol de 3 à 4 m2 par sujet. Entre la 6e et la 10e semaine, le poulet est castré chirurgicalement; il est interdit de parcours 2 jours avant et 6 jours après. En perdant ses testicules, il perd son caractère mâle: crête et barbillons ne pousseront pas et il va se conduire comme une poule avec les poussins.

Les chapons sont ensuite remis en liberté sur des parcours à raison de 10 chapons/ m2 jusqu'à 115 jours et ensuite 5/m2 pour les 4 dernières semaines dans un bâtiment. A partir du 29 e jour, la nourriture est faite de 85% de céréales: maïs, farine de luzerne et de produits laitiers. Autrefois, le chapon élevé en épinette (cage de bois montées sur pied et divisées en compartiments, ces cages sont installées dans une salle sombre et calme, à proximité du foyer) était nourri à l'herbe et au froment concassé mélangé au lait entier de vache. La durée totale d'élevage est d'au moins 150 jours. A ce terme, le chapon pèse 3.5 kg et sa chair est blanche et savoureuse. Abattu, puis plumé à la main, à l'exception d'une collerette en haut du cou, la tête et le corps sont préparés: la collerette, le cou, la tête, les ergots sont nettoyés. L'opération suivante est le roulage: on enveloppe le corps du chapon jusqu'au cou dans une toile de lin, de chanvre ou de coton que l'on coud serré ce qui permet aux graisses de se répartir autour de la chair et à l'air contenu dans la bête de se vider assurant une conservation optimum. Le chapon ainsi bridé est suspendu 1 ou 2 jours, puis la toile retirée. Le chapon a maintenant cette forme d'obus si caractéristique, d'une belle couleur blanche, ailes et pattes incrustées dans le corps. L'ensemble des différentes opérations: castration, alimentation, vie à l'air puis confinement, la croissance lente, l'âge de l'abattage et le roulage confère à la chair abondante du chapon, une texture moelleuse et fondante, un persillé provoqué par une infiltration régulière de la graisse dans les tissus, une viande juteuse et très gouteuse. A nulle autre pareille. »

 

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 00:09

Même si ça ne se voit pas à l’œil nu, si ça ne vous saute pas à la tronche, vu ma dégaine de gandin avec ses écharpes pétantes de couleurs vives, ses beaux souliers, j’ai bénéficié d’un élevage 100% naturel entre les hauts buissons du bocage de ma Vendée crottée qui cernaient de gras pâtis où paissaient les vaches du pépé Louis. Pour être naturelles elles étaient naturelles les prairies qui descendaient mollement jusqu’aux rives de l’Auzance. À part la bouse de vache des vaches et leur pisse chaude l’herbe qui y poussait ne vivait que de soleil et d’eau fraîche. Faut dire qu’ils étaient beaux les pâtis du pépé Louis, indemnes de chardons, parfois piquetés de petits rosés bien blanc (je n’ai pas forcé sur la bouteille, il s’agit de champignons), pleins de pâquerettes et de boutons d’or. L’été, avec les frères Remaud, nous allions pisser dans les trous des Cri-Cri pour les faire sortir de leur tanière. Au printemps le beurre de la tante Valentine était jaune bouton d’or et la crème fraîche sortie de l’écrémeuse toute mousseuse avait gout de noisette en été lorsque les vaches avaient moins de lait et sentait le foin en hiver lorsqu’elles se prélassaient bien au chaud à l’étable.


La nature nous ne savions pas ce que c’était au juste car c’était notre champ libre où nous montions aux arbres, bâtissions des cabanes au cœur des épais buissons. Nous nous goinfrions de fruits sauvages ou de ceux du jardin jusque parfois à attraper de belles chiasses. Nous croquions de l’oseille et mangions des navets pour faire passer le goût des P4 (cigarettes de marque Parisienne vendues en paquet de 4) afin que nos mères à l’odorat affuté ne soupçonnent pas que nous avions transgressé leur interdiction.  Tout ça poussait tout seul ou presque. Mémé Marie sacrifiaient d’une main ferme : poulets, poules, canards et lapins. Je ramassais chaque soir dans les buissons les œufs de nos poules vagabondes. On tuait le cochon. J’en avais marre de bouffer des haricots verts mais j’adorais le temps des asperges. Le poisson frais venait tout droit des Sables d’Olonne et les coquillages nous allions les ramasser sur la côte sauvage. Oui nous étions nous aussi des sauvages même que nous nous lavions dans la buanderie dans la grande bassine qui servait à Alida Cantin à faire la lessive de notre linge.


Restait les vignes du pépé Louis qui m’ont toujours semblé être le cadet de ses soucis. Le cousin André Neau assurait la taille. Avec le pépé Louis et Nénette, la jument, un petit coup de charrue vigneronne de temps en temps et je crois bien que c’était tout. Ce dont je suis sûr c’est qu’il n’y avait au Bourg-Pailler aucun appareil de traitement sauf  un pulvérisateur à dos pour sulfater la treille. La vigne poussait toute seule. Nous la vendangions quand mon père trouvait le temps, et il n’en avait guère mon pauvre père avec son entreprise de travaux agricoles et de battages. Les paysans sont jamais contents alors comme clients c’étaient la croix et la bannière. Nous possédions un pressoir mobile que l’on plaçait sur le trottoir au bord de la nationale devant la maison et j’adorais le cliquètement lorsque les hommes actionnaient avec une grande tige de fer la roue qui s’enroulait sur la vis sans fin pour presser le raisin. Le jus coulait dans un grand bac de bois et il fallait actionner la pompe à bras pour que le gros tuyau qui plongeait dans la mousse aspire et refoule le mout dans les barriques. Il allait bouillir.


Le vin du pépé Louis était 100% nature dans sa fabrication sauf que, bien sûr, le pépé méchait à mort la futaille. Bien sûr vous allez me dire que le vin nature du pépé Louis issu de vils cépages sur des terres grasses n’était qu’une horrible piquette. J’en conviens aisément mais permettez-moi de vous dire avec un grand sourire que je lui garde une large place dans mon cœur et ma mémoire de sauvageon vendéen. Tout ça pour vous dire, pour dire, surtout à ceux qui ironisent sur les déviances des jeunes amateurs de vin nature, que tous les chemins mènent au vin, même ceux qui ne sont en apparence des chemins de traverse. De grâce messieurs les grands prêtres laissez à tous et à chacun ses expériences, ses transgressions, ses folies, et surtout ses envies de boire ce que bon lui semble car, à force de gloser sur les grands vins à tout bout de champ vous en devenez très chiant.


Le vin posé sur un piédestal n’est pas dans ma culture, tout comme l’adoration de la haute cuisine, ce qui ne signifie pas pour autant que je n’apprécie pas certains de ces vins qualifiés de grands ou beaucoup de ces mets raffinés. Dans nos micro-débats règne une grande confusion intellectuelle : de qui et de quoi parle-t-on en se contentant de se balancer des horions ? De tout et du contraire de tout et surtout pour beaucoup d’amateurs rien que du vin. Pour eux ce qui compte c’est la fin peu importe les moyens. Cette opinion dominante régresse sous la pression non seulement des défenseurs patentés de l’environnement mais d’une part  de plus en plus importante de l’opinion publique. Les rapports de force ça existe et les oppositions même frontales, rappelez-vous la fureur au moment du PACS, produisent à terme du consensus.


Alors, il serait bon d’aborder les questions concernant la santé de la vigne et du vin en prenant soin de se situer à 3 niveaux :


-        la terre ou le terroir qui englobe ce que la main de l’homme y a implanté, en l’occurrence ici des ceps de vigne ;


-         l’homme : le vigneron ;


-        le produit donc le vin.

 

J’avoue que je suis plus enclin à défendre le respect de l’intégrité de l’homme et de la terre qu’à m’engager sur celui du terrain mouvant de la naturalité du produit. Je suis ici plus campagnard qu’urbain et j’ai du mal à m’associer aux petites joutes des uns contre les autres pour ou contre certains types de vin. Pour les plus jeunes ils jettent dira-t-on leur gourme et rien ne peut présager de leurs futurs engagements : les ex-soixante-huitards en sont la preuve ; les plus vieux eux cultivent avec une certaine condescendence la tendance à magnifier leur expérience, leur sagesse. Ce qui est rassurant dans toute cette agitation c’est qu’on n’en parle jamais ou presque aux informations. Tout le monde s’en fout ou presque.


Moi j’en suis resté à ce que mon maître vigneron, le frère Henri Bécot, m’a inculqué. Voilà ce qu’écrivait sur lui Jean Huguet dans les vins de Vendée :


«  Bécot, dans l’immédiat après-guerre 1945, fit avancer l’idée d’un vin de qualité primant sur le vin de petite façon, donc de quantité. On l’a dit apôtre des hybrides. Des bons hybrides, oui ; mais des grands cépages aussi. Quand il me conviait à la découverte d’une cave, c’était avant tout pour apprécier tel sauvignon, tel groslot, tel traminer (eh ! oui) ; je ne me souviens pas qu’il m’ait « débauché » pour quelque seibel, ravaz ou orberlin, même s’il ne les dédaignait pas. Ce professeur de géographie et d’histoire, né au pays de Vallet, mais originaire de Bazoges-en-Pareds, fidèle à ses racines paysannes, n’avait cure d’économie vinicole. Ce qui le préoccupait, c’était le bonheur du vigneron occasionnel, dont le labeur céréalier ou le soin asservissant des bêtes méritait la récompense du fier plaisir de la vendange. Il condamnait fermement les étranges fidélités qui l’attachaient, ce paysan, aux plants américains et prêchait pour qu’on les remplaçât par les meilleurs hybrides français couronnés à la foire annuelle de Chantonnay où son inusable soutane et son rabat bleu flottaient au vent de son enthousiasme comme l’emblème de la vigne vendéenne. »

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 00:09

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Samedi dernier je suis allé à Lyon, du côté de Bron, au Sihra, arpenter les allées du grand barnum de la grande bouffe industrielle ripolinée par les paillettes des grands chefs. Ils étaient venus, ils étaient tous là les Charal, les Lactalis, les Bonduelle, tous les mammouths français et étrangers link  de la bouffe toute prête pour resto d’entreprises et de beaucoup de restos tout court. Bien sûr nos étoilés et leurs adorateurs patentés ne mettent pas les pieds dans les travées où se bousculent les commerciaux de tous poils. Ils plastronnent sur le ring, c’est du marketing : sous la haute gastronomie, la grande bouffe. C’est la vie des affaires, la loi des grands nombres, vendre sa tronche de chef placardée sur un plat dit cuisiné vendu en hypermarché ça douille bien plus que de faire des petits plats à sa table étoilée.


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Je suis donc allé me réfugier tout au fond du Hall 6 sur la Place des Vins link où y’avait pas grand monde mais c’était le jour de l’ouverture du Salon. « Créé en partenariat avec Inter Beaujolais et Inter Rhône en 2011, Place des Vins permet aux professionnels de rencontrer grands comme petits vignerons, des coopératives et Maisons d’Alsace, du Beaujolais, Bugey, Bourgogne, Diois, Forez, Jura, Lyonnais, Vallée du Rhône, Roannais et Savoie.


Place des Vins propose de formidables espaces de dégustations, d’échanges, de rencontres et d’affaires entièrement dédiés au monde du vin.


Ce salon propose aux visiteurs, professionnels du vin et de la restauration, un complément idéal à l’offre du Sirha. »


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C’est bien dit mais ce cantonnement des vins ne me semble pas très favorable à une réelle attraction sur une clientèle qui ne se rend pas au Sihra pour faire ses choix de vins : les régionaux bien sûr mais aussi et surtout les acheteurs étrangers qui ne viennent pas à Lyon pour prospecter les vins de la région qui a la bonne idée de se dénommer Rhône-Alpes. Comme j’ai assisté, à l’insu de mon plein gré, à l’inauguration du salon par un peloton serré d’élus dans lesquels je n’ai reconnu que Jean-Jack Queyranne le président de la région, mais y’avait pas le maire de Lyon le sieur Collomb, j’ai le mauvais esprit de penser que cette présence à un petit parfum politique : faut faire plaisir aux élus d’une région qui, lorsque l’on prononce son nom n’évoque guère la production de vins. Et pourtant, on y retrouve le Beaujolais et les Côtes-du-Rhône septentrionales avec de belles appellations : hermitage, côte rôtie, condrieu, château grillet entre autres…


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Mais sous ces grandes appellations, et d’autres comme le vin de Savoie, les vins du Bugey, vins du Diois et sa clairette, des IGP dont la plus volumique l’Ardèche, se nichent des petites appellations qui ont un petit parfum de Lyon : en premier lieu les coteaux-du-lyonnais, puis les côtes du forez et enfin la côte roannaise. J’adore ce florilège : coteaux, côtes, côte. Pour bien marquer son attachement à la vigne et aux vins la Région s’est fendu d’une plaquette très bien faite : Un patrimoine en revue : Vigne&Vins en Rhône-Alpes. L’édito de Jean-Jack Queyranne fait dans le jargon de filière à la sauce des communicants. Passons, peut mieux faire !


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Quelques chiffres pour situer ces micro-appellations : sur 50 347 ha  de vignes en production elles en regroupent 590 ha pour 17250 hl produits sur un total de 2,330 M.d’hl dont 380 000hl de blancs et 1,940 M.d’hl  (chiffres arrondis). Donc un tout petit ruisseau dans une grande rivière.


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Du côté couleurs :


-        coteaux du Lyonnais 66% de rouge, 19% de rosé, 15% de blanc ;

-        côtes du Forez : 67% de rouge, 33% de rosé ;

-        côte roannaise : 90% de rouge, 10% de rosé.


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30 caves particulières et 1 coop dans les coteaux du Lyonnais, 9 caves particulières et une coop dans les côtes du Forez, 30 caves particulières dans la côte roannaise.


30 ha sur 370 en bio dans les coteaux du Lyonnais, 21 sur 110 dans les coteaux du Lyonnais, 28ha dont 18 en conversion sur 110 dans la côte roannaise.


rhone-Alpes-018.JPG                                                  Les 2 photos de vignobles de la Loire sont de Camille Moirenc ®

 

Pour plus de détails Sonia ici même dans ses chroniques vous dira tout sur les vins de ces micro-appellations. Dans la plaquette du Conseil Régional j’ai extrait les points de vue d’un sommelier pour les coteaux du Lyonnais et de Pierre Troisgros pour la côte roannaise.


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Pour les cinéphiles Deux ou trois choses que je sais d'elle est un film réalisé par Jean-Luc Godard, sorti en 1967 qui déclarait «Quand on soulève les jupes de la ville, on en voit le sexe.» En effet, le thème du film est le portrait d'une jeune mère de famille, habitant dans un grand ensemble de la région parisienne, qui s'adonne à la prostitution occasionnelle. Marina Vlady garde un très mauvais souvenir du tournage car après qu’elle eut repoussé la demande en mariage de Jean-Luc Godard juste avant le début des prises de vue, celui-ci ne lui adressa plus la parole comme elle le relate dans ses mémoires 24 images/seconde : séquences de mémoire, Éditions Fayard : « Je n'ai plus entendu sa voix s'adresser directement à moi pendant le tournage. Il me donnait des ordres, des textes à répéter après lui grâce à un système de micro-oreillette. J'étais extrêmement mal à l'aise — comme tous les autres acteurs, d'ailleurs. Ce système ne laissait que peu de place aux émotions. Nous étions tous à l'écoute, tendus pour exécuter les ordres. Souvent, Jean-Luc nous piégeait en nous posant une question personnelle. Par exemple, il me demanda :


— Définis-toi en un mot, et réponds en regardant droit dans l'objectif.


Furieuse, je lançai :


— Indifférence !

On peut voir ce plan dans le film au cours d'une scène de café.


Cette technique lui a permis d'étayer sa thèse selon laquelle les acteurs sont les meilleurs robots, formule qu'on lui prête et que je soupçonne d'être authentique. Le résultat n'en est pas moins stupéfiant : cette tension dans l'écoute confère à chacun une étrange présence, une inquiétude latente qui choquent et dérangent. Seule la scène avec le petit Christophe Bourseiller, qui joue mon fils, me permet d'être plus naturelle. […] J'ai gardé le souvenir que c'est la seule et unique fois où il m'a laissé improviser. »

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 00:09

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Né dans un département, la Vendée, classée à l’époque par les statistiques sanitaires, après le Calvados, comme le second département le plus alcoolisé de France, les ivrognes, les soulards, appellations de ce temps, faisaient partie de mon quotidien, tel le père Hillairet le jardinier que son âne tirant sa carriole ramenait chez lui à bon port. L’expression, « il est parti à la Grimaudière » signifiait qu’untel, je n’ai pas le souvenir de femmes, sans doute y en avait-il mais c’était caché, allait se faire désintoxiquer à l’asile psychiatrique départemental. De ce voisinage, où les grands buveurs faisaient partie de notre communauté, nous savions que ça n’arrivaient pas qu’aux autres. Notre cousine Génie se torchonnait en cachette. L’alcoolisme n’était pas considéré chez nous comme une maladie honteuse, mais la vie n'était pas toujours facile chez certains et les femmes à la maison compatissaient.


La Mothe-Achard, avec sa foire mensuelle aux bestiaux et ses marchés hebdomadaires, compta jusqu’à plus d’une centaine de débits de boissons au début du XXe. Le commerce et les sorties de messe favorisaient les chopines. Ivrognerie rurale qui m’a fait voisiner les ligues de tempérance, telle la Croix d’Or http://www.berthomeau.com/article-534935.html. Ma génération du baby-boom ne fut guère tenté par le vin, un peu par les alcools forts en boîte, mais nous y allions si peu, nous étions plus portés sur la drague, le slow au bal, que sur le verre de vin qui nous semblait d’une grande ringardise. Cet environnement m’a formé, j’ai toujours eu en horreur les ligueurs comme ceux qui niaient les réalités de l’alcoolisme. De même j’ai toujours eu beaucoup de difficultés avec les discours généraux des bienfaits sur la santé de la consommation de vin. Nous sommes si inégaux, et les chocs, bloc contre bloc, abstinents/quasi-prohibitionnistes contre gens du vin/de la bière et des spiritueux qui structurent l’approche de la consommation d’alcool se nourrissent d’idées reçues, de raccourcis faciles, d’invectives et de contradictions flagrantes.


Ayant embouteillé et vendu du vin, pas facile de lutter contre les buveurs excessifs dans une entreprise de vins et consacré une partie de ma vie professionnelle au vin, croisé lors de la loi Evin ses promoteurs avec Got en tête et Cahuzac en CT d'Evin, je me suis toujours intéressé aux questions que se pose l’acteur Jean-Luc Bideau « Pourquoi la fête a-t-elle besoin d’alcool ? Pourquoi l’alcool a-t-il besoin de la fête ? Quel rôle joue l’alcool dans la société ? D’où vient son importance dans les mœurs, dans nos vies, dans ma vie ? Pourquoi marquer les passages, les victoires et les réussites avec de l’alcool ? » Questions tirées de sa préface du remarquable livre de Gabriel et Laurie Bender IVRESSE. Dans ma bibliothèque d’autres ouvrages de référence, tel Désirs d’Ivresse n°191 d’Autrement février 2000 où, à partir d’exemples, illustrent les mutations qui, sous l’influence des sollicitations du marché, du déclin des identités ouvrières et des ruptures générationnelles, ont bouleversé les pratiques millénaires. Une telle approche est utile, loin de la caricature, du côté binaire évoqué, car elle élargit la focale et montre que s’en tenir au seul concept d’ADDICTION, en vogue chez les mécaniciens du corps et de l’âme, est bien trop restrictif.


Pour en finir avec mon parcours sachez que j’ai été membre cotisant de l’ANPAA jusqu’au jour où, sans doute repéré pour mes écrits critiques sur le Net par les dirigeants de cette association, je fus ignoré : pas d’appel à cotisation, une forme de blacklistage : ces gens-là n’aiment pas ceux qui ne pensent pas comme eux. Enfin, je suis un projet très intéressant d’une classe de Terminale du lycée professionnel Jean Lurçat dans le XIIIe qui a choisi de réfléchir sur un sujet qui les préoccupe : les jeunes et l’alcool. Le projet mené de concert avec une réalisatrice de cinéma va peut-être déboucher sur un court-métrage. Affaire à suivre, je n’y suis pas actif mais aide aux contacts avec les gens du vin. Mon souhait le plus cher c’est de faire bouger les lignes pour que nous sortions de nos postures si commodes mais si stériles. Pas simple car les radicaux des deux bords s’emploient à souffler sur les braises afin de défendre leur fonds de commerce.


Pour jeter quelques petits cailloux dans la mare de la bien-pensance je vais proposer à votre lecture quelques fragments de textes glanés dans les ouvrages cités. Ils n’auront bien sûr nullement l’ambition d’atteindre l’exhaustivité car mon espace de liberté n’a pas vocation à se substituer aux décideurs. Je ne suis qu’un chroniqueur, bénévole de surcroît, n’exigez pas trop de moi sinon je vais faire comme mes chers confrères ne pêcher que dans l’océan rouge des sujets qui font tant plaisir à tout le monde. Brosser les gens du vin dans le sens du poil ou taper à bras raccourci sur la foutue loi Evin. La bataille ne se livre pas sur ce terrain mais sur celui de l’opinion publique, mais Dieu que c'est difficile!


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L’Ivresse, un champ de bataille ( extrait d'Ivresse page 23)


« Depuis l’industrialisation, la consommation de boissons alcoolisées est la cible de violentes controverses. Ces affrontements mettent en lumière les conceptions morales des protagonistes par rapport au fonctionnement de la société. Derrière les mots et les images de l’ivresse affleurent les représentations sociales et les fins économiques.


Les discours répressifs expriment le plus souvent une tentative de civiliser les buveurs, de discipliner la grande masse des amateurs de bières industrielles, d’infâmes schnaps, de petits vins pépères ou de gros rouges qui tachent. L’histoire des mouvements de tempérance est relativement facile à raconter. Il est bien plus difficile en revanche de relier ces discours à la réalité quotidienne, d’en mesurer les conséquences au plan individuel. On sait que la consommation d’alcool a chuté d manière constante et régulière durant tout le XXe siècle. Mais que sait-on de l’ivresse ? Comment la mesurer, d’ailleurs ? Étalonner l’ivresse est une gageure ; boire est toujours un acte solitaire. Même dans l’instant convivial et amical du « boire ensemble », il y a asymétrie entre les partenaires. Ils ne partagent pas la même expérience gustative, ils n’ont pas les mêmes références, ils n’ont pas le même plaisir. Le plaisir de l’ivresse constitue un aspect essentiel de la consommation de boissons fermentées, en même temps que son élément subversif. La cuite qui insulte le moraliste, est un affront pour l’esthète qui nie son existence. La répression de l’ivresse est telle que ce plaisir ne se communique plus, ou alors très indirectement. Il se dérobe au parler officiel, fuit la lumière du jour. La cuite, depuis de nombreuses années, emprunte les voies souterraines. »


à suivre…

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 00:09

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C’est Dallas in Burgundy : « Le clan des Leroy est aujourd’hui divisé en deux camps irréconciliables. « Lalou n’a pas pardonné à sa sœur Pauline Roch de l’avoir trahie », nous confie un courtier en vin. « Et lorsqu’il lui arrive de croiser son neveu Henry-Frédéric Roch dans un restaurant, elle sort précipitamment. »


Vous voyez ça sert à quelque chose un courtier mais rassurez-vous votre Taulier ne dispose d’aucune gorge profonde pour le tuyauter il se contente d’aller puiser dans le livre de JP de la Rocque et Corinne Tissier « Guerre&Paix dans la vignoble » chez Solar 2009 qui retrace les secrets de 12 dynasties du vin.


Lalou Bize-Leroy nul besoin de la présenter, c’est une institution, « une grande dame du vin », dotée d’un fichu caractère elle sait ce qu’elle veut et elle fait ce qu’elle veut. Je l’ai rencontré lors de l’affaire où « Henri Nallet arrête les Japonais en Bourgogne » link En quelques mots, la maison de négoce Leroy (Lalou et sa sœur Pauline Roch) pour financer des acquisitions importantes, dont le rachat du domaine Noëllat en 1988, avait choisi de s’appuyer sur le groupe de distribution japonais Takashimaya importateurs de vins de Bourgogne. Cette prise de participation minoritaire de 33,6%  ne concernait évidemment pas une future prise de contrôle de la DRC via la part tenue par les Leroy. Mais les communicants des Ministres sont comme des sauterelles et ils ne savent pas lire. Henri Nallet le 1 septembre 1988 aurait mieux fait de se taire mais, à toute chose malheur est bon, ça m’a donné l’occasion de connaître Lalou Bize-Leroy, Pauline Fenal sa fille et de faire mon éducation à la dégustation des grands vins de Bourgogne.


« Les Villaine et le Leroy pour le meilleur… »

 

Je n’entre pas dans les détails :


-        En 1942, Jacques Chambon, codétenteur de la DRC (la moitié) avec les de Villaine est vendeur et Henri Leroy fait une offre. Edmond Gaudin de Villaine ne peut suivre et le 31 juillet 1942, Leroy devient propriétaire de 50% de DRC.


-        Henri Leroy est l’un des plus puissants négociant de Bourgogne et JF Bazin souligne qu’il «  a eu l’intelligence de comprendre avant les autres le capital que pourrait représenter un jour le Domaine de la Romanée-Conti »


-        Aubert de Villaine, que l’on ne présente pas, fait remarquer qu’aussi étonnant que cela puisse paraître son grand-père faisait vivre le DRC « grâce aux revenus des fermes qu’il possédait dans l’Allier. Dans ma jeunesse, on considérait qu’on ne pouvait pas vivre en étant viticulteur. La Bourgogne était misérable. »


-        Les 2 familles « les Villaine, vieille noblesse normande, et les Leroy, une famille de négociants bourguignons, dont le fondateur François fut élevé par l’Assistance Publique » sont issus de « 2 mondes qui ne fréquentaient pas vraiment » mais  Edmond Gaudin de Villaine, père d’Aubert, et Henri Leroy, père de Lalou « vont former un duo efficace. » en partageant le pouvoir à travers « la cogérance d’une maison dont la forme juridique (société civile) et le mode de gouvernance (2 co-gérants et un conseil de surveillance) n’ont quasiment pas bougé depuis. »


-        C’est Edmond Gaudin de Villaine qui tient la barre mais c’est Henri Leroy qui « finance une bonne partie de la modernisation du domaine et, surtout, l’arrachage et la replantation des vignes de la Romanée-Conti et de Richebourg, abîmées par le phylloxéra entre 1945 et 1947. »


-        En 1954, « Henri Leroy décide de léguer ses parts en deux moitiés égales à ses deux files : Pauline, mère d’Henri-Frédéric Roch, et Marcelle dite « Lalou » Bize (nom de son ex-mari Marcel Bize) Leroy, mère de Perrine Fenal. »


-        18 ans après se partage Lalou reprend les rênes de la maison Leroy et en 1974, « elle est nommée cogérante de la Romanée-Conti aux côtés d’Aubert de Villaine, son cadet de sept ans. »


« Aubert de Villaine et Lalou Bize-Leroy pour le pire… « 


Là encore, après celle d’une association, la chronologie d’une rupture :


-        « D’un côté, Aubert, un homme austère et discret. De l’autre, Lalou, une femme de caractère au tempérament « solaire », obstinée. Au début, leur relation paraissait idyllique. Même passion pour le vin, même respect pour le terroir du DRC, même exigence de qualité. Cette union professionnelle de l’eau et du feu va durer 18 ans, jusqu’au départ fracassant de Lalou Bize-Leroy en janvier 1992. »


-        « À l’origine du clash, le monopole de la distribution des vins du DRC par la maison Leroy, à l’exception de la GB et des USA. Négocié par Henri Leroy en échange de son soutien financier au DRC, cet accord représentait, selon les Villaine et avant le conflit, une ponction trop importante sur les revenus du Domaine. »


-        Comme  chacun sait, « la romanée-conti n’est pas disponible par caisse de 12. Les bouteilles sont réparties dans les caisses avec les autres crus du DRC. »  Ce système de rationnement « soi-disant démocratique » : limiter la spéculation et éviter la concentration des achats a aussi des effets pervers.


-        Le grand millésime 1988, arrivé après un 86 et 87 considérés comme moyens, va provoquer le « faux-pas » de Lalou. « A-t-elle agit en connaissance de cause ou par négligence ? » elle fut à l’origine d’une spéculation sur le 1988 qui fâcha ses associés.


-        « Femme d’affaires avisée, la patronne de la maison Leroy […] avait trouvé preneur à 10 300F (1570€) la caisse de 1988, un prix supérieur au tarif officiel […] L’acheteur s’empressa de les dépecer pour vendre à part les bouteilles de romanée-conti 1988 au prix « exorbitant » à l’époque de 4500F (686€) le flacon aux Usa et jusqu’à 10 000F (1524€) au Japon. » Pui il brada les 11 autres bouteilles du domaine : la-tâche, richebourg, grand-échezeaux, échezeaux, romanée saint-vivant, sur le grey market au grand dam du distributeur exclusif américain des vins du DRC qui « s’était engagé à revendre ces bouteilles à prix supérieur. Il se retrouva alors mis au défi de vendre un la-tâche 1988 à 200$ (138€) alors que la bouteille s’échangeait à 125$ (138€) sur le marché gris. »


-        Le monsieur pas content réexpédie ses 3000 caisses au domaine et réclame, comme le prévoyait le contrat, le rachat des invendus : 2,7 millions de F (410 000€). « Les Villaine estimèrent alors que la maison Leroy portait la responsabilité de cette affaire. Ils exigèrent de Lalou Bize-Leroy une participation au dédommagement. Elle refusa net. »


-        « Chargé de trancher les conflits des cogérants, le conseil de surveillance – formé à l’époque d’Henri de Villaine, père d’Aubert, et de Pauline Roch, sœur de Lalou – décide, le 15 janvier 1992, de révoquer Lalou Bize Leroy. »


-        L’équilibre entre les 2 familles est rompu par le basculement des 25% de Pauline Roch du côté de la famille de Villaine. « Lalou est remplacée à la cogérance par Charles Roch, fils aîné de Pauline. Mais ce dernier se tue quelques semaines plus tard sur la route, et c’et finalement Henry-Frédéric Roch, le deuxième fils de Pauline et exploitant du domaine Prieuré Roch à Vosne-Romanée qui devient cogérant. »


-        « Les Villaine remportent plusieurs batailles devant les tribunaux, et la maison Leroy perd le contrat de distribution conclu avec le DRC.


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L’ensemble des informations de cette chronique sont donc tirées du livre « Guerre&Paix dans la vignoble » chez Solar 2009 22€ que je vous invite à acheter pour mieux connaître la saga de ces 12 dynasties dont Pol Roger, Lurton, Rothschild, Drouhin, Hugel, Roederer pour les Français ; Egon Muller Allemagne, Antinori Italie et Torrès Espagne.

 

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