Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 00:09

Entre Jean-Luc et moi tout a commencé le 31 janvier 2008 où dans une chronique titrée « L'esprit de garage par Jean-Luc Thunevin link »  je le présentais : « ancien ouvrier forestier, disc-jockey, employé de banque et marchand de vin » et je contentais de reproduire ses réponses à Andrew Jefford publiées dans « Le nouveau visage du vignoble français » publié chez Hachette. Vous me direz jusque-là y’avait pas de quoi mettre le souk dans la boîte à outils d’un garagiste. J’en conviens, sauf que, lorsque je dactylographie un texte j’ai une certaine tendance à la dyslexie des noms propres et, ce jour-là, j’avais rebaptisé Jean-Luc : THUVENIN.


photo--61-.JPG

 

Tout autre que Jean-Luc ce serait offusqué mais lui prit la chose du bon côté en soulignant que l’alliance de la thune et du vin suffisait à son bonheur alors que le venin venait d’ailleurs. Après ce contact purement épistolaire Jean-Luc et moi nous avons dû nous rencontrer physiquement, de manière tout aussi pure, au salon de la RVF. Je vous invite à aller faire un tour sur cette ancienne chronique, et ce pour deux raisons : la première inavouable, que lui seul connaît et sur ce point Jean-Luc me surestime ; la seconde est que ses réponses à Andrew Jefford vous donneront envie d’acheter le dernier né de la collection « Autour d’une bouteille » consacré à Murielle Andraud et Jean-Luc Thunevin sobrement titré « le Vin de garage ». C’est chez Elytis. 14€. Le questionneur-dégustateur est Gilles Berdin. Jean-Luc me l’a porté en mains propres à sa descente du TGV de Bordeaux.


CouvAutourThunevin.jpg

 

C’est le meilleur opus de la collection. Je l’ai lu d’une traite. Je l’ai annoté avec mon crayon de papier. Je me suis régalé car si Jean-Luc adore le bois neuf il est tout sauf un adepte de la langue de bois. Et puis, j’y ai découvert avec plaisir Murielle, le Andraud de Valendraud, qui n’est ni madame Jean-Luc, ni sa moitié, mais Mumu. Elle ne fait pas de la figuration mais cultive la vigne et fait du vin, et très bien la cuisine aussi. Tandem or not tandem demande Berdin. Jean-Luc pince sans rire opte pour deux vélos quand même. Ces deux-là j’aime leur parcours de ouf comme dirait Jean-Luc. Moi, qui ne sais rien faire de mes dix doigts, sauf maintenant pianoter gauchement sur un clavier, je suis admiratif de leur goût de faire, de bien faire, de toujours avancer, d’aller au bout, de rester debout en déséquilibre, de rester simple, de garder l’enthousiaste de leurs débuts comme le dit Murielle. L’adversité, tout ce qu’ils ont dû endurer à leurs débuts, cette hauteur dédaigneuse des bien installés, héritiers, a été pour eux une puissante motivation « penser que le monde entier ne vous aime pas peut constituer un ressort » avoue Jean-Luc. Mais, c’est la fureur créative, le grain de folie, qui fait que Valendraud est devenue, et est, une très belle aventure humaine. Comme le dit très justement Jean-Luc « les raisonnables font des choses raisonnables et j’ai toujours pensé que j’étais un peu fou – heureusement – pour avoir entrepris ce que j’ai fait. » Ceux qui me trouvent trop enthousiaste lisent d’abord le livre et ensuite nous engagerons la conversation.


Pour faire dans la petite histoire, Jean-Luc et moi avons  points communs :


1-      Comme lui « je lis tout très vite, comme un rat en cage, il faut que j’avale les pages. »


2-     Murielle dit qu’ « il fait la sieste quasiment tous les jours » et moi comme mon pépé j’adore faire une courte mariennée (voir chronique « En ce 1er Mai nous les bons vivants célébrons la méridienne attitude »link )


3-     Jean-Luc, en 1971, alors qu’il travaillait au Crédit Agricole au service commercial, le soir il est DJ dans une boîte de nuit de Libourne. Très sérieux Gilles Berdin s’enquiert « par passion musicale ? » La réponse du Bad Boy est à lire page 93 tout en haut. Pour moi : pas mieux !


Me reste plus qu’à vous offrir des bonnes feuilles, normal pour un ex-garagiste très attentif à l’ensoleillement du raisin. J’avais le choix entre :


-         La surmaturité : « c’est une question typiquement bordelaise, complètement absurde que je ne supporte pas.


-         L’énervement de Jean-Luc à propos de ceux qui affirment qu’il ne faut pas mettre autant de bois neuf.


-         Le « oh, p…, je supprimerais tous les bouchonniers… ces types sont des maquignons… le meilleur des bouchonniers est inquiétant car je le considère comme l’escroc des temps modernes.


J’ai choisi la surmaturité car elle fait chier Jean-Luc, c’est lui qui le dit et je le crois. « On évoque la surmaturité alors qu’on devrait parler de mauvais raisins donc de mauvais terroirs, de manque d’eau, de stress hydrique… de tout ce qu’on veut mais pas de surmaturité. Y-a-t-il de la surmaturité dans les vins du Sud ? On y  fait des vins à 17° d’alcool et si on les boit frais, on ne perçoit pas du tout cet alcool. L’acidité est naturellement présente avec des pH formidables qui permettent aux vins d’avoir de la longueur et de durer dans le temps. Il est certain qu’à Bordeaux, si les vignes sont trop alimentées en azote, mal gérées du point de vue cultural, avec des pH décadents où l’acidité s’écoule, les vins seront mous et flasques. Il ne s’agit pas de surmaturité mais de mauvais choix techniques. Il n’y a aucun vin en surmaturité, il n’y a que des manques d’acidité que nous ne savons pas corriger, à l’inverse des Bourguignons. Traditionnellement, dans la région, il fallait plutôt désacidifier et chaptaliser jusqu’à ce que le climat change. On ne peut parler de surmaturité qu’à partir du moment où la baie devient raisin de Corinthe, ce qui n’est pas envisageable ici. Nous l’avons bien compris en Roussillon, au bout de plusieurs années. Nous nous sommes rendu compte que, pour faire un bon maury, il fallait un raisin parfaitement frais et bien rond. Je ne cesserai de répéter qu’à Bordeaux la surmaturité n’existe pas, c’est un fantasme absolu, c’est le monstre du Loch Ness. Quand j’entends dire que Michel Rolland fait ramasser en surmaturité, j’affirme que c’est des conneries. ! Les grandes années comme 1945, 1959, 1961 étaient très ensoleillées et aujourd’hui il faudrait être obsédé par le risque d’avoir trop de soleil. Franchement… Si le raisin reste rond, entier, parfaitement consommable sans être séché, il n’y a pas de surmaturité. Dans un de ses bouquins, Emile Peynaud donne toutes les mauvaises raisons qu’invoque un viticulteur pour ramasser son raisin trop tôt : la pluie, les sangliers, les voisins… La surmaturité fait partie de ces raisons mais c’est aberrant. Je dis toujours avec beaucoup de franchise que sur quelques millésimes, nous n’avons pas ramassé assez mûr. »


Pour finir, un petit coup pour la route à l’attention des Bourguignons « Tout le Clos Vougeot est en grand cru alors qu’il n’y a qu’un propriétaire qui fait très bon, deux ou trois qui produisent moyen et le reste fait très, très mauvais. C’est la notion de terroir qui est classée et non le travail de l’homme, ce qui paraît totalement absurde car on y trouve des vins infâmes. » C’est Laurent Gotti qui va être content Jean-Luc…


Signé : le Taulier qui aurait bien aimé être un garagiste « canal historique » mais qui ne s’appelle pas Thunevin.

Partager cet article
Repost0
30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 00:09

Nos amis de la RVF titrent « Primeurs de Bordeaux : Château Pavie et Château Angélus sont-ils raisonnables ? »link Est-ce l’effet « hommes de l’année » qui donne à Gérard Perse château Pavie et à Hubert de Boüard Château Angélus, la folie des grandeurs ? Je plaisante, bien sûr, c’est selon les gouteurs maison le syndrome du classement de Saint-Émilion. Pour le Grand Robert, pas le BOB sur 100, même au sens figuré, un syndrome, « est un ensemble de signes révélateurs d’une situation jugée mauvaise » Diantre, y aurait-il donc « quelque chose de pourri au royaume de Saint-et-Millions ? » comme dirait le sieur Pousson qui a des lettres  et lit Shakespeare dans le texte. Certains le pensent puisqu’ils puisque 3 « déclassés » jetés dans la géhenne des ténèbres extérieurs portent plainte contre X au pénal pour prise illégale d’intérêt link 


J’avoue ne pas très bien comprendre tout ce raffut fait autour de la fixation du prix des primeurs 2012. Le chœur de la place de Bordeaux psalmodie « la baisse, baisse, la baisse… » Pour Antoine Gerbelle, grand reporter à La RVF, grand Twitter devant l’éternel, les deux châteaux de Saint-Émilion « auraient dû garder le même prix. Avec cette hausse, ils prennent un gros risque, ça ne va pas faire une bonne publicité, en plus de la plainte déposée qui risque de remettre le classement en cause ! » Le mot est lâché : le risque.


La fille d'Hubert de Boüard, indique qu’il s'agit de marquer l’appartenance de l’Angélus aux plus grands : « nous sommes en train de nous positionner petit à petit parmi les premiers crus de Bordeaux. Nous ne visons pas Ausone ou Cheval Blanc, plutôt les premiers de la rive gauche. Cela prendra du temps, cinq, dix ans peut-être, et cela sera conditionné aux réactions du marché ». Le fossé à combler est large puisque en dépit des précautions oratoires de madame Stéphanie de Boüard-Rivoal, les deux autres grands crus classés A de Saint Emilion, château Ausone était à 718 euros HT prix public en 2011 et château Cheval-Blanc à 586 euros HT prix public en 2011, alors que l’Angélus atteignait péniblement, si je puis dire, 194 euros en 2011. Alors 210 euros HT prix public, pour les 2 promus pour le millésime 2012, c’est l’épaisseur du trait en dépit du choc de croissance – pas pu m’en empêcher –+36% pour Pavie, +23% pour Angélus rapport à 2011.

 

Bref, comme disait Pépin, tout ça n’est que calcul, au sens de stratégie, et si Hubert et Gérard se plantent, c’est-à-dire si le marché ne suit pas, ils se seront plantés et ils n’auront que leurs yeux pour pleurer (il leur restera de quoi se payer des mouchoirs). C’est leur problème, pas celui des maîtres de la Place ou des commentateurs-notateurs. S’ils ont fait le bon choix, comme aimait à le dire le déplumé de Chamalières, tout le monde criera au génie et nos deux larrons se prendront pour Patton ou Mac Arthur.


Moi qui ne suis, ni l’ami d’Hubert, ni le commensal de Gérard que je ne connais pas, je trouve qu’il ne faut pas tout mélanger, même si je ne vois pas de relation de cause à effet entre la promotion des 2 châteaux et leur volonté de la faire payer, je ne pratique pas le Boüard-bashing, cher à N de R l’élégant. Je ne prends aucun parti, comme lui, qui s’offusque qu’Hubert fasse « l’objet depuis la publication du classement de Saint-Émilion. Voici Pauline Vauthier (Château-Ausone) qui s’indigne de la promotion du château Angélus. On se demande bien au nom de quoi, sinon pour préserver ses acquis. Pas super-élégant. Voilà Pierre-Olivier Clouet (Château Cheval-Blanc) qui, pour les mêmes raisons que Mademoiselle Vauthier, donne son avis sur le terroir d’Angélus, le jugeant peu digne de son nouveau rang. Mais enfin, si le terroir d’Angélus était la terre à betteraves décrite, Hubert de Boüard serait un sorcier. Qu’il n’est pas. Il a certainement énormément de talent et d’expérience, mais ce n’est pas un magicien. Je le connais, c’est un type normal, plutôt plus drôle et plus sympa que ses détracteurs. »


peste.jpg

Je contente d'observer et  de me remémorer les vers de La Fontaine dans les animaux malades de la peste :


L'Âne vint à son tour et dit : J'ai souvenance

Qu'en un pré de Moines passant,

La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense

Quelque diable aussi me poussant,

Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.

Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.

A ces mots on cria haro sur le baudet.

Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue

Qu'il fallait dévouer ce maudit animal,

Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.

Sa peccadille fut jugée un cas pendable.

Manger l'herbe d'autrui ! Quel crime abominable !

Rien que la mort n'était capable

D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.

Selon que vous serez puissant ou misérable,

Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

 

Que je sache, Hubert et Gérard ne sont pas des ânes, ils ne viennent pas brouter dans  les vignes de leurs voisins, ce sont des humains qui cherchent la reconnaissance. Libre à eux, même si celle-ci ne passe pas forcément par le prix de leur GCC placé sur le haut du panier. D’un côté « les affaires sont les affaires » et de l’autre il y a une affaire judiciaire, ne mélangeons pas tout même si dans ce nouveau classement de Saint-Émilion « Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

 

Partager cet article
Repost0
28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 00:09

L’ami Olivier Dauga, le faiseur de vin – créateur c’est plus chic mais il faut bien transgresser cher Olivier – qui ne fait pas de manière, a le chic de dégotter des lieux exotiques pour nous accueillir pour ses pinces-fesses parisiens. Bon p’tète bien que Marie Mascré de Sowine y est aussi pour quelque chose mais peu importe : si vous me permettez l’expression qu’importe le flacon pourvu qu’on est l’ivresse.  


OlivierDauga.jpg

 

Jeudi, fin de journée, direction 33 rue du Château d’Eau pour rejoindre le Marché Couvert Saint-Martin. Tu arrives, tu zigzague entre le banc de poissons, celui des fromages, belles fragrances animales, et tu fonces vers le sémaphore en chemise à fleurs qui, au milieu de ses ouailles, embrasse avec effusion les arrivants. C’est chaleureux et convivial. Quand faut y aller, faut y aller, y’a du turbin (voir la liste des quilles). Je commence par le blanc de Grand Boise. Mon grelot grelotte : c’est Gabrielle un peu perdue qui me hèle face au stand de la marée. Je la guide. Présentation à notre 3e ligne en fleurs. Ruck ! Entre deux verres je bavasse. Comme je ne suis pas très sérieux, trop léger, j’adore ça. Plaisir décuplé de « cancaner » avec un jeune et grand garçon, bordelais de bonne extraction mais qui se soigne intensément, plein d’humour et d’à-propos. C’est du off  bien sûr mais la conversation en est venue au marathon des dégustations à Paris où des agences, pour faire nombre, racolent le ban et l’arrière-ban des estampillés du marigot. Je ne sais si les clients font leurs comptes mais nous convenons que le retour sur investissement est rarement au rendez-vous. Bref, entre les nazes, les retraités, les sans lecteurs, j’en passe et des meilleurs, ça frise souvent l’indécence. Dans le fil de notre échange, une répartie d’un écumeur patenté, bien sous tous les rapports, rapportée par mon interlocuteur qui lui posait la question « pourquoi es-tu là ? » m’a vraiment laissé pantois. « Je suis payé pour ça ! » Vu son statut, qui n’est pas celui de dégustateur patenté, c’est un aveu étrange. Pas sûr qu’un quelconque écho de cette dégustation, où il fit un passage obligé, filtre un jour sur sa petite lucarne. De la représentation au nom de la maison qui l’emploie, pourquoi pas après tout.


491055_17706401_460x306.jpg

 

Chez le grand Olivier j’ai fait une belle découverte : Le Blanc Marzin un superbe Sauvignon Gris que les grands dégustateurs de l’appellation Bordeaux n’ont pas jugé digne. Bravo, ça fait un superbe vin France supplémentaire. Continuez comme cela les mecs et vous n’aurez que vos yeux pour pleurer les cocos. Pour ceux qui n’accorderaient qu’une confiance limitée à mes capacités de dégustateur, ce que je comprends aisément, je leur signale que ce vin a été apprécié par les fines lames de la dégustation, Gabrielle en tête. Tout à côté des vins de Pierre Marzin, un vin blanc Ukrainien, servi par Vincent Levieux, toujours aussi disponible et avenant, dont je ne puis reproduire le nom vu ma méconnaissance de l’alphabet cyrillique. Deux blancs comme je les aime, avec une belle fraîcheur, friands, une acidité qui me ravit. Je suis acide comme vous le savez.


photo--56-.JPGphoto--57-.JPG

 

Comme nous étions au Comptoir de Brice après l’exercice de notre art nous avons dîné, si je puis m’exprimer ainsi, dehors sous la Halle du marché saint Martin ce qui était fort agréable car le thermomètre c’était réconcilié avec le printemps. Plusieurs tablées, pas de chichis, je suis bien entouré et face à moi Sophie, la sœur d’Emmanuel Delmas www.gourmetise.com et son fiancé. On cause et patati et potatoes… C’est bien agréable de se laisser aller. Bien sûr, nous n’étions pas payés pour être là comme notre charmant confrère, qui lui n’était pas là, nous étions-là pour marier la découverte et une belle dose de convivialité. Ça n’a pas de prix.


BriceMorvent-TopChef.jpg

 

En fin de repas, alors qu’Olivier avait dégainé ses gros calibres, avant de reprendre la route je me suis enquis du lieu où nul ne peut me remplacer. On m’accompagna. Nous primes un monte-charge jusqu’au sous-sol. Voute bétonnée. Long couloir de chambres froides. Portes battantes bleues. C’est là. Je suis seul. Étrange  sentiment d’être dans un film genre Shining. M’étant délesté je fis le chemin en sens inverse seul. Je m’attendais à voir sortir des frigos des têtes de veaux, toute langue dehors. Et si motard casqué surgissait ? Allais-je passer la nuit à errer dans le parking ? Le monte-charge remonterait-il vers l’air libre ? Seul le son de mes pas brisait le silence ! M’avait-on vu partir. Rassurez-vous je n’avais pas fumé la moquette ni abusé des nectars sanctifiés par Olivier. Non, avec un plaisir non dissimulé, je laissais la folle du Logis, du mien, se la jouer angoisse. Y’a pas à dire j’étais le jouet de l’effet impulse d’Olivier Dauga, un créateur de vin que j’aime bien. Voilà un garçon qui ne se la pète pas, qui bosse pour ces consommateurs que tous « les grands dégustateurs » ignorent, ces invisibles qui achètent du vin, beaucoup de vin. Pourquoi mépriser ces pousseurs de caddies en ne leur proposant de bons vins compatibles avec l’épaisseur de leur porte-monnaie. Même si certains me trouvent bourré de contradictions j’affirme et je continuerai d’affirmer que notre vieux pays du vin doit savoir faire tous les vins à la condition de bien les faire. Mes goûts personnels n’ont ici rien à voir avec ce principe de réalité. Merci Olivier tu fais le boulot qu’il faut, comme il faut, là où il le faut.


AmelieDurand-PrixRaisin2013.jpg

 

PS. je n'oublie pas AmelieDurand-PrixRaisin2013, que j'irai visiter dès que je le pourrai au château Doms

Les vins dégustés : link

Partager cet article
Repost0
27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 12:46

photo--53-.JPG

 

S’il est un dessert massacré dans les petits restos où mange à midi la population des gens de bureau, c’est bien la mousse au chocolat qui, trop souvent, s’apparente à une forme de béton chocolaté. L’autre martyr étant le carafon de vin rouge à origine incontrôlée.  Et pourtant, comme le note Pierre Marcolini, le chocolatier installé à Bruxelles qui parcourt le monde à la recherche des fèves les plus rares, la recette de la mousse au chocolat « qui peut sembler riche est surtout légère, pas difficile à  réussir, il faut juste procéder par ordre. La qualité du chocolat détermine son goût. »


photo--54-.JPG

 

Dans son chouette petite livre pour et par les enfants « Dix petits doigts pleins de chocolat » chez Racine, Pierre Marcolini, avec sa mousse au chocolat comme maman éveille tout naturellement chez moi des souvenirs de celle que mon cordon bleu de mère préparait. Bien évidemment, la qualité du chocolat était celle des tablettes à cuire achetées chez l’épicier de la place des Halles, M. Houiller, sans doute du Menier. Pour les autres ingrédients : les œufs venaient des poules vagabondes de mémé Marie, le beurre était celui baratté par la tante Valentine avec le lait des Normandes du pépé Louis, le sucre en poudre venait de la raffinerie Say de Nantes et la crème fraîche était bien sûr celle tirée de l’écrémeuse alfa-Laval qui sonnait lorsqu’elle pointait son nez chaude et mousseuse.


photo--55-.JPG

Que du nature, du frais, bien ouvragé par les doigts de fée de ma sainte mère. Laissons là les souvenirs de la mousse au chocolat de maman pour vous donner quelques conseils via le maître chocolatier : avoir de bons outils, bien peser « en pâtisserie, le loupé c’est l’à-peu-près, notre ennemi. Il faut être attentif et suivre scrupuleusement la quantité, le poids, de chaque ingrédient. L’unité de mesure c’est le gramme. Chaque gramme doit se peser. En mettre un petit peu comme ça, à la louche si tu préfères, et bien cela ne marche pas. » Donc, je ne serai jamais pâtissier.


Mais pour la mousse au chocolat ça reste à ma portée. Pour opérer il vous faut un peu de matos : 2 casseroles, un fouet électrique, 1 saladier, 3 bols, 1 fouet à main (pas un martinet), 2 spatules souples. Ensuite, il suffit de faire fondre votre chocolat au bain-marie, y ajouter le beurre en morceaux et le mélanger à la spatule pour que ce soit bien lisse. Casser vos œufs pour séparer proprement le blanc du jaune. Bâter les jaunes dans le bol1 avec votre fouet manuel puis bâter le crème fraîche dans le bol 2 avec l’électrique. Enfin, battre les blancs en neige avec le sucre en poudre dans le bol 3 avec le fouet électrique. Mélanger délicatement le contenu du bol 1 et du bol2. Incorporer dans le saladier où se trouve votre chocolat. En tout dernier, opération délicate car il ne faut pas casser les blancs en neige, ajouter les dits blancs doucement avec une spatule en procédant de bas en haut. Ensuite, frigo pendant quelques heures.


Les proportions sont dans l’opus cité.


Que boire avec le chocolat ?


L’amiJean-Luc Thunevin nous dit dans le dernier opus de Gilles Berdin dans la collection autour d’une bouteille (le meilleur) « avec ce type de dessert, nous avons mieux avec notre maury que nous goûterons tout à l’heure… » Bien Jean-Luc, si tu le dis, ce doit être vrai. Mais moi qui ne suis qu'un bulleur je préfère du vif, je n'ose écrire du hard, sur le chocolat. Mais comme il n’y a pas que le chocolat dans la vie, je vous propose de lire ce que dit Jean-Luc à propos du Maury et des liquoreux. Je suis total accord avec lui et comme les pamoisons à leur propos de mes collègues dégustateurs me fatiguent un peu je me défausse lâchement sur Jean-Luc.


CALVET-THUNEVIN-MAURY-2004-copie-1.JPG

 

« Quand on le fait goûter (le maury link), le gens sont séduits mais au moment de passer commande, tout le monde a oublié son existence ! Je pense que c’est pareil pour les sauternes et l’ensemble des liquoreux. Tu fais déguster, la majorité adore, mais ça ne se vends pas. Seul Yquem fait un peu rêver. Il faut être un sacré combattant pour arriver à vendre ce genre de vins, c’est monstrueux. Et pourtant je considère que les gens qui produisent ces merveilleuses bouteilles représentent nos derniers poètes par la méticulosité du travail à fournir… Pour notre maury, Michel Bettane a écrit des commentaires qui sont à pleurer tant ils sont beaux. Parus dans un supplément du Monde, ils nous ont rapporté la vente d’une petite centaine de bouteilles ! Voilà, une critique à mourir et seulement quelques caisses écoulées. »

 

Partager cet article
Repost0
25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 00:09

1005184-Gobe-mouches.jpg

 

L’annonce faite par Gotti – je sais, c’est facile – « Vins naturels : il est grand temps que la bulle éclate »link me fait me gondoler grave car de bulle j’en’ avions point vue sauf du côté des prix des GCC de Bordeaux. Mais bon, passons, c’est de saison de casser du sucre – pas celui de betterave ajouté aux moûts de nos grandes appellations – sur les vins nus. « De circonvolutions en justifications, la mode des vins naturels démontre chaque jour que ce concept n’est qu’un rideau de fumée. » Mais alors pourquoi  vous z’inquiéter Laurent Gotti, la fumée, même de sarments bourguignons, ça chatouille un peu le nez, ça gratouille un chouïa la gorge, mais ça se dissipe au premier coup de vent et, comme la mode c’est du vent, l’ordre éternel des champs règnera vite à nouveau. Si tout ça ce ne sont que des conneries je ne vois pourquoi vous vous mettez en rogne pour une poignée de minables confettis. Mais, comme le disait le défunt cardinal Marty, avec son timbre rocailleux du Rouergue, autant d’opprobre pour quelques vins « ça m’interroge ».


Pour sûr que les bouteilles ne poussent sur les pieds de vigne – y’a qu’un consultant qui puisse proférer une telle ânerie en se croyant drôle – mais il n’empêche que ce sont des cons dans mon genre qui les achètent. Alors,  pourquoi tant de remous dans votre belle bassine bourguignonne qui, comme chacun le sait, ne fait que du bon, de toute façon ce sont les acheteurs qui trancheront. Là, je sens venir une rafale de bobos, de petits cons et connes qui n’y connaissent rien, pour contrer ma bonne humeur. Ben oui, le client a toujours raison me disait mon paysan de grand-père. Si tout ça ne fait que du vinaigre, Laurent Gotti, nul besoin de vous échiner à percer avec votre plume acérée des baudruches, en plus vous pourriez vous blesser, puisque par nature les baudruches se dégonflent toutes seules.  (figuré) (péjoratif) Personne qui n’a que les apparences des mérites qu’on lui prête et qui se dégonfle aisément.


Bien évidemment, loin de moi l’idée de contester votre droit, puisque vous êtes journaliste, de trouver les naturistes « obscènes » – je plaisante bien sûr car moi je ne suis qu’un modeste chroniqueur qui ne comprends pas grand-chose – mais pourquoi traiter avec autant de hauteur un vigneron de la qualité de Jean-Louis Denoix ? Est-ce parce qu’il n’est que Languedocien et qu’il a, au domaine de l’Aigle, acclimaté du Chardonnay et élevé des vins qui valaient bien ceux de chez vous monsieur Gotti. Sa lettre, que j’ai publiée, a le mérite d’ouvrir le débat ce que vous, je le constate, n’appréciez pas. Serait-ce le monopole de la Bourgogne : là je pousse trop loin le bouchon de l’ironie monsieur Gotti. Quand à votre professionnel émérite, il n’a qu’à changer de fournisseur au lieu de verser des larmes de crocodile. Je puis vous assurer, pour fréquenter les dégustations, ça ne manque pas les vignerons. Mais quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage. Franchement, tout ça pour ça, pour une poignée de gus et de filles « cultivant une certaine marginalité », ça n’est pas sérieux, c’est disproportionné, genre marteau-pilon pour écraser une mouche. Vous allez m'objecter que les naturistes occupent tout l’espace médiatique. C'est un peu vrai sans doute car la gente blogueuse, et maintenant journalistiqu,e les adule, à quelques exceptions notables cependant. Je comprends que ça vous agace mais, que voulez-vous dans l'univers compassé, un peu chiant, tristouillard des grands amateurs, ils apportent un peu de fraîcheur, je n'ose écrire de naturalilité de peur de me faire enguirlander. Qu’ils soient parfois chiants, même de mauvaise foi aussi, je vous le concède mais pourquoi ne les laissez-vous pas barboter dans leur petite bassine ? Pourquoi vous dérange-t-il autant ? J’ai du mal à comprendre cet excès d’indignité. 


Depuis que je bourlingue dans les plis de nos beaux terroirs, pas que viticoles bien sûr, et ça fait un sérieux bail, sans bien sûr posséder de quelconques compétences en quoi que ce soit, j’ai appris à écouter, à entendre, à ne pas me laisser emporter par la passion ou me caler dans les positions en béton des « sachants ». Je doute. Pour autant je ne saute pas comme un cabri face aux minorités agissantes « nature, nature, nature… », je n’adule pas les déviances, mais je me dis que les réactions surdimensionnées de ceux qui se disent porte-parole de la majorité, dites silencieuse, traduisent souvent un malaise, un abcès de fixation et, les abcès, monsieur Gotti il vaut mieux les percer au plus tôt. Voilà un beau sujet de débat en votre belle Bourgogne monsieur Gotti… J’ai le souvenir d’être allé l’an dernier à l’invitation du BIVB assister à un colloque sur les « Les vins à forte personnalité : une première en Bourgogne qui ouvre des perspectives intéressantes. »link et force a été pour moi de constater que les rennes du carrosse étaient tenues fermes par ceux qui savent maintenir le chariot sur le bon chemin.


Table-ronde-BIVB.Image-fixe002.jpg

 

Ceci écrit, Laurent Gotti, ne prenez pas ça à mal. Si je suis taquin c’est pour la bonne cause : l’extension du domaine du vin et, comme celle-ci prend de multiples chemins pourquoi diable jeter l’anathème sur des gars et des filles qui empruntent un tout petit routin, des chemins de traverse loin des larges voies habituelles. Ça dérange qui au juste ? Le consommateur ? Absolument pas ! Cela jette-t-il un discrédit sur votre belle région, sur les  « vrais » et « bons » vignerons ? Je ne le pense pas. D’ailleurs, pour la plupart, ils font du Vin de France et, ce n’est pas un débat sémantique sur la naturalité qui permettra de trier entre le bon grain et l’ivraie. C’est si Français de se chamailler pour rien ou pas grand-chose. Laissez donc faire, si ces vins que vous vouez aux gémonies ne sont que des imposteurs ils feront long feu.


Après cet écrit Laurent Gotti peut-être me traiterez-vous de gobe-mouches ?


« Le gobe-mouches avale tout, fruits, textes et commentaires. Il rend tout cela en idées, si l’on peut ainsi dire ; et comme je puis savoir, en ouvrant l’estomac d’un oiseau, quelles choses comestibles il a rencontrées, ainsi le discours du gobe-mouches montre des débris encore discernables des vérités qu’il a rencontrées en son vol de gobe-mouches, bec ouvert, sans choix. Je dis vérités, car tout est vrai, oui, même l’écrit d’un fou, car il est vrai qu’il l’a écrit ; et les sottises elles-mêmes forment une part de l’opinion, qui est considérable. »

Alain, Propos.

 

C'est François Desperriers qui va être content 

Partager cet article
Repost0
22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 07:00

Même si j’ai depuis fort longtemps passé l’âge si ça continue je vais faire une roséole et ne plus pouvoir voir le rosé en peinture. Qu’importe puisque les chantres provençaux nous le chantent sur tous les tons « tout va très bien madame la marquise… tout va très bien » Que le printemps soit pourri, pas de souci, tout le monde va licher du rosé pour chanter sous la pluie. Pour autant je ne suis pas bonnet de nuit j’en accepte l’augure, simplement nous mesurerons à la fin de l’été la hauteur de la vague du rosé.  

 

En attendant, chantons et pour commencer versifions avec ce cher Ronsard en vieux françois…

Mignonne, allons voir si la rose à Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose/Qui ce matin avoit desclose/Sa robe de pourpre au Soleil,/A point perdu ceste vesprée/Les plis de sa robe pourprée,/Et son teint au vostre pareil./Las ! voyez comme en peu d'espace, /Mignonne, elle a dessus la place/Las ! las ses beautez laissé cheoir !/Ô vrayment marastre Nature,/Puis qu'une telle fleur ne dure/Que du matin jusques au soir /Donc, si vous me croyez, mignonne,/Tandis que vostre âge fleuronne/ En sa plus verte nouveauté,/Cueillez, cueillez vostre jeunesse :/Comme à ceste fleur la vieillesse/Fera ternir vostre beauté.

 

Maintenant chantons !


- Rosa rosa rosam rosae rosae rosa rosarum rosis c’est Jacques Brel (1)

- J'avais oublié que les roses sont roses c’est Adamo (2)


Revenons au rosé dans l’ordre d’arrivée des communiqués de presse (les liens ne s’ouvrent que si vous êtes sur Google +)


1-     La Bégudelink 


agneau-042.JPG

2-    Plaimont link et link

agneau-043.JPGagneau-044.JPG

3-    Gérard Bertrandlink 

Bouquet3Bouteille.jpg

 

 

 

 COTE-DES-ROSES-ROSE.jpg

 

Mon Chouchou ci-dessous


petillant_naturel_rosa.jpg

 

agneau-049.JPG

agneau-045.JPG

 

agneau-046.JPG

agneau-047.JPG

agneau-048.JPG

 

La roséole est une maladie virale bénigne causée par un herpèsvirus type 6 (HHV-6). Courante chez les enfants de 6 à 24 mois, elle devient rare après 4 ans.

 

Partager cet article
Repost0
21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 00:09

photo--48-.JPG

 

Sieur Vincent Pousson c’est bien joli de venir à Paris pour écumer les antres à bobos, dont je tairais les noms afin de ne pas provoquer l’ire de leurs zélotes, dans le but non dissimulé de les hacher menue avec dextérité, férocité et, bien sûr, une part de vérité. C’est très bien aussi de chanter sur tous les tons, arrosé de beaux flacons, le museau vinaigrette, la quenelle de brochet de chez Cartet link ; d’attribuer une quatrième étoile au potager d’Alain Passard link . C’est bien trop commode aussi, une fois de retour chez les Ibères – ils habitaient sur la côte Est et la côte Sud de la péninsule – d’arpenter, en long en large et en travers, les bas et les hauts fonds de Barcelona pour nous tartiner, avec virtuosité certes, des idées liquides et solides, pour nous faire saliver, baver d’envie, nous donner la pépie.


Bon Pousson : et les pauvres dans tout ça ? Ton pote Gabin n’aimait pas sa formule-culte « salauds de pauvres ! » dans la Traversée de Paris et tu ne vas pas t’en tirer à bon compte avec une chronique pour les beaux yeux d’Eva « Et si on pensait aux pauvres gens ? »link 


Comment, toi le dénicheur, as-tu pu laisser passer ça ?


1-      c’est l’histoire d’un routier de 48 ans (tu as un faible pour les Routiers Vincent), Miquel, qui vit maintenant « dans une cabane sans eau courante ni électricité, dans une zone boisée à la périphérie de la ville de Terrassa » près de ton Barcelona.


2-     Le gars survivait grâce « aux services sociaux de la municipalité » 2 sandwichs par jour.


3-     Et puis Miquel, nouveau pauvre, le 22 mars dernier s’est retrouvé grâce à Caritas, au premier restaurent espagnol, La Trobada, qui propose le même menu à 2 types de clients : ceux qui peuvent raquer 6,50 euros et ceux qui peuvent pas mais qui donne la main : mettre le couvert, débarrasser les tables…


4-     La cuisine reste l’apanage de d’Expectación et d’Adolfi, deux cuisinières  de profession (photos obligatoires)


5-     « Elles expliquent : nous travaillons avec des fournisseurs locaux et des produits de la région, dont une partie est issue de l’agriculture biologique et du commerce équitable. Nous offrons un menu de qualité à un bon prix. » Ça devrait te plaire Vincent, cet endroit n’est pas « la soupe populaire, mais un restaurant ouvert à tous… »


6-     Tu vois ce qu’il  te reste à faire Vincent écumeur au bec fin et à la dalle pentue, c’est le secrétaire-autoproclamé de l’ABV qui te somme et comme il n’est pas question de jaja dans les extraits de l’article de Paloma Arenós dans la Vanguardia cités par le Courrier International link  , tu pourras compléter notre information et leur fournir des tuyaux du côté liquide.

Merci Vincent pour ta future et déterminante contribution sur la Trobada in Barcelona.


Les mots des pauvres gens par franceinter

Partager cet article
Repost0
20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 00:09

« Marre de vins élitistes et difficiles à appréhender ? » telle est la question posée par la maison Gabriel Meffre sise à Gigondas.

Fort bien, ça part d’une bonne intention, et la réponse est dans les flacons mais comme je n’ai pas eu l’occasion de tremper mes lèvres dans les jus proposés je ne puis vous dire si la promesse est tenue.

Les communicants de la maison Meffre affirment vouloir casser les codes des linéaires vins et pour ce faire il leur suffit de mettre un hippopotame joufflu, jovial, enrobé, sur le bouteille, genre gros marin vu le tatouage sur l’épaule de sa patte droite. Pour autant ça en fait-il un mauvais garçon en référence à la chanson (1) paroles de Jean Boyer. Musique de Georges Van Parys   1936 interprétée par Berthe Sylva (1936), Andrex (1971), Mouloudji (1974), André Dassary (1977), Renaud (1981), Francis Lemarque (1989). La réponse est non, d’autant plus que les noms des cuvées (2) et les visuels évoquent plus les marlous ou les zazous revisités à la sauce sixties : ganpette, rouflaquette, grosses  lunettes de soleil, petit chapeau tyrolien… Je ne vais pas chipoter mais lorsqu’on joue les décalés il faut aller jusqu’au bout de ses intentions et ne pas tergiverser. Les mauvais garçons c’étaient les blousons noirs, des gars qu’aimaient la baston et qui ne fumaient pas la moquette…  

Reste la surprise sur le gâteau, le rosé étant comme chacun sait une boisson de fille, que vient faire cette meuf avec bandana, cheveux calamistrés, yeux faits et bouche rouge baiser pour booster Cool Raoul ? Serait-ce une mauvaise fille ?

(2)

-         Cool Raoul ! pour le rosé Syrah-Grenache

-         Tranquille Émile ! pour le blanc Chardonnay

-         Relax Max ! Merlot

Bon, moi ce que j’en dis c’est pour causer mais comme toute cette littérature m’a été adressée c’est bien pour me faire parler des « vins sérieux qui ne se prennent pas au sérieux ! » de la maison Gabriel Meffre. Je viens de le faire c’est déjà beaucoup et plutôt que du copié-collé j’ai préféré photocopier les papiers (3). Pour être gentil je me contenterai d’écrire que c’est gentillet, c’est même mignonnet, un peu surjoué, et que je ne suis pas vraiment sûr que ça bouleversera vraiment l’ordre éternel des linéaires de Carrefour ou de Système U. Qui vivra verra ! Y’en a certains qui diront que c’est la faute à Evin qu’on a du mal à vendre du vin dans notre pays. Je pose simplement une question basique : combien de pognon ces mauvais garçons mettent-ils sur la table pour que les petits loups et les petites louves aient envie de licher leurs charmantes boutanches ?

 

(1) C'est un mauvais garçon

Il a des façons

Pas très catholiques

On a peur de lui

Quand on le rencontre la nuit

C'est un méchant p'tit gars

Qui fait du dégât

Si tôt qu'y s'explique

Ça joue du poing

D'la tête et du chausson

Un mauvais garçon

(3)

agneau-039.JPGagneau-040.JPG

Partager cet article
Repost0
19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 00:09

Petit bouseux de Vendée, avant de monter à Paris, l’asperge était pour moi blanche point c’est tout. Je l’ai déjà écrit « Avec Marcel Proust et Édouard Manet, les asperges blanches sont de bonne compagnie, avec le vin aussi... »link et l’Asparagus n’était qu’un fouillis de branchages vert que la fleuriste de la Mothe-Achard utilisait pour donner de l’ampleur à ses bouquets ; je trouvais ça moche.


Le vert c’était le poireau même si ce cousin éloigné de l’asperge avait le pied blanc et les feuilles d’un vert plus pétant que celui du chou vert. Je dois avouer qu’au cours de mes jeunes années je n’appréciais que du bout des lèvres tout ce qui était vert. J’étais plutôt friand de patates et d’haricots secs que de vert.


photo--44-.JPG

 

Mais les années passant, et avec la Révolution Verte de certains chefs avec au premier chef Alain Passard, les asperges vertes furent au sortir de l’hiver propulsées au rang de stars. Elles sont dans toutes les belles assiettes avec leur goût  de sauvageonnes car elles se prêtent mieux à l’invention culinaire.


Un peu d’histoire sur cette fille du bassin méditerranéen, de la « famille des Liliacées comme l'ail, l'oignon, le poireau ...ou la tulipe et le lis, l'asperge est un légume-tige que l'on trouve à l'état sauvage ou cultivé. Comme la rhubarbe, l'artichaut, le raifort, c'est une plante vivace qui peut produire jusqu'à 10 ou 15 ans de suite.


« Les Égyptiens offraient des asperges en bottes à leurs dieux.

 

Les Grecs étaient grands amateurs d'asperges sauvages de même que les Romains qui les cultivaient aussi en fosse. Caton donne de précieux conseils sur la culture de l'asperge. D'après Pline les asperges cultivées de la région de Ravenne étaient très réputées, mais ce dernier ne semble guère les apprécier: « La nature a voulu que les asperges fussent sauvages pour que chacun puisse les cueillir et voilà des asperges cultivées. »

 

Suétone rapporte que l'empereur Auguste utilisait volontiers la locution : « En moins de temps qu'il n'en faut pour cuire les asperges. »

 

On sait que Jules César les dégustait avec du beurre fondu.

 

Apicius conseille de les cuire en deux eaux pour les rendre plus fermes et en propose plusieurs recettes dont des sortes de gratin,  patinae, purées à l'œuf relevées de garum et d'aromates.

 

On ne reparlera plus de l'asperge jusqu'à ce qu'elle soit à nouveau cultivée en 1300, autour de Paris, Argenteuil, sa terre d'élection, Bezons et Épinay. Ni le Ménagier de Paris, ni le Viandier de Taillevent n'en font mention et on ignore si les asperges sauvages étaient ramassées. Il semblerait que ce soit les Arabes qui aient introduit l'asperge en Espagne d'où elle gagna la France. » La suite ICI link


photo--45-.JPG

 

Pour les petites louves et petits loups qui ne mettent pas souvent le nez dehors je précise :

 

1-      Que l’asperge blanche est blanche c’est qu’elle ne pointe pas son turion dehors, sevrée de chlorophylle puisqu’elle ne voit jamais le jour elle garde son teint laiteux ;


2-     Que l’asperge violette laisse dépasser un peu de son turion de la butte, et c’est sous l'action du soleil qu’elle devient violette ; elle bronze comme bronzent les cachets d’aspirine ;


3-     Que l’asperge verte pousse à l'air libre et donc est verte sur toute sa longueur ; certaines sont carrément sauvages comme l’écrit joliment Bruno Verjus « L’asperge se cueille en sauvageonne dès le mois de mai, dans les talus et les vignes. Auguste, elle dresse un épi, semblable au blé, sur une tige frêle. Sa saveur presque piquante rappelle la sève de sureau ;


Pages-de-110-asperge.jpg

 

4-     Quand ma mère disait que je poussais comme un asperge elle faisait référence au fait, que pour être tendres, les asperges doivent pousser vite. Il leur faut de l'eau et de la chaleur, un sol léger contenant du sable qui se réchauffe plus facilement que l'argile.


La sauvageonne des vignes est la chérie des chefs de cuisine, pour preuve :


1-      Asperges Vertes des Alpilles fleuries au géranium oseille large de Belleville d’Alain Passard


photo--43-.JPG


2-     Asperges vertes de Sénas, œuf imparfait, nombril de Vénus de Bruno Verjus photo Isabelle Spiri


ecb1a49aa2e111e2938522000aaa21ef_7.jpg 


Reste à relever le défi d’Ophélie qui en tant que Miss Glou Glou nous faisait le coup de l’asperge qui « dégaine l’amertume comme James Coburn la dynamite dans Il était une fois la révolution » pour nous affirmer que « Les asperges, il vaut mieux les avoir en photo que dans son verre de vin »


Là mon verdict est sans appel : avec les vertes sauvageonnes c’est NATURE !


Pour preuve ce j’ai bu ci-dessous photo Isabelle Spiri et si vous n’êtes pas d’accord avec ce mariage contre-nature soit vous pouvez,  si vous êtes un peu barjot, descendre dans la rue pour protester, soit nous proposer un vin plus convenable et présentable.


46774746a2e211e2a9d522000a1fb17d_7.jpg

Pour les préoccupés de leur santé c’est ICI link

Partager cet article
Repost0
17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 00:09

Legifrance-Le-service-public-de-l-acces-au-droit.jpg

 

Suite au beau tacle de Pierre-Olivier Clouet directeur technique de Cheval Blanc sur le nouveau promu l’Angélus link un commentateur fort connu a écrit à mon attention « Donc, on s'intéresse plus à la notoriété et au terroir qu'à la qualité du vin. C'est bête parce que la notoriété et le terroir, ça se mange pas alors que le vin, je le bois. Pas toi ? »


Je dois avouer que ce On tout rond, genre fourre-tout sac de filles sans fond, pronom personnel indéfini de la troisième personne ne s’imposait pas en la matière. C’est le sieur Clouet qui cause « I think Angélus was promoted more for its notoriety than the quality of its terroir. It’s at the bottom of the hill, that hasn’t and won’t ever change” et personne d’autre. Quant à moi, qui bois bien sûr, je suis allé mettre mon nez dans l’Arrêté du 6 juin 2011 relatif au règlement concernant le classement des « premiers grands crus classés » et des « grands crus classés » de l'appellation d'origine contrôlée « Saint-Emilion grand cru » signé par Bruno Le Maire et l’immense Frédéric Lefèvre pour voir comment le vin y est traité. En clair combien le niveau de qualité et constance des vins appréciés par dégustation des échantillons pèse dans la note finale ?


Extrait de l’Article 6 : Examen des candidatures

 

Les critères et pondérations retenus par la commission pour fixer la note des candidats sont les suivants :

 

Pour la mention « grand cru classé » :

 

1. Niveau de qualité et constance des vins appréciés par dégustation des échantillons (50 % de la note finale) ;


2. Notoriété appréciée au regard de la valorisation nationale ou internationale du vin de l'exploitation, de la mise en valeur du site, de la promotion et des modes de distribution (20 % de la note finale) ;


3. Caractérisation de l'exploitation appréciée à partir de l'assiette foncière, de l'homogénéité de ou des entités culturales et de l'analyse topographique et géo-pédologique (20 % de la note finale) ;


4. Conduite de l'exploitation tant sur le plan viticole que sur celui de l'œnologie appréciée en tenant compte de l'encépagement, de la structuration et de la conduite du vignoble, de la traçabilité parcellaire en vinification et des conditions de vinification et d'élevage (10 % de la note finale) ;


Tout candidat dont la note finale est supérieure ou égale à 14 sur 20 est proposé au classement « grand cru classé ».

 

Pour la mention « premier grand cru classé » :


1. Niveau de qualité et constance des vins appréciés à partir de l'excellence des résultats de la dégustation et de l'aptitude au vieillissement (30 % de la note finale) ;


2. Notoriété appréciée au regard de la valorisation nationale et internationale du vin de l'exploitation et de la mise en valeur exceptionnelle du site (35 % de la note finale) ;


3. Caractérisation de l'exploitation appréciée à partir de l'assiette foncière, de l'homogénéité de ou des entités culturales et de l'analyse topographique et géo-pédologique (30 % de la note finale) ;


4. Conduite de l'exploitation tant sur le plan viticole que sur celui de l'œnologie appréciée en tenant compte de l'encépagement, de la structuration et de la conduite du vignoble, de la traçabilité parcellaire en vinification et des conditions de vinification et d'élevage (5 % de la note finale).


Tout candidat dont la note finale est supérieure ou égale à 16 sur 20 est proposé au classement « premier grand cru classé ».


La commission peut décerner des distinctions (A et B) aux vins proposés pour la mention « premier grand cru classé » compte tenu de leur notoriété et de leur aptitude au vieillissement.


Bref comme dirait Bof la qualité du vin pour un « premier grand cru classé » ne compte que pour 30% dans la note finale soit moins que la Notoriété appréciée 35% avec un parent très très pauvre la Conduite de l'exploitation 5%.


Enfin, pour accéder au nirvana A et B c’est encore la notoriété qui se taille une belle part.


I have a dream j’achète un magnum d’Angélus – rêver ne coûte rien – vais-je boire pour 35% de notoriété appréciée au regard de la valorisation nationale et internationale du vin de l'exploitation et de la mise en valeur exceptionnelle du site ? Un peu difficile à avaler tout de même surtout qu'il faut qu’en sus je me tamponne la coquillette du fait que la conduite de l'exploitation tant sur le plan viticole que sur celui de l'œnologie appréciée en tenant compte de l'encépagement, de la structuration et de la conduite du vignoble, de la traçabilité parcellaire en vinification et des conditions de vinification et d'élevage c’est peanuts.


Sans être un grand dégustateur patenté, ça se saurait et GJE m'accueillerait à bras ouverts, je constate que ce classement, du fait de la pondération des critères, vise essentiellement les buveurs d’étiquettes à forte capacité financière. C’est le choix de l’ODG Saint-Emilion que je n’ai pas à contester et que je ne conteste pas. Ce que je n’admets pas c’est que tout ça soit contenu dans un Arrêté Ministériel link. Que vient faire la puissance publique dans cette affaire ? Ce classement est en effet une affaire qui relève du droit privé, de la volonté des parties et non d’un intérêt général supérieur impliquant l’INAO qui, dans mon souvenir, était le garant de l’origine et non un certificateur pour la bonne marche des affaires.


Oui je crois encore savoir boire et lire en même temps, mais comme je ne bois pas des étiquettes je me contente de lire le JORF n°0138 du 16 juin 2011 page 10240 texte n° 50.

 

Passionnant, non ?

 

Sans doute vais-je me faire sonner les cloches mais, rassurez-vous, laissant à l'ODG de saint-Emilion de se dépétrer des recours devant le tribunal adminitratif, je galoperai à brides abattues sur mon beau Cheval Blanc, qu'a tant admiré Thierry Dessauve à la sortie de la dégustation Derenoncourt au George V. Comprenne qui pourra !

Partager cet article
Repost0

  • : Le blog de JACQUES BERTHOMEAU
  • : Espace d'échanges sur le monde de la vigne et du vin
  • Contact

www.berthomeau.com

 

Vin & Co ...  en bonne compagnie et en toute Liberté pour l'extension du domaine du vin ... 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

Articles Récents