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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 00:09

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Nul autre que Jean Carmet pouvait dire à Ardisson à la télévision, avec son air bonhomme, qu’un petit chenin sur une tartine de rillettes c’était un vin du matin.


Samedi après-midi dans ma petite tournée cycliste de Paris, au retour en descendant la rue Claude Bernard je me suis arrêté chez l’ami Bruno Quenioux. La porte à peine poussée un jeune homme me proposait un verre. « Pas de refus… »  Chez Bruno on ne fait pas que philosopher on se lubrifie les papilles. C’était la cuvée de Bourgueil Jean Carmet 2011 par Bouvet-Ladubay.


Jean Carmet comme Jean Bouise, Charles Denner, Noël Roquevert, Jeanne Fusier-Gir, Jacques François, Julien Guyomar, Pauline Carton, Pierre Vernier, François Perrot et beaucoup d’autres, des grands seconds rôles qui étaient, naguère, encore le sel du cinéma, surtout français, avec leur gueule et leur gouaille, ou leur art de composer en un plan et une phrase un personnage.


« Les morts ont souvent un visage qui résume leur vie. Jean Carmet avait une figure pleine d'étonnement, comme mon père ; Barbara, des traits lisses, soulagés ; Claude Berri semblait pour la première fois apaisé et Pialat restait Pialat. Mes morts me nourrissent. » du grand Depardieu l’ami de Jean Carmet.


« Depuis plusieurs années, Jean Carmet se promène dans les vignes du Seigneur.

Le verre à la main, il y attend les amis aux enveloppes encore charnelles pour une beuverie spirituelle au creux d'un nuage paradisiaque qu'il aura dégoté en soudoyant quelque hôtesse lassée de n'avoir pas résolu la question du sexe des Anges.

Le « Petit Cycliste » est déjà là, qui leur fait prendre les Enfants du Bon Dieu pour des Canards Sauvages, tandis que la « Grande Folle » vient tout juste de signer le registre. « Le Vigneron » a fait savoir qu'il aurait un peu de retard …

En attendant, sur Terre, Donatienne a déniché le livre du fiston Jean-François et nous offre une nouvelle version du dossier que L'Encinémathèque a consacré à cet imbécile heureux d'être né quelque part. » la suite ICIlink 


Dans sa filmographie deux rôles aux antipodes m’ont beaucoup marqué en 1972  Maurice Lefebvre, l'ami ballot et cocu de François dans Le Grand Blond avec une chaussure noire d'Yves Robert qui propulsa Jean Carmet dans la célébrité, à partir de ce moment-là, il tournera 6 films par an, dans des rôles de plus en plus importants et en 1974 Georges Lajoie, le bistrotier ramenard, un salaud ordinaire dans Dupont Lajoie d'Yves Boisset un contre-emploi qui lui a permis de révéler la maturité son immense talent. (Voir la vidéo absolument)


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Pour  la cuvée voir ICI link

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 11:00

Charles-Henri est un homme cultivé et lettré : 4 fautes en une seule phrase « Le plateau de fromages, Comté, Epoisse, Mont d'Or, Reblechon, Maroil et Valencay, sous cloche, nous fera grande et belle impression ! De l'odorant, du ragoutant et de l'alléchant ! » dans sa chronique du dimanche 5 mai 2013 au restaurant La Traversière - 75 012 Paris 40, rue Traversière Note : 13/20.


Dans son inimitable blog L'instant Resto « Gastronomique, et Hôtelier, Conçu, Proposé et Animé par Charles-Henri Orliac, Chroniqueur – « Appréciateur » Gastronomique et Hôtelier Indépendant » – sévit toujours sur la Toile avec ses critiques ampoulées qui débouchent sur le vide de l’absence de tout commentaire. Le blog se dit sélectionné par Libé-Food mais n’y apparaît jamais dans le top.


Je suppose que notre homme met toujours en pratiques les « bonnes pratiques » dont il est fier, qu’il joue toujours collectif comme au bon temps où il fit une irruption épistolaire remarquée sur la Toile par les bons soins de l’ami Bruno Verjus. Depuis, Oncle CHO est retombé dans les ténèbres extérieures.


Alors pourquoi lui  consacrer une chronique ?

 

Pour deux raisons :


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1-      Pour vous faire part de l’audience de son blog dans le classement TOP BLOGS - GÉNÉRAL – et GASTRONOMIE de MAI 2013 d’EBUZZING

 

2-      Pour poser la question aux restaurateurs qui « accueillent » ce cher CHO dans les conditions que l’on sait pourquoi le faites-vous ? Qu’en espérez-vous eu égard à ce que ce blog est un zombi sur la Toile ?

 

En effet,  L'instant Resto le  site le plus visité en France occupe la 13 566ième place au classement Général et la 932ième dans la catégorie Gastronomie

 

A titre de comparaison les blogs de deux chroniqueurs culinaires reconnus : Gilles Pudlowski et François Simon : « les pieds dans le plat » et « Simon Says » se situent ainsi dans le classement :

 

Pour le premier « les pieds dans le plat » : 727ième au Général et 132ième dans la catégorie Gastronomie

 

Pour le second « Simon Says » : 3174ième au Général et 450ième dans la catégorie Gastronomie.

 

Bien évidemment, ces deux critiques sont d’abord et surtout des critiques papier et leur blog n’est présent sur la Toile que pour « chasser » une nouvelle chalandise et leur permettre de mieux coller à l’actualité. Tel n’est pas le cas de notre Oncle Cho, qui doit sans doute exercer une autre activité pour vivre. Mais là nous pénétrons dans une zone grise où seuls ceux qui ont eu l’occasion de croiser l’Oncle CHO peuvent s’exprimer. Ils l’ont fait auprès de moi à titre privé… Que voulez-vous c’est la vie que l’on vit et Charles-Henri peut continuer à se vivre comme un grand de la Gastronomie, au moins il se nourrit ce qui n’est pas le cas des pauvres critiques de cinéma, de musique ou de livres. Du côté des vin CHO se contente de les citer : c’est moins risqué.

 

Celles et ceux d’entre vous qui souhaiteraient mieux connaître la vie et l’œuvre de Charles-Henri Orliac Chroniqueur – « Appréciateur » Gastronomique et Hôtelier Indépendant » peuvent faire appel au Taulier qui se fera un grand plaisir de vous communiquer tous les liens nécessaires. Sur la Toile rien ne se perd, rien ne se créé, tout reste virtuel.

 

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 00:09

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C’est le Nhon Keizai  Shimbun de Tokyo qui l’annonce : « Il se peut qu’un jour on ne puisse plus manger de sanuki udon [plat traditionnel japonais composé de nouilles plongées dans un bouillon] link  La quasi-totalité du blé utilisé pour leur fabrication est produite dans l’ouest de l’Australie, où les surfaces dédiées à cette variété diminuent massivement »

 

Ma référence en matière d’art culinaire au Japon est Naomichi Ishigelink. Que nous dit-il sur ces fameuses nouilles ?


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« Les nouilles, un mets on ne peut plus ordinaire, sont peut-être le plat le plus représentatif des différences gastronomiques qui existent entre les régions du Kantō et du Kansaï » Des barrières douanières ayant été installées depuis longtemps sur le route Tōkaidō qui longe le Pacifique, on a fait rapidement la distinction entre la grande région qui étaient à l'Ouest de celles-ci, Kansai, et celle qui était à l'est, Kantō. Aujourd'hui, le Kansai, désigne la grande région d'Ōsaka, Kyōto et Kōbe. Quant à la région du Kantō, c'est bien évidemment celle de la mégalopole formée essentiellement par Tōkyō, Kawasaki et Yokohama. « Il ne s'agit pas là de "régions" dans le sens administratif du terme, mais plutôt historique, économique, commercial et surtout culturel (…) une très grande majorité de Japonais considèrent que « l'âme » du Japon est plutôt à trouver dans le Kansai. »


« En effet, il existe une grande variété de nouilles au Japon mais celles que l’on consomme le plus fréquemment sont les udon et les soba. Les udon sont des nouilles longues et épaisses à base de farine de blé ; les soba sont des nouilles longues et fines à base de farine de sarrasin et de blé. Ces deux sortes de nouilles sont bouillies et servies dans le même type de soupe. Une fois cuites, les udon sont blanches et moelleuses, alors que les soba sont brunes et de texture granuleuse. »


Le modèle établi voudrait que les soba soient les nouilles favori à Tokyo et dans la région du Kantō alors que la région du Kansaï est considérée comme le territoire des udon. La réalité est plus complexe… »


Pour les habitants du Kansaï « la couleur noirâtre des soba est bien moins appétissante que la douce blancheur des udon et en plus, le bouillon des soba leur semble trop salé. »


Pour les habitants du Kantō au contraire « le bouillon à base de sauce de soja usu-kuchi qui accompagne les udon est trop léger et sans saveur. De plus, les nouilles udon sont si épaisses qu’il  est impossible de les avaler d’un coup et la façon dont les gens du Kansaï mordent dans leurs nouilles est considérés comme vulgaire. »


Sachez-le les Japonais sont à l’endroit des pâtes « d’une exigence maniaque, qu’il s’agisse de spaghettis italiens, de nouilles chinoises (râmen), de pâtes à base de farine de sarrasin (soba) ou de blé (udon). Du côté des cuisiniers, on en ferait presque un art, à l’instar du thé. »


Après cette mise en bouche revenons au péril qui menace les nouilles japonaises


« L’Australian noodle wheat [ANW, blé à nouilles australien], un blé à la texture moelleuse qui entre pour environ 60 % dans la composition du mélange de blés utilisé pour les udon, est un produit de niche pour les agriculteurs australiens. Mais son prix de vente à la tonne était en 2011 inférieur de 25 dollars australiens [20 euros] à celui des deux variétés qu’achètent la Chine et les pays d’Asie du Sud-Est.


En 2011 cette proportion est tombée à 12 %, et il semble qu’en 2012 elle ait encore diminué. Inquiets, des représentants du ministère de l’Agriculture japonais et les professionnels concernés rendent chaque année visite aux cultivateurs australiens à l’époque de la récolte pour leur demander de poursuivre la production, mais la tendance ne change pas »


L’Australie, dont la moitié des terres arables est cultivée en blé, était en 2011 le troisième exportateur de blé dans le monde après les Etats-Unis et l’Union européenne. Elle est le deuxième fournisseur du Japon après les Etats-Unis, avec 20 % des importations nippones de blé toutes variétés confondues. La menace vient de la Chine « entre janvier et octobre 2012, l’Australie a exporté 2,26 millions de tonnes de blé en Chine, soit trois fois plus qu’en 2011. »  Comme sur toutes les matières premières agricoles la demande chinoise fait exploser les marchés, tout particulièrement pour les céréales afin de satisfaire la consommation humaine, mais aussi celle du bétail, du fait de l’augmentation de la consommation de viande. L’arbitrage quantité/qualité joue au détriment du Japon.


« La Chine ne se montre pas seulement combative sur le plan des importations ; elle s’emploie aussi à acquérir des terres agricoles australiennes. A la fin de l’année dernière, a rapporté la presse locale, une entreprise affiliée au Beidahuang Trade Group, un grand organisme de production et de négoce agricoles de la province du Heilongjiang, le plus important de Chine, a acquis 23 000 hectares de terres d’excellente qualité dans la Weatbelt « ceinture céréalière », en Australie-Occidentale. »


Pour lire l’article « Menace sur les nouilles japonaises » c’est ICI link


À Paris si vous souhaitez déguster les meilleurs udon allez au restaurant Sanukiya 9 rue d'Argenteuil, 75001link 

 

Que boire avec vos udon ?

 

Bien sûr on peut opter pour du thé, chaud ou froid, ou pour une bière japonaise. Mais votre Taulier lui vous propose d’opter soit pour du saké, soit pour un vin nature d’Inoué Mito vigneronne à Chanonat 63450. Enthousiaste, un fan écrivait « Une vigneronne japonaise en Auvergne!... Ça vous en bouche un coin, n'est-ce-pas ? Et, en plus, elle réalise des prodiges travaille de la façon la plus naturelle possible et n'utilise aucun intrant. Le résultat est remarquable, mais hélas si rare… » En effet, notre vigneronne nippone produit peu de flacons. J’ai acquis en son temps 2 de ces précieux flacons : Chicci un gamay et la cuvée Genki des raisins de roussanne achetés en Ardèche pour être vinifiés en Auvergne, aussi floral que friand et tendu.


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Du côté du saké sur lequel je n’ai pas encore chroniqué car je ne suis pas encore au bon niveau pour le faire, je vous propose la belle préface de Toshiro Kuroda au livre de Laurent Feneau « Sakés » chez Argol 13€.


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En guise de préface

Le saké n’est pas

Le saké n’est pas un brûle-gorge.

Il ne tord pas les boyaux non plus.

Le saké n’est pas à être servi dans une coupelle à double fond,

au personnage poilu.

Il n’a donc pas besoin de serveur asiate aux grands sourires.

 

Le saké n’est pas un spiritueux

Il n’a pas, s’il est bien fait, de distillat d’alcool.

Le  saké n’est pas destiné à la fin du repas.

Il ne choisit donc pas le moment pour être bu : avant, pendant, après et entre-temps.

 

Le saké n’est pas difficile pour la température.

Il ne déteste pas être tiédi, ni ne refuse à être servi frais.

Parce que le saké n’est pas boisé, il ne contient pas de tanin.

Il n’a pas non plus l’acidité saillante de tartrique.

 

Le saké n’aime pas, comme une jeune fille, le temps qui passe.

Il ne vieillit que difficilement, sauf quelques exceptions, qui, elles,

ne détestent pas la marque des ans.

Le saké n’a pas de terroir, puisque le riz, sa matière, aime voyager.

Il ne dépend pas du lieu, sauf pour l’eau de roche à qui il essaie de ressembler.

 

Le saké est cependant tout un monde de saveurs, que Laurent a su si bien décrire.


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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 00:09

Cher Louis-Fabrice Latourlink ,

 

Au tout début d’avril, sur les coups de 5 heures de l’après-midi, je reçu un courrier – presqu’un poulet - Billet doux [Ancien]. Synonyme de lettre – d’une de vos cousines, Bénédicte Poisot,  émigrée dans le Perche, à Moutiers-au-Perche précisément où, avec toute la famille, elle élève des vaches charolaises et des volailles. Que me disait donc cette Bourguignonne d’origine ? Tout d’abord pour éclairer ma lanterne : que Louis-Fabrice Latour venait de lui donner mes coordonnées. Très gentil de votre part me disais-je ! Et puis elle m’indiquait « Nous élevons une poularde, volaille à maturité, la Poularde de Culoiseau que nous distribuons chez de grands restaurants et bouchers. » Pensez bien Louis-Fabrice que le taulier, tel un bon vieux cheval de trait – j’oserais même écrire un percheron – par l’odeur de belle et bonne avoine alléché sentait ses papilles frétiller. Votre cousine poursuivait « Nous avons eu le désir d’associer les vins de la maison Latour à nos poulardes à l’occasion d’un déjeuner de Presse chez Senderens. C’est une mise en commun des compétences familiales magnifiées par le chef Jérôme Banctel  que nous vous proposons de découvrir. »


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Vous me connaissez Louis-Fabrice, si l’on me prend par le flanc des bons sentiments je suis toujours partant. C’est donc avec un réel plaisir, et beaucoup de curiosité que j’ai accepté l’invitation de Bénédicte Poisot. J’adore la volaille, c’est un marqueur de mon enfance, le visage de ma mémé Marie et de sa basse-cour un peu anarchique. « Mon petit gars as-tu pensé à barricader le poulailler ? » me disait-elle. Bien sûr que oui car de les voir ainsi toutes « accoumussées » (serrées les unes contre les autres) sur le perchoir dès que le jour baissait me procurait un sentiment de paix, c’était le rythme naturel du temps. L’odeur du poulet rôti et la douceur de la poule au riz font partie intégrante du socle de ma culture culinaire.


Bien évidemment, l’alliance de la Poularde de Culoiseau et des vins de vos propriétés Louis-Fabrice, chez Senderens de surcroît, me hissait sur les hauts-plateaux de la haute cuisine  française. Mais, comme je m’en doutais, la réception fut sans façon, sans tralala, simple et de bon goût, chaleureuse et familiale. Benoît, le mari de Bénédicte, leur fille étudiante, étaient là accueillants et heureux de nous présenter le fruit de leur travail. Vous Louis-Fabrice n’étiez point des nôtres, et je ne vous en fait pas le reproche car je crois que vous étiez chez nos « amis » anglais à faire votre commerce, ce qui pour un grand négociant bourguignon, président de la Fédération des Exportateurs est dans l’ordre des choses.


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Le déjeuner fut de grande classe par l’excellence de ses mets et de vos vins, mais je ne vais pas tomber dans le travers de certains de mes collègues, qui se prennent pour des chroniqueurs gastronomiques, et vous allécher par une description chantournée des mets. Pour moi un  repas, même de presse, reste un lieu de conversation et de convivialité. Tel fut le cas du déjeuner du 18 avril qui allia la haute cuisine, des vins de haut vol et une atmosphère conviviale, décontractée, permettant d’échanger sans se cantonner à des commentaires sur les vins et les mets. Pour tout vous dire, Louis-Fabrice, je me suis senti l’invité de vos cousins comme chez eux dans cette belle campagne du Perche verdoyante et si représentative de cette France à la Vidal de La Blache que j’aime tant.


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Les mots ont de l’importance. J’y attache une grande importance car ils sont tant et tant galvaudés par les petites plumes des communiqués de presse que de lire en en tête de la belle brochure de présentation des poulardes de Culoiseau : Éloge de la lenteur excite grandement mes neurones, me fait pressentir que chez les Poisot l’authenticité n’est pas un mot galvaudé. Le temps, prendre le temps de laisser au temps d’accomplir son œuvre : ici des « volailles bien faites ». Ce temps qui est de l’argent nous le compressons insoucieux des rythmes biologiques : les poulardes de Culoiseau au plumage roux et aux pattes blanches, sont issues d’une souche ancienne à la croissance lente. Elles sont élevées jusqu’à leur maturité sexuelle, 4 mois, ce qui leur confère une chair persillée, dense, fine et savoureuse. Le bien-manger des poulardes de Culoiseau est issu des céréales cultivées sur l’exploitation des Poisot. Ce sont des agriculteurs, des éleveurs et des commerçants, ce que l’on nomme dans le jargon une TPE.


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Que puis-je vous dire de plus ?


-          Tout d’abord allez visiter le site, c’est simple et de bon goûtlink 


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-          Pour ceux qui n’y irait  pas un peu de géographie « Installé sur les bords de la Corbionne, Moutiers au Perche est un des villages les plus anciens du Perche. Ce ravissant petit village est accroché à la colline du Mont Harou. Il a abrité au VIème siècle la plus ancienne communauté monastique du Perche, fondée par Saint Lhaumer. Cet ermite venu de Chartres a évangélisé les habitants de la forêt qui couvrait alors tout le Perche. Aujourd’hui, ce village d’éleveurs, d’artisans et de cultivateurs de 500 habitants a su conserver une image forte et est classé parmi les plus beaux villages de France. Les chemins de randonnées y sont très nombreux. Un des chemins remarquables est le chemin du « Gué de Culoiseau » qui depuis le centre du bourg, passe devant l’église, gravit le mont Harou et traverse la forêt. C’est dans cet environnement magnifique, dans un panorama admirable, que nous abritons depuis un demi-siècle le cœur de notre élevage. »


-          J’adhère en tant que Secrétaire-Perpétuel autoproclamé de l’ABV  à ce que « La Poularde de Culoiseau est l’héritage de la «volaille du dimanche», à la fois tendre et goûteuse, croustillante et juteuse. À partager tout simplement »


-          Pour « les parigots tête de veau » vous la trouverez : • Boucherie de l'avenir 51, rue du rendez-vous 75012 Paris - 01 43 43 72 80 - • Boucherie Yves Marie Le Bourdonnec 172, avenue Victor Hugo 75016 Paris - 01 47 04 03 28 • Boucherie le Coq Saint Honoré 3, rue Gomboust 75001 Paris - 0142 61 52 04

 

- Que le Corton Grand Cru 2003 « Château de Grancey » était grand et je lui ai fait grand honneur n'en déplaise aux modérés...


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Voilà, cher Louis-Fabrice, ce petit mot pour vous dire merci de m’avoir fait convier à ce déjeuner chez les Poisot, ce dont je suis ravi. Je profite aussi de cette lettre pour renouveler à la famille Poisot mes encouragements et mes félicitations pour leurs volailles bien faites. Avec eux le terroir reprend de sa consistance, de sa substance humaine, cette main qui fait, qui fait bien et qui permet, bien plus que le verdissement de la PAC chère aux gris bureaucrates de Bruxelles, de faire vivre nos belles campagnes, de les entretenir comme un vaste jardin, mosaïque de territoires boisés, enherbés, cultivés et de villages bien tenus et encore peuplés. L’emploi commence par l’infiniment petit, ces mailles fines qui sont la trame de nos pays.


Bien à vous.

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 12:00

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Chers deux amis, grands amoureux du vin et autres plaisirs masculins,


Je sais vous n’êtes en ce pays qui se dit catalan que des branches rapportées, des émigrés, mais comme vous vous êtes bien intégrés dans le paysage de ce département cher à mon cœur vous vous devez de m’informer des grands sujets qui l’agitent. Bien sûr, de temps en temps, notre ami Léon nous conte des histoires d’échanges sur le bord des routes mais là, alors qu’il s’agit d’une drôle de route, dite route neutre, pas un mot sur la violation du Traité des Pyrénées qui n’est pas un simple bout de papier mais le fruit de la victoire de la France sur l’Espagne (ce n’est pas du football, rassurez-vous) en 1653 où après la bataille des Dunes Louis XIV conclut la paix avec Philippe VI.

 

L’article 42 de ce vieux traité prévoyait « le partage des villages de Cerdagne, région jusque-là espagnole, entre les deux pays. Les villages d’accord… mais les villes ? C’est donc au prétexte que le traité ne parle pas des villes que les commissaires chargés d’appliquer les accords sur le terrain laissent Llivia à l’Espagne. Mazarin, qui a pourtant négocié le traité, s’en étonnera plus tard lui-même.» Convenez-en Mazarin ce n'est pas Raffarin, c'est du lourd tout de même.


Vous allez vous exclamer : putain le Berthomeau faut toujours qu’il  étale sa culture comme la confiture sur sa tartine. Pour tartiner, je tartine, mais de culture que nenni : je lis. Comme vous le savez je suis friand de petits livres que je peux glisser dans ma poche. C’est moins encombrant et moins lourd qu’un litron et ça fait moins pochtron pour la maréchaussée qui serait capable de me contrôler positif sur mon beau vélo.


Donc, rue des Écoles, j’ai fait l’acquisition d’un petit opus d’Olivier Marchon « Le Mont Blanc n’est pas en France ! et autres bizarreries géographiques » au Seuil 14,50€ avec la ferme résolution de vous titiller sur la guerre des stops qui a fait rage entre 1973 et 1983 du côté de Llivia, enclave espagnole en territoire français.  En effet, depuis 300 ans, une route française est déclarée « neutre » et réservée à la circulation des espagnols. Mais, « en 1973, la France décide de déclasser cette route : de « nationale », elle devient « départementale ». La bien française nationale 20 qui coupe la route déclassée devient alors prioritaire : on fait installer des stops ». Mais les Espagnols ne supportent pas de devoir s’arrêter sur leur route et font disparaître les panneaux. La guéguerre dure dix ans, pendant lesquels un nombre indéterminé de stops tombent au champ d’honneur. En 1983, enfin, on décide la création d’un viaduc et d’un échangeur : les routes ne se croisent plus, l’honneur des deux nations est sauf. »


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Sauf que le goût immodéré des Ponts&Chaussées Français pour les ronds-points ne déterre la hache de guerre entre les deux parties. En effet, que lis-je dans la Dépêche du 6 mars 2013 « Llivia, l'enclave catalane qui empêche les ronds-points de tourner en rond »link ?


« Les habitants de Llivia, conseil municipal en tête, estiment que ce projet porte atteinte à l'esprit même du traité des Pyrénées. «Dans le traité, il est dit que la ville de Llivia doit bénéficier d'une liaison directe et sans obstacle avec l'Espagne. Or, pour nous, installer un stop sur la route neutre, c'est bafouer le traité des Pyrénées. Voici quarante ans, les habitants de Llivia se sont battus contre une première tentative de l'administration française. Cela s'était soldé par la guerre des stops. Les panneaux étaient enlevés la nuit et les automobilistes ne les respectaient pas», raconte Silvia Orriols Palmero, la jeune maire de Llivia. Elle redoute un soulèvement populaire et des routes barrés, lorsque, dans quelques semaines, le chantier du double rond-point avec stop va démarrer sur la fameuse route neutre D68/N154 tantôt espagnole, tantôt française. Et elle en appelle à la commission internationale des Frontières. »


Comment n’avez-vous pas eu le réflexe de porter cette importante et douloureuse affaire à mon attention pour que je puisse aller interpeler Manuel Valls qui, de par ses racines catalanes se serait penché sur cet épineux dossier pour le régler ? J’en reste pantois. Si le Pousson l’avait su lui pour sûr qu’il aurait rameuté ses fans et ses « fanettes », la moitié de la blogosphère, son copain Nicolas,  pour apporter son soutien aux 1 388 habitants de Llivia et à sa jeune maire  Sílvia Orriols Palmero. Même qu’il serait venu sur son beau vélo à la rencontre des révoltés. Et vous, qu’avez-vous fait ? Rappelez-vous la révolte des soutifs à Banyuls link bien sûr beaucoup mobilisatrice, plus attractive que celle d’un petit peuple opprimé par le rouleau compresseur de l’Administration.


Pour vous faire pardonner, même si je peux comprendre que vous n’en ayez rien à péter du Traité des Pyrénées, je vous demande de me tenir informer de l’évolution de cet épineux dossier. En effet, mes services me signale qu’outre le tabac le vin n’y est pas cher link mais de quels vins s’agit-il ? Pourriez-vous éclairer ma faible lanterne ?

 

Bien évidemment cette affaire ce n'est pas Marignan 1515 cher à nos coeurs mais ça vaut tout de même un bon coup de carignan pour ma pomme.

 

Merci par avance, chers amis, pour votre contribution à la résolution des graves conflits qui troublent la bonne marche de notre joli monde mondialisé ?

Je vous embrasse.

Un taulier qui a négocié avec le petit père Rocard l’entrée de l’Espagne dans ce qui était alors la Communauté Européenne, à Llivia y sont restés sans doute sur le palier.

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 11:18

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Rien ne m’énerve plus que le spectacle 100 fois rejoué, surjoué, de la classique partie de ping-pong entre les chevaliers à la triste figure, en blouses blanches : ça pause, prohibitionnistes masqués, hygiénistes de pacotille, adeptes de la communication-provocation et les offusqués, les gens du vin d’abord, ceux qui le font qui se sentent agressés, ce que je comprends bien sûr, c’est leur vie et le double langage de la célébration économique et de la stigmatisation leur est insupportable ; mais dans ce groupe se nichent aussi les méprisants, les esthètes, les grands amateurs qui au nom du boire moins mais boire mieux tout en regrettant la baisse de la consommation, voudrait nous faire accroire que l’on boit du vin uniquement pour son goût.


Je signe des deux mains ce qu’écrit Jean-Pierre Poulain Professeur de sociologie à l’université Toulouse-II-Mirail auteur du Dictionnaire des cultures alimentaires. « J’ai proposé l’expression, « la dérive «gustronomique» pour rendre compte d’un phénomène qui a déjà eu lieu dans le vin et qui est en train de se produire dans la gastronomie. C’est un phénomène de réduction de l’expérience alimentaire à sa dimension gustative. Or, l’expérience gastronomique, c’est beaucoup plus que le goût. C’est aussi l’échange, la convivialité, le plaisir et elle se prolonge des heures durant après le repas. Vous voulez apprendre à déguster le vin ? En trois heures, je vous apprends 200 mots pour briller dans les salons. Mais, le vin, c’est bien autre chose. Il y a toute la dimension festive, et surtout le vin, c’est aussi de l’alcool. La nourriture et le vin modifient les états de conscience et changent les relations entre les individus ; c’est cela la gastronomie. On a la chance d’avoir une culture de l’ivresse. Personne ne peut croire que l’on boit le vin uniquement pour son goût. C’est la grande usurpation de la fin du XXe siècle. »link

 

Le vin ne doit donc ni être stigmatisé, ni victimisé. Il tient sa place, rien que sa place et depuis ces dernières années il a changé de place. « La bière reste la boisson la plus consommée par les jeunes hommes de 18 à 25 ans (39,3%), suivie des alcools forts (29,5%), du vin (22,4%) et des autres alcools (9%). Chez les jeunes femmes, le vin est la boisson la plus courante (14,3%) devant les alcools forts (11,1%), la bière n'arrivant qu'en troisième position. » Affronter la réalité des évolutions sociétales vaut mieux que de brasser des phantasmes ou des représentations idéales. Les batailles de chiffonniers, cette façon d’engager l’analyse sur des présupposés, des vieilles lunes ne mène qu’aux invectives, à l’immobilisme, aux batailles de chiffres, dont la plus sinistre le nombre de morts, à des conclusions qui ne permettent pas de faire régresser le fléau qu’est l’alcoolisme. Le débat, si je puis m’exprimer ainsi, vient de rebondir avec la publication mardi 7 mai par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). L'alcool est, selon l'étude, la « substance psychoactive la plus précocement expérimentée à l'adolescence » « Un collégien français sur six et trois lycéens sur cinq reconnaissent avoir déjà été ivres. Effectuée à partir de données fournies par deux enquêtes scolaires internationales, l'étude montre que les comportements d'alcoolisation effective, comme les ivresses, augmentent rapidement pendant les années de collège et de lycée : alors que 7% des élèves de 6e admettent avoir déjà été ivres, le taux atteint 69% en terminale. link et link

 

Se référer à l’alcool est sans contestation possible le facteur commun des boissons alcoolisées, dont le vin fait partie, et c'est scientifiquement correct mais l’étude des comportements, de leur évolution, tout particulièrement chez les jeunes, doit être menée avec beaucoup plus de finesse et d’à-propos. La manipulation, l’honnête comme la malhonnête, de statistiques globales (1) n’apporte que des indicateurs, elles mettent tout le monde dans le même panier, sans nuance, et surtout elles sont incapables de traduire la vie que l’on vit. Lire « le vin est un produit plaisir créateur de sociabilité » de Jean-Pierre Corbeau, sociologue :link Vouloir faire le bonheur des gens en leur lieu et place, la « maximisation du bonheur » chère aux philosophes utilitaristes conduit par Jeremy Bentham au XVIIIe siècle, encadrer par des règles précises ce qui relève du plaisir ou de la douleur dans notre activité humaine, étrange calcul du « bonheur et des peines », part d’un bon sentiment mais conduit tout droit à l’édiction de règles autoritaires qui détruisent le libre-arbitre, étouffent la responsabilité individuelle. Seul l’expert détermine ce qui est bon pour nous. Lire ce qu’écrit Jacques Dupont dans son dernier opus « Invignez-vous » page 52 et suivantes. Je pondrai une chronique sur ce livre d’un honnête homme au sens du XVIIe siècle…  

 

La réalité, la vie que l’on vit, n’est pas un décor de théâtre, ni un espace froid de laboratoire avec des cobayes, comme le fait justement remarquer le professeur Xavier Pommereau, pédopsychiatre au CHU de Bordeaux, qui estime que « les jeunes ne vont sans doute pas réduire leur consommation d'alcool dans cette morosité ambiante. « Il faut arrêter de délivrer aux enfants systématiquement un discours négatif, de leur dire que la planète est foutue, que la crise économique les attend, tout en leur mettant la pression à l'école », remarquait le médecin sur 20minutes.fr, en 2011. Et d'ajouter : « C'est ce qui explique qu'en fin de semaine, ils veuillent se lâcher. »


J’ai suffisamment écrit, ferraillé, à ce sujet sur mon espace de liberté pour en tenir une comptabilité : l’ANPAA, Sandrine Blanchard du MONDE et le premier verre, la stratégie du Pr Got, le combat du Dr Ameisen… mais je ne puis laisser passer ce goût jamais rassasié pour les affrontements bloc contre bloc, entre-soi, qui tournent toujours à l’avantage des hygiénistes car, que ça nous plaise ou non, la majorité de l’opinion publique leur prête une oreille attentive et apeurée. Tant que les gens du vin ne mèneront pas d’une manière décomplexée, en s’appuyant sur la bonne image qu’a reconquise le vin ces dix dernières années, sans tomber dans l’esthétisme des grands amateurs ou le mépris de la consommation populaire, la « bataille » de l’art de vivre, du mieux vivre, de la culture du lien social où le vin a sa place, dans une société française inquiète, pessimiste qui cultive le bonheur à domicile en faisant des enfants, la cuisine et les petites bouffes avec vin compris, nous nous tirerons des balles dans le pied sans pour autant faire régresser l’alcoolisme. C’est navrant. Ça me navre. Mais qui puis-je ? Écrire une énième chronique sur le sujet.

 

Hier, j'étais à Clermont-Ferrand, l'un de mes interlocuteurs connaissant mes affinités pour le vin m'a convié à déjeuner chez un caviste restaurateur. Nous avons beaucoup parlé de lait bien sûr mais à la fin du repas ce père de famille, 3 enfants, m'a fait part de son désarroi face à la fin de semaine des jeunes. C'est un vrai sujet de préoccupation, alors il nous faut nous en préoccuper comme des adultes responsables et non comme des militants d'une quelconque cause...


(1)    Jacques Dupont Le POINT Lobbies et statistique « La France serait donc un repaire d’alcooliques qui s’ignorent. Du moins si l’on en croit la dernière publication signé Catherine Hill et de quatre autres spécialistes dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire. On peut tout de même s’étonner du contenu, de la méthode d’analyse et des conclusions de ce rapport. Interrogée par le journal Le Monde au sujet du nombre de décès provoqués par l’alcool : 28000 lors « d’une précédente enquête » et 49000 aujourd’hui, voici ce que répond Catherine Hill : « Nous avons multiplié la consommation déclarée par 2,4 pour l'ajuster à la consommation estimée par les ventes. » A partir de quelles base scientifique ce coefficient de 2,4 et quel rapport avec le nombre de morts. Faut-il en conclure qu’en appliquant un coefficient multiplicateur à la « consommation déclarée » on a aussi bricolé le nombre de décès avec un coefficient « en rapport » avec les ventes ? Rappelons tout de même que tout ce qui est acheté en France ne l’est pas forcément par des français et encore moins consommé par eux. La France accueille chaque année 90 millions de touristes qui ne boivent pas que de la grenadine et ne viennent pas chez nous uniquement pour s’intéresser à la vitesse de la marée au Mont-Saint-Michel… Si en France, les lobbies médicaux qui voudraient nous « faire vivre dans un jardin d’enfants » comme le disait Gérard Oberlé, méprisent la gastronomie et le vin, ceux qui nous visitent le font la plupart du temps pour découvrir ce qu’on appelait autrefois « l’art de vivre » à la française. La même Catherine Hill, dénombrait en 1995 45000 morts dus à l’alcool, soit 4000 de moins qu’aujourd’hui. Cela prouve déjà la nullité des pratiques dictées par les lobbies hygiénistes et médicaux, la fameuse loi Evin, appliquées depuis 1993. Cette loi, qui comme les auteurs de ce rapport, met dans le même sac les alcools industriels, le vin qui relève d’une toute autre approche culturelle et historique et le tabac… Le professeur Robert Proctor, historien des sciences à l’Université de Stanford, auteur du best-seller « Golden Holocaust», relevait que seuls 3 % des buveurs d’alcool sont dépendants alors que 80 à 90 % des fumeurs sont addicts. Si les chiffres de madame Hill sont vrais, et que l’alcoolisme progresse, alors il convient très vite de remettre le vin à l’honneur en France. Sa consommation s’est divisée par trois depuis 50 ans sur le sol national, tandis que depuis 2007, les ventes de vodka et de bourbon ont connu une progression de 47%. Cela signifie que comme le souligne nombre d’experts étrangers, le vin de par l’éducation qui doit accompagner sa découverte, constitue un excellent rempart contre les conduites à risques. »


(2)    LA SANTÉ EN CHIFFRES ALCOOL Comité français d’éducation pour la santé link

 

CONCLUSION : « La diminution de la consommation d’alcool depuis une trentaine d’années est le signe de l’évolution des  modes de consommation des Français. Comme le soulignent différentes études, on assiste à une diminution sensible de la consommation quotidienne au profit d’une consommation au cours des week-ends. Les disparités entre sexes restent élevées : boire régulièrement ou en quantité demeure un comportement beaucoup plus fréquent chez les hommes.

En dépit de cette baisse générale de la consommation, l’alcool reste l’un des déterminants majeurs de maladies et de morts potentiellement évitables, et des inégalités sociales face à la santé. La consommation excessive d’alcool est impliquée dans la survenue de 16 000 cancers par an, de 10 000 décès par traumatismes (accidents, suicides, homicides), de 10000 maladies gastro-intestinales (y compris cirrhose), de 10 000 décès liés à des maladies mentales et cardiovasculaires. Elle est également une cause importante d’accidents, en particulier de la route, et de diverses violences.

Face à la communication puissante des alcooliers, les efforts des politiques publiques doivent être poursuivis et amplifiés :

- en renforçant l’application de la réglementation;

- en développant encore davantage l’information du public

Les programmes d’éducation pour la santé des années à venir devront aussi :

- aider ceux qui ne boivent pas ou qui boivent peu à faire respecter leur choix;

- aider la population à quantifier la modération (développer la notion de seuil de consommation à moindre risque) et accompagner cette information d’une argumentation précise fondée sur des éléments scientifiques indiscutables : seuils de toxicité, niveau de risque, etc.;

- aider les consommateurs à risque à diminuer leur consommation.

L’ensemble de ce programme passe par des actions de communication publique et d’information, mais aussi par des actions de proximité et une implication renforcée de tous les acteurs de santé : personnels éducatifs et sociaux, animateurs spécialisés, personnels des associations, professionnels de santé et structures spécialisées. La cohérence et la synergie des actions de prévention sont nécessaires.

Un travail d’amélioration des indicateurs de suivi de la consommation d’alcool par la population, de la morbidité et de la mortalité liées à l’alcool est en cours. Un travail pluri-institutionnel de tous les producteurs de données est nécessaire. »

 

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 00:09

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Imaginez-vous la scène, sitôt après avoir attaché sa flèche d’argent à un vulgaire poteau de signalisation,  votre Taulier s’est attablé en une fin de matinée radieuse, fort intimidé car entouré que de beaux nez exercés, des gorges profondes aux papilles surentraînées, des preneurs de notes sur carnet distribué à cet effet. Dans ses petits souliers quoi, pétrifié, cerné, prêt à rendre son tablier mais, à la guerre comme à la guerre, prêt à affronter avec le sourire l’épreuve des Anjou blanc de garde, fait pour durer, putain 17 vins ! Que du chenin sur schistes qui dit le Patrick Baudouin qu’il connaît bien. Ne va pas lui dire que chez les bobos et les bobottes le schiste a depuis quelque temps mauvaise presse, il sent le gaz qui disent les écolos. Mais comme notre Patrick il est bio depuis une éternité je vais l’écouter même si notre Tonton David à nous, citoyen de sa Très Gracieuse Majesté, adepte de la moto plutôt que du vélo, dit qu’il n’est pas géologue et qu’il s’en fout un peu car le sujet lui semble relever plutôt d’un débat sur le sexe des anges… (Lire ICI link) Un ange passe et moi je fais semblant de prendre des notes pour ne pas prêter le flanc à l’accusation récurrente dont je suis l’objet : ma légèreté blâmable.


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Mais pour démonter notre Patrick il en faut plus que ça, même Raymond Devos n’y serait même pas arrivé. Plein de sève il plaide Patrick. Il veut convaincre Patrick, nous convaincre que son beau chenin sur schiste est un authentique passeur de terroir. Ce serait donc lui ce fameux lien que tous les détectives communautaires veulent voir mettre à jour pour que nos beaux discours mettent un peu de chair dans les cahiers dont on dit qu’ils sont des charges. Étrange appellation pour ce qui devrait être une ardente obligation pour tous les vignerons. Que voulez-vous c’est l’origine qui est contrôlée, le chenin de Patrick et de ses collègues il est né sur des schistes. Alors, va pour les schistes, la parole est à la défense « Planté sur un socle précambrien (formé il y a 500 millions d’années) et paléozoïque (l’ère primaire) de schistes ardoisiers aux allures de millefeuille avec aussi des roches magmatiques, des rhyolites, des spilites… le chenin transmets à ses raisins les sols dont il est issu, qui ne sont pas sans rappeler… le système des « climats »


Mais qui c’est ce chenin ?


Son histoire est intimement liée à celle de la Loire, sa présence est attestée dès l’an 845 à l’abbaye de Saint-Maur, sis entre Saumur et Angers. Donc ce n’est pas un jeune homme, douze siècles ça classe son cépage et puis David souviens-toi qu’en 1154, un certain Henri II Plantagenêt, devenu roi d’Angleterre, l’exigeait à sa Cour. Bon, ce garçon, se pare de plein de noms : franc blanc, plant d’Anjou, plant de Brèze, pineau de Loire mais c’est Rabelais dans Gargantua qui met tout le monde sur le vrai chemin : c’est le chenin en référence au mont éponyme où Thomas Bohier, seigneur de Chenonceau, l’implanta en 1445. Alors Jean-Luc la merluche défile avec ses balais à la Bastille pourquoi ne pas appeler à la rescousse un curé jureur révolutionnaire, Jean-Alexandre Cavoleau, écrivain et agronome reconnu, qui en 1827, estimait que le succès des chenins de Loire, bien qu’éclatant, n’était pas à la hauteur de la qualité des vins. « Les bons vins d’Anjou (produits de pineau blanc) ne sont pas estimés ce qu’ils valent. Il est peu de vins blancs en France qui leur soient préférables. » Amen, mais la messe n’est pas dite.


En effet, suite aux ravages du phylloxéra, le vignoble d’Anjou s’est ensuite essentiellement replanté en cépages rouges dont les vins clairets correspondaient à une nouvelle demande. Au milieu du XXe siècle, les rosés-d’anjou, les cabernets-d’anjou et les anjous rouges ont pris le pas sur les anjous blancs. Seuls les chenins blancs moelleux ou liquoreux de grandes réputations continuaient de camper sur le territoire : coteaux-du-layon ou de l’aubance, quarts-de-chaume, bonnezeaux… Nos chenins secs ne représentent plus que 5% de l’appellation Anjou. Une niche diraient les économistes, pour moi un terroir de reconquête pour sortir l’Anjou de sa banalité. Quand je vois, pour d’autres produits de bouche, les « efforts d’imagination » que déploient les créatifs, les marqueteurs, pour nous faire accroire que ces produits formatés ont des racines dans le terroir, je me dis que je ne vois pas au nom de quoi nos amis vignerons en nos vraies appellations ne mettraient pas en avant cette merveilleuse conjugaison entre la main de l’homme et là où celui-ci a implanté et développé, depuis des millénaires, des ceps qui ont la tête en l’air mais les pieds dans une terre choisie. Foin d’arguties, si ces vignobles ont traversé le temps ça ne doit rien au hasard.


Reste à nos éveilleurs de terroir, convaincus qu’ils sont de l’extraordinaire potentiel qu’ils détiennent, à faire sortir leurs vins de leur relatif anonymat. Leur labour est profond, leurs efforts acharnés, leurs soins attentifs, ils travaillent davantage les sols, réduisent les rendements au profit de la concentration, cherchent les maturités sans lourdeur, affinent les élevages. Pour faire plaisir à Tonton David, tous en chœur proclamons « « L’Anjou blanc is back ! » Moi je suis réceptif, j’aime les gens qui se retroussent les manches pour faire, bien faire. Que le chenin soit un cépage plastique par excellence parce qu’il laisse s’exprimer le terroir je suis prêt à le croire. Né dans ces terres rarement limoneuses qui ne retiennent pas l’eau, le chenin peut gérer ses besoins en eau en allongeant ses racines au travers de la pierre. Grâce aux schistes, me dit-on, son profil aromatique s’affermit avec les années : floral et fruité en sa prime jeunesse, il peut être assemblé à 20% de sauvignon ou de chardonnay dans sa déclinaison anjou de printemps.

 

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Mais tout cela est bel et beau mais qu’ai-je fait de mes graffitis de dégustation ? Rassurez-vous pas des confettis mais pour autant je ne me sens pas d’attaque pour vous en infliger la lecture. Ce que je puis vous dire, c’est la grande majorité des prix sont doux, raisonnables mais avec des écarts importants ce qui sur les 15 vins présentés nous donne : 8 vins entre 5 et 10€, 3 à 12€, 2 à 16 et 18€, 1 à 21,4€ et 1 à 30€.


Hormis Le Cornillard 2010 de Patrick www.patrick-baudouin.com , le sec de Juchepie Le Clos 2010 d’Eddy Oesterlinck www.juchepie.com et le Coteaux des Treilles 2010 du domaine Pithon-Paillé www.pithon-paille.com  qui sont tout en haut de la fourchette que j’ai particulièrement apprécié, je cite :


-          La Chapelle 2011 du Château de Fesles


-          La Varenne Combre 2011 du domaine Les Grandes Vignes www.domainelesgrandesvignes;com


-          Les Ardoisières 2010 du château Princé www.chateaudeparnay.fr


-          Expression du Chenin 2009 du domaine des 2 moulins www.domaine2moulins.com


Mais ce qui est important, car ce ne sont là que mes goûts personnels, c’est que la palette des vins présentés me semble représentative d’un excellent niveau global de ces chenins d’Anjou. Sans doute le chemin collectif reste long, et je l’espère pas trop périlleux, mais sur la base de ce que j’ai  dégusté je suis persuadé que les amateurs trouveront leur bonheur et démentiront ce que déplorait, il y a de cela plus de 35 ans, Pierre-Marie Doutrelant dans son livre collector « les bons vins et les Autres » au Seuil 1976 « Mais où sont passés les anjous blancs d’antan ? Alors qu’hier on s’exclamait ; quel grand vin blanc et qui vieillit bien ! »

 


Raymond Devos la mer par susacacon

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 00:09

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Assez beurk à première vue le pouce-pied, pas très sexy, même s’il fut, en un temps lointain, considéré, à tort, comme aphrodisiaque, et qu’à première vue il ressemble à un nid moussu de phallus dressés et belliqueux. Un chroniqueur n’y va pas par 4 chemins « s'ils vous dégoûtent, je ne vais pas vous forcer. Mais si vous y goûtez, il faudra vous les arracher des mains. » Pour vous le présenter, en ce lundi post-manif balai, je me suis permis une fine allusion à une expression qui colle bien, comme les pouce-pied à la roche, à l’air du moment « voter avec ses pieds ». Je n’en dirai pas plus, le « sortez les sortants » a pour moi trop l’odeur fade d’un papetier de Saint-Céré qui a fini ses jours à l’Elysée de Mitterrand, le Tonton de Jean-Luc la merluche. Pour me requinquer je suis donc allé chercher, en Basse-Bourgogne, deux roturiers : de Moor et Pico pour arroser mes pouce-pied. Pour les charrier un chouïa je les ai qualifié de néo-minéral, faut bien prendre son pied comme l’on peut. Y’avait du soleil sur la terrasse, les petits oiseaux chantaient, Voulzy chantait Belle-Ile en mer, les parigots tête de veaux partis sous les ponts, pardon faire le pont, j’avais endossé ma marinière pour m’attaquer pied à pied à mes pouce-pied qui demandent une certaine dextérité pour les décortiquer : il faut relever le bec du capitulum triangulaire formé de plaques de tailles inégales puis tirer délicatement pour extraire la chair comestible du pédoncule cylindrique. Attention au jet d’eau sous pression sinon votre belle barboteuse du dimanche sera constellée de gouttelettes orangées.


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Moi mes pousse-pieds je les ai trouvé à L'Ecume Saint-Honoré 6, rue du Marché Saint-Honoré Paris 1er chez l’un de mes poissonniers préférés : Jacques Godin. Ça vaut mieux, c’est moins dangereux que de s’encorder au pied de falaises inaccessibles de Belle-Île battues par les flots et les vents. Comme le souligne avec humour un chroniqueur « les ramasseurs de cette espèce sont donc soit des connaisseurs, soit morts noyés. ». Comme je ne vais pas jouer au spécialiste que je ne suis pas, je cite un autre chroniqueur : « À Belle-Île, où il prolifère, faisant vivre une communauté de pêcheurs, le liseré rouge qui borde sa tête lui a valu le surnom de «bec rouge». Ailleurs, sa présence reste très localisée : on en trouve entre l’île d’Yeu et Roscoff, surtout sur les falaises de la presqu’île de Crozon fermant la baie de Douarnenez […] Sa pêche… n’est ouverte que huit jours par mois et ferme en juillet/août. Une cinquantaine de tonnes de pouces-pieds seraient arrachées aux bas des falaises belliloises chaque année, chiffre minimisé, au vu des prises non déclarées. »


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Le pousse-pied, ou pouce-pied ou encore anatife comme vous l’avez compris est un drôle de crustacé qui adore les roches abruptes battues par les vagues car ça lui assure d’être tranquille pour proliférer en groupe sans avoir à se soucier du pire des prédateurs : l’homme. « Le pied qui lui permet de s’accrocher au rocher, musculeux, est couvert d’une peau noirâtre. Lorsque sa coquille s’ouvre, de petites pattes brassent l’eau qui baigne les branchies. En près de deux ans, il atteint une taille commercialisable, de 3 à 15 centimètres de long. Plus il est court et trapu, plus sa chair est charnue. »


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Un peu d’Histoire comme toujours. F. Zégierman, qui a consacré sa vie à sillonner l'Hexagone pour aller chercher sur le terrain sa propre vision géo-ethnographique, note que le petit peuple « qui ignorait que ce crustacé était hermaphrodite et n’avait pas de cœur, l’a paré de vertus amoureuses et de pouvoirs aphrodisiaques du fait de sa forme phallique. » Érudit, il nous apprend qu’ « au Moyen Âge, on prenait ces crustacés pour de oisillons nés d’arbres magiques, nourris aux eaux marines. Cette procréation miraculeuse autorisait à les manger en période de carême. Les Britanniques ont repris cette coutume au point que le pouce-pied porte le nom de «barnacle», dénomination empruntée à l’oie sauvage arctique migrant en Angleterre l’hiver. Ce nom est revenu en France pour désigner le pouce-pied, toujours dénommé «bernache» en certains endroits de Bretagne. Il y a un demi-siècle, les jours de pénurie de poisson, certains se rabattaient sur sa cueillette, partant à bord de chaloupes sardinières, armés de pioches, de piolets pour les détacher. »


« Le pouce-pied est une espèce fragile à cause de sa faible productivité liée à une croissance lente et une implantation réduite dans un biotope très particulier. La surpêche dont il a fait l'objet a conduit à un fort déclin de ses populations dans plusieurs régions. Aussi sa pêche est soumise depuis plusieurs années à des quotas très stricts. En France, la période de pêche est de quatre mois environ (janvier à mars et septembre à novembre) et le quota est de 3 kg par pêcheur 4,15. En Galice, la pêche est autorisée de novembre à mars, ce qui correspond à la période de reproduction du pouce-pied (mars à septembre). Le quota y est fixé à 6 kg par jour et par pêcheur et la taille minimale est de 4 cm de longueur totale. Cette dernière est difficile à appliquer en raison de conditions d'extraction particulièrement acrobatiques et de la tendance qu'ont les juvéniles à s'agréger sur les pédoncules des adultes »


« De nos jours, le pouce-pied peine à s’attirer les faveurs de la clientèle française, rebutée par son apparence, au plus grand bonheur des gourmets espagnols (qui s’en régalent en tapas) pour qui les rochers de Galice ne suffisent pas à assurer la consommation et qui doivent se tourner vers la France ou le Maroc. »

Lire, coïncidence, les grands esprits se rencontrent, une chronique de Luc Charlier : C’est à Espinho, un peu au sud de Porto, sur la terrasse d’un hôtel – on voit que j’ai lu Flaubert – que j’ai dégusté pour la première fois des perçebeslink

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Pour finir sur une note doublement dégustative et pour bien comprendre mon ressenti face au caractère « caoutchouteux » de la chair du pouce-pied, plus tendre que celle du bulot, je vous livre une citation de ma chronique de samedi après-midi ( à lire ICI link ) « pour les Chinois, une palette d’exquises sensations est offerte par les… dents. » c’est le kou gan. Les Français demandent souvent « Pourquoi aimez-vous tant l’holothurie, cette énorme limace de mer, puisqu’elle n’a aucun goût ? »  La réponse est « allez faire comprendre que l’holothurie apporte une sensation indescriptible aux dents du gourmet chinois. Il faut être en mesure de sentir cette esthésie pour pouvoir se régaler de l’holothurie ou de bien d’autres mets chinois. »


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Le mariage entre mes pouce-pied et mes deux vins du parti néo-minéral : le Bourgogne aligoté 2011 d’Olivier et Alice de Moor et le Chablis 2011 de Thomas Pico m’a révélé une palette de sensations par mes dents dont l’expression écrite est difficile à exprimer mais qui équivaut à une forme de baiser plein de dents, fougueux et long, à perdre le souffle. Si vous croyez que j’exagère faite l’expérience, les yeux fermés, je n’ai pas écrit à l’aveugle, vous verrez – oui j’ose tout aujourd’hui – vous serez excité et vous prendrez votre pied.

 

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Pouce-pied. Une pêcherie confidentielle link

 

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Le pouce-pied link 

 

Reportage sur la pêche de ce crustacé très rare, le pousse-pied, dont Belle-Ileest la grande productrice, et les espagnols les consommateurs le 19/02/1988 - 22min40s link 

 

« Reportage sur la pêche de ce crustacé très rare, le pousse-pied, dont Belle-Ile est la grande productrice, et les espagnols les consommateurs. Pêcheurs s'équipant pour la pêche aux pousse-pieds. Conditions difficiles : la pêche n'est autorisée que du 15/9 au 15/1 ; le pousse-pied vit en grappe sur les roches déchiquetées à la base des falaises exposées au grand large. Pêcheurs descendant la falaise en rappel et détachant les pousse-pieds au burin, suspendus à la falaise par une corde, vagues venant les frapper régulièrement. Interview de différents pêcheurs : certains possèdent une licence, d'autres travaillent en toute irrégularité. Remontée des sacs de pousse-pieds qui sont pesés à l'arrivée et achetés par des espagnols qui font régulièrement le trajet. Le coquillage est acheminé soit par la route soit par la mer. Un pêcheur voudrait une meilleure organisation de la pêche pour la sauvegarde du patrimoine et un meilleur profit. »

 

 

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 00:09

L’idée me trottait depuis longtemps dans la tête. Trouver un format court, ne riez pas, qui m’obligerait à faire court. Dans l’une de mes razzias de livres j’ai acheté l’autre jour un petit livre tout blanc, de Jean Clausel, aux Éditions des Cendres, « Cartes postales de mes cuisines ». Voilà, emballé c’est pesé, un recto-verso : une photo et quelques signes griffonnés sur le coin d’une table de café, de bistro, de buffet de gare, de resto chic ou de rade louche.


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Pour inaugurer la rubrique, à tout seigneur tout honneur, je vous transcris l’une de celle de notre auteur qui fait honneur à sa cuisine.


La carte postale vient de Catane située sur la côte orientale de la Sicile, sur la mer Ionienne, à mi-chemin entre les villes de Messine et Syracuse, au pied du volcan l’Etna. 


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« Les jardins de Catane bénéficient de la riche terre volcanique de l’Etna où les arbres fruitiers, les vignes et le noyers sont extraordinairement productifs. Proche de Piazza Duomo et du Liotru, l’éléphant porteur d’obélisque symbole de la ville, le marché de la Pescheria, avec les superbes espadons et autres poissons de la mer Ionienne, présente les oranges, citrons, aubergines, brocolis parmi les corbeilles de verdures des alentours.

Catane est la patrie de Bellini, on y prépare la Pasta alla Norma.

 

INGRÉDIENTS pour 6 personnes


-          600g de gros spaghettis ou de macaroni

-          1,5kg de tomates bien mûres

-          8 aubergines

-          2 oignons blancs moyens

-          1 verre d’huile d’olive

-          3 gousses d’ail

-          Feuilles de basilic

-          Bouillon de légumes

-          Blanc de poireau

-          Ricotta sèche

-          Fleur de sel et poivre en grains à moudre

 

Je ne vais pas vous donner le détail de la recette : trop long mais la copie de la préparation des aubergines.


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En cadeau je vous offre un extrait culte « Casta Diva » tiré de Norma de Bellini interprété par Maria Callas – 

 

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 04:00

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Comme j’ai beaucoup bourlingué, au cours de mes missions de médiation, dans les soupentes où logent ceux qui sont en charge du « bien commun » d’une ou de plusieurs appellations, Rivesaltes, Maury, Cognac et le plus beau cas d’école : Châteauneuf-du-Pape, un petit Dallas en réduction, avec tiare et mitre papale en opposition, j’ai appris et compris qu’il fallait bien se garder d’en rester à la surface des choses. De se laisser emporter dans le sens de la plus grande pente. De ne tendre l’oreille que pour entendre ceux qui ont déjà été entendus. Il faut prendre le temps pour soulever la chape des idées reçues, des convenances. En effet, dans un conflit, aux motifs parfois dérisoires ou perdus dans la nuit des temps, alimenté par de vieilles rancœurs, la part de vérité de chaque partie est toujours très difficile à déceler, à comprendre. La part de bruit la plus immédiatement perceptible est celle de ceux que je qualifiais, en ces temps de médiation, d’« incons », bien serrés derrière le ou leurs chefs, imperméables, sûrs de leur bon droit, bornés, barricadés, avec eux aucun espoir ; et puis il y a le grand silence de ceux qui se taisent mais n’en pensent pas moins, qui passent leur chemin, évitent le conflit, sans pour autant délaisser le terrain, pour eux, la force de la conviction peut les amener à jouer un rôle discret mais déterminant dans l’aplanissement des difficultés ; enfin, l’espèce la plus rare, de plus en plus rare, le ou les sages, ceux qui ne sont pas engoncés dans leurs certitudes, qui n’utilisent pas le pouvoir qui leur a été concédé pour faire bouillir leur marmite mais qui tentent de faire émerger le bien commun permettant à la communauté vigneronne, chère à Michel Bettane, de vivre ensemble dans le respect mutuel.


Force est de constater qu’à Saint-Émilion, suite aux avatars et aux déboires – ça c’est pour Pousson – du premier classement à la mode traditionnelle, pas grand-chose n’a été fait pour désamorcer les conflits latents, pacifier le terrain. Qui a pris le temps d’écouter, d’expertiser les deux branches de l’alternative qui se présentaient aux choix des dirigeants de l’appellation ? Personne, ou pas grand monde, et ce qui a prévalu c’est une forme d’arrangement à la française, un mix pas très clair entre des intérêts privés, légitimes dans la compétition internationale, et la force de la loi qui impose aux récalcitrants de se plier à des règles dont  le fondement fait la part belle à ceux qui les ont inspirés. À vouloir le beurre et l’argent du beurre  on s’expose à des effets boomerang qui insécurisent l’édifice. Le côté policé, bien plus que civilisé, les gentlemen du Cercle qui s’inclinent à la fin de la compétition, laisse la place à celui des plaideurs qui utilisent à tort ou à raison tous les moyens de droit. On peut le regretter, tempêter, mais c’est une nouvelle forme de barbarie de nos sociétés du chacun pour soi.


Pour éclairer ma question initiale sur ce qu’est une « communauté de vignerons civilisés » reprenons les définitions de chaque élément de l’ensemble :

 

Communauté : II-1 « Groupe social dont les membres vivent ensemble, possèdent des biens communs, ont des intérêts, des buts communs. »

 

Vigneron : 1 « Celui ou celle qui cultive la vigne (propriétaire ou ouvrier ou ouvrière agricole), qui fait le vin. »

 

Civilisé : 2 Fam. « Qui a des manières relativement raffinées. »


Très clairement  l’ensemble Saint-Emilionnais est bien une « communauté de vignerons civilisés ». Ce qui est en cause dans cette histoire de classement n’a rien à voir avec une quelconque désagrégation ou un affaiblissement du ciment communautaire mais ce circonscrit à une appréhension erronée de la logique du classement lui-même. Il faut savoir ce que l’on veut. Choisir !


Je m’explique pour la énième fois. Si l’on met de côté les compétitions sportives individuelles où le classement est la constatation d’un ordre d’arrivée tous les classements, avec l’intervention de notateurs sur la base d’un corps de règles, s’exposent à la contestation. Le patinage artistique étant, je le crois, l’un des plus beaux exemples d’injustices réelles ou supposées à l’encontre de certains as du triple salto ou de la double boucle piquée chers à Nelson Montfort. Ce n’est que du sport même si les enjeux financiers induits par les classements ne sont pas négligeables.


Dans le long feuilleton judiciaire du classement de Saint-Emilion certains font semblant d’ignorer ces enjeux. On ne peut tout à la fois affirmer que les déclassés ne subissent aucun préjudice alors que dans le même temps deux des châteaux promus dans l’Olympe du classement de Saint-Emilion disent devoir augmenter leurs prix pour bien coller à leur nouveau statut. Comme je l’ai écrit ça ne m’offusque pas c’est la loi du genre car le but d’un classement est bien d’ériger une hiérarchie. De même c’est un secret de polichinelle pour les propriétaires l’accession ou la confirmation de leur rang a ou aura une incidence sur le prix de leur foncier. Là encore c’est le prix de la notoriété. Prendre exemple sur un château qui ne demande rien à personne pour exister n’apporte de l’eau au moulin ni des uns, ni des autres. Chacun choisi sa voie et c’est heureux.


Je ne reviendrai pas sur le fond, où il y a beaucoup à dire, et ça été écrit, sur le corps de règles édictées mais sur la forme. Ce qui me gêne dans toute cette affaire c’est l’osmose entre la puissance publique, l’INAO, et une organisation de producteurs, ici l’ODG Saint-Emilion. Dans les précédentes procédures le juge administratif avait pointé des conflits d’intérêts, le fameux juge et partie. L’externalisation de la notation se voulait le rempart infranchissable entre les juges et les parties mais c’était négliger un point capital : qui a établi la grille de notations ? L’INAO, les dirigeants de l’ODG, les deux ensembles, qui a influé, pesé sur qui ? Pour ma part je n’ai pas de réponse mais ce mélange des genres ne pouvait que prêter le flanc à la contestation. Le pas, et c’est un pas d’importance, a été franchi puisque une plainte contre X pour soupçon de prise illégale d’intérêt a été déposée.


Ça peut paraître désolant et certains s’en désolent tel Michel Bettane « Enfin, la seconde cause qui porte sur le soupçon de prise illégale d’intérêt de quelques voisins plus connus (je devrais dire plus « reconnus ») me semble indigne d’une communauté de vignerons civilisée. Deux des personnalités soupçonnables et, en tout cas, assez vite identifiées par les avocats et les journalistes, ne sont coupables que d’avoir donné de leur temps et de leur énergie au service de la réputation des crus de l’appellation. Cette procédure vraiment excessive va certainement décourager tous les bons viticulteurs de s’intéresser à leurs appellations et de prendre part à la gestion et à la défense de celles-ci. »( lire l'intégralité de la chronique ICI link)


Tout ça pour ça, ai-je envie d’écrire. La fameuse communauté vigneronne à laquelle Michel fait allusion qui se veut très policée, parfaitement civilisée puisque certains de ses membres font appel au droit pour régler leur différend, se fissure. Les masques tombent. Bien sûr une plainte au pénal n’est pas un fait banal mais elle traduit bien à mon sens qu’à trop vouloir imposer, à tout mélanger, on glisse inexorablement  vers ce type de réaction extrême. Tout cela aurait pu être évité si tout cela était resté dans la sphère privée. Pourquoi vouloir apposer la force de la loi à une procédure qui s’apparente à celle d’un club désireux de remettre en cause sa hiérarchie tous les 10 ans. Le linge sale ça se règle en famille dit-on mais permet moi d’avoir de sérieux doutes Michel sur la réalité de cette communauté vigneronne, à laquelle tu fais allusion, où l’intérêt général primerait naturellement, sans garde-fous, sur les intérêts particuliers. Les enjeux  économiques et financiers sont si importants pour certains qu’il me semble essentiel, surtout dans l’atmosphère actuelle, de bien séparer la sphère publique de celle des affaires. 


Pour ce faire il faut couper le cordon ombilical. Cesser de faire comme si l’INAO était encore un club de gentlemen. C’est fini sur de tels sujets. Que vient faire un commissaire du gouvernement dans la galère d’un tel classement ? Qu’on me donne un seul argument plaidant en la faveur du statuquo et je m’incline. Je doute vraiment de son existence et je plaide pour un mode de désignation des membres des Comités Régionaux et du Comité National de l’INAO qui ne soit plus entre les mains du politique et des hommes d’influence. Nous ne sommes plus à l’INAO des origines et il ne s’agit pas de trier entre les bons et les mauvais vignerons Michel, mais de faire en sorte, et je sais que ce n’est pas simple, que les professionnels siégeant à l’Institut soient le plus représentatifs possibles de leur appellation, de leur région, que toutes les sensibilités, même minoritaires, soient présentes, que de vrais contre-pouvoirs puissent exister, s’exprimer, afin d’éviter la mainmise des plus influents, même s’ils sont très compétents, disponibles et même dévoués. Nous ne vivons pas, et nous n’avons jamais vécu d’ailleurs, dans un monde de bisounours, et il vaut mieux engager de vrais débats que de subir de mauvais procès.

 

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