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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 00:09

Que voulez-vous, même si j’ai pris un coup de vieux, ce 12 juillet fut beau, très beau, très riche, avec toute la chaleur de mes amis tout autour, les lointains qui ne pouvaient pas venir mais qui ont pris le temps de m’écrire un petit mot ou de me poster de la zik : pour Gabrielle qui se dore au soleil ce fut du hot The Coasters - Down in Mexico, du côté du sieur Pousson de Barcelone Pigalle - Dans la salle du bar tabac de la rue des Martyrs, de Michelle Didio, fidèle et attentive lectrice « Quel meilleur cadeau que Mozart pour votre anniversaire surtout si c'est joué par Anne Queffelec née en 1948. Belle journée d'anniversaire ! », les proches à midi autour de la surprise avec 1 bougie de Carole du Restaurant les Climats, le soir à la cave Miroir rue des Martyrs avec notre Sonia à la baguette : Aurélie, Eva, Marie, Samia, Antonin, Laurent, Guillaume et que du bon en liquide et en solide.


Merci, merci, merci, bisous à tous et à l’année prochaine, du moins je l’espère…


Florilège des mots des absents (pas tous mais merci aussi à Carole, Sophie, à Patrick, aux 2 Olivier, aux 2 François, aux 2 Hervé, Jean-Baptiste, Xavier, aux 2 Jean-Michel... et tous ceux de Face de Bouc... et Magalie retenue à Bruxelles. 


-          Miroir, ô mon miroir… Jacques, grand merci d'avoir songé à moi pour cet événement parisien. Las, je suis coincé dans mon Sud pour un moment sans pouvoir trouver le temps de monter en la Capitale.

Je penserai fort à toi et aux copains présents ou non en débouchant une belle bouteille !

Que la vie te soit douce !

Michel Smith


-          Que du beau monde pour lever haut le verre et honorer l’ami taulier. Mon verre est en Bretagne il me suit pour un petit séjour iodé. Mazaltov le taulier

Pierre Guigui

 

-          Je brillerais par mon absence, exilée pour le week-end à Prague où je penserais bien à toi, face à mon assiette généreusement garnie de goulasch, une bière fortement alcoolisée à portée de main pour faire glisser.

Isabelle Spiri


-          Quelle tristesse !! Suis sur mes terres avec défilés digne de Babel : russes, brésiliens, anglais, bretons, suisses… la semaine est chaude

Miren de Lorgeril


-          C’est pour torturer ta muse que tu sais absente J ! Je le regrette beaucoup! Prends des photos dans tes habits de lumière! Et bois un verre à ma santé je ferai de même, un verre de med!

Gros bisous taulier vareuse

Gabrielle Vizzavona


-          Ah, quelle tristesse

Je suis coincée a Siaurac avec des vikings qui font un tournage sur Siaurac...

J'avais bien noté tes 50 printemps... Et quelques hivers...

Je te les souhaiterai autrement  et penserai à toi !

La baronne

Tante Aline


-          Bonjour Jacques! 

Joyeux anniversaire, j'étais avec vous par la pensée hier, je me suis cassé la figure en scooter, plus de peur que de mal, mais je n'étais vraiment pas en état de boire des coups…

Fleur Godart


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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 00:09

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Le coup de jeune qui toucha la France à la Libération succédait à un demi-siècle de « classes creuses », « ces sillons sanglants laissés au flanc de la pyramide des âges par la grande boucherie de 14-18 », le « temps de l’enfant rare » comme l’écrit Jean-François Sirinelli. En 1939, Jean Giraudoux s’alarmait « Le Français devient rare ». Le baby-boom « comme l’indique, du reste l’anglicisme qui le désigne » n’est pas un phénomène spécifiquement français, « la plupart des pays de l’occident de l’Europe ainsi que les Etats-Unis ont connu une hausse de leur natalité ». Ce qui fait notre originalité c’est que « les cohortes annuelles françaises nées dans l’après-guerre pesèrent plus lourds qu’ailleurs, en proportion de leurs maigres homologues de l’entre-deux guerres. » Nous fûmes donc « une génération qui se retrouvait d’emblée sur des échasses. »


800 000 nouveau-né par an à partir de 1946, avec un pic en 1949 et 858 000 l’année suivante. « Une sorte de mélodie du bonheur accompagne la gestation et les premiers pas de la génération qui vient au monde et cette mélodie accompagnera aussi leur enfance et leur adolescence, au point de devenir un air lancinant imprégnant largement le corps social. » Comme le souligne très justement Jean-François Sirinelli « nos mères ont été les « principales » de notre éducation ». Je confirme, mais pour autant, ont-elles fait de nous « des enfant-rois, nourri dans le sein des sociétés industrialisées, une jeunesse qui se révéla au, au sortir de l’adolescence, frondeuse, imprévisible et par-dessus tout individualiste ? » Nous sommes présumé égoïste car gâtée dans sa prime enfance, promis à un avenir radieux, mais si nous avons eu un statut privilégié c’est que nous sommes né dans un monde en train de disparaître et, contrairement à une idée reçue, notre enfance se déroula dans une France qui pansait ses plaies et vivait encore chichement.


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« Les fruits de la croissance étaient encore des fruits verts. Il convient de distinguer, pour cette raison, la période 1944-1955 et les vingt années qui suivirent et il faut observer que la prospérité ne fut pas pour ces baby-boomers une sorte de liquide amniotique dans lequel ils auraient baigné tout au long de leur prime enfance. Cette période fut au contraire placée, pour les bébés de l’après-guerre, sous le signe des temps difficiles. Ceux-ci furent les enfants d’une France dans laquelle les cris d’alarme de l’abbé Pierre en 1954 témoignaient du problème encore aigu à cette date, du logement. Et le lait distribué dans les écoles durant l’hiver 1954-55 par le gouvernement Mendès France montrait même, au moins dans certains milieux, la persistance d’éventuelles carences alimentaires. »


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Après 1962, mon adolescence, « la France, au fil du reste des années 1960, n’a plus de jeunes soldats en opérations, et la guerre nucléaire, au temps de la détente et de la coexistence pacifique, semble être plus une menace virtuelle qu’un danger immédiat. La crise de Cuba a marqué l’apogée de la peur nucléaire mais a stimulé en retour la nécessité de maîtriser le danger atomique. Pour la jeune génération, après 1962, mourir pour la patrie n’apparaît plus comme un possible destin collectif. Et des questions aussi importantes dans le passé proche que celles de la guerre ou de la paix, ou encore du patriotisme, ne se poseront plus dans les mêmes termes qu’auparavant. La génération de l’après-guerre devient, à l’adolescence, la génération de la non-guerre. » Nous sommes une « génération préservée ».


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En 1931 Paul Valéry prédisait « Désormais, quand une bataille se livrera en quelque lieu du monde, rien ne sera plus simple que d’en faire entendre le canon à toute la terre. Les tonnerres de Verdun seraient reçus aux antipodes. » Nous sommes la génération qui a vécu le plus fort et le plus rapide rapetissement du monde associé à l’instantanéité permise par le progrès technique et numérique. En 1948, année de ma naissance un observateur comme Daniel Halévy avait publié un ouvrage intitulé Essai sur l’accélération de l’Histoire, tant il apparaissait que ce XXe siècle, au mitan de son cours, avait déjà été déjà gros d’évènements majeurs qui influaient sur le rythme de ce cours » L’anthropologue Margaret Mead notait, au sortir de cette décennie, qu’ « aujourd’hui, tout individu né et élevé avant la seconde guerre mondiale est un immigrant – un immigrant qui se déplace dans le temps comme ses ancêtres s’étaient déplacés dans l’espace. »


« Mesuré à l’aune de la respiration plus lente et davantage souterraine de l’évolution des comportements collectifs et des normes qui les balise, le changement le plus rapide s’opéra bien dans les années 1960 et non au fil des six premières décennies : l’ampleur des changements socioculturels, et notamment l’eau de jouvence alors distillée par la culture de masse juvénile, va rapidement bouleverser la morphologie et les sensibilités des sociétés occidentales. »

 

Tout ce qui précède est extrait de mes notes de lecture du livre de Jean-François Sirinelli « Les baby-boomers une génération 1945-1969 » chez Fayard. Cette génération c’est la mienne. J’ai commencé à travailler en 1966, j’avais 18 ans, comme prof à mi-temps au CEG de Pouzauges, l’enseignement catholique me demanda de produire un certificat de baptême. Je gagnais quelques centaines de francs par mois. J’avais acheté à crédit la 2CV du curé. Au final ça m’a fait mes 4 premiers trimestres. J’en ai accumulé 190 alors que le maximum autorisé est de 160. Je tourne aujourd’hui la page sans rien changer à ma vie : je continue de m’occuper de mes vaches pour le compte du Ministre de l’Agriculture et de faire le Taulier sur cet « espace de liberté »

 

Merci de votre fidélité.

 

En bonus : « il faut tourner la page » d’Angélique Kidjo  et Simon and Garfunkel - Sound of Silence sorti en 1966 année de mes 18 ans et de mon premier boulot salarié.

 

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Simon and Garfunkel - Sound of Silence par fuzz59

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 00:09

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Au petit matin je les avais emmaillotées avec soin et amour, lange vert pour les deux quilles blanches et blanc pour les quatre rouges. Auparavant j'avais photographié les belles nues toutes ensembles puis, une à une, pour pouvoir les révéler dans leur splendeur inviolée à l’heure où, après avoir subi le jugement dernier des 4 filles, elles devraient enfin montrer leur pedigree.


Tout se présentait bien en ce petit matin et je m’en fus poster guilleret un message aux 4 belles avec photo à l'appui pour les faire saliver : les 6 sans soufre aveugles qui vous attendent ce soir


« Bonjour les miss,


Ce soir nous jouons plus que nous ne faisons un concours de dégustation. Lorsque je dis nous je ne peux en être car c'est moi qui ai emmailloté les 6 bouteilles : 2 blancs et 4 rouges.


Chaque dégustateur aura toute liberté ce que je recherche, vous vous en doutez, c'est à écrire une chronique déjantée et comme le hasard est mon allié nous serons 6 pour 6 sans soufre. (Ndlr il y  avait aussi un garçon en plus de votre Taulier).


Bref, ce soir je donnerai la règle du jeu, simple et sympa, puis ensuite place à la musique des fourneaux d'Isa et aux belles bouteilles.


Je vous embrasse


à ce soir »

 

Je vous épargne les détails d’intendance mais sur les coups de 21 heures passées l’a fallu s’y coller. Y régnait une ambiance très lycée Papillon. Les bouteilles étaient numérotées de 1 à 6, les 2 quilles vertes d’abord puis les 4 rouges sans ordre préconçu de la part du Taulier. Les 6 bouteilles en lice ne relevaient pas de mon choix mais tout simplement d’envois qui m’avaient été fait, sans que je l’eusse demandé, donc j’ignorais le contenu de 4 flacons sur 6. Enfin, sans participer à la dégustation je goûtais moi aussi. Les 4 beautés : Gabrielle, Isa, Marie et Sonia, le garçon s’abstint, beau quatuor de dégustatrices représentatives de la nouvelle génération étaient dotées d’une petite fiche où elles devaient transcrire librement leurs commentaires bouteille par bouteille, sans bavardage pendant l’exercice (pas simple). La discussion était ouverte après chaque quille dégustée. Dernier détail, sur ces vins sans soufre ajouté, un seul se déclarait nature le n°1 et un autre avait reçu du soufre en petites doses le n°6 (il était là pour faire figure de témoin).


Donc tout se présentait bien, les filles étaient sur leur 31, sauf que dès le premier flacon c’est parti en vrille, un petit côté je repars en fermentation en flacon. Sueurs froides, comme un sentiment que du côté de ma chronique je ne ferais pas dans le déjanté mais plutôt dans le genre silence glacé. Ça augurait d’un massacre à la tronçonneuse et j’avais peur de ne plus rien maîtriser. Par bonheur, une légère embellie se pointait au cul de la deuxième bouteille mais ça n’était pas le grand enthousiasme. Ça jasait grave.

 

Le passage au rouge allait peut-être inverser la tendance. J’étais prêt à aller allumer des cierges à l’église de la Trinité toute proche. La dégustation de la quille n° 3, paisible et recueillie, me fit penser que mon martyr touchait à sa fin car celle-ci ne fit, bien au contraire, l’objet d’aucune démolition radicale. Je soufflais.

 

Pause de courte durée car la 4, sans être descendue en flamme, ne fit pas l’objet d’un grand enthousiasme. Elle sauvait sa peau, ce qui dans l’ambiance torride était déjà beau. Pour la suivante, le flacon 5, je craignais le pire et ce fut pire que le pire, une condamnation goguenarde sans attribution d’aucunes circonstances atténuantes.

 

Tout ce que j’écris est le fruit de la relecture des notes des damoiselles et des souvenirs de leurs échanges parfois débridés. Je force à peine le trait mais j’avoue que rien ne fut unanime et non dépourvu de subtiles nuances. Faire la synthèse de tout ça serait bien plus difficile que celle des motions du PS voire celle du défunt PSU.

 

Restait la bouteille 6, dont j’espérais beaucoup. Dieu que j’étais fou, j’eus droit à tout, même qu’il sentait la bouse, vulgaire, grossier avec des émoticônes horribles sur les fiches. Le fiasco total, irrémédiable, de quoi me mettre le moral dans les chaussettes. Marie, avec son sens de la mesure notait sur sa fiche  « le moins que l’on puisse dire c’est que le nez ne donne pas envie d’y mettre la langue. »


Voilà l’orage était passé je me sentais quelque peu désarçonné mais les 4 stars de la dégustation, elles, affutaient déjà leur couteau pour un autre combat sanglant : nous passions à table pour un I love Bidoche made in Yves-Marie Le Bourdonnec. De quoi me mettre du baume au cœur et me consoler de mes espoirs de chronique déjantée.

 

Qu’allais-je faire ?

 

Vous livrer sans vergogne mes 6 quilles accompagnées des commentaires acidulés de la bande des 4 ?

 

Que nenni, la maison n’est pas une entreprise de démolition de vignerons. Restait une chose intolérable pour votre Taulier : avoir une chronique rentrée car c’est très mauvais pour sa santé.

 

Alors j’ai, pour reprendre une métaphore vineuse, laisser tout cela décanter. Bien m’en a pris car, en faisant cette fois-ci dans la métaphore bidoche, la matière a bien maturé et je me suis mis à chroniquer à tombeau ouvert le bras négligemment posé sur le bord de la fenêtre ouverte, cheveux au vent (rires des filles), le cœur léger et la plume acérée.

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Pour la chute, aucune hésitation, vous ne saurez rien d’autre que la révélation du flacon qui a vraiment sauvé sa peau c’est le n° 3, le sans soufre ajouté des frères Chaigneau de château Massereau. Un Bordeaux Supérieur 2011 que vous pouvez acheter les yeux fermés foi du Taulier qui l'a beaucoup apprécié.


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Isa « C’est long, c’est bon ! C’est jeune et séveux. Par contre je vais faire ma cougar mais j’aime bien ! »


Gabrielle « Très joli nez, concentration, cassis, cerises noires, fraises confiturées. Joli. Violettes. Belle acidité, joli trame tannique. Manque un peu de complexité mais beau fruit, belle concentration. »


Marie « Nez très agréable, je sens des petites baies rouges mais je suis peut-être influencée par la jolie couleur framboise écrasée. La mise en bouche est un peu décevante, il a moins de caractère que je pensais. Il a un arrière-goût de poivre dont je ne suis pas fan mais j’aime bien l’impression générale, un vin de la terre. »


Sonia « A besoin d’air, un nez épicé qui vous renvoie au soleil. Bouche végétale (raisins mûrs), bouche resserrée et tannins asséchants. Vin pas encore prêt à boire. Suis pas fan. »


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Le chapitre de la dégustation des 6 sans soufre ajouté par 4 Walkyries de Paris était clos. Je pouvais prendre un repos bien mérité après une telle épreuve. Pour ceux qui veulent tout savoir sans jamais rien payer je puis les assurer que, même sous la torture le Taulier ne pipera mot sur les 5 quilles qui n’ont pas reçu les suffrages escomptés.

 

La suite de cette soirée I love Bidoche aura droit, en son temps, à une chronique sur mes lignes.... 

 

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 00:09

Le soleil lui a tapé sur le caillou vous direz-vous en découvrant ce titre. Détrompez-vous, certes j’ai pris de belles couleurs mais je ne suis pas ramolli des lobes. Je me doute bien que l’éventualité pour un Français moyen de manger à déjeuner ou au dîner des termites, des vers de farine, des fourmis, des araignées, en un mot des insectes. Si j’aborde ce sujet ce matin c’est que je viens de dévorer, non une platée de criquets, mais un excellent petit livre de Jean-Baptiste de Panafieu « les insectes nourriront-ils la planète ? »  aux éditions du Rouergue 15€. En une centaine de pages, sans prosélytisme ni manichéisme, l’auteur fait le tour d’une question qui est loin d’être incongrue. Tout y est dit, avec simplicité, précision, pondération. C’est un livre à lire absolument pour mieux comprendre les enjeux liés à l’accroissement des besoins alimentaires de notre planète. Intégrer à notre alimentation de façon directe ou indirecte (nutrition du bétail ou des poissons d’aquaculture), serait un enjeu vital pour notre avenir. L’auteur répond à toutes interrogations sans dorer la pilule des insectes si je puis m’exprimer ainsi. Il met en avant qu’en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie, et même en Australie on mange des insectes.


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Ce matin, sans plaider aucune cause, je souhaite simplement aborder tout d’abord notre vision négative des insectes et de leur consommation qui, comme le note l’auteur, a traversé les siècles. Il ajoute que « cela n’a rien de particulièrement étonnant. Lorsqu’ils ne sont pas des ravageurs des cultures ou des parasites suceurs de sang, les insectes sont pour nous liés aux matières en décomposition. » Je n’insiste pas mais revenir sur mon titre pour souligner que les crustacés ne nous posent pas de problèmes « alors que ces animaux sont zoologiquement apparentés aux insectes. Ils en sont même si proches que les zoologistes ont récemment créé le super groupe des pancrustacés, qui réunit les deux catégories. »


La science nous oblige à nous interroger sur nos goûts, et ce n’est pas nouveau. Le pasteur Jacques Brez, protestant de Middelburg aux Pays-Bas, au  XVIIIe utilisait l’argument « Les écrevisses, qui appartiennent aussi à la classe des insectes, sont regardées par bien des personnes comme un manger délicat et fin. On en recommande quelque fois l’usage en médecine. Les crabes, les grands écrevisses de mer paraissent aussi souvent sur les tables, dans les pays maritimes où on les rencontre. » L’entomologiste Constant Houlbert s’interrogeait en 1910 « De fait, pourquoi un Insecte serait-il inférieur à un crabe ? Ils appartiennent, tous les deux au groupe des Arthropodes et, incontestablement, le régime ordinairement végétarien de l’insecte est toujours beaucoup plus « raffiné » que celui du Crabe. ». En 1899 Arthur Daguin n’y allait pas par quatre chemins « Il faut un vrai courage pour oser déguster des crabes,  des homards, des écrevisses, des crevettes, etc. ; car d’une part leur forme est hideuse, d’autre part leur nourriture se compose de matières animales de toutes sortes, de cadavres humains ou autres, en décomposition (…) Au contraire les insectes, par le choix de leur nourriture, peuvent être assimilés au tendre agneau, à l’excellente brebis. »


Jean-Baptiste de Panafieu pointe nos contradictions « C’est précisément parce que les crabes sont des charognards marins que leurs consommation répugne à certains peuples qui par ailleurs mangent des insectes. Si l’on s’interroge sur les raisons pour lesquelles les Européens sont dégoûtés par les insectes, il faudrait aussi  se demander pourquoi ils apprécient autant les crustacés. »


Un peu loin il pose une bonne question : « si l’on veut convenablement goûter les insectes on doit apprendre à les manger. »


« Dans le cas d’un charançon du palmier cru, il faut le tenir par la tête qui est dure et armée de solide mâchoires, pour en croquer le corps. Sa saveur est plutôt sucrée. Comme sa peau est un peu caoutchouteuse, on avale facilement les petits mais c’est plus difficile pour les larves les plus âgées. »


« En fait, la question se pose comme pour les crustacés. Lorsqu’on n’a jamais été confronté à un crabe, comment savoir quoi manger et comment pratiquer l’opération ? Ces questions n’ont d’ailleurs pas toujours les mêmes réponses selon les modes de cuisson ou l’état de l’animal. Aux USA on apprécie les crabes « mous », c’est-à-dire les individus qui viennent de muer et dont la carapace n’est pas encore durcie. On peut les couper avec un simple couteau et les déguster ainsi en entier, carapace comprise. La consistance rappelle d’ailleurs celle des insectes. De même, chacun a sa propre façon de consommer les crevettes grises. Certains amateurs les dégustent en entier, tête et queue comprise. D’autres les décortiquent systématiquement pour profiter de la seule chair tendre de l’abdomen. D’autres enfin mangent les petites entières et éliminent tout ou partie de la carapace pour les plus grosses. Ce que nous avons appris à faire sans même nous en rendre compte pour les animaux connus en Europe doit être réinventé pour ces nouveaux aliments que sont les insectes. »


Pour finir, rappelons que nous mangeons des escargots, des cuisses de grenouilles, des coquillages crus ou cuits et comme le note l’auteur à propos des sushis « En 1960, qui aurait parié que les Occidentaux éprouveraient un jour du plaisir à manger du poisson cru ? Et pourtant, aujourd’hui les restaurants japonais concurrencent largement les restaurants chinois ou indiens » Il ne faut donc jamais dire jamais. Bien évidemment mon titre qui vous a « enduit » en  erreur était scientifiquement exact puisque l’araignée de mer la  Maja brachydactyla  de mon Océan Atlantique natal devient rouge lorsqu’on la fait cuire. Pour le reste des détails c’est ICI link 


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J’avoue adorer l’araignée de mer tout en confessant mon extrême répugnance à croquer des orthoptères, des coléoptères, des hyménoptères, des isoptères, des lépidoptères, des hémiptères, des homoptères ou des diptères, même accompagnés du superbe  le buisson pouilleux 2009 du Clos Tue-Bœuf un touraine 100 % sauvignon issu de trois parcelles de vieilles vignes aux sols composés de graviers, dont Thierry Puzelat dit que « c’est plus un vin de terroir, avec en 2009 une belle minéralité, de la richesse et du volume. Le vin va s’exprimer plus tardivement, d’ici quelques mois, et on pourra l’apprécier sur cinq ans. »


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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 10:00

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Tout d’abord je ne suis qu’un petit chroniqueur qui parfois commet des billets d’humeur mais jamais, au grand jamais, je n’ai prononcé une condamnation définitive de Bergeret. Je n’ai fait que dire, à ma façon, ma désapprobation sur la manière de faire.  De plus j’admets et je suis ouvert à toute forme de contestation de mes écrits... Voir Le droit d’auteur en photographie, une protection en trompe l’œil ? Publié sur ma page FB linkLà encore c’est la forme que je conteste, pas le fond du dossier dont j’ignore presque tout. Cette affaire est une affaire civile, et même si ça chagrine une affaire de gros sous plus qu’une question de principe.


Ceci écrit quelques remarques :


-          Ainsi le qualificatif minable s’appliquait à la procédure utilisée et non à l’artiste Bergeret dont j’ignorais jusqu’à l’existence avant cette affaire.


-          Dans un portrait il y celui qui le tire et celui qui en est le sujet : les deux participent, surtout en photo, à la qualité de l’œuvre. Coluche était sans aucun doute un bon sujet. De plus l'échange de bon procédé entre les 2 hommes, la parole, ne permet pas à Bergeret de revenir sur elle. Ce qui ne l'empêche en rien de demander que l'on mette en oeuvre tous les moyens légaux pour protéger son oeuvre.


-          Je persiste à trouver très étrange que Bergeret ait attendu aussi longtemps pour réagir afin de protéger son œuvre. Rien ne s’opposait à ce qu’il pose des conditions même s’il ne touchait aucun droit d’auteur. D’ailleurs il aurait pu demander à ce qu’on appose sa signature sous la photo ça l’aurait fait mieux connaître du grand public au-delà du petit cercle des initiés.


-          Je doute vraiment de sa volonté d’exemplarité, Bergeret et ses conseils ne me semblent pas avoir épuisé d’autres moyens moins mercantiles.


-          Enfin pour terminer quelques mots à propos du « Charité Business » évoqué en commentaire et de ses éventuelles dérives : savez-vous ce qu’est le Comité de la Charte ?


J’en ai été membre pendant une année. J’étais chargé de suivre l’ARC nouvelle formule après l’énorme scandale lié aux malversations de Jacques Crozemarie. C’est du sérieux. J’ai quitté cette instance car j’estimais que son remarquable travail, entièrement assuré par des bénévoles très compétents, n’était pas connu du grand public ce qui me semblait antinomique avec la volonté de rassurer les donateurs. Les restau du cœur en son membre (si vous voulez voir le portrait prohibé cliquez sur  ce lien link

 

Le Comité de la Charte du don en confiance


 « Organisme sans but lucratif, exerce depuis plus de 20 ans la mission de contrôle de l'appel à la générosité publique.


Son action se fonde sur l'élaboration des RÈGLES DE DÉONTOLOGIE, l'agrément des organismes volontaires pour se plier à une discipline collective vis-à-vis des donateurs et le CONTRÔLE CONTINU des engagements souscrits.


Sa position lui permet de combiner la nécessaire indépendance de jugement avec la proximité des acteurs du mouvement associatif.


Les 4 champs du contrôle continu exercé par les contrôleurs du Comité sont le fonctionnement statutaire et la gestion désintéressée, la rigueur de la gestion, la qualité de la communication et des actions de collecte de fonds et la transparence financière.


 Le public peut reconnaître les organisations agréées par cette marque »


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Si ça vous intéresse de savoir allez sur le site link 


Je préfère de loin ce travail de fond au geste de Bergeret dont l’ambiguïté continue de me déranger. 

 

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 00:09

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Mes amis peuvent en témoigner je n’ai pas le tutoiement aisé. Je vouvoie facilement. Le tu es de rigueur entre camarades de Grands Corps, moi je n’en suis pas mais ils font comme si, et entre camarades socialistes, et moi j’ai vouvoyé Michel Rocard mais tutoyé Louis Mermaz car il a insisté, quand à Henri Nallet je le tutoyais avant qu’il rejoigne la rue de Varenne. Je les appelais par leur prénom mais Rocard me donnait du Berthomeau. Bref, j’aime bien le vous dans les relations professionnelles car ça met de la distance. Lorsque j’ai entendu Bruno La Maire tutoyer et donner du prénom aux chefs des syndicats agricoles ça m’a mis mal à l’aise. Sans doute suis-je resté dans le moule de mon éducation chez les bons frères mais, à mon âge, on  ne se change pas.


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Donc tout ça pour vous dire que j’ai reçu cette semaine une missive de la Présidente de Poitou-Charentes, Ségolène Royal, pour me remercier de ma participation à L’Assemblée de Poitou-Charentes organisée par l’hebdomadaire Marianne. Louable attention mais comme elle m’a donné du Cher Monsieur, je dois avouer que ça m’a fait tout drôle car dans mon souvenir lorsqu’elle occupait la fonction de Ministre de l’Environnement et moi le 78 rue de Varenne comme soutier en chef, elle me donnait du tu et du Jacques. Et pourtant la Présidente aurait pu remarquer que les gens de Marianne m’avaient étiqueté : « ancien collaborateur de Michel Rocard » mais je pense, et c’est normal, puisque ma lettre devait faire partie de la fournée et que les souvenirs se sont estompés. Je vanne bien sûr mais ça ne serait jamais arrivé à celui qui l’a envoyé se présenter dans les Deux-Sèvres, j’ai nommé Louis Mermaz. Pour avoir eu à connaître de son courrier en bon mitterrandien qu’il était ce genre d’oubli : jamais !


Bref, sale temps pour les Ministres de l’environnement et les élues de la 2e circonscription des Deux-SèvresDelphine Batho a succédé à Ségolène Royal qui elle est allée se faire écharper à La Rochelle par l’ami de qui vous savez.

 

 

Le suite est en images. Bonne fin de semaine à tous…


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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 00:09

Ce n’est en rien une déclaration de guerre à la Provence toute rose de rosée voir ICI, ni une déclaration d’amour d’ailleurs, mais tout simplement un léger rappel à l’ordre à ceux qui donnent des leçons à la terre entière ou traitent mon petit espace de liberté de torchon car il conteste leur ton afin de leur mettre sous le nez la seule publication qui vit sa vie à la manière du Taulier sans avoir rien à demander qui que ce soit. J’ai nommé le Rouge&le blanc. Y’a pas de pub, y z’organisent pas de salons, y vendent pas de vin link y z’aiment le vin et en parlent bien. C’est une référence, une vraie et pour qu’elle continue son petit bonhomme de chemin, je vous conseille vivement de vous y abonner jmgatteron@wanadoo.fr c’est 48€ pour un an et 90€ pour deux. Il y a 4 numéros par an.


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L’édito du dernier numéro : Diversité contre uniformité signé comme toujours par François Morel évoque le livre qu’il a écrit sur l’œuvre de l’ampélographe Pierre Galet « ampélographe de terrain ». Comme j’ai eu gentiment droit à Vinexpo de recevoir cet opus dédicacé par Pierre Galet et l’auteur je chroniquerai au cœur de l’été sur ce sujet majeur.


Deux portraits de vignerons que j’aime : Vincent Laval et Muriel Giudicelli. La champagne et la Corse, Patrimonio et Cumières.


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Cumières en bref « Cumières dont le nom signifie, dit-on, « vin pur du sommet », est située sur la rive droite (nord) de la vallée de la Marne et porte – selon « l’échelle des crus » qui prévaut en Champagne – un vignoble classé en Premier Cru. La commune couvre 299 ha, dont 250 de vignes réparties entre 65 et 210 m d’altitude. Les sols sont argilo-calcaires, avec parfois du limon, et reposent sur un socle de craie. On y compte une vingtaine de vignerons récoltants-manipulants (RM). »


Muriel Giudicelli présidente d’UVA Corse « Présider UVA Corse depuis 2009, rien de plus simple! Pour s’en convaincre, il faut savoir qu’en son sein, celui de l’UVA…, se regroupent 35 domaines, 35 domaines avec des logiques différentes, des vins bio, des vins en biodynamie, des vins de vignerons et aussi certains un peu moins vignerons. Des superficies de domaines différentes, sur des appellations différentes et pour comble – on aurait envie de dire, mais on ne le dit pas… – 35 personnalités corses… !

Assurance d’implosion permanente et pourtant, Muriel réussit avec cette force apaisante et conciliatrice à perpétuer une cohésion exemplaire.»


Champagne Les Chênes Cumières Premier Cru 2002 Brut Nature 17/20


Patrimonio rouge 2010 100% Nelluccio 16/20


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Deux AOC : Moulin-à-vent et Gigondas


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Ma feuille vineuse « Jules Chauvet nous manque ! Ce vigneron-négociant-chercheur-dégustateur hors pair entretenait une relation originale avec Moulin-à-Vent. Gamin et fieffé gourmand, avec ses copains, il buvait en douce les moulin-à-vent 1915 de la cave de son oncle ! Les deux-tiers des bouteilles y passèrent… Jeune gourmet, il s’arrête de fumer à la suite d’une erreur de dégustation. Plus tard, son père lui place douze verres de >Beaujolais : il reconnaît au premier coup de nez le moulin-à-vent. […] Son credo, c’était la sélection massale, la culture de la vigne, les petits rendements, les levures indigènes. « Le sol doit dominer le plant » disait-il. Marcel Lapierre mit ses préceptes en application, et on ferait bien de mettre ses conseils au goût du jour ! »


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Petite histoire de Gigondas : « véridique ou légèrement enjolivée, l’histoire ne manque pas de sel. En 1967, le jour de l’enterrement du baron Le Roy – célèbre propriétaire à Châteauneuf-du-Pape (Château Fortia), père du système des AOC françaises et président de l’INAO –, un vigneron de Gigondas croise un membre éminent du syndicat des producteurs locaux habillé comme un milord :


-          Oh, d’où tu viens habillé comme ça ?

-          Hé, de l’enterrement du baron Le Roy…

-          Quoi ? Toi un Gigondassien, tu as été rendre hommage à ce type qui a toujours refusé l’AOC aux vins de Gigondas ?

-          C’était juste pour être sûr qu’il soit enfin vraiment mort… »

 

Voilà un tout petit aperçu pour le plaisir de lire. Bon vent au Rouge&le Blanc, à toute l’équipe et à sa toute nouvelle dégustatrice Sonia

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 00:09

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« J´ai sauté la barrière, Hop! Là » chantait Johnny Hess en 1938 alors, lorsqu’Emmanuel Giraud me convoqua du côté de l’Eglise de Pantin dans le neuf3, moi qui ne saute guère le périphérique, qui enserre Paris sur l’ancien tracé des fortifications, je me suis dit toi mon coco tu vas t’y rendre en métro. Ce que je fis.


Emmanuel adore les lisières, les lieux improbables, là, dans une salle blanche du restaurant Le Relais, au 61 rue Victor Hugo, à Pantin, derrière une table, elle aussi juponnée de blanc, Ingrid Astier & Jacques Genin allaient, nous avait-il déclaré pour nous appâter, nous interpréter : « Noir c'est noir... », une drôle d’histoire, sans « angle mort », entre une conteuse d’histoires et un fondeur de chocolat. Moi, comme le disait ironiquement Chaissac à propos de Dubuffet lorsqu’il  parla d’art brut, captant l’œuvre de l’Hippobosque du bocage » je n’avais pas envie de rester chocolat en plein neuf3.


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Ben oui, je n’en menais pas large, car, dans son superbe ouvrage « cuisine inspirée » publié en 2007, Ingrid Astier avait portraituré Henri-Gagey et j’en avais outrageusement profité tel Dubuffet. Voir ICI link  et ICI link. Faut me comprendre car notre passionnée de mets et de mots ces derniers temps fait dans le polar en 2009 elle a publié « Quai des enfers » dans la prestigieuse collection Série Noire : une révélation qui a obtenu de nombreux prix. Son dernier roman, « Angle Mort », vient de paraître aux éditions Gallimard


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Restait pour me sauver d’une mise en examen que Jacques Genin le fondeur en chocolat. « Chocolatier, pâtissier, caramélier, confiseur : à travers ses créations, il se montre avant tout rêveur il a  ouvert en 2008 une chocolaterie 133 rue de Turenne, à Paris www.jacquesgenin.fr « où l’on se bouscule pour les guimauves tendres comme des nuages, les caramels aux reflets d’ambre, le vitrail des pâtes de fruits et le défilé des chocolats » nous dit Emmanuel. 

    ‎

J’ai donc été sage comme une image, bu les paroles et le chocolat chaud de Jacques Genin, mais je n’ai pas pu m’empêcher de ramener ma fraise en rappelant que pour moi le chocolat c’était celui qu’émiettait mémé Marie sur ma tartine beurrée pour mon goûter d’écolier et celui, à cuire, qui nappait le riz au lait de la tante Valentine. Bien sûr, du Menier mais Jacques Genin a pu ainsi rappeler que « Antoine Brutus Menier qui fonda en 1816, l’entreprise chocolatière qui porta son nom. À l’origine, celle-ci qui installée dans le quartier du Marais à Paris (rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie), vendait des produits pharmaceutiques, mit en vente des médicaments à base de chocolat aux vertus thérapeutiques. En 1825, la firme déménage à Noisiel, sur le site de l’ancien moulin. Puis, en 1836 est la première à créer la tablette de chocolat. »


Bref, comme j’étais pressé par le temps, votre Taulier est tellement sollicité, et que Pantin c’est le bout du monde j’ai dû m’éclipser avant la fin des festivités. Pour me faire pardonner je n’ai rien trouvé de mieux que de vous offrir des morceaux choisis du portrait de Jacques Genin un confiseur chocolatier qui ne laisse pas de marbre d’Ingrid Astier dans « cuisine inspirée »


« L’évidence fausse parfois la perception : Jacques ne fut pas toujours chocolatier (on l’aurait pourtant volontiers vu naître dans un cacaoyer comme d’autres élisent les roses. Chef affairé autour de dressages salés et sucrés, il commence par ravir les palais ; et abandonna au seuil de la première étoile, fier d’une certitude : le chocolat méritait l’exercice de toute une vie. Maurice Bernachon lui insuffla l’envie de travailler le chocolat, Michel Chaudin lui montra l’exemple. »


« Travailler le chocolat » c’est pour lui « travailler l’élément féminin » Sentimentalité, douceur, sensualité, doivent accompagner chaque geste : « le chocolat ne fait que renvoyer ce que tu lui  donnes, si tu bâcles ton travail, c’est toi-même que tu agresses » Respecter, toucher, caresser : « sentir le produit, lui donner ton âme au moment où tu travailles, lui infuser des sentiments et  de la confiance », sont pour Jacques la clé de voûte du chocolatier. »


« Les couvertures de Jacques sont au contraire uniformes, brillantes, coruscantes.  On  dirait de sombres galets vernis par une bruine. »


« Je veux restituer les goûts de ceux qui fabriquent mes couvertures, être fidèle à l’esprit de perfection : on ne doit pas abîmer les produits par de la nonchalance. »


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Mais pouvais-je en rester à la simple aventure des mots sans mettre sous leurs couvertures – j’aime ce nom – la douceur, la sensualité du chocolat en situation ? J’en rêvais, je l’ai fait. Enfourchant ma flèche d’argent je me suis porté tout au haut de la rue de Turenne pour entrer dans l’antre du fondeur de chocolat qui s’élance vers le ciel telle une proue de navire. Calme et sérénité, beauté et pureté des matières brutes, tout porte au recueillement gourmand. Je m’assois, seul gaulois dans ce temple du chocolat. Mon choix est fait ce sera un Mille-Feuilles au chocolat, double péché assumé, revendiqué, sans besoin de contrition, pire en me tapissant la bouche de l’onction tendre du chocolat je m’imagine, une fois atteint les lisières de la petite mort gustative, basculant dans une douce ivresse impulsée par la vivacité pure du brut nature de Georges Laval  www.georgeslaval.com. Amen ! Jacques Genin, fondeur tentateur n’est pas de ceux qui permettront au péché de gourmandise d’être rayé de sitôt de la liste des 7 péchés capitaux car avec lui on frôle la luxure, qu’il en soit remercié.


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« Les beaux yeux de ma voisine

Me rivaient soir et matin

Près de la haie de glycines

Tout au bout de mon jardin

Ah! Ces yeux

Ces cheveux

Ah! Ce cou

Quel bijou!...


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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 00:09

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Combien de fois ai-je écrit sur un formulaire : nom, prénom, date et lieu de naissance : 12 juillet 1948 à La Mothe-Achard ?

 

Je ne sais.

 

Ce que je sais c’est que cette date, dite anniversaire, m’a privé de bulletin de vote lors de l’élection présidentielle des 1 et 15 juin 1969.  Je n’avais pas encore les 21 ans fatidiques. Pour me venger, ou pour pouvoir exprimer mon choix, je l’avoue, j’ai fait voter ma mémé Marie, qui m’avait demandé « pour qui faut ’y que je vote mon petit gars ? »,  pour Michel Rocard au premier tour (816 471voix 3,61 %) et bien sûr je n’en éprouve aucun remord puisque, par la suite, alors que j’aurais pu lui apporter mon suffrage, mon poulain resta au paddock pour laisser la place à Tonton. Ce fut donc une forme de vote par procuration qui ne changea rien au cours de l’Histoire mais qui marqua mon premier engagement derrière Michel Rocard.


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Ensuite, ou par la suite, je n’ai jamais été vraiment soucieux de mon âge, et d’ailleurs je ne le suis toujours pas, mais dans notre beau pays où nos dirigeants et les syndicalistes s’écharpent, et vont encore s’écharper sur l’âge légal du départ à la retraite, je suis contraint de tourner la page en ce mois de juillet 2013.               

 

Au premier août donc je serai officiellement à la retraite même si j’ai décidé de continuer de travailler pour le compte du Ministre de l’Agriculture : mes vaches toujours mes vaches.

 

Bref, puisque juillet débute cette année un lundi j’ai décidé, pour que vous entamiez avec moi ce dernier mois de travail officiel, de vous offrir cette belle chanson d’Angélique Kidjo « Il faut tourner la page » (ci-dessous) Si vous souhaitez écouter l'ensemble de l'album sur Deezer c'est ICI link merci Olivier... avec surtout une superbe reprise de Summertime link


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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 01:28

Même si l’adage de mon pépé Louis me reste toujours profondément chevillé au cœur « les conseilleurs ne sont pas les payeurs » face à la recrudescence, forme de pandémie des temps modernes, de la fonction de consultant en tout et en rien et bien sûr en vin, je me dis mon gars t’es bien con de ne pas vendre tes éminents talents à tous ces chalands qui t’aiment tant. L’important dans ce genre de biseness c’est de faire chic, tendance je lève des fonds – de mon temps on se contentait de lever les filles – genre crownfunding ça fait start-up et ça fait bander les banquiers qui préfèrent sniffer des lignes plutôt que d’ouvrir des lignes de crédits. Va falloir que je consulte Antonin pour qu’il me trouve un nom américain genre « no wine is innocent ». En effet j’avais pensé baptiser le bébé « aux innocents les mains pleines » mais ça fait vraiment trop 68 huitard retraité et non révisé.


Quand je repense à dimanche dernier où j’évoquais les vêpres link je me dis rétrospectivement franchement Taulier avec des références de ce tonneau tu vas tout droit au fiasco. Pour réussir dans le service moderne et innovant, celui qui astique les réseaux sociaux, qui brique le Tweet, Instagramise la moindre lichette de sushi, faut pratiquer, mieux que Philippe Candeloro le faisait de la double boucle piquée, l’anglais de cuisine et l’instantanéité. L’important c’est de tirer le premier, d’alimenter le flux, de faire genre je suis capable de vous déniaiser en trois clics bien placés. Ça épate, c’est porteur, très Vinocampeurs en goguette, reste que pour vivre de ses services si c’est du vent ça ne dure pas très longtemps car le cochons de payant veulent très vite du retour sur investissement. Amusez-vous jeunes gens, c’est de votre âge, mais courrez très vite car le vieux monde a de forte chance de vous rattraper.


Coït interruptus, je rentre d’une soirée bourguignonne aux Climats et je reprends le fil de ma chronique. Il est tard dans la nuit je vais donc faire dans l’efficacité, en effet pour vendre ses services mieux vaut passer à l’acte, c'est à dire les proposer, appater le client. Donc ce que je vous propose en ce dimanche matin ce ne sont que des amuses bouches pour vous attirer dans mes rets, je suis trop fatigué pour vous donner toutes les clés. L'art et la manière de susciter l'intérêt c'est de se faire désirer. Rendez-vous donc dans la semaine pour mieux découvrir la palette des services que vous pourrez acheter chez votre Taulier préféré.

 

1-      Conseil pour faire avec quelques tomates, du basilic, de la mozzarella di Bufala de Campana DOP, huile d’olive, aceto balsamico di Modena, sel et poivre de belles assiettes.


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2-      Conseil pour bien traiter le chat de ses voisins.


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3-      Conseil pour s’offrir un petit canon pour la route.


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4-      Conseil pour découvrir du côté de Pantin un fondeur de chocolat Jacques Genin et une fondue de l’écriture Ingrid Astier, affaire à suivre...


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5-      Conseil pour retrouver Rachkam le rouge dans l’univers  des sushis.


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6-      Conseil pour démasquer les rouquins masqués, affaire  à suivre.


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Conseil pour savoir si Bacchus était une femme.


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