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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 00:09

L’impertinent souvent pertinent IntotheWine, comme il est jeune et fringant, bordelais de surcroît là où il n’y a pas de Climats, peut se permettre d’ironiser sur les rosés – y’en pas chez les Murisaltiens, donc ça va bien – sans se faire taper sur les doigts par PSA.


Cet élégant provocateur ose titrer : « Nos rosés français sont-ils en train de pâlir jusqu’à l’anémie totale ? »


« D’année en année par simple effet de mode et de surenchère nos rosés français pâlissent jusqu’à l’anémie totale.


Je crains que bientôt on ne les voie plus du tout. »link


Est-ce bien raisonnable en effet ?


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Moi qui suis parisien, snob, futile, léger, inconséquent et tout et tout, cette histoire de rosé visage pâle me fait penser au pantacourt.


Si vous voulez bien me suivre je vais vous en expliquer la raison. Elle devrait pour une fois obtenir l’approbation de PSA puisqu'il tend à édifier ceux qui ont peu de goût.


Dans son opus « de l’art de mal s’habiller sans le savoir » Marc Beaugé chez hoëbeke (illustrations de Bob London) qui publie des chroniques vestimentaires dans M assassine à juste raison le pantacourt.


« Sur le même modèle que le brunch, croisant petit-déjeuner et déjeuner, plusieurs pièces et accessoires vestimentaires prospèrent, depuis quelques années, en faisant valoir leur symbole hybride. C’est notamment le cas du tee-shirt sans manches, à mi-chemin entre tee-shirt et marcel, et des Crocs, à la croisée entre sabot médical et boîte Tupperware.


Mais, dans ce genre singulier, c’est encore le pantacourt qui connaît le succès le plus éclatant. Inventé dans les années 1940, à Capri, e d’abord adopté par les femmes, celui-ci est en effet devenu, au fil des ans, un classique de la garde-robe masculine estivale, au point que son port paraît quasi règlementaire lors d’évènements populaires parcourus d’odeurs de merguez tels le Tour de France, le feu d’artifice du 14 juillet, l’élection de miss camping ou les matches du RC Lens au stade Bollaert.


Tout le succès du pantacourt tient à son hybridité même. Atterrissant, selon que l’on considère que le verre est à moitié vide ou à moitié plein, en-dessous  du genou ou au-dessus de la cheville, celui-ci fait en effet figure de croisement parfait entre bermuda et pantalon. »


Marc Beaugé fait la remarque qui tue : « le pantacourt a aussi pour effet visuel de couper les tibias de son propriétaire en deux, et donc de le tasser de façon radicale »


Les filles posent souvent la question « est-ce que cette robe me grossit ? » alors que les garçons eux ont toujours envie de paraître plus grand. Je ne ferai aucune remarque désobligeante pour les pneus de certains qui ont un effet bœuf avec le pantacourt.


Je persifle et certains vont me dire qu’est-ce que mon histoire de pantacourt à voir avec la couleur du rosé ?


Pour l’été mieux vaut pour sa silhouette être bermuda ou pantalon de toile que pantacourt. Pour les rosés idem, puisque les rosés ne sont pas, Dieu nous en a gardé grâce au combat héroïque de Provençaux contre l’hydre européenne, j’ai même mis un cierge à ND de la Garde en remerciement, un mélange de rouge et de blanc, il faut choisir sa couleur définitivement qui est, que je sache, originellement plus proche du rouge que du blanc.


De quoi je me mêle ?

 

De rien !

 

Je divague par la faute du jeune impertinent bordelais qui, le pauvre, doit sur les injonctions du CIVB boire du rosé alors que votre Taulier lui appelle de ses vœux le Clairet.link


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25 juillet 2013 4 25 /07 /juillet /2013 00:09

Pourquoi diable ne parle-t-on du mont Ventoux que lorsque les gars du Tour de France, qui carburent à l’eau de source exclusivement, le grimpent à la vitesse d’un TGV, du moins pour les premiers ? Je ne peux m’empêcher de penser à Tom Simpson.


Moi c’est à pied que j’ai décidé de l’escalader et d'y pique-niquer pour fêter mon saint patron.


« Bientôt le soleil se lève. Jusqu’aux extrêmes limites de l’horizon le Ventoux projette son ombre triangulaire dont les bords se frangent de violet par l’effet des rayons diffractés. Au sud et à l’ouest, s’étendent des plaines brumeuses ; au  nord et à l’est s’étale, sous nos pieds, une couche énorme de nuages, sorte d’océan de blanche ouate d’où émergent, comme des îlots de scories, les sommets obscurs des montagnes inférieures. Tout là-bas, du côté des Alpes, quelques cimes flamboient. »


« Il est dix heures du matin ; nous avons mis six heures pour venir de Bédoin à la fontaine de la Grave, mais d’un pas modéré, comme il convient pour une exploration attentive. »


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« La nappe est étalée sur un charmant tapis de plantes alpines… Les vivres sont tirés de leurs sacoches, les bouteilles exhumées de leurs couches de foin. Ici, les pièces de résistance, les gigots bourrés d’ail et les piles de pain ; là, les fades poulets, qui amuseront un moment les molaires, quand sera apaisée la grosse faim ; non loin, à une place d’honneur, les fromages du Ventoux épicés avec la sarriette des montagnes, les petits fromages au Pébré d’Asé ; tout à côté, les saucissons d’Arles, dont la chair rose est marbrée de cubes de lard et de grains entiers de poivre ; par ici, en ce coin, les olives vertes ruisselantes encore de saumure, et les olives noires assaisonnées d’huile ; en cet autre, les melons de Cavaillon, les uns à chair blanche, les autres à chair orangée, car il y en a pour tous les goûts ; en celui-ci, le pot aux anchois, qui font boire sec pour avoir du jarret ; enfin les bouteilles au frais dans l’eau glacée de cette auge. N’oublions-nous rien ? Si, nous oublions le maître dessert, l’oignon qui se mange cru avec du sel. Nos deux parisiens, car il y en a deux parmi nous (…) sont d’abord un peu ébahis de ce menu par trop tonique ; ils seront les premiers tout à l’heure à se répandre en éloges. Tout y est. À table !


Alors commence un de ces repas homériques qui font date en la vie. Les premières bouchées ont quelque chose de frénétique. Tranches de gigots et morceaux  de pain se succèdent avec une rapidité alarmante. Chacun, sans communiquer aux autres ses appréhensions, jette un regard anxieux sur les victuailles et se dit : « Si l’on y va de la sorte, en saurons-nous assez pour ce soir et demain ? » Cependant la fringale s’apaise ; on dévorait d’abord en silence, maintenant on mange et on cause (…) C’est le tour d’apprécier les vivres en connaisseur. L’un fait l’éloge des olives, qu’il pique une à une de la pointe du couteau ; un deuxième exalte le pot aux anchois, tout en découpant sur son pain le petit poisson jaune d’ocre ; un troisième parle avec enthousiasme du saucisson ; tous enfin sont unanimes pour célébrer les  fromages au Pébré d’asé, pas plus grands que la paume de la main. Bref, pipes et cigares s’allument, et l’on s’étend sur l’herbe, le ventre au soleil. »


Quel style me direz-vous !


Oui, mais ce n’est pas le mien et ce matin j’ai fait un emprunt rien que pour le plaisir d’exhumer ce texte. Comme vous êtes des gens cultivés je suis persuadé que vous aurez tous reconnus qui est l’auteur d’ « Une ascension au mont Ventoux »


  • La Sarriette, parfois appelée Pèbre d'ai ou Pèbre d'ase (qui signifie en provençal « poivre d'âne »
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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 00:09

Lorsque les éléments naturels se déchaînent avec soudaineté et violence nous nous trouvons démunis, impuissants, nous subissons, et ceux qui sont en première ligne, les cultivateurs – j’emploie à dessein ce nom oublié – sont les premiers touchés très durement puisque c’est leur récolte, le fruit d’une année de leur travail qui disparaît en tout ou en partie. Hier, ce fut tout particulièrement les vignes de la côte de beaune qui eurent à subir les ravages des orages, de la grêle et du vent. C’est la désolation. Nos mots sont toujours impuissants à traduire ce que nous souhaiterions pouvoir dire face au malheur de ceux qui sont touchés par ces calamités.


Alors que faire ? Se taire. Dans un monde d’indifférence il est pourtant  important d’avoir une pensée, un geste d’amitié, simple et discret. Même si ça se situait dans un tout autre registre lundi j’ai accompagné Olivier Ameisen en sa dernière terre, nous n’étions guère nombreux, je ne connaissais personne mais être là, témoigner par sa simple présence auprès de ceux qui l'aimaient, ça me paraît important. C’est ce que j'essaie de faire ce matin. Moi qui chronique chaque matin sur le vin, je me tiens auprès de vous vignerons que je ne connais pas, le plus simplement et le plus discrètement possible.


Je le fais donc à ma manière en republiant une chronique du 2 août 2011 « On entend comme le roulement d’un train lancé à toute vapeur « C’est ce que je disais ; c’est plus de la pluie ; v’là la grêle »link extraite du livre « Moi, je suis vigneron » d’André Lagrange, un bourguignon né en 1909 à Chagny (Saône-et-Loire) d’une lignée de vignerons de la côte chalonnaise, publié en 1960. »


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« Le Toine bricole à son établi, devant la fenêtre du magasin ; il remet des manches à ses pioches. D’un œil, il regarde son travail, de l’autre, le Mont-Juillet, qui s’empanache de traînées d’un violet sombre. L’inquiétude le ronge : fin juillet, c’est la période la plus redoutable pour les orages, avec les environs du quinze août.

- « Pardi ! hier, c’était la Madeleine ; elle a pas fait sa fête ; des fois que nous, on pourrait ben, malgré nous, la faire aujourd’hui ! On a bougrement raison de dire :

« La Madeleine

Ne passe pas sans son étrenne ! »

Hélas ! Elle pourrait donc pas les garder pour elle, ses lugubres cadeaux ? Maudite pécheresse ! Elle sème à tous les vents le malheur de sa honte ; elle fait dégouliner, tout au long du ciel, ses larmes grosses comme des œufs ; un courant d’air, venu on ne sait d’où, les glace, et voici l’étrange couvée de grêlons qui s’abat sur le vignoble, pour le ravager.

(...) Il n’a pas le temps d’achever, qu’une espèce de queue rouge, attachée à une boule de feu, fouette tout du long la brume jaune ; ave ça, un craquement, oh ! mais, un de ces craquements ! Comme une charpente qui s’effondre.

-« Le tonnerre est tombé à Mercœur ! souffle l’Ugène à mi-voix. Un coup tout seul, comme ça, c’est le signal de ce qu’on sait que trop.

- Oui, répond le Toine. Misère de Dieu ! Tout est foutu. Ecoute !... »

On entend comme le roulement d’un train lancé à toute vapeur.

- « C’est ce que je disais ; c’est plus de la pluie ; v’là la grêle.

Les visages se figent ; sur celui de l’Ugène, se creusent les sillons des larmes silencieuses, prélude de la révolte qui gronde intérieurement.

Ça a duré au plus dix minutes, une éternité pour les deux hommes. Le bruit s’assourdit, s’estompe, s’éloigne. Le brouillard s’enlève, comme une toile de tente, pour ne rester attaché que d’un côté, là-bas, vers Rosey.

A la lumière retrouvée, l’Ugène bondit vers les ceps les plus proches. Le Toine le suit en reniflant et, machinalement, enlève son chapeau, comme on fait devant un mort.

-« Regardez-moi ça, hurle l’Ugène, si c’est pas une pitié ! Toutes les grappes par terre, les feuilles aussi ! Hein ! Travaillez donc ! A quoi ça sert ? Vous vous échinez toute une année, et au moment où ça commence à promettre, en cinq minutes, crac ! plus rien ! Ça fait déjà quatre fois que je vois ça, et j’ai guère que trente ans ! Nom de Dieu ! Vous voulez vivre avec ça, vous Toine ? »

 

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 00:09

Comme j'ai de bonne et saine lecture je consulte le Figaro vin sur la Toile link pour y apprendre hier que « L’une des plus grosses sociétés australiennes de vins, Treasury Wine Estates, a décidé de se débarrasser de 35 millions de dollars de vins bas de gamme stockés sur le sol américain, un stock gênant de plusieurs millions de bouteilles invendues et qui ne résisteront pas au temps.


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Cette décision n’a pas manqué d’être commentée. « J’écris sur le vin depuis 1975 et je n’avais jamais entendu parler d’une destruction de stock de vins aussi importante », a rapporté la célèbre critique Jancis Robinson. »


Au plan sémantique se débarrasser du stock ne signifie pas forcément le détruire. En effet, nos amis australiens peuvent le solder c’est-à-dire le confier à des professionnels qui se chargeront de lui trouver une nouvelle destination. Par exemple, du vrac qui servira de sauce – les vins semblent en fin de vie –  sauf que ce vin est en bouteille et disons que, grosse maille, déboucher 4 à 5 millions de bouteilles ça ne se fait pas tout seul et ça coûte du pognon. Sauf que si, Treasury Wine Estates décide vraiment de détruire le stock je ne suis pas sûr qu’il puisse envoyer ses bouteilles à la casse comme on le fait avec les bagnoles. Ce serait un vrai déluge de pollution des sols et des nappes.


Donc je résume : première opération le vin retourne à la citerne pour soit aller faire de la daube, soit être détruit. Je suppose dans ce dernier cas que l’on ne va jeter au caniveau 50 000 hl de vin. Alors comment détruit-on du vin ?


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Pardi en le distillant.


Donc obtient de l’alcool vinique qui fait l’objet d’un marché pour certains usages comme le mutage. On peut aussi le dénaturer pour l’utiliser à la carburation.


J’aimerais bien qu’on éclaire ma petite lanterne.


Mais ce n’est pas tout.


Permettez-moi de me gondoler grave car nos amis australiens adorateurs du marché libre sont en train de découvrir les joies de la régulation. Que n’ont-ils vitupérés contre ces affreux européens qui distillaient pour équilibrer le marché des vins de table. Nos amis anglais poussaient des cris d’orfraies, d’autant plus que ces distillations étaient subventionnées par l’Europe. Là, l’honneur libéral est sauf : Treasury Wine Estates déprécie son stock et ça ne coûte rien aux contribuables. Mais il y a tout de même un léger bémol à ce beau raisonnement, avec leurs bouteilles low cost, « critter labels », les grosses sociétés australiennes qui faisaient du chiffre avec des prix cassés ou des promotions en tout genre chez les cavistes américains ou britanniques, ont chassé du marché des vins qui eux n’avaient pas ce type de moyens. Dumping ravageur, politique qui met à mal le credo de la concurrence parfaite. Là, c’est clair ce sont nos pertes de part de marché qui ont subventionnées la politique d’expansion à marche forcée se traduisant par  des plantations de vigne à tour de bras dans des endroits peu propices. Alors, le retour du bâton est la sanction Mr David Dearie directeur général de Treasury Wine Estate. « Les clients australiens ou étrangers ont accepté notre vin comme un produit bon marché. Cela éreinte la renommée australienne et notre savoir-faire ».


Nous, nous connaissons la chanson, mais nos amis anglo-saxons qui nous ont tellement jetés la pierre, souvent à juste raison, sont ici un chouïa responsables de cette dégradation de l’image du vin. Il est des choses qu’il faut savoir dire même à Mrs Jancis Robinson qui n’a pas dû souvent tremper ses lèvres dans ces indignes breuvages.


Allez, allez, distiller ça fera du bien au marché…

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 00:09

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Loin des ronchons qui, comme les cornichons ne se sentent à l’aise que dans le vinaigre – le singulier suffit mais je noie le poisson –, ce samedi après-midi dans la touffeur de Paris, sous l’auvent de la Grande Halle de la Villette un vent joyeux soufflait avec nos amis italiens des Pouilles, le talon de la botte comme le dit l’ami Daniele de Michele. «Les Italiens sont des Français de bonne humeur» affirmait Jean Cocteau, je confirme. L’âme de l’Italie, son sens inné de la danse populaire joyeuse d’abord la Tarentelle, connue dès le XVIIème siècle, qui s’est longtemps vue octroyer des vertus thérapeutiques, prétexte à perpétuer des danses païennes dans une Italie ultra catholique. Les créations de la danseuse et chorégraphe Maristella Martella nous ont proposé un voyage qui nous a mené dans différentes régions du sud de l’Italie à travers les rituels de cette danse ancienne.


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Les Italiens de Paris, en dépit de la pression atmosphérique élevée et d’un mercure surchauffé, s’en sont donnés à cœur joie pendant presqu’une heure. Que du bonheur !


Tout à côté dans leur uniforme blanc, les musiciens de LA BANDA DI CONVERSANO attendaient leur heure, sous la baguette d’Angelo SCHIRINZI. Les Bandas sont emblématiques de la culture des Pouilles, elles reprennent les grands airs d’opéra. La Banda di Conversano n’a pas failli à la règle elle nous a apporté, avec ses deux cents ans d’histoire, tout le charme et les parfums de Conversano, ville d’Art et de soleil.


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Nos amis italiens ont le sens du spectacle, à l’heure dite, ils ont traversé l’esplanade brûlée de soleil – ça ne les dépaysait guère – pour revenir en formation jusqu’à l’auvent de la Grande Halles. J’ai fait plein de photos car ensuite j’ai communié. Je suis Verdien. L’opéra italien me prend aux tripes. J’ai des frissons. Je me sens italien. Que du bonheur !


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Après une heure d’intense émotion, banda en tête, je me suis rendu à la tente de dégustation où le jovial Daniele de Michele, tout sourire de dehors nous attendaient avec sa platine, ses verres et ses 4 vins des Pouilles (un blanc, un rosé, un rouge et une Malvoisie naturellement douce. Cerise sur le gâteau Marie flanquée de ses amis nous avait rejoints pour participer activement au jeu de Don Pasta Une dégustation musicale, un « œno-djset ». Un parcours sensoriel qui touchera l'oreille, la langue, le nez dans une interaction perpétuelle. Ce qui fut dit fut fait. Votre Taulier qui ne sait tenir à la fois un verre et un bidule à faire des photos a laissé ce soin à Marie. Un petit clin d’œil à l’ami Daniele, Marie lui offre pour enrichir sa bibliothèque musicale CHROMATICS « CHERRY »


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 photo de Marie Beauchesne — avec Rui Ferreira, à La Villette


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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 00:09

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Il faut bien se l’avouer : dans le monde du vin nous avons les innovateurs que nous méritons, ils se contentent d'appliquer les bonnes vieilles recettes éculées. Comme les petits loups et les petites louves ne le savent peut-être pas c’est toujours dans les vieux pots qu’on fait le meilleur beurre* mais franchement qualifier d’innovations le fait de mettre du vin dans des canettes en alu ou de l’aromatiser en dit plus long qu’un long discours sur l’étendue de l’inventivité des concepteurs.


Ceci écrit ça ne m’émeut pas, libre à chacun de faire ce que bon lui semble si tout au bout du bout chacun y trouve son compte. Ce qui me gonfle c’est le discours de certains, prétentieux et justificatif, qui va avec, du pur jus de marketing mal assimilé. Qui peut vraiment nous faire accroire que mettre du vin dans une canette alu qui a la tronche d’une canette de Coca ou mettre du Coca dans du vin relève d’un réel esprit innovant ?


Ce n’est rien que de la technologie agro-alimentaire disponible depuis bien des années. Mais qui ne tentent rien n’a rien j’en conviens. Simplement avant de proclamer aux réseaux sociaux ébahis que c’est la success story mieux vaut attendre les résultats. Je ne suis en rien rabat-joie ou sceptique face à l’esprit d’entreprise, simplement je me permets d’écrire que c’est sur le temps long qu’on juge l’implantation réelle d’un nouveau produit.


Quelques remarques en vrac :


1-      Coca-Cola c’est de l’eau carbonatée avec sucre, aspartam ou rien, auquel on ajoute de la poudre de perlimpinpin, donc ça ne coûte presque rien à produire et ça permet donc de se vautrer dans des budgets monstrueux pour pousser à la consommation (les campagnes de Coca-Cola pour se dédouaner du sucre sont d’une grande perversité).  Bien sûr, pour amuser la galerie on mobilise les gros egos de Karl Lagerfeld ou de Jean-Paul Gaultier pour façonner des flacons icones link . Nos petits gars avec leur canette de vin d’AOC ne pourront rien face au gros rouleur compresseur : la matière est chère, les marges minces, les budgets misérables et l’impossibilité de faire de la publicité à la télé les condamnent à rester dans des volumes anecdotiques.


2-      L’argument selon lequel le nouveau contenant ou le contenu aromatisé va attirer de jeunes et nouveaux consommateurs à la consommation de vin ne me semble guère pertinent. Attendons les résultats des ventes sur une période significative pour juger de l’effet fil rouge d’entrée de ces produits. Je doute, car comme je l’ai écrit dans le cas du flacon cousin germain de la canette Coca-Cola il faudra le faire sortir de sa confidentialité et vraiment de gros moyens pour toucher la cible visée ; pour l’aromatisation c’est tellement inepte puisque en lui donnant ce qu’il consomme déjà on conforte le jeune consommateur de soft-drink ou de prémix dans son goût addict sans la plus petite chance de lui faire aborder un goût nouveau. Il est dans l’univers du goût sucré qui écrase tout, empâte tout, fait des mous (ça c’est de l’humour à la Léon) et il entend y rester.


3-      Le vin c’est 85% d’eau mais de l’eau qui mobilise des sols (et si ce sont des terres de plaines irriguées y’a mieux à y faire), des intrants, de la main d’œuvre, de la mécanisation, un process de transformation… alors pourquoi tout ça pour y ajouter un ou des arômes artificiels ? Comme dirait l’autre mieux vaut boire l’original que sa copie, c’est moins cher et souvent aussi dégueulasse mais identitaire. Par ailleurs, les acheteurs de vin aromatisé qui sont-ils ? Des primo-consommateurs ou des consommateurs zappeurs qui se jettent sur le nouveau produit pour se différencier ? Je demande à voir, non pour croire mais pour savoir qui achète et comprendre les ressorts du phénomène.


4-      Reste l’argument canon : ça écoule du vin. « Les ventes ont plus que doublé entre mars 2012 et mars 2013 (+125%) et il s’est écoulé quelque 22 millions de litres de vin aromatisé en un an. Les professionnels parient sur 30 millions de litres pour la seule année 2013 sans s’inquiéter outre mesure de l’effet météo sur ce produit en vogue. Le best-seller est le rosé pamplemousse qui, immanquablement voit ses ventes bondir de près de 50% chaque mois. » Vu comme ça, ce n’est qu’un produit de plus sur le marché des boissons alcoolisées, pourquoi pas, ça se défend mais nous sommes dans un autre univers celui des boissons apéritives et non dans celui du vin. Pas de quoi fouetter un chat, les nouveaux produits de l’industrie agro-alimentaire vieillisse vite d’où une profusion d’innovation de packaging ou de soi-disant produits nouveaux.


5-    Quitte à passer pour un vieux con que je suis, je pense et je continue de penser que ce qui fait et fera plus encore la force du vin dans l’avenir, sa valeur intrinsèque, sa modernité éternelle et sans cesse renouvelée, c’est sa définition même, sa naturalité originelle, son origine géographique, son parfum de main humaine donc son humanité, son côté fait une fois pour toute, gravé dans le marbre, indemne des transformations qui défigurent d’autres produits de la terre, sa philosophie, sa variabilité inimitable, son allergie au formatage, un marqueur ineffaçable du jardin de l’Eden, l’élixir de la convivialité.


Face à ces ersatz d’innovation nous ne sommes pas dans l’univers de l’extension du domaine du vin, ou si peu pour ce qui concerne les cannettes où il y a un pur effet de substitution sans véritable gain,  mais dans celui de l’écoulement de certains vins. Entendez-moi bien, je ne porte ici aucun jugement de valeur sur ceux qui choisissent cette voie mais m’insurge contre les discours qui veulent me faire prendre des vessies pour des lanternes. En état un peu brutal, ces soi-disant innovateurs profitent de la bonne image du vin pour vendre un produit qui n’est pas son cousin-germain. Les vrais innovateurs dans le vin sont ailleurs que dans ces soi-disant start-up autoproclamées ou ses créateurs de produits aussi vieux que le vin lui-même, qui bien sûr sont dans leur rôle de faire du biseness mais qui occupent un espace surdimensionné par rapport à leur réalité économique.


Mais alors où sont-ils ces fameux innovateurs me direz-vous ?


Ils sont souvent sur mes lignes. Ce sont tous ces vignerons et vigneronnes qui ont changé l’image un peu vieillotte du vin en revenant aux fondamentaux de la vigne et du vin. Au-delà des qualificatifs de chapelles, il y a une réalité qu’Hervé Bizeul reconnaît, avec une pointe d’ironie, en soulignant que « Depuis quelques années, la "forme" est aussi importante que le "fond", cela étant illustré par le montée en puissance du label "bio", par exemple, dans le choix du consommateur. Préférer des vins vendangés à la main, par exemple, c'est aussi bien sûr s'intéresser aux conséquences de ses choix, tant sur le plan environnemental que sociétal. La "méthode" aussi importante que "le résultat", voire même plus importante ? je pense que la montée en puissance des vins "natures", partout dans le monde, en est un parfait exemple, puisque certains acceptent de boire un peu n'importe quoi, parfois, "pourvu que...".


C’est par cette porte d’entrée que ce sont précipités de nouveaux consommateurs qui énervent certains mais qui n’en sont pas moins des nouveaux entrants dans l’univers du vin. Nul besoin de leur agiter des canettes sous le nez ou de leur proposer du vin aromatisé au coca, ça ils l’ont expérimenté tout seul sans avoir besoin qu’on leur tienne le coude. La transgression ils connaissent, alors les ersatz sortis du grenier « non merci ! »


Pour moi la plus grande innovation matérielle d’importance de ces 10 dernières années ce sont les étiquettes débridées de nos vignerons déjantés.


J’oubliais une innovation forte qui fait péter les compteurs de la Provence : le rosé light…


  • « L'aromatisation du vin est un procédé très ancien, qui remonte à l'Antiquité. Il s'agit soit d'améliorer un vin de qualité médiocre, soit de créer une boisson apéritive… »

 

(1) Tous les chenins mènent arômes... de Philippe Cuq link

(2) L'incroyable succès des vins aromatisés au siroplink

(3) Le rouge Cola link

(4) Winestar le vin en canettes link

 

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 00:09

Comme vous pouvez le penser, la hantise de la page blanche hante les nuits sans sommeil du pauvre chroniqueur bi-journalier. Vais-je un jour être en panne d’inspiration se dit-il en se rongeant les sangs ? Comment ferais-je le jour où surviendra la panne sèche ? Malheureusement comme il n’existe pas de Viagra pour l’inspiration il lui faudra alors se rabattre sur les agences de communication qui, chaque jour que Dieu fait, entendent pourvoir à son alimentation. Bien sûr, c’est du tout préparé, même pas besoin d’un micro-onde, tu manies ta souris et en trois coups de cuillère à pot t’as fait le boulot.


Mais, à force de passer son temps devant son écran, dans l’ombre d’un bureau tout gris, le chroniqueur manque de couleurs, faut le sortir, le transbahuter en TGV, le promener, l’oxygéner, le cultiver, le substanter, le coucher, ça s’appelle dans le jargon organiser un voyage de presse. Je ne critique pas même si moi je n’en fais pas. Pourquoi ? Tout bêtement parce que je n’aime pas ça.


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Ceci écrit les gens du Luberon m’ont soumis à une odieuse et perverse tentation puisqu’ils m’ont mis sous le nez un programme baptisé « INSPIRATIONS ». Sont forts les vignerons du Luberon de venir à mon aide en me proposant des sources d’inspiration puisque c’est au pluriel. Imaginez-vous votre sémillant Taulier rentrant encore plus bronzé de son après-midi passé au bord de la piscine de l’hôtel de la Bastide à  Lourmarin, tout revigoré par ses marches dans les vignes du château Fontvert, qui face à son clavier pourrait vous tartiner vite bien fait sur le gaz deux chroniques dans le genre critique sur France-Culture et France-Musique :


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1-      De Cézanne à Matisse où serait abordée la question de la forme avec Cézanne, « père » de l’art moderne tel que le considéraient Braque, Matisse ou Picasso. Les termes de « forme » et de « couleur », qui peuvent paraître opposés, se trouvent intimement mêlés dans une complémentarité révélée par Cézanne : « quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude ». Le Midi est aussi un lieu de villégiature pour les artistes liés au mouvement dada et au surréalisme. Avec en chute une belle tirade sur l’émergence d’une nouvelle écriture qui mène aux différentes formes de l’abstraction lyrique ou géométrique : Miró, de Staël, Van Velde...


2-      A La Roque d’Antheron Parc Du Chateau De Florans le pianiste BEHZOD ABDURAIMOV lauréat du Concours de Londres en 2009, jeune pianiste ouzbek Schubert : Sonate n°15 en la majeur D. 664 Beethoven : Sonate pour piano n°23 en fa mineur opus 57 "Appassionata" Chopin : Fantaisie en fa mineur opus 49 Liszt : Bénédiction de Dieu dans la solitude Liszt/Saint-Säens/Horowitz : Danse macabre.


« Behzod Abduraimov n’a que 22 ans, mais se produit sur scène depuis l’âge de 8 ans et a donc des idées très arrêtées sur certaines œuvres. «Le n°1 de Tchaïkovski a beau être ultra célèbre, les orchestres ont toujours des problèmes aux mêmes endroits, notamment dans le troisième mouvement», explique-t-il en début de soirée, ajoutant : «Je ne fais que suivre la partition, mais on a chacun notre idée du rubato et c’est mieux si l’on s’y prépare en répétition.»

« J’adore Beethoven, j’aimerais apprendre la sonate Hammerklavier et les cinq concertos. Mais ce ne fut pas toujours le cas. Après avoir appris l’opus 109 à 13 ans, je n’ai plus jamais joué de Beethoven, car je n’étais pas à l’aise avec sa musique. Ses sonates sont intimidantes, très orchestrales. Si on les transcrivait, ça ferait des symphonies géniales»

 

Vous pouvez facilement comprendre mon immense désarroi face à la perspective de si beaux appâts culturels. J’aurais frisé l’extase, une forme de jouissance vive et intense, irrépressible, de destruction massive. Je me demande même si après de tels ravages j’eus pu me livrer à mes habituelles digressions sur l’excellence des vins du Luberon. Peut-être qu’après le pique-nique à Marrenon, soit du côté de la Tour d’Aigues, ayant enfin repris mes esprits, pas vrai Jean-Louis, j’aurais commis la folie de commettre une troisième chronique en ce 25 juillet fête de mon saint patron : Jacques le Majeur.  

 

Même si les voyages forment la jeunesse et égaient la vieillesse, j’irions point du côté de Lourmarin chercher mes Inspirations. Adieu donc chroniques en chapelet, je me contenterai de besogner du côté du boulevard Saint-Jacques en compagnie d’un Amoutanage du Luberon.link


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18 juillet 2013 4 18 /07 /juillet /2013 00:09

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Votre Taulier est pour la paix dans les belles boucheries de Paris link  hier kebab chic d’Hugo Desnoyer, aujourd’hui long-horn maturé d’Yves-Marie Le Bourdonnec.(la photo est d'Isabelle Spiri).


Je n’ai pas osé le titre « côte à côte saignant de la côte de long-horn d’YMLB et du côte de nuits villages de Miss G » mais qu’importe cette chronique est dans le droit fil de la grande et mémorable dégustation des 6 sans soufre par le quatuor de charme : Gabrielle, Isabelle, Marie et Sonia link 


Après l’effort le réconfort et, comme nous étions dans la tanière chic et choc de mon ogresse préférée nous avions décrété, de concert, que nous allions nous offrir la Rolls de la bidoche, la long-horn maturée d’Yves-Marie Le Bourdonnec. En fin de journée, flanquée de miss G link venue de sa banlieue chic et choc du 92. Mademoiselle G était à l’heure munie de son charme naturel qui fit que toute la boucherie, dont elle est une habituée, se mit à bruir autour d’elle. Votre Taulier hésitait sur le choix des morceaux mais elle, en trois coups de cuillers à pot, décidait on prend ça et ça, en ajoutant qu’en penses-tu ? Moi, comme moins j’en fais mieux je me porte, je m’empressais d’entériner le choix de mademoiselle G.


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Isa, très cordon bleu de chez cordon bleu nous faxait de veiller que la viande soit bien à la température ambiante et ce qui nous faisait répondre que nous la mettions illico sous la selle de nos chevaux. Livraison à bon port, conseil de cuisson et c’était parti pour un I love bidoche d’anthologie accompagné du nectar de mademoiselle Gabrielle qui nous a ravi, transporté, fait pousser des oh et des hé… Vraiment une très belle soirée !


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Mais pourquoi de la bidoche anglaise me direz-vous ?

 

Réponse du maître-boucher : « Les Anglais ont raison ! Comme presque toujours, m’amuserai-je à dire. Je ne suis pas là pour user de l’art de la provocation, mais pour vous avouer que ce sont eux qui font la meilleure viande dans le monde.


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Depuis le XVIe siècle, leur cheptel à viande – pour être plus clair, leur troupeau allaitant –, aussi étrange que cela puisse paraître, a toujours servi à produire de la viande. Pas  comme en France, où il avait une fonction surprenante. En effet, contrairement à nous, les Britanniques n’ont jamais utilisé au XXe siècle leurs bovins pour travailler les champs. Ils ont préféré envoyer leurs chevaux au labeur. Voilà ce qui a d’abord fait la différence avec nous. La suite de l’histoire on la connaît ! (si vous voulez la connaître lisez le livre de YMLB « L’effet bœuf » chez Michel Lafon ndlr)


L’Angleterre est une immense prairie qui contribue au bonheur des vaches. Là-bas, 20 à 30 jours de finition aux céréales suffisent contre 6 à 8 mois en France, contre 4 tonnes de céréales. Là-bas, elles consomment de l’herbe à foison ! Les veaux mâles subissent le même traitement que les veaux femelles. À vingt-quatre mois, ils sont vendus au marché de la viande, pas à l’engraissement en Italie, au Maghreb et en Turquie, comme le procède la France. »


Empire colonial oblige comme ils devaient transporter leurs animaux par bateaux les Anglais « ont produit des animaux dociles, petits et sans cornes, comme l’angus* et la galloway. Ils ont surtout pris le soin de sélectionner des animaux précoces parce qu’il fallait pouvoir manger rapidement leur viande. Un modèle ultra-performant. Ça a donné des vaches prêtes au bout de vingt-quatre mois en moyenne, contre quarante en France, avec une carcasse de 350 kilos contre 450 kilos chez nous. Surtout, l’herbe leur faisait faire du gras. Pourquoi du gras ? Parce qu’à la fin du XVIIe il n’y avait pas de frigo, et pour pouvoir conserver la viande, la seule solution  c’était qu’elle soit grasse.


Cela fait plus de trois cents ans que les Anglais font des bovins tendres et goûteux. Dès l’origine, ils se sont montrés visionnaires. Ils rôtissaient la  viande pendant que nous, nous faisions bouillir. Nous nous sommes inspirés de Britanniques lorsque nous avons choisi de faire griller la bidoche ! »


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Pour les partisans de la viande Made in France Yves-Marie Le Bourdonnec répond : l’Aubrac le bonheur est dans le pré. « En France, il y a des coins perdus où le paysage prend le pas sur tout. C’est le cas de l’Aubrac, au sud du Massif Central. C’est là, accroché aux contreforts de ce plateau désertique, qu’une poignée de nos meilleurs vaches ont trouvé refuge. Le paradis a des allures de montagne, des conditions optimales pour le pâturage. Pour le reste, il n’y a que des prairies ancestrales permanentes – elles ne sont pas mises en culture – qui emprisonnent parfaitement le carbone. Pour moi, c’est la flore la plus riche d’Europe, remplie d’oméga 3, tout ce qu’il y a de mieux pour l’alimentation et le confort des bovins. Pas de céréales pour la nourriture des vaches. Un modèle qui rappelle celui de l’Angleterre. »


  •  La black Angus venu tout droit des USA n’a rien à voir avec l’Angus d’Ecosse. C’est une forme de métissage pour produire un animal précoce, « élevé à la vitesse grand V dans des feedlots. Ces parcs d’engraissement intensifs situés au Texas, au Kansas, en Oklahoma, au Colorado… sont des usines à viande qui accueillent  des dizaines de milliers de têtes entassées. Elles sont bourrées de céréales toute leur vie, une nourriture extrêmement énergétique à base de soja, de tourteau de soja et de résidu végétaux. Elles ne verront jamais de leur existence à quoi ressemble un brin d’herbe »

De la viande grasse et molle que de plus en plus de grands chefs mettent à leur carte, ça fait chic mais c’est de l’arnaque….

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 00:09

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La semaine passée je me suis dit, pas de souci, c’est François Simon qui l’écrit le 26 juin, GRILLÉ, « ÇA Y EST C'EST OUVERT: J'AI TESTÉ … » link alors j’ai pédalé jusqu’au 15 de le rue Saint-Augustin qu’est une rue qui coupe la Japanese rue Saint-Anne qu’est sur ce tronçon percluse de travaux baptisés par notre maire « j’améliore votre environnement ». Donc, grand détour et quand je pointe mon nez au 15, c’est fermé. Caramba me dis-je le Simon m’aurait-il enfariné ? Non, face à mon désarroi, un homme surgi de l’intérieur pour m’indiquer que le four à pain est en rade, qu’il attend la pièce, qu’il est désolé. « Pas de souci ! » je fais cul sur pointe, ventre vide et je repars sur les chapeaux des belles roues de ma flèche d’argent jusque chez Simone, que François Simon n’a pas encore honoré de sa visite.


Hier, juste avant midi j’ai bigophoné chez Grillé link pour m’enquérir de l’état de la maison. Il me fut répondu gentiment que c’était ouvert depuis ce jour. Nouveau départ, toujours les travaux municipaux mais avec pause odorante de goudron bitumineux sur le trottoir. Chez Grillé y’a une queue de type soviétique composé essentiellement de jeunes gens type bureaucrate du  quartier qui paye en ticket-resto. Fais chaud, fais des photos du menu et j’attends pénardement. Derrière le comptoir ça s’active : le préposé à l'emblématique rôtissoire à la verticale qui avec un engin électrique pèle la viande du kebab, à l’autre bout l’homme du pain qui roule des galettes de pain à la farine bio de petit épeautre, entre les deux le fabricant du kebab, la femme des frites et l’homme de la caisse. Le rythme est bon mais j’attends tout de même 20 mn. Vais pas me plaindre car j’en profite pour faire des photos.


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C’est mon tour, je commande 1 grillé sauce tomates vertes-piments-raifort, unefrite et un nectar de pêche de vigne 15,70€(pas de boissons alcoolisées). Quand je pars la maison est au bord de la rupture de viande.


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Reste que, n’ayant pas de bureau où poser mes fesses et que les cafetiers du coin m’auraient viré avec mon kebab vu qu’ils tortorent tous du réchauffé, il ne me restait plus qu’à faire cul sur pointe et revenir à domicile. Comme il fait très chaud mon kebab et mes frites ne vont pas se transir dans le sac en papier. Je pédale avec précaution car à l’aller un gros connard de livreur a essayé de me transformer en viande hachée. J’arrive sur les coups de deux heures, je branche mon four normal pour donner un coup de chaud, surtout aux frites qui, comme le note Simon, ont le coude mou. Quelques petites photos et l’heure est au kebab bien mérité. Je n’en avais jusqu’à ce jour jamais mangé vu l’état des débiteurs de kebabs parisiens.


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Je mange donc sur mon balcon, c’est bon, même très bon. Le seul problème c’est tout à la fin où la galette roulée se déboudine et que l’on a bien du mal à retenir les lamelles de viande. Dans les bureaux ça risque de faire un peu tache sur les futals mais c’est sans doute le destin de tous les kebabs et ce ne sont pas les petites serviettes en papier qui pourront faire office. Bref, très bonne note au kebab, pour les frites peu beaucoup mieux faire et je suggère que nos 3 associés  Marie Carcassonne, Hugo Desnoyer et Frédéric Peneau se mettent en cheville avec un limonadier du quartier pour qu’on puisse poser ses fesses et manger son kebab en paix et, qui plus est, s’offrir un verre.


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En effet, ce kebab vaut mieux qu’un gentil jus de fruit, même artisanal, même bien frais avec ce temps enfin resplendissant, une si belle viande, bien rôtie, gouteuse, mérite un beau rosé de Tavel d’ Eric Pfifferling  domaine de l’ANGLORE.

 

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 00:00

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Depuis hier le paquet de cigarettes coûte 20 centimes de plus après une hausse de 40 centimes au mois de novembre. J’ai fumé d’abord des P4 puis des Gauloises, puis des Gitanes et des Boyards maïs link avant de terminer en roulant mes cigarettes avec une petite machine et en grillant des Puros Mes Vices cachéslink. Je n’ai jamais été addict, fumant peu, par période, lorsque j’écrivais car le tabac est un excellent excitant intellectuel. Jamais en réunion, dans la rue ou au restaurant. Je ne sais plus très bien lorsque j’ai cessé de fumer, sans effort ni manque, presque dix ans sans doute.  Les buralistes sont en grève contre la cette nouvelle hausse des prix du tabac. Bref, nous sommes en France, Philippe Muray, gros fumeur soulignait en 2003 « les mille et une contradictions de la croisade menée » contre les fumeurs, « à commencer par l’Etat qui préfère de loin poursuivre une juteuse politique d’augmentation des prix du tabac que d’interdire celui-ci à la culture comme à la vente, et se priver ainsi des formidables recettes fiscales qu’elle génère. »


Mais, contrairement à Muray je ne crois pas que les fumeurs soient une « espèce en voie d’extinction et honteuse de l’être. » Même si les emballages de leur « poison légal », c’est toujours du Muray, affichent « en grands caractères noirs sur fond blanc « on n’arrête pas de leur répéter qu’ils vont mourir prématurément, qu’ils nuisent à leur entourage et même qu’ils torturent leurs propres spermatozoïdes puisque fumer « provoque l’impuissance » Ils fument, et j’ajoute elles fument et elles sont jeunes et jolies. 10 ans après, « le désarroi ne règne pas dans le camp du fumeur, cet ennemi du genre humain », et « la débandade n’est pas imminente. » loin s’en faut Philippe Muray dont le décès doit avoir été classé dans la statistique des fumeurs. Oui on fumera encore au nez des dieux...


Muray qui pense que son combat est d’arrière-garde, « qu’on ne fumera plus au nez des dieux »  c’est de Jules Laforgue. (Citation du titre) s’interroge : « où se réincarneront l’hostilité profonde, le malaise, la crise psychologique tenace et générale que conduisent les conduites tabagiques ? »


Pour lui « le simple geste de fumer, surtout dans un monde qui désapprouve si hautement ce geste, est une manière radicale, y compris chez ceux qui n’en ont pas conscience, de désapprouver ce monde, et même sans doute de l’exécrer discrètement à coups de légers tourbillons bleus et ondulants. »


Il s’interroge « Où passera cette répulsion essentielle et quotidienne lorsqu’elle ne pourra plus s’exprimer par le tabac ? Où, dans la convivialité aseptisée de l’avenir, se reformera cette passion négative extrême et presque secrète (mais qui fait aussi partie des instruments de la régulation sociale), lorsque toutes les entreprises de dissuasion et de prohibition auront porté leurs fruits et que la critique radicale du monde sera obligée de trouver d’autres débouchés ? »


« Les vertueux spécialistes de la santé publique n’ont aucune réponse à cette interrogation. Ils sont même incapables de l’entendre puisqu’ils ne cherchent que le bonheur diaphane de l’humanité et ne veulent pas savoir que l’humanité, comme le disait Dostoïevski, aime aussi « passionnément la destruction et le chaos » que le bonheur »

 

Matière à réfléchir…

 

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